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	<title>Sosoe.org</title>
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	<copyright>Sosoe.org, Tous Droits Réservés</copyright>
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		<title>Rousseau: de notre nature, de nos droits, de notre éducation</title>
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		<description>Ce n'est donc pas tant l'entendement qui fait parmi les animaux la distinction spécifique de l'homme que sa qualité d'agent libre. La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L'homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d'acquiescer ou de résister; et c'est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme; car la physique explique en quelque manière le mécanisme des sens et la formation des idées, mais dans la puissance de vouloir ou plutôt de choisir, et dans le sentiment   de cette puissance, on ne ... more » </description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">Ce n'est donc pas tant l'entendement qui fait parmi les animaux la distinction spécifique de l'homme que sa qualité d'agent libre. La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L'homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d'acquiescer ou de résister; et c'est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme; car la physique explique en quelque manière le mécanisme des sens et la formation des idées, mais dans la puissance de vouloir ou plutôt de choisir, et dans le sentiment [ou la conscience] de cette puissance, on ne trouve que des actes purement spirituels, dont on n'explique rien par les lois de la mécanique.<br /><br />Oeuvres Complètes, préface de Jean Fabre, Edition Michel Launay, 3 Tomes, T. 2, page 210, Paris: Seuil, 1971</div>
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		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Philosophie</category>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2012 01:42:33 GMT</pubDate>
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 <item>
		<title>DE LA DIDACTIQUE INTEGREE: FORCES ET FAIBLESSES  </title>
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		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Pages personnelles</category>
		<pubDate>Wed, 07 Dec 2011 22:26:52 GMT</pubDate>
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		<title>DE LA DIDACTIQUE INTEGREE: FORCES ET FAIBLESSES  </title>
		<link>http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/30/de-la-didactique-integree-forces-et-faiblesses</link>
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		<description>En choisissant le thème de la Didactique Intégrée (DI) et
comme sujet « Forces et faiblesses de la didactique intégrée », nous avons voulu répondre
d'une part à un appel pressant des grandes institutions en matières de politiques éducatives
linguistiques, CIIP, CDIP etc. et leurs instruments de travail privilégiés, le CECR, GREL, PEL,
etc. D'autre part, en tant que néophytes de la didactique, notre intention est de contribuer
tant soit peu à notre niveau à réfléchir à ce qui semble être LA réponse quasi-unanime
actuelle que les experts en didactique apportent aux problèmes du pluri-linguisme et
-culturalisme</description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">En choisissant le thème de la Didactique Intégrée (DI) et
comme sujet « Forces et faiblesses de la didactique intégrée », nous avons voulu répondre
d'une part à un appel pressant des grandes institutions en matières de politiques éducatives
linguistiques, CIIP, CDIP etc. et leurs instruments de travail privilégiés, le CECR, GREL, PEL,
etc. D'autre part, en tant que néophytes de la didactique, notre intention est de contribuer
tant soit peu à notre niveau à réfléchir à ce qui semble être LA réponse quasi-unanime
actuelle que les experts en didactique apportent aux problèmes du pluri-linguisme et
-culturalisme.</div>
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		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Éducation </category>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2012 02:14:13 GMT</pubDate>
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 <item>
		<title>L’Éthique politique de John Locke et la loi naturelle comme critère normatif de la justice politique - Partie 3 </title>
		<link>http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/26/l-ethique-politique-de-john-locke-et-la-loi-naturelle-comme-critere-normatif-de-la-justice-politique</link>
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		<description>Heureux équilibre entre les exigences de l'ordre social et celles de la liberté individuelle</description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">Heureux équilibre entre les exigences de l'ordre social et celles de la liberté individuelle</div>
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		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Philosophie</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 13:52:33 GMT</pubDate>
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 <item>
		<title>L’Éthique politique de John Locke et la loi naturelle comme critère normatif de la justice politique - Partie 1</title>
		<link>http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/25/l-ethique-politique-de-john-locke-et-la-loi-naturelle-comme-critere-normatif-de-la-justice-politique</link>
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		<description>John Locke est l'une des plus éminentes figures de l'histoire de la pensée oc­cidentale en raison de ses importantes contributions tant dans le domaine philosophique, politique, qu'économique.
Moins d'un demi-siècle après la parution du gigantesque Leviathan (1651) de Hobbes et dix années après celle de l'absolu Patriarche (1680) de Sir Robert Filmer, paraissait, en 1690, à Londres, sous sa plume et sous le titre de Iwo Treatises of Government. In the former the false principles and Latin-dations of Sir Robert Filmer and his followers are detected and overthrown. The latter is an Essay concerning the true Original, Extent and End ... more » </description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">John Locke est l'une des plus éminentes figures de l'histoire de la pensée oc­cidentale en raison de ses importantes contributions tant dans le domaine philosophique, politique, qu'économique.
Moins d'un demi-siècle après la parution du gigantesque Leviathan (1651) de Hobbes et dix années après celle de l'absolu Patriarche (1680) de Sir Robert Filmer, paraissait, en 1690, à Londres, sous sa plume et sous le titre de Iwo Treatises of Government. In the former the false principles and Latin-dations of Sir Robert Filmer and his followers are detected and overthrown. The latter is an Essay concerning the true Original, Extent and End of Civil Government.1, le modeste mais non moins important ouvrage qui, pouvons-nous dire, servira la cause de la liberté des citoyens et maintiendra la puissance, l'autorité étatique "dans les limites de la simple raison".</div>
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		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Philosophie</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 13:50:45 GMT</pubDate>
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 <item>
		<title>L’Éthique politique de John Locke et la loi naturelle comme critère normatif de la justice politique - Partie 2</title>
		<link>http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/23/l-ethique-politique-de-john-locke-et-la-loi-naturelle-comme-critere-normatif-de-la-justice-politique</link>
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		<description>John Locke est l'une des plus éminentes figures de l'histoire de la pensée oc­cidentale en raison de ses importantes contributions tant dans le domaine philosophique, politique, qu'économique.
Moins d'un demi-siècle après la parution du gigantesque Leviathan (1651) de Hobbes et dix années après celle de l'absolu Patriarche (1680) de Sir Robert Filmer, paraissait, en 1690, à Londres, sous sa plume et sous le titre de Iwo Treatises of Government. In the former the false principles and Latin-dations of Sir Robert Filmer and his followers are detected and overthrown. The latter is an Essay concerning the true Original, Extent and End ... more » </description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">John Locke est l'une des plus éminentes figures de l'histoire de la pensée oc­cidentale en raison de ses importantes contributions tant dans le domaine philosophique, politique, qu'économique.
Moins d'un demi-siècle après la parution du gigantesque Leviathan (1651) de Hobbes et dix années après celle de l'absolu Patriarche (1680) de Sir Robert Filmer, paraissait, en 1690, à Londres, sous sa plume et sous le titre de Iwo Treatises of Government. In the former the false principles and Latin-dations of Sir Robert Filmer and his followers are detected and overthrown. The latter is an Essay concerning the true Original, Extent and End of Civil Government.1, le modeste mais non moins important ouvrage qui, pouvons-nous dire, servira la cause de la liberté des citoyens et maintiendra la puissance, l'autorité étatique "dans les limites de la simple raison".</div>
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		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Philosophie</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 13:53:33 GMT</pubDate>
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 <item>
		<title>PLÉNITUDE DE LA JOIE DANS LE SEIGNEUR   </title>
		<link>http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/22/plenitude-de-la-joie-dans-le-seigneur</link>
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		<description>Le DIEU d'ISRAËL, Le CHRIST JÉSUS, L’ESPRIT de VÉRITÉ</description>
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		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Religieux</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 13:56:44 GMT</pubDate>
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		<title>DE L'HUMANISME RELIGIEUX À L'ÉCOLE LAIQUE : une impossible compatibilité ? </title>
		<link>http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/21/de-l-humanisme-religieux-a-l-ecole-laique-une-impossible-compatibilite</link>
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		<description> L'évolution des sociétés humaines peut être conçue comme un phénomène se produisant par strates superposées, mais aussi s'interpénétrant selon une dynamique propre à elles et au gré des actions humaines. À cette enseigne, les formes les plus anciennes de la manifestation de la culture et des productions de l'esprit humain sédimentent nécessairement les plus récentes. L'histoire en peut témoigner, surtout de nos jours, avec la conscience toujours plus aigüe en la nécessité de re-visitation des passés en vue du progrès, d'une perfectibilité civile et morale toujours plus croissante du genre humain, mais aussi plus insidieusement et entravant quelquefois très ... more » </description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">L'évolution des sociétés humaines peut être conçue comme un phénomène se produisant par strates superposées, mais aussi s'interpénétrant selon une dynamique propre à elles et au gré des actions humaines. À cette enseigne, les formes les plus anciennes de la manifestation de la culture et des productions de l'esprit humain sédimentent nécessairement les plus récentes. L'histoire en peut témoigner, surtout de nos jours, avec la conscience toujours plus aigüe en la nécessité de re-visitation des passés en vue du progrès, d'une perfectibilité civile et morale toujours plus croissante du genre humain, mais aussi plus insidieusement et entravant quelquefois très gravement le progrès, l'affirmation très exacerbée des identités de cloisonnement et de barbarie. <br /><br />L'école, comme lieu de production et de transmission des savoirs et de la culture humaine n'échappe guère à ce principe et phénomène. De fondamentalement religieuse, telle que l'histoire peut la décrire en ses origines, asservie aux systèmes des croyances et dogmes des religions et spiritualités, elle se veut faire au fil du temps et surtout à notre époque, ceci depuis le siècle des Lumières, institution émancipée et émancipatrice de l'humanité. L'émancipation en question ne se fait cependant pas toujours sans heurts ni illusions. Car à l'élan libérateur et la tentative de dépassement que se prescrit « l'entité-à-aliéner », ici l'école, « l'entité aliénante », la « société fermée », s'oppose et s'impose en permanence.  L'école, dans les démocraties modernes et sociétés pluralistes, se veut résolument laïque. Or en se voulant telle, elle ne peut pas ne pas se définir et se contre-positionner par rapport à son long passé. La présence permanente et vive de ce passé est faite de toile de fond religieuse et spirituelle très marquée.</div>
 <p><!-- ======================================================= <del>>      <!</del> ======================================================= <del>>   <!</del> Created by AbiWord, a free, Open Source wordprocessor.  <del>>   <!</del> For more information visit http://www.abisource.com.    <del>>   <!</del> ======================================================= <del>><br />
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</p><br />
<div><br />
<p><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold;\">DE L'HUMANISME RELIGIEUX À L'ÉCOLE LAIQUE : une impossible compatibilité ? </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 14pt;\">Dr. Varus SOSOE</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\">Enseignant</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\">Collège de Genève </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 10pt;\">Semestre d'automne-hiver</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 10pt;\">2009-2010</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: right; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\"><br /><br />
</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: right; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Sapere aude! (Ose penser!) Aie le courage de te servir de ton propre entendement &amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-2\"><a href=\"#footnote_anchor-2\">2</a></span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: right; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Une laïcité qui esquive s’ampute.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-3\"><a href=\"#footnote_anchor-3\">3</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: right; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">INTRODUCTION </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">L'évolution des sociétés humaines peut être conçue comme un phénomène se produisant par strates superposées, mais aussi s'interpénétrant selon une dynamique propre à elles et au gré des actions humaines. À cette enseigne, les formes les plus anciennes de la manifestation de la culture et des productions de l'esprit humain sédimentent nécessairement les plus récentes. L'histoire en peut témoigner, surtout de nos jours, avec la conscience toujours plus aigüe en la nécessité de re-visitation des passés en vue du progrès, d'une perfectibilité civile et morale toujours plus croissante du genre humain, mais aussi plus insidieusement et entravant quelquefois très gravement le progrès, l'affirmation très exacerbée des identités de cloisonnement et de barbarie. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">L'école, comme lieu de production et de transmission des savoirs et de la culture humaine n'échappe guère à ce principe et phénomène. De fondamentalement religieuse, telle que l'histoire peut la décrire en ses origines, asservie aux systèmes des croyances et dogmes des religions et spiritualités, elle se veut faire au fil du temps et surtout à notre époque, ceci depuis le siècle des Lumières, institution émancipée et émancipatrice de l'humanité. L'émancipation en question ne se fait cependant pas toujours sans heurts ni illusions. Car contre l'élan libérateur et la tentative de dépassement que se prescrit « l'entité-à-aliéner », ici l'école, « l'entité aliénante », la « société fermée »</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-4\"><a href=\"#footnote_anchor-4\">4</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> s'oppose et s'impose en permanence.  L'école, dans les démocraties modernes et sociétés pluralistes, se veut résolument laïque. Or en se voulant telle, elle ne peut pas ne pas se définir et se contre-positionner par rapport à son long passé. La présence permanente et vive de ce passé est faite de toile de fond religieuse et spirituelle très marquée. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">La diversité et la pluralité des convictions et représentations des composantes des sociétés actuelles ne viennent d'ailleurs pas faciliter l'impulsion de désenchantement de l'école vis-à-vis des traditions et cultures religieuses et spirituelles. Paradoxalement cependant, les voix s'élèvent, qui déclament un déficit flagrant en matière de culture humaniste et religieuse et en connaissance du passé des grandes civilisations, nommément de l'occidentale. Ce déficit se fait sentir dans le rang des plus jeunes, dit-on. L'ignorance en cette matière est aussi source de bon nombre de maux dont souffrent nos sociétés, affirment-on également. D'où les pressants projets visant à introduire dans les programmes scolaires, partant de la formation des enseignants, des cours de « culture humaniste et religieux ». À Genève, le DIP, chantre de la laïcité scolaire,  tente de trouver voies et moyens pour résoudre la crise de l'école en la matière à partir notamment de l'initiative d'un « Groupe citoyen ». Mais, qu'entend-on par ces vocables de « culture humaniste et religieuse » ? La laïcité est-elle réalité ou simplement projet ? Et peut-elle se faire réalité tangible et constante sans faire en même temps économie du religieux et du spirituel? Si elle y parvenait, ne s'anéantirait-elle pas ? Quel sens donne-t-on au terme « laïc » dans « école laïque »? Il est à souligner ici en passant que loin d'être spatio-temporellement contextuée, la réflexion qui se développe ici se veut de portée universelle pour tout État de droit se voulant légitime. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Dans le cadre de ce travail, qui est une réflexion portant sur une démarche pédagogique de l'enseignement du fait religieux en cours d'éducation citoyenne, nous allons essayer, dans un premier temps, de tracer l'épure des notions-clé du projet, savoir « humanisme » (culture humaniste), « fait religieux ».  Nous essayerons d'y fixer des définitions plus explicites, convaincu que nous sommes de l'imprécision notionnelle dans laquelle nous laisse « Groupe citoyen » pour un projet aussi important, tout en restant le plus fidèle possible aux documents des initiateurs dont nous sommes en possession. Cette étape nous permettra aussi de dégager dans l'initiative de « Groupe citoyen » l'essentiel du projet. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Dans un second temps, où nous nous donnons d'examiner la notion de « laïcité », nous réfléchirons sur les problèmes et questions qui se posent à la réalisation du projet d'enseignement du fait religieux à l'école publique. Bref, quelles en sont les conditions de possibilité effective? Nous essayerons, dans ce cadre, de proposer une matière que nous jugeons essentielle à une bonne réussite du projet.     </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">I DEFINITIONS DES NOTIONS CLES </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">1. 1. L'HUMANISME: Qu'est-ce ? </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Nous nous sommes référés aux documents du DIP, notamment la Déclaration de « Groupe Citoyen » intitulé «Culture religieuse et humaniste à l'école laïque »</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-5\"><a href=\"#footnote_anchor-5\">5</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Force est de remarquer cependant qu'aucune définition expresse et explicite  n'y figure. À telle enseigne que l'on se demande ce que ce terme cache chez les responsables de ce « Groupe ». N'y ont-ils jamais pensé? Cette absence de définition de l'humanisme est d'autant plus accablant que la notion demeure fortement polyphonique et polysémique. Ceci peut-il expliquer cela? </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Du point de vue de l'histoire des idées, l'humanisme se reconnaît par les caractéristiques suivantes: a) un &amp;lt;&amp;lt;mouvement littéraire et philosophique apparu à la Renaissance&amp;gt;&amp;gt; et auquel on peut rattacher la philosophie des Lumières au XVIII° siècle; il b) affirme &amp;lt;&amp;lt;la valeur de l'homme en tant qu'homme&amp;gt;&amp;gt; en en cherchant nostalgiquement &amp;lt;&amp;lt;le modèle, par-delà le Moyen-Âge chrétien et la scolastique, dans l'Antiquité grecque et latine&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-6\"><a href=\"#footnote_anchor-6\">6</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">, c) pour qui, sur le plan de la philosophie morale – en tout cas pour l'existentialisme athée et dans les éthiques orientales sans notion de Transcendance –, l'homme, de son existence, &amp;lt;&amp;lt;doit s'affirmer et se construire indépendamment de toute référence ou de tout modèle religieux</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">&amp;gt;&amp;gt;</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Cet humanisme</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;marque une étape importante dans l'histoire de la culture européenne, par sa lutte acharnée d) &amp;lt;&amp;lt;contre le contrôle que l'Église exerce sur l'activité intellectuelle&amp;gt;&amp;gt;; il a développé e) l'esprit critique, a f) réhabilité &amp;lt;&amp;lt;les oeuvres du paganisme antique&amp;gt;&amp;gt;; il a g) &amp;lt;&amp;lt;puissamment contribué à affranchir la philosophie de la tutelle de la théologie&amp;gt;&amp;gt;; il a farouchement défendu  h) &amp;lt;&amp;lt;la valeur et la dignité de l'homme et sa place éminente au sein de l'univers&amp;gt;&amp;gt;, i) souligné &amp;lt;&amp;lt;l'importance de la culture et de l'éducation, en tant qu'elles permettent à l'homme de développer librement ses facultés et d'accéder à une sagesse pleinement humaine&amp;gt;&amp;gt;; par l'action révolutionnaire des philosophes des Lumières, il a montré une confiance particulière en l'homme &amp;lt;&amp;lt;par le souci qu'elle a d'en assurer le bonheur et d'en défendre les droits contre l'obscurantisme politique et religieux&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-7\"><a href=\"#footnote_anchor-7\">7</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> . Pétrarque, Ficin, Pic de la Mirandola, Erasme, Rabelais ou encore Montaigne peuvent être considérés comme les piliers de cette forme d'humanisme, à peu de chose près, au sujet du religieux, sous certaines réserves.</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Mais l'humanisme ainsi compris a ses ennemis, qui ne se réclament pas moins d'humanisme. Si, plus généralement, il pose l'homme comme valeur suprême, &amp;lt;&amp;lt;un être dont la dignité doit être affirmée et protégée contre toutes les formes d'assujettissement, qu'il soit religieux, idéologique, politique ou économique&amp;gt;&amp;gt;, certains de ses interprètes, tels Marx et Althusser, voire l'existentialisme et ses doctrinaires tant athées que chrétiens, comme Paul Tillich, Karl Jaspers, Sören Kierkegaard, peuvent aller jusqu'à le critiquer sévèrement et ironiser à propos de cet &amp;lt;&amp;lt;homme abstrait&amp;gt;&amp;gt; que l'humanisme jusqu'aux Lumières a prétendu défendre &amp;lt;&amp;lt;sans produire l'analyse concrète des conditions historiques de sa libération&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-8\"><a href=\"#footnote_anchor-8\">8</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Anthropocentrisme formel, abstrait, contre anthropocentrisme engagé, existentialiste.  Un Heidegger, par exemple, qui n'est pas moins humaniste, s'est néanmoins employé à critiquer l'anthropocentrisme de l'humanisme &amp;lt;&amp;lt;en assignant à l'homme une destination plus haute&amp;gt;&amp;gt;, celle d'être le « berger de l'Ètre »</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-9\"><a href=\"#footnote_anchor-9\">9</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Avec le regain qu'a connu en Occident les « religions » orientales telles que le Bouddhisme et l'Hindouisme, l'anthropocentrisme des humanismes devraient subir quelques critiques, vu que ces religions, sans aucunement dé valoriser l'homme, le mettent sur le même piédestal que les autres étants. Et, faut-il le rappeler, « Groupe citoyen » accueillent à bras ouvert ces traditions religieuses. Parle-t-on du même humanisme ? </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">   </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Humanisme, selon la définition de F. C. S. Schiller d'Oxford, se dit aussi de cette tournure de pensée à la Protagoras, selon laquelle &amp;lt;&amp;lt;L'homme est la mesure de toute chose&amp;gt;&amp;gt;, qui réduit la vérité ou la fausseté de nos idées aux conséquences pratiques qui en découlent dans et par l'action. Une doctrine qui subordonne toute connaissance à la nature humaine et à ses besoins fondamentaux</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-10\"><a href=\"#footnote_anchor-10\">10</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. &amp;lt;&amp;lt;L'humanisme, affirme Schiller, est simplement le fait de se rendre compte que le problème philosophique concerne des êtres humains s'efforçant de comprendre un monde d'expérience humaine avec les ressources de l'esprit humain.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-11\"><a href=\"#footnote_anchor-11\">11</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Sans entrer dans les détails critiques de cette conception de l'humanisme que certains confondent à tort avec du pragmatisme</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-12\"><a href=\"#footnote_anchor-12\">12</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">, on peut se poser la question de savoir si « Groupe citoyen » peut se reconnaître dans cette conception de l'humanisme. Le discours sur les valeurs universelles de l'humanité, les considérations sur le fait religieux – fait religieux dont nous aurons aussi à préciser les contours dans la pensée de « Groupe citoyen » – et donc sur les « vérités de foi religieuse », peut-il, d'un point de vue épistémologique, se réduire à la mesure qu'est tel ou tel l'homme? S'il y a une vérité tenant de la foi religieuse et s'il n'y a pas de foi religieuse sans Dieu ou référence à un Être transcendant, y compris la Nature en tant que Cosmos, l'homme saurait-il être encore la mesure de toute chose? L'homme pourrait-il être mesure de Dieu ou de la Transcendance? « Groupe citoyen » confondrait-il transcendance et immanence? « Groupe citoyen » subordonne-t-il toute connaissance à la nature humaine et à ses besoins fondamentaux ? Telles sont les questions que nous pouvons nous poser par rapport à l'humanisme de « Groupe citoyen ». Au sens précédent, se rattache cette autre notion d'humanisme pratique et prescriptif souvent appelé « pur humanisme » et d'après laquelle &amp;lt;&amp;lt;l'homme, au point de vue moral, doit s'attacher exclusivement à ce qui est d'ordre humain.&amp;gt;&amp;gt; En ce sens, De Rougemont soutenait dans sa </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">Politique de la personne </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">que &amp;lt;&amp;lt;L'humanisme désigne une conception générale de la vie (politique, économique, éthique), fondée sur la croyance au salut de l'homme par les seules forces humaines. Croyance qui s'oppose rigoureusement au christianisme, s'il est avant tout la croyance au salut de l'homme par la seule force de Dieu et par la foi&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-13\"><a href=\"#footnote_anchor-13\">13</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Ici aussi l'opposition entre humanisme et croyance religieuse, nommément la religion chrétienne est sans équivoque. Est-ce un tel humanisme que s'applique à rechercher « Groupe citoyen »? De toute évidence, ce n'est pas le cas, puisqu'il s'agit pour eux, non point d'opposer la culture humaniste à une quelconque religion, encore moins à la religion chrétienne. L'Europe n'est-elle pas avant tout chrétienne?  </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Qu'entendre donc par humanisme dans « culture humaniste » chez « Groupe citoyen »? Serait-ce donc là, tout uniment, si polyphonique, si polysémique, la définition qu'adopte le Groupe? Est-ce l'humanisme entendu comme &amp;lt;&amp;lt;Mouvement d'esprit représenté par les « humanistes » de la Renaissance&amp;gt;&amp;gt; Pétrarque, Erasme, Pico de la Mirandola, etc? N'est-ce pas là, comme le dit Philippe Monnier, &amp;lt;&amp;lt;supprimer le phénomène chrétien&amp;gt;&amp;gt;?</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-14\"><a href=\"#footnote_anchor-14\">14</a></span><span lang=\"-none-\" style=\"font-size: 11pt; vertical-align: super;\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Il est manifeste qu'une telle notion d'humanisme est étrangère à l'esprit de « Groupe citoyen », à cause de la constitution plurielle de ce dernier, vu qu'il comprend des chrétiens et croyants de tout bord, y compris des polythéistes. La singularité de cette notion d'humanisme par rapport à la notion humaniste de « Groupe citoyen » est d'autant plus facile à saisir que le Canton et État genevois, circonscrit dans l'Occident chrétien est pétris en son fond, sédimenté pour ainsi dire par une longue tradition chrétienne. En outre, par sa substance multi-culturelle sans cesse croissante, la société et la culture genevoises se trouvent entièrement aux antipodes de celles de la Grèce antique.  </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Sans ambages, et pour synthétiser au mieux les différentes acceptions de la notion d'humanisme sus-relevées,  l'humanisme peut se définir aussi d'une manière plus compréhensive comme &amp;lt;&amp;lt;un </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">anthropocentrisme réfléchi</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> qui, partant d'une idée de l'homme,  a pour objet la mise en valeur de l'homme; – exclusion faite de ce qui l'aliène de lui-même, soit en l'assujettissant à des vérités et à des puissances supra-humaines, soit en le défigurant par quelqu'utilisation infra-humaine&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-15\"><a href=\"#footnote_anchor-15\">15</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Comme nous pouvons le constater, l'occident chrétien se soulèverait contre cette dernière acception qui ne fait guère honneur au génie du christianisme qui, des siècles durant, à su lui fournir ses ferments civilisationnels. Faut-il  l'oublier ? Il y eut et il y a encore de nos jours des humanistes chrétiens dont la pensée, par le passé, a culminé au moins dans la tradition dite personnaliste. Pour eux, certainement, le christianisme, ou du moins l'enseignement du Christ, est un humanisme, sinon l'humanisme par excellence. &amp;lt;&amp;lt;A César ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu&amp;gt;&amp;gt; et &amp;lt;&amp;lt;le Sabbat est fait pour l'homme, non l'homme pour le Sabbat&amp;gt;&amp;gt;, disait déjà leur Maître, Jésus le Christ</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-16\"><a href=\"#footnote_anchor-16\">16</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Ce serait ici l'expression même non d'une religion, mais plutôt d'un esprit religieux, d'un fait religieux, le Christ enseignant contre le clergé du judaisme. Qu'en est-il du fait religieux dans l'esprit de « Groupe citoyen »? </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">1. 2. « RELIGION » OU « FAIT RELIGIEUX »</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Contrairement à la notion « d'humanisme », celles de « religion » et « fait religieux » ont reçu beaucoup plus d'attention à travers les documents de « Groupe citoyen ». Signe sans précédent que les motifs profonds de son projet est là, très bien affirmé. Ne lit-on pas sur la page d'accueil de son site ce qui suit ? Le groupe &amp;lt;&amp;lt;veut promouvoir une meilleure connaissance </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt; text-decoration: underline;\">des racines religieuses et humanistes de la civilisation occidentale</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> dans et par l’école genevoise,  en conformité avec </span><a href=\"http://www.ecolelaique-religions.org/index2.php?option=com_content%26task=view%26id=14%26pop=1%26page=0\"><span lang=\"fr-FR\">l’article 4</span></a><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> de la loi sur l’instruction publique&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-17\"><a href=\"#footnote_anchor-17\">17</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Et n'ont-ils pas pris le plus grand soin de préciser d'office: &amp;lt;&amp;lt;L’école genevoise peut et doit assurer aux jeunes </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt; text-decoration: underline;\">une information impartiale et méthodique</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;gt;&amp;gt; sur 1) </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt; text-decoration: underline;\">l’histoire et les sciences des religions dans le strict respect du principe de laïcité</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">, et 2) </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt; text-decoration: underline;\">l’histoire de la laïcité elle-même, notamment celle du principe de libre examen et débat, au fondement de la science et de la démocratie</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt; text-decoration: underline;\">Toute forme de catéchisme et de prosélytisme est bien entendu exclue</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-18\"><a href=\"#footnote_anchor-18\">18</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">? Finalement, ne lit-on pas à grands traits et très clairement dans le communiqué du DIP du 30 mars dernier annonçant la conférence du 04 avril 2009 sur le thème « Quelle place pour les questions religieuses dans l'école laïque? »: &amp;lt;&amp;lt;Pourquoi les élèves doivent-ils acquérir une meilleure </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt; text-decoration: underline;\">connaissance des faits religieux en tant que réalités culturelles et et historiques</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">? De quoi les enseignants doivent-ils être pourvus pour être en mesure d'informer et de former les élèves </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt; text-decoration: underline;\">dans le respect des croyances et des traditions de chacun-e</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">?&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-19\"><a href=\"#footnote_anchor-19\">19</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Qu'implique les termes que nous avons mis en évidence sinon que « Groupe citoyen » prend le soin de distinguer entre « religion » et, académiquement cela ne peut pas être plus clair, « histoire des religions », « sciences des religions », voire « racines religieuses » (de la civilisation occidentale). Le souci de distanciation vis-à-vis de la religion en tant que telle se lit dans le rejet de tout catéchisme et prosélytisme. La constitution plurielle du Groupe porte d'ailleurs tangiblement la marque de ce souci, si ce n'est qu'elle l'inspire heureusement en amont. À cela se peut ajouter les pénétrantes réflexions qui émaillent le Rapport Regis Debray.   </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Dans le Rapport en question, Regis Debray, en parlant des craintes susceptibles de miner toute bonne compréhension du projet, a relevé en effet ce qu'il nomme &amp;lt;&amp;lt;Le premier des quiproquos&amp;gt;&amp;gt; et insiste sur le fait que &amp;lt;&amp;lt;l’enseignement </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">du </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">religieux </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">n’est pas </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">un enseignement religieux&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-20\"><a href=\"#footnote_anchor-20\">20</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> et qu'&amp;lt;&amp;lt;On aurait tort de croire que la demande de “ culture religieuse” est une demande de religion. Trop systématiquement les confondre, dans le monde tel qu’il est, serait nuire à l’entreprise.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-21\"><a href=\"#footnote_anchor-21\">21</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Est-ce une subtilité verbale, sinon verbeuse? Un sophisme ? De cette distinction a-t-il fourni les menues pièces justificatives ? À notre humble avis, suffisamment. Et nous nous permettons d'en citer exactement un passage. </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Personne ne peut confondre catéchèse et information, proposition de foi et offre de savoir, témoignages et comptes rendus, nous dit Regis Debray. Non plus que l’épistémologie de la Révélation avec celle de la raison. Le rapport sacramentel à la mémoire vise à accroître et affiner la croyance, le rapport analytique à accroître et affiner la connaissance. Le premier type d’enseignement, aussi argumenté et dialectisé soit-il, présuppose l’autorité d’une parole révélée incomparable à toute autre, donation surnaturelle régulée en dernière instance par l’institution. Le second procède à une approche descriptive, factuelle et notionnelle des religions en présence, dans leur pluralité, de l’Extrême-Orient à l’Occident, et sans chercher à privilégier telle ou telle. La République n’a pas à arbitrer entre les croyances, et l’égalité de principe entre croyants, athées et agnostiques vaut a fortiori pour les confessions.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-22\"><a href=\"#footnote_anchor-22\">22</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Un subterfuge ? </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">En effet, &amp;lt;&amp;lt;étendre les discours de raison au domaine de l’imaginaire et du symbolique&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-23\"><a href=\"#footnote_anchor-23\">23</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">, d'une façon systématique et dans le cadre institutionnel de l'école publique, ce n'est pas encore faire oeuvre d'ecclésiastique dans l'école laïque. De plus, un « fait », fut-il religieux, ne saurait aucunement se réduire à un « donné ». Au risque de compliquer la compréhension entre « fait » et « donné » comme prototype de la distinction entre « fait religieux » et « religion », disons par exemple, que  Jésus-Christ n'est pas un fait; s'il était devant moi, il serait un « objet » </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">donné</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> à mes sens, à ma perception.  Par contre, « Jésus-Christ, Sauveur de l'humanité » n'est pas un donné mais un </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">fait </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> dans la mesure où il m'appartient de mettre Jésus-Christ </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">donné</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> à mes sens comme objet en relation avec ce qui est prédiqué de lui et que je ne peux saisir, appréhender, comprendre sans une interprétation préalable, une activité de mon entendement. De même « Socrate » s'il était devant moi me serait donné par mes sens, mais « Socrate est athénien » n'est pas un donné mais un fait. Car il me faut faire sens de « athénien » par une activité de mon entendement. Le fait est ainsi davantage &amp;lt;&amp;lt;une construction&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;intelligible si l'on ne sait pas l'interpréter théoriquement&amp;gt;&amp;gt; et, en ce sens, il ne peut être &amp;lt;&amp;lt;simplement assimilé à un donné.&amp;gt;&amp;gt;. D'ailleurs certains historiens, dont Lucien Fevbre, ont insisté sur ce caractère construit du fait historique, dont la signification, l'importance, la mise en valeur sont inséparables de l'activité d'interprétation du savant.&amp;gt;&amp;gt; &amp;lt;&amp;lt;Le fait – notamment le fait scientifique – n'est pas indépendamment de son interprétation&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-24\"><a href=\"#footnote_anchor-24\">24</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> . </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">L'importance de l'opposition que nous venons d'établir entre « fait » et « donné » réside dans ceci qu'elle permet de mesurer plus facilement la distance qui sépare le « fait religieux » en tant que fait et la « religion » en tant que donné, surtout en ce qui concerne ces religions qui sont, à en croire leurs ministres, révélées. Aussi argumentée et dialectisée que puisse se révéler une religion,  nous dirait Debray, à l'enseigne cette fois-ci des religions non révélées – savoir si elles sont réellement argumentées et dialectisées est encore autre chose – elle demeure proposition de foi. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Il suit de ce que nous venons d'établir que la sémantique du « fait religieux » de « Groupe citoyen » à nous reçoit davantage d'éclaircissements que celle d'« humanisme ». Ce qui nous pousse à reconsidérer la critique de Philippe Borgeaud, critique que semble endosser pleinement Charles Heimberg, face à la notion telle qu'elle est définie par Regis Debray, et surtout celle, plus frontalement positiviste et quelque peu malaisée du Conseil d'Etat. Selon Philippe Borgeaud, repris par Charles Heimberg, « le fait religieux » &amp;lt;&amp;lt;est loin d'être évident&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;On y met ce qu'on veut&amp;gt;&amp;gt;, et &amp;lt;&amp;lt; Sous des dehors positivistes&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;l'intitulé « enseignement du fait religieux » est ambigu&amp;gt;&amp;gt;, d'une &amp;lt;&amp;lt;ambiguïté dangereuse&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-25\"><a href=\"#footnote_anchor-25\">25</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Le langage positiviste de Debray, qu'&amp;lt;&amp;lt;un fait s'impose à tous&amp;gt;&amp;gt; en tant que &amp;lt;&amp;lt;fait d'expérience, qui se constate&amp;gt;&amp;gt; et du Conseil d'État (2005, 10), qu'&amp;lt;&amp;lt;un fait est observable, neutre, pluraliste&amp;gt;&amp;gt; serait donc hésitant, insidieux, rien qu'un subterfuge. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Deux remarques s'imposent ici: tout d'abord, la critique ne semble pas tant viser le « fait religieux » </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">per se,</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> qu'elle n'est  portée contre sa conception positiviste, en ayant, de surcroît, l'allure d'une sorte d'exorcisme du danger que recèlerait le projet de l'enseignement du religieux. Sophisme du « bonhomme de paille »</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-26\"><a href=\"#footnote_anchor-26\">26</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">, procès d'intention ? &amp;lt;&amp;lt;</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">De quel objet s’agit-il en effet? s'enquiert Borgeaud. Singulier, ou pluriel ? Derrière le prétendu « fait religieux », qu’est-ce qui se cache : les religions dans leur diversité, ou la religion, telle que ma conviction personnelle, ethnocentrique, m’en dicte (peut-être à mon insu) la perception ? Qu’est-ce qu’un « fait religieux » ?&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-27\"><a href=\"#footnote_anchor-27\">27</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Force est de constater ensuite que Borgeaud ne fait que reposer le problème sous d'autres angles, substituant un autre terme « histoire comparée des religions » au « fait religieux », lorsqu'il affirme:  &amp;lt;&amp;lt;</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">Il vaudrait donc mieux parler d’histoire comparée des religions,   « en donnant au mot religion non pas son sens chrétien moderne (créé au XVIIe siècle), de confession identitaire (un sens qui émerge avec les guerres de religion), mais son sens antique de pratique rituelle, éventuellement (mais non nécessairement, et non universellement) liée à une croyance dogmatique »&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-28\"><a href=\"#footnote_anchor-28\">28</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">On peut aussi bien se demander si la notion antique de religion en tant que pratique rituelle que préconise Borgeaud serait moins hésitant, moins ambiguë, moins dangereuse, et surtout plus unanimement partagée. Faut-il ajouter ici qu'il y aurait un sens à parler d'unanimité quant au contenu du fait religieux et de l'enseignement du religieux en question plutôt que de la notion elle-même?  </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Loin de partager le vocabulaire par trop positiviste dans le texte attribué à Regis Debray et au Conseil d'État, nous pensons au contraire qu'il est au moins assez de passages convaincants dans le rapport de Regis Debray qui nous permettent d'adhérer à sa terminologie. Comme il l'affirme non moins péremptoirement dans ce rapport, le terme de « religion » est un &amp;lt;&amp;lt;(terme au demeurant tardif, multivoque et souvent impropre aux réalités qu'il désigne)&amp;gt;&amp;gt;, soit des systèmes qui ne saurait détenir &amp;lt;&amp;lt;le monopole [de donation] de sens&amp;gt;&amp;gt; dans cette aventure humaine de « quête de sens » qui est &amp;lt;&amp;lt;une réalité [pleinement] sociale&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-29\"><a href=\"#footnote_anchor-29\">29</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Les religions, Regis Debray nous le souffle fortement, &amp;lt;&amp;lt;n'ont ni exclusivité ni supériorité a priori&amp;gt;&amp;gt; pour &amp;lt;&amp;lt;ce qui est des anxiétés métaphysiques de l'être humain&amp;gt;&amp;gt;. &amp;lt;&amp;lt;Les sagesses aussi, les philosophies, les savoirs et l'art lui-même&amp;gt;&amp;gt; en sont autant compétents. &amp;lt;&amp;lt;Leurs réponses profanes aux questions que nous posent la mort, l'origine et la finalité de l'univers, contribuent pleinement à la formation de sens.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-30\"><a href=\"#footnote_anchor-30\">30</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">C'est dire que, même dans l'imprécision, « fait religieux » répond absolument à une démarche de la pensée en acte de construction du sens d'un phénomène en soi irréductible à la religion.    </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Face à une telle distanciation de la religion et du fait religieux, comment comprendre les soupçons que fait peser Borgeaud non seulement sur la notion de « fait religieux », mais surtout sur les intentions profondes des initiateurs du projet ? Sur l'universalité des compétences dans la quête et les donations réfléchies de sens, nous dirions volontiers avec Charles Heimberg: </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Ce qui est intéressant, en effet, dans l’enseignement de l’histoire des religions et des phénomènes religieux, c’est d’abord de se préoccuper des hommes et des femmes, de</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt; text-decoration: underline;\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">leurs croyances, de leurs univers mentaux, mais aussi de leurs espaces d’initiative, de leurs différents accommodements face aux injonctions et au pouvoir de l’autorité cléricale. La compréhension du phénomène religieux n’est ainsi pas qu’une affaire de doctrine et de dogmes. Elle concerne les gestes de la vie quotidienne, la complexité, et parfois le mélange, des cultures. Elle implique de savoir exercer un regard dense sur les sociétés&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-31\"><a href=\"#footnote_anchor-31\">31</a></span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Qu'en est-il de la laïcité dans la conception de ce projet? Quel sens lui attribue-t-on? Est-il aussi clairement défini que le terme « fait religieux » ? Nul doute que la nébuleuse d'acceptions qui entoure la notion de laïcité dans son historiographie est au coeur sinon à la source de ce projet. Mais, quelle est la position des initiateurs et défenseurs du projet quant à son sens ?</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">1. 3. LA LAÏCITÉ: Bref historique</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">L'histoire de la laïcité est une longue histoire. Du grec ecclésiastique « laïkos », « commun du peuple » par opposition à « klerikos », « clerc », qui désigne les institutions religieuses depuis l'Antiquité tardive, il nous est venu directement du latin « laïcus », et « laos », avec les mêmes significations, au XIII° siècle. Laïc se disait de toute personne ni clerc, ni religieuse, mais baptisée</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-32\"><a href=\"#footnote_anchor-32\">32</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Á l'époque médiévale, le terme a désigné l'homme commun, devant être enseigné par opposition à l'homme instruit et consacré par son statut religieux</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-33\"><a href=\"#footnote_anchor-33\">33</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> S'était donc déjà consommée, au sein des institutions religieuses, faut-il le préciser, la séparation des pouvoirs ecclésiastique et séculier. Il a fallu pour cela attendre jusqu'au V° siècle et sous la plume du Pape Gélase Ier s'adressant à l'empereur Anastase, la distinction entre pouvoir temporel (</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">potestas</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">) et de l'autorité spirituelle (</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">auctoritas</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">)</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-34\"><a href=\"#footnote_anchor-34\">34</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Une notion qui doit donc être retracée dans l'Occident chrétien jusqu'au coeur même du religieux, aussi surprenant que cela puisse paraître. Et il n'est nul besoin de démontrer que c'est grâce à des fervents chrétiens que la laïcité a connu jour. Nous faisons allusion à certaines sentences de Jésus, notamment &amp;lt;&amp;lt;Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-35\"><a href=\"#footnote_anchor-35\">35</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Ébauche d'une distinction principielle entre le temporel et le spirituel, du  politique et du religieux ? Ébauche qui sera réitéré par les grands penseurs de l'Eglise catholique depuis Saint Augustin</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-36\"><a href=\"#footnote_anchor-36\">36</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">, en passant par Marsile de Padoue. &amp;lt;&amp;lt; Le sabbat a été fait pour l’homme, non pas l’homme pour le sabbat ; de sorte que le fils de l’homme est seigneur aussi du sabbat &amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-37\"><a href=\"#footnote_anchor-37\">37</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">  Expression, avant la lettre, de l'humanisme chrétien? Comme le soutient si éloquemment Frédéric Lenoir, en parlant de l'exemple que représente Jésus pour les  humanistes renaissants &amp;lt;&amp;lt;</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">Derrière le philosophe qui insiste sur la liberté et le développement de la raison, pointe toujours le chrétien qui exhorte tel Érasme: &amp;lt;&amp;lt;Place devant toi le Christ comme l'unique but de toute la vie.&amp;gt;&amp;gt;  […] Pourtant, ni Érasme, ni Pétrarque, ni Dante, ni Marsile Ficin, ni Pic de la Mirandole, ni Léonard de Vinci et tant d'autres humanistes, aussi critiques soient-ils avec l'institution, n'oseront ou ne voudront assumer une rupture avec l'Église catholique. Mais ils ont initié un mouvement de recentrement sur l'homme, sur sa liberté, sur sa raison et de retour à la vérité évangélique qui vont avoir des conséquences colossales dans l'histoire de l'Occident et favoriser l'émergence de ce qu'on pourra appeler le « sujet moderne », c'est-à-dire un individu libre et autonome, qui entend exercer sa raison critique et qui n'accepte plus que ses règles de vie lui soient dictées de l'extérieur.</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-38\"><a href=\"#footnote_anchor-38\">38</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> C'est dire par conséquent qu'avant la modernité des XIII°-XIX° siècles et l'importance accordée à la liberté de la personne, ceux qui ont pensé la laïcité  ne l'ont fait que dans et par la religion, en toute ouverture à la religion, du moins la religiosité s'ils ne sont pas penseurs religieux. Et pourtant!  Il est approprié de dire, fondé sur cette expérience historique des penseurs humanistes de la Renaissance – pour ne pas dire tous les grands penseurs de l'histoire humaine – que </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;La faculté d'accéder à la globalité de l'expérience humaine inhérente à tous les individus doués de raison, implique chemin faisant la lutte contre l'analphabétisme religieux et l'étude des systèmes de croyances existants. Aussi ne peut-on pas séparer principe de laïcité et étude du religieux.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-39\"><a href=\"#footnote_anchor-39\">39</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p class=\"corps_de_texte\" dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0.0819in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Aujourd'hui, par contre, on dirait que la laïcité est amputée, quasiment phobie de tout ce qui est confession, religion et non seulement la séparation du </span><a href=\"http://fr.wikipedia.org/wiki/Civil\"><span lang=\"fr-FR\">civil</span></a><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> et du </span><a href=\"http://fr.wikipedia.org/wiki/Religieux\"><span lang=\"fr-FR\">religieux dont est application l</span></a><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">e principe de la séparation du pouvoir religieux et des pouvoirs politiques et administratifs de l’État. Si c'est ainsi, c'est  parce qu'elle est tenue pour principe d'unité, le « nucléus » rassembleur d'opinions, religions ou convictions diverses d'une communauté. Ainsi, liberté d'opinion, de culte, l'enchâssement des idées spirituelles et philosophiques au domaine exclusif de la conscience, évitement de toute influence de l'Église dans l'exercice du pouvoir politique et administratif, tel a été la signification initiale de la laïcité. En aucun cas, il ne s'était agi d'une croisade de l'État contre les religions.  Depuis la Révolution française, fin des privilèges de l'Église et de ses ministres certes, mais jamais interdiction de religion. Sécularisation et modernité grandissantes de la société au XIX° siècle, avec implémentation du projet onusien des Déclarations des droits de l'homme certes, mais jamais, en Occident en tout cas, il ne serait question d'interdiction de religion, parce que universalisme républicain. Au XX° siècle, l'indépendance de la vie de l'État, de l'éducation par rapport aux dogmes religieux s'est toutefois fortement développée et a donné les grands projets de lois laïcisant davantage les rapports entre individu et famille, individu et école (les lois Jules Ferry, loi de 1905 par exemple en France). Il est à reconnaître que la laïcité a des débats importants dans la vie politique de nos sociétés depuis quelques décennies, disons depuis les années 70s: de facteur d'unité, elle peut parfois devenir facteur de cristallisation des oppositions &amp;lt;&amp;lt;de ceux qui préfèrent privilégier leur croyance ou, plus généralement, leur droit à la différence.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-40\"><a href=\"#footnote_anchor-40\">40</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Paradoxalement, au nom de ce même principe de laïcité, l'État se doit de demeurer neutre, s'interdisant de stigmatiser telle ou telle religion </span><a name=\"La_la.C3.AFcit.C3.A9_contemporaine\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">o</span></a><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">u tel groupe de croyants. Il doit s'en tenir scrupuleusement à la règle générale du droit et au fait religieux qui pourrait l'enfreindre</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-41\"><a href=\"#footnote_anchor-41\">41</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">.  </span></p><br />
<p class=\"corps_de_texte\" dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0.0819in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">1. 4. LAÏCITE EN SUISSE et selon « Groupe citoyen »</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Constat de l'analphabétisme de la plupart des chantres de la laïcité ? En tout cas constat d'insuffisance de conceptualisation de l'idée de laïcité, surprenant, y compris même chez les plus avisés des politiciens. Indice d'une récupération idéologisante sous-jacente à la défense de la laïcité chez eux au service de visées anti-communautariennes ? </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Le principe de laïcité, </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">dirait Goupe citoyen après Regis Debray, </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\"> place la liberté de conscience (celle d’avoir ou non une religion) en amont et au-dessus de ce qu’on appelle dans certains pays la “ liberté religieuse ” (celle de pouvoir choisir une religion pourvu qu’on en ait une). En ce sens, la laïcité n’est pas une option spirituelle parmi d’autres, elle est ce qui rend possible leur coexistence, car ce qui est commun en droit à tous les hommes doit avoir le pas sur ce qui les sépare en fait.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-42\"><a href=\"#footnote_anchor-42\">42</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">D'où vient donc que nous en soyons aujourd'hui à considérer la laïcité en vase clos relativement, et de surcroît par opposition, à tout ce qui sonne religieux? Plutôt que de faire l'anamnèse de l'historique de la laïcité, il nous semble à présent plus opportun ici de nous pencher sur la conception qu'en fait « Groupe citoyen », tant les conceptions sont nombreuses et toutes prétendument au service du politique</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-43\"><a href=\"#footnote_anchor-43\">43</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Les travaux de Regis Debray et d'autres personnalités importantes du monde intellectuel tant sur le continent que dans le monde anglo-saxon conduisent à une distinction d'importance capitale entre une laïcité étriquée d'ignorants et une laïcité intellectuellement mûrie, une « laïcité d'incompétence » et une « laïcité d'intelligence »</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-44\"><a href=\"#footnote_anchor-44\">44</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Il y a en tout cas unanimité que la laïcité &amp;lt;&amp;lt;</span><span lang=\"-none-\" style=\"font-size: 11pt;\">ne prenne elle-même […] des aspects de religion civile où elle se sacraliserait plus ou moins&amp;gt;&amp;gt;. Car pour favoriser une &amp;lt;&amp;lt;culture de paix civile&amp;gt;&amp;gt;, la laïcité ne doit pas être conçue comme &amp;lt;&amp;lt;une idéologie anticléricale ou intangible&amp;gt;&amp;gt;. Il est donc nécessaire de développer &amp;lt;&amp;lt;une conception laïque, dynamique et inventive qui donnera une réponse démocratique aux principaux défis du XXIe siècle.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-45\"><a href=\"#footnote_anchor-45\">45</a></span><span lang=\"-none-\" style=\"font-size: 11pt;\"> Les termes interpellent par moments dans la mesure où l'on a l'impression qu'une meilleure conception de la laïcité comme socle de la coexistence pacifique dans les milieux multiculturels reposerait nécessairement sur une haute culture. L'expérience d'autres peuples moins intellectuellement cultivés dément si radicalement cette vision des faits qu'elle suscite l'inférence opposée: plus cultivé intellectuellement et politiquement on est, moins capable on est de penser la laïcité et de la vivre conformément à cette pensée. Qu'en penser réellement? Et comment l'enseigner aux générations montantes dans un cadre scolaire, si elle nous pose autant de problèmes de conceptualisation chez les enseignants eux-mêmes? Ne sommes-nous pas dans une impasse</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> incontournable ? Fait religieux, problèmes de conceptualisation, laïcité, problèmes de conceptualisation? Mais tous les deux en rapports synthétiques à transmettre, à « faire valoir sans prescrire »? Sommes-nous suffisamment intellectuellement cultivés et majeurs pour penser et agir le politique – pour adéquatement constituer ces faits en savoirs savants à transmettre ensuite à ceux qui sont reconnus mineurs tant  psycho-génétiquement qu'intellectuellement?   </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">L'école du XVIIIième siècle n'a pas eu les mêmes préoccupations que la nôtre. Il s'y posait, entre autres, le problème de la démocratisation de l'accès aux savoirs, celui des libertés dont la liberté religieuse et confessionnelle aussi certes, mais pas dans les mêmes proportions que la nôtre, justement à cause de la quasi homogénéité raciale et culturelle des populations, y compris des écoles. La nôtre se développe dans un contexte de multiculturalisme galopant qui, avec les diversités des modèles pédagogiques, rend plus complexe l'éducation, car il faut toujours une attention plus particulière aux besoins de chaque élève quelle que soit sa provenance. Dans ce contexte, il faut nécessairement une base commune d'approche tant les diversités culturelles et psychologiques sont grandes. On aurait dit qu'avec le concept de laïcité, la base commune d'approche était déjà trouvée. Mais, qu'en est-il réellement ? S'agit-il d'une laïcité effective ou d'une simple prétention à la laïcité, sans aucun réel engagement à l'implémenter comme projet de société ? </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Si la question se pose, c'est qu'il est des faits réels venant de la « main-stream society » (courant dominant ou majoritaire de la société) même, des actes réels consciemment posés par les chantres de la laïcité eux-mêmes, les dirigeants des différents États, des principes sanctionnés dans et par les grandes constitutions de nos États qui interpellent, de sorte que l'on parlerait d'illogisme dans la culture juridique moderne et contemporaine à l'instar de Norbert Rouland</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-46\"><a href=\"#footnote_anchor-46\">46</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Dans nos Constitutions, textes suprêmes du cadre institutionnel et juridique commun à tous – nous empruntons ces termes très significatifs à Charles Heimberg</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-47\"><a href=\"#footnote_anchor-47\">47</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> – figurent en préambule des invocations, des devises et mots d'ordre qui sont aux antipodes de la laïcité:  &amp;lt;&amp;lt;Au nom de Dieu Tout-Puissant!&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-48\"><a href=\"#footnote_anchor-48\">48</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">, les Armoiries de Genève avec reproduction du nom de IHESUS, Jésus, l'invocation de la bénédiction dans le très récent discours de début d'année de Doris Leuthardt &amp;lt;&amp;lt;Que Dieu vous bénisse&amp;gt;&amp;gt; – dira-t-on que c'est à titre personnel –,  &amp;lt;&amp;lt;L'Assemblée nationale reconnaît et déclare en présence et sous les auspices de l'Être Suprême&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-49\"><a href=\"#footnote_anchor-49\">49</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">, &amp;lt;&amp;lt;So help me God! &amp;gt;&amp;gt; à la fin du serment des Présidents des Etats-Unis, la Bible à l'appui, la devise de certaines universités, celle d'Ottawa par exemple, &amp;lt;&amp;lt;Deus est scientiarum dominus&amp;gt;&amp;gt; (&amp;lt;&amp;lt;Dieu est la Maître de la Science &amp;gt;&amp;gt;, de l'Université d'Oxford, &amp;lt;&amp;lt;Dominus illuminatio mea ("Le Seigneur est ma lumière"</span><a name=\"search4\"></a><a name=\"main4\"></a></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">)&amp;gt;&amp;gt;, etc.; Les fêtes religieuses, jours fériés, de nos calendriers officiels, tels que Noël, Pâques, etc.</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-50\"><a href=\"#footnote_anchor-50\">50</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> ,  les récentes annonces de prières de Hillary Clinton et de Michelle Obama en faveur d'Haïti</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-51\"><a href=\"#footnote_anchor-51\">51</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">,  &amp;lt;&amp;lt;des pratiques de chants, de récits ou de rituels qui sont somme toute assez discutables&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-52\"><a href=\"#footnote_anchor-52\">52</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> distanciés ou pas; la condamnation, en France, de certaines oeuvres artistiques tenues pour diffamatoires de l’image honorable de François Mitterand,  les notions hautement métaphysiques et spirituelles de notre culture juridique telles que le &amp;lt;&amp;lt;mariage posthume&amp;gt;&amp;gt; et &amp;lt;&amp;lt;le respect de la mémoire des défunts&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;la protection de l'intégrité physique du cadavre&amp;gt;&amp;gt; – autant de symboles de la consécration juridique de la &amp;lt;&amp;lt;présence spirituelle des morts dans le monde des vivants&amp;gt;&amp;gt; – qui resterait sans justification aucune si l'on postulait l'anéantissement de la personne avec la mort, mais qui, dans un système qui se réclame de laïcité demeure complètement absurde.</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-53\"><a href=\"#footnote_anchor-53\">53</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">L'impression ? Sans spéculer, le moins à dire: notre culture juridique est pétrifiée et sédimentée par le religieux. De ce point de vue, il est difficile de lui réclamer une laïcité et neutralité radicale, amputée. En appeler à Dieu, au fondement de nos Lois fondamentales, jurer sur la Bible ou le Coran etc. défient, au moins à cette étape de l'évolution de notre culture juridique, tout enthousiasme à l'égard d'un soit-disant « désenchantement du monde »</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-54\"><a href=\"#footnote_anchor-54\">54</a></span><span lang=\"-none-\" style=\"font-size: 11pt; vertical-align: super;\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> ou, à la Habermas, d'une ère de « pensée post-métaphysique »</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-55\"><a href=\"#footnote_anchor-55\">55</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> tout comme d'un « retour du religieux » puisque le religieux ne s'en est jamais allée. Il est vrai, un tel état de chose, comme le dira Kimberly, tend à rendre simple métaphore l'idée de laïcité</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-56\"><a href=\"#footnote_anchor-56\">56</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Ces faits juridiques nous poussent à souscrire, à l’instar d’Emile Durkheim, à la participation du droit au sacré, une idée à la fois religieuse et laïque</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-57\"><a href=\"#footnote_anchor-57\">57</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> du sacré, dans la mesure où, à l’exception de la personne humaine, certaines autres choses ou objets relèveraient &amp;lt;&amp;lt;d’un régime différent de celui du profane&amp;gt;&amp;gt; et seraient juridiquement protégés par des interdits</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-58\"><a href=\"#footnote_anchor-58\">58</a></span><span lang=\"-none-\" style=\"font-size: 11pt;\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Ainsi, la &amp;lt;&amp;lt;notion de laïcité n’implique pas pour autant le silence autour de l’histoire des religions et du fait religieux. Elle ne suscite aucun tabou et préfère la libre discussion plutôt que l’occultation.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-59\"><a href=\"#footnote_anchor-59\">59</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Mai elle est aussi loin d'être une « laïcité [de simple] abstention »</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-60\"><a href=\"#footnote_anchor-60\">60</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">, du moins dans la pratique, tels que les exemples nous le montrent. Médiatement ou immédiatement, négativement ou positivement, la culture juridique moderne se laisse alimenter à des sources de faits et de représentations aussi multiples que diverses. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">II. L'HUMANISME RELIGIEUX EN EDUCATION CITOYENNE: une démarche pédagogique</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">1. LIMINAIRES</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">En choisissant de développer une réflexion sur le thème « Du religieux à l'école laïque: une impossible compatibilité? » dans le cadre de l'éducation à la citoyenneté destinée aux élèves du secondaire I de l'État et canton de Genève, plusieurs difficultés se présentaient à moi, que je suis amené à classer en deux catégories: une catégorie de problèmes dite notionnelle d'une part et, d'autre part, une catégorie de problèmes à qualifier de pédagogiques. Difficultés notionnelles d'une part, tenant premièrement à mon domaine de spécialisation: je suis de formation philosophique et, pour l'instant en tout cas, dans l'Etat et canton de Genève, le secondaire I n'offre aucun cours de philosophie. Deuxièmement, une partie des termes de la thématique générale: « humanisme religieux »: ces termes sont, de nos jours, repoussants pour une bonne partie des gens, et la question peut se poser de savoir si, même professionnellement, l'évaluateur se prêterait ouvertement à une lecture sans préjugé de ma réflexion. Troisièmement, et en rapport immédiat à la question des termes « humanisme religieux », la conception actuellement dominante et, faut-il déjà le suggérer, très problématique de la vocation de l'école laïque: qu'attend-on de l'école laïque aujourd'hui pour que l'on veuille traiter une thématique visant à plaider pour l'introduction d'une culture humaniste et religieuse dans le curriculum de l'école laïque à l'État et au canton de Genève ? En d'autres termes, n'y aurait-il pas une sorte d'illogisme à introduire une telle matière ou sujet dans le curriculum d'une école qui se réclame fortement d'une autre vocation ?La laïcité devrait-elle se comprendre autrement? Et n'y aurait-il pas pour mon choix de thème un accueil défavorable ?</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Tenant à la spécificité de la démarche pédagogique même de l'éducation citoyenne en milieu scolaire, une seconde catégorie de problèmes qui s'étaient posés à notre projet. Il s'agit, en premier lieu, d'un problème double. D'abord, le constat d'un réel fait problématique: si et dans quelle mesure le problème de la culture humaniste et religieuse à l'école laïque est ou peut-être considéré problème de société? Ensuite, s'il s'avère  un problème actuel de notre société, le registre: est-il possible de le mettre en discussion dans un cadre scolaire, c'est-à-dire aller au-delà d'une simple discussion de sens commun, précisons-le, avec des élèves du niveau intellectuel du secondaire I, même dans l'hypothèse que certains élèves seraient des « génies »? En second lieu, le problème pédagogique de la posture enseignante, à savoir l'univers discursif non prescriptiviste: comment faire valoir des points de vue, soit des idéaux de l'orientation sociétale déterminée par l'Etat, soit des points de vue personnels de l'enseignant, sans pour autant donner dans la prescription de ces idéaux, ces valeurs, ces normes, ces principes et règles ? Bref, le dilemme du « comment faire valoir sans prescrire »,  mot d'ordre de l'éducation citoyenne.  </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">Dépassement de nos appréhensions</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Quelles réponses peuvent recevoir les problèmes de la première catégorie de difficultés auxquels je  faisais allusion ?Étant de formation philosophique et vivant à Genève, où le secondaire I n'offre aucun cours de philosophie à ce jour, quelle orientation/démarche didactique m'est-elle donnée de  suivre dans un enseignement sur un thème de cette nature? Il est à remarquer que même si la philosophie n'est pas encore une discipline enseignable au secondaire I, 1) la demande n'est guère inexistante; elle est d'ailleurs pléthore et se concrétise sous forme d'ateliers philosophiques pour enfants</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-61\"><a href=\"#footnote_anchor-61\">61</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">, 2) le fait que je sois accepté en ce cours d'éducation citoyenne et que rien n'empêche que je sois appelé à l'enseigner là où cela s'enseigne, 3) Certains documents du Conseil d'État genevois, sur lesquels nous reviendrons ci-après encouragent le département de l'instruction publique à permettre aux &amp;lt;&amp;lt;élèves des trois ordres d'enseignement de traiter d'éléments de philosophie et des questions des valeurs et du lien social&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-62\"><a href=\"#footnote_anchor-62\">62</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">   </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">L'humanisme religieux comme demande sociale: « Groupe citoyen »</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Qu'en est-il du thème ? Dans le cadre de ce travail, les termes « humanisme religieux », entendons par là « culture religieuse et humaniste » ou « fait religieux », sont empruntés au « Groupe citoyen ». C'est un groupe &amp;lt;&amp;lt;formé de citoyen(ne)s aux convictions diverses (agnostiques, athées, croyants de diverses sensibilités, etc.)&amp;gt;&amp;gt; C'est un groupe  qui, depuis 2004, &amp;lt;&amp;lt;a pris le relais d'une démarche parlementaire initiée par les Verts en 1996&amp;gt;&amp;gt; avec un rapport établi par le DIP intitulé « Culture religieuse et école laïque. Rapport du Groupe de travail exploratoire sur la culture judéo-chrétienne</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">»&amp;gt;&amp;gt; Qui dit DIP en ce moment, dit Charles Beer, le Conseiller d'État genevois chargé de l'Instruction publique. En 2003, ensemble avec Regis Debray, Walo Hutmacher, ils ont publié une Déclaration publique établissant les grands axes d'un enseignement du fait religieux &amp;lt;&amp;lt;dans le respect de la laïcité et de l'esprit de Genève&amp;gt;&amp;gt; et dans &amp;lt;&amp;lt;l'esprit des buts de l'enseignement définis à l'article 4 de la Loi sur l'Instruction publique&amp;gt;&amp;gt;. Pour quels motifs et quels objectifs poursuivent-ils ? Ce groupe d'agnostiques, d'athées, de croyants de diverses sensibilités &amp;lt;&amp;lt;regrettent que la culture religieuse et humaniste n'ait pas la place qui lui revient dans l'enseignement public genevois&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-63\"><a href=\"#footnote_anchor-63\">63</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Ils sont convaincus qu'un tel enseignement est susceptible d'élargir la culture des &amp;lt;&amp;lt;jeunes au seuil de leur vie d'adulte&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-64\"><a href=\"#footnote_anchor-64\">64</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> et de leur permettre spécifiquement de développer des capacités qu'ils ont su énumérer en 8 éléments précis. Au rang de ces capacités, 1) celle de &amp;lt;&amp;lt;Connaître les grandes questions de la condition humaine et l’essentiel des réponses apportées par les grandes traditions religieuses et les principaux courants philosophiques&amp;gt;&amp;gt;,  2) de &amp;lt;&amp;lt;Discerner  entre savoir, croyances, convictions, foi et sagesses, et reconnaître leurs modes d’expression&amp;gt;&amp;gt;,  3) de &amp;lt;&amp;lt;Connaître et de reconnaître le choix historique de la laïcité&amp;gt;&amp;gt; et des principes y relatifs tels &amp;lt;&amp;lt;le libre examen&amp;gt;&amp;gt; et le &amp;lt;&amp;lt;libre débat&amp;gt;&amp;gt;, dans &amp;lt;&amp;lt;le respect&amp;gt;&amp;gt;, 4) de &amp;lt;&amp;lt;Connaître les grandes traditions religieuses (éléments d’histoire, textes, fêtes, convictions, rites, pratiques, formes de pensée, langages symboliques, etc.)&amp;gt;&amp;gt; 5) de &amp;lt;&amp;lt;Savoir-vivre ensemble dans le respect de la pluralité des options, conformément à une éthique de la liberté et de l’égalité des êtres humains.&amp;gt;&amp;gt;, 6) de &amp;lt;&amp;lt;S'ouvrir à d'autres formes de pensée  et d’expression (symboles, rites, visions du monde, etc.) et de &amp;lt;&amp;lt;Situer de manière critique ses propres convictions par rapport aux autres&amp;gt;&amp;gt;, la capacité de 7) &amp;lt;&amp;lt;Se repérer et se situer de manière argumentée face aux enjeux sociaux et collectifs (identitaires, communautaires, politiques) liés aux religions&amp;gt;&amp;gt;, enfin, 8) la capacité à &amp;lt;&amp;lt;Identifier la spécificité de la civilisation occidentale, avec ses racines religieuses&amp;gt;&amp;gt;, de sorte à pouvoir &amp;lt;&amp;lt;en faire une relecture critique et comprendre les défis et confrontations qu’elle engendre pour elle-même et pour les autres grandes civilisations.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-65\"><a href=\"#footnote_anchor-65\">65</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Un programme gigantesque pour les élèves de 9ième ! Une religion ? Un plaidoyer pour des cours de catéchèses? </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Les travaux de « Groupe citoyen » ont conduit le Conseil d'État, lors du Grand Conseil du 22 septembre 2006,  a estimé &amp;lt;&amp;lt;essentiel que l'enseignement du fait religieux soit mieux pris en compte dans les écoles publiques genevoises&amp;gt;&amp;gt; et a chargé le département de l'instruction publique à entreprendre certaines démarches (au nombre de 5 en tout), dont l'encouragement des élèves des trois ordres d'enseignement à &amp;lt;&amp;lt;traiter d'éléments de philosophie et des questions de valeurs et du lien social&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-66\"><a href=\"#footnote_anchor-66\">66</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">  </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">La diversité des membres qui forment « Groupe citoyen », leur représentativité en termes d'orientation confessionnelle et « philosophique », de « Weltanschauung » ou tout simplement de convictions personnelles, &amp;lt;&amp;lt;les forces nécessaires&amp;gt;&amp;gt; qu'ils ont mobilisé et mobilisent toujours pour mener à bien les travaux en vue de l'institutionnalisation, de l'élargissement du contexte d'étude, et du développement des lieux d'échanges sur le thème du fait religieux dans l'école publique, tout ceci, afin d'accroître les compétences et outils des formateurs en la matière  – &amp;lt;&amp;lt;les citoyens-enseignants, citoyens-députés, citoyens-parents, citoyens-grands-parents, croyants ou agnostiques&amp;gt;&amp;gt;, tout cela consacre, sans conteste, le fait religieux comme une demande sociale pressante et un &amp;lt;&amp;lt;un sujet délicat&amp;gt;&amp;gt; de nos sociétés. Il en a de même ici à Genève comme dans la Suisse toute entière et partout ailleurs dans le monde occidental. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Une question se pose: si l'humanisme religieux est autant socialement demandé, du moins si le besoin se fait autant sentir de nos jours, pourquoi une telle angoisse de notre part en ce qui concerne sa recevabilité comme thème à réflexion scolaire ? Cette question d'apparence anodine est paradoxalement une des données importantes du problème. Car elle nous suggère l'une des causes fondamentales du malaise sociale actuelle: l'ignorance de ce qu'est essentiellement et initialement l'école laïque, la laïcité de l'État, une société laïque. Nous n'en faisons aucune illusion, bien de gens sont quelque peu angoissés à parler publiquement de « choses » ayant trait à la religion. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">2. L'ENSEIGNEMENT DU FAIT RELIGIEUX</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">Une exclamation &amp;lt;&amp;lt;Oh God !&amp;gt;&amp;gt;</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> dans une salle de classe reçoit la surprenante réponse-ci: </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Oh no! We don't talk about him here !&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-67\"><a href=\"#footnote_anchor-67\">67</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Ce n'est pas une réponse du diable en personne. C'est la réponse d'un élève ou d'un étudiant du supérieur à son collègue. Expression d'une haine viscérale, d'un mépris radical du religieux? Manifestation d'une phobie de Dieu et/ou du religieux ? </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Les contradictions que nous venons de relever sont toutes dues, à notre avis, à la nature même du religieux et du spirituel qui, d'un point de vue anthropologique, lorsqu'il s'impose à l'homme exige de celui-ci un engagement entier, de tout l'être, de cet être à la fois et respectivement </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">homo religiosus et homo politicus</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Ici encore, Charles Heimberg a raison de souligner que &amp;lt;&amp;lt;dans nos sociétés multiculturelles, les conditions d’une approche non pieuse de l’histoire et de la contemporanéité des phénomènes religieux devraient être mieux définies et explicitées, en laissant un espace au débat et à des questions ouvertes sachant qu’on touche là à un</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">champ de contradictions qui ne sont pas forcément toutes complètement résolubles.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-68\"><a href=\"#footnote_anchor-68\">68</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Comment, devrait-on s’enquérir, des représentations culturelles, philosophiques, métaphysiques et religieuses pourraient-elles participer à une culture juridique si elles ne s‘y intègrent ni ne s’y reconnaissent ?</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-69\"><a href=\"#footnote_anchor-69\">69</a></span><span lang=\"-none-\" style=\"font-size: 11pt;\"> Voici une question lancinante dans le contexte actuel, en fait allusion à et plaidoyer tacite pour une laïcité non amputée, saine, et point d'arrimage de l'expression de toutes les représentations, toutes les confessions saines, c'est-à-dire favorisant existence et coexistence des humains. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Est-ce fort de cette spécificité du religieux que, de nos jours, des chefs d'États tels le Président Nicholas Sarkozy et d'autres requièrent du  système de l'Éducation que les enseignants participent à la renaissance du système de l'éducation française qui, à ce qu'il croit, devrait inclure l'instruction religieuse</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-70\"><a href=\"#footnote_anchor-70\">70</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> ? Aux États-Unis, la </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">Loi de Restoration de la Liberté Religieuse</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-71\"><a href=\"#footnote_anchor-71\">71</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> a été promulguée par le Président Clinton dans le but d'empêcher que les lois violent substantiellement les droits à la liberté d'exercice de la religion, pour protéger la liberté religieuse dans les écoles publiques</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-72\"><a href=\"#footnote_anchor-72\">72</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Car il est tout à fait normal que l'État intervienne là où des politiques scolaires deviennent trop restrictives par rapport à l'expression religieuse. Il affirme: &amp;lt;&amp;lt;Le problème s'est manifesté dans les écoles publiques de notre Nation. Il apparaît que des administrations officielles, des enseignants et parents soutiennent que toute expression religieuse est inappropriée J'ai été  conseillé par le Département de la Justice et le Département de l'Éducation que le Premier Amendement permet – et protège – l'expression religieuse dans les écoles publiques à un degré plus élevé que ne peuvent le comprendre beaucoup  d'Américains.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-73\"><a href=\"#footnote_anchor-73\">73</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> L'administration de George Walter Bush ne s'y est pas moins engagée, qui a aussi proclamé la légalité de la religion dans les écoles à la nation une lettre spécifique portant sur les formes et occasions de prière constitutionnellement protégée, clarifiant les droits des étudiants à prier même dans les écoles publiques: &amp;lt;&amp;lt;Entre autres, écrit-il par le Secrétaire à l'Éducation Rod Paige dans  </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">No Child Left Behind  Act, </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">les étudiants peuvent lire leurs Bibles ou autres écritures, rendre grâce avant les repas, et prier ou étudier du matériel religieux avec leurs collègues étudiants pendant les pauses, les déjeuners, ou en d'autres temps non-instructionnels autant qu'ils peuvent s'engager dans des activités non religieuses.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-74\"><a href=\"#footnote_anchor-74\">74</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Et notre chercheure de dire, se basant sur une conception anthropologique de l'identité qu'elle qualifie, à l'instar de Diniz-Pereira, de « critical/integrative »</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-75\"><a href=\"#footnote_anchor-75\">75</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> : &amp;lt;&amp;lt;si le gouvernement accorde au peuple le droit d'exercer librement leur religion de choix&amp;gt;&amp;gt;, il est tout simplement illogique et interpellant de simplement supprimer la religion ou les sujets de religion dans les écoles surtout dans nos sociétés aussi complexes et riches multi-culturellement. À noter qu'il s'agit ici non seulement de fait religieux, mais aussi et surtout de religion et d'exercices ou  pratiques religieuses.  </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Il convient de voir dans cette spécificité du religieux, un élément fondamental, à l'époque actuelle, de l'urgence de la demande sociale concernant l'enseignement du fait religieux dans les grandes démocraties et institutions républicaines</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-76\"><a href=\"#footnote_anchor-76\">76</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">. Les conditions de la légitimité d'un enseignement de cette nature s'y lisent à grands traits, à qualifier d'anthropologiques et identitaires, à telle enseigne que recourir à un soit-disant déficit de culture religieuse des jeunes générations pour justifier le projet nous semble faible comme argument. D'ailleurs, le déficit en question ne se découvrirait-il pas aussi chez une bonne partie des générations passées qui, pourrait-on dire, étaient en mal de compréhension adéquate de la laïcité? </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Qu'en est-il des conditions de réalisation et de développement de ce projet ? L'enseignement du religieux suscite moult remous dans les rangs des chercheurs qui s'y investissent. Si certains s'y opposent radicalement, y voyant un subterfuge des politiques à raviver et à faire régner les discriminations identitaires, d'autres y sont favorables et si enthousiastes qu'ils ne se soucient guère ou que trop peu des conditions de sa bonne implémentation, d'autres encore l'accueillent avec prudence, qui engagent la discussion sur le terrain de la rigueur démocratique indispensable à y observer, la fidélité aux principes fondamentaux de l'école républicaine. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Force est de constater qu'en ce qui concerne les modalités de réalisation du programme, il n’y a pas, en la matière un seul modèle mais autant de situations que de pays. Et s'il s'agit d'enseignement de religion dans certains États, dans l'État et canton de Genève, on parle de fait religieux, plus précisément de « culture humaniste et religieux ». On peut cependant relever les types de problèmes suivants: 1) celui, organisationnel des journées et horaires scolaires, de sorte que cet enseignement n'empiète pas sur le déroulement quotidien des autres activités scolaires, . &amp;lt;&amp;lt;C’est un projet qui ne paraît réalisable qu’à la condition [de s'inscrire plus ou moins parfaitement] dans le projet éducatif de l’institution scolaire, dans les structures de l’école et à travers ses grilles horaires</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-77\"><a href=\"#footnote_anchor-77\">77</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt; vertical-align: super;\">  </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Pour ce qui concerne la &amp;lt;&amp;lt;reconnaissance […] de l’enseignement-apprentissage des sciences humaines dans le cursus des élèves&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-78\"><a href=\"#footnote_anchor-78\">78</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Doit-on en faire une matière à part entière ou une simple démarche d'investigation ou d'enquête intellectuelle à incorporer dans les disciplines « traditionnelles » (français, anglais, histoire, etc.?). Pour l'instant, la tâche a été dévolue aux enseignants de l'histoire de l'enseigner, &amp;lt;&amp;lt;en rapport avec l'exercice des citoyennetés&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-79\"><a href=\"#footnote_anchor-79\">79</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">, &amp;lt;&amp;lt;la pratique des droits politiques traditionnels&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;des pratiques associatives ou culturelles&amp;gt;&amp;gt;; le &amp;lt;&amp;lt;fonctionnement de la démocratie&amp;gt;&amp;gt;, les réalités locales ou nationales et planétaires; l'éducation citoyenne &amp;lt;&amp;lt;doit être conçue à toutes les échelles humaines&amp;gt;&amp;gt;, s'articuler autour des questions d'ordre éthique, la &amp;lt;&amp;lt;notion de responsabilité&amp;gt;&amp;gt;, etc. Le Conseil d'État, lui, demandait &amp;lt;&amp;lt;de renforcer les offres de formation pour les enseignants et la cohérence de cet enseignement entre les différents plans d’études, ainsi que d’élargir la question en permettant aux élèves de « traiter d’éléments de philosophie et des questions des valeurs et du lien social &amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-80\"><a href=\"#footnote_anchor-80\">80</a></span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Au vu de toutes ces thématiques en lien étroit avec les droits ne serait-il pas incongru de se demander si les questions religieuses ou touchant au religieux devraient être bannies à l'école? Peut-on encore dire que le projet de l'enseignement des phénomènes de religions ou du fait religieux ne peut pas se faire à l'école ? Le religieux ne peut-il pas faire l'objet de l'actualité? Ne peut-il pas se faire aussi que les élèves éprouvent de l'intérêt à connaître les conceptions des diverses religions sur la mort, son sens, le sens de la vie, la souffrance humaine, leur approche des problèmes de dépression, du suicide, de l'euthanasie, de l'acharnement thérapeutique, de l'écologie, la montée des groupes extrémistes religieux, la lutte contre leur prolifération et quoi d'autres encore? Le religieux, au vu de toutes ces thématiques, ne peut-il et ne doit-il pas faire l'objet de débats démocratiques ? Ne fait-il pas, de ce point de vue, partie intégrante des questions vives de nos sociétés, à débattre aussi et à l'école publique par des générations montantes de citoyens ? Débattre de ces problèmes dans nos sociétés pluralistes ne nous place-il pas devant l'extrême complexité de nos sociétés ?  De sorte à sérieusement considérer nécessaire la &amp;lt;&amp;lt;pluralité des opinions, des réalités humaines&amp;gt;&amp;gt;, l’existence incontournable &amp;lt;&amp;lt;de contradictions et de conflits d’intérêts dans toute société humaine&amp;gt;&amp;gt; et, en l'occurrence celles d'aujourd'hui, la &amp;lt;&amp;lt;réflexion sur la manière de les résoudre, en renonçant à toute forme de violence dans le cadre du libre exercice de la démocratie&amp;gt;&amp;gt;?  À notre humble avis, la réponse affirmative est incontournable. La peur des extrémismes religieux ne suffit-il pas déjà à élaborer des stratégies éducatives visant à informer et former nos enfants, nos élèves ? Nos sociétés pourraient-elles faire silence sur ces problèmes brûlants par peur d'aviver des tensions trop aigües ? &amp;lt;&amp;lt;</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">Une société démocratique et libérale peut-elle vivre sans un minimum de consensus sur des valeurs de base ? Et la réflexion sur des valeurs de base peut-elle faire l’impasse sur les données religieuses qui, historiquement, ont fondé les grands courants de notre civilisation ? </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-81\"><a href=\"#footnote_anchor-81\">81</a></span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">L'enseignement du fait religieux supposé demande sociale pressante, il resterait encore un autre problème important. Le cadre scolaire étant aussi cadre d'apprentissage de la réflexion, il convient d'y former les élèves à mener des réflexions hors du sens commun, leur apprendre à mener la pensée du commun des sens &amp;lt;&amp;lt;à partir de concepts et contenus disciplinaires&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-82\"><a href=\"#footnote_anchor-82\">82</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Nous avions parlé des disciplines telles que l'histoire, la géographie, le français etc. On peut aussi y ajouter – un peu en avance sur l'histoire ? – la philosophie. Le problème de l'apprentissage de la réflexion est un problème double. Les élèves ne doivent pas seulement arriver, par leur apprentissage de la réflexion, à  mener des discussions hors du sens commun. Il leur faudra aussi et surtout, en conformité avec les finalités fondamentales de la formation scolaire, être capables de se soustraire à toute forme de contrainte intellectuelle par la pensée critique. Et cela dépendra de l'approche pédagogique de l'enseignant: le bon enseignant en la matière devra se poser la question de savoir &amp;lt;&amp;lt;comment faire valoir sans prescrire&amp;gt;&amp;gt;. Comment l'enseignant peut donc faire valoir les valeurs et principes de la société sans les prescrire, c'est-à-dire sans contraindre ses élèves à simplement les reproduire, mais au contraire, si l'on veut, à se les approprier par leur propre capacité à les penser ? Mais, est-ce en fait possible? Non pas qu'il soit impossible aux élèves de se faire leurs, et ceci, par leur propre pensée, les principes et valeurs de la société, mais qu'il soit peut-être impossible, pour l'enseignant de les transmettre – pour ne pas dire banalement les « donner » sans nullement les « donner »! – sans pour autant les transmettre ?  Un paradoxe? Présenter ces valeurs de société, établies par les instances supérieures de l'école et de l'État, et ne pas vouloir les voir pratiquer par les élèves ? Et s'il faut les voir mettre en pratique, comment faire sans prescrire?   </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Telle est cependant la lecture pénétrante car critique de la finalité première de l'école publique genevoise, ainsi qu'elle peut se dégager de l'article 4 de la Loi sur l'Instruction Publique (1977) qui se lit:   </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;L’enseignement public a pour but, dans le respect de la personnalité de chacun: </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">a) de donner à chaque élève le moyen d’acquérir les meilleures connaissances dans la perspective de ses activités futures et de chercher à susciter chez lui le désir permanent d’apprendre et de se former; </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">b) d’aider chaque élève à développer de manière équilibrée sa personnalité, sa créativité ainsi que ses aptitudes intellectuelles, manuelles, physiques et artistiques; </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">c) de préparer  chacun à participer à la vie sociale, culturelle, civique, politique et économique du pays, en affermissant le sens des responsabilités, la faculté de discernement et l’indépendance de jugement; </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">d) de rendre chaque élève progressivement conscient de son appartenance au monde qui l’entoure en développant en lui le respect d’autrui, l’esprit de solidarité et de coopération; </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">e) de tendre à corriger les inégalités de chance de réussite scolaire dès les premiers degrés de l’école.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-83\"><a href=\"#footnote_anchor-83\">83</a></span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Comment enseigner et comment enseigner le fait religieux en éducation citoyenne à l'école laïque ? D'après les principes déontologiques de la profession enseignante. Entre autres, &amp;lt;&amp;lt;dans le respect de la personnalité de chaque élève&amp;gt;&amp;gt;, aider au &amp;lt;&amp;lt;développement équilibré&amp;gt;&amp;gt; de la &amp;lt;&amp;lt;personnalité&amp;gt;&amp;gt; de chaque élève, de &amp;lt;&amp;lt;sa créativité&amp;gt;&amp;gt;, de &amp;lt;&amp;lt;ses aptitudes intellectuelles, manuelles, physiques et artistiques</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt;\">&amp;gt;&amp;gt;, </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">former chacun à sa future participation dans tous les domaines et à toutes les échelles de la vie, développer en chacun &amp;lt;&amp;lt;le sens des responsabilités&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;la faculté de discernement et l'indépendance de jugement&amp;gt;&amp;gt;, développer en chacun &amp;lt;&amp;lt;le respect d'autrui, l'esprit de solidarité et de coopération&amp;gt;&amp;gt;. L'enseignement du fait religieux se doit donc conforme à ces principes, il doit se garder d'être trop normatif, il doit éviter de la part des élèves une docile reproduction des générations, il doit valoriser chez eux &amp;lt;&amp;lt;la pensée créatrice&amp;gt;&amp;gt; &amp;lt;&amp;lt;plutôt qu'une assimilation grégaire&amp;gt;&amp;gt;. Il doit mobiliser en eux &amp;lt;&amp;lt;les modes de pensée scientifiques&amp;gt;&amp;gt; pour développer leur sens critique</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-84\"><a href=\"#footnote_anchor-84\">84</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-style: italic; font-size: 11pt; vertical-align: super;\">  </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Les enseignants doivent pouvoir &amp;lt;&amp;lt;mettre à distance&amp;gt;&amp;gt; les faits du passé et du présent tout en les faisant connaître, ils doivent les faire analyser en mobilisant des modes de pensée et des « Weltanschauungen » propres à leurs disciplines. Ils se doivent &amp;lt;&amp;lt;d’intégrer les mécanismes de la psychologie sociale dans l’observation des faits collectifs et de ne pas négliger la part d’irrationnel qui les caractérise. Ainsi, par exemple, la promotion des valeurs de tolérance ou celle de l’antiracisme ne sauraient se réduire à des incantations ingénues.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-85\"><a href=\"#footnote_anchor-85\">85</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt; vertical-align: super;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Il est évident qu'une telle tâche n'est pas du tout moindre. Car ne dit-on pas que tel on est éduqué soi-même, tel on éduque aussi, pour autant que cela soit vrai ? Avec autant d'injonctions, comment ces enseignants arriveront-ils à bout de leur mission, sans que, éduqués d'après ces mêmes injonctions, en fonction de ces horizons, leurs élèves ne les reproduisent automatiquement en modèles ? Peut-on vraiment faire valoir sans prescrire ? Et jusqu'à quel point ?  Si « la neutralité n'a pas pour but d'exclure, dans les activités de l'État, tout élément d'ordre religieux ou métaphysique&amp;gt;&amp;gt;, le &amp;lt;&amp;lt;personnel de l’État - en particulier le personnel enseignant - est cependant tenu en principe à un certain devoir de réserve, dit-on. Il doit s'abstenir dans l'exercice de ses fonctions de toute considération confessionnelle ou religieuse susceptible de compromettre la liberté de conviction d'autrui&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-86\"><a href=\"#footnote_anchor-86\">86</a></span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Un des moyens à disposition dans ce domaine c'est de munir les élèves des rudiments de l'argumentation, les instruire dans l'art de raisonner logiquement et de penser critiquement, de sorte qu'il puisse débusquer les nombreux faux arguments et raisonnements ou sophismes que recèlent souvent nos opinions. Il ne s'agira donc pas seulement de savoir disserter ou présenter son point de vue, il faut encore savoir le défendre d'un point de vue logique et ne pas tomber dans la sophistique. À ce propos, les programmes d'apprentissage des langues, en l'occurrence le français, comportent un volet qui est intéressant à plus d'un titre savoir la typologie des arguments, les différentes formes d'argumentation. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">Une proposition</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Puisqu'il s'agit de savoir sortir du sens commun dans les débats en éducation citoyenne, on pourrait entrevoir une formation pour les enseignants et des section d'études d'argumentation pour les élèves. Un cours qui se donne dans les pays anglo-saxons, malheureusement à l'université, mais rien n'empêche d'en exploiter le contenu et en instruire les élèves du Cycle d'Orientation. Il s'agit d'un cours intitulé « raison logique et pensée critique ». C'est une matière enseignée par le département de philosophie (à l'Université d'Ottawa, par exemple). Il serait incongru de dire que ce sera trop élevé pour les élèves de la 9° du Cycle d'Orientation, surtout lorsque l'on se sait en pleine période de demande pressante de la philosophie pour enfants. Ce serait d'ailleurs un contre-sens, une absurdité de vouloir former les jeunes à la citoyenneté critique, à la pensée critique appliquée dans un contexte de débats de société donc, et ne pas vouloir leur enseigner la matière « pensée critique », « raisonnement logique ». </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Pour penser par soi-même, il faut d'abord disposer d'une entière liberté d'examiner, de questionner, de critiquer, de mettre en doute : plus aucun dogme ni aucune institution n'est sacré.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-87\"><a href=\"#footnote_anchor-87\">87</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\"> Nous irons plus loin en</span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt; color: rgb(0, 0, 255);\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">affirmant que dans cette matière, l'ennemi numéro 1 n'est pas le manque de liberté, mais l'ignorance, le fait de prendre ses opinions pour la vérité. Les philosophes grecs parlent de « doxa » (opinion non éclairée) par opposition à « logos » (raison) ou « épistémé » (science). À tout le moins, il leur faut se familiariser et connaître les différentes formes de sophismes qui existent et, à partir de là, porter un regard critique sur le contenu de la matière, sur les questions « culture humanisme » et surtout « fait religieux » ou sur les arguments des participants aux débats politiques. Il faudra donc former les enseignants eux-mêmes aux rudiments de la rhétorique, mieux, de l'argumentation, pour ce faire. La formation à la raison logique et à la pensée critique, si elle ne peut pas résoudre le tout du problème de l'influence de l'enseignant sur l'élève, des effets pernicieux de l'influence de l'autorité sur l'élève, voire de la valorisation même des principes relevant du religieux et ceux de l'Etat démocratique sur l'élève, elle aura pour vertu de préparer l'élève à adopter à tout moment une attitude de vigilance par rapport au discours de l'enseignant(e), fût-il intellectuellement élevé et logiquement rigoureux ou « rhétoriquement » rusé. Elle permettra, dans le même temps, de protéger contre les dangers funestes du prosélytisme religieux</span><span class=\"ABI_FIELD_footnote_ref\" id=\"footnote_ref-88\"><a href=\"#footnote_anchor-88\">88</a></span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt; vertical-align: super;\"> </span><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">et des arguments fallacieux des participants aux divers débats. </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">Loin de faire de nos considérations sur les vertus d'une formation à la raison logique et à la pensée critique une affaire de simple conviction, il s'agit d'y voir les finalités pédagogiques premières de la matière elle-même. Veut-on former les élèves au discours hors du sens commun, au discours scientifique ou savant, on y trouvera tout ce dont il est nécessaire et indispensable.  Toute revendication, même fondée sur les émotions, se formule et se justifie en dernière instance langagièrement, dans et par le discours.   </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 11pt;\">CONCLUSION</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">En guise de conclusion sur un thème aussi farouchement débattu actuellement, nous ne pouvons guère prétendre épuiser notre investigation, tant les tenants et aboutissants sont encore à établir. Mais qui doit les établir sinon tous, y compris nous aussi ? Nous avons essayé tant soit peu qu'il ne saurait y avoir ni conceptuellement ni historiquement de conflits entre le principe de la laïcité et de la libre expression des pratiques et discours religieux. Mieux, nous avons montré qu'il existe par contre une compatibilité de principe entre les deux. Nous avons aussi essayé de montrer en quoi notre thème est objet d'éducation citoyenne, à partir de l'idée qu'il fait l'objet de demande sociale pressante de la part et des autorités (un peu partout dans le monde aussi)  et des personnalités scientifiques et érudits divers par leurs représentations. Il a été aussi suffisamment montré que certaines notions devraient encore faire l'objet de précision, que seule la notion de fait religieux considérée par la plupart des critiques du projet comme vague et imprécise, reçoit plutôt de notre part adhésion totale, puisque pour nous assez claire, se distinguant parfaitement de celle de « religion », sous la plume de Regis Debray du moins. Nous devons dire que le fait religieux n'est pas le problème, mais plutôt une solution apportée à un problème qui manifeste d'un besoin de repères axiologiques, religieux ou spirituels. Certes, ceux pour qui seule la foi compte, peuvent trouver en ce projet une intrusion de la raison citoyenne dans la sphère de la foi. Regis Debray et Charles Heimberg, qui sont nos deux sources d'inspiration les plus importantes, ont montré comment de tels sujets sont incontournables en démocratie, sans pour autant se mettre d'accord sur ce qu'est le fait religieux.  </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-size: 11pt;\">A été également justifié, nous le croyons, le développement de la thématique dans la perspective de notre discipline qui est la philosophie – sans avoir négligé le problème de savoir comment organiser l'enseignement du fait religieux. À ce propos, l'attention est attirée sur le fait qu'en dépit de son absence dans le corps des disciplines enseignées au secondaire I, à l'état actuel de nos connaissances, la philosophie est fortement demandée dans la société en faveur des enfants. La problématique fait aujourd'hui débat chez les didacticiens de la philosophie. Nous osons affirmer simplement ici que l'apprentissage du philosopher peut se faire en éducation citoyenne avec les élèves du Cycle d'Orientation. Il est, en tant qu'activité critique du penser un outil important de développement et de promotion de la citoyenneté critique. Au demeurant, nous pouvons tous reconnaître que la philosophie élève la réflexion au-delà du sens commun. À l'appui de cette thèse, nous avons proposé une matière dans laquelle nous entrevoyons un outil indispensable pour l'exercice de la pensée critique: « raison logique et pensée critique », fait des formes logiques du raisonnement et des formes diverses d'argumentation. Plusieurs questions ont émergé aboutissant à la question centrale d'importance capitale de toute éducation à la citoyenneté, savoir « comment faire valoir sans prescrire ». Pour autant, cela voudrait-il dire que nous avions réussi ce travail ? Nous ne saurions le prétendre. Au lecteur d'en juger !</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">PAGE DE TITRE</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">INTRODUCTION	         1-2</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">I DEFINITIONS DES NOTIONS CLES	       2 </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">1. 1. L'HUMANISME: Qu'est ce ?	       2-4 </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">1. 2. « RELIGION » OU « FAIT RELIGIEUX »	      4-6 </span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">1. 3. LA LAÏCITÉ:  Bref historique	       6-8</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">1.4. 1. 4. LAÏCITE EN SUISSE et selon « Groupe citoyen »	     8-10</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">II. L'HUMANISME RELIGIEUX EN EDUCATION CITOYENNE: une démarche pédagogique	10</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">1. LIMINAIRES	          10</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">Dépassement de nos appréhensions	       10-11</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">L'humanisme religieux comme demande sociale: « Groupe citoyen »	   11-12</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">2. L'ENSEIGNEMENT DU FAIT RELIGIEUX	      12-16</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">Une proposition	          16</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"><span lang=\"fr-FR\" style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt;\">CONCLUSION	          16-17</span></p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;\"> </p><br />
</div><br />
<!</del> Created by AbiWord, a free, Open Source wordprocessor.  <del>>   <!</del> For more information visit http://www.abisource.com.    <del>>   <!</del> ======================================================= <del>><br />
<p><br />
<meta http-equiv=\"content-type\" content=\"text/html;charset=UTF-8\"><br />
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</p><br />
<div><br />
<p><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold;">DE L'HUMANISME RELIGIEUX À L'ÉCOLE LAIQUE : une impossible compatibilité ? </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 14pt;">Dr. Varus SOSOE</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR">Enseignant</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR">Collège de Genève </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 10pt;">Semestre d'automne-hiver</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: center; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 10pt;">2009-2010</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: right; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;"><br /><br />
</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: right; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;Sapere aude! (Ose penser!) Aie le courage de te servir de ton propre entendement &amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-2"><a href="#footnote_anchor-2">2</a></span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: right; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;Une laïcité qui esquive s’ampute.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-3"><a href="#footnote_anchor-3">3</a></span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: right; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">INTRODUCTION </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">L'évolution des sociétés humaines peut être conçue comme un phénomène se produisant par strates superposées, mais aussi s'interpénétrant selon une dynamique propre à elles et au gré des actions humaines. À cette enseigne, les formes les plus anciennes de la manifestation de la culture et des productions de l'esprit humain sédimentent nécessairement les plus récentes. L'histoire en peut témoigner, surtout de nos jours, avec la conscience toujours plus aigüe en la nécessité de re-visitation des passés en vue du progrès, d'une perfectibilité civile et morale toujours plus croissante du genre humain, mais aussi plus insidieusement et entravant quelquefois très gravement le progrès, l'affirmation très exacerbée des identités de cloisonnement et de barbarie. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">L'école, comme lieu de production et de transmission des savoirs et de la culture humaine n'échappe guère à ce principe et phénomène. De fondamentalement religieuse, telle que l'histoire peut la décrire en ses origines, asservie aux systèmes des croyances et dogmes des religions et spiritualités, elle se veut faire au fil du temps et surtout à notre époque, ceci depuis le siècle des Lumières, institution émancipée et émancipatrice de l'humanité. L'émancipation en question ne se fait cependant pas toujours sans heurts ni illusions. Car contre l'élan libérateur et la tentative de dépassement que se prescrit « l'entité-à-aliéner », ici l'école, « l'entité aliénante », la « société fermée »</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-4"><a href="#footnote_anchor-4">4</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> s'oppose et s'impose en permanence.  L'école, dans les démocraties modernes et sociétés pluralistes, se veut résolument laïque. Or en se voulant telle, elle ne peut pas ne pas se définir et se contre-positionner par rapport à son long passé. La présence permanente et vive de ce passé est faite de toile de fond religieuse et spirituelle très marquée. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">La diversité et la pluralité des convictions et représentations des composantes des sociétés actuelles ne viennent d'ailleurs pas faciliter l'impulsion de désenchantement de l'école vis-à-vis des traditions et cultures religieuses et spirituelles. Paradoxalement cependant, les voix s'élèvent, qui déclament un déficit flagrant en matière de culture humaniste et religieuse et en connaissance du passé des grandes civilisations, nommément de l'occidentale. Ce déficit se fait sentir dans le rang des plus jeunes, dit-on. L'ignorance en cette matière est aussi source de bon nombre de maux dont souffrent nos sociétés, affirment-on également. D'où les pressants projets visant à introduire dans les programmes scolaires, partant de la formation des enseignants, des cours de « culture humaniste et religieux ». À Genève, le DIP, chantre de la laïcité scolaire,  tente de trouver voies et moyens pour résoudre la crise de l'école en la matière à partir notamment de l'initiative d'un « Groupe citoyen ». Mais, qu'entend-on par ces vocables de « culture humaniste et religieuse » ? La laïcité est-elle réalité ou simplement projet ? Et peut-elle se faire réalité tangible et constante sans faire en même temps économie du religieux et du spirituel? Si elle y parvenait, ne s'anéantirait-elle pas ? Quel sens donne-t-on au terme « laïc » dans « école laïque »? Il est à souligner ici en passant que loin d'être spatio-temporellement contextuée, la réflexion qui se développe ici se veut de portée universelle pour tout État de droit se voulant légitime. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Dans le cadre de ce travail, qui est une réflexion portant sur une démarche pédagogique de l'enseignement du fait religieux en cours d'éducation citoyenne, nous allons essayer, dans un premier temps, de tracer l'épure des notions-clé du projet, savoir « humanisme » (culture humaniste), « fait religieux ».  Nous essayerons d'y fixer des définitions plus explicites, convaincu que nous sommes de l'imprécision notionnelle dans laquelle nous laisse « Groupe citoyen » pour un projet aussi important, tout en restant le plus fidèle possible aux documents des initiateurs dont nous sommes en possession. Cette étape nous permettra aussi de dégager dans l'initiative de « Groupe citoyen » l'essentiel du projet. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Dans un second temps, où nous nous donnons d'examiner la notion de « laïcité », nous réfléchirons sur les problèmes et questions qui se posent à la réalisation du projet d'enseignement du fait religieux à l'école publique. Bref, quelles en sont les conditions de possibilité effective? Nous essayerons, dans ce cadre, de proposer une matière que nous jugeons essentielle à une bonne réussite du projet.     </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">I DEFINITIONS DES NOTIONS CLES </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">1. 1. L'HUMANISME: Qu'est ce ? </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Nous nous sommes référés aux documents du DIP, notamment la Déclaration de « Groupe Citoyen » intitulé «Culture religieuse et humaniste à l'école laïque »</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-5"><a href="#footnote_anchor-5">5</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Force est de remarquer cependant qu'aucune définition expresse et explicite  n'y figure. À telle enseigne que l'on se demande ce que ce terme cache chez les responsables de ce « Groupe ». N'y ont-ils jamais pensé? Cette absence de définition de l'humanisme est d'autant plus accablant que la notion demeure fortement polyphonique et polysémique. Ceci peut-il expliquer cela? </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Du point de vue de l'histoire des idées, l'humanisme se reconnaît par les caractéristiques suivantes: a) un &amp;lt;&amp;lt;mouvement littéraire et philosophique apparu à la Renaissance&amp;gt;&amp;gt; et auquel on peut rattacher la philosophie des Lumières au XVIII° siècle; il b) affirme &amp;lt;&amp;lt;la valeur de l'homme en tant qu'homme&amp;gt;&amp;gt; en en cherchant nostalgiquement &amp;lt;&amp;lt;le modèle, par-delà le Moyen-Âge chrétien et la scolastique, dans l'Antiquité grecque et latine&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-6"><a href="#footnote_anchor-6">6</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">, c) pour qui, sur le plan de la philosophie morale – en tout cas pour l'existentialisme athée et dans les éthiques orientales sans notion de Transcendance –, l'homme, de son existence, &amp;lt;&amp;lt;doit s'affirmer et se construire indépendamment de toute référence ou de tout modèle religieux</span><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">&amp;gt;&amp;gt;</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Cet humanisme</span><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;"> </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;marque une étape importante dans l'histoire de la culture européenne, par sa lutte acharnée d) &amp;lt;&amp;lt;contre le contrôle que l'Église exerce sur l'activité intellectuelle&amp;gt;&amp;gt;; il a développé e) l'esprit critique, a f) réhabilité &amp;lt;&amp;lt;les oeuvres du paganisme antique&amp;gt;&amp;gt;; il a g) &amp;lt;&amp;lt;puissamment contribué à affranchir la philosophie de la tutelle de la théologie&amp;gt;&amp;gt;; il a farouchement défendu  h) &amp;lt;&amp;lt;la valeur et la dignité de l'homme et sa place éminente au sein de l'univers&amp;gt;&amp;gt;, i) souligné &amp;lt;&amp;lt;l'importance de la culture et de l'éducation, en tant qu'elles permettent à l'homme de développer librement ses facultés et d'accéder à une sagesse pleinement humaine&amp;gt;&amp;gt;; par l'action révolutionnaire des philosophes des Lumières, il a montré une confiance particulière en l'homme &amp;lt;&amp;lt;par le souci qu'elle a d'en assurer le bonheur et d'en défendre les droits contre l'obscurantisme politique et religieux&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-7"><a href="#footnote_anchor-7">7</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> . Pétrarque, Ficin, Pic de la Mirandola, Erasme, Rabelais ou encore Montaigne peuvent être considérés comme les piliers de cette forme d'humanisme, à peu de chose près, au sujet du religieux, sous certaines réserves.</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Mais l'humanisme ainsi compris a ses ennemis, qui ne se réclament pas moins d'humanisme. Si, plus généralement, il pose l'homme comme valeur suprême, &amp;lt;&amp;lt;un être dont la dignité doit être affirmée et protégée contre toutes les formes d'assujettissement, qu'il soit religieux, idéologique, politique ou économique&amp;gt;&amp;gt;, certains de ses interprètes, tels Marx et Althusser, voire l'existentialisme et ses doctrinaires tant athées que chrétiens, comme Paul Tillich, Karl Jaspers, Sören Kierkegaard, peuvent aller jusqu'à le critiquer sévèrement et ironiser à propos de cet &amp;lt;&amp;lt;homme abstrait&amp;gt;&amp;gt; que l'humanisme jusqu'aux Lumières a prétendu défendre &amp;lt;&amp;lt;sans produire l'analyse concrète des conditions historiques de sa libération&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-8"><a href="#footnote_anchor-8">8</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Anthropocentrisme formel, abstrait, contre anthropocentrisme engagé, existentialiste.  Un Heidegger, par exemple, qui n'est pas moins humaniste, s'est néanmoins employé à critiquer l'anthropocentrisme de l'humanisme &amp;lt;&amp;lt;en assignant à l'homme une destination plus haute&amp;gt;&amp;gt;, celle d'être le « berger de l'Ètre »</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-9"><a href="#footnote_anchor-9">9</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Avec le regain qu'a connu en Occident les « religions » orientales telles que le Bouddhisme et l'Hindouisme, l'anthropocentrisme des humanismes devraient subir quelques critiques, vu que ces religions, sans aucunement dé valoriser l'homme, le mettent sur le même piédestal que les autres étants. Et, faut-il le rappeler, « Groupe citoyen » accueillent à bras ouvert ces traditions religieuses. Parle-t-on du même humanisme ? </span><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">   </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Humanisme, selon la définition de F. C. S. Schiller d'Oxford, se dit aussi de cette tournure de pensée à la Protagoras, selon laquelle &amp;lt;&amp;lt;L'homme est la mesure de toute chose&amp;gt;&amp;gt;, qui réduit la vérité ou la fausseté de nos idées aux conséquences pratiques qui en découlent dans et par l'action. Une doctrine qui subordonne toute connaissance à la nature humaine et à ses besoins fondamentaux</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-10"><a href="#footnote_anchor-10">10</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. &amp;lt;&amp;lt;L'humanisme, affirme Schiller, est simplement le fait de se rendre compte que le problème philosophique concerne des êtres humains s'efforçant de comprendre un monde d'expérience humaine avec les ressources de l'esprit humain.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-11"><a href="#footnote_anchor-11">11</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Sans entrer dans les détails critiques de cette conception de l'humanisme que certains confondent à tort avec du pragmatisme</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-12"><a href="#footnote_anchor-12">12</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">, on peut se poser la question de savoir si « Groupe citoyen » peut se reconnaître dans cette conception de l'humanisme. Le discours sur les valeurs universelles de l'humanité, les considérations sur le fait religieux – fait religieux dont nous aurons aussi à préciser les contours dans la pensée de « Groupe citoyen » – et donc sur les « vérités de foi religieuse », peut-il, d'un point de vue épistémologique, se réduire à la mesure qu'est tel ou tel l'homme? S'il y a une vérité tenant de la foi religieuse et s'il n'y a pas de foi religieuse sans Dieu ou référence à un Être transcendant, y compris la Nature en tant que Cosmos, l'homme saurait-il être encore la mesure de toute chose? L'homme pourrait-il être mesure de Dieu ou de la Transcendance? « Groupe citoyen » confondrait-il transcendance et immanence? « Groupe citoyen » subordonne-t-il toute connaissance à la nature humaine et à ses besoins fondamentaux ? Telles sont les questions que nous pouvons nous poser par rapport à l'humanisme de « Groupe citoyen ». Au sens précédent, se rattache cette autre notion d'humanisme pratique et prescriptif souvent appelé « pur humanisme » et d'après laquelle &amp;lt;&amp;lt;l'homme, au point de vue moral, doit s'attacher exclusivement à ce qui est d'ordre humain.&amp;gt;&amp;gt; En ce sens, De Rougemont soutenait dans sa </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">Politique de la personne </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">que &amp;lt;&amp;lt;L'humanisme désigne une conception générale de la vie (politique, économique, éthique), fondée sur la croyance au salut de l'homme par les seules forces humaines. Croyance qui s'oppose rigoureusement au christianisme, s'il est avant tout la croyance au salut de l'homme par la seule force de Dieu et par la foi&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-13"><a href="#footnote_anchor-13">13</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Ici aussi l'opposition entre humanisme et croyance religieuse, nommément la religion chrétienne est sans équivoque. Est-ce un tel humanisme que s'applique à rechercher « Groupe citoyen »? De toute évidence, ce n'est pas le cas, puisqu'il s'agit pour eux, non point d'opposer la culture humaniste à une quelconque religion, encore moins à la religion chrétienne. L'Europe n'est-elle pas avant tout chrétienne?  </span><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Qu'entendre donc par humanisme dans « culture humaniste » chez « Groupe citoyen »? Serait-ce donc là, tout uniment, si polyphonique, si polysémique, la définition qu'adopte le Groupe? Est-ce l'humanisme entendu comme &amp;lt;&amp;lt;Mouvement d'esprit représenté par les « humanistes » de la Renaissance&amp;gt;&amp;gt; Pétrarque, Erasme, Pico de la Mirandola, etc? N'est-ce pas là, comme le dit Philippe Monnier, &amp;lt;&amp;lt;supprimer le phénomène chrétien&amp;gt;&amp;gt;?</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-14"><a href="#footnote_anchor-14">14</a></span><span lang="-none-" style="font-size: 11pt; vertical-align: super;"> </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Il est manifeste qu'une telle notion d'humanisme est étrangère à l'esprit de « Groupe citoyen », à cause de la constitution plurielle de ce dernier, vu qu'il comprend des chrétiens et croyants de tout bord, y compris des polythéistes. La singularité de cette notion d'humanisme par rapport à la notion humaniste de « Groupe citoyen » est d'autant plus facile à saisir que le Canton et État genevois, circonscrit dans l'Occident chrétien est pétris en son fond, sédimenté pour ainsi dire par une longue tradition chrétienne. En outre, par sa substance multi-culturelle sans cesse croissante, la société et la culture genevoises se trouvent entièrement aux antipodes de celles de la Grèce antique.  </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Sans ambages, et pour synthétiser au mieux les différentes acceptions de la notion d'humanisme sus-relevées,  l'humanisme peut se définir aussi d'une manière plus compréhensive comme &amp;lt;&amp;lt;un </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">anthropocentrisme réfléchi</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> qui, partant d'une idée de l'homme,  a pour objet la mise en valeur de l'homme; – exclusion faite de ce qui l'aliène de lui-même, soit en l'assujettissant à des vérités et à des puissances supra-humaines, soit en le défigurant par quelqu'utilisation infra-humaine&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-15"><a href="#footnote_anchor-15">15</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Comme nous pouvons le constater, l'occident chrétien se soulèverait contre cette dernière acception qui ne fait guère honneur au génie du christianisme qui, des siècles durant, à su lui fournir ses ferments civilisationnels. Faut-il  l'oublier ? Il y eut et il y a encore de nos jours des humanistes chrétiens dont la pensée, par le passé, a culminé au moins dans la tradition dite personnaliste. Pour eux, certainement, le christianisme, ou du moins l'enseignement du Christ, est un humanisme, sinon l'humanisme par excellence. &amp;lt;&amp;lt;A César ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu&amp;gt;&amp;gt; et &amp;lt;&amp;lt;le Sabbat est fait pour l'homme, non l'homme pour le Sabbat&amp;gt;&amp;gt;, disait déjà leur Maître, Jésus le Christ</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-16"><a href="#footnote_anchor-16">16</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Ce serait ici l'expression même non d'une religion, mais plutôt d'un esprit religieux, d'un fait religieux, le Christ enseignant contre le clergé du judaisme. Qu'en est-il du fait religieux dans l'esprit de « Groupe citoyen »? </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">1. 2. « RELIGION » OU « FAIT RELIGIEUX »</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Contrairement à la notion « d'humanisme », celles de « religion » et « fait religieux » ont reçu beaucoup plus d'attention à travers les documents de « Groupe citoyen ». Signe sans précédent que les motifs profonds de son projet est là, très bien affirmé. Ne lit-on pas sur la page d'accueil de son site ce qui suit ? Le groupe &amp;lt;&amp;lt;veut promouvoir une meilleure connaissance </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt; text-decoration: underline;">des racines religieuses et humanistes de la civilisation occidentale</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> dans et par l’école genevoise,  en conformité avec </span><a href="http://www.ecolelaique-religions.org/index2.php?option=com_content%26task=view%26id=14%26pop=1%26page=0"><span lang="fr-FR">l’article 4</span></a><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> de la loi sur l’instruction publique&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-17"><a href="#footnote_anchor-17">17</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Et n'ont-ils pas pris le plus grand soin de préciser d'office: &amp;lt;&amp;lt;L’école genevoise peut et doit assurer aux jeunes </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt; text-decoration: underline;">une information impartiale et méthodique</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">&amp;gt;&amp;gt; sur 1) </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt; text-decoration: underline;">l’histoire et les sciences des religions dans le strict respect du principe de laïcité</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">, et 2) </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt; text-decoration: underline;">l’histoire de la laïcité elle-même, notamment celle du principe de libre examen et débat, au fondement de la science et de la démocratie</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt; text-decoration: underline;">Toute forme de catéchisme et de prosélytisme est bien entendu exclue</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-18"><a href="#footnote_anchor-18">18</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">? Finalement, ne lit-on pas à grands traits et très clairement dans le communiqué du DIP du 30 mars dernier annonçant la conférence du 04 avril 2009 sur le thème « Quelle place pour les questions religieuses dans l'école laïque? »: &amp;lt;&amp;lt;Pourquoi les élèves doivent-ils acquérir une meilleure </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt; text-decoration: underline;">connaissance des faits religieux en tant que réalités culturelles et et historiques</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">? De quoi les enseignants doivent-ils être pourvus pour être en mesure d'informer et de former les élèves </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt; text-decoration: underline;">dans le respect des croyances et des traditions de chacun-e</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">?&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-19"><a href="#footnote_anchor-19">19</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Qu'implique les termes que nous avons mis en évidence sinon que « Groupe citoyen » prend le soin de distinguer entre « religion » et, académiquement cela ne peut pas être plus clair, « histoire des religions », « sciences des religions », voire « racines religieuses » (de la civilisation occidentale). Le souci de distanciation vis-à-vis de la religion en tant que telle se lit dans le rejet de tout catéchisme et prosélytisme. La constitution plurielle du Groupe porte d'ailleurs tangiblement la marque de ce souci, si ce n'est qu'elle l'inspire heureusement en amont. À cela se peut ajouter les pénétrantes réflexions qui émaillent le Rapport Regis Debray.   </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Dans le Rapport en question, Regis Debray, en parlant des craintes susceptibles de miner toute bonne compréhension du projet, a relevé en effet ce qu'il nomme &amp;lt;&amp;lt;Le premier des quiproquos&amp;gt;&amp;gt; et insiste sur le fait que &amp;lt;&amp;lt;l’enseignement </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">du </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">religieux </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">n’est pas </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">un enseignement religieux&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-20"><a href="#footnote_anchor-20">20</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> et qu'&amp;lt;&amp;lt;On aurait tort de croire que la demande de “ culture religieuse” est une demande de religion. Trop systématiquement les confondre, dans le monde tel qu’il est, serait nuire à l’entreprise.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-21"><a href="#footnote_anchor-21">21</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Est-ce une subtilité verbale, sinon verbeuse? Un sophisme ? De cette distinction a-t-il fourni les menues pièces justificatives ? À notre humble avis, suffisamment. Et nous nous permettons d'en citer exactement un passage. </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;Personne ne peut confondre catéchèse et information, proposition de foi et offre de savoir, témoignages et comptes rendus, nous dit Regis Debray. Non plus que l’épistémologie de la Révélation avec celle de la raison. Le rapport sacramentel à la mémoire vise à accroître et affiner la croyance, le rapport analytique à accroître et affiner la connaissance. Le premier type d’enseignement, aussi argumenté et dialectisé soit-il, présuppose l’autorité d’une parole révélée incomparable à toute autre, donation surnaturelle régulée en dernière instance par l’institution. Le second procède à une approche descriptive, factuelle et notionnelle des religions en présence, dans leur pluralité, de l’Extrême-Orient à l’Occident, et sans chercher à privilégier telle ou telle. La République n’a pas à arbitrer entre les croyances, et l’égalité de principe entre croyants, athées et agnostiques vaut a fortiori pour les confessions.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-22"><a href="#footnote_anchor-22">22</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Un subterfuge ? </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">En effet, &amp;lt;&amp;lt;étendre les discours de raison au domaine de l’imaginaire et du symbolique&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-23"><a href="#footnote_anchor-23">23</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">, d'une façon systématique et dans le cadre institutionnel de l'école publique, ce n'est pas encore faire oeuvre d'ecclésiastique dans l'école laïque. De plus, un « fait », fut-il religieux, ne saurait aucunement se réduire à un « donné ». Au risque de compliquer la compréhension entre « fait » et « donné » comme prototype de la distinction entre « fait religieux » et « religion », disons par exemple, que  Jésus-Christ n'est pas un fait; s'il était devant moi, il serait un « objet » </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">donné</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> à mes sens, à ma perception.  Par contre, « Jésus-Christ, Sauveur de l'humanité » n'est pas un donné mais un </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">fait </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> dans la mesure où il m'appartient de mettre Jésus-Christ </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">donné</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> à mes sens comme objet en relation avec ce qui est prédiqué de lui et que je ne peux saisir, appréhender, comprendre sans une interprétation préalable, une activité de mon entendement. De même « Socrate » s'il était devant moi me serait donné par mes sens, mais « Socrate est athénien » n'est pas un donné mais un fait. Car il me faut faire sens de « athénien » par une activité de mon entendement. Le fait est ainsi davantage &amp;lt;&amp;lt;une construction&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;intelligible si l'on ne sait pas l'interpréter théoriquement&amp;gt;&amp;gt; et, en ce sens, il ne peut être &amp;lt;&amp;lt;simplement assimilé à un donné.&amp;gt;&amp;gt;. D'ailleurs certains historiens, dont Lucien Fevbre, ont insisté sur ce caractère construit du fait historique, dont la signification, l'importance, la mise en valeur sont inséparables de l'activité d'interprétation du savant.&amp;gt;&amp;gt; &amp;lt;&amp;lt;Le fait – notamment le fait scientifique – n'est pas indépendamment de son interprétation&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-24"><a href="#footnote_anchor-24">24</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> . </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">L'importance de l'opposition que nous venons d'établir entre « fait » et « donné » réside dans ceci qu'elle permet de mesurer plus facilement la distance qui sépare le « fait religieux » en tant que fait et la « religion » en tant que donné, surtout en ce qui concerne ces religions qui sont, à en croire leurs ministres, révélées. Aussi argumentée et dialectisée que puisse se révéler une religion,  nous dirait Debray, à l'enseigne cette fois-ci des religions non révélées – savoir si elles sont réellement argumentées et dialectisées est encore autre chose – elle demeure proposition de foi. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Il suit de ce que nous venons d'établir que la sémantique du « fait religieux » de « Groupe citoyen » à nous reçoit davantage d'éclaircissements que celle d'« humanisme ». Ce qui nous pousse à reconsidérer la critique de Philippe Borgeaud, critique que semble endosser pleinement Charles Heimberg, face à la notion telle qu'elle est définie par Regis Debray, et surtout celle, plus frontalement positiviste et quelque peu malaisée du Conseil d'Etat. Selon Philippe Borgeaud, repris par Charles Heimberg, « le fait religieux » &amp;lt;&amp;lt;est loin d'être évident&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;On y met ce qu'on veut&amp;gt;&amp;gt;, et &amp;lt;&amp;lt; Sous des dehors positivistes&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;l'intitulé « enseignement du fait religieux » est ambigu&amp;gt;&amp;gt;, d'une &amp;lt;&amp;lt;ambiguïté dangereuse&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-25"><a href="#footnote_anchor-25">25</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Le langage positiviste de Debray, qu'&amp;lt;&amp;lt;un fait s'impose à tous&amp;gt;&amp;gt; en tant que &amp;lt;&amp;lt;fait d'expérience, qui se constate&amp;gt;&amp;gt; et du Conseil d'État (2005, 10), qu'&amp;lt;&amp;lt;un fait est observable, neutre, pluraliste&amp;gt;&amp;gt; serait donc hésitant, insidieux, rien qu'un subterfuge. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Deux remarques s'imposent ici: tout d'abord, la critique ne semble pas tant viser le « fait religieux » </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">per se,</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> qu'elle n'est  portée contre sa conception positiviste, en ayant, de surcroît, l'allure d'une sorte d'exorcisme du danger que recèlerait le projet de l'enseignement du religieux. Sophisme du « bonhomme de paille »</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-26"><a href="#footnote_anchor-26">26</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">, procès d'intention ? &amp;lt;&amp;lt;</span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">De quel objet s’agit-il en effet? s'enquiert Borgeaud. Singulier, ou pluriel ? Derrière le prétendu « fait religieux », qu’est-ce qui se cache : les religions dans leur diversité, ou la religion, telle que ma conviction personnelle, ethnocentrique, m’en dicte (peut-être à mon insu) la perception ? Qu’est-ce qu’un « fait religieux » ?&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-27"><a href="#footnote_anchor-27">27</a></span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;"> </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Force est de constater ensuite que Borgeaud ne fait que reposer le problème sous d'autres angles, substituant un autre terme « histoire comparée des religions » au « fait religieux », lorsqu'il affirme:  &amp;lt;&amp;lt;</span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">Il vaudrait donc mieux parler d’histoire comparée des religions,   « en donnant au mot religion non pas son sens chrétien moderne (créé au XVIIe siècle), de confession identitaire (un sens qui émerge avec les guerres de religion), mais son sens antique de pratique rituelle, éventuellement (mais non nécessairement, et non universellement) liée à une croyance dogmatique »&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-28"><a href="#footnote_anchor-28">28</a></span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;"> </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">On peut aussi bien se demander si la notion antique de religion en tant que pratique rituelle que préconise Borgeaud serait moins hésitant, moins ambiguë, moins dangereuse, et surtout plus unanimement partagée. Faut-il ajouter ici qu'il y aurait un sens à parler d'unanimité quant au contenu du fait religieux et de l'enseignement du religieux en question plutôt que de la notion elle-même?  </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Loin de partager le vocabulaire par trop positiviste dans le texte attribué à Regis Debray et au Conseil d'État, nous pensons au contraire qu'il est au moins assez de passages convaincants dans le rapport de Regis Debray qui nous permettent d'adhérer à sa terminologie. Comme il l'affirme non moins péremptoirement dans ce rapport, le terme de « religion » est un &amp;lt;&amp;lt;(terme au demeurant tardif, multivoque et souvent impropre aux réalités qu'il désigne)&amp;gt;&amp;gt;, soit des systèmes qui ne saurait détenir &amp;lt;&amp;lt;le monopole [de donation] de sens&amp;gt;&amp;gt; dans cette aventure humaine de « quête de sens » qui est &amp;lt;&amp;lt;une réalité [pleinement] sociale&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-29"><a href="#footnote_anchor-29">29</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Les religions, Regis Debray nous le souffle fortement, &amp;lt;&amp;lt;n'ont ni exclusivité ni supériorité a priori&amp;gt;&amp;gt; pour &amp;lt;&amp;lt;ce qui est des anxiétés métaphysiques de l'être humain&amp;gt;&amp;gt;. &amp;lt;&amp;lt;Les sagesses aussi, les philosophies, les savoirs et l'art lui-même&amp;gt;&amp;gt; en sont autant compétents. &amp;lt;&amp;lt;Leurs réponses profanes aux questions que nous posent la mort, l'origine et la finalité de l'univers, contribuent pleinement à la formation de sens.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-30"><a href="#footnote_anchor-30">30</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">C'est dire que, même dans l'imprécision, « fait religieux » répond absolument à une démarche de la pensée en acte de construction du sens d'un phénomène en soi irréductible à la religion.    </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Face à une telle distanciation de la religion et du fait religieux, comment comprendre les soupçons que fait peser Borgeaud non seulement sur la notion de « fait religieux », mais surtout sur les intentions profondes des initiateurs du projet ? Sur l'universalité des compétences dans la quête et les donations réfléchies de sens, nous dirions volontiers avec Charles Heimberg: </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;Ce qui est intéressant, en effet, dans l’enseignement de l’histoire des religions et des phénomènes religieux, c’est d’abord de se préoccuper des hommes et des femmes, de</span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt; text-decoration: underline;"> </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">leurs croyances, de leurs univers mentaux, mais aussi de leurs espaces d’initiative, de leurs différents accommodements face aux injonctions et au pouvoir de l’autorité cléricale. La compréhension du phénomène religieux n’est ainsi pas qu’une affaire de doctrine et de dogmes. Elle concerne les gestes de la vie quotidienne, la complexité, et parfois le mélange, des cultures. Elle implique de savoir exercer un regard dense sur les sociétés&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-31"><a href="#footnote_anchor-31">31</a></span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Qu'en est-il de la laïcité dans la conception de ce projet? Quel sens lui attribue-t-on? Est-il aussi clairement défini que le terme « fait religieux » ? Nul doute que la nébuleuse d'acceptions qui entoure la notion de laïcité dans son historiographie est au coeur sinon à la source de ce projet. Mais, quelle est la position des initiateurs et défenseurs du projet quant à son sens ?</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">1. 3. LA LAÏCITÉ: Bref historique</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">L'histoire de la laïcité est une longue histoire. Du grec ecclésiastique « laïkos », « commun du peuple » par opposition à « klerikos », « clerc », qui désigne les institutions religieuses depuis l'Antiquité tardive, il nous est venu directement du latin « laïcus », et « laos », avec les mêmes significations, au XIII° siècle. Laïc se disait de toute personne ni clerc, ni religieuse, mais baptisée</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-32"><a href="#footnote_anchor-32">32</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Á l'époque médiévale, le terme a désigné l'homme commun, devant être enseigné par opposition à l'homme instruit et consacré par son statut religieux</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-33"><a href="#footnote_anchor-33">33</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> S'était donc déjà consommée, au sein des institutions religieuses, faut-il le préciser, la séparation des pouvoirs ecclésiastique et séculier. Il a fallu pour cela attendre jusqu'au V° siècle et sous la plume du Pape Gélase Ier s'adressant à l'empereur Anastase, la distinction entre pouvoir temporel (</span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">potestas</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">) et de l'autorité spirituelle (</span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">auctoritas</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">)</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-34"><a href="#footnote_anchor-34">34</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Une notion qui doit donc être retracée dans l'Occident chrétien jusqu'au coeur même du religieux, aussi surprenant que cela puisse paraître. Et il n'est nul besoin de démontrer que c'est grâce à des fervents chrétiens que la laïcité a connu jour. Nous faisons allusion à certaines sentences de Jésus, notamment &amp;lt;&amp;lt;Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-35"><a href="#footnote_anchor-35">35</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Ébauche d'une distinction principielle entre le temporel et le spirituel, du  politique et du religieux ? Ébauche qui sera réitéré par les grands penseurs de l'Eglise catholique depuis Saint Augustin</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-36"><a href="#footnote_anchor-36">36</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">, en passant par Marsile de Padoue. &amp;lt;&amp;lt; Le sabbat a été fait pour l’homme, non pas l’homme pour le sabbat ; de sorte que le fils de l’homme est seigneur aussi du sabbat &amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-37"><a href="#footnote_anchor-37">37</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">  Expression, avant la lettre, de l'humanisme chrétien? Comme le soutient si éloquemment Frédéric Lenoir, en parlant de l'exemple que représente Jésus pour les  humanistes renaissants &amp;lt;&amp;lt;</span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">Derrière le philosophe qui insiste sur la liberté et le développement de la raison, pointe toujours le chrétien qui exhorte tel Érasme: &amp;lt;&amp;lt;Place devant toi le Christ comme l'unique but de toute la vie.&amp;gt;&amp;gt;  […] Pourtant, ni Érasme, ni Pétrarque, ni Dante, ni Marsile Ficin, ni Pic de la Mirandole, ni Léonard de Vinci et tant d'autres humanistes, aussi critiques soient-ils avec l'institution, n'oseront ou ne voudront assumer une rupture avec l'Église catholique. Mais ils ont initié un mouvement de recentrement sur l'homme, sur sa liberté, sur sa raison et de retour à la vérité évangélique qui vont avoir des conséquences colossales dans l'histoire de l'Occident et favoriser l'émergence de ce qu'on pourra appeler le « sujet moderne », c'est-à-dire un individu libre et autonome, qui entend exercer sa raison critique et qui n'accepte plus que ses règles de vie lui soient dictées de l'extérieur.</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-38"><a href="#footnote_anchor-38">38</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> C'est dire par conséquent qu'avant la modernité des XIII°-XIX° siècles et l'importance accordée à la liberté de la personne, ceux qui ont pensé la laïcité  ne l'ont fait que dans et par la religion, en toute ouverture à la religion, du moins la religiosité s'ils ne sont pas penseurs religieux. Et pourtant!  Il est approprié de dire, fondé sur cette expérience historique des penseurs humanistes de la Renaissance – pour ne pas dire tous les grands penseurs de l'histoire humaine – que </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;La faculté d'accéder à la globalité de l'expérience humaine inhérente à tous les individus doués de raison, implique chemin faisant la lutte contre l'analphabétisme religieux et l'étude des systèmes de croyances existants. Aussi ne peut-on pas séparer principe de laïcité et étude du religieux.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-39"><a href="#footnote_anchor-39">39</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p class="corps_de_texte" dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0.0819in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Aujourd'hui, par contre, on dirait que la laïcité est amputée, quasiment phobie de tout ce qui est confession, religion et non seulement la séparation du </span><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Civil"><span lang="fr-FR">civil</span></a><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> et du </span><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Religieux"><span lang="fr-FR">religieux dont est application l</span></a><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">e principe de la séparation du pouvoir religieux et des pouvoirs politiques et administratifs de l’État. Si c'est ainsi, c'est  parce qu'elle est tenue pour principe d'unité, le « nucléus » rassembleur d'opinions, religions ou convictions diverses d'une communauté. Ainsi, liberté d'opinion, de culte, l'enchâssement des idées spirituelles et philosophiques au domaine exclusif de la conscience, évitement de toute influence de l'Église dans l'exercice du pouvoir politique et administratif, tel a été la signification initiale de la laïcité. En aucun cas, il ne s'était agi d'une croisade de l'État contre les religions.  Depuis la Révolution française, fin des privilèges de l'Église et de ses ministres certes, mais jamais interdiction de religion. Sécularisation et modernité grandissantes de la société au XIX° siècle, avec implémentation du projet onusien des Déclarations des droits de l'homme certes, mais jamais, en Occident en tout cas, il ne serait question d'interdiction de religion, parce que universalisme républicain. Au XX° siècle, l'indépendance de la vie de l'État, de l'éducation par rapport aux dogmes religieux s'est toutefois fortement développée et a donné les grands projets de lois laïcisant davantage les rapports entre individu et famille, individu et école (les lois Jules Ferry, loi de 1905 par exemple en France). Il est à reconnaître que la laïcité a des débats importants dans la vie politique de nos sociétés depuis quelques décennies, disons depuis les années 70s: de facteur d'unité, elle peut parfois devenir facteur de cristallisation des oppositions &amp;lt;&amp;lt;de ceux qui préfèrent privilégier leur croyance ou, plus généralement, leur droit à la différence.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-40"><a href="#footnote_anchor-40">40</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Paradoxalement, au nom de ce même principe de laïcité, l'État se doit de demeurer neutre, s'interdisant de stigmatiser telle ou telle religion </span><a name="La_la.C3.AFcit.C3.A9_contemporaine"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">o</span></a><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">u tel groupe de croyants. Il doit s'en tenir scrupuleusement à la règle générale du droit et au fait religieux qui pourrait l'enfreindre</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-41"><a href="#footnote_anchor-41">41</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">.  </span></p><br />
<p class="corps_de_texte" dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0.0819in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">1. 4. LAÏCITE EN SUISSE et selon « Groupe citoyen »</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Constat de l'analphabétisme de la plupart des chantres de la laïcité ? En tout cas constat d'insuffisance de conceptualisation de l'idée de laïcité, surprenant, y compris même chez les plus avisés des politiciens. Indice d'une récupération idéologisante sous-jacente à la défense de la laïcité chez eux au service de visées anti-communautariennes ? </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;Le principe de laïcité, </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">dirait Goupe citoyen après Regis Debray, </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;"> place la liberté de conscience (celle d’avoir ou non une religion) en amont et au-dessus de ce qu’on appelle dans certains pays la “ liberté religieuse ” (celle de pouvoir choisir une religion pourvu qu’on en ait une). En ce sens, la laïcité n’est pas une option spirituelle parmi d’autres, elle est ce qui rend possible leur coexistence, car ce qui est commun en droit à tous les hommes doit avoir le pas sur ce qui les sépare en fait.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-42"><a href="#footnote_anchor-42">42</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">D'où vient donc que nous en soyons aujourd'hui à considérer la laïcité en vase clos relativement, et de surcroît par opposition, à tout ce qui sonne religieux? Plutôt que de faire l'anamnèse de l'historique de la laïcité, il nous semble à présent plus opportun ici de nous pencher sur la conception qu'en fait « Groupe citoyen », tant les conceptions sont nombreuses et toutes prétendument au service du politique</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-43"><a href="#footnote_anchor-43">43</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Les travaux de Regis Debray et d'autres personnalités importantes du monde intellectuel tant sur le continent que dans le monde anglo-saxon conduisent à une distinction d'importance capitale entre une laïcité étriquée d'ignorants et une laïcité intellectuellement mûrie, une « laïcité d'incompétence » et une « laïcité d'intelligence »</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-44"><a href="#footnote_anchor-44">44</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Il y a en tout cas unanimité que la laïcité &amp;lt;&amp;lt;</span><span lang="-none-" style="font-size: 11pt;">ne prenne elle-même […] des aspects de religion civile où elle se sacraliserait plus ou moins&amp;gt;&amp;gt;. Car pour favoriser une &amp;lt;&amp;lt;culture de paix civile&amp;gt;&amp;gt;, la laïcité ne doit pas être conçue comme &amp;lt;&amp;lt;une idéologie anticléricale ou intangible&amp;gt;&amp;gt;. Il est donc nécessaire de développer &amp;lt;&amp;lt;une conception laïque, dynamique et inventive qui donnera une réponse démocratique aux principaux défis du XXIe siècle.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-45"><a href="#footnote_anchor-45">45</a></span><span lang="-none-" style="font-size: 11pt;"> Les termes interpellent par moments dans la mesure où l'on a l'impression qu'une meilleure conception de la laïcité comme socle de la coexistence pacifique dans les milieux multiculturels reposerait nécessairement sur une haute culture. L'expérience d'autres peuples moins intellectuellement cultivés dément si radicalement cette vision des faits qu'elle suscite l'inférence opposée: plus cultivé intellectuellement et politiquement on est, moins capable on est de penser la laïcité et de la vivre conformément à cette pensée. Qu'en penser réellement? Et comment l'enseigner aux générations montantes dans un cadre scolaire, si elle nous pose autant de problèmes de conceptualisation chez les enseignants eux-mêmes? Ne sommes-nous pas dans une impasse</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> incontournable ? Fait religieux, problèmes de conceptualisation, laïcité, problèmes de conceptualisation? Mais tous les deux en rapports synthétiques à transmettre, à « faire valoir sans prescrire »? Sommes-nous suffisamment intellectuellement cultivés et majeurs pour penser et agir le politique – pour adéquatement constituer ces faits en savoirs savants à transmettre ensuite à ceux qui sont reconnus mineurs tant  psycho-génétiquement qu'intellectuellement?   </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">L'école du XVIIIième siècle n'a pas eu les mêmes préoccupations que la nôtre. Il s'y posait, entre autres, le problème de la démocratisation de l'accès aux savoirs, celui des libertés dont la liberté religieuse et confessionnelle aussi certes, mais pas dans les mêmes proportions que la nôtre, justement à cause de la quasi homogénéité raciale et culturelle des populations, y compris des écoles. La nôtre se développe dans un contexte de multiculturalisme galopant qui, avec les diversités des modèles pédagogiques, rend plus complexe l'éducation, car il faut toujours une attention plus particulière aux besoins de chaque élève quelle que soit sa provenance. Dans ce contexte, il faut nécessairement une base commune d'approche tant les diversités culturelles et psychologiques sont grandes. On aurait dit qu'avec le concept de laïcité, la base commune d'approche était déjà trouvée. Mais, qu'en est-il réellement ? S'agit-il d'une laïcité effective ou d'une simple prétention à la laïcité, sans aucun réel engagement à l'implémenter comme projet de société ? </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Si la question se pose, c'est qu'il est des faits réels venant de la « main-stream society » (courant dominant ou majoritaire de la société) même, des actes réels consciemment posés par les chantres de la laïcité eux-mêmes, les dirigeants des différents États, des principes sanctionnés dans et par les grandes constitutions de nos États qui interpellent, de sorte que l'on parlerait d'illogisme dans la culture juridique moderne et contemporaine à l'instar de Norbert Rouland</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-46"><a href="#footnote_anchor-46">46</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Dans nos Constitutions, textes suprêmes du cadre institutionnel et juridique commun à tous – nous empruntons ces termes très significatifs à Charles Heimberg</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-47"><a href="#footnote_anchor-47">47</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> – figurent en préambule des invocations, des devises et mots d'ordre qui sont aux antipodes de la laïcité:  &amp;lt;&amp;lt;Au nom de Dieu Tout-Puissant!&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-48"><a href="#footnote_anchor-48">48</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">, les Armoiries de Genève avec reproduction du nom de IHESUS, Jésus, l'invocation de la bénédiction dans le très récent discours de début d'année de Doris Leuthardt &amp;lt;&amp;lt;Que Dieu vous bénisse&amp;gt;&amp;gt; – dira-t-on que c'est à titre personnel –,  &amp;lt;&amp;lt;L'Assemblée nationale reconnaît et déclare en présence et sous les auspices de l'Être Suprême&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-49"><a href="#footnote_anchor-49">49</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">, &amp;lt;&amp;lt;So help me God! &amp;gt;&amp;gt; à la fin du serment des Présidents des Etats-Unis, la Bible à l'appui, la devise de certaines universités, celle d'Ottawa par exemple, &amp;lt;&amp;lt;Deus est scientiarum dominus&amp;gt;&amp;gt; (&amp;lt;&amp;lt;Dieu est la Maître de la Science &amp;gt;&amp;gt;, de l'Université d'Oxford, &amp;lt;&amp;lt;Dominus illuminatio mea ("Le Seigneur est ma lumière"</span><a name="search4"></a><a name="main4"></a></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">)&amp;gt;&amp;gt;, etc.; Les fêtes religieuses, jours fériés, de nos calendriers officiels, tels que Noël, Pâques, etc.</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-50"><a href="#footnote_anchor-50">50</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> ,  les récentes annonces de prières de Hillary Clinton et de Michelle Obama en faveur d'Haïti</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-51"><a href="#footnote_anchor-51">51</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">,  &amp;lt;&amp;lt;des pratiques de chants, de récits ou de rituels qui sont somme toute assez discutables&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-52"><a href="#footnote_anchor-52">52</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> distanciés ou pas; la condamnation, en France, de certaines oeuvres artistiques tenues pour diffamatoires de l’image honorable de François Mitterand,  les notions hautement métaphysiques et spirituelles de notre culture juridique telles que le &amp;lt;&amp;lt;mariage posthume&amp;gt;&amp;gt; et &amp;lt;&amp;lt;le respect de la mémoire des défunts&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;la protection de l'intégrité physique du cadavre&amp;gt;&amp;gt; – autant de symboles de la consécration juridique de la &amp;lt;&amp;lt;présence spirituelle des morts dans le monde des vivants&amp;gt;&amp;gt; – qui resterait sans justification aucune si l'on postulait l'anéantissement de la personne avec la mort, mais qui, dans un système qui se réclame de laïcité demeure complètement absurde.</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-53"><a href="#footnote_anchor-53">53</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">L'impression ? Sans spéculer, le moins à dire: notre culture juridique est pétrifiée et sédimentée par le religieux. De ce point de vue, il est difficile de lui réclamer une laïcité et neutralité radicale, amputée. En appeler à Dieu, au fondement de nos Lois fondamentales, jurer sur la Bible ou le Coran etc. défient, au moins à cette étape de l'évolution de notre culture juridique, tout enthousiasme à l'égard d'un soit-disant « désenchantement du monde »</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-54"><a href="#footnote_anchor-54">54</a></span><span lang="-none-" style="font-size: 11pt; vertical-align: super;"> </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> ou, à la Habermas, d'une ère de « pensée post-métaphysique »</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-55"><a href="#footnote_anchor-55">55</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> tout comme d'un « retour du religieux » puisque le religieux ne s'en est jamais allée. Il est vrai, un tel état de chose, comme le dira Kimberly, tend à rendre simple métaphore l'idée de laïcité</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-56"><a href="#footnote_anchor-56">56</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Ces faits juridiques nous poussent à souscrire, à l’instar d’Emile Durkheim, à la participation du droit au sacré, une idée à la fois religieuse et laïque</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-57"><a href="#footnote_anchor-57">57</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> du sacré, dans la mesure où, à l’exception de la personne humaine, certaines autres choses ou objets relèveraient &amp;lt;&amp;lt;d’un régime différent de celui du profane&amp;gt;&amp;gt; et seraient juridiquement protégés par des interdits</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-58"><a href="#footnote_anchor-58">58</a></span><span lang="-none-" style="font-size: 11pt;"> </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Ainsi, la &amp;lt;&amp;lt;notion de laïcité n’implique pas pour autant le silence autour de l’histoire des religions et du fait religieux. Elle ne suscite aucun tabou et préfère la libre discussion plutôt que l’occultation.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-59"><a href="#footnote_anchor-59">59</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Mai elle est aussi loin d'être une « laïcité [de simple] abstention »</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-60"><a href="#footnote_anchor-60">60</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">, du moins dans la pratique, tels que les exemples nous le montrent. Médiatement ou immédiatement, négativement ou positivement, la culture juridique moderne se laisse alimenter à des sources de faits et de représentations aussi multiples que diverses. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">II. L'HUMANISME RELIGIEUX EN EDUCATION CITOYENNE: une démarche pédagogique</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">1. LIMINAIRES</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">En choisissant de développer une réflexion sur le thème « Du religieux à l'école laïque: une impossible compatibilité? » dans le cadre de l'éducation à la citoyenneté destinée aux élèves du secondaire I de l'État et canton de Genève, plusieurs difficultés se présentaient à moi, que je suis amené à classer en deux catégories: une catégorie de problèmes dite notionnelle d'une part et, d'autre part, une catégorie de problèmes à qualifier de pédagogiques. Difficultés notionnelles d'une part, tenant premièrement à mon domaine de spécialisation: je suis de formation philosophique et, pour l'instant en tout cas, dans l'Etat et canton de Genève, le secondaire I n'offre aucun cours de philosophie. Deuxièmement, une partie des termes de la thématique générale: « humanisme religieux »: ces termes sont, de nos jours, repoussants pour une bonne partie des gens, et la question peut se poser de savoir si, même professionnellement, l'évaluateur se prêterait ouvertement à une lecture sans préjugé de ma réflexion. Troisièmement, et en rapport immédiat à la question des termes « humanisme religieux », la conception actuellement dominante et, faut-il déjà le suggérer, très problématique de la vocation de l'école laïque: qu'attend-on de l'école laïque aujourd'hui pour que l'on veuille traiter une thématique visant à plaider pour l'introduction d'une culture humaniste et religieuse dans le curriculum de l'école laïque à l'État et au canton de Genève ? En d'autres termes, n'y aurait-il pas une sorte d'illogisme à introduire une telle matière ou sujet dans le curriculum d'une école qui se réclame fortement d'une autre vocation ?La laïcité devrait-elle se comprendre autrement? Et n'y aurait-il pas pour mon choix de thème un accueil défavorable ?</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Tenant à la spécificité de la démarche pédagogique même de l'éducation citoyenne en milieu scolaire, une seconde catégorie de problèmes qui s'étaient posés à notre projet. Il s'agit, en premier lieu, d'un problème double. D'abord, le constat d'un réel fait problématique: si et dans quelle mesure le problème de la culture humaniste et religieuse à l'école laïque est ou peut-être considéré problème de société? Ensuite, s'il s'avère  un problème actuel de notre société, le registre: est-il possible de le mettre en discussion dans un cadre scolaire, c'est-à-dire aller au-delà d'une simple discussion de sens commun, précisons-le, avec des élèves du niveau intellectuel du secondaire I, même dans l'hypothèse que certains élèves seraient des « génies »? En second lieu, le problème pédagogique de la posture enseignante, à savoir l'univers discursif non prescriptiviste: comment faire valoir des points de vue, soit des idéaux de l'orientation sociétale déterminée par l'Etat, soit des points de vue personnels de l'enseignant, sans pour autant donner dans la prescription de ces idéaux, ces valeurs, ces normes, ces principes et règles ? Bref, le dilemme du « comment faire valoir sans prescrire »,  mot d'ordre de l'éducation citoyenne.  </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">Dépassement de nos appréhensions</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Quelles réponses peuvent recevoir les problèmes de la première catégorie de difficultés auxquels je  faisais allusion ?Étant de formation philosophique et vivant à Genève, où le secondaire I n'offre aucun cours de philosophie à ce jour, quelle orientation/démarche didactique m'est-elle donnée de  suivre dans un enseignement sur un thème de cette nature? Il est à remarquer que même si la philosophie n'est pas encore une discipline enseignable au secondaire I, 1) la demande n'est guère inexistante; elle est d'ailleurs pléthore et se concrétise sous forme d'ateliers philosophiques pour enfants</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-61"><a href="#footnote_anchor-61">61</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">, 2) le fait que je sois accepté en ce cours d'éducation citoyenne et que rien n'empêche que je sois appelé à l'enseigner là où cela s'enseigne, 3) Certains documents du Conseil d'État genevois, sur lesquels nous reviendrons ci-après encouragent le département de l'instruction publique à permettre aux &amp;lt;&amp;lt;élèves des trois ordres d'enseignement de traiter d'éléments de philosophie et des questions des valeurs et du lien social&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-62"><a href="#footnote_anchor-62">62</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">   </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">L'humanisme religieux comme demande sociale: « Groupe citoyen »</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Qu'en est-il du thème ? Dans le cadre de ce travail, les termes « humanisme religieux », entendons par là « culture religieuse et humaniste » ou « fait religieux », sont empruntés au « Groupe citoyen ». C'est un groupe &amp;lt;&amp;lt;formé de citoyen(ne)s aux convictions diverses (agnostiques, athées, croyants de diverses sensibilités, etc.)&amp;gt;&amp;gt; C'est un groupe  qui, depuis 2004, &amp;lt;&amp;lt;a pris le relais d'une démarche parlementaire initiée par les Verts en 1996&amp;gt;&amp;gt; avec un rapport établi par le DIP intitulé « Culture religieuse et école laïque. Rapport du Groupe de travail exploratoire sur la culture judéo-chrétienne</span><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;"> </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">»&amp;gt;&amp;gt; Qui dit DIP en ce moment, dit Charles Beer, le Conseiller d'État genevois chargé de l'Instruction publique. En 2003, ensemble avec Regis Debray, Walo Hutmacher, ils ont publié une Déclaration publique établissant les grands axes d'un enseignement du fait religieux &amp;lt;&amp;lt;dans le respect de la laïcité et de l'esprit de Genève&amp;gt;&amp;gt; et dans &amp;lt;&amp;lt;l'esprit des buts de l'enseignement définis à l'article 4 de la Loi sur l'Instruction publique&amp;gt;&amp;gt;. Pour quels motifs et quels objectifs poursuivent-ils ? Ce groupe d'agnostiques, d'athées, de croyants de diverses sensibilités &amp;lt;&amp;lt;regrettent que la culture religieuse et humaniste n'ait pas la place qui lui revient dans l'enseignement public genevois&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-63"><a href="#footnote_anchor-63">63</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Ils sont convaincus qu'un tel enseignement est susceptible d'élargir la culture des &amp;lt;&amp;lt;jeunes au seuil de leur vie d'adulte&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-64"><a href="#footnote_anchor-64">64</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> et de leur permettre spécifiquement de développer des capacités qu'ils ont su énumérer en 8 éléments précis. Au rang de ces capacités, 1) celle de &amp;lt;&amp;lt;Connaître les grandes questions de la condition humaine et l’essentiel des réponses apportées par les grandes traditions religieuses et les principaux courants philosophiques&amp;gt;&amp;gt;,  2) de &amp;lt;&amp;lt;Discerner  entre savoir, croyances, convictions, foi et sagesses, et reconnaître leurs modes d’expression&amp;gt;&amp;gt;,  3) de &amp;lt;&amp;lt;Connaître et de reconnaître le choix historique de la laïcité&amp;gt;&amp;gt; et des principes y relatifs tels &amp;lt;&amp;lt;le libre examen&amp;gt;&amp;gt; et le &amp;lt;&amp;lt;libre débat&amp;gt;&amp;gt;, dans &amp;lt;&amp;lt;le respect&amp;gt;&amp;gt;, 4) de &amp;lt;&amp;lt;Connaître les grandes traditions religieuses (éléments d’histoire, textes, fêtes, convictions, rites, pratiques, formes de pensée, langages symboliques, etc.)&amp;gt;&amp;gt; 5) de &amp;lt;&amp;lt;Savoir-vivre ensemble dans le respect de la pluralité des options, conformément à une éthique de la liberté et de l’égalité des êtres humains.&amp;gt;&amp;gt;, 6) de &amp;lt;&amp;lt;S'ouvrir à d'autres formes de pensée  et d’expression (symboles, rites, visions du monde, etc.) et de &amp;lt;&amp;lt;Situer de manière critique ses propres convictions par rapport aux autres&amp;gt;&amp;gt;, la capacité de 7) &amp;lt;&amp;lt;Se repérer et se situer de manière argumentée face aux enjeux sociaux et collectifs (identitaires, communautaires, politiques) liés aux religions&amp;gt;&amp;gt;, enfin, 8) la capacité à &amp;lt;&amp;lt;Identifier la spécificité de la civilisation occidentale, avec ses racines religieuses&amp;gt;&amp;gt;, de sorte à pouvoir &amp;lt;&amp;lt;en faire une relecture critique et comprendre les défis et confrontations qu’elle engendre pour elle-même et pour les autres grandes civilisations.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-65"><a href="#footnote_anchor-65">65</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Un programme gigantesque pour les élèves de 9ième ! Une religion ? Un plaidoyer pour des cours de catéchèses? </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Les travaux de « Groupe citoyen » ont conduit le Conseil d'État, lors du Grand Conseil du 22 septembre 2006,  a estimé &amp;lt;&amp;lt;essentiel que l'enseignement du fait religieux soit mieux pris en compte dans les écoles publiques genevoises&amp;gt;&amp;gt; et a chargé le département de l'instruction publique à entreprendre certaines démarches (au nombre de 5 en tout), dont l'encouragement des élèves des trois ordres d'enseignement à &amp;lt;&amp;lt;traiter d'éléments de philosophie et des questions de valeurs et du lien social&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-66"><a href="#footnote_anchor-66">66</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">  </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">La diversité des membres qui forment « Groupe citoyen », leur représentativité en termes d'orientation confessionnelle et « philosophique », de « Weltanschauung » ou tout simplement de convictions personnelles, &amp;lt;&amp;lt;les forces nécessaires&amp;gt;&amp;gt; qu'ils ont mobilisé et mobilisent toujours pour mener à bien les travaux en vue de l'institutionnalisation, de l'élargissement du contexte d'étude, et du développement des lieux d'échanges sur le thème du fait religieux dans l'école publique, tout ceci, afin d'accroître les compétences et outils des formateurs en la matière  – &amp;lt;&amp;lt;les citoyens-enseignants, citoyens-députés, citoyens-parents, citoyens-grands-parents, croyants ou agnostiques&amp;gt;&amp;gt;, tout cela consacre, sans conteste, le fait religieux comme une demande sociale pressante et un &amp;lt;&amp;lt;un sujet délicat&amp;gt;&amp;gt; de nos sociétés. Il en a de même ici à Genève comme dans la Suisse toute entière et partout ailleurs dans le monde occidental. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Une question se pose: si l'humanisme religieux est autant socialement demandé, du moins si le besoin se fait autant sentir de nos jours, pourquoi une telle angoisse de notre part en ce qui concerne sa recevabilité comme thème à réflexion scolaire ? Cette question d'apparence anodine est paradoxalement une des données importantes du problème. Car elle nous suggère l'une des causes fondamentales du malaise sociale actuelle: l'ignorance de ce qu'est essentiellement et initialement l'école laïque, la laïcité de l'État, une société laïque. Nous n'en faisons aucune illusion, bien de gens sont quelque peu angoissés à parler publiquement de « choses » ayant trait à la religion. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">2. L'ENSEIGNEMENT DU FAIT RELIGIEUX</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">Une exclamation &amp;lt;&amp;lt;Oh God !&amp;gt;&amp;gt;</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> dans une salle de classe reçoit la surprenante réponse-ci: </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;Oh no! We don't talk about him here !&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-67"><a href="#footnote_anchor-67">67</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Ce n'est pas une réponse du diable en personne. C'est la réponse d'un élève ou d'un étudiant du supérieur à son collègue. Expression d'une haine viscérale, d'un mépris radical du religieux? Manifestation d'une phobie de Dieu et/ou du religieux ? </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Les contradictions que nous venons de relever sont toutes dues, à notre avis, à la nature même du religieux et du spirituel qui, d'un point de vue anthropologique, lorsqu'il s'impose à l'homme exige de celui-ci un engagement entier, de tout l'être, de cet être à la fois et respectivement </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">homo religiosus et homo politicus</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Ici encore, Charles Heimberg a raison de souligner que &amp;lt;&amp;lt;dans nos sociétés multiculturelles, les conditions d’une approche non pieuse de l’histoire et de la contemporanéité des phénomènes religieux devraient être mieux définies et explicitées, en laissant un espace au débat et à des questions ouvertes sachant qu’on touche là à un</span><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;"> </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">champ de contradictions qui ne sont pas forcément toutes complètement résolubles.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-68"><a href="#footnote_anchor-68">68</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Comment, devrait-on s’enquérir, des représentations culturelles, philosophiques, métaphysiques et religieuses pourraient-elles participer à une culture juridique si elles ne s‘y intègrent ni ne s’y reconnaissent ?</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-69"><a href="#footnote_anchor-69">69</a></span><span lang="-none-" style="font-size: 11pt;"> Voici une question lancinante dans le contexte actuel, en fait allusion à et plaidoyer tacite pour une laïcité non amputée, saine, et point d'arrimage de l'expression de toutes les représentations, toutes les confessions saines, c'est-à-dire favorisant existence et coexistence des humains. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Est-ce fort de cette spécificité du religieux que, de nos jours, des chefs d'États tels le Président Nicholas Sarkozy et d'autres requièrent du  système de l'Éducation que les enseignants participent à la renaissance du système de l'éducation française qui, à ce qu'il croit, devrait inclure l'instruction religieuse</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-70"><a href="#footnote_anchor-70">70</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> ? Aux États-Unis, la </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">Loi de Restoration de la Liberté Religieuse</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-71"><a href="#footnote_anchor-71">71</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> a été promulguée par le Président Clinton dans le but d'empêcher que les lois violent substantiellement les droits à la liberté d'exercice de la religion, pour protéger la liberté religieuse dans les écoles publiques</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-72"><a href="#footnote_anchor-72">72</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Car il est tout à fait normal que l'État intervienne là où des politiques scolaires deviennent trop restrictives par rapport à l'expression religieuse. Il affirme: &amp;lt;&amp;lt;Le problème s'est manifesté dans les écoles publiques de notre Nation. Il apparaît que des administrations officielles, des enseignants et parents soutiennent que toute expression religieuse est inappropriée J'ai été  conseillé par le Département de la Justice et le Département de l'Éducation que le Premier Amendement permet – et protège – l'expression religieuse dans les écoles publiques à un degré plus élevé que ne peuvent le comprendre beaucoup  d'Américains.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-73"><a href="#footnote_anchor-73">73</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> L'administration de George Walter Bush ne s'y est pas moins engagée, qui a aussi proclamé la légalité de la religion dans les écoles à la nation une lettre spécifique portant sur les formes et occasions de prière constitutionnellement protégée, clarifiant les droits des étudiants à prier même dans les écoles publiques: &amp;lt;&amp;lt;Entre autres, écrit-il par le Secrétaire à l'Éducation Rod Paige dans  </span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">No Child Left Behind  Act, </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">les étudiants peuvent lire leurs Bibles ou autres écritures, rendre grâce avant les repas, et prier ou étudier du matériel religieux avec leurs collègues étudiants pendant les pauses, les déjeuners, ou en d'autres temps non-instructionnels autant qu'ils peuvent s'engager dans des activités non religieuses.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-74"><a href="#footnote_anchor-74">74</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Et notre chercheure de dire, se basant sur une conception anthropologique de l'identité qu'elle qualifie, à l'instar de Diniz-Pereira, de « critical/integrative »</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-75"><a href="#footnote_anchor-75">75</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> : &amp;lt;&amp;lt;si le gouvernement accorde au peuple le droit d'exercer librement leur religion de choix&amp;gt;&amp;gt;, il est tout simplement illogique et interpellant de simplement supprimer la religion ou les sujets de religion dans les écoles surtout dans nos sociétés aussi complexes et riches multi-culturellement. À noter qu'il s'agit ici non seulement de fait religieux, mais aussi et surtout de religion et d'exercices ou  pratiques religieuses.  </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Il convient de voir dans cette spécificité du religieux, un élément fondamental, à l'époque actuelle, de l'urgence de la demande sociale concernant l'enseignement du fait religieux dans les grandes démocraties et institutions républicaines</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-76"><a href="#footnote_anchor-76">76</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">. Les conditions de la légitimité d'un enseignement de cette nature s'y lisent à grands traits, à qualifier d'anthropologiques et identitaires, à telle enseigne que recourir à un soit-disant déficit de culture religieuse des jeunes générations pour justifier le projet nous semble faible comme argument. D'ailleurs, le déficit en question ne se découvrirait-il pas aussi chez une bonne partie des générations passées qui, pourrait-on dire, étaient en mal de compréhension adéquate de la laïcité? </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Qu'en est-il des conditions de réalisation et de développement de ce projet ? L'enseignement du religieux suscite moult remous dans les rangs des chercheurs qui s'y investissent. Si certains s'y opposent radicalement, y voyant un subterfuge des politiques à raviver et à faire régner les discriminations identitaires, d'autres y sont favorables et si enthousiastes qu'ils ne se soucient guère ou que trop peu des conditions de sa bonne implémentation, d'autres encore l'accueillent avec prudence, qui engagent la discussion sur le terrain de la rigueur démocratique indispensable à y observer, la fidélité aux principes fondamentaux de l'école républicaine. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Force est de constater qu'en ce qui concerne les modalités de réalisation du programme, il n’y a pas, en la matière un seul modèle mais autant de situations que de pays. Et s'il s'agit d'enseignement de religion dans certains États, dans l'État et canton de Genève, on parle de fait religieux, plus précisément de « culture humaniste et religieux ». On peut cependant relever les types de problèmes suivants: 1) celui, organisationnel des journées et horaires scolaires, de sorte que cet enseignement n'empiète pas sur le déroulement quotidien des autres activités scolaires, . &amp;lt;&amp;lt;C’est un projet qui ne paraît réalisable qu’à la condition [de s'inscrire plus ou moins parfaitement] dans le projet éducatif de l’institution scolaire, dans les structures de l’école et à travers ses grilles horaires</span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-77"><a href="#footnote_anchor-77">77</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt; vertical-align: super;">  </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Pour ce qui concerne la &amp;lt;&amp;lt;reconnaissance […] de l’enseignement-apprentissage des sciences humaines dans le cursus des élèves&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-78"><a href="#footnote_anchor-78">78</a></span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;"> </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Doit-on en faire une matière à part entière ou une simple démarche d'investigation ou d'enquête intellectuelle à incorporer dans les disciplines « traditionnelles » (français, anglais, histoire, etc.?). Pour l'instant, la tâche a été dévolue aux enseignants de l'histoire de l'enseigner, &amp;lt;&amp;lt;en rapport avec l'exercice des citoyennetés&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-79"><a href="#footnote_anchor-79">79</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">, &amp;lt;&amp;lt;la pratique des droits politiques traditionnels&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;des pratiques associatives ou culturelles&amp;gt;&amp;gt;; le &amp;lt;&amp;lt;fonctionnement de la démocratie&amp;gt;&amp;gt;, les réalités locales ou nationales et planétaires; l'éducation citoyenne &amp;lt;&amp;lt;doit être conçue à toutes les échelles humaines&amp;gt;&amp;gt;, s'articuler autour des questions d'ordre éthique, la &amp;lt;&amp;lt;notion de responsabilité&amp;gt;&amp;gt;, etc. Le Conseil d'État, lui, demandait &amp;lt;&amp;lt;de renforcer les offres de formation pour les enseignants et la cohérence de cet enseignement entre les différents plans d’études, ainsi que d’élargir la question en permettant aux élèves de « traiter d’éléments de philosophie et des questions des valeurs et du lien social &amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-80"><a href="#footnote_anchor-80">80</a></span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Au vu de toutes ces thématiques en lien étroit avec les droits ne serait-il pas incongru de se demander si les questions religieuses ou touchant au religieux devraient être bannies à l'école? Peut-on encore dire que le projet de l'enseignement des phénomènes de religions ou du fait religieux ne peut pas se faire à l'école ? Le religieux ne peut-il pas faire l'objet de l'actualité? Ne peut-il pas se faire aussi que les élèves éprouvent de l'intérêt à connaître les conceptions des diverses religions sur la mort, son sens, le sens de la vie, la souffrance humaine, leur approche des problèmes de dépression, du suicide, de l'euthanasie, de l'acharnement thérapeutique, de l'écologie, la montée des groupes extrémistes religieux, la lutte contre leur prolifération et quoi d'autres encore? Le religieux, au vu de toutes ces thématiques, ne peut-il et ne doit-il pas faire l'objet de débats démocratiques ? Ne fait-il pas, de ce point de vue, partie intégrante des questions vives de nos sociétés, à débattre aussi et à l'école publique par des générations montantes de citoyens ? Débattre de ces problèmes dans nos sociétés pluralistes ne nous place-il pas devant l'extrême complexité de nos sociétés ?  De sorte à sérieusement considérer nécessaire la &amp;lt;&amp;lt;pluralité des opinions, des réalités humaines&amp;gt;&amp;gt;, l’existence incontournable &amp;lt;&amp;lt;de contradictions et de conflits d’intérêts dans toute société humaine&amp;gt;&amp;gt; et, en l'occurrence celles d'aujourd'hui, la &amp;lt;&amp;lt;réflexion sur la manière de les résoudre, en renonçant à toute forme de violence dans le cadre du libre exercice de la démocratie&amp;gt;&amp;gt;?  À notre humble avis, la réponse affirmative est incontournable. La peur des extrémismes religieux ne suffit-il pas déjà à élaborer des stratégies éducatives visant à informer et former nos enfants, nos élèves ? Nos sociétés pourraient-elles faire silence sur ces problèmes brûlants par peur d'aviver des tensions trop aigües ? &amp;lt;&amp;lt;</span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">Une société démocratique et libérale peut-elle vivre sans un minimum de consensus sur des valeurs de base ? Et la réflexion sur des valeurs de base peut-elle faire l’impasse sur les données religieuses qui, historiquement, ont fondé les grands courants de notre civilisation ? </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-81"><a href="#footnote_anchor-81">81</a></span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">L'enseignement du fait religieux supposé demande sociale pressante, il resterait encore un autre problème important. Le cadre scolaire étant aussi cadre d'apprentissage de la réflexion, il convient d'y former les élèves à mener des réflexions hors du sens commun, leur apprendre à mener la pensée du commun des sens &amp;lt;&amp;lt;à partir de concepts et contenus disciplinaires&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-82"><a href="#footnote_anchor-82">82</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Nous avions parlé des disciplines telles que l'histoire, la géographie, le français etc. On peut aussi y ajouter – un peu en avance sur l'histoire ? – la philosophie. Le problème de l'apprentissage de la réflexion est un problème double. Les élèves ne doivent pas seulement arriver, par leur apprentissage de la réflexion, à  mener des discussions hors du sens commun. Il leur faudra aussi et surtout, en conformité avec les finalités fondamentales de la formation scolaire, être capables de se soustraire à toute forme de contrainte intellectuelle par la pensée critique. Et cela dépendra de l'approche pédagogique de l'enseignant: le bon enseignant en la matière devra se poser la question de savoir &amp;lt;&amp;lt;comment faire valoir sans prescrire&amp;gt;&amp;gt;. Comment l'enseignant peut donc faire valoir les valeurs et principes de la société sans les prescrire, c'est-à-dire sans contraindre ses élèves à simplement les reproduire, mais au contraire, si l'on veut, à se les approprier par leur propre capacité à les penser ? Mais, est-ce en fait possible? Non pas qu'il soit impossible aux élèves de se faire leurs, et ceci, par leur propre pensée, les principes et valeurs de la société, mais qu'il soit peut-être impossible, pour l'enseignant de les transmettre – pour ne pas dire banalement les « donner » sans nullement les « donner »! – sans pour autant les transmettre ?  Un paradoxe? Présenter ces valeurs de société, établies par les instances supérieures de l'école et de l'État, et ne pas vouloir les voir pratiquer par les élèves ? Et s'il faut les voir mettre en pratique, comment faire sans prescrire?   </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Telle est cependant la lecture pénétrante car critique de la finalité première de l'école publique genevoise, ainsi qu'elle peut se dégager de l'article 4 de la Loi sur l'Instruction Publique (1977) qui se lit:   </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;L’enseignement public a pour but, dans le respect de la personnalité de chacun: </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">a) de donner à chaque élève le moyen d’acquérir les meilleures connaissances dans la perspective de ses activités futures et de chercher à susciter chez lui le désir permanent d’apprendre et de se former; </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">b) d’aider chaque élève à développer de manière équilibrée sa personnalité, sa créativité ainsi que ses aptitudes intellectuelles, manuelles, physiques et artistiques; </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">c) de préparer  chacun à participer à la vie sociale, culturelle, civique, politique et économique du pays, en affermissant le sens des responsabilités, la faculté de discernement et l’indépendance de jugement; </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">d) de rendre chaque élève progressivement conscient de son appartenance au monde qui l’entoure en développant en lui le respect d’autrui, l’esprit de solidarité et de coopération; </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">e) de tendre à corriger les inégalités de chance de réussite scolaire dès les premiers degrés de l’école.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-83"><a href="#footnote_anchor-83">83</a></span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Comment enseigner et comment enseigner le fait religieux en éducation citoyenne à l'école laïque ? D'après les principes déontologiques de la profession enseignante. Entre autres, &amp;lt;&amp;lt;dans le respect de la personnalité de chaque élève&amp;gt;&amp;gt;, aider au &amp;lt;&amp;lt;développement équilibré&amp;gt;&amp;gt; de la &amp;lt;&amp;lt;personnalité&amp;gt;&amp;gt; de chaque élève, de &amp;lt;&amp;lt;sa créativité&amp;gt;&amp;gt;, de &amp;lt;&amp;lt;ses aptitudes intellectuelles, manuelles, physiques et artistiques</span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt;">&amp;gt;&amp;gt;, </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">former chacun à sa future participation dans tous les domaines et à toutes les échelles de la vie, développer en chacun &amp;lt;&amp;lt;le sens des responsabilités&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;la faculté de discernement et l'indépendance de jugement&amp;gt;&amp;gt;, développer en chacun &amp;lt;&amp;lt;le respect d'autrui, l'esprit de solidarité et de coopération&amp;gt;&amp;gt;. L'enseignement du fait religieux se doit donc conforme à ces principes, il doit se garder d'être trop normatif, il doit éviter de la part des élèves une docile reproduction des générations, il doit valoriser chez eux &amp;lt;&amp;lt;la pensée créatrice&amp;gt;&amp;gt; &amp;lt;&amp;lt;plutôt qu'une assimilation grégaire&amp;gt;&amp;gt;. Il doit mobiliser en eux &amp;lt;&amp;lt;les modes de pensée scientifiques&amp;gt;&amp;gt; pour développer leur sens critique</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-84"><a href="#footnote_anchor-84">84</a></span><span lang="fr-FR" style="font-style: italic; font-size: 11pt; vertical-align: super;">  </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Les enseignants doivent pouvoir &amp;lt;&amp;lt;mettre à distance&amp;gt;&amp;gt; les faits du passé et du présent tout en les faisant connaître, ils doivent les faire analyser en mobilisant des modes de pensée et des « Weltanschauungen » propres à leurs disciplines. Ils se doivent &amp;lt;&amp;lt;d’intégrer les mécanismes de la psychologie sociale dans l’observation des faits collectifs et de ne pas négliger la part d’irrationnel qui les caractérise. Ainsi, par exemple, la promotion des valeurs de tolérance ou celle de l’antiracisme ne sauraient se réduire à des incantations ingénues.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-85"><a href="#footnote_anchor-85">85</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt; vertical-align: super;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Il est évident qu'une telle tâche n'est pas du tout moindre. Car ne dit-on pas que tel on est éduqué soi-même, tel on éduque aussi, pour autant que cela soit vrai ? Avec autant d'injonctions, comment ces enseignants arriveront-ils à bout de leur mission, sans que, éduqués d'après ces mêmes injonctions, en fonction de ces horizons, leurs élèves ne les reproduisent automatiquement en modèles ? Peut-on vraiment faire valoir sans prescrire ? Et jusqu'à quel point ?  Si « la neutralité n'a pas pour but d'exclure, dans les activités de l'État, tout élément d'ordre religieux ou métaphysique&amp;gt;&amp;gt;, le &amp;lt;&amp;lt;personnel de l’État - en particulier le personnel enseignant - est cependant tenu en principe à un certain devoir de réserve, dit-on. Il doit s'abstenir dans l'exercice de ses fonctions de toute considération confessionnelle ou religieuse susceptible de compromettre la liberté de conviction d'autrui&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-86"><a href="#footnote_anchor-86">86</a></span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Un des moyens à disposition dans ce domaine c'est de munir les élèves des rudiments de l'argumentation, les instruire dans l'art de raisonner logiquement et de penser critiquement, de sorte qu'il puisse débusquer les nombreux faux arguments et raisonnements ou sophismes que recèlent souvent nos opinions. Il ne s'agira donc pas seulement de savoir disserter ou présenter son point de vue, il faut encore savoir le défendre d'un point de vue logique et ne pas tomber dans la sophistique. À ce propos, les programmes d'apprentissage des langues, en l'occurrence le français, comportent un volet qui est intéressant à plus d'un titre savoir la typologie des arguments, les différentes formes d'argumentation. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">Une proposition</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Puisqu'il s'agit de savoir sortir du sens commun dans les débats en éducation citoyenne, on pourrait entrevoir une formation pour les enseignants et des section d'études d'argumentation pour les élèves. Un cours qui se donne dans les pays anglo-saxons, malheureusement à l'université, mais rien n'empêche d'en exploiter le contenu et en instruire les élèves du Cycle d'Orientation. Il s'agit d'un cours intitulé « raison logique et pensée critique ». C'est une matière enseignée par le département de philosophie (à l'Université d'Ottawa, par exemple). Il serait incongru de dire que ce sera trop élevé pour les élèves de la 9° du Cycle d'Orientation, surtout lorsque l'on se sait en pleine période de demande pressante de la philosophie pour enfants. Ce serait d'ailleurs un contre-sens, une absurdité de vouloir former les jeunes à la citoyenneté critique, à la pensée critique appliquée dans un contexte de débats de société donc, et ne pas vouloir leur enseigner la matière « pensée critique », « raisonnement logique ». </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;Pour penser par soi-même, il faut d'abord disposer d'une entière liberté d'examiner, de questionner, de critiquer, de mettre en doute : plus aucun dogme ni aucune institution n'est sacré.&amp;gt;&amp;gt;</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-87"><a href="#footnote_anchor-87">87</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;"> Nous irons plus loin en</span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt; color: rgb(0, 0, 255);"> </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">affirmant que dans cette matière, l'ennemi numéro 1 n'est pas le manque de liberté, mais l'ignorance, le fait de prendre ses opinions pour la vérité. Les philosophes grecs parlent de « doxa » (opinion non éclairée) par opposition à « logos » (raison) ou « épistémé » (science). À tout le moins, il leur faut se familiariser et connaître les différentes formes de sophismes qui existent et, à partir de là, porter un regard critique sur le contenu de la matière, sur les questions « culture humanisme » et surtout « fait religieux » ou sur les arguments des participants aux débats politiques. Il faudra donc former les enseignants eux-mêmes aux rudiments de la rhétorique, mieux, de l'argumentation, pour ce faire. La formation à la raison logique et à la pensée critique, si elle ne peut pas résoudre le tout du problème de l'influence de l'enseignant sur l'élève, des effets pernicieux de l'influence de l'autorité sur l'élève, voire de la valorisation même des principes relevant du religieux et ceux de l'Etat démocratique sur l'élève, elle aura pour vertu de préparer l'élève à adopter à tout moment une attitude de vigilance par rapport au discours de l'enseignant(e), fût-il intellectuellement élevé et logiquement rigoureux ou « rhétoriquement » rusé. Elle permettra, dans le même temps, de protéger contre les dangers funestes du prosélytisme religieux</span><span class="ABI_FIELD_footnote_ref" id="footnote_ref-88"><a href="#footnote_anchor-88">88</a></span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt; vertical-align: super;"> </span><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">et des arguments fallacieux des participants aux divers débats. </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">Loin de faire de nos considérations sur les vertus d'une formation à la raison logique et à la pensée critique une affaire de simple conviction, il s'agit d'y voir les finalités pédagogiques premières de la matière elle-même. Veut-on former les élèves au discours hors du sens commun, au discours scientifique ou savant, on y trouvera tout ce dont il est nécessaire et indispensable.  Toute revendication, même fondée sur les émotions, se formule et se justifie en dernière instance langagièrement, dans et par le discours.   </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 11pt;">CONCLUSION</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">En guise de conclusion sur un thème aussi farouchement débattu actuellement, nous ne pouvons guère prétendre épuiser notre investigation, tant les tenants et aboutissants sont encore à établir. Mais qui doit les établir sinon tous, y compris nous aussi ? Nous avons essayé tant soit peu qu'il ne saurait y avoir ni conceptuellement ni historiquement de conflits entre le principe de la laïcité et de la libre expression des pratiques et discours religieux. Mieux, nous avons montré qu'il existe par contre une compatibilité de principe entre les deux. Nous avons aussi essayé de montrer en quoi notre thème est objet d'éducation citoyenne, à partir de l'idée qu'il fait l'objet de demande sociale pressante de la part et des autorités (un peu partout dans le monde aussi)  et des personnalités scientifiques et érudits divers par leurs représentations. Il a été aussi suffisamment montré que certaines notions devraient encore faire l'objet de précision, que seule la notion de fait religieux considérée par la plupart des critiques du projet comme vague et imprécise, reçoit plutôt de notre part adhésion totale, puisque pour nous assez claire, se distinguant parfaitement de celle de « religion », sous la plume de Regis Debray du moins. Nous devons dire que le fait religieux n'est pas le problème, mais plutôt une solution apportée à un problème qui manifeste d'un besoin de repères axiologiques, religieux ou spirituels. Certes, ceux pour qui seule la foi compte, peuvent trouver en ce projet une intrusion de la raison citoyenne dans la sphère de la foi. Regis Debray et Charles Heimberg, qui sont nos deux sources d'inspiration les plus importantes, ont montré comment de tels sujets sont incontournables en démocratie, sans pour autant se mettre d'accord sur ce qu'est le fait religieux.  </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-size: 11pt;">A été également justifié, nous le croyons, le développement de la thématique dans la perspective de notre discipline qui est la philosophie – sans avoir négligé le problème de savoir comment organiser l'enseignement du fait religieux. À ce propos, l'attention est attirée sur le fait qu'en dépit de son absence dans le corps des disciplines enseignées au secondaire I, à l'état actuel de nos connaissances, la philosophie est fortement demandée dans la société en faveur des enfants. La problématique fait aujourd'hui débat chez les didacticiens de la philosophie. Nous osons affirmer simplement ici que l'apprentissage du philosopher peut se faire en éducation citoyenne avec les élèves du Cycle d'Orientation. Il est, en tant qu'activité critique du penser un outil important de développement et de promotion de la citoyenneté critique. Au demeurant, nous pouvons tous reconnaître que la philosophie élève la réflexion au-delà du sens commun. À l'appui de cette thèse, nous avons proposé une matière dans laquelle nous entrevoyons un outil indispensable pour l'exercice de la pensée critique: « raison logique et pensée critique », fait des formes logiques du raisonnement et des formes diverses d'argumentation. Plusieurs questions ont émergé aboutissant à la question centrale d'importance capitale de toute éducation à la citoyenneté, savoir « comment faire valoir sans prescrire ». Pour autant, cela voudrait-il dire que nous avions réussi ce travail ? Nous ne saurions le prétendre. Au lecteur d'en juger !</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">PAGE DE TITRE</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">INTRODUCTION	         1-2</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">I DEFINITIONS DES NOTIONS CLES	       2 </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">1. 1. L'HUMANISME: Qu'est ce ?	       2-4 </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">1. 2. « RELIGION » OU « FAIT RELIGIEUX »	      4-6 </span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">1. 3. LA LAÏCITÉ:  Bref historique	       6-8</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">1.4. 1. 4. LAÏCITE EN SUISSE et selon « Groupe citoyen »	     8-10</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">II. L'HUMANISME RELIGIEUX EN EDUCATION CITOYENNE: une démarche pédagogique	10</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">1. LIMINAIRES	          10</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">Dépassement de nos appréhensions	       10-11</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">L'humanisme religieux comme demande sociale: « Groupe citoyen »	   11-12</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">2. L'ENSEIGNEMENT DU FAIT RELIGIEUX	      12-16</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">Une proposition	          16</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: left; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"><span lang="fr-FR" style="font-weight: bold; font-size: 10pt;">CONCLUSION	          16-17</span></p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
<p dir="ltr" style="text-align: justify; margin-bottom: 0in; margin-top: 0in; margin-right: 0in;"> </p><br />
</div><br />
<p> </p><br />
<p> </p></body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Éducation </category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 13:58:46 GMT</pubDate>
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		<title>Droits naturels et devoir naturel chez Rawls</title>
		<link>http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/18/droits-naturels-et-devoir-naturel-chez-rawls</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/18/droits-naturels-et-devoir-naturel-chez-rawls</guid>
		<description>À l'heure où de nombreux débats s'organisent autour de l'interprétation de la
position originelle de Rawls, et où foisonne toute une littérature philosophique sur le
sujet, si des pistes de réflexion déjà proposées pour la résolution du problème demeurent
dignes de considération, un regard attentif pourrait aussi se porter sur la thématique des
devoirs naturels chez Rawls et les rapports que ceux-ci pourraient avoir avec les
principes de justice qu'il propose - notamment avec le premier principe dans lequel
on trouve une formulation ou re-formulation de l'idée des droits naturels inaliénables de
l'homme. Mais, c'est en vain que l'on cherchera ... more » </description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">À l'heure où de nombreux débats s'organisent autour de l'interprétation de la
position originelle de Rawls, et où foisonne toute une littérature philosophique sur le
sujet, si des pistes de réflexion déjà proposées pour la résolution du problème demeurent
dignes de considération, un regard attentif pourrait aussi se porter sur la thématique des
devoirs naturels chez Rawls et les rapports que ceux-ci pourraient avoir avec les
principes de justice qu'il propose - notamment avec le premier principe dans lequel
on trouve une formulation ou re-formulation de l'idée des droits naturels inaliénables de
l'homme. Mais, c'est en vain que l'on cherchera des réflexions substantielles sur ce
sujet. Cette investigation se propose d'examiner ces rapports en vue d'une possible
solution au problème de la justification des principes de justice rawlsiens.</div>
</body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Philosophie</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 13:59:22 GMT</pubDate>
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		<title>Louange de puissance au Seigneur de Gloire</title>
		<link>http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/17/louange-de-puissance-au-seigneur-de-gloire</link>
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		<description>Pour éviter la seconde mort: Armageddon!</description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">Pour éviter la seconde mort: Armageddon!</div>
</body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Religieux</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 14:00:32 GMT</pubDate>
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		<title>En honneur à Aimé Césaire.</title>
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		<description>En ce jour de commémoration de la traite, de l'esclavage et de leur abolition, la tentation m'est très grande d'excaver un de mes joyaux les plus étincelants pour stimuler la réflexion sur l'exemple des grands monuments de notre histoire</description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">En ce jour de commémoration de la traite, de l'esclavage et de leur abolition, la tentation m'est très grande d'excaver un de mes joyaux les plus étincelants pour stimuler la réflexion sur l'exemple des grands monuments de notre histoire.</div>
<p>
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<meta name="GENERATOR" content="OpenOffice.org 3.0  (Win32)"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Varus Atadi SOSOE</font></font><br /><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Moscou, 30.09.01</font></font>
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</p>
<p align="justify" style="page-break-before: always;"> </p>
<p align="justify" style="page-break-before: always;"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Rien n’est pour moi aussi exaltant aujourd’hui que de me voir offrir cette occasion heureuse et ennoblissante de dérouler cette page en l’honneur du poète par excellence de la Négritude, à Grand frère Aimé Césaire, au moment où l’on célèbre son Ombre, feu Léopold Sedar Senghor. D’autant plus que je me suis résolument engagé, depuis peu, à extramentaliser ouvertement mon plus profond désir de contribuer à la réhabilitation de l’image, longtemps ternie, de l’Homme Noir sous quelques cieux qu’Il se trouve. Je fais ici allusion à la bourgeoisie américaine du temps d’Aimé Césaire qui a fait éclater le monde noir en prenant sa distance par rapport à la Mère-patrie, et surtout au nouveau mouvement de la Créolité qui tend à s’écarter quelque peu de nos racines à nous tous : l’Afrique.</font></font></p>
<p align="justify" class="western"> <font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3"><span lang="fr-FR">Les Noirs et les Noires ont </span></font></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3"><span lang="fr-FR">plus besoin d’unité ou de solidarité aujourd’hui, après toutes ces expériences douloureuses, que dans le passé violent qu’ils ont connu. C’est un fait, en effet, comme tu l’as, frère Aimé, si pertinemment perçu et péremptoirement affirmé dans l’une de tes entrevues recueillies par François Beloux en 1969 déjà (</span></font></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3"><span lang="fr-CH"><i>Le Magazine littéraire</i></span></font></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3"><span lang="fr-CH"> n° 34, novembre 1969) </span></font></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3"><span lang="fr-FR">que &amp;lt;&amp;lt;le mouvement de la Négritude est un mouvement qui affirme la solidarité des Noirs&amp;gt;&amp;gt;, car </span></font></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3"><span lang="fr-FR"><b>&amp;lt;&amp;lt;on n’est pas impunément noir, et que l’on soit Français – de culture française – ou que l’on soit de culture américaine, il y a un fait essentiel : à savoir que l’on est noir, et que cela compte&amp;gt;&amp;gt;</b></span></font></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3"><span lang="fr-FR"> </span></font></font></p>
<p align="justify" class="western"> <font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Toi le poète de « l’universelle dignité humaine » et « l’éveilleur de conscience », monument à jamais inébranlable de la civilisation noire, je t’ai connu en Afrique à l’âge de 18 ans et tu m’as profondément marqué comme tous les héros de l’histoire de l’Humanité. Quel honneur te rendre aujourd’hui, à cette heure où se déferlent violemment sur toutes les cultures les grandes vagues de l’effroyable spectre de la globalisation ? Tout simplement rappeler à toutes les cultures vivantes de source noire africaine ces mots révélateurs de la puissance de ton esprit à la fois pénétrant et percutant : </font></font> </p>
<p align="center" class="western"><font size="3"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><b>&amp;lt;&amp;lt;Une civilisation </b></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><span lang="fr-CH"><b>qui s’avère incapable de </b></span></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><b>r</b></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><span lang="fr-CH"><b>é</b></span></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><b>soudre </b></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><span lang="fr-CH"><b>les problèmes que suscite son organisation est une civilisation décadente&amp;gt;&amp;gt;</b></span></font></font></p>
<p align="justify" lang="fr-CH" class="western"> <font size="3"><font face="Lucida Calligraphy, cursive">De nos jours où la voie est ouverte à l’Afrique et aux Africains </font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><i>at home and abroad</i></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"> – cette voie ne peut rester indéfiniment fermée, car nous l’aurions forcée de toute façon – d’accomplir le devoir de mémoire qui leur incombe, non pour en rester à la simple anamnèse mais pour contraindre le monde « esclavagisant » d’antan et aujourd’hui multiforme à honnêtement prendre conscience des horreurs du passé et du présent, à faire son </font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><i>mea culpa</i></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive">, pour enfin emprunter la voie qui mène au carrefour de la transparente rencontre des cultures. </font></font></p>
<p align="justify" class="western"> <font size="3"><font face="Lucida Calligraphy, cursive">Puisses-tu, frère Aimé, inspirer avec ta POESIE-ARME, ceux d’entre nous qui ont choisi de « bouter les arcs » de la LITTERATURE DE GUERRE « qui ne fait que du bien ! »</font><sup><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a></font></sup><font face="Lucida Calligraphy, cursive">. Puisse ce que tu as révélé part fondamentale de ta nature, « LE REFUS DU MENSONGE », nous servir de lumière, constamment nous éclairant sur la voie royale de la NEO-NEGRITUDE, voie que, par-delà les vestiges des colonnes de la civilisation noire, nous avons pu ouvrir dans ces ruines que ne cessent de conserver et d’entretenir l’ennemi de la race. Ô Race ! toi qui n’es pourtant que « le produit du hasard de l’évolution », à nous souvenir de l’illustre et vénérable Cheikh Anta Diop. </font></font></p>
<p align="justify" class="western"> <font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">MAMA AFRICA, toi qui as si énormément nourri toutes les cultures dans le passé, aujourd’hui tu en es plus que consciente. Ton fils chéri Aimé Césaire disait que tu as conservé, avec ta fille chérie Haïti, beaucoup de tes richesses. Pour te rendre hommage, hommage donc à frère Aimé Césaire, nous perpétuerons cette conservation. Noble et courageuse tâche, elle est ! Epris de justice et de sens de dignité de l’être Africain que nous sommes, nous nous clamerons donc puissamment cette exhortation, morale et aiguillon de l’action politique de notre frère de l’Inde et de l’Afrique du Sud, le Mahatma Gandhi : </font></font> </p>
<p align="justify" class="western"><font size="3"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><span lang="fr-CH"><b>&amp;lt;&amp;lt;Dès que quelqu’un comprend qu’il serait contraire à sa dignité d’obéir à des lois injustes, aucun tyran ne peut l’asservir.&amp;gt;&amp;gt;</b></span></font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><span lang="fr-CH">. </span></font></font></p>
<p align="justify" lang="fr-CH" class="western"> <font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Ô frère Aimé, ses paroles étant aussi les tiennes, nul doute que tu nous convies incessamment à les mettre en pratique pour l’amour de notre race, de notre très chère MAMA AFRICA !</font></font></p>
<p align="center" class="western" style="page-break-before: always;"> </p>
<p align="center" class="western" style="page-break-before: always;"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">A FLAMBOYANT DQMBALA !</font></font></p>
<p align="justify" class="western"> </p>
<p align="center" class="western"><font size="3"><font face="Lucida Calligraphy, cursive">« Flamboyant-Dqmbala</font><sup><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc" href="#sdfootnote2sym"><sup>2</sup></a></font></sup><font face="Lucida Calligraphy, cursive"> » !</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Un titre, un frère</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Nous reconnaissons en toi une force</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Qui se régénère par elle-même</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font size="3"><font face="Lucida Calligraphy, cursive">Dans le bOnqj</font><sup><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote3anc" href="#sdfootnote3sym"><sup>3</sup></a></font></sup><font face="Lucida Calligraphy, cursive"> des autres.</font></font></p>
<p align="center" class="western"> </p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Puisse l’événement présent te démontrer</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Que loin de te dissiper</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Dans les opaques nuées d’une histoire passée de la littérature Négro-africaine</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Toi</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Toi seul</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Tu as survécu aux turbulentes éruptions des multiples obédiences</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Et encore longtemps tu survivras</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Dqmbala tu es, immortel tu demeures.</font></font></p>
<p align="center" class="western"> </p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Puissent les mondes, noir et blanc, ainsi que les autres</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Te connaître par la Néo-négritude</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Puissent les générations futures, noires et blanches</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Sans oublier les autres</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Te lire à profusion</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Toi et ceux, de noble « bOnqjellité » :</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Canadien-Haïtien Professeur Weber Tiecoura d’Orléans Jean-Baptiste</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Helvète-Togolais Professeur Varus Atadi Sosoe,</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Ceux-là, voix nouvelles et sagement puissantes de la Néo-Négritude</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Que tu as pu inspirer depuis les profondeurs de ton être</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Sans le vouloir et sans le savoir</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Ceux-là, dis-je,</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Perpétueront à jamais ta vocation</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">« Créateur » d’êtres nouveaux, Créateur de pensées nouvelles</font></font></p>
<p align="center" class="western"> </p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Frère Aimé</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font size="3"><font face="Lucida Calligraphy, cursive">Puissent les divines vibrations de ton irrésistible </font><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><i>eua</i></font><sup><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><i><a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote4anc" href="#sdfootnote4sym"><sup>4</sup></a></i></font></sup></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Tonner et se ressentir de par les frontières des peuples !</font></font></p>
<p align="center" class="western"><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Puissent-elles, à satiété</font></font></p>
<p align="center" class="western"><strong><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3">Assouvir les passionnés du Fruit Noir: Mère Afrique</font></font></strong><font face="Lucida Calligraphy, cursive"><font size="3"><br />
</font></font></p>
<p align="center" class="western"> </p>
<div id="sdfootnote1">
<p lang="ru-RU" class="sdfootnote-western"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc">1</a><font size="3"><span lang="fr-CH"> 	Concept inventé par mon collègue Professeur Weber Tiecoura 	Jean-Bpatiste d’Orléans</span></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p lang="ru-RU" class="sdfootnote-western"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote2sym" href="#sdfootnote2anc">2</a><font size="3"><span lang="fr-CH"> 	Être authentique</span></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<p lang="ru-RU" class="sdfootnote-western"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote3sym" href="#sdfootnote3anc">3</a><font size="3"><span lang="fr-CH"> 	Intelligence, Intellectualité pure</span></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p lang="ru-RU" class="sdfootnote-western"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote4sym" href="#sdfootnote4anc">4</a><font size="3"><span lang="fr-CH"> 	Joie, satisfaction sublime et insatiable</span></font></p>
</div>
<p> </p><br /><br /><span class="thumbnail_image"><a href="http://www.sosoe.org/sosoe/images/article/16/varus-portrait.jpg" class="image_show"><span><img src="http://www.sosoe.org/sosoe/images/article/16/thumbs/varus-portrait.jpg" alt="varus-portrait.jpg"  title="" /></span></a></span></body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Littérature &amp;amp; Poésie</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 14:01:43 GMT</pubDate>
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		<title>Quoi de neuf sur Sosoe.org?</title>
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		<description>Les dernières publications sur Sosoe.org

 DE LA DIDACTIQUE INTEGREE: FORCES ET FAIBLESSES   - in Pages personnelles 
 </description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">Les dernières publications sur Sosoe.org
<ul class="compact">
<li><a href="http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/29/de-la-didactique-integree-forces-et-faiblesses">DE LA DIDACTIQUE INTEGREE: FORCES ET FAIBLESSES  </a> - <span class="details">in <a href="http://www.sosoe.org/sosoe/sections/view.php/13/pages-personnelles">Pages personnelles</a></span></li>
</ul></div>
</body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Boîtes gadget</category>
		<pubDate>Thu, 26 Feb 2009 22:28:52 GMT</pubDate>
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		<title>Les racines négro-égyptiennes de la philosophie occidentale</title>
		<link>http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/14/les-racines-negro-egyptiennes-de-la-philosophie-occidentale</link>
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		<description>Je prends la parole au nom de mes aînés africanistes pour vous raconter une histoire. Celle, culturelle, intellectuelle et spirituelle de nos ancêtres africains. L’histoire du peuple noir. Celle de l’Egypte antique, comme on peut facilement le deviner par le titre. Ce n’est pas une légende. Au contraire, c’est une histoire
réelle. Celle de la longue marche d’un peuple noir, dans le concert des civilisations ou, pour mieux dire,
depuis l’origine de l’humanité et avant l’aube des autres civilisations. C’est l’histoire de l’impulsion
civilisatrice que l’Egypte noire donna à toutes les civilisations à commencer par la Grèce antique, elle-même mère ... more » </description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">Je prends la parole au nom de mes aînés africanistes pour vous raconter une histoire. Celle, culturelle, intellectuelle et spirituelle de nos ancêtres africains. L’histoire du peuple noir. Celle de l’Egypte antique, comme on peut facilement le deviner par le titre. Ce n’est pas une légende. Au contraire, c’est une histoire
réelle. Celle de la longue marche d’un peuple noir, dans le concert des civilisations ou, pour mieux dire,
depuis l’origine de l’humanité et avant l’aube des autres civilisations. C’est l’histoire de l’impulsion
civilisatrice que l’Egypte noire donna à toutes les civilisations à commencer par la Grèce antique, elle-même mère de toute la culture occidentale.</div>
<p>                                                                                                                          LES RACINES NEGRO-EGYPTIENNES DE LA PHILOSOPHIE<br />
                                                  OCCIDENTALE<br />
                                                      <br />
       &amp;lt;&amp;lt;En s’y prêtant, (à la philosophie égyptienne) l’intellectualisme issu de Socrate et d’Aristote, d’Euclide et<br />
        d’Archimède, s’accommodait à la mentalité nègre, que l’égyptologue aperçoit comme toile de fond, derrière les<br />
                                     raffinements de la civilisation dont il s’émerveille&amp;gt;&amp;gt;<br />
                                                                                   (Masson Ourcel)<br />
                                               INTRODUCTION<br />
         Je prends la parole au nom de mes aînés africanistes pour vous raconter une histoire. Celle, culturelle,<br />
intellectuelle et spirituelle de nos ancêtres africains. L’histoire du peuple noir. Celle de l’Egypte antique,<br />
comme on peut facilement le deviner par le titre. Ce n’est pas une légende. Au contraire, c’est une histoire<br />
réelle. Celle de la longue marche d’un peuple noir, dans le concert des civilisations ou, pour mieux dire,<br />
depuis l’origine de l’humanité et avant l’aube des autres civilisations. C’est l’histoire de l’impulsion<br />
civilisatrice que l’Egypte noire donna à toutes les civilisations à commencer par la Grèce antique, elle-même<br />
mère de toute la culture occidentale.<br />
         Raconter une telle histoire dans le cadre d’un programme comme celui de la MCA (Maison de la<br />
Culture Africaine) me semble d’une importance capitale pour la culture africaine en général et les traditions<br />
particulières qui, ensemble, la véhiculent. Il est d’un intérêt sans précédent pour l’Afrique du XXI° siècle. Car,<br />
comme on le sait, la MCA a pour vocation de rétablir et raviver le contact entre, d’une part, les Anciens de<br />
l’Afrique, dépositaires des traditions et transmetteurs des connaissances, et, d’autre part, les Nouveaux (les<br />
Jeunes), formés à l’occidentale, souvent dépourvus de tout savoir traditionnel et de toute connaissance de leur<br />
passé ancestral.<br />
         S’il s’agit de l’histoire de l’Egypte antique, africaine et donc noire, comme nous le verrons, il est sans<br />
contredit qu’elle serve à redonner à la jeunesse surtout, mais même aussi aux Anciens qui ne la connaissent<br />
guère ou seulement de façon partielle et imparfaite, un souffle nouveau d’espoir dans leurs capacités créatrices<br />
artistiques, intellectuelles et spirituelles. Elle permettra à l’Afrique tout entière de reprendre les rênes de sa<br />
vraie destinée, en commençant par se rechercher davantage et par se replacer de façon plus méritoire dans le<br />
concert des peuples en cette veille du XXI° siècle.<br />
         Une telle histoire, si elle fait l’objet de réflexion permanente de tous les Africains, voire des lecteurs<br />
toutes races confondues, pourra servir à redresser la pente des rapports tant internes qu’externes. Sur le plan<br />
interne, il n’y a aucun doute que les informations recueillies ici éclairent les esprits indigènes sur le rôle de<br />
l’Africain noir dans l’histoire depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. Nos parents, rien qu’à penser à eux,<br />
regagneront en fierté puisque le venin de la sous-estimation qui leur a été inoculé depuis les temps<br />
esclavagistes aura trouvé son antidote, son vaccin. Le mal sera éradiqué, donc tué à la racine.<br />
         Nos dirigeants, notamment les responsables de l’éducation pourront, s’ils sont conscients de leur rôle,<br />
faire le ménage dans les programmes scolaires, en enlevant les mauvaises herbes et en gardant les bonnes, qui<br />
plus est, en y introduisant l’histoire authentique de notre passé. Les yeux des générations futures s’ouvriront<br />
ainsi de plus en plus sur les rapports à entretenir avec nos maîtres de vérité intellectuelle et économico-<br />
politique occidentaux. Aucun doute donc que les rapports seront ceux d’égal à égal sur tous les plans.<br />
         N’est-il pas tout de même frappant que depuis les années cinquante où l’histoire de l’Afrique noire a,<br />
de par les travaux salutaires de Cheikh Anta Diop, bénéficié de plus de lumière dans les esprits tant<br />
occidentaux qu’africains; que depuis les années quatre-vingt, plus précisément en 1974 au Caire où s’est tenu,<br />
sous l’égide de l’UNESCO et sous l’impulsion des travaux révolutionnaires de Cheikh Anta Diop, le plus<br />
                                                                                                                  2<br />
grand colloque international africaniste, les dirigeants africains n’ont tiré aucune leçon importante en matière<br />
d’histoire africaine, pour daigner introduire l’étude des ouvrages de l’humaniste noir dans les programmes<br />
scolaires, académiques ou constituer sus sa base l’histoire réelle de l’Afrique ? Tout se passe comme si la<br />
tutelle intellectuelle sous laquelle se laissent couver les Africains par les maîtres occidentaux telles des oeufs<br />
ou des poussins par la mère-poule ne doit jamais avoir de fin. Si cette analogie peut être faite, elle révèle<br />
d’emblée l’état d’immaturité profonde dans lequel nous nous sommes maintenus et que nous continuons à<br />
entretenir par une sorte d’opposition forcenée à toute évolution. Car, depuis ces temps, les voies nous sont<br />
offertes pour un avenir d’indépendance, intellectuelle du moins, mais nous les avons, semble-t-il, refusées,<br />
obstruées.<br />
         Les sources de cette histoire africaine constituent des travaux scientifiques sans conteste. Cela signifie<br />
que leur résultante, cette histoire, n’est pas une suite d’événements forgés, mais une réalité avec des preuves<br />
scientifiques formellement reconnues depuis pratiquement un demi-siècle. Qui dit, “preuves scientifiques<br />
formellement reconnues depuis un demi-siècle”, dit “difficultés, pour les chercheurs-pionniers dans le<br />
domaine en question, à faire reconnaître ces preuves scientifiques formelles dès l’abord”. En effet, ils furent et<br />
sont nombreux, ceux, africains, nos aînés, qui se sont lancés dans cette investigation sur le passé africain. Et<br />
Dieu sait, leur tâche n’a pas été du tout facile. Faire reconnaître la pertinence des résultats de leurs recherches,<br />
de leurs preuves, leur a valu bien des déboires. Il est digne de faire une brève anamnèse de leur mésaventure.<br />
Il s’agit ici de présenter surtout l’initiateur principal, le Docteur Cheikh Anta Diop, le tout premier des<br />
Africains à tenter cette rude aventure de réhabilitation du passé et de l’image de l’Afrique auprès de nos<br />
“maîtres” académiques occidentaux.<br />
         CHEIKH ANTA DIOP<br />
          Qui donc est Cheikh Anta Diop ? Cheikh Anta Diop, est un sénégalais né en 1923 dans le Cayor et<br />
mort en 1986 à Dakar. De par sa formation académique, il se réclame disciple d’hommes de sciences tels que<br />
Pierre Curie, Gaston Bachelard et Théodore Monod. Savant concepteur, Directeur du Laboratoire de<br />
Radiocarbone 14 de l'Université de Dakar et un des esprits encyclopédiques sans précédent en Afrique noire,<br />
il est l’auteur d’un ouvrage sur la Physique nucléaire. Mais ce n’est pas tout. Cheikh Anta Diop est aussi un<br />
passionné d’Archéologie et de Préhistoire, accordant une place importante aux études linguistiques. C’est dans<br />
cette perspective archéologique, préhistorique aussi bien que linguistique, qu’il paracheva, en anthropologue,<br />
historien et intellectuel humaniste, ses rigoureuses et pertinentes recherches sur l’Afrique noire, notamment<br />
sur l’Egypte antique. Notre homme est donc un Africaniste, et plus précisément l’Egyptologue africain de<br />
premier plan à poser et reposer toute sa vie l’idée de l’antériorité de l’Egypte dans la transmission des valeurs<br />
culturelles, des connaissances et de la plus vive des spiritualités à la Grèce et de la Grèce au monde entier.<br />
          En d'autres termes, la thèse fondamentale qui sous-tend toutes les recherches africaines du Dr Cheikh<br />
Anta Diop s‘énonce :<br />
          &amp;lt;&amp;lt;L’Afrique est le berceau de l’humanité et l’Egypte antique, négro-africaine, riche et prospère<br />
    civilisation d’antan, surpassa le monde entier de toute sa grandeur culturelle, intellectuelle et<br />
    spirituelle il y a de cela 4000 ans et plus (datation courte) et 8 000 ans et plus (datation longue).<br />
    L’Egypte nègre est celle qui a inventé les sciences et les techniques, les mathématiques et la<br />
    philosophie, l’écriture et la religion, le droit et la politique, etc.&amp;gt;&amp;gt;.<br />
          Cette thèse, à elle seule, a fait l’objet du noble et inlassable combat en faveur de la réhabilitation de<br />
l’Afrique toute sa vie durant. Voici, à l’exception de la pléthore d’articles qu’il a produit, quelques ouvrages<br />
majeurs que l’on peut évoquer au compte de son intarissable productivité scientifique :<br />
          1) Nations nègres et cultures, 1955. Cet ouvrage, issue de ses recherches doctorales lui a valu bien<br />
              des tourments puisqu’il s’est vu refuser cette thèse en France.<br />
          2)  L’unité culturelle de l’Afrique noire, 1960<br />
          3)  L’Afrique noire pré-coloniale, 1960<br />
          4)  Les fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire, 1960<br />
          5)  Antériorité des civilisations nègres : Mythe ou vérité historique ?, 1967<br />
          6)  Civilisation ou Barbarie, 1981<br />
          7)  Nouvelles recherches sur l’égyptien ancien et les langues négro-africaines modernes, 1988.<br />
                                                                                                                     3<br />
          Voici ce que l'on peut dire brièvement de la personnalité de notre héros africaniste. Il est à présent<br />
utile pour les lecteurs, je le crois, d’évoquer très succinctement les raisons de l’invention, par l’Occident, de ce<br />
que les africanistes qualifient de &amp;lt;&amp;lt;mythe du Nègre&amp;gt;&amp;gt; sans culture, sans valeurs morales, sans intelligence et<br />
sans raison, voire sans âme. Car il peut paraître surprenant, s’il est vrai que le peuple noir a, durant des<br />
millénaires, joué le rôle de lumière civilisatrice de tous les peuples, qu’il se retrouve, depuis le XVI° siècle, au<br />
plus bas niveau de l’humanité dans l’image -- précisons-le bien, dans l’image -- de l’Occident, et même de<br />
tous les autres peuples, pire encore des Africains eux-mêmes parfois!. Il s’agit ici de mettre le doigt sur les<br />
travestissements imprimés à l’histoire de ce peuple.<br />
          L'AFRIQUE NOIRE EVACUEE DE L'HISTOIRE MONDIALE<br />
          De l’histoire telle qu’elle nous est parvenue de nos frères de race, les africanistes, Cheikh Anta Diop,<br />
Ibrahima Babakake, Joseph Ki Zerbo, Théophile Obenga, Mbargane Guissé, Jacob Carruthers, George G. M.<br />
James, l’auteur de la Stolen Legacy (Le legs ravi) et bien d’autres encore, en passant par les anciens Grecs et<br />
certains auteurs occidentaux épris d’objectivité tels Champollion-le-Jeune, Volney et Amélineau, etc.,<br />
l’Afrique a joué son rôle de foyer des grandes civilisations jusqu’au Moyen-âge, voire jusqu’à la Renaissance,<br />
à en croire Rabelais pour qui ce continent a apporté et &amp;lt;&amp;lt;apporte toujours quelque chose de rare&amp;gt;&amp;gt; -- ce n’est<br />
pas du tout péjoratif, croyez-nous. Tout a donc commencé avec l’invention de l’horrible machine esclavagiste<br />
et de la traite qui l’a supportée à l’aube des grandes « découvertes » modernes. Nous pensons surtout à ladite<br />
« découverte » de l’Amérique par Christophe Colomb. Nous pensons également à la conscience de vénalité<br />
viscérale des négriers européens, eu égard aux énormes possibilités d’enrichissement que recelaient les vastes<br />
terres incultes des Amériques à valoriser par une « main-d’oeuvre-corvée » et sans rétribution.<br />
          Il apparut indispensable aux Européens d’exploiter et de dominer ces terres sans coût exorbitant. Mais<br />
les Indiens, indigènes, habitants originaires des Amériques furent radicalement exterminés, procédé<br />
indispensable pour les Européens en vue de l’appropriation des terres du Nouveau-Monde. Et la chaleur<br />
torride de ces régions était insupportable pour les Européens. Il a fallu alors exporter, par la force, par des<br />
pratiques irascibles, barbares et inhumaines cette main-d’oeuvre du peuple noir considéré fort capable de<br />
supporter tant physiquement que mentalement les conditions pour le moins pénibles, horribles, qu’exigeait le<br />
dur labeur. Or, la grande machine de l’esclavage et de la traite négrière nécessitait une justification. D’où la<br />
substitution d’une histoire fallacieuse, faite de toutes pièces, en lieu et place de l’histoire réelle de nos ancêtres<br />
et de celle que les anciens Grecs notamment ont acquise de leurs propres observations et instructions.<br />
          Le travestissement de l’histoire du peuple noir – et donc aussi celle de l’Occident dans ses rapports<br />
avec l’Afrique – qui, à son origine, a nécessité le pillage et l’appropriation du patrimoine culturel et<br />
intellectuel du peuple réduit en esclavage <del>l’esprit seul y a survécu</del> ne peut être le terme de l’entreprise. Car,<br />
il fallait aussi, par tous les moyens, empêcher le peuple noir d’ouvrir ses yeux et de contempler la lumière<br />
libératrice. Nous le tenons du Dr Mensa Otabil, Pasteur ghanéen, Directeur du Centre International de l’Eglise<br />
Evangélique aux 6000 membres et plus. Il rapporte, dans son ouvrage intitulé Beyond the Rivers of Ethiopia,<br />
A Biblical Revelation on God’s Purpose for the Black Race (p. 3), ces constantes exhortations du sénateur<br />
américain Henry Berry : &amp;lt;&amp;lt;Aussi loin que nous l’avions pu, nous avions obstrué toutes les avenues par où se<br />
peut infiltrer la lumière dans l’esprit de l’esclave. Si seulement nous pouvons éteindre en lui la capacité de<br />
percevoir la lumière, notre travail serait achevé. Il serait ravalé au niveau d’une bête de somme et nous serions<br />
sains et saufs&amp;gt;&amp;gt;. Stratégiquement, ce travestissement a aussi requis toute une industrie de propagandes<br />
abâtardissantes, de campagnes avilissantes, de la part des esprits les plus inventifs, les plus imaginatifs et les<br />
plus prolifiques de l’Europe. Cela s’est surtout manifesté sur le plan scientifique de l’anthropologie et de<br />
l’ethnologie.<br />
          Pourquoi cette industrie abêtissante ? La raison est très simple. A l’aube de l’esclavage et de la<br />
colonisation, il fallait coûte que coûte montrer que le Blanc est supérieur à son frère Noir sur tous les plans,<br />
afin de se donner conscience angélique, bonne conscience. Afin de se donner voies et mains libres pour<br />
l’entreprise esclavagiste, impérialiste et de domination culturelle, une entreprise ingénieusement transformée<br />
en mission civilisatrice et, des fois, sous couvert d’un inéluctable et impérieux devoir d’évangélisation, donc<br />
même au nom de la Religion. Afin d’utiliser le Noir comme moyen d’enrichissement, il a fallu montrer qu’il<br />
est moins que l’égal d’une bête de somme, sans âme et donc pas un humain, un « bien-meuble » disait le<br />
« Code Noir » qui réglementait la vie des esclaves et leurs relations à tous les niveaux de leur existence.<br />
                                                                                                                   4<br />
Comme le disait Cheikh Anta Diop expliquant le mécanisme de la stratégie aliénatrice de l’homme noir par<br />
les esprits créateurs de l’Occident européen (Nations Nègres et Cultures, p. 53-54) :<br />
         &amp;lt;&amp;lt;[L’esprit de l’Européen faussa ainsi] complètement la personnalité morale du Nègre et ses<br />
    aptitudes intellectuelles.<br />
             « Nègre » devient désormais synonyme d’être primitif, « inférieur, doué d’une mentalité pré-<br />
    logique ». Et comme l’être humain est toujours soucieux de justifier sa conduite, on ira même plus loin;<br />
    le souci de légitimer la colonisation et la traite des esclaves – autrement dit, la condition sociale du<br />
    Nègre dans le monde moderne – engendrera toute une littérature descriptive des prétendus caractères<br />
    inférieurs du Nègre. L’esprit de plusieurs générations européennes sera ainsi progressivement faussé.<br />
    L’opinion occidentale se cristallisera et admettra instinctivement comme une vérité révélée que Nègre<br />
    = Humanité inférieure&amp;gt;&amp;gt;.<br />
         On lira ainsi dans le Nouveau Dictionnaire Illustré (Larousse, 1905, p. 516), ce qui suit: “Nègre,<br />
négresse (latin niger: noir), homme, femme à peau noire. &amp;lt;&amp;lt;C’est le nom donné spécialement aux habitants de<br />
certaines contrées... qui forment une race d’hommes noirs inférieure en intelligence à la race blanche dite race<br />
caucasienne.&amp;gt;&amp;gt;. Ajoutons que cette stratégie aliénatrice a eu un impact assez important sur la psychologie de<br />
l’homme noir lui-même, quel que soit son niveau de culture ou d’éducation, à telle enseigne que même ceux<br />
qui ont gravi les échelons les plus élévés de l’intellectualité en portent encore les stigmates. Ce phénomène se<br />
manifeste surtout par la perte de confiance en ses propres possibilités et en celles de sa race. D’où, par<br />
conséquent, l’utilité sans précédent de la présentation de la présente histoire dans le cadre des activités de la<br />
MCA. C’est une utilité non seulement pour les enfants (tous âges confondus) du peuple noir mais aussi pour<br />
ceux de l’Occident, afin que les premiers se réveillent de leur léthargie culturelle, intellectuelle et spirituelle,<br />
et que les seconds prennent conscience du rôle civilisateur qu’a joué l’Afrique noire, durant des millénaires,<br />
vis-à-vis des autres races et cultures.<br />
                               DE LA PHILOSOPHIE EGYPTIENNE<br />
         La pensée égyptienne est-elle philosophique ? Si non, pourquoi ?<br />
         Des plus érudits de l’histoire de la pensée émise à travers les siècles par les plus grands foyers de la<br />
civilisation humaine, deux données nous sont parvenues : premièrement, l’Afrique est le berceau de la<br />
civilisation humaine et l’Egypte havre des plus grandes écoles de mystères et de sagesse de l’Antiquité;<br />
deuxièmement, le continent africain est originairement peuplé de Noirs.<br />
         De ces deux données historiques importantes, on peut tirer, avant toute élucubration, au moins deux<br />
conséquences immédiates. Primo, il est fondé de penser que toutes les autres civilisations de l’humanité qui se<br />
sont édifiées sur la base de l’original, ont (énormément) emprunté leurs systèmes de pensée, leurs sciences<br />
spéculatives et pratiques et leurs techniques à la source du berceau. La Philosophie, en tant que mère des<br />
sciences, fait partie, elle aussi, du cortège des sciences créées par l’esprit égyptien. Secundo, on admettra<br />
logiquement, sans hésitation aucune, qu’originairement, elle ne peut qu’être peuplée de Noirs, l’Egypte, tout<br />
comme ses pays avoisinants de l’Afrique. De ces deux réalités historiques, les anciens Grecs et les Romains<br />
eux-mêmes ont livré maints témoignages poignants.<br />
         En effet, des pré-socratiques Thalès, Pythagore, etc., en passant par Platon jusqu’aux Néoplatoniciens<br />
tels Plutarque, Porphyre, Jamblique, Plotin, le legs de la richesse spirituelle, philosophique et scientifique de<br />
l’Egypte (y compris des apports de l’Ethiopie, du Soudan nilotique, bref de la Nubie dans son ensemble) est,<br />
sans conteste, reconnue. D’aucuns sont même allés puiser directement, dans les écoles de mystères, les<br />
principes fondamentaux de leur doctrine philosophique, scientifique, religieuse et mystique à la source antique<br />
de la Mère des Sciences de l’Egypte antique : le Mysticisme. Tel est, précisément, le cas de Thalès, de<br />
Pythagore, de Démocrite, d’Eudoxe et même de Platon, aussi bien que de certains Philosophes de l’Antiquité<br />
tardive, tels Proclus, Porphyre, Jamblique et Plotin.<br />
         Les plus grands historiens classiques, tels Hérodote, Diodore de Sicile, l’historien de base de la<br />
Philosophie académique, Diogène Laërce, les grands mystiques et penseurs tels Plutarque et Jamblique, et les<br />
simples voyageurs, qui n’ont pour tout instrument d’investigation scientifique sur l’identité raciale des peuples<br />
que leurs yeux, ont laissé à l’humanité leurs dépositions sur la «négrité» du peuplement originaire de l’Egypte<br />
                                                                                                                5<br />
antique et de celle de toute la Nubie. Ce n’est qu’avec les temps modernes, à partir du XVI° jusqu’au XIX°,<br />
en passant par les périodes charnières de la floraison et de l’expansion de la civilisation occidentale que les<br />
doutes ont commencé par planer sur l’identité noire des Egyptiens ou Kemet. Ce moment correspond au temps<br />
où les grandes découvertes et la vague infernale de l’esclavage et de la colonisation des autres civilisations<br />
étaient devenues monnaie courante et apanage des explorateurs et scientifiques européens et négriers, au<br />
temps où les tout premiers instruments sophistiqués de l’objectivité scientifique ont commencé à « parfaire »<br />
les recherches scientifiques.<br />
        Remarquons brièvement ici que l’évocation de la traite et de l’esclavage des Nègres en rapport avec<br />
les grands progrès de l’Occident européen ne doit en aucun cas être perçue comme une expression de<br />
frustration, de mépris vis-à-vis des pionniers de la civilisation européenne ou une manifestation consciente ou<br />
inconsciente de racisme. Sur ce point, nous partageons, avec enthousiasme et universel humanisme, la pensée<br />
suivante émise par le Docteur Cheikh Anta Diop dans Antériorité des civilisations nègres: mythe ou vérité<br />
historique ? (p. 280): &amp;lt;&amp;lt;Nous aspirons tous, dit-il, au triomphe de la notion d’espèce humaine dans les esprits<br />
et dans les consciences, de sorte que l’histoire particulière de telle ou telle race s’efface devant celle de<br />
l’homme tout court.&amp;gt;&amp;gt;. Nous tenons toutefois à cultiver constamment le sens de l’objectivité et de la rigueur<br />
scientifique et, en conséquence, sommes de l’avis que mieux oeuvrer à cette victoire, exige, comme condition<br />
primordiale, la responsabilité scientifique et l’impératif moral de connaître et d’éclaircir, au mieux et sans<br />
complaisance ni improbité intellectuelle, l’histoire des races. Cette réflexion du Docteur exprime bien notre<br />
profonde motivation pour cette recherche de l’identité raciale des anciens Egyptiens, et épistémologiquement,<br />
avec elle, la condition primordiale que nous venons d’énoncer reflète la structure fondamentale de toute<br />
méthode phénoménologique de réflexion universalisante basée sur l’abstraction: “Toute abstraction est<br />
toujours abstraction de quelque chose, comme toute universalisation s’opère sur la base de quelque chose“.<br />
         La mise en doute de la réalité historique de l’origine égyptienne de la Philosophie occidentale,<br />
grecque, s’opère sur la base d’une conception erronée de la Philosophie, tant de la forme particulière du<br />
discours philosophique que de son contenu. La conception en question veut que la Philosophie soit 1) un<br />
discours rationnel, a-mythique et a-religieux, et 2) qu’en tant que tel, surtout à l’époque contemporaine, il ne<br />
porte sur rien de religieux, de spirituel, de mystique. Bref, pour acquérir statut de discours rationnel ou<br />
scientifique rigoureux, la Philosophie doit radicalement s’opposer à tout ce qui peut l’apparenter, tant sur le<br />
plan de la forme que du fond, à une pensée mytho-poétique et religieuse et, de nos jours, à toute pensée<br />
métaphysique. D’un simple regard sur les textes majeurs de Platon et d’Aristote, aussi bien que sur les<br />
discours socratiques, fallacieux se révèlent cependant ces critères et à grands traits se lit la perdurance du<br />
mytho-poétique et du religieux.<br />
         Il convient par exemple de lire, pour s’en convaincre, les ouvrages d’Erik Hornung, notamment 1)<br />
L’Egypte, la philosophie avant les Grecs, dans Les études philosophiques (avril-sept., 1987, Paris, Puf, 1987,<br />
pp. 113-126) et 2) La grande histoire de l’égyptologie (Editions du Rocher, 1998, p. 161 et ss), section<br />
intitulée “Le monde de la pensée, § 60 Fondements de la pensée, de la philosophie et de la science”. En<br />
parcourant le second, deux passages assez représentatifs s’en dégagent, le premier étant une critique de<br />
l’égyptologue Henry Frankfort et le second spécifiant les domaines de la pensée égyptienne non entâchés de<br />
l’influence des croyances religieuses.<br />
         &amp;lt;&amp;lt;C’était masquer quelque peu la réalité, dit Hornung dans le premier passage, car la pensée<br />
égyptienne n’a jamais été exclusivement définie par le mythe et ses limites particulières, et pouvait au<br />
contraire s’en détacher et se retourner vers des considérations plus rationnelles. Elle intègre le mythe, mais ne<br />
s’en remet pas totalement à lui. Une des caractéristiques de l’Egypte est qu’elle assimile tous les concepts; son<br />
écriture englobe image et alphabet, son panthéon plusieurs dieux et un seul dieu, sa médecine magie et<br />
science, sa pensée mythe et raison, sans que l’un exclue l’autre conformément à sa loi de la dualité&amp;gt;&amp;gt;. Dans le<br />
second passage, Hornung nous informe que dans les domaines de l’ontologie et de l’éthique, la pensée<br />
égyptienne a au moins émis des idées philosophiques indépendantes du monde des croyances religieuses. Sur<br />
l’extrême richesse de la langue égyptienne, avec l’intégration et le cumul, en son sein, des conceptions<br />
abstraites, philosophiques, mystiques, et celles, matérialistes et panthéistes – non moins abstraites – de Dieu,<br />
on peut aussi se référer à L’héritage spirituel de l’ancienne Egypte de Christian Larré, publié aux Editions<br />
rosicruciennes (1998, respectivement, p. 113 ss et p. 238, surtout, pp. 189-209).<br />
         On voit bien que le mérite de la pensée de Hornung, c’est de faire comprendre que quelles que soient<br />
les conceptions que l’on se fait de la Philosophie, la pensée égyptienne échappe au déni de caractère<br />
                                                                                                                 6<br />
proprement philosophique. Et nous allons nous employer à démontrer le bien-fondé de cette pensée en nous<br />
référant aux grands monuments de la littérature philosophique occidentale qui nous proviennent des grands<br />
philosophes grecs, Socrate, Platon et Aristote.<br />
          LA PERDURANCE DU RELIGIEUX ET DU MYTHO-POÉTIQUE<br />
         Montrer l’absurdité et l’archi-fausseté de la conception de la Philosophie que l’on veut nous inculquer<br />
n’est pas une entreprise gargantuesque. Au contraire, c’est un exercice assez passionnant qui nous familiarise<br />
d’ailleurs avec les textes des plus grands philosophes, notamment ceux que l’on prétend être à l’origine du<br />
“miracle grec”. Ainsi, de L’Apologie de Socrate et même des dialogues scientifiques tels le Protagoras et le<br />
Théétète, jusqu’à la Physique et la Métaphysique d’Aristote, nous trouvons, d’un côté, à part le foisonnement<br />
des mythes -- Timée, Phédon, Phèdre, Gorgias, Ménon, la République, Critias et Politique -- l’obéissance<br />
inconditionnelle et constante de Socrate à son “démon” ou dieu, un dieu à la fois source et fondement de toute<br />
praxis et de toute theoria conséquentes, selon lui, un dieu d’espérance et de rétribution, auquel il se soumet<br />
plutôt que d’obéir aux Athéniens; de l’autre, nous retrouvons l’unité architectonique de la doctrine<br />
aristotélicienne, depuis la Physique jusqu’à la Métaphysique, unité réalisée par le dynamisme des concepts<br />
opérateurs tels “matière”, “nature” (essence ou/et substance), “mouvement” et “Premier Moteur non Mû”<br />
(Dieu).<br />
         SOCRATE<br />
         A propos de Socrate, comme au XIX° siècle à propos de Nietzsche, à suivre la fausse conception de la<br />
Philosophie, tout se passerait comme si les dieux, Dieu, seraient morts. Or, la vocation et la mission de<br />
Socrate furent placées sous le signe d'un oracle, celui de Delphes, qui lui apprit qu'il était le meilleur de tous<br />
les hommes. Et le &amp;lt;&amp;lt;Connais-toi toi-même&amp;gt;&amp;gt;, écrit sur le fronton du temple lui fut &amp;lt;&amp;lt;à la fois une arme de<br />
combat contre les Sophistes, et un message à l'approfondissement duquel il invita ses disciples à se<br />
consacrer&amp;gt;&amp;gt;. Jean Brun, dans son ouvrage intitulé Socrate (p. 63), a su relever tout ce qui constitue la<br />
dimension religieuse et, dirions-nous aussi mystique, de la vocation et de la mission socratique, probablement<br />
sans en entrevoir toute la portée critique qui en ressort quant à la tâche de critique démasquante des fausses<br />
histoires de la philosophie grecque.<br />
         Tous les dialogues socratiques fourmillent d'idées concernant le divin, tout uniment tremplin et<br />
horizon ultime de son rationalisme, tant il aurait deviné, saisi comme par une intuition divine, les limites<br />
infranchissables de la raison. Il convient ici de mettre au grand jour ces passages occultés par les plus grands<br />
experts de la philosophie occidentale, auteurs de la fausse philosophie, afin de montrer que le simple rêve ou<br />
souhait de voir la philosophie déracinée de son sol ancestral religieux et mystique, condition de son<br />
hellénisation, ne saurait se faire réalité sans au préalable payer un lourd tribut à ses profondes racines qui<br />
s’avèrent aussi son ultime destination. Une tentative de rendre orpheline la philosophie au point de stériliser la<br />
fertile pensée de ses premiers édificateurs grecs, les présocratiques – pour ne plus parler de leurs<br />
prédécesseurs Egyptiens <del>, voire de priver le miraculeux Socrate de l'identité de philosophe révolutionnaire<br />
que l'on veut à tout prix lui attribuer, tel est notre diagnostic. Entreprise dangereuse pour le destin même de la<br />
philosophie! Telle en sera la conséquence.<br />
         La sagesse socratique est véritablement divine, comme nous pouvons le lire à grands traits dans<br />
l'Apologie où Socrate fait face à ses juges et bourreaux en leur intimant la permanence, en lui depuis son<br />
enfance, d’&amp;lt;&amp;lt;un signe divin et démoniaque&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;une voix&amp;gt;&amp;gt; qui, constamment le détourne du mal et qui<br />
&amp;lt;&amp;lt;s’oppose&amp;gt;&amp;gt; à ce qu’il s’&amp;lt;&amp;lt;occupe de politique&amp;gt;&amp;gt;, ce qui est, pour lui, &amp;lt;&amp;lt;fort heureux&amp;gt;&amp;gt; (Platon, 29 e, 30<br />
a, 31 d, 42 a par exemple). Un témoignage du même genre se trouve dans le Phèdre (242 b traduction L.<br />
Robin) où Socrate parle de &amp;lt;&amp;lt;signal divin&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;une voix&amp;gt;&amp;gt;, permanent en lui et qui, il n’en démord pas,<br />
l’enjoint de s’acquitter d’une &amp;lt;&amp;lt;pénitence, en raison de quelque péché&amp;gt;&amp;gt; de sa part &amp;lt;&amp;lt;envers la divinité:<br />
preuve certaine qu’il est &amp;lt;&amp;lt;un devin&amp;gt;&amp;gt;<br />
         Rien de métaphorique dans ces témoignages sur l'intuition divinatrice, le plus sublime des dons de<br />
Socrate, fondement dernier, pourrait-on dire, de sa doctrine et de sa pratique même. Les prendre pour une<br />
simple métaphore, c'est pactiser avec les accusateurs du champion de la morale grecque, c'est se faire partisan<br />
de Mélétos en accusant Socrate d'impiété. Toujours dans le même dialogue (Phèdre, 29 e, 30 a), allant vers la<br />
                                                                                                                    7<br />
mort, notre Socrate n'a pas hésité à réitérer ses voeux de désobéissance civile : &amp;lt;&amp;lt;j'obéirai au dieu plutôt qu'à<br />
vous&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;car c’est là ce qu'ordonne le dieu&amp;gt;&amp;gt;; Socrate constamment exécute &amp;lt;&amp;lt;l’ordre du dieu&amp;gt;&amp;gt;.<br />
         Importe donc peu pour Socrate le rationalisme moral et la dialectique a-sophistique, s’il ne se fonde<br />
sur l’ordre divin d’en haut et l’intuition divine au fond de son âme, est-on en droit d'affirmer. L'autonomie de<br />
la morale tant criée de Socrate par les professeurs de philosophie semble ici disparaître ou s'enrober de la toile<br />
à la fois opaque et transparente de la transcendance divine. D’ailleurs, la vocation de Socrate dans le Phèdre<br />
(42 a) s'ouvre par un décret divin et se referme sur un ton certain d'espérance: &amp;lt;&amp;lt;Mais voici l'heure de nous<br />
aller, intima Socrate affectueusement à ses juges et bourreaux avant de rendre son souffle divin, moi pour<br />
mourir, vous pour vivre. Qui de nous a le meilleur partage, nul ne le sait, excepté le dieu.&amp;gt;&amp;gt;<br />
         Espérance ! une dimension incontournable de la morale, faisant corps avec le postulat -- sinon un<br />
principe démontrable et démontré chez notre ami des dieux, Socrate – ou le principe de l'immortalité de l'âme<br />
et de la réincarnation, un des piliers principiels même de la théorie socratique et platonicienne de la cognition.<br />
Espérance qui ne va pas sans acte de foi dans la Providence divine, ce que, par exemple, Kant reprendra plus<br />
tard. Signe que la morale philosophique du moins, sinon la philosophie en elle-même, ne saurait jamais<br />
réaliser l'affranchissement, tant désiré de nos jours, du joug bienfaisant et rédempteur des dieux, de Dieu.<br />
         ARISTOTE<br />
         Aristote, le premier à être considéré vrai philosophe, car d’esprit résolument scientifique, Aristote<br />
nous élabore, à part sa Logique, toute sa doctrine, comme par gradation, de l'univers matériel, physique, en<br />
passant par les créatures organisées, étudiant, après les créatures inférieures, la psychologie humaine,<br />
(l'éthique et la politique s'y rattachent), profilant celle-ci par la Métaphysique, Prima philosophia, science de<br />
l'être des Etres, y compris les luminaires, corps animés, purs, éthériques, à mouvement circulaire, dit-il, et<br />
science de l'Etre des Etres, l’Etre en tant qu'Etre, Dieu ou Premier moteur. Pour ne pas laisser ces remarques<br />
sans références textuelles, voici certaines des précisions que l'on pourrait y apporter. De l’ouvrage de Jean<br />
Brun, intitulé Aristote et le Lycée (p. 52.), il nous vient que &amp;lt;&amp;lt;sa conception [la conception d'Aristote] de la<br />
nature touche à la fois à la physique, à la psychologie et à la métaphysique&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;Le changement des êtres, le<br />
devenir des êtres se rattachent à l'acte de l'Etre en tant qu'Etre qui est Dieu. De la physique à la théologie il y a<br />
filiation&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;l'explication du mouvement&amp;gt;&amp;gt; conduisant nécessairement &amp;lt;&amp;lt;à un Premier moteur&amp;gt;&amp;gt;, et il y a<br />
&amp;lt;&amp;lt;rupture&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;ce Moteur&amp;gt;&amp;gt; étant &amp;lt;&amp;lt;non mû et séparé.&amp;gt;&amp;gt;<br />
         Selon O. Hamelin (Le système d'Aristote, p. 316-317) se référant à la Physique d’Aristote (II, 1 192 b<br />
20), Hamelin dont les commentaires sur la doctrine aristotélicienne du Premier moteur confirment nos vues,<br />
&amp;lt;&amp;lt; le problème du premier moteur&amp;gt;&amp;gt; opère &amp;lt;&amp;lt;le passage&amp;gt;&amp;gt; de &amp;lt;&amp;lt;la physique à la métaphysique.&amp;gt;&amp;gt; (Cité<br />
d’après Jean Brun, Aristote et le Lycée, p. 68). Le concept de mouvement lui-même est d’une lourdeur<br />
métaphysique. L’indique le passage de la Physique à la Métaphysique et donc aussi à la Théologie : &amp;lt;&amp;lt;tout<br />
change, tout est en mouvement, donc tout est mû, et tout ce qui est mû est mû par mouvement premier d'un<br />
moteur qui est lui-même immobile&amp;gt;&amp;gt;. Le premier moteur est Dieu, nous enseigne Aristote dans (Physique<br />
VIII 1 242 a 16; VIII 5 256 a 13; 7 1073 a 4; Métaphysique Λ 1 1069 b 1; Θ 8). Ainsi, dans l’un des passages<br />
les plus révélateurs de la justesse de notre point de vue dans la Métaphysique (7 1072 b 14-30), &amp;lt;&amp;lt;le finalisme<br />
et l'ontologie aristotéliciens débouchent dans la théologie&amp;gt;&amp;gt;, selon les termes de Jean Brun reprenant Hamelin<br />
(Le système d'Aristote, Paris: L. Robin, 1931, p. 94) : &amp;lt;&amp;lt;A un tel principe&amp;gt;&amp;gt;, Dieu, &amp;lt;&amp;lt;sont suspendus le Ciel<br />
et la nature. Et ce principe est une vie&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;la vie appartient à Dieu, car l'acte de l'intelligence est vie, et Dieu<br />
est cet acte même&amp;gt;&amp;gt; A ce passage s'ajoute cet autre (Métaphysique, p. 10 1075 a 17) parmi tant d'autres, du<br />
genre où nous voyons tous les êtres former la chaîne harmonieuse des êtres de l'Univers. Une position ou<br />
conception cosmologique :&amp;lt;&amp;lt;Toutes choses sont ordonnées ensemble&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;à une seule fin&amp;gt;&amp;gt;, et elles &amp;lt;&amp;lt;ne<br />
sont pas arrangées de façon telle que l'une n'ait aucun rapport avec l'autre, mais elles sont en relations<br />
mutuelles&amp;gt;&amp;gt;. L’écologie avant la lettre !<br />
         DELIT DE &amp;lt;&amp;lt;SOPHICIDE&amp;gt;&amp;gt;<br />
         Que conclure finalement après cet incursus dans les méandres des doctrines des plus illustres<br />
philosophes grecs dont il est dit qu’ils ont été à la pointe du progrès de la pensée véritablement philosophique?<br />
Le moins que l’on puisse affirmer, c’est qu’il faudra peut-être le réinventer, le soi-disant “miracle grec”,<br />
l’affranchissement de la Philosophie du joug oppressant (?) du Divin, du joug asphyxiant de l’irrationnelle<br />
nébuleuse mythique et poétique, ces sortes d’idola pour des experts tels Vernant et Burnet. Bien qu’elle soit<br />
                                                                                                                               8<br />
très longue, il serait intéressant de rappeler leur glose de la rationalité, la seule rationalité que l’histoire a<br />
connue jusqu’ici et la seule qu’il puisse y avoir, la grecque: (Mythe et pensée chez les Grecs, II, p. 100 et ss,<br />
notamment &amp;lt;&amp;lt;Du mythe à la raison&amp;gt;&amp;gt;, le chapitre 7).<br />
          &amp;lt;&amp;lt;La pensée rationnelle a un état civil; on connaît sa date et son lieu de naissance. C'est au VI° siècle avant<br />
notre ère, dans les cités grecques d'Asie Mineure, que surgit une forme de réflexion nouvelle, toute positive, sur la nature.<br />
Burnet exprime l'opinion courante quand il remarque à ce sujet: &amp;lt;&amp;lt;Les philosophes ioniens ont ouvert la voie que la<br />
science, depuis, n'a eue qu'à suivre&amp;gt;&amp;gt;. La naissance de la philosophie, en Grèce, marquerait ainsi le début de la pensée<br />
scientifique, -- on pourrait dire: de la pensée tout court. Dans l'Ecole de Milet, pour la première fois, le logos se serait<br />
libéré du mythe comme les écailles tombent des yeux de l'aveugle. Plus que d'un changement d'attitude intellectuelle,<br />
d'une mutation mentale, il s'agirait d'une révélation décisive et définitive: la découverte de l'esprit. Aussi serait-il vain de<br />
rechercher dans le passé les origines de la pensée rationnelle. La pensée vraie ne saurait avoir d'autre origine qu'elle-<br />
même. Elle est extérieure à l'histoire, qui ne peut rendre raison, dans le développement de l'esprit, que des obstacles, des<br />
erreurs et des illusions successives. Tel est le sens du &amp;lt;&amp;lt;miracle&amp;gt;&amp;gt; grec: à travers la philosophie des Ioniens, on<br />
reconnaît s'incarnant dans le temps, la Raison intemporelle. L'avènement du logos introduirait donc dans l'histoire une<br />
discontinuité radicale. Voyageur sans bagages, la philosophie viendrait au monde sans passé, sans parents, sans famille;<br />
elle serait un commencement absolu.<br />
          Du même coup, l'homme grec se trouve, dans cette perspective, élevé au-dessus de tous les autres peuples,<br />
prédestiné; en lui le logos s'est fait chair. &amp;lt;&amp;lt;S'il a inventé la philosophie, dit encore Burnet, c'est par ses qualités<br />
d'intelligence exceptionnelles: l'esprit d'observation joint à la puissance du raisonnement&amp;gt;&amp;gt;. Et, par-delà la philosophie<br />
grecque, cette supériorité quasi providentielle se transmet à toute la pensée occidentale, issue de l'hellénisme.&amp;gt;&amp;gt;.<br />
          Yoyotte et Brice Parain (Histoire de la philosophie. Orient-Antiquité-Moyen-Age) et d’autres penseurs<br />
ont supporté de leur ingénieuse imagination l’ignorance ou le refus d’écouter les sons de cloche de la haute<br />
culture de l’Egypte antique, d’autres penseurs tels des Académiciens, la plupart Occidentaux, et d’autres<br />
Philosophes professionnels, chantres de l’Olympisme intellectuel et spirituel grecque. Nous n’allons pas les<br />
passer en revue dans cet article. Il nous suffit de conclure partiellement en leur rétorquant que nous présenter<br />
ainsi la philosophie grecque, pour marquer le clivage entre elle et les Philosophies précédentes, afin de mieux<br />
célébrer la prétendue supériorité intellectuelle et spirituelle grecque, c’est la rendre absolument inexistante,<br />
c’est tyranniquement signer l’acte de son deuil, ce que nous qualifions par le terme inédit de «sophicide»,<br />
littéralement, “meurtre de la sagesse”, c’est, dira l’haïtien Weber Tiecoura d’Orléans Jean-Baptiste,<br />
l’”éliminrgeyo” (totale destruction ou élimination) de la sagesse. Demeurons donc dans les simples limites de<br />
la raison scientifique, de la probité intellectuelle et servons ainsi la conscience intellectuelle, morale et<br />
spirituelle de la postérité !<br />
          Loin d’être mesurée à l’aune de son affranchissement du divin, du religieux, du mystique, ledit<br />
«miracle grec», comme toute vraie Philosophie, devrait plutôt se lire dans l’esprit soucieux d'appréhender tout<br />
le réel, et, sans prouver insuffisance de questionnement, d’élaborer une science faite tout uniment de la<br />
physique à la métaphysique qui est aussi le creuset, par excellence, du théologique, empruntant çà et là --<br />
Socrate et Platon nous en sont témoins -- aux divers mythes des écoles de mystères. Du reste, il appartient au<br />
philosophe de décider du medium à utiliser pour se prononcer sur la nature des choses, de l’Univers et de<br />
Dieu.<br />
          C’est par cette exhortation que nous vous introduirons maintenant au thème de la transmission<br />
proprement dite du corps de savoirs et de sagesse de l’Egypte à l’antiquité grecque et au monde entier depuis<br />
les temps les plus reculés de l’histoire.<br />
      L’IMPULSION INTELLECTUELLE ET SPIRITUELLE DE L’EGYPTE<br />
          La découverte de l’universalité, de la loi, expression de la généralité mais aussi de la particularité ou<br />
de l’individualité, consécration première de l’idée de miracle intellectuelle et spirituelle de l’humanité bien<br />
avant l’avènement de la Philosophie et de la science grecques, cette découverte est à dater des années 3000<br />
avant notre ère, selon Gusdorf, auteur de Mythe et Métaphysique, qui se réfère à la toute première révolution<br />
tant intellectuelle que spirituelle inaugurée par Akhénaton, le Pharaon mystique. Nous remarquons, en<br />
passant, que nous avons élaboré une critique de cette découverte de la personnalité que Gusdorf attribue à<br />
Socrate, en partant du concept même de l’universalité, et surtout de l’idée des lois sociales et politiques des<br />
Empires. Le fil conducteur de notre critique demeure l’idée de responsabilité morale et juridique, base de tout<br />
système de justice sociale. Cette acquisition intellectuelle, Gusdorf le met en rapport avec les lois<br />
architecturales – et astronomiques, pouvons-nous ajouter – qui régissent la construction des grandes<br />
                                                                                                                      9<br />
pyramides égyptiennes, notamment celles de Gizeh édifiées &amp;lt;&amp;lt;entre 2700 et 2600&amp;gt;&amp;gt; avant J.-C., selon les<br />
estimations de Gusdorf.<br />
         L’auteur rejette, dans la même veine, ledit &amp;lt;&amp;lt;miracle grec&amp;gt;&amp;gt; qu’il prend pour une &amp;lt;&amp;lt;simple<br />
convention pédagogique&amp;gt;&amp;gt;, académique, et &amp;lt;&amp;lt;une vue simpliste de l’histoire&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;une stylisation consacrée<br />
par l’usage&amp;gt;&amp;gt;. Ainsi, Socrate demeure résolument &amp;lt;&amp;lt;l’héritier de la tradition d’une sagesse millénaire&amp;gt;&amp;gt;.<br />
Conséquence de cette position de Gusdorf en ses propres termes: ce serait falsifier l’histoire que de parler d’un<br />
&amp;lt;&amp;lt;commencement absolu&amp;gt;&amp;gt; à propos de la mission socratique (Mythe et Métaphysique, p. 183-184)<br />
         Par souci d’objectivité, il faudrait émettre ici une remarque épistémologique très importante. Les<br />
Grecs ont adopté des notions et des principes philosophiques kemetiques, il est vrai, mais de là, à réduire tous<br />
leurs efforts philosophiques à un pur plagiat de la pensée égyptienne et de celle des autres peuples, il y a un<br />
très grand fossé. L'erreur la plus commune et la plus fréquente que l’on commet lorsqu’on aborde cette<br />
thématique, est de chercher à établir, coûte que coûte, afin de convaincre de la constitution de la philosophie<br />
grecque à partir d'éléments de pensée empruntés à l'Egypte antique, des identités de conceptions et<br />
d'articulations principielles et idéelles sans écart, en dépit des différences fondamentales qui façonnent les<br />
deux visions, telles « pensée holiste ou holistique (égyptienne) -- pensée fragmentaire » (grecque), telles<br />
« universalisme communisant (égyptien) – individualisme universalisant (grecque) ».<br />
         S'il est certes vrai qu'une entreprise telle la nôtre ici exige que soient répertoriés les principes, notions,<br />
concepts et idées communes développées par les penseurs et philosophes des deux civilisations, il sied de<br />
remarquer qu'il s'agit moins souvent, à mon avis, d'une identité de conceptions et d'articulations principielles,<br />
conceptuelles, notionnelles et idéelles que de communauté de principe, de concepts, de notions, et, très<br />
rarement seulement, d'idées ou de conceptions.<br />
         En d'autres termes, la manière dont tel ou tel philosophe conçoit tel ou tel principe, telle ou telle<br />
notion, tel ou tel concept, telle ou telle idée, c'est-à-dire, plus précisément, la façon dont s'articule son discours<br />
et s'explicite ces données dans le fil de son discours, n'est jamais exactement la même chez un autre, même si,<br />
aidée par une analyse des plus minutieuses, l'on peut arriver à trouver, dans les grandes lignes, des points<br />
d'arrimage. Autrement, il n'y aura pas, même dans les grandes lignes du discours des philosophes, autant de<br />
différences constitutives d'autant de théories, ici, cosmogoniques ou cosmogénétiques.<br />
         LA &amp;lt;&amp;lt;THEOLOGIE MEMPHITE&amp;gt;&amp;gt; DE SHABAKA<br />
         En tout cas, un fait incontestable et incontesté est qu'il y a autant de théories cosmogénétiques ou<br />
cosmogoniques dans l'antiquité Kemet que dans celle de la Grèce. Comme nous le montrerons ci-après, une<br />
cosmogonie ou cosmologie telle celle de la "Théologie Memphite" articulée au travers du texte de Shabaka<br />
n'est en aucune manière identique, à tous les points de vue, à celle d'Akhénaton. Et une cosmogonie ou<br />
cosmologie telle celle d'un présocratique Thalès, d'un présocratique Pythagore, d'un présocratique<br />
Anaximandre, d'un présocratique Anaximène, finalement, une cosmogonie ou cosmologie telle celle de<br />
Platon, n'est en aucune manière identique, à tout point de vue, à celle d'un Aristote. Ceci dit, il convient de se<br />
permettre ici quelques brèves in-cursus dans les textes, ne serait-ce que dans leurs lignes d'amorce.<br />
         Nous commencerons par mentionner le texte philosophique négro-africain, le tout premier de<br />
l’histoire intellectuelle de l’humanité: l'inscription du texte de la "Théologie Memphite", texte de Shabaka,<br />
Pharaon Nubien, c'est-à-dire homme de l'ancien Soudan. Shabaka est successeur de Piânkhi (716-701 avant J.-<br />
C). Il a vécu donc au VIII° siècle av. J.-C., est contemporain d'Isaïe le prophète, mais le texte qu'il fit recopier<br />
sur la pierre pour l'éternité remonte aux périodes de l'Ancien Empire, entre 2780-2260 av. notre ère. D’après<br />
l’une des remarques infrapaginales de Théophile Obenga concernant la datation de l'ouvrage, &amp;lt;&amp;lt;Le texte de<br />
l'inscription de Shabaka daterait de la V° dynastie (2563-2423). Il se rapporte, pour cette datation, aux<br />
estimations de Serge Sauneron et Jean Yoyotte, La naissance du monde selon l'Egypte ancienne (p. 19-91)<br />
dans l'ouvrage collectif intitulé La naissance du monde. Nous retenons tout simplement la date de publication<br />
du texte de la théologie memphite sous Shabaka. Selon les données établis par Théophile Obenga dans<br />
L’Afrique dans l’antiquité. Afrique pharaonique – Afrique noire (p. 130) et dans La philosophie africaine de<br />
la période pharaonique 2780-330 avant notre ère (p. 73), le texte fut publié sous l’ordre de Shabaka vers 720<br />
av. notre ère.<br />
                                                                                                                    10<br />
         Le texte de Shabaka a également ému la sympathie de l’africaniste afro-américain George G. M.<br />
James, l’auteur de la Stolen Legacy (que nous traduisons par Le Legs Ravi). Il constitue pour celui-ci une<br />
référence de prédilection. Parlant de l’influence qu’a exercé le texte de Shabaka sur la pensée occidentale, cet<br />
auteur a indexé la pensée hermétique des III° et II° siècle avant Jésus-Christ, pensée qui a su insu ffler au<br />
christianisme naissant toute son inspiration, en remarquant que la « Théologie Memphite », sans conteste, a<br />
énormément inspiré la pensée et les mystères égyptiens à la pensée hermétique. Selon lui, les idées<br />
philosophiques de base concernant la métaphysique, l'ontologie et l'axiologie (la théorie des valeurs et des<br />
normes) furent ravies à la théologie Kemetique; elles incluent les notions présocratiques ramenant les<br />
principes originaires de l'Univers à l'eau, à l'illimitée, ou à l'air; et le concept des élémentaux, les constituantes<br />
élémentaires de l'Univers: terre, eau, feu et air, sont au nombre des principes philosophiques cosmogoniques<br />
extorqués du Kemet. Il en est de même des notions philosophiques de la pensée traditionnelle grecque telles<br />
que celles de "démiurge", de "premier moteur", et de l'"immortalité de l'âme".<br />
         Le texte de Shabaka fit couler beaucoup d'encre, mais avec des interprétations aussi saugrenues les<br />
unes que les autres comme Obenga nous le laisse entendre dans L’Afrique dans l’antiquité. Afrique<br />
pharaonique – Afrique noire (p. 130). On peut y trouver ses commentaires sur les interprétations en question.<br />
Pour notre part, nous aimerions très brièvement dire quelques mots sur son contenu, en particulier sur sa<br />
cosmogonie, en le mettant en rapport avec deux autres textes, celui d’Akhénaton et un texte anonyme sur<br />
papyrus datant du IV° siècle av. Notre ère. Ces textes sont longs et nous n’en commenterons que quelques<br />
lignes.<br />
         Le texte de Shabaka se réfère à Ptah, &amp;lt;&amp;lt;Grand et puissant&amp;gt;&amp;gt;, créant l'Univers et ses autres créatures<br />
par le coeur et la langue, nous dirions ici l'intelligence du coeur (la « raison raisonnable ») et le « Logos », le<br />
Verbe. Ces principes constituent en même temps autant de modes de l’exister de Ptah. Ptah, créateur de tous<br />
les dieux, &amp;lt;&amp;lt;vient à l'existence au moyen de la langue (une pensée) en tant que forme d'Atoum&amp;gt;&amp;gt; (p. 68 de La<br />
philosophie africaine de la période pharaonique 2780-330 avant notre ère). A part les notions de coeur et de<br />
langue dans ce passage, qui nous rappellent les principes de la cognition selon l’école stoïcienne, une chose à<br />
retenir demeure la conception d’un Dieu unique &amp;lt;&amp;lt;créateur de toutes les autres créatures&amp;gt;&amp;gt;, une conception<br />
qui se retrouvera chez celui qui sera reconnu dans l’histoire de la religion monothéiste comme son tout<br />
premier initiateur, Akhénaton, qui vécut durant la XVIII° dynastie.<br />
         D’un coup d'oeil furtif au second chapitre « Cosmologie et Cosmogenèse » de l'ouvrage d'Obenga<br />
intitulé La philosophie africaine de la période pharaonique, nous verrons apparaître, à part le texte de<br />
Shabaka, au moins deux autres textes dont celui d'Akhénaton (nous situons ici la rédaction de ce texte entre<br />
1660 et 1650), le papyrus de l'autre texte datant du IV° siècle avant J.-C., -- le texte fut probablement rédigé<br />
des centaines d'années avant, selon les dires d'Obenga. Tous ces trois textes cosmogénétiques décrivent, en<br />
partant d'un premier principe, la création de tout l'Univers et de toutes les créatures petites et grandes, animées<br />
et inanimées. S’ils sont identiques, dans l'ordre de la nature et de l'action des principes, des différences<br />
fondamentales subsistent entre eux, même si, mystiques et officiellement monothéistes qu’ils sont, on les<br />
considère tous comme inspirés par le même souffle de religiosité.<br />
         DE &amp;lt;&amp;lt;PTAH&amp;gt;&amp;gt; AU DIEU UNIQUE<br />
         Comme précédemment noté, le texte de Shabaka se réfère à Ptah, « Grand et puissant », créant<br />
l'Univers et ses autres créatures par le coeur et la langue, l'intelligence du coeur (la « raison raisonnable »), et<br />
le « Logos », le Verbe, qui constituent en même temps autant de modes de son exister. Ptah, créateur de tous<br />
les dieux, « vient à l'existence au moyen de la langue (une pensée) en tant que forme d'Atoum ». Quant au<br />
manuscrit du IV° siècle, il se réfère à un « Seigneur de l'Univers », « antérieur aux Dieux Antérieurs », (Le<br />
texte dit: « j'étais antérieur aux Dieux Antérieurs que je fis »), un « kheper-djes.ef », c’est-à-dire « celui qui<br />
vint à l'existence de lui-même », et qui, d'après Obenga, devrait être identifié à « Râ », le « dieu-soleil » (La<br />
philosophie africaine de la période pharaonique, p. 87). Finalement, le texte d'Akhénaton est, en lui-même,<br />
une référence laudative au Grand Dieu-Soleil, Aton-Râ, principe causatif de l'Univers : « L'univers est venu à<br />
l'existence sur ta main, comme tu l'as créé »; principe-souffle vivifiant des choses : « Tu donnes le souffle<br />
pour vivifier chacune de tes créatures » (p. 85); Dieu unique et omnipotent, « Ô Dieu unique qui n'a point un<br />
autre au-dessus de lui » (p. 85).<br />
                                                                                                                   11<br />
         Nous voyons qu’il s’agit là de trois cosmologies qui, toutes, célébrent un Dieu unique et supérieur à<br />
tous les autres. Mais, et c'est le point le plus frappant aussi bien que la révélation à laquelle l'on s'attendrait le<br />
moins, la cosmologie d'Akhénaton, ce pharaon mystique, tenu pour hérétique par les idolâtres ou, mieux, les<br />
polythéistes de la religion populaire et profane de son époque, ce Pharaon qui opéra la toute première grande<br />
révolution religieuse de l'humanité, en institutionnalisant et en proclamant religion populaire et officielle le<br />
monothéisme et le culte du Grand Disque Solaire, Aton (nous sommes tentés des fois de faire le<br />
rapprochement Aton-Adonaï), ce Pharaon donc attribue au Soleil, à une des créatures de l'Univers le statut de<br />
Dieu. Notons, en passant, qu’il est reconnu, de nos jours, que ce texte fut pour le psaume 104 de la Bible des<br />
Chrétiens sa première source d’inspiration.<br />
         Qu'est-ce donc qui fait la différence fondamentale entre ces trois cosmogonies égyptiennes, surtout si<br />
l'on sait que les Egyptiens sont monothéistes malgré la pléthore de divinités qui peuplent leur panthéon et les<br />
diverses conceptions qui leur sont attachées.<br />
         Premièrement, on nous reconnaîtra d'avoir relevé le fait que l'utilisation de principes identiques ne<br />
signifie pas encore conception identique de ces mêmes principes. Cette remarque, d'ordre épistémologique,<br />
nous introduit au second point. Deuxièmement, c’est une question qui se pose au sujet des principes causatifs,<br />
car il est un fait apparent, et fréquent dans les religions, puisqu'il est la source d'atrocités confessionnelles de<br />
tout genre. S'agit-il de principes à vénérer, à adorer ou tout simplement de symboles naturels, et donc<br />
symboles visibles de ces principes spirituels, des représentations matérielles donc des entités du monde<br />
immatériel, spirituel ? L'exemple de la cosmogonie d'Akhénaton et du papyrus du IV° siècle peuvent nous<br />
servir d'indices, qui se référent tous deux à Râ, Dieu-Soleil, si, d’une part, nous tenons compte de la remarque<br />
d’Obenga au sujet du principe énoncé dans le texte du manuscrit du IV° siècle «Seigneur de l’Univers »,<br />
« celui qui vint à l’existence par lui-même », le « kheper-djes ef », et si, d’autre part, nous retenons le principe<br />
du texte de la « Théologie Memphite », « Ptah », entendu que Ptah est le Grand Dieu Créateur de toutes<br />
choses, d’où le nom ancien de l’Egypte HEKAPTAH, signifiant : &amp;lt;&amp;lt;LAND OF THE TEMPLE OF PTAH&amp;gt;&amp;gt;,<br />
&amp;lt;&amp;lt;PAYS DU TEMPLE DE PTAH&amp;gt;&amp;gt;<br />
         Etant des textes mystiques, ésotériques, réservées à des cercles d'initiés, dépositaires des sciences,<br />
cercles où le prédicament scientifique de base par excellence, que nous transcrivons ici par la thèse « Tout<br />
effet est effet d'une cause, elle-même, effet de nulle autre cause », le principe causatif de l'Univers ne saurait<br />
nullement être le Soleil, puisqu'il est lui-même créature, puisque, même Omniprésent, Omnipotent, il ne l’est<br />
de toute vraisemblance, et Omniscient, il ne l’est nullement. En d’autres termes, un égyptien peut très bien<br />
considérer « RÂ » comme le Dieu Omnipotent, Omniprésent, Omniscient à adorer, comme il en fut chez les<br />
Romains, mais un autre, tel Akhénaton, s’abstiendra de le faire. D'où il ressort, comme de source<br />
traditionnelle, notamment rosicrucienne, que pour Akhénaton, le référent du &amp;lt;&amp;lt;concept d'Aton&amp;gt;&amp;gt;, concept du<br />
&amp;lt;&amp;lt;Dieu Unique et Universel&amp;gt;&amp;gt; (L’héritage spirituel de l’ancienne Egypte, p. 199), le Soleil, n'est pas objet<br />
d'adoration, de vénération, mais de respect, en tant qu'il est la plus grande manifestation visible de Dieu.<br />
Autrement, Akhénaton n’aurait pas été persécuté par les adorateurs de multiples dieux, les prêtres d’Amon<br />
pour qui le Soleil fut du nombre des dieux.<br />
         AKHENATON ET LE DIEU SOLEIL<br />
         C'est fort de la véracité de cette représentation, de l’adoration du Soleil -- à titre purement esthétique,<br />
on adore aussi une radieuse femme ou un splendide paysage ! -- par Akhénaton, que Christian Larré nie,<br />
contrairement à la conception dominante, &amp;lt;&amp;lt;qu'Akhénaton adorait le soleil qu'il avait élevé au statut de Dieu<br />
Unique et Universel en remplacement de tout le panthéon traditionnel égyptien.&amp;gt;&amp;gt; Selon lui, cette<br />
interprétation témoigne d’&amp;lt;&amp;lt;une vision un peu simpliste&amp;gt;&amp;gt;, car &amp;lt;&amp;lt;Akhénaton ne vénère certainement pas<br />
Aton en tant que disque solaire matériel. Ce qu'il adore, c'est l'énergie irradiante et intangible qui est dans le<br />
disque.&amp;gt;&amp;gt;, une &amp;lt;&amp;lt;énergie&amp;gt;&amp;gt; à &amp;lt;&amp;lt;double polarité&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;d'une part Chou, la lumière et la chaleur, et d'autre part<br />
Mâât, la Conscience Universelle, attribut de l'Âme Universelle.&amp;gt;&amp;gt; Ces &amp;lt;&amp;lt;deux polarités&amp;gt;&amp;gt; se retrouvent<br />
&amp;lt;&amp;lt;dans la conception rosicrucienne sous le nom d'&amp;lt;&amp;lt;Esprit&amp;gt;&amp;gt; et de &amp;lt;&amp;lt;Force Vitale&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;. Lorsqu’Akhénaton,<br />
dans le &amp;lt;&amp;lt;Grand Hymne&amp;gt;&amp;gt;, qualifie Aton de &amp;lt;&amp;lt;Père-Mère&amp;gt;&amp;gt; de l'humanité, ce n’est pour lui qu’&amp;lt;&amp;lt;une<br />
manière allégorique de décrire la double nature positive et négative du Dieu Suprême symbolisé par le disque<br />
Aton&amp;gt;&amp;gt;. (L’héritage spirituel de l’ancienne Egypte, p. 201)<br />
         Cette conception du Dieu Unique et Universel d'Akhénaton et du texte cosmogonique du IV° siècle --<br />
si l'on doit se référer au commentaire d'Obenga touchant l'attribut symbolique de Dieu comme &amp;lt;&amp;lt;dieu-soleil,<br />
                                                                                                                12<br />
Râ&amp;gt;&amp;gt; --, se retrouve effectivement au coeur de l'Ontologie de l'Ancienne et Mystique Ordre de la Rose-Croix.<br />
Cette conception donc se trouve exprimée, plus précisément, à travers les 1°, 2°, et 4° lois de l’Ontologie des<br />
Rose-Croix (p. 16). C’est une ontologie qui comprend exactement 12 lois principales dont le texte fut très<br />
récemment élaboré par Serge Toussaint. Ces lois, respectivement, s'énoncent, en résumé:<br />
    &amp;lt;&amp;lt;1°) Dieu est l'intelligence qui a pensé, manifesté et animé la Création selon des lois immuables et<br />
    parfaites.<br />
    2°. Toute la Création est imprégnée d'une Ame Universelle qui évolue vers la perfection de sa propre<br />
    nature.<br />
    3° La matière doit son existence à une énergie vibratoire qui se propage dans tout l'univers et dont<br />
    chaque atome est imprégné.&amp;gt;&amp;gt;<br />
         Par où l'on voit que les sages de l'Antiquité KMT (Kemet), philosophes et scientifiques qu'ils furent<br />
aussi, n’auraient jamais pu se permettre de priver leur doctrine des fondements divins, conformes aux<br />
prédicaments scientifiques les plus originaires, s'abstenant ainsi de confondre créatures et Créateur, effets et<br />
causes, aussi bien que causes particulières et Cause Initiale, Suprême. Ce qui fait dire à cet initié des mystères<br />
égyptiens, le néoplatonicien Plutarque, tel qu’on peut le trouver rapporté dans L’Héritage spirituel de<br />
l’ancienne Egypte (p. 204): &amp;lt;&amp;lt;les plus estimés d'entre les sages&amp;gt;&amp;gt; remarquent toujours &amp;lt;&amp;lt;dans les objets<br />
inanimés et dans les choses inorganiques quelques mystérieux rapports avec la Divinité&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;quelques<br />
analogies avec l'Être Divin&amp;gt;&amp;gt;. Ils ne les adorent cependant pas, au contraire, ces êtres sont pour eux &amp;lt;&amp;lt;une<br />
occasion d'adorer le Divin&amp;gt;&amp;gt;; &amp;lt;&amp;lt;à bon droit&amp;gt;&amp;gt; les regardent-ils donc &amp;lt;&amp;lt;comme les plus clairs miroirs de la<br />
Divinité qu'engendre la nature, comme les instruments et les oeuvres d'art de ce Dieu qui ne cesse point d'agir<br />
et d'ordonner toutes choses...&amp;gt;&amp;gt;<br />
         Il est clair par conséquent qu’à moins d'une interprétation génétique objective et non-académicienne<br />
des doctrines authentiques de ces philosophes qui ont suivi leur formation initiatique dans les écoles de<br />
mystères de la Vallée du Nil, cette conception monothéiste, propagée par les écoles de mystères de l'Egypte<br />
antique, est à rechercher vainement dans les doctrines des philosophes présocratiques. Ce qui, nullement, n'est<br />
de leur faute, puisque leurs successeurs, historiographes et philosophes eurocentristes, ont daigné nous les<br />
présenter sous de tels dehors, privant ainsi leurs doctrines des assises spirituelles qui les sous-tendent, nous<br />
faisant miroiter ainsi le pseudo-miracle grecque. Parmi ces philosophes grecs, il en reste qui ont tout de même<br />
profondément tenus à gérer les principes monothéistes, spirituels et mystiques.<br />
         Plusieurs choses restent à dire sur les cosmologies égyptiennes inspiratrices de celles des philosophes<br />
de la Grèce. Mais, ce que nous venons d'établir surtout sur le plan de l'histoire de la Philosophie depuis<br />
l’amorce de cette recherche suffit pour convaincre de la justesse de nos vues et de celles des africanistes, nos<br />
inspirateurs. Revenons maintenant aux témoignages des chercheurs sur le texte de Shabaka.<br />
         DE QUELQUES GLOSES SUR LE TEXTES DE SHABAKA<br />
         Il a fallu, dit-on, attendre les recherches du savant égyptologue de Chicago, James Henry Breasted<br />
(1865-1935) avec son ouvrage « The Philosophy of a Memphite Priest » (« La philosophie d’un prêtre<br />
memphite »), publié dans le Zeitschrift für Aegyptische Sprache und Altertumskunde (Journal de la langue<br />
égyptienne et des antiquités, t. 39, 1901, p. 39-54), pour restituer au texte de Shabaka toute l'authenticité de<br />
ses fondements philologiques et de sa portée philosophique. D’autres chercheurs de haut rang ont célébré ce<br />
texte, tels 1) Alexander Piankoff avec son Le "Coeur" dans les textes égyptiens depuis l'Ancien jusqu'à la fin<br />
du Nouvel Empire, notamment le chapitre V, « Le Coeur dans les conceptions métaphysiques » (p. 94-95 à<br />
103); 2) Aram Frenkian avec son ouvrage intitulé L'Orient et les origines de l'idéalisme subjectif dans la<br />
pensée européenne, réparti en deux tomes, dont le premier porte le titre très criant de La doctrine théologique<br />
de Memphis (L'inscription du roi Shabaka) et une des parties La théologie de Memphis d'après l'Inscription<br />
du roi Shabaka aux pages 43-104), le texte étant pour lui le premier écrit de l’idéalisme subjectif et le<br />
&amp;lt;&amp;lt;joyau de la plus pure pensée égyptienne ((p. 45-46, l'italicisation est d'Obenga). Tous, sans exception ont<br />
attiré l’attention sur la profondeur philosophique, le degré d’abstraction inégalable, l’apport philosophique<br />
sans conteste de ce texte à la constitution de la philosophie grecque, en particulier les notions philosophiques<br />
telles νουσ , λογοσ et πνευμα (nous, logos et pneuma), et à celle du christianisme, notamment la doctrine de<br />
la Trinité. Comble d’objectivité scientitique de leur part, ils ont reconnu la « négrité » de sa provenance. En<br />
tout cas, ce n’est pas un texte marqué par l’aryanisme ni l’hellénisme, ce qui, d’après leurs rapports, est<br />
                                                                                                                 13<br />
d’ailleurs confirmé par les Grecs eux-mêmes. Et pourtant, aux dires de Piankoff, &amp;lt;&amp;lt;le monument le plus<br />
ancien d'un système théologique où l'esprit joue le rôle principal&amp;gt;&amp;gt; (Obenga, L’Afrique dans l’Antiquité, p.<br />
131 et ss. Voir l'ouvrage de Breasted, dans le Journal., p. 54).<br />
         Le séjour des savants et philosophes Grecs dans la Vallée du Nil, fait historique, n’est donc plus à<br />
dissimuler aujourd’hui. Très intéressant sur ce point se révèle le chapitre III, Les Anciens Egyptiens,<br />
Educateurs des Grecs de l’ouvrage d’Obenga. Notre auteur y rapporta la pensée de Champollion-le-Jeune,<br />
fondateur de l'égyptologie, telle qu’elle apparaît dans les pages introductrices (p. xxii-xxiii) de l’ouvrage de ce<br />
dernier intitulé Grammaire égyptienne (Paris, 1832). Décrivant le rôle éducateur de l'Egypte, le jeune<br />
Champollion déclara: &amp;lt;&amp;lt;L'interprétation des monuments de l'Egypte mettra encore mieux en évidence<br />
l'origine égyptienne des sciences et des principales doctrines philosophiques de la Grèce ; l'école<br />
platonicienne n'est que l'égyptianisme, sorti des sanctuaires de Saïs; et la vieille secte pythagoricienne<br />
propagea des théories psychologiques qui sont développées dans les peintures et dans les légendes sacrées des<br />
tombeaux des rois de Thèbes, au fond de la vallée déserte de Biban-el-Molouk (Les passages en italiques sont<br />
d’Obenga, L'Afrique dans l'Antiquité, p. 174).<br />
         LES TEMOIGNAGES DES CLASSIQUES GRECS ET LATINS<br />
         Pour les experts et étudiants académiciens, très intéressants, à plus d'un titre, paraissent les<br />
témoignages des classiques Grecs et Latins. En voici des exemples : Diodore de Sicile (Bibliothèque<br />
historique, I, p. 96) -- pour qui le voyage des plus illustres des Grecs dans la &amp;lt;&amp;lt;Vallée&amp;gt;&amp;gt; n'avait pour d’autre<br />
but que d'&amp;lt;&amp;lt;aller s'instruire auprès des autorités intellectuelles de l'Egypte antique&amp;gt;&amp;gt; (L’Afrique dans<br />
l’Antiquité., p. 177) --, nous met en face de Licurgue le législateur de Sparte, de Solon le législateur<br />
d'Athènes, de Platon notre héros grec -- le silence qui fait de son cas un mystère paraît surprendre --, de Bias,<br />
Sage parmi les Sept Sages de la Grèce antique (vers 570 avant notre ère), s’entretenant avec le Pharaon<br />
Amasis (580-526) – rapport de Plutarque (vers 50-vers 150 de notre ère) --, et, pour être bref, de Plutarque<br />
lui-même, initié grec, siégeant au sein du Collège des prêtres de Delphes en Phocide (De Auditione., I, 2, 8).<br />
         Cléobule, également l'un des Sept Sages, selon le témoignage de Diogène Laërce, apprit à philosopher<br />
à l'ombre bienfaisante, car inspirante, des temples égyptiens. C’est ainsi que nous le rapporte Obenga<br />
(L’Afrique dans l’Antiquité, p. 178) d’après l’ouvrage au long titre de Diogène Laërce intitulé Les Vies des<br />
plus illustres philosophes de l'Antiquité, avec leurs dogmes, leurs systèmes, leur morale, et leurs sentences les<br />
plus remarquables (p. 61). Cet ouvrage traduit du Grec à partir de celui de Diogène semble avoir un contenu<br />
assez intéressant puisque l’auteur y a joint en plus d’une biographie de Diogène lui-même, celles d'Epictète,<br />
de Confucius et leur morale aussi bien qu’un abrégé historique de la vie des femmes philosophes de<br />
l'Antiquité<br />
         Les ouvrages de deux autres grands savants modernes, en la personne de S. Mayassis, Le Livre des<br />
Morts de l'Egypte ancienne est un livre d'initiation. Matériaux pour servir à l'étude de la philosophie<br />
égyptienne (notamment p. 39-50) et de l'astronome de l'Observatoire de Meudon, E.-M. Antoniadi,<br />
L'Astronomie égyptienne depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin de l'époque alexandrine, ont apporté<br />
leur contribution à la connaissance de l'histoire intellectuelle de la Grèce antique via la civilisation<br />
intellectuelle et spirituelle de l'Egypte antique. La Philosophie, selon eux, fut l’apanage des prêtres<br />
d'Héliopolis, de Memphis et de Thèbes.<br />
         Trois autres témoignages sur le legs du patrimoine culturel de l'Egypte antique aux grands savants<br />
Grecs nous proviennent des rencontres personnelles de Diodore de Sicile (Bibliothèque historique, I, 96) d’un<br />
côté et de Strabon de l’autre avec les prêtres Egyptiens. Ils nous apprennent que les prêtres Egyptiens leur<br />
faisaient voir, à eux et à tous les autres enquêteurs, &amp;lt;&amp;lt;la maison et les chambres où avaient habité Platon et<br />
Eudoxe, à Héliopolis; des portraits, des lieux ou des ouvrages auxquels on avait donné le nom de l'un ou<br />
l'autre de ces étudiants Grecs: Licurgue, Platon., Eudoxe, etc.&amp;gt;&amp;gt;. Selon ce que rapporte Strabon dans sa<br />
Géographie (XVII, 29), Platon fréquenta les prêtres d’Héliopolis 13 ans durant. Pour en savoir plus sur<br />
Strabon lui-même, puisque c’est aussi un grand savant qui a consacré sa vie à la pensée de l’Egypte, lire par<br />
exemple L’Examen de la Géographie de Strabon de Marcel Dubois, ouvrage couronné par l'Académie des<br />
Inscriptions et Belles-Lettres. Et, à la page 197 de L’Afrique dans l’Antiquité, Obenga, par les lignes de la Vie<br />
de Platon d’Olympiodore nous apprend que ces prêtres enseignèrent leur science à Platon, &amp;lt;&amp;lt;entendant par<br />
science, les traités, sur papyrus, de philosophie, de médecine, d'astronomie, de mathématiques, de religion&amp;gt;&amp;gt;.<br />
                                                                                                                14<br />
         PLATON EN AFRIQUE<br />
         Les témoignages qui peuvent le plus emporter l’adhésion des chercheurs proviennent des<br />
Néoplatoniciens plus proches de nous et dont les bibliothèques conservent encore les ouvrages. A en croire<br />
Mayassis, l’auteur du Livre des Morts de l'Egypte ancienne est un livre d'initiation, ( p. 43-47), qui prend<br />
Porphyre et Jamblique à témoin, les Néoplatoniciens tels Clément d'Alexandrie, Cyrille d'Alexandrie et<br />
Plutarque, eux-mêmes initiés à la mystique égyptienne, ayant pris connaissance du nombre et des noms de<br />
leurs prédécesseurs, rapportent, en indiquant exactement les noms des maîtres de Platon autant que ceux des<br />
camarades d'études de Platon: &amp;lt;&amp;lt;A Héliopolis, d’eux nous rapporte ainsi Mayassis, Platon eut pour maître<br />
Sechnoufis; à Memphis, le prophète Chnonouphis, son professeur de philosophie. Le savant de Memphis fut<br />
également le maître d'Eudoxe de Cnide, de Simmias, d'Ellopion, camarades d'étude de Platon.&amp;gt;&amp;gt;<br />
         Et par l’un de ces passages poétiquement évocateurs de son ouvrage Platon à Héliopolis d’Egypte (p.<br />
45), Roger Godel, tout en indexant le système éducatif de sa patrie, nous inculque une petite leçon d’histoire<br />
sur l’oeuvre platonicenne en ces termes: &amp;lt;&amp;lt;D'après ce qui précède, il faut reconnaître -- quitte à se débarrasser<br />
(avec peine) de certaines habitudes mentales inculquées et entretenues dans le cerveau par l'éducation -- que le<br />
philosophe athénien amassa beaucoup de savoir à Héliopolis (la ville de Rê), auprès de son maître égyptien<br />
Chnonouphis: &amp;lt;&amp;lt;Platon recueillit les derniers feux, au crépuscule d'Héliopolis. Leur éclat suffisait encore à<br />
l'éblouir. En ce lieu avait vécu une grande tradition spirituelle et politique [...] Le Soleil d'Héliopolis avait<br />
embrasé, inondé, fécondé la Terre entière.&amp;gt;&amp;gt;.<br />
         Il n’y a aucun doute, selon Roger Godel, que le maître des Grecs, Platon, eut dans sa famille une<br />
ambiance favorisant ce voyage de curiosité et d’instruction. Car, affirme-t-il, l'Athénien Platon, de mère affilié<br />
à Solon, bénéficia d'une ambiance familiale qui lui inspira son voyage dans la Vallée Sacrée du Nil, un fait<br />
jusqu'ici camouflé par les Académiciens: &amp;lt;&amp;lt;On parlait beaucoup parmi les Hellènes des mystères de l'Egypte,<br />
cette source fabuleusement antique de toutes les initiations. Dans la famille de Platon couraient des récits<br />
égyptiens, des mythes rapportés par d'illustres voyageurs.&amp;gt;&amp;gt;. En tout cas, le titre de son chef-d’oeuvre hurle<br />
assez fort pour qu’en dépit des autres témoignages sur ce point, le doute puisse encore subsister. Remarquons<br />
que même un classique comme Cicéron, dans sa République, témoigne du séjour de Platon dans cette ville de<br />
Râ. Le passage qui relate ce fait, le Livre I, p. 18-19 plus précisément, met aux prises Scipion l’Africain avec<br />
Tubéron et demeure centré sur le voyage d’instruction de Platon &amp;lt;&amp;lt;en Egypte&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;après la mort de<br />
Socrate&amp;gt;&amp;gt;, centré aussi sur sa fréquentation de l’école pythagoricienne en Italie et en Sicile.<br />
         Finalement, Alexandre Moret suivra les traces de Champollion-le-Jeune et les autres dépositaires de<br />
cette historiographie croisée de l’Egypte et de la Grèce en admettant, dans son Le Nil et la Civilisation<br />
égyptienne (Paris: Albin Michel, édit. revue et augmentée, 1937, p. 548-549), la véracité de l'initiation<br />
intellectuelle et spirituelle des Grecs auprès des prêtres Egyptiens, notamment à Hiéliopolis, au temps où la<br />
Grèce, encore hésitante dans son ascension vers le savoir et la sagesse, doutait, par scepticisme, de la<br />
possibilité de leur acquisition. En ces termes, il rapporta: &amp;lt;&amp;lt;Lorsque les rois saïtes ouvrent l'Egypte aux<br />
étrangers, les Grecs arrivent parmi les premiers [...] L'Egypte s'offrait à eux comme un conservatoire de la<br />
civilisation humaine, depuis les origines; elle était la mère des arts, des sciences, de la religion, des<br />
institutions&amp;gt;&amp;gt;, ceux-ci étant &amp;lt;&amp;lt;miraculeusement conservés depuis des temps immémoriaux&amp;gt;&amp;gt; dans leurs<br />
temples de mystères, en vue de &amp;lt;&amp;lt;l’instruction des sociétés &amp;lt;&amp;lt;modernes&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;.<br />
         LE DECLIN ET L'ECLIPSE<br />
         Oui ! à n’en plus douter, législateurs, philosophes et conquérants furent partie du cortège des étrangers<br />
grecs qui visitèrent l'Egypte en ces périodes encore brillantes et florissantes de la Vallée du Nil, malgré le<br />
déclin qui, inexorablement, s’annonçait. Car, l’Egypte, l’Ethiopie, ou, comme on l’appelle des fois, la Nubie<br />
tout entière, contrée de Noirs conquérants, laissait derrière elle une civilisation richissime mais<br />
malheureusement vieillissant, croupissant sous le poids des millénaires de durs labeurs.<br />
         Comme l’a péremptoirement crié, non par passion mais plutôt par engouement pour l’objectivité<br />
scientifique, Amélineau, précédé par un Volney et précédant lui-même un Roger Godel par exemple, pouvait<br />
encore écrire sans ambages au début de ce siècle, en 1916 : &amp;lt;&amp;lt;La civilisation égyptienne [...] est non pas<br />
d’origine asiatique, mais d’origine africaine, d’origine négroïde, quoique cette assertion puisse paraître<br />
paradoxale. On n'est pas habitué en effet à doter la race nègre ou les races voisines de trop d’intelligence,<br />
                                                                                                                      15<br />
d’assez d’intelligence même pour avoir pu faire les premières découvertes nécessaires à la civilisation, et<br />
cependant il n’y a pas une seule des tribus habitant l’intérieur de l’Afrique qui n’ait possédé et qui ne possède<br />
encore l’une quelconque de ces premières découvertes !&amp;gt;&amp;gt; (p. 330, vol. II de ses Prolégomènes à l’étude de la<br />
religion égyptienne).<br />
         Notre savant a parfaitement raison. Pour le prouver, il suffira de se rappeler cette pensée de Hume<br />
confirmée par Kant, qui n’a de sublimité que la stupidité, l’idiotie qui la caractérise et qui, en fait, sur le<br />
plan scientifique, historique, dénote une ignorance complète de l’histoire du peuple noir, d’autant plus que<br />
ni lui, ni Kant qui nous la rapporte, n’ont jamais voyagé dans ces contrées africaines – Kant n’a jamais<br />
quitté Königsberg, son petit village, dit-on ! --, l’inimaginable en outre, avant les périodes esclavagistes<br />
autour desquelles s’articule la pensée de ces philosophes: &amp;lt;&amp;lt;Les Nègres d'Afrique n'ont reçu de la nature<br />
aucun sentiment qui s'élève au-dessus de la niaiserie, rapporte Kant. M. Hume invite tout le monde à citer<br />
un seul exemple par lequel un Nègre aurait prouvé des talents, et il affirme ceci: parmi les centaines de<br />
millions de Noirs qui ont été chassés de leur pays vers d'autres régions, bien que beaucoup d'entre eux aient<br />
été mis en liberté, on n'en pourrait pas trouver un seul qui, soit en art ou en science, soit dans une autre<br />
discipline célèbre, ait produit quelque chose de grand. Parmi les Blancs, au contraire, il est constant que<br />
certains s'élèvent de la plus basse populace et acquièrent une certaine considération dans le monde, grâce à<br />
l'excellence de leurs dons supérieurs. Si essentielle est la différence entre ces deux races humaines ! et elle<br />
semble aussi grande quant aux facultés de l'esprit que selon la couleur de la peau..&amp;gt;&amp;gt;, Essai sur les<br />
maladies de la tête, suivi des Observations sur le sentiment du beau et du sublime (1764), traduction,<br />
présentation, bibliographie et chronologie par Monique David-Ménard, Paris: Gallimard, 1990, p. 166-167.<br />
         Pour Hegel (1830), le peuple noir est un peuple qui n’a d’ailleurs pas d’histoire. Les dons de l’esprit<br />
même semblent lui faire défaut, comme Montesquieu peut en témoigner : &amp;lt;&amp;lt;On ne peut se mettre dans l’esprit<br />
que Dieu qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir.&amp;gt;&amp;gt; (De<br />
l’Esprit des Lois, Paris : Garnier-Flammarion, 1979, Tome I, Livre XV, Chap. p. 393). C’est pour infirmer ces<br />
dernières thèses anthropologiques de nos philosophes et pour confirmer, sur preuves de documents<br />
scientifiques, la « négrité » du peuplement originaire de l’Egypte et de toute la Vallée Sacrée, creuset<br />
originaire de la Philsosophie et des sciences, que nous consacrerons le prochain et dernier chapitre de cette<br />
étude.<br />
                           LA NEGRITUDE DE L’EGYPTE ANTIQUE<br />
        Je me rapporte ici aux plus signifiants des résultats des recherches de feu le Dr Cheikh Anta Diop, tels<br />
qu'il les a résumés dans son article «Origine des anciens Egyptiens» inclus dans les Actes du Colloque de<br />
l'UNESCO en 1980 (Voir pp. 39-72, Histoire générale de l’Afrique, II, Afrique ancienne, Unesco, 1980). Les<br />
recherches du Docteur partent des conclusions des investigations du Docteur Leakey, archéologue de renom,<br />
qui fut à l’origine de la découverte de l’homme du zinjanthrope, des représentations populaires ethniques de<br />
W. M. F. Pétrie, l’auteur de The Making of Egypt, Londres: Sheldon Press, New York, Macmillan, 1939, p.<br />
69), des témoignages des auteurs classiques Grecs, Romains, et ceux des Egyptiens eux-mêmes, s’étendent<br />
jusqu'à la grammaire de la langue égyptienne – le nom du pays, les noms des divinités du panthéon égyptien<br />
--, en passant par ses preuves scientifiques personnelles par Carbone 14 et par le dosage de la mélanine (Voir<br />
La pigmentation des anciens Egyptiens, tests par la mélanine, B. I. F. A. N., 1977, et p. 48 de son article<br />
publié par l’Unesco). Il a évité d’aller mesurer les dimensions des fesses (Petrie), des lèvres, des nez et la<br />
forme des crânes (Miss Fawcett, Thomson et Randall MacIver, Kieth et de Falkenburger, Elliott Smith etc.).<br />
        LE SUD, ORIGINE PREMIERE<br />
        Nubie s’appelait en effet l’Egypte, l’Ethiopie et toute la Vallée du Nil. Entre autres preuves,<br />
Amélineau, l’une des références d’autorité du Dr Cheikh Anta Diop, celui-là qui a découvert le tombeau<br />
d’Osiris et la tête de l’ancêtre divinisé dans une jarre, au cours de ses très enrichissantes recherches et fouilles<br />
archéologiques menées à Abydos même sur La Religion égyptienne, Amélineau donc a pris soin de dépeindre<br />
l’ordre géographique des villes fortifiées bâtis dans la Vallée du Nil par les Pharaons Noirs, les Anou (vol. 1,<br />
p. 82 et ss, p. 126 et ss, 132 et ss, p. 165 et ss., p. 171 et ss, p. 183, p. 224 et ss, vol. 2, p. 124 et ss, p. 169, p.<br />
240 et ss, p. 256, p. 266 et ss, p. 278 et ss, p. 280 et ss, p. 330). Ses recherches ont porté sur la comparaison<br />
des coutumes, des textes, des monuments, des nécessités géographiques etc. Et il montre, avec toute la<br />
radicalité et l’honnêteté qui est le sien et qu’il n’a pas manqué d’avouer ouvertement, que les Egyptiens qui<br />
                                                                                                                    16<br />
ont conquis l’Egypte ne pouvaient venir que du &amp;lt;&amp;lt;Sud&amp;gt;&amp;gt;, la Nubie et de ce qu’il appelle &amp;lt;&amp;lt;la Haute<br />
Afrique&amp;gt;&amp;gt; c’est-à-dire l’intérieur même de l’Afrique, que ce soit l’Ouest, l’Est, ou le Centre. (vol, 1, p. 165).<br />
L’annonce de ses séries de dépositions sur les Anou, après les autres types de preuves qu’il a alléguées, ne<br />
saurait tromper : &amp;lt;&amp;lt;Une nouvelle ascension vers l’antiquité est donc nécessaire, dit-il. [...] Si nous faisons un<br />
nouveau pas vers l’Antiquité et vers le Sud nous nous trouvons précisément à l’époque de Ménès [Narmer],<br />
un peu après ou un peu avant, et dans ce centre de l’Afrique où j’ai déjà placé l’origine de la race égyptienne<br />
d’après les monuments de l’histoire.&amp;gt;&amp;gt;<br />
         A propos de ce peuple de Pharaons conquérants, les Anou, rappelons qu’un de leurs noms, qui<br />
constitue la désignation géographique de leur lieu de provenance, du Sud, les « An », ou ici, l’appellation qui<br />
nous intéresse, les « Ani », le nom de leur ancêtre commun, ce nom se rapproche curieusement de cette autre<br />
désignation géographique ou du point cardinal « Sud » par les Ewe (ethnie et langue parlée en Afrique de<br />
l’Ouest): « Anie-he » (les autres étant : le Nord, « Dzie-he », Dzi, signifiant le « Haut », l’Ouest, Ye-todo-fe,<br />
signifiant littéralement, « Lieu où se couche le soleil », l’Est, « Ye-dze-fe », littéralement, « Lieu où se lève le<br />
soleil). Rappelons également qu’aujourd’hui même, il existe encore tant au Togo, au Ghana qu’en Côte<br />
d’Ivoire, des peuples portant ce nom : les Agni.<br />
         Revenons maintenant à Amélineau. Les Egyptiens s’orientent toujours en se tournant vers le Sud, nous<br />
dit-il (vol. 1, p. 131 et ss) en guise de souvenir, de nostalgie, tout comme, pour s’orienter, les populations<br />
européennes se tournent vers le Levant, l’Orient d’où ils sont venus.<br />
         Amélineau nous rappelle l’indice conventionnel et coutumier de la primauté des ressortissants du Sud<br />
que sont les Anou sur ceux du Nord. Celui-ci consiste, lorsque les Egyptiens veulent mentionner les noms de<br />
leurs Rois, à toujours mentionner d’abord ceux des Rois du Sud avant ceux du Nord. Une simple manie si elle<br />
est coutumière, et avec quelle fréquence et systématicité durant des siècles ? Et &amp;lt;&amp;lt;quand ils parlent de<br />
l’Egypte entière réunie sous un seul roi, s’ils donnent un titre à ce roi, c’est celui [nous laissons ici le caractère<br />
hiéroglyphique qui se trouve dans son texte] qui est devenu le synonyme de notre titre de roi, titre qui au<br />
propre veut dire roi du Sud&amp;gt;&amp;gt;. Simple coïncidence ?<br />
         LES ANOUS DE NUBIE, FONDATEURS DE L'EGYPTE<br />
         D’autres dépositions d’Amélineau nous informent davantage sur les Anou. Ainsi, à la page 173 de son<br />
ouvrage (vol. 1), il rapporte, de par les Egyptiens eux-mêmes, qui avaient donné ce nom aux conquérants,<br />
premiers habitants de leur Vallée, que &amp;lt;&amp;lt;La population noire et rouge, qui peuplait jadis la Nubie à l’époque<br />
où les conquérants de race blanche vinrent se fixer dans la vallée du Nil, s’appelait si nous en croyons les<br />
Egyptiens qui leur ont donné ce nom, les Anou de Nubie.&amp;gt;&amp;gt; S’agissant de « conquérants de race blanche » il<br />
faut préciser que ce sont les « Eperviers blancs », un nom symbolique n’ayant rien à voir avec la notion de<br />
race proprement dite, puisqu’il sont Abyssiniens, Koushites ou tout simplement Ethiopiens. Le nom de ce<br />
peuple, poursuit-il après avoir évoqué la conquête dont ils ont fait l’objet de la part des « envahisseurs<br />
étrangers », s’écrit [nous laissons l’hyéroglyphe ici] Anou; on le détermine le plus souvent par un homme qui<br />
a les mains liées derrière le dos. On le rencontre en descendant le Nil, d’abord chez les Anou de Nubie [...] et<br />
chez les Anou d’Egypte, qui ne sont pas nommément désignés dans les textes égyptiens, mais dont on peut<br />
suivre la trace dans la vallée du Nil, après les villes qu’ils ont habitées et qui, selon la coutume africaine, était<br />
nommée par le nom de leurs habitants et du chef de leurs habitants. &amp;gt;&amp;gt;<br />
         Notons pour conclure au sujet des recherches d’Amélineau que le peuple Anou a habité originairement<br />
&amp;lt;&amp;lt;l’Egypte proprement dite et surtout la Basse Egypte&amp;gt;&amp;gt;, jusque dans la péninsule sinaïtique&amp;gt;&amp;gt;. En Egypte<br />
même, leurs villes, &amp;lt;&amp;lt; par ordre géographique, sont d’abord la ville d’Esneh [...], puis la ville de On du Sud,<br />
aujourd’hui Hermonthis, mais primitivement [...] la ville de Denderah; une ville appelée On du nom de Tinis<br />
[...] et enfin la ville nommée On du Nord, la plus célèbre et la plus populeuse, celle qui est aujourd’hui<br />
connue sous le nom d’Héliopolis [...] Ces Anou ainsi établis le long du Nil avaient un ancêtre commun que<br />
l’on appelle Ani ou An dont le nom est déterminé par le bois [...] nom fort connu des égyptologues et qui dès<br />
les plus anciens textes du Livre des morts est donné au Dieu Osiris.&amp;gt;&amp;gt; L’écriture hiétroglyphique dans le texte<br />
d’Amélineau, montre de part en part l’identité du peuple qui a habité toutes ces villes.<br />
         Noir était donc le Pharaon Shabaka, et noirs les Pharaons Anu (IV° millénaire av. notre ère), premiers<br />
maîtres du temple d’Abydos. Leur nom, selon Pétrie, se rencontrent également au Sinaï et en Lybie. Voir le<br />
rapport des recherches de Pétrie par Diop (op. cit., p. 45 et p. 47. Il s’agit: 1) du Pharaon Narmer (ou Ménès), I<br />
                                                                                                                  17<br />
° dynastie, fondateur de la lignée des Pharaons; 2) du Pharaon Djeser, III° dynastie, celui avec qui prit fin la<br />
mise en place de tous les éléments technologiques de la civilisation égyptienne; 3) de Chéops, le constructeur<br />
même de la pyramide, type camerounais (Voir Diop, op. cit., illustration, p. 56); 4) de Mentouhotep, le<br />
fondateur de la XI° dynastie (teint noir foncé); 5) de Sésostris I°; 6) de la reine Ahmosis Nefertari; et 7)<br />
d’Aménophis I°.<br />
          Ils n’étaient point Aryens, les prêtres Sechnoufis et Chnonouphis, les instructeurs de Platon et<br />
d’Eudoxe. Reflet de leur appartenance raciale et de leur origine égyptienne, la noirceur des Colombes<br />
initiatrices de l’Oracle de Dodone en Epire. (Hérodote, Histoire, p. 57 texte établi et traduit par Ph. E Legrand,<br />
3° éd. revue et corr. 1948-1961, 10 vols). Cette information se trouve également dans L’héritage spirituel de<br />
l’ancienne égyptienne, p. 144 où se précise la symbolique et l’identité raciale des colombes initiatrices dont<br />
parle l’Oracle de Dodone. Effet de la calcination, la noirceur de la peau des Egyptiens : observation<br />
d’Hérodote (Hérodote, Histoire, livres I à 9, idem, 22; Diop, op. cit., p. 51) aux prises avec Anaxagore<br />
(Senèque, Questions naturelles, Livre IV, 17). Conséquence de leur extrême noirceur, la couardise des<br />
Ethiopiens et des Egyptiens : constat scientifique d’Aristote dans sa Physiognomie, 6 – quelle inattendue<br />
naïveté, s’exclama Anta Diop (op. cit., p. 36)!<br />
          LES DIEUX, LES PRETRES ET LES PHARAONS<br />
          &amp;lt;&amp;lt;Noir&amp;gt;&amp;gt; était le &amp;lt;&amp;lt;Faucon&amp;gt;&amp;gt; Egyptos, Dieu des Egyptiens, celui qui, aux dires d’Appolodore,<br />
Philosophe grec (I° siècle avant notre ère), subjugua &amp;lt;&amp;lt;le pays des pieds noirs&amp;gt;&amp;gt; (Livre II, &amp;lt;&amp;lt;La famille<br />
d'Inacus&amp;gt;&amp;gt;, paragraphes 3 et 4; Diop, op. cit., p. 52) -- une double précision ! Noir, l’équipage des<br />
&amp;lt;&amp;lt;Egyptiades&amp;gt;&amp;gt; décrit par le poète grec Eschyle (525? à 456 avant Jésus Christ) dans ses Suppliantes (vers<br />
719 à 720, vers 745), ceux-là qu’il perçut, ramant au loin et dont les &amp;lt;&amp;lt;membres noirs&amp;gt;&amp;gt; débordaient des<br />
&amp;lt;&amp;lt;tuniques blanches&amp;gt;&amp;gt; -- joli et frappant contraste ! Noir était donc aussi le fondateur de l'Ecole stoïcienne,<br />
Zénon de Cittium (333-326 av. J.-C.) – un silence académique absolu à ce propos ! --, celui qu’à cause de la<br />
stature et de la noirceur on surnomma &amp;lt;&amp;lt;Palmier d’Egypte&amp;gt;&amp;gt;(Diogène Laërce, Vie, doctrines et sentences des<br />
philosophes illustres, éd. Garnier-Flammarion, t. II, p. 49) ou &amp;lt;&amp;lt;branche de vigne égyptienne&amp;gt;&amp;gt; – un rapport<br />
de son élève Chrysippe dans le I° livre des Proverbes (Obenga, L’Afrique dans l’antiquité, p. 178).<br />
          &amp;lt;&amp;lt;Noirs ou bruns&amp;gt;&amp;gt; étaient-ils également, ces &amp;lt;&amp;lt;hommes d’Egypte&amp;gt;&amp;gt;, ceux-là que décrit Ammien<br />
Marcellin, &amp;lt;&amp;lt;historien latin ami de l'empereur Julien&amp;gt;&amp;gt; (330 ? 400 de notre ère), neuf siècles après la mort<br />
d’Eschyle ou d’Hérodote (Ammien Marcellin, Livre XXII, par. 16 (23); Diop. P. 52) -- &amp;lt;&amp;lt;neuf siècles pendant<br />
lesquels les Egyptiens submergés par les [étrangers] leucodermes n'ont cessé de se métisser, précisa Anta<br />
Diop&amp;gt;&amp;gt; (Diop. op. cit., p. 55-56). Noirs aussi ou mulâtres, &amp;lt;&amp;lt;nez écrasé&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;lèvre grosse&amp;gt;&amp;gt;, ceux dont<br />
Volney célébra le profond génie (Voyage en Syrie et en Egypte, par M. C. F. Volney, Paris: 1787, Tome I, p.<br />
74-77) &amp;lt;&amp;lt;en pleine période d'esclavage nègre&amp;gt;&amp;gt; (Diop, idem, p. 56) au XVIII° siècle – très proche de nous.<br />
Données des sens, et non de matériels sophistiqués des laboratoires de physique et de chimie, ni<br />
d'anthropologie physique, que toutes ces dépositions !<br />
          ZÉNON LE NOIR, FONDATEUR DU STOÏCISME<br />
          Revenons un peu en arrière et brossons un peu brièvement le personnage, important dans l’histoire de<br />
la philosophie occidentale, Zénon de Cittium. Zénon, disions-nous, fut le fondateur de la fameuse école très<br />
connue de philosophie, nommée stoïcisme ou encore l’école du Portique. Il fut surnommé, justement à cause<br />
de sa couleur de peau, « palmier d’Egypte » selon la traduction de Diogène Laërce ou, ce qui est plus<br />
intéressant pour nous, « branche de vigne égyptienne » pour sa filiforme aussi bien que pour la couleur noire<br />
sa peau, selon le rapport de son propre élève Chrysippe.<br />
          On dira peut-être que Chrysippe souffre d’une mortelle cécité pour avoir manqué de bien déterminer<br />
la couleur de peau de son maître. Ses sens peuvent-ils le tromper à ce point ? Je ne le crois pas. En tout cas, il<br />
est à remarquer que l’historiographie de la philosophie a complètement passé sous silence l’identité raciale de<br />
ce philosophe. Plus à dire, sans une lecture minutieuse des sources, il serait demeuré à jamais « philosophe<br />
grec » ou tout simplement originaire de la Phénicie. D’ailleurs, tous ceux qui sont plus ou moins rompus à<br />
l’histoire de l’Egypte et de la Phénicie, savent très bien qu’il y a eu, depuis l’antiquité, une interpénétration ou<br />
métissage de ces deux peuples, mieux, que la Phénicie elle-même fut une colonie égyptienne, pour ne rien dire<br />
de la colonisation de vastes territoires par le peuple égyptien depuis l’aube de l’histoire. Cependant, si<br />
                                                                                                                 18<br />
l’appellation, probablement affectueuse, de Chrysippe ne peut témoigner en faveur de l’idée de négrité de<br />
notre philosophe, je vous invite à penser ces quelques réflexions que je porte à la connaissance de ceux qui<br />
s’intéressent au sujet.<br />
          1) A première vue insignifiant, ce témoignage devrait représenter un indice des plus incontestables de<br />
l'identité originaire du peuple égyptien, pour peu que l'on veuille se pencher sérieusement sur ce petit détail.<br />
Car, tout chercheur honnête conviendra que si, à l'origine, l'Egypte était multiraciale, il n'y aurait aucune<br />
raison de choisir plus précisément le noir, la race noire, parmi tant d'autres, pures aussi bien qu'hybrides, pour<br />
qualifier la couleur de la peau de notre illustre philosophe.<br />
          2) Diogène Laërce n'est pas du tout un auteur relégué dans les ténèbres de la littérature philosophique.<br />
Ses deux volumes sont les plus exploités par nos maîtres et experts de philosophie qui, en tant qu'historiens<br />
aussi, portés qu'ils sont toujours à la détermination précise de l'origine autant que de l'identité des philosophes<br />
et penseurs de tout bord – biographie --, minutieux aussi qu'ils sont toujours sur les petits détails conduisant à<br />
bon terme leurs recherches sur de tels sujets, talentueux qu'ils demeurent finalement à démêler les faits et<br />
témoignages les plus noueux, ils ne pourraient en aucun cas prétendre que l'insigne en question, cette noirceur<br />
de peau, n'a eu aucun effet sur leur sens des détails et des profondeurs. En tout cas, ce détail, depuis des<br />
millénaires, non exploités, alors que l'on verse tant d'encre sur la question du peuplement de l’Egypte antique,<br />
m’interpelle sérieusement.<br />
          3) La tradition anthroposophique égyptienne a vraisemblablement influencé la partition de la<br />
philosophie zénonienne. Car, les tout premiers, ils avaient comparé la philosophie, entre autres, à un être<br />
vivant: les os et les nerfs, c'est la logique – idée d’ordonnance, d’harmonie; la chair, c'est la morale; l'âme,<br />
c'est la physique – importance attachée au corps, les momies, chez les Egyptiens. On dira de même de cette<br />
autre comparaison et division de la philosophie à l'oeuf: la coquille représentant la logique; le blanc la morale,<br />
et le jaune la physique – importance cosmogonétique de l’oeuf, chez les Egyptiens et rôle de principe<br />
vitalisant de Râ. D'où l'on peut lire les rapports entre l'une des importantes cosmogonies égyptiennes et la<br />
philosophie qui la sous-tend. Une troisième comparaison et divison à ne pas négliger, d'où l'on peut établir un<br />
rapport analogique entre la fertilité du limon qui fait de l'Egypte un don du Nil et la philosophie: la<br />
philosophie est comparée à une terre fertile dont la haie qui l'entoure symbolise la logique, les fruits qui en<br />
émanent, la morale, la terre et l'arbre, la physique – la vie soutenue et entretenue par le principe vitalisant<br />
qu’est ici le Nil (Diogène, op. cit., p. 64).<br />
         Ces réflexions, si elles ne portent pas à l’adhésion de la « négrité » de Zénon, du moins peuvent-elles<br />
indiquer sa provenance égyptienne.<br />
         QUELLE EST LA COULEUR DU CHARBON NOIR?<br />
          Que la noirceur de la peau d'un Nègre ne soit pas un critère suffisant pour le déclarer Noir ou que la<br />
blancheur de la peau d'un Blanc pour le qualifier tel ne le soit, on ne peut l'admettre, à moins de donner dans<br />
des délires scientifiques du genre &amp;lt;&amp;lt;Un Noir se distingue moins par la couleur de sa peau (car il y a des<br />
Blancs à peau noire), qu'à ses traits: lèvres épaisses, nez épaté, etc.&amp;gt;&amp;gt; C’est une référence qui est faite à un<br />
manuel de Géographie de la classe de 5° datant de 1950. Champollion-Figeac, le frère de Champollion-le-<br />
Jeune, en réplique à Volney, émettra la même pensée farfelue : &amp;lt;&amp;lt;La peau noire et les cheveux crépus, ces<br />
deux qualités physiques ne suffisent pas pour caractériser la race nègre.&amp;gt;&amp;gt; (Egypte ancienne, Paris: Didot,<br />
1839, p. 26-27). Oublie-t-on d’ailleurs que, dans une même famille africaine, subsistent, à côté de ces clichés<br />
phénotypiques du noir retenus par les scientifiques, ceux du blancs : lèvres fines et nez aquilin ? Du reste on a<br />
appris que le nez de Socrate est loin d’être aquilin, ce qui ne le rend pas noir. A la rigueur, ces thèses ne<br />
peuvent se laisser saisir que comme des métaphores apparentées à la thèse psychanalytique de comportement<br />
intersociétal telle celle de Fanon « Peau noire masques blancs ». A moins de s’empêtrer volontairement dans<br />
des &amp;lt;&amp;lt;complications scientifiques&amp;gt;&amp;gt; (Diop, op. cit., p. 60), on ne peut émettre de telles idées pour essayer, en<br />
vain, de mieux falsifier l’histoire ou les données du problème.<br />
          La liste des témoignages sur la négritude des anciens Egyptiens peut infiniment s’allonger, mais, ci-<br />
après, référons-nous simplement à ces représentations très parlantes des divinités de leur panthéon, des<br />
représentations effectuées par les Egyptiens eux-mêmes.<br />
                                                                                                                 19<br />
           A priori, l’identité raciale du peuple égyptien, entouré de peuples noirs, sur toute l’étendue du<br />
continent africain, ne devrait pas poser autant de problèmes. Car c’est un fait qui, comme pour Hérodote et<br />
Diodore de Sicile, devrait tomber sous le sens. A supposer d’ailleurs que la thèse d'un peuplement blanc<br />
dominant soit vraie, nous devons nous interroger sur le sens et l'intérêt, pour un peuple de race noble, de<br />
représenter des peuplades qu’il considère servantes, viles, damnées sous des traits de la noblesse royale – les<br />
cheveux tressés ou en nattes, par exemple – et, questionnant davantage, de peindre les divinités de son propre<br />
panthéon sous les traits chromotypiques de la race dite damnée. Et si, aujourd’hui, la science, l'épistémologie<br />
abstruse, a rendu inexistante toute correspondance entre langage et référents, du moins en ce qui nous occupe<br />
actuellement, chez nos hôtes Egyptiens, il n'en fut pas ainsi.<br />
          Comme chaque peuple se reconnaît dans et par une dénomination particulière de son identité primaire,<br />
la raciale, les Egyptiens possédèrent, eux-aussi, un terme approprié à la couleur de leur peau, terme dans et par<br />
lequel ils se reconnurent et se désignèrent: kmt, signifiant littéralement les Nègres. &amp;lt;&amp;lt;Cette découverte<br />
importante a été faite du côté africain par [l'Africain de la côte ouest atlantique] Sossou Nsougan qui devait<br />
rédiger&amp;gt;&amp;gt; une partie &amp;lt;&amp;lt;du chapitre I&amp;gt;&amp;gt; de notre article, nous renseigne Diop dans ses notes infrapaginales (p.<br />
59). L’étude de Sossou Nsougan se trouve dans Wörterbuch der ägyptischen Sprache, c’est-à-dire<br />
Dictionnaire de la langue égyptienne (fünfter Band, Berlin: 1971, pp. 122 et 127).<br />
          Dans l’antiquité judéo-égyptienne, plus précisément, dans la langue hébraïque, le terme &amp;lt;&amp;lt;Kam&amp;gt;&amp;gt;<br />
signifiait pourtant &amp;lt;&amp;lt;chaleur, noir, brûlé.&amp;gt;&amp;gt;(Diop, ibidem, op. cit., p. 59); celui de kmt, est &amp;lt;&amp;lt;le terme le plus<br />
fort qui existe en langue pharaonique pour indiquer la noirceur&amp;gt;&amp;gt;; &amp;lt;&amp;lt;il est de ce fait écrit avec un hiéroglyphe<br />
qui représente un bout de bois qui a charbonné et non des écailles de crocodiles&amp;gt;&amp;gt;. Désignant la couleur<br />
&amp;lt;&amp;lt;noir charbon dans la langue pharaonique&amp;gt;&amp;gt;, il est &amp;lt;&amp;lt;l’origine étymologique de kamit&amp;gt;&amp;gt;, et &amp;lt;&amp;lt;la racine<br />
biblique kam en dériverait.&amp;gt;&amp;gt; (Diop, idem, p. 59-60). Un autre terme : &amp;lt;&amp;lt;kmtjw -- les Nègres, les Noirs<br />
(littéralement): les Egyptiens par opposition aux autres peuples étrangers&amp;gt;&amp;gt; (Wörterbuch, op. cit., p. 128),<br />
&amp;lt;&amp;lt;dérive de la même racine km&amp;gt;&amp;gt;. Les Egyptiens l’utilisaient pour &amp;lt;&amp;lt;se désigner en tant que peuple et par<br />
opposition aux autres étrangers&amp;gt;&amp;gt; (Diop, ibidem).<br />
          DES DIEUX, NOIRS OU ROUGES<br />
          Contrairement à tous les autres peuples de la terre, les anciens Egyptiens auraient-ils été si aveugles et<br />
si ignares, qu’ils n’aient pu et su se distinguer des autres peuples par la couleur de leur peau ? Pouvaient-ils<br />
peindre leurs dieux autrement que par le trait phénotypique majeur qui les caractérise? Le Dieu des Israëlites,<br />
c'était le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et non le Dieu de Narmer, de Ramsès, de Sésostris,<br />
d'Akhenaton et de Nefertiti, ni non plus celui de la reine de Saba. C'était un Dieu Sémite, donc Blanc. Aussi, à<br />
la manière des ouvrages de catéchisme des catholiques qui représentaient Dieu, les Anges et les Saints en<br />
blancs et le diable en noir avec des cornes et une queue, les Egyptiens, avant eux, ont-ils su se reconnaître – et<br />
amener les autres peuples à les reconnaître -- dans et par la dénomination et la représentation des divinités de<br />
leur panthéon. Noirs les ont-ils nommés: &amp;lt;&amp;lt;[...] noir ou nègre est l'épithète divine qui qualifie invariablement<br />
les principaux dieux bienfaiteurs d'Egypte, tandis que les esprits maléfiques ont pour épithète de*srêt = rouge<br />
et nous savons que, dans l'esprit des Africains, ce terme désigne les nations blanches&amp;gt;&amp;gt; (Diop, op. cit., p. 61).<br />
          Prenons la peine de citer, à l’instar du Professeur Diop aidé du Dictionnaire de la langue égyptienne,<br />
les noms, tous à référentiel nègre, de ces divinités:<br />
&amp;lt;&amp;lt;1) km-wr: le grand noir; surnom d'Osiris d'Athribis [Wörterbuch, op. cit., p. 124];<br />
2) kmj: le noir, le nègre, titre d'Osiris [Wörterbuch, op. cit., p. 125];<br />
3) kmt: déesse, la noire [Wörterbuch, op. cit., p. 123];<br />
4) km: noir, appliqué à Hathor, Apis, Min, Thot [Wörterbuch, idem];<br />
5) set kemet: la femme noire, Isis[Wörterbuch, p. 492].<br />
          Remarque très importante ici: set-km = épouse noire en walaf, d’après Anta Diop.&amp;gt;&amp;gt;<br />
          Des divinités noires sur une liste blanchie par le reflet d’une histoire travestie par les scientifiques<br />
modernes! Evident que la démonstration de la « négrité » de l’Egyptien ne nous paraît nullement affaire de<br />
rêveries ni d’ingénieuses spéculations scientistes sans appui dans le réel, le vécu du peuple consigné, par ce<br />
peuple même, dans les monuments et documents qu’il a daigné laisser à la postérité, je me reporterai encore<br />
une fois à Amélineau, homme de terrain, pour confirmer les résultats de Diop et de Sossou Nsougan.<br />
                                                                                                                   20<br />
          Des dieux égyptiens, certains sont représentés &amp;lt;&amp;lt;avec un corps noir&amp;gt;&amp;gt;, signe que l’Egypte a été<br />
peuplée &amp;lt;&amp;lt;tout d’abord par une race noire&amp;gt;&amp;gt;, ainsi savamment nous instruit Amélineau (vol. 1, p. 171). Et ce<br />
ne sont guère &amp;lt;&amp;lt;des dieux médiocres en puissance&amp;gt;&amp;gt;, péremptoirement nous rassure-t-il, &amp;lt;&amp;lt;mais des grands<br />
dieux comme Amon et Osiris&amp;gt;&amp;gt;, sereinement confirme-t-il. Faisant, par esprit de scientificité, abstraction des<br />
coloris ou peintures coutumières et des tresses auxquels il s’était référé et qui, pour lui, ne constituent<br />
nullement des preuves solides de la « négrité » des habitants originaires de la Vallée, notre savant ajoute avec<br />
conviction: &amp;lt;&amp;lt;mais tout autre est le rôle de la coloration de la peau&amp;gt;&amp;gt;. Et il poursuit : &amp;lt;&amp;lt;On en trouve des<br />
exemples sur les colonnes et dans les salles voûtées du temple de Séti I° à Abydos.&amp;gt;&amp;gt;, ce qui signifie bien que<br />
Séti I ° est noir.<br />
          Témoignage d’une précision inédite d’homme de terrain, Amélineau révèle sa secrète expérience :&amp;lt;&amp;lt;<br />
De plus, pendant que je copiais les montants intérieurs des portes qui mènent de la première salle hypostyle à<br />
la seconde dans le même temple, j’ai pu observer que toutes les fois que l’artiste chargé de cette partie de la<br />
décoration avait eu à représenter l’image de la déesse Isis ou d’une déesse quelconque servant de déterminatif<br />
à la déesse Isis, il avait employé [tout naturellement, instinctivement, spontanément et mécaniquement] non le<br />
type blanc, mais le type milieu entre le type nègre et le type blanc, celui des Nubiens à peau foncée. J’avais<br />
été tellement frappé de ce fait répété souvent et tout à fait en contradiction avec le type ordinaire de la déesse<br />
Isis dans le temple d’Abydos [...] que j’en étais venu me demander, dès l’année 1896, s’il n’y avait pas en<br />
Egypte une tradition affirmant que la déesse Isis était de race noire. Cette tradition existe bien et je l’ai trouvée<br />
exprimée dans le temple de Dendérah.&amp;gt;&amp;gt; (p. 172)<br />
          Il ne me semble pas convenable d’en finir ici avec cette preuve. Beaucoup d’autres précisions<br />
d’importance capitale sur ces représentations du panthéon égyptien pullulent dans ces passages. Ainsi, &amp;lt;&amp;lt;il<br />
est dit, en effet, dans les inscriptions de ce temple, nous raconte Amélineau, que la déesse Isis y naquit sous<br />
la forme d’une femme noire et rouge&amp;gt;&amp;gt;. Une tradition à psychanalyser peut-être, mais je laisse cette tâche<br />
au savant soin des experts égyptologues et à mes néophytes lecteurs. Car d’elle, il nous vient ce qui suit :<br />
&amp;lt;&amp;lt;La ville de Dendérah est célèbre, stable, depuis la naissance d’Isis, que Râ forma en déesse noire et<br />
rouge.&amp;gt;&amp;gt;. Le noir et le rouge &amp;lt;&amp;lt;en proportions égales&amp;gt;&amp;gt; nous dit Amélineau, &amp;lt;&amp;lt;une couleur chocolat plus<br />
ou moins clair qui est la coloration propre de la peau des Nubiens&amp;gt;&amp;gt;. Et, conclut Amélineau, &amp;lt;&amp;lt;si elle<br />
[Isis] n’était pas une négresse proprement dite , [elle] était cependant d’une race voisine, par la coloration,<br />
de celle des nègres, ainsi que les divinités qui lui ont été assimilées dès les plus anciens temps, par exemple<br />
Hathor, dont la naissance eut lieu au même endroit que celle d’Isis, au dire des prêtres qui décorèrent le<br />
temple de Dendérah.&amp;gt;&amp;gt;<br />
          Oui, on ne le dira jamais assez, l’Egypte était nègre d’autant plus que &amp;lt;&amp;lt;la déesse Isis n’est<br />
[d’ailleurs] pas le seul être divin auquel on a donné l’épithète de noire&amp;gt;&amp;gt;. L’épithète noir, &amp;lt;&amp;lt;Min&amp;gt;&amp;gt;,<br />
&amp;lt;&amp;lt;l’un des dieux les plus anciens de l’Egypte&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;Min&amp;gt;&amp;gt;, le &amp;lt;&amp;lt;dieu de Coptos&amp;gt;&amp;gt; l’eut aussi en partage.<br />
&amp;lt;&amp;lt;Min est l’un des dieux représentés le corps et la figure noirs.&amp;gt;&amp;gt; (p. 173).<br />
          D’autres observations abondent dans le même sens que celles d’Amélineau, tout aussi provenant<br />
d’hommes de terrain tel Volney. Et c’est sur cette dernière observation, incontournable preuve une fois de<br />
plus, que je clôturerai cette partie de mon histoire.<br />
          Volney, cet homme de science de la trempe d’Amélineau va plus loin et plus directement que ce<br />
dernier, puisqu’après s’être prononcé sur les traits phénotypiques nègres et avoir retrouvé ses traits dans le<br />
Sphynx, il exhorte, non sans profonde indignation, ses contemporains, philosophes et hommes de science, à la<br />
méditation au sujet du travestissement macabrement infligé à l’histoire et à celui de l’avilissement de l’homme<br />
noir:<br />
              &amp;lt;&amp;lt;[...] en revenant à l'Egypte, rapporte-t-il, le fait qu'elle rend à l'histoire offre bien des<br />
    réflexions à la philosophie. Quel sujet de méditation, de voir la barbarie et l'ignorance actuelle des<br />
    Coptes issus de l'alliance du génie profond des Egyptiens et de l'esprit brillant des Grecs, de penser que<br />
    cette race d'hommes noirs, aujourd'hui notre esclave et l'objet de notre mépris, est celle-là même à qui<br />
    nous devons nos arts, nos sciences et jusqu'à l'usage de la parole, d'imaginer, enfin, que c'est au milieu<br />
    des peuples qui se disent les plus amis de la liberté, de l'humanité, que l'on a sanctionné le plus barbare<br />
    des esclavages et mis en problème si les hommes noirs ont une intelligence de l'espèce de celle des<br />
    hommes blancs !&amp;gt;&amp;gt; (Voyage en Syrie et en Egypte, par M. C. F. Volney, Paris: 1787, Tome I, p. 74-77).<br />
                                                                                                                    21<br />
          Par où l’on voit que la science occidentale des temps modernes a contribué, avec acharnement, à<br />
 soutenir la longue tradition esclavagiste, à appauvrir l’Afrique, à ternir l’image de son peuple, et, pour<br />
 camoufler cette entreprise inhumaine et ignoble sous le paravent de mission humanisatrice et civilisatrice, à<br />
 propager des théories qui, peut-être, perpétueront encore longtemps l’entreprise entamée dans le « psyche<br />
 « (πσψχη) des peuples.<br />
          L’ATLANTIDE : PURE LEGENDE ?<br />
          Remarquons que la plus grande des complications de l’histoire du peuplement de l’Egypte antique<br />
 vient de la thèse selon laquelle la supériorité intellectuelle et spirituelle de l’Egypte antique aurait été l’oeuvre<br />
 d’un peuple ancien très brillant, justement le peuple aryen, indo-européenne, de race caucasienne donc, qui<br />
 serait venu des contrées de l’Asie pour donner l’impulsion de grandeur dans la Vallée du Nil, là où habitaient<br />
 déjà des autochtones, primitifs, noirs : la problématique de l’Atlantide. J’ai délibérément omis de traiter ce<br />
 sujet, et pour cause, vu que cela constituerait à elle seule toute une thèse. Tout de même, au cours de ma<br />
 lecture de l'oeuvre récente de Christian Larré, j’ai pris soin de relever le complexe de problèmes qu'une telle<br />
 thèse soulève à bien des égards. (On peut également consulter, à ce propos, Leo Frobenius surtout qui a pris<br />
 soin de mettre en rapport la Mythologie de l’Atlantide --tel est d’ailleurs le titre de son ouvrage publié chez<br />
 Payot, 1949)</del> avec les peuples africains de la Côte Ouest Atlantique, notamment les Yorouba). Cependant,<br />
 puisque je parle philosophie, je renvoie mes lecteurs au Timée et au Critias de Platon, respectivement aux (20<br />
 d - 26 b) et (108 b - 120 c ), où l'histoire elle-même fut exposée par le vieux prêtre saïte, relatée à Socrate par<br />
 Critias, sous la plume de Platon et à partir de l'expérience vivante, historique de Solon, le législateur grec, en<br />
 Egypte. Platon y narre donc les entretiens de Solon avec le prêtre égyptien de Saïs. Je renvoie également à ces<br />
 passages de l’ouvrage de Christian Larré (L'héritage spirituel de l'ancienne Egypte, op. cit., p. 28-35,<br />
 notamment de la page 29 à 32).<br />
           Que ce peuple ait réellement habité l’Egypte et ait été à l’origine de la science égyptienne, le prêtre<br />
saïte n’en parle guère. Tout ce qui y est dit, c’est que les Grecs auraient vaincu un grand peuple de conquérants<br />
qui dominait toute l’Europe et l’Asie (Timée, (21 d-22 d) -- pas l’Afrique -- et qui occupait l’océan atlantique.<br />
Mais qu’entre les Grecs et les Egyptiens, les derniers aient eu le dessus dans tous les domaines de l’esprit et de<br />
l’intelligence, c’est ce qui ressort des passages du Timée et du Critias suivants : 1) &amp;lt;&amp;lt;Ah ! Solon, Solon, vous<br />
autres Grecs, vous êtes toujours des enfants, et il n'y a point de vieillards en Grèce.&amp;gt;&amp;gt; [...] &amp;lt;&amp;lt;Que veux-tu dire<br />
par là demande Solon. -- Vous êtes tous jeunes d'esprit, répondit le prêtre; car vous n'avez dans l'esprit aucune<br />
opinion ancienne fondée sur une vielle tradition, et aucune science blanchie par le temps; 2) &amp;lt;&amp;lt;Quant à la<br />
science, tu vois sans doute avec quel soin la loi s'en est occupée ici, dès le commencement, ainsi que de l'ordre<br />
du monde. Partant de cette étude des choses divines, elle a découvert tous les arts utiles à la vie humaine,<br />
jusqu'à la divination et à la médecine, qui veille à notre santé, et acquis toutes les connaissances qui s'y<br />
rattachent.&amp;gt;&amp;gt;, (idem, 23 e-25 a).<br />
          UNE ORIGINE ASIATIQUE DE LA CIVILISATION EGYPTIENNE ?<br />
          &amp;lt;&amp;lt;Pour que la civilisation égyptienne puisse être d’origine asiatique ou d’une origine extérieure<br />
quelconque, il est indispensable que l’on puisse démontrer l’existence antérieure d’un berceau de civilisation<br />
hors d’Egypte. Or, on ne saurait trop insister sur le fait que cette condition élémentaire -- et indispensable --<br />
n’a jamais été remplie.&amp;gt;&amp;gt; (Nations nègres et cultures, p. 156)<br />
          Ces remarques de Cheikh Anta Diop faites dans les années cinquante demeurent encore valables<br />
aujourd’hui car aucune preuve scientifique n’est jusqu’à l’heure actuelle venue les détruire. Des fouilles ont<br />
révélé -- encore une stratégie négrocide ? -- des traces d’humanité dans les contrées asiatiques, certes. Mais<br />
aucune n’a révélé de supériorité culturelle, intellectuelle et spirituelle plus grande que celle de l’Egypte sur le<br />
monde jusqu’à ce jour. Aucune n’a démontré scientifiquement que ces découvertes, avec les lieux communs de<br />
la supériorité telles que celles, culturelle, intellectuelle et spirituelle, attribués à l’Egypte antique datent d’une<br />
époque antérieure à la civilisation de l’Egypte antique. De même, aucune n’a encore, jusqu’à ce jour, témoigné<br />
sur de telles supériorités sur le peuple longtemps reconnu dépositaire des sciences et de leur mère commune, la<br />
philosophie : le peuple grec, si ce n’est l’Egypte. Preuve que dans tous les cas, le berceau de la civilisation et<br />
de ses éléments constructifs sont noirs, égyptienne.<br />
                                                                                                                    22<br />
          Cheikh Anta Diop, dans tous ces ouvrages, notamment dans Nations nègres et cultures, s’est employé<br />
à démontrer, mathématiquement dira-t-on, que toute science qui établira la thèse d’une origine asiatique de la<br />
civilisation égyptienne ne sera qu’une pseudo-science. Elle se détruira sous les masses de contre-preuves avant<br />
même de se constituer comme science.<br />
          LA POSITION OFFICIELLE OCCIDENTALE<br />
          Il serait intéressant, en fermant cette page historique, de montrer l’absurdité et la gravité de la position<br />
 officielle occidentale, celle des « maîtres académiques » sur la question de l’histoire africaine et de celle de<br />
 l’Egypte antique en particulier dans ses rapports avec la Grèce antique et l’Occident en général, notamment<br />
 dans le domaine de la formation scolaire; d’étayer les données qui en résulteront par des références dûment<br />
 datées. Mais cette entreprise requiert, je le crois, une investigation toute particulière, vu que le dominateur,<br />
 pour accomplir efficacement son programme, a usé d’approches que l’on qualifie souvent de diplomatiques,<br />
 en vue de mieux camoufler ses intentions profondes d’impérialiste et de colonisateur. Bref, c’est en vain que<br />
 l’on cherchera des documents transparents trahissant une telle position.<br />
          Il est clair cependant que la « négrité » de l’Egypte antique n’est plus aujourd’hui à discuter que chez<br />
 ceux, scientifiques académiciens, qui, comme le soutient Roger Godel, éprouvent une &amp;lt;&amp;lt;peine&amp;gt;&amp;gt; tripale à<br />
 procéder à la nécessaire catharsis qui provoquera en eux la transmutation des &amp;lt;&amp;lt;habitudes mentales&amp;gt;&amp;gt; a-<br />
 scientifiques longtemps &amp;lt;&amp;lt;inculquées et entretenues&amp;gt;&amp;gt; dans leur cerveau soit &amp;lt;&amp;lt;par l’éducation&amp;gt;&amp;gt;, et j’ajoute,<br />
 soit par pseudo-supériorité, soit tout court, par un racisme viscéral. Amélineau l’a stigmatisé, l’Occident<br />
 &amp;lt;&amp;lt;n’est pas habitué à doter la race nègre ou les races voisines de trop d’intelligence, d’assez d’intelligence<br />
 même pour avoir pu faire les premières découvertes nécessaires à la civilisation&amp;gt;&amp;gt;.<br />
          La thèse « an-animique » -- mot dérivé de « anima » = âme et du privatif an = l’ « a » privatif et le<br />
 « n » consonne de liaison – cette thèse de Montesquieu dans sa tentative de justification de l’esclavage des<br />
 noirs : &amp;lt;&amp;lt;On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une<br />
 âme bonne, dans un corps tout noir.&amp;gt;&amp;gt; (De l’Esprit des Lois, Paris : Garnier-Flammarion, 1979, Tome I, Livre<br />
 XV, Chap. p. 393), cette thèse donc est, si l’on veut, le point archimédien de la tâche accomplie par<br />
 l’Occident. Car si l’homme noir n’est pas animé, doté du siège des principes ou facultés humaines, ici,<br />
 intellectuelles et spirituelles, il n’est donc en rien l’égal de l’homme blanc. Et l’on sait que les thèses et<br />
 théories anthropologiques pseudo-scientifiques supportant le grand ouvrage de l’ignoble et inhumaine<br />
 machine esclavagiste, telles celles de Buffon, Cuvier et Gobineau etc., « race noire = race dégradée et brute »<br />
 ont fait grand et long feu dans cette histoire. Oui, en ces périodes de l’histoire même, pour ne pas parler de<br />
 celles de l’Egypte et de l’Ethiopie antique, où l’Afrique comptait encore des savants de renommée<br />
 internationale en Europe même, en la personne de Ahmed Baba le Tombouctien (XVI° siècle), Amo le<br />
 philosophe Ashanti (XVIII° siècle), et Edward W. Blyden (XIX° siècle), pour ne citer que ceux-ci. Sur ce<br />
 point, l’ouvrage du Camerounais Jean-Marc Ela en l’honneur à Anta Diop intitulé Cheikh Anta Diop ou<br />
 l’honneur de penser (Paris, l’Harmattan, 1989, p. 32 et ss) est profondément édifiant.<br />
          Sur le plan éducatif, scolaire et académique, un long chemin est à parcourir tant du côté des « maîtres<br />
 académiques que de celui des disciples noirs et blancs confondus. Le temps n’est plus aux cachotteries<br />
 déguisées sous forme de respect des sensibilités, je le crois. Comme le rend si bien Cheikh Anta Diop, &amp;lt;&amp;lt;on<br />
 ne rend pas service à un peuple, en lui masquant, par des expressions généreuses, mais sans contenu réel, ou<br />
 applicable, les étapes inévitables de son développement, les obstacles qui entravent son évolution et menacent<br />
 sa sécurité, sa survie même et contre lesquels il sera forcé, un jour de lutter.&amp;gt;&amp;gt; (Antériorité des civilisations<br />
 nègres. Mythes ou réalité ? (p. 281). A se rappeler et à rapprocher de la pensée de Diop, celle de Marcus<br />
 Mosiah Garvey qui sonne : &amp;lt;&amp;lt;A people without the knowledge of his origin, history and culture, is like a tree<br />
 without root&amp;gt;&amp;gt; (&amp;lt;&amp;lt;Un peuple qui ne connaît pas son origine, son histoire et sa culture est comparable à un<br />
 arbre sans racine.&amp;gt;&amp;gt;)<br />
          Que signifie ces pensées pour nous Africains ? Que nous familiariser avec le cours de notre propre<br />
 origine, culture et histoire constitue le point d’amorce de notre évolution. Avoir et constamment appliquer<br />
 l’esprit de recherche scientifique sur notre origine et la culture qui nous est transmise par les ancêtres. Afin de<br />
 débusquer toutes les pseudo-histoires et faux portraits longtemps créés et entretenus par les systèmes scolaires<br />
 et de mieux nous orienter. Inclure dans les programmes scolaires, les nôtres au moins en Afrique, l’étude de<br />
 l’histoire et de la pensée africaine des origines en passant par le Moyen-âge et la Renaissance jusqu’aux temps<br />
 modernes et contemporains, avec, ceci pour élever et rassurer les consciences contre l’aliénation endurée des<br />
                                                                                                                 23<br />
siècles durant et qui empêche le Nègre de se considérer capable de reposer les bases de son progrès sur tous<br />
les plans de son existence. L’histoire de nos ancêtres KMT (KMT ou Kamites et Kushites), donc l’histoire de<br />
l’Egypte antique et de l’Ethiopie aidera à atteindre les résultats escomptés, du moins sur le plan psychologique<br />
ou mental.<br />
         A ce propos, les paroles de Ziggy David Marley, le fils du prophète rasta Bernhane Selassie Robert<br />
Nesta Marley, couramment Bob Marley, demeurent très instructrices : &amp;lt;&amp;lt;In school when we were taught of<br />
the slave trade, we did not hear of the glory of the kings and the Kebra Nagast. We heard 'his story.' We did<br />
not hear of African glory, black my story, the truth as revealed in the Kebra Nagast.&amp;gt;&amp;gt;. Je traduis : &amp;lt;&amp;lt;A<br />
l’école lorsqu’on nous instruisait sur la traite esclavagiste, nous n’avons rien entendu de la gloire des rois [des<br />
Ethiopiens et des Egyptiens, il s’agit] et du Kebra Nagast [« Chronique des Rois » et « Fetah Nagast » la<br />
« Gloire des Rois »]. Nous avons entendu ‘son histoire’. Nous n’avons rien entendu de la gloire africaine,<br />
noire est mon histoire, la vérité telle qu’elle est révélée dans le Kebra Nagast ». Ces paroles sont extraites de<br />
son introduction à la version du Kebra Negast de Gerald Hausman intitulée The Kebra Nagast: The Lost Bible<br />
of Rastafarian Wisdom and the Faith from Ethiopia and Jamaica, introduction by Ziggy Marley, Jamaica: St<br />
Martin Press, 1997 (Le Kebra Nagast : La Bible perdue de la sagesse rastafarienne et de la foi de l’Ethiopie<br />
et de la Jamaïque. A noter que l'original de la traduction anglaise de ce Livre Sacrée ayant des rapports avec<br />
l’Ancien Testament fut préfacé, le 23 juillet 1961, par Le Negus d'Ethiopie, Haile Selassie. Cet original est de<br />
Sir Wallis Budge, dont nous ne disposons pour l’instant qu'un extrait de source inconnue intitulé: "The<br />
Solomonic Line: The Queen of Sheba and Her Only Son Menelik", pp. 30 ss. La plupart des paroles du<br />
Reggae des racines, la Musique des Rois (rex, regis, regis, en latin), provient de cet ouvrage.<br />
         Rappelons-nous bien les recommandations pédagogiques que donnait Platon aux Grecs de son temps,<br />
&amp;lt;&amp;lt;Nous devons donc déclarer que [nos] enfants devaient apprendre autant sur ces matières [mathématiques,<br />
astronomie] que l’innombrable foule des enfants en Egypte le faisaient ensemble avec leurs études de<br />
lettres&amp;gt;&amp;gt;. (Luc Brisson attire l'attention sur l'importance de la pédagogie kemet chez Platon dans son article<br />
intitulé: L'Egypte de Platon, dans: Les études philosophiques, (avril-septembre, 1987, Paris: Presses<br />
Universitaires de France, p. 165. Voir Les Lois, VII, 819 a-c.). Replacées dans le contexte des problèmes de<br />
l’Afrique moderne, ces recommandations de Platon dénuées de toute arrière-pensée raciste et racialisante --<br />
les classiques grecs n’étaient guère racistes sur ce point – recommandations indiquant la supériorité<br />
égyptienne reconnue par les Grecs, rappelée à Solon (grec) par le prêtre saïte (égyptien), ces recommandations<br />
doivent donc constituer pour nous une source intarissable d’inspiration historique et plus particulièrement<br />
pédagogique. Sans entrer dans des détails techniciennes, je dirai qu’elles nous exhortent à perpétuer la<br />
tradition de nos ancêtres lointains et s’adressent notamment aux autorités en matière d’éducation.<br />
         Nous avons donc beaucoup à prendre et à apprendre de notre passé lointain, plus que nous ne le<br />
pensons à notre période de développement technicienne et technocratique. On oublie qu’en matière de<br />
techniques, d’arts et de science même ces ancêtres que j’honore ici furent des maîtres incontestables.<br />
Cherchons donc assidûment avec nos ancêtres lointains afin de relever les nombreux défis que nous posent les<br />
problèmes de notre développement. En ce qui concerne notre incapacité à démarrer, nos responsabilités sont<br />
tout aussi énormes, tout aussi titanesques que celles de nos «maîtres de vérités».<br />
         LA RESPONSABILITE DES AFRICAINS DANS L’ESCLAVAGE<br />
         Tout comme une seule personne ne peut bâtir jamais une ville ou un pays, et encore moins en faire<br />
l’histoire, comme pourraient le dire nos ancêtres, l’histoire de l’esclavage et de la colonisation ne sauraient<br />
être imputée à l’Occident seul. De fait, cette histoire qui a fait l’objet de recherche de nos frères et soeurs de<br />
race, nous a laissés aussi des témoignages sur la responsabilité de nos grands-parents dans certains des détails<br />
du processus de l’esclavage et de la traite négrière comme aussi, plus proche de nous, dans le processus de la<br />
colonisation et de la néo-colonisation. Cela se passe de preuves.<br />
         La mainmise des négriers sur les pays qui ont connu l’esclavage n’a pas été seulement l’effet de la<br />
force des armes. Dans le royaume du Bénin (Nigeria, Dahomey, Ghana et Togo), au Sénégal, en Guinée, en<br />
Ouganda et en Angola, bref dans toutes ces contrées qui ont connu les premiers débarquements des négriers et<br />
qui ont été les tout premiers berceaux de l’ignoble commerce, des rois ou des chefs de village, des pères de<br />
famille ont prêté main forte aux négociants négrophobes. Pour des pacotilles, ils ont rendu et vendu leur<br />
propre progéniture. L’homme pour le miroir, l’homme pour une bouteille d’eau de feu ou de vie, l’homme<br />
pour un tas de ferraille ou fusil, l’homme pour un costume, l’homme pour une boîte de cigare. Et on amenait<br />
                                                                                                                 24<br />
leurs enfants par milliers. Où se trouvait leur conscience de chefs et de rois ou de pères de famille ? A peine<br />
pourra-t-on s’imaginer qu’ils en avaient. Il ne s’agit pas, comme de coutume surtout en Afrique, d’enfants, de<br />
jeunes filles et garçons, à confier à une autorité parentale, un parent, afin qu’il puisse recevoir auprès de lui<br />
une éducation, une formation quelconque.<br />
          Des témoignages de négriers sont pléthores, qui célèbrent cette ignominie des africains, et certains des<br />
descendants actuels des anciens esclaves nous renseignent sur les circonstances de leur déportation. Raison<br />
pour laquelle aussi ces derniers portent des fois leur haine contre leurs frères et soeurs africains. Lire par<br />
exemple 1) William Cohen, Français et Africains. Les Noirs dans le regard des Blancs, 1530-1880, Paris,<br />
Gallimard, 1980; 2) VISSIERE, Isabelle et Jean-Louis, La traite des Noirs au siècle des Lumières<br />
(Témoignages de négriers), Publié avec le Concours du Centre National des Lettres, Editions A. M. Métailié,<br />
1982, 3) L’Europe, la mer et les colonies, XVII°-XVIII°, de Patrick Villiers et Jean-Pierre Duteil, Paris,<br />
Hachette 1997; 4) Gabriel Entiope, Nègres, danses et résistance. La Caraïbe du XVII° au XIX ° siècle etc.<br />
D’ailleurs, cette responsabilité qui n’est des moindres est l’une des causes des controverses et débats houleux<br />
parmi les défenseurs de dédommagement pour le crime contre l’humanité que constitue, à tout égard,<br />
l’esclavage.<br />
          Dans toute cette histoire cependant, où le mal doit être considéré comme déjà consommé, la plus<br />
grande responsabilité des Africains eu égard à leur destin, à leur redressement, l’attention doit être plus portée<br />
sur le présent et l’avenir que sur le passé, et cette tâche de redressement du passé sombre incombe à tous les<br />
Africains d’Afrique et de la Diaspora, et ceci, à tous les niveaux. Elle est donc à leur entière charge, qu’ils<br />
soient de « la plèbe », qu’ils soient cadres ou dirigeants politiques. A notre humble avis, ces deux derniers<br />
sont plus concernés que les premiers, puisque, de toute manière, même s’il n’est pas exclu que le plébéen<br />
puisse représenter, dans une certaine mesure, un handicap à la fonction du cadre et du dirigeant politique, ce<br />
sont ces derniers qui sont à la pointe de toute l’organisation de nos sociétés et des rapports de nos sociétés<br />
avec le monde extérieur, tous secteurs confondus. Les secteurs les plus importants sur lesquels nous voulons<br />
attirer l’attention sont ceux 1) de l’éducation scolaire, de la formation académique, de toutes les instances de<br />
recherches scientifiques et de l’enseignement, bref de l’éducation tout court, et 2) le secteur de la gestion de la<br />
chose politique et économique interne et externe, bref de la politique intérieure et extérieure, et, sur ce dernier<br />
plan, des relations internationales.<br />
          RESPONSABILITE SCIENTIFIQUE ET POLITIQUE DES INTELLECTUELS<br />
          Avant même d’aborder le point concernant la responsabilité des dirigeants, il convient, et ceci est très<br />
important, de parler des chercheurs et savants africains, entendu que de nos jours, la gouverne de la chose<br />
politique et économique revient tout d’abord aux savants de tout bord et aux technocrates, même s’il n’est pas<br />
exclu que des dirigeants complètement ignares dans ce domaine – et de cette catégorie de dirigeants, Dieu seul<br />
sait que l’Afrique en regorge de partout – puissent avoir quelque miraculeux don de sagesse paysanne ou<br />
prolétarienne qui le mette de gré (par élection sans contrainte ou violence) ou de force au-dessus de ceux qui<br />
sont plus habilités à la fonction.<br />
          A priori, à moins d’être complètement étourdi ou victime d’une de ces torpeurs qui inhibent tout le<br />
processus de l’observation et de la réflexion, le processus rudimentaire de toute connaissance, on peut se<br />
rendre facilement compte que la racine de tous nos problèmes est à voir ou à chercher dans le manque total<br />
d’une authentique conscience patriotique chez la plupart d’entre nous. Par conscience patriotique de<br />
l’intellectuel, nous entendons ici, toute démagogie mise à part, non pas le sentiment insensé et déraisonnable<br />
d’un nationalisme aveugle et brut, mais plutôt la recherche et la promotion, contre toute autorité intérieure et<br />
extérieure, de ce qui, objectivement sur le plan scientifique, garantira pour toujours l’intégrité morale des<br />
générations futures contre toute tentative de corruption, d’impérialisme intellectuel. Ce qui nous vient<br />
immédiatement à l’esprit, n’est rien d’autre que ce corpus d’idées que l’on nous transmettait, dès les tous<br />
premiers âges de l’éducation scolaire, sous le vocable d’éducation civique.<br />
          On peut facilement remarquer que l’éducation civique s’arrête malheureusement au seuil des collèges<br />
et des lycées, alors qu’ils devraient se poursuivre jusqu’à l’Université, jusque dans les laboratoires de<br />
recherches scientifiques, dans les bureaux des formateurs et des professeurs. Elle doit être en permanence<br />
nourrie à sa source par de constantes réflexions d’ordre moral. Nous sommes résolument de l’avis que le<br />
chercheur doit accompagner son activité par une incessante activité auto-éducative ou -formative inébranlable,<br />
une activité d’ordre moral dont le dessein sera de le prémunir contre les vertiges de la vénalité et de la<br />
                                                                                                                    25<br />
personnalisation des résultats de sa fonction. Cela veut dire qu’il lui faut lutter pour acquérir les vertus du<br />
désintéressement ou du détachement, de l’impersonnalité, lutter pour conquérir le goût du gain facile, la peur<br />
de perdre ses intérêts personnels aussi légitimes qu’ils soient. C’est l’idée des incontournables pré-conditions<br />
d’un engagement authentique de l’intellectuel contre tout ce qui mine à la base le redressement intellectuel et<br />
économico-politique de l’Afrique. Si le matérialisme est sans conteste le gage de tout progrès économique et<br />
politique concret, non seulement il en peut très souvent rogner les ailes, mais il est aussi et surtout le handicap<br />
majeur pour tout enrichissement ou évolution culturelle et intellectuelle.<br />
         On peut facilement remarquer cette tendance, très décevante à plus d’un titre, chez l’intellectuel<br />
africain, qui consiste, lorsqu’il a l’heureux sort de se trouver une position, soit en Afrique soit en Europe, à se<br />
laisser, non par naïveté, mais par pur intérêt égoïste à sauvegarder ses acquis avec le système académique ou<br />
politique, à se laisser donc conquérir par les pourvoyeurs de ses acquis, à se faire victime d’un asservissement<br />
intellectuel, au point de ronger ou de perdre complètement son autonomie intellectuelle. C’est dire que la<br />
pauvreté, la pénurie des fonctions, des positions de chercheurs et/ou d’enseignants, voire le manque de fonds<br />
de recherche et la dureté des sélections des candidats bénéficiaires, tout ceci constitue souvent, ensemble avec<br />
la corruption intellectuelle et politique, l’un des obstacles les plus redoutables d’un vrai progrès intellectuel et<br />
politique, l’une des voies les plus sûres qui mènent à la mise sous tutelle, à l’auto-asservissement volontaire de<br />
l’intellectuel dans le monde d’aujourd’hui. C’est pour cette raison que nous préconisons, afin d’endiguer les<br />
inconvénients de la mollesse de caractère de l’intellectuel africain, constamment sujette à la tutelle<br />
intellectuelle et politique des maîtres, à part l’éducation morale et civique, l’auto-éducation morale de<br />
l’intellectuel. Il se peut que cette voie de résolution des problèmes soit, pour certains, utopiques ou, si elle ne<br />
l’est, dépourvu de sens, mais c’est là encore le signe le plus patent de leur égarement.<br />
         Fait souvent suite à ce complexe de problèmes de personnalité de l’intellectuel africain, le<br />
phénomène, chez lui, insidieux et très courant du désespoir ou de l’afro-pessimisme. En effet, à voir les choses<br />
de près, l’intellectuel africain authentique fournit d’énormes efforts, dans sa voie, lors de ses débats, pour<br />
amener dirigeants, collègues et proches domestiques, à prendre conscience de la nécessité de certaines<br />
démarches globales ou spécifiques à accomplir sur tous les plans en vue du redressement intellectuel,<br />
économique et politique du continent. Mais, souvent, il se laisse aussi facilement abattre au désespoir par le<br />
cours des événements, surtout politiques, que son engouement ne l’a engagé. De là s’ensuit de sa part un<br />
revirement de position, une volte-face à la cause pour laquelle il s’était engagé. C’est alors que les discours<br />
afro-pessimistes commencent à peupler ses débats. Certains vont jusqu’à professer l’annexion totale de leur<br />
propre continent par l’Occident-maître. A notre humble avis, ce désengagement total vis-à-vis du sort de<br />
l’Afrique manifeste et vaut la force de leur personnalité intellectuelle. Tels ils sont en ce qui concerne<br />
l’Afrique, tels ils sont en ce qui concerne leur engagement et démarche intellectuelle en général. Face à cette<br />
catégorie d’intellectuels la simple interrogation suivante s’impose : peut-on jamais légitimement nier sa mère,<br />
sinon ses parents ?<br />
         Rappelons ici, avec Edem Kodjo, l’ex-président de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), que le<br />
noble et louable combat, de Cheikh Anta Diop, ne fut guère des plus faciles. Oui, Cheikh Anta Diop &amp;lt;&amp;lt;a dû<br />
penser à contre-courant&amp;gt;&amp;gt; (Edem Kodjo, Cheikh Anta Diop ou la pensée à contre-courant, dans le monde<br />
diplomatique, mars 1986), non pas pour ses propres intérêts égoïstes, mais plutôt pour la dignité de toute la<br />
race noire, de toute l’Afrique. Un sacrifice énorme a-t-il consenti pour ce qu’il pensait être la plus noble cause<br />
pour l’Afrique aliénée. Un dévouement total à cette cause, au point de perdre l’estime et l’honneur qui lui<br />
revient auprès de ses maîtres sorbonnais, et, comble de l’ironie du sort, auprès de ses propres compatriotes :<br />
Cheikh Anta Diop s’est vu rejeté hors du laboratoire et du conservatoire des savoirs de son pays, l’Université<br />
de Dakar; il n’a jamais pu, par ce canal, transmettre directement ses connaissances aux jeunes esprits, aux<br />
enfants, de son pays. Cependant, sa notoriété intellectuelle n’en est pas ternie. L’Afrique et tous les africains<br />
consciencieux et concernés, comme cela se doit, par le destin de l’Afrique, en ont hérité tous les bienfaits et<br />
tous les honneurs.<br />
         C’est grâce à la défense de la dignité africaine par des africains « at home and abroad »<br />
qu’aujourd’hui, nous pouvons, si nous le désirons, marcher tête haute, fiers et dignes d’être africains. Il faut<br />
être très idéaliste pour le faire ! Il faut être convaincu que les valeurs matérialistes et les prestiges sociaux sont<br />
bien loin d’être les seules qui puissent mener au succès, mériter honneur et gloire ! En aucun cas, la voie du<br />
gain facile, du matérialisme « chimiquement pur » et des piètres prestiges sociaux ne doivent être nos objectifs<br />
en ces temps de crises de tout genre. &amp;lt;&amp;lt;Entre l’Université et un certain monde de la recherche et le Sénégalais<br />
flamboyant, constate encore Edem Kodjo, le combat fut dur ... et long, jalonné de contributions toujours<br />
                                                                                                                   26<br />
essentielles (...). Le corps à corps dura longtemps, jusqu’à ce colloque du Caire de 1974 sur le « peuplement<br />
de l’Egypte ancienne et le déchiffrement de l’écriture méroïtique » organisé par l’UNESCO. Diop et son<br />
disciple, M. Théophile Obenga, y brillèrent de mille feux. La victoire morale du savant sénégalais fut<br />
incontestable, même si on préfèrera user de subterfuges et d’euphémismes. Mis à part un participant, nous dit<br />
le rapport final, personne ne refusa globalement ses thèses (...). L’Egypte était africaine [c’est-à-dire noire]<br />
dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser.&amp;gt;&amp;gt;<br />
         Un peuple en position de faiblesse sur tous les plans car dépourvu, dit-on, de tous les attributs<br />
essentiels de l’humanité, ne peut s’élever qu’en démontrant qu’il est bien en possession de ces puissances ou<br />
facultés qui font l’homme un être de dignité au-dessus du reste de la création. Or, les puissances en question<br />
ne sont nullement celles du corps mais plutôt celles de l’esprit. Africain, à toi seul incombe la démonstration<br />
de ton humanité et de ta dignité !<br />
         RESPONSABILITE DES POLITIQUES<br />
         Il est très important, lorsque l’on aborde le problème de la responsabilité des politiques dans le sous-<br />
développement de l’Afrique d’ouvrir autant de volets que la société comporte de couches. Mais, il est vrai que<br />
cela requiert non seulement une vue d’ensemble à la fois très générale et spécifique mais aussi, et c’est notre<br />
cas présentement, du temps. C’est pour cette raison que nous nous sentons quelque peu obligés ici<br />
d’approcher le problème sur deux volets distincts, certains que ce que nous dirons dans ces deux volets, seront<br />
tout aussi valables pour les autres. Le premier volet concerne les politiques en matière de l’encouragement de<br />
la recherche scientifique et de la liberté scientifique du chercheur. Quant au second volet, dont une partie<br />
touche à la liberté même de tous les citoyens, scientifiques y compris, il concerne la politique, tant interne<br />
qu’externe, des praticiens.<br />
         a) la liberté scientifique<br />
&amp;lt;&amp;lt;L’Etat africain, dit Jean-Marc Ela, doit protéger les hommes de valeur, leur permettre de vivre dans la<br />
dignité et de travailler en toute sécurité, dans la mesure où la vie de l’intelligence ne peut s’épanouir et se<br />
développer que dans un climat de liberté. Il ne peut être question aujourd’hui de condamner les esprits<br />
inventifs à noyer la conscience de leur malheur sur les stades de football.&amp;gt;&amp;gt; (Jean-Marc Ela, Cheikh Anta<br />
Diop, ou l’honneur de penser, Paris, Harmattan, 1989, p. 122). On pourrait aussi ajouter : sur les pelouses de<br />
folklore. Ce serait les pousser à la stupidité, à l’idiotie, sinon tout simplement, à l’étourderie. C’est, bref,. les<br />
déchoir de leur rôle d’éclaireurs.<br />
         Et Cheikh Anta Diop, avant J.-M Ela, de sommer les Africains dans les pages de Nations nègres et<br />
cultures (1954) : &amp;lt;&amp;lt;Il faudra que l’Afrique assimile la pensée scientifique moderne le plus rapidement<br />
possible, on doit même attendre davantage d’elle : combler le retard qu’elle a accumulé dans ce domaine<br />
depuis quelques siècles, il lui faut entrer sur la scène de l’émulation internationale et contribuer à faire avancer<br />
les sciences exactes dans toutes les branches par l’apport de ses propres fils&amp;gt;&amp;gt; (p.17). Et nous ajouterons ici<br />
« toutes les sciences », afin d’éviter toute méprise sur la pensée de Diop, méprise qui conduirait à penser que<br />
l’avenir de l’Afrique dépend uniquement des sciences exactes et de la technique. Cette extension est d’autant<br />
plus indispensable que l’histoire africaine et l’anthropologie physique ou philosophique, domaines de<br />
prédilection du Maître Diop, ne sont nullement des sciences exactes.<br />
         Or, que constate-t-on en Afrique, surtout chez les dirigeants des après-indépendances ? ce que, dans<br />
les termes de Jean-Marc Ela, on appelle l’« anti-intellectualisme larvé » ou l’« anti-intellectualisme d‘auto-<br />
défense ». Attitude qui consiste, puisque l’on se sait seulement d’une sagesse paysanne ou prolétarienne,<br />
comme nous l’avions déjà montré plus haut, à discriminer l’intellectuel, à le rejeter carrément, voire, puisqu’il<br />
souffle aussi un vent de paranoïa constante malgré la possession, par les responsables politiques, de tous les<br />
pouvoirs, y compris les armes, à les éliminer systématiquement. D’où ce que l’on appelle, la fuite des<br />
cerveaux, la perte des esprits éclairés, du moins, les plus éclairés. Tout cela est, le moins à dire, décevant pour<br />
le continent. Et c’est de cette façon-là que l’on bloque l’essor scientifique de nos peuples, c’est ainsi que l’on<br />
perpétue leur misère et leur pauvreté, c’est ainsi qu’on prédispose l’Afrique à d’autres fléaux peut-être plus<br />
désastreux.<br />
         En mettant le doigt sur ce point capital, nous n’oublions pas que, d’un autre côté, les dirigeants,<br />
submergés qu’ils sont aussi par le lot de problèmes à résoudre -- difficultés qu’ils ont à affronter d’autant plus<br />
                                                                                                                  27<br />
qu’ils manquent de ressources sur le plan de la technique gouvernementale, désemparés qu’ils sont dans les<br />
rangs des technocrates – ces dirigeants font souvent la cible de certains intellectuels avides de pouvoir<br />
personnel. Cependant, il est à remarquer qu’en aucun cas, on ne saurait réduire la vie militante du chercheur à<br />
des querelles anodines avec les pouvoirs politiques. En outre, puisque d’un côté ou de l’autre, l’amour-propre<br />
siège souvent en maître absolu, il convient d’observer, le plus scrupuleusement possible, les rudiments de<br />
l’ouverture au dialogue sans contrainte. Il convient de s’attacher sérieusement à cultiver et à développer une<br />
forte et solide tradition de critique constructive. Telles sont à notre avis, les bases de toute collaboration entre<br />
intellectuels et praticiens politiques, plus responsables qu’ils demeurent tous, au plus haut niveau, du destin de<br />
notre continent.<br />
          Les responsables politiques de nos pays doivent promouvoir la recherche scientifique. Ils doivent,<br />
comme le dit si bien J.-M. Ela, reconnaître aux unités académiques et universitaires leur fonction de &amp;lt;&amp;lt;haut<br />
lieu de production [et de conservation] du savoir et de la culture&amp;gt;&amp;gt; dont les effets sont inexorablement<br />
prévisibles dans les petites ou grandes transformations socio-politiques. (op cit., p. 104). Ils doivent donc<br />
investir davantage dans la recherche scientifique, encourager les savants et les chercheurs à aller de l’avant,<br />
plutôt que de se vautrer corps et âme dans la fange du matérialisme chimiquement pur et viral et dans la boue<br />
de la luxure aux sombres éclats. Ce n’est qu’à ce noble prix que tous nos plans de redressement pourront<br />
porter les nobles fruits escomptés. A-t-on jamais vu un mauvais arbre porter de bons fruits ? On reconnaît<br />
l’arbre, dit-on, à ces fruits. Il convient donc d’éviter d’aller tout simplement siéger, par exemple, dans les<br />
assemblées de la francophonie telle une horde, ordonnée qu’elle soit, de moutons de panurge, puisque la<br />
recherche scientifique est l’une des préoccupations fondamentales du pays, la France, qui en a non seulement<br />
le direction principale mais qui en possède aussi le droit d’initiateur.<br />
          b) la liberté des citoyens<br />
          Un fait très étonnant qui ne laisse de surprendre aucun penseur africain concerné par le sort politique<br />
et économique de l’Afrique, fait qui, de nos jours où l’on crie partout droits et libertés, à dire, maturité<br />
politique : les dirigeants africains se réclament souvent, en le recevant, la plupart du temps des intellectuels<br />
qui ont mené des recherches sur les systèmes traditionnels africains, de l’art de gouverner démocratiquement,<br />
tout comme leurs prédécesseurs traditionnels. C’est dire que l’Afrique a un long passé démocratique derrière<br />
elle. Or, s’il en est ainsi, il est à se demander pourquoi tout ce matraquage systématique des populations que<br />
l’on réduit ainsi au mutisme, au silence, faisant de la paix et de la sécurité des citoyens, une question de peur<br />
dans le calme et le silence ? Et s’il en est véritablement ainsi, il est à se demander pourquoi ils accordent<br />
autant de crédibilité aux thèses de certains dirigeants occidentaux qui se prennent pour leurs raisonneurs dans<br />
l’art et la technique de gouvernement, des thèses selon lesquelles l’Afrique et les Africains ne sont guère murs<br />
pour la démocratie ? Des thèses qui les incitent à plus de dictature.<br />
          De deux choses l’une : soit l’on gouverne démocratiquement selon la très vieille tradition reconnue à<br />
l’Afrique, et 1) la question de la maturité politique des citoyens, donc leur capacité à gérer les espaces de<br />
libertés civiques et politiques qui leur reviennent de droit, cette question ne se pose nullement; 2) l’effort à<br />
consentir pour la garantie des libertés ne sera plus ni lourde croix ni calvaire; soit il y a une rupture avec la<br />
longue tradition africaine dite démocratique, et 1) il faut donc admettre que l’on sort complètement du cadre<br />
de l’art et de la technique de toute gouverne démocratique authentique, 2) alors, il faut se plier aux exigences<br />
du droit aujourd’hui bon gré mal gré international, un droit pas moins démocratique ni qui s’en réclame le<br />
moins, et finalement 3) se plier, à juste titre, à ces exigences du droit international et démocratique, en en<br />
assumant les mesures punitives telles la coupure des aides et la pression à abandonner les responsabilités<br />
étatiques.<br />
          Là où nous mène tout ce développement, c’est à la reconnaissance et à l’affirmation de la<br />
reconnaissance que nous sommes loin d’être cohérent avec nous-mêmes en ce qui touche à notre gestion de la<br />
chose politique et économique. Nous nous empêtrons dans un tissu complexe et noueux de paradoxes, de<br />
contradictions non résolubles, sur le plan théorique ou de la simple réflexion de bon sens, rien qu’à ce niveau<br />
déjà. Et la conclusion immédiate, également de bon sens, qui s’ensuit : nous sommes incapables de nous<br />
gouverner, des handicapés politiques, incapables sommes-nous donc de prendre en charge notre propre<br />
destinée politique.<br />
          Comble du malheur, puisque politique et économie vont souvent de pair, et plus grave encore, puisque<br />
les dirigeants africains assujettissent même l’économie privée à leur suprême pouvoir, ce qui prive<br />
                                                                                                                       28<br />
 macabrement les citoyens du seul espace privé dont ils peuvent disposer à leur gré et faire fructifier leurs<br />
 entreprises diverses, les citoyens entreprenants et pleins d’ambitions raisonnables, vivent constamment dans la<br />
 consternation et dans la peur.<br />
          D’aucuns réduisent entièrement le destin de nos peuples à l’espérance de vie de tel chef d’Etat ou de<br />
 tel autre, comme pour confirmer le sophisme démocratique des raisonneurs politiques occidentaux, en<br />
 assumant la thèse apocalyptique, pas moins sophistique -- la pente abrupte -- selon laquelle nos pays subiront<br />
 un mortel désastre au départ de ces chefs d’Etat. Or, penser ainsi, c’est justement considérer tous nos peuples<br />
 immatures. Au fait, est-il exclu de les éduquer à prendre une relève aussi bienheureuse que l’art des<br />
 rédempteurs dont la sagesse n’a pour toute dignité que la misère des peuples ? Ces chefs d’Etat ne gagneront-<br />
 ils pas plutôt en honneur à les former dans leurs voies qu’à les maintenir dans cet état perpétuel d’ignorance et<br />
 de manque de sagacité ? L’idée que nous voulons émettre ici est 1) que la misère du peuple, qui le pousse<br />
 constamment à des révoltes, est justement l’indice le plus interpellant de l’indésirable gouverne de ses<br />
 dirigeants, et 2) que la voie la plus sûre qui mène à la maturité politique est l’expérience concrète de la vie<br />
 politiquement vécue. Si donc la démocratie est le régime qui sied le mieux à un peuple, ce pourquoi même les<br />
 dirigeants les plus sanguinaires s’en targuent, et que de son expérience concrète l’on n’en saurait s’abstenir et<br />
 prétendre en être préparé, prétendre y être formé, alors, il est d’une absolue nécessité de laisser le peuple en<br />
 faire l’expérience concrète.<br />
          Voilà ce que l’on peut tirer de la vie politique de base de notre continent et les conclusions que l’on en<br />
 peu tirer. Il est clair, à moins de certains miracles dont, sur le plan simplement humain, une catharsis et une<br />
 sotériologie morale de nos dirigeants, que nous ne pouvons jamais sortir du profond marasme économico-<br />
 politique dans lequel nos pays s’engluent comme dans les sables mouvants.<br />
          RESPONSABILITE DES RELIGIEUX<br />
            « &amp;lt;&amp;lt;Princes and Princesses shall come out of Egypt, Ethiopia shall soon stretch out her hands unto<br />
 God&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;Depuis l'Egypte, des grands viendront, l'Ethiopie tendra les mains vers le Seigneur&amp;gt;&amp;gt; (Psaumes 68,<br />
                           32-33. Les traductions, on le remarque ne sont pas toujours les mêmes).<br />
          L’Egypte, l’Ethiopie, la Nubie toute entière, bref, l’Afrique, Terre de nos aïeux, est dite Terre des<br />
Dieux. La Bible en parle, et l’un des textes les plus émouvants de l'hermétisme, &amp;lt;&amp;lt;dernière manifestation de la<br />
connaissance égyptienne&amp;gt;&amp;gt; à l’époque alexandrine, (Chritian Larré, L'héritage spirituel de l''ancienne Eygpte, op.<br />
cit., p. 238), nous le rappelle. Ce texte, attribué à Hermès Trismégiste, qui est un &amp;lt;&amp;lt;discours d'Hermès à<br />
Asclépios&amp;gt;&amp;gt; (L’Héritage de l’ancienne Egypte, Idem.) est, comme on le verra, d'une très grande mélancolie,<br />
d'une mélancolie nostalgique &amp;lt;&amp;lt;exprimant un monde finissant&amp;gt;&amp;gt; ( Ibidem.) Il nous semble important, pour<br />
marquer du sceau de l'éternité la tragique fin de cette civilisation des plus riches sur tous les plans, et pour<br />
aborder succinctement le thème de la responsabilité des religieux, d’en reprendre à notre compte les lignes,<br />
même s’il est très long.<br />
 &amp;lt;&amp;lt;Ignores-tu, ô Asclépios, que l'Egypte est l'image du ciel, ou plutôt, qu'elle est la projection ici-bas de toute<br />
 l'ordonnance des choses célestes ? S'il faut dire la vérité, notre terre est le temple du monde. Cependant,<br />
 comme les sages doivent tout prévoir, il est une chose qu'il faut que vous sachiez: un temps viendra où il<br />
 semblera que les Egyptiens ont en vain observé le culte des dieux avec tant de piété, et que toutes leurs saintes<br />
 invocations ont été stériles et inexaucées. La Divinité quittera la terre et remontera au ciel, abandonnant<br />
 l'Egypte, son antique séjour, et la laissant veuve de religion, privée de la présence des dieux. Des étrangers<br />
 remplissant le pays et la terre, non seulement on négligera les choses saintes, mais, ce qui est plus dur encore,<br />
 la religion, la piété, le culte des dieux seront proscrits punis par les lois. Alors, cette terre sanctifiée par tant de<br />
 chapelles et de temples sera couverte de tombeaux et de morts. Ô Egypte, Egypte! Il ne restera de ta religion<br />
 que de vagues récits que la postérité ne croira plus, des mots gravés sur la pierre et racontant la piété. Le<br />
 Scythe ou l'Indien, ou quelque autre voisin barbare habitera l'Egypte. Le Divin remontera au ciel, l'humanité<br />
 abandonnée mourra tout entière, et l'Egypte sera déserte et veuve d'hommes et de dieux.<br />
          Je m'adresse à toi, fleuve très-saint, et je t'annonce l'avenir. Des flots de sang, souillant tes ondes<br />
 divines, déborderont tes rivages, le nombre des morts surpassera celui des vivants, et s'il reste quelques<br />
 habitants, Egyptiens seulement par la langue, ils seront étrangers par les moeurs. Tu pleures, ô Asclépios ! Il y<br />
 aura des choses plus tristes encore. L'Egypte elle-même tombera dans l'apostasie, le pire des maux. Elle,<br />
 autrefois la terre sainte, aimée des dieux pour sa dévotion à leur culte; elle sera la perversion des saints, l'école<br />
 de l'impiété, le modèle de toutes les violences. Alors, plein du dégoût des choses, l'homme n'aura plus pour le<br />
                                                                                                                        29<br />
monde ni admiration ni amour. Il se détournera de cette oeuvre parfaite, la meilleure qui soit dans le présent<br />
comme dans le passé et l'avenir. Dans l'ennui et la fatigue des âmes, il n'y aura plus que dédain pour ce vaste<br />
univers, cette oeuvre immuable de Dieu, cette construction glorieuse et parfaite, ensemble multiple de formes<br />
et d'images, où la volonté de Dieu, prodigue de merveilles, a tout rassemblé dans un spectacle unique, dans<br />
une synthèse harmonieuse, digne à jamais de vénération, de louanges et d'amour. On préférera les ténèbres à<br />
la lumière, on trouvera la mort meilleure que la vie, personne ne regardera le ciel. L'homme religieux passera<br />
pour un fou, l'impie pour un sage, les furieux pour des braves, les plus mauvais pour les meilleurs.<br />
         L'âme et toutes les questions qui s'y rattachent -- elle est née mortelle, peut-elle espérer conquérir<br />
l'immortalité ? -- tout ce que je vous ai exposé ici, on ne fera qu'en rire, on n'y verra que vanité. Il y aura<br />
même, croyez-moi, danger de mort pour qui gardera la religion de l'intelligence. On établira des droits<br />
nouveaux, une loi nouvelle, pas une parole, pas une croyance, sainte, religieuse, digne du ciel et des choses<br />
célestes. Déplorable divorce entre les dieux et les hommes ! Il ne reste plus que les mauvais anges, ils se<br />
mêlent à la misérable humanité, leur main est sur elle, ils la poussent à toutes les audaces mauvaises, aux<br />
guerres, aux rapines, aux mensonges, à tout ce qui est contraire à la nature de l'âme. La terre n'aura plus<br />
d'équilibre, la mer ne sera plus navigable, le cours régulier des astres sera troublé dans le ciel. Toute voix<br />
divine sera condamnée au silence, les fruits de la terre se corrompront, elle cessera d'être féconde; l'air lui-<br />
même s'engourdira dans une lugubre torpeur. Telle est la vieillesse du monde, irréligion et désordre, confusion<br />
de toute règle et de tout bien...&amp;gt;&amp;gt; (Cité d'après Christian Larré, L’héritage de l’ancienne Egypte, p. 238-240)<br />
         Sans contredit, en ce qui concerne la communion de l'homme avec le Divin, l'Egypte, et toute la vallée<br />
du Nil, l'Ethiopie, bref la Nubie tout entière, fut, est et demeurera, une Terre des Dieux. Fort de la justesse de<br />
ce jugement que, jusqu'à nos jours, défende la vague toujours montante d'une bonne partie du peuple noir,<br />
Jamblique qui y séjourna pendant une vingtaine d'années, tout comme Pythagore, enjoignit &amp;lt;&amp;lt;Suppose plutôt<br />
que la communion des dieux est échue d'abord aux Egyptiens, et que, pour cela, les dieux se réjouissent d'être<br />
invoqués selon les rites égyptiens.&amp;gt;&amp;gt; (Cité d'après Christian Larré, op. cit., p. 241).<br />
         De la vigilance pour les religieux africains ?! indistinctement ceux, traditionnels et ceux, occidentalisés ou, en<br />
général, xénophylisés. Car par la religion, le christianisme, l’esclavage, l’impérialisme et le colonialisme<br />
sanguinaire ont été légitimité. Les cultes traditionnels, des plus religieusement purs et sans effusion de sang<br />
jusque d’ailleurs à la pharmacopée traditionnelle en passant par la géomancie (astrologie) ont été bannis,<br />
proscrits au nom du monothéisme, ce monothéisme qui fut nôtre : Akhénaton.<br />
         A ce propos, il faut se rappeler la légitimation de l’«anthropocide» -- l’esclavage -- dès ses premiers<br />
ravages. Un texte très important, mettant aux prises esclavagistes, négriers et humanistes, défenseurs des<br />
droits et valeurs humaines. D’un côté donc, Christophe Colomb, Juan Ginès Sepulveda (1490-1573), etc. avec<br />
la spirituelle et infaillible caution et bénédiction des Papes dont les plus célèbres, Alexandre VI (1492), Pie<br />
III, Jules II (1503) Jules III (1550), le jésuite José de Acosta etc. De l’autre, la fameuse protectrice et purement<br />
amoureuse des Indiens, Isabelle et son mari Ferdinand, rois d’Espagne (union personnelle des couronnes de<br />
Castille et d’Aragon, 1474-1479), Bartolomé de Las Casas (1484-1566) etc. Première controverse sur la<br />
légitimité de l’esclavage et premier débat des droits de l’homme, d’où le titre de Jean Dumont, La vraie<br />
controverse de Valladollid. Premier débat des droits de l’homme, Paris, Criterion, 1995.<br />
         Le dénouement de ce long débat du XVI° siècle qui aurait duré de 1474 à 1622, un siècle et demi,<br />
porte haut l’étendard sanglant de l’humanocide la plus cruelle par la ratification de la position de Sepulveda<br />
contre Las Casas. Le De procuranda indorum salute du jésuite José de Acosta en livre la thèse fondamentale :<br />
&amp;lt;&amp;lt; &amp;lt;&amp;lt;Celui qui voudrait suivre la méthode d’évangélisation des Apôtres, dans la plus grande partie de ce<br />
[barbare] monde indien, donnerait les preuves manifestes qu’il est un insensé. Il est nécessaire qu’aillent<br />
ensemble le soldat et le prêtre&amp;gt;&amp;gt;, afin que celui-ci ne soit pas tué&amp;gt;&amp;gt;. (p. 334)<br />
         &amp;lt;&amp;lt;On établira des droits nouveaux, une loi nouvelle, pas une parole, pas une croyance, sainte,<br />
religieuse, digne du ciel et des choses célestes, dit le texte d’Hermès Trismégistes. Déplorable divorce entre<br />
les dieux et les hommes&amp;gt;&amp;gt;. La religion, force conservatrice et protectrice des cultures africaines, peut se faire<br />
le tremplin d’une politique destructrice de nos valeurs fondamentales imposée du dehors ou de l’intérieur par<br />
le dehors. Heureux devons-nous être aujourd’hui avec les vagues des théologies de la libération. Les gardes-<br />
fous de nos traditions, contre les stratégies mensongères, les monstrueux subterfuges et perfidies de nos<br />
civilisateurs et évangélisateurs. Aux religieux concernés, non pas aveuglément par la sauvegarde de nos<br />
valeurs traditionnelles et culturelles au point de défendre l’indéfendable sauvagerie de certains cultes, mais<br />
plutôt par l’inconditionnelle valeur et dignité de l’humanité qui en constitue les linéaments principiels, à eux<br />
                                                                                                                 30<br />
donc d’en faire l’objet de leurs constantes cogitations et contemplations contre tout vent interne et externe<br />
d’aliénation !<br />
                                                    CONCLUSION<br />
          Concluons cette recherche en livrant quelques réflexions plus spécifiquement à la jeunesse africaine<br />
fer de lance du progrès de l’Afrique d’aujourd’hui et de demain.<br />
          Jeunesse africaine, réveille-toi de ton sommeil léthargique, de ta torpeur intellectuelle ! Hâte-toi le<br />
pas! Rappelle-toi ces paroles du panafricaniste Marcus Garvey que nous rapporte l’historien africaniste<br />
Ibrahima Babakake et fais-en l’objet de tes méditations quotidiennes :<br />
          &amp;lt;&amp;lt;Si l’on considère l’histoire de l’humanité, le Noir ne fut-il pas jadis une puissance ? Ne fut-il pas<br />
grand ? Historiens, rappelez-vous les jours où l’Egypte, l’Ethiopie et Tombouctou éblouissaient l’Europe.<br />
Alors que l’Europe était habitée par les cannibales, des hommes nus, sauvages et païens, l’Afrique était<br />
peuplée par une race d’hommes de couleur, maîtres dans le domaine des sciences, des arts, de la littérature,<br />
cultivés et raffinés, pareils à des dieux, même les Anciens comparaient les Ethiopiens aux Dieux !&amp;gt;&amp;gt; (La<br />
Diaspora Noire, Paris, 1976, p. 36-37, Extrait de Philosophy and Opinions of Marcus Garvey, Philosophie et<br />
Opinions de Marcus Garvey)<br />
          Rappelle-toi, Jeunesse africaine, que &amp;lt;&amp;lt;l’éducation est la seule clé du succès&amp;gt;&amp;gt; dans le monde<br />
d’aujourd’hui. C’est encore une réalité que décrit, en cette formule lapidaire, le Pasteur panafricaniste Marcus<br />
Garvey. Etre intellectuel, ce n’est pas seulement être en possession d’une pléthore de diplômes académiques.<br />
C’est aussi, parce que tu es homme, et que l’homme se distingue des autres créatures par ces facultés<br />
spirituelles dont l’intellect, responsable de toute capacité réelle de connaissance et de toute connaissance<br />
concrète, que tu es appelé à activer l’intellect qui t’est un don. Apprends à lire, apprends à écrire, et plonge-<br />
toi, par moments, dans la lecture de ton histoire, quel que soit ton domaine de formation ou d’activité. Sois<br />
capable, sur ce plan, de tenir tête, à ceux-là qui se croient en possession de tous les savoirs ! Rappelle-toi<br />
encore, Jeunesse africaine, les paroles du panafricaniste Garvey qui sonnent : &amp;lt;&amp;lt;Un peuple dépourvu de la<br />
connaissance de son passé, de son histoire, de son origine et de sa culture, n’est qu’un arbre sans racines.&amp;gt;&amp;gt;<br />
          Jeunesse africaine, la connaissance de ton histoire, de l’histoire glorieuse de ton passé ancestral, elle<br />
vaut plus que les prestiges de l’apparence, du luxe vestimentaire, de la Rolls Royce que tu convoites. Le<br />
message adressé par ton frère ou père Cheikh Anta Diop aux intellectuels, aux philosophes qui aiment se<br />
placer au fait du savoir par rapport aux autres, ce message, Jeunesse africaine, fait le sien. Et ce message, dans<br />
le temps, « scandaleuse vérité » dans les cercles français d’érudits à esprit de clocher (p. 54-55 de J.-M. Ela,<br />
op. cit.) est le suivant :<br />
          &amp;lt;&amp;lt; « Dans l’Antiquité, il y a, en effet, un lieu où il faut se rendre pour s’initier à la science et à la<br />
philosophie. Ce lieu est l’Egypte ancienne, d’origine nègre ». C’est là un « topos », appartenant à « une<br />
tradition dont se réclament les grands courants de la littérature et de la pensée grecques ». Hérodote,<br />
Diodore de Sicile et Strabon, tous historiens grecs, en étaient profondément conscients. La reprise de Cheikh<br />
Anta Diop, puisque &amp;lt;&amp;lt;personne n’avait appris aux enfants des écoles ni aux jeunes des lycées et des<br />
universités que l’Egypte nègre était le berceau de toute science et de toute sagesse&amp;gt;&amp;gt;, cette reprise est<br />
particulièrement centrée sur la négritude de l’Egypte. Et cela gêne ! Cela gêne d’autant plus qu’admettre<br />
« que les Africains aient pu enseigner la géométrie à l’Europe relève de l’inédit ». Admettre cela, c’est<br />
émettre ... une hypothèse (?), non, plutôt une réalité historiquement fondée, mais impensable par l’Européen,<br />
c’est étaler la brillante toile d’une histoire difficile à tolérer « dans le contexte hégémonique de l’expansion<br />
de l’Europe dans le monde ».<br />
          Le corps de connaissance que tes ancêtres ont légué aux Grecs qui s’appelait, dans l’Egypte de ce<br />
temps, « (De) La Vie », (Per-Ankh), c’est-à-dire « De la Sagesse », ce corps de sagesse que les Grecs ont<br />
nommé « Philosophie », « Amour de la Sagesse », vous, nouvelles générations de philosophes, qui vous<br />
refusez à faire «1’éloge de l’ethnophilosophie », sachez qu’il est différent de ce dont vous faites aussi<br />
savamment l’éloge. Laissez-vous instruire par le Maître entre ces lignes :<br />
                                                                                                                31<br />
         &amp;lt;&amp;lt;Aucune pensez, et en particulier aucune philosophie ne peut se développer en dehors de son<br />
terrain historique. Nos jeunes philosophes doivent comprendre cela et se doter rapidement des moyens<br />
intellectuels nécessaires pour renouer avec le foyer de la philosophie en Afrique, au lieu de s’enliser dans le<br />
faux combat de l’ethnophilosophie. [...] la négation de l’histoire et des réalisations intellectuelles des peuples<br />
africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a déjà précédé le génocide ici et là dans le monde. De telle<br />
sorte qu’entre les années 1946 et 1954 – où s’est élaboré le projet de restitution de l’histoire africaine<br />
authentique, de réconciliation des civilisations africaines avec l’histoire – l’optique déformante des oeillères<br />
du colonialisme avait si profondément faussé les regards des intellectuels sur le passé africain que nous<br />
éprouvions les plus grandes difficultés, même à l’égard des Africains, à faire admettre les idées qui<br />
aujourd’hui sont en passe de devenir des lieux communs. On imagine à peine ce que pouvait être le degré<br />
d’aliénation des africains [...] le retour à l’Egypte dans tous les domaines est la condition nécessaire pour<br />
réconcilier les civilisations africaines avec l’histoire, pour pouvoir bâtir un corps de sciences humaines<br />
modernes, pour rénover la culture africaine. Loin d’être une délectation sur le passé, un regard vers l’Egypte<br />
antique est la meilleure façon de concevoir et bâtir notre futur culturel. L’Egypte jouera, dans la culture<br />
africaine repensée et rénovée, le même rôle que les antiquités gréco-latines dans la culture occidentale.&amp;gt;&amp;gt;<br />
(Civilisation ou barbarie, p. 13 et p. 10, Voir également J.-M Ela, Cheikh Anta Diop, ou l’honneur de penser,<br />
chapitre III, La raison est née chez les Noirs, pp. 47-59)<br />
         Oui, cette brève peinture du tableau d’antan éclatant mais aujourd’hui terne et sombre de l’Afrique<br />
qu’a cherché à faire reluire de son lustre originaire le Maître, cette peinture, Jeunesse africaine, tu dois<br />
pouvoir de temps en temps t’employer à le renouveler. Pars de cette profonde conviction que &amp;lt;&amp;lt;les faits<br />
culturels africains ne retrouveront leur sens profond et leur cohérence que par référence à l’Egypte&amp;gt;&amp;gt;<br />
(Civilisation et barbarie, p. 12), que l’&amp;lt;&amp;lt;On ne pourra bâtir un corps de disciplines en sciences qu’en<br />
légitimant le retour à l’Egypte&amp;gt;&amp;gt; (Antériorité des civilisations nègres, p. 12); et, sois fort de cette vérité que<br />
&amp;lt;&amp;lt;Les études africaines ne sortiront du cercle vicieux où elles se meuvent, pour retrouver tout leur sens et<br />
toute leur fécondité qu’en s’orientant vers la vallée du Nil&amp;gt;&amp;gt; &amp;gt;&amp;gt; (Idem)<br />
         Reprends donc vite, Jeunesse africaine, la brosse du Maître et engage-toi à parachevez son oeuvre,<br />
même si cela peut sembler un « travail titanesque » à accomplir, vu que le « sarcasme des uns » peut te retenir,<br />
vu que « la stupeur des autres » peut te conduire à assouplir illégitimement ta position et à t’amollir dans ta<br />
tâche, vu, et ce sera l’obstacle le plus fréquent et le plus redoutable, que « le scandale » qu’éprouveront « tous<br />
les savants » à contempler, de face, ton chef-d’oeuvre, te poussera à te sentir moins doter en moyens<br />
intellectuels qu’eux. Face à ces derniers, Jeunesse africaine, eux qui sont devenus aveugles par l’effet corrosif<br />
d’un « statu quo » lui-même « borgne », fais luire, tel « Prométhé ravissant le feu à l’Olympe des Dieux », la<br />
vérité fondamentale de la contribution décisive des Noirs au progrès de l’humanité. Comme ton frère Cheikh !<br />
(Lire le beau passage poétique qui nous a ici inspiré chez Joseph Ki Zerbo dans « Sud », revue africaine<br />
d’intégration, n° 1, mars 1986; Lire chapitre IV de J.-M. Ela, op. cit., Conscience historique et révolution<br />
africaine, p. 61 et ss)<br />
         Jamais plus, Jeunesse africaine, ne te pose conservatrice pour perpétuer -- un terme que nous<br />
empruntons à J.-M Ela -- la « déraison du mimétisme intellectuel et politique » de tes grands frères et grandes<br />
soeurs ! Au contraire, uniment appuyée sur le dur sol et suspendu au ciel lumineux et étoilé de la vision<br />
africaine, holiste, du monde et de l’homme, ta vision, tâche, comme te l’enseigne ton frère Fanon, de<br />
redécouvrir sinon inventer, en toi, l’homme total que l’Europe a été, jusqu’à tes jours, incapable de faire<br />
triompher<br />
           (Nous remercions vivement Mr Anumu Akpetsinu Barthélémy Sosoe, étudiant en Lettres modernes à Nancy,<br />
                                pour la revue et la mise en forme définitive de ce texte).<br />
                                                                                                            32<br />
                                  BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE<br />
    Masson Ourcel, l’auteur de La philosophie en Orient, fascicule supplémentaire à L’histoire de la<br />
1.<br />
    philosophie d’Emile Bréhier.<br />
2. Platon, Timée, Critias.<br />
    Histoire générale de l'Afrique II Afrique ancienne, Paris, Unesco, 1980.<br />
3.<br />
    Théophile Obenga, L’Afrique dans l’antiquité. Afrique pharaonique – Afrique noire, Paris, Harmattan,<br />
4.<br />
    1973.<br />
    La philosophie africaine de la période pharaonique 2780-330 avant notre ère, Paris: Editions<br />
5.<br />
    L'Harmattan, 1990.<br />
    Erik Hormung, La grande histoire de l’égyptologie, Editions du Rocher, 1998..<br />
6.<br />
    Christian Larré, L’héritage spirituel de l’ancienne Egypte, Omonville, Editions rosicruciennes, 1998.<br />
7.<br />
    Serge Toussaint, L'Ontologie des Rose-Croix, Collection Rose-Croix, Omonville, Diffusion rosicrucienne,<br />
8.<br />
    1995.<br />
    Serge Sauneron et Jean Yoyotte, La naissance du monde selon l'Egypte ancienne, dans l'ouvrage collectif<br />
9.<br />
    La naissance du monde, Paris: Ed. du Seuil, 1959, Collect.: "Sources Orientales" I.&amp;gt;&amp;gt;.<br />
    Champollion-le-Jeune, Grammaire égyptienne, Paris, 1832.<br />
10.<br />
    S. Mayassis, Le Livre des Morts de l'Egypte ancienne est un livre d'initiation. Matériaux pour servir à<br />
11.<br />
    l'étude de la philosophie égyptienne, Athènes, Bibliothèque d'archéologie orientale d'Athènes, 1955.<br />
    Marcel Dubois, L’Examen de la Géographie de Strabon, Paris, Imprimerie Nationale, 1891. Cet ouvrage<br />
12.<br />
    couronné par l'Académie des Inscriptitons et Belles-Lettres.<br />
    Roger Godel, Platon à Héliopolis d’Egypte, Paris, Les Belles-Lettres, 1956.<br />
13.<br />
    Maurice Croiset, La République de Platon. Etudes et analyse, Paris, Edit. Mellottée, 1946.<br />
14.<br />
    E. Amélineau, Prolégomènes à l’étude de la religion égyptienne, Paris, Ernest Leroux, éditeur, 1908.<br />
15.<br />
    Jean-Marc Ela, Cheikh Anta Diop ou l’honneur de penser, Paris, L’Harmattan, 1989.<br />
16.<br />
    Leo Frobenius, Mythologie de l’Atlantide. Le &amp;lt;&amp;lt;Poseidon&amp;gt;&amp;gt; de l’Afrique noire, son culte chez les<br />
17.<br />
    Yorouba du Bénin, Paris Payot, 1949.<br />
    Phillipe Aziz, L’Atlantide. Civilisation disparue, Genève, Editions Famot, 1975.<br />
18.<br />
    Jean-François Mattéi, Platon et le miroir du mythe. De l’Age d’Or à l’Atlantide, Puf, 1996.<br />
19.<br />
    Jean-François Pradeau, Le Monde de la Politique. Sur le récit atlante de Platon, Timée (17-27) et Critias,<br />
20.<br />
    Academia Verlag, Sankt Augustin, 1997<br />
    Jean Dumont, La vraie controverse de Valladolid, Premier débat des droits de l’homme, Paris, Criterion,<br />
21.<br />
    1995.<br />
    William Cohen, Français et Africains. Les Noirs dans le regard des Blancs, 1530-1880, Paris, Gallimard,<br />
22.<br />
    1980.<br />
    VISSIERE, Isabelle et Jean-Louis, La traite des Noirs au siècle des Lumières (Témoignages de négriers),<br />
23.<br />
    Publié avec le Concours du Centre National des Lettres, Editions A. M. Métailié, 1982.<br />
    L’Europe, la mer et les colonies, XVII°-XVIII°, de Patrick Villiers et Jean-Pierre Duteil, Paris, Hachette<br />
24.<br />
    1997.<br />
    Gabriel Entiope, Nègres, danses et résistance. La Caraïbe du XVII° au XIX ° siècle.<br />
25.<br />
26. Louis XIV, Le Code Noir ou Recueil des règlements rendus jusqu’à présent, Paris, Mars 1685.<br />
                                     OUVRAGES DE CHEIKH ANTA DIOP<br />
1) Nations nègres et cultures, 1955. Cet ouvrage, issue de ses recherches doctorales lui a valu bien des<br />
    tourments puisqu’il s’est vu refuser cette thèse en France.<br />
2)  L’unité culturelle de l’Afrique noire, 1960.<br />
3)  L’Afrique noire pré-coloniale, 1960.<br />
4)  Les fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire, 1960.<br />
5)  Antériorité des civilisations nègres : Mythe ou vérité historique ?, 1967.<br />
6)  Civilisation ou Barbarie, 1981.<br />
7)  Nouvelles recherches sur l’égyptien ancien et les langues négro-africaines modernes, 1988.<br />
    «Origine des anciens Egyptiens», dans Actes du Colloque de l'UNESCO en 1980, Histoire générale de<br />
8)<br />
    l’Afrique, II, Afrique ancienne, Unesco, 1980.<br />
    La pigmentation des anciens Egyptiens, tests par la mélanine, B. I. F. A. N., 1977.<br />
9)<br />
33</p>
<p>Varus SOSOE<br />
Professeur de Philosophie<br />
Fribourg, août 1999</p></body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Philosophie</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 14:03:10 GMT</pubDate>
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	</item>

 <item>
		<title>Célébrons-nous si le monde nous avilit!</title>
		<link>http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/13/celebrons-nous-si-le-monde-nous-avilit</link>
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		<description>L'histoire que je me fais aujourd'hui le devoir de vous raconter est encore celle de mon peuple: le peuple Noir. Ce peuple méconnu dans l'apport considérable et sans précédent qui fut le sien dans l'histoire biblique, l’histoire de la rédemption d’Israël, le peuple élu de Dieu, pour sa mission divine auprès des autres nations</description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">L'histoire que je me fais aujourd'hui le devoir de vous raconter est encore celle de mon peuple: le peuple Noir. Ce peuple méconnu dans l'apport considérable et sans précédent qui fut le sien dans l'histoire biblique, l’histoire de la rédemption d’Israël, le peuple élu de Dieu, pour sa mission divine auprès des autres nations.</div>
<p>                &amp;lt;&amp;lt;Princes and Princesses shall come out of Egypt, Ethiopia shall soon stretch out her hands unto God&amp;gt;&amp;gt;,<br />
                 &amp;lt;&amp;lt;Depuis l'Egypte, des grands viendront, l'Ethiopie tendra les mains vers le Seigneur&amp;gt;&amp;gt;<br />
        (Psaumes 68, 32-33. Les traductions, on le remarque, ne sont pas toujours les mêmes. Sauf traduction de<br />
        l'auteur Pasteur Otabil, nous utiliserons La Bible de Jérusalem. La Sainte Bible, traduite en français, sous<br />
            la Direction de l'Ecole Biblique de Jérusalem, Nouvelle édition; Paris: Desclée de Brouwer, 1975).<br />
                                                        INTRODUCTION<br />
L'histoire que je me fais aujourd'hui le devoir de vous raconter est encore celle de mon peuple: le peuple<br />
Noir. Ce peuple méconnu dans l'apport considérable et sans précédent qui fut le sien dans l'histoire biblique,<br />
l’histoire de la rédemption d’Israël, le peuple élu de Dieu, pour sa mission divine auprès des autres nations.<br />
Cette histoire n'a aucune prétention à la vérité absolue. Mais elle ne saurait se réduire non plus à un<br />
galimatias de conjectures. Car tout lecteur perspicace devra s'enquérir des preuves de la "négrité" ou<br />
négritude originaire des personnages qui la peuplent. Et c'est alors qu'elle sera source d'enrichissement<br />
culturel, par la puissance évocatrice du doute ou de la curiosité qu'elle porte en elle et qu’elle ne tardera pas à<br />
vivement susciter. Au lecteur donc de s'en assurer la véracité !<br />
Par-delà les rivières de l'Ethiopie. Une révélation biblique du plan divin pour la race noire, tel se peut<br />
traduire l'ouvrage du pasteur ghanéen, le Dr Mensa Otabil, pasteur des 6 000 membres du &amp;lt;&amp;lt;Centre<br />
International de l'Eglise Evangélique&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;International Center Gospel Church&amp;gt;&amp;gt;. Le titre original de cet<br />
ouvrage est le suivant: Beyond the Rivers of Ethiopia. A Biblical Revelation on God'sPurpose for the Black<br />
Race (Accra: Altar International, 1992). Cet ouvrage est une première dans la tradition panafricaniste ; il peut<br />
être rangé parmi les ouvrages de la Théologie de la Libération, celle-ci devant alors être reconnue comme le<br />
sous-sol commun des ouvrages religieux de la Négritude (Voir une présentation critique succincte de cette<br />
Tradition chrétienne, de ses liminaires principiels aussi bien que de ses implications éthiques et théologico-<br />
politiques dans le Petit Dictionnaire d'Ethique, réédition française adaptée et augmentée de Dictionnaire de<br />
Morale, par Lukas Sosoe, sous la direction du Professeur Otfried Höffe, Fribourg/Paris: Editions<br />
Universitaires/Editions du Cerf, 1993, pp. 328-330, article « Théologie de la Libération ». Nous signalons<br />
notre collaboration à cette réédition). Une réelle contribution à l'histoire tant biblique, spirituelle, que<br />
culturelle du peuple noir donc, l’ouvrage du Pasteur ghanéen.<br />
L'ouvrage débute par un bref justificatif du sens, de l'intérêt et de l'objectif qui le commandent. S'en dégage<br />
d'emblée la suivante thématique: un devoir de mémoire plus qu'un réquisitoire contre la négrophobie, la<br />
haine raciale viscérale sous-jacente à l'entreprise dite civilisatrice – les Noirs étaient civilisés ! – de<br />
l'impérialisme occidental. Il a donc pour objectif premier la restitution, à la race noire, de toute sa dignité et<br />
sa noblesse d'antan. Fait partie de ce justificatif, comme pour montrer la nécessité de l'entreprise de façon<br />
plus incisive, une partie d'un discours de 1832 qu'un Sénateur américain, Henry Berry, aimait répéter, à<br />
plusieurs reprises. Discours des plus révélateurs de l'intention profonde qui commande, en général,<br />
l'impérialisme et la mission « civilisatrice » de l'Occident moderne. Concernant la condition des esclaves<br />
noirs, ce Sénateur déclare:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;We have as far as possible, closed every avenue by which light may enter the slave's mind. If<br />
       we could extinguish the capacity to see the light, our work would be complete. They would then<br />
       be on the level with the beast of the field and we should be safe.&amp;gt;&amp;gt; (Beyond the Rivers of<br />
       Ethiopia, p. 3).<br />
Traduisons en ces termes:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;Aussi loin que possible, nous avons obstrué toutes les avenues par lesquelles pourrait<br />
       s'infiltrer la lumière dans l'esprit de l'esclave. Si nous pouvions éteindre la capacité de voir la<br />
       lumière, notre travail sera achevé. Ils seraient ravalés au rang de la bête de somme et nous<br />
       serions sains et saufs&amp;gt;&amp;gt;<br />
Passons-nous de commentaire sur un exhortatif aussi clair et limpide. Mission civilisatrice et évangélisatrice<br />
que celle de l'Occident moderne, nous l'admettons, mais, dans ce cas, n'est-ce pas faillir à la noblesse de cette<br />
mission, avant même de l'amorcer, que de tenir un discours de ce genre, qui n'est pas la premère, ni du<br />
commun des hommes, mais de ceux-là mêmes qui sont à la pointe de la mission en question, un discours qui<br />
donne pour finalité de la mission l'abâtardissment intellectuel et spirituel du peuple à civiliser ? Comble du<br />
paradoxe, dira-t-on ! qui nous fais penser plutôt à ce passage de l’Evangile de Saint Jean, nous annonçant ces<br />
paroles du Seigneur:<br />
        &amp;lt;&amp;lt;Et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;And ye shall know the truth, and<br />
                                       the truth shall make you free.&amp;gt;&amp;gt; (8 :32).<br />
L'ignorance dans laquelle le peuple noir a été longtemps maintenu à propos de personnages illustres de la<br />
Bible, à identité raciale noire, est très profonde ! Depuis Abraham, jusqu'à la naissance et la mission de notre<br />
Maître et Sauveur Jésus-Christ, rien ou très peu de choses en ont été révélées par les missionnaires<br />
occidentaux. Depuis la Genèse, jusqu'à la mort du Maître et Sauveur Jésus-Christ sur la croix, à chaque étape<br />
de l'évolution des élus de Dieu, il a toujours eu un personnage de race noire, pour montrer la voie de la<br />
Sagesse, de la Bienveillance, de la Compassion, de la Charité, de l'Amour, du Courage, de la Tolérance, etc.,<br />
bref, toutes les vertus « humanisantes ». Ce qui fait dire au pasteur à la fin de son ouvrage:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;Whenever the world has been in a crisis the black man has always appeared on the scene.<br />
       After the flood, when the world needed a leader, He called Nimrod the son of Cush. When<br />
       Moses was taken out of Pharaoh's camp, it took a black man Jethro to teach him the ways of<br />
       God. When the people of Israël were going to the promised land it took a blackman Hobab to<br />
       direct them to the promised land.They have always been around. God has always relied on these<br />
       black people in times of crisis.<br />
                          When it was a time of crisis and nobody could speak to David, it took a<br />
       blackman to take the message to him. He knew how to take the message. He had the wisdom to<br />
       tackle the problem. When Jeremiah the prophet was put into a dungeon, and Israël was in a<br />
       crisis, it took an Ethiopian eunuch to set him free.<br />
                          When it was time for Paul to be sent to the mission field it took black men to<br />
       lay hands on him and send him out. When Jesus was going to the cross it took a blackman to<br />
       carry the cross.&amp;gt;&amp;gt; (op. cit., p. 87-88).<br />
Traduisons ce passage comme suit:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;Toutes les fois que le monde a été en crise, l'homme noir est toujours apparu sur la scène.<br />
       Après le déluge, lorsque le monde a eu besoin d'un guide, Il appela Nimrod, le fils de Cush.<br />
       Lorsque Moïse sortit du camp de Pharaon, il a fallu un homme noir, Jethro, pour lui enseigner<br />
       les voies de Dieu. Lorsque le peuple d'Israël était sur le point de partir pour la terre promise, il a<br />
       fallu un homme noir, Hobab, pour les diriger vers la terre promise. Ils ont toujours été présents.<br />
       Dieu a toujours recouru à ce peuple noir en temps de crise.<br />
                          En temps de crise, et lorsque personne ne pouvait conseiller David, il a fallu un<br />
       homme noir pour lui annoncer le message. Il savait comment transmettre le message. Il avait la<br />
       sagesse de s'attaquer au problème. Lorsque Jérémie, le prophète, était emprisonné, et Israël<br />
       était en crise, il a fallu l'eunuque Ethiopien pour le libérer.<br />
                          Lorsqu'il était temps pour Paul d'être envoyé en mission, il a fallu des hommes<br />
       noirs pour lui imposer les mains et l'envoyer. Lorsque Jésus allait à la croix, il a fallu un<br />
       homme noir pour porter la croix&amp;gt;&amp;gt;<br />
Pour le problème qui nous préoccupe, il ne nous semble pas suffisant de relever ces passages du pasteur<br />
Otabil. Il nous semble encore nécessaire de montrer, preuves à l'appui, autant que nous le pouvons, l'identité<br />
raciale réelle de ces illustres personnages bibliques à travers les Ecritures Saintes.<br />
         I. DE NOÉ ET D’ABRAHAM, NOUS ETIONS KAM BENI AU KMT (EGYPTE)<br />
Comme chaque peuple se reconnaît dans et par une dénomination particulière de son identité primaire, la<br />
raciale, les Egyptiens possédèrent, eux-aussi, un terme approprié à la couleur de leur peau, terme dans et par<br />
lequel ils se reconnurent et se désignèrent: kmt, signifiant littéralement les Nègres. &amp;lt;&amp;lt;Cette découverte<br />
importante a été faite du côté africain par [l'Africain de la côte ouest atlantique] Sossou Nsougan qui devait<br />
rédiger&amp;gt;&amp;gt; une partie &amp;lt;&amp;lt;du chapitre I&amp;gt;&amp;gt; de notre article, nous renseigne Anta Diop dans ses notes<br />
infrapaginales (p. 59. Il s'agit de "Origine des anciens Egyptiens" dans Actes du Colloque de l'UNESCO en<br />
1980, Histoire générale de l'Afrique, II, Afrique ancienne, Unesco, 1980). L’étude de Sossou Nsougan se<br />
trouve dans Wörterbuch der ägyptischen Sprache, c’est-à-dire Dictionnaire de la langue égyptienne (fünfter<br />
Band, Berlin: 1971, pp. 122 et 127).<br />
Dans l’antiquité judéo-égyptienne, plus précisément, dans la langue hébraïque, le terme &amp;lt;&amp;lt;Kam&amp;gt;&amp;gt; signifiait<br />
&amp;lt;&amp;lt;chaleur, noir, brûlé.&amp;gt;&amp;gt;(Diop, ibidem, op. cit., p. 59); celui de kmt, est &amp;lt;&amp;lt;le terme le plus fort qui existe en<br />
langue pharaonique pour indiquer la noirceur&amp;gt;&amp;gt;; &amp;lt;&amp;lt;il est de ce fait écrit avec un hiéroglyphe qui représente<br />
un bout de bois qui a charbonné et non des écailles de crocodiles&amp;gt;&amp;gt;. Désignant la couleur &amp;lt;&amp;lt;noir charbon<br />
dans la langue pharaonique&amp;gt;&amp;gt;, il est &amp;lt;&amp;lt;l’origine étymologique de kamit&amp;gt;&amp;gt;, et &amp;lt;&amp;lt;la racine biblique kam en<br />
dériverait.&amp;gt;&amp;gt; (Diop, idem, p. 59-60). Un autre terme : &amp;lt;&amp;lt;kmtjw -- les Nègres, les Noirs (littéralement): les<br />
Egyptiens par opposition aux autres peuples étrangers&amp;gt;&amp;gt; (Wörterbuch, op. cit., p. 128), &amp;lt;&amp;lt;dérive de la<br />
même racine km&amp;gt;&amp;gt;. Les Egyptiens l’utilisaient pour &amp;lt;&amp;lt;se désigner en tant que peuple et par opposition aux<br />
autres étrangers&amp;gt;&amp;gt; (Diop, ibidem).<br />
Les Egyptiens ont su se reconnaître – et amener les autres peuples à les reconnaître – dans et par la<br />
dénomination et la représentation des divinités de leur panthéon par des signes hiérogliphiques particuliers.<br />
Noirs, ils les ont peints et nommés:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;[...] noir ou nègre est l'épithète divine qui qualifie invariablement les principaux dieux<br />
       bienfaiteurs d'Egypte, tandis que les esprits maléfiques ont pour épithète de*srêt = rouge et nous<br />
       savons que, dans l'esprit des Africains, ce terme désigne les nations blanches&amp;gt;&amp;gt; (Diop, op. cit.,<br />
       p. 61).<br />
Prenons la peine de citer, à l’instar du Professeur Diop aidé du Dictionnaire de la langue égyptienne, les<br />
noms, tous à référentiel nègre, de ces divinités:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;1) km-wr: le grand noir; surnom d'Osiris d'Athribis [Wörterbuch, op. cit., p. 124];<br />
       2) kmj: le noir, le nègre, titre d'Osiris [Wörterbuch, op. cit., p. 125];<br />
       3) kmt: déesse, la noire [Wörterbuch, op. cit., p. 123];<br />
       4) km: noir, appliqué à Hathor, Apis, Min, Thot [Wörterbuch, idem];<br />
       5) set kemet: la femme noire, Isis [Wörterbuch, p. 492].<br />
       Remarque très importante ici: set-km = épouse noire en walaf, d’après Anta Diop.&amp;gt;&amp;gt;<br />
Un regard porté sur les récits bibliques, en rapport avec les habitants de la Vallée du Nil, l'Egypte et<br />
l'Ethiopie, nous met en contact avec Abram (Abraham) et sa vocation, Abraham à qui le Seigneur Yahvé<br />
enjoint:<br />
         &amp;lt;&amp;lt;Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t'indiquerai. Je ferai<br />
         de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom, sois une bénédiction ! Je bénirai<br />
        ceux qui te béniront. Je réprouverai ceux qui te maudiront. Par toi se béniront tous les clans de<br />
                                            la terre.&amp;gt;&amp;gt; ( Genese, 12, 1-3).<br />
Si les desseins de Dieu ne sont pas l'oeuvre du hasard, et si l'injonction faite à Abraham devrait avoir une<br />
signification fondamentale dans l'accomplissement de sa vocation, alors, le pays désigné devrait porter la<br />
marque de la bénédiction de Dieu, comporter toutes les ressources spirituelles et culturelles, aussi bien que<br />
matérielles d'ailleurs, autant de ressources nécessaires à l'accomplissement de cette mission salvatrice du<br />
peuple d'Israël. Or, ce pays s'appelle Canaan, pays habité par les Noirs déjà depuis longtemps, dès les tout<br />
débuts de la période proto-historique, selon les recherches de Cheikh Anta Diop ( Pages 126-127 de<br />
Nations Nègres et Culture, t. I, Présence africaine, 1979).<br />
Et ce fut la première révélation et la première promesse que fit Dieu à Abram. Une première étape de sa<br />
vocation. Mais, comme on pourra le dire dans ce cas, "Il n'y a jamais un sans deux". Effectivement, on verra<br />
que Dieu élargira, par une autre révélation, sa promesse, l'étendra sur d'autres nations, sur d'autres peuples.<br />
Ainsi, de: &amp;lt;&amp;lt;Je ferai de toi un grand peuple&amp;gt;&amp;gt;, on passera à: &amp;lt;&amp;lt;[...] tu deviendras père d'une multitude de<br />
nations. Et l'on ne t'appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d'une multitude de<br />
nations. Je te rendrai extrêmement fécond, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi.&amp;gt;&amp;gt; (Genèse,<br />
17, 4-6). Tel est le fruit de l’obéissance d’Abram à Dieu, après sa rencontre avec le Grand Prêtre de Salem,<br />
Grand prêtre de Paix -- puisque Salem signifie Paix, &amp;lt;&amp;lt;King of Peace&amp;gt;&amp;gt; ( Otabil, op. cit., p. 24.)<br />
Melchisédech, nom signifiant Roi de Justice, &amp;lt;&amp;lt;King of Righteousness&amp;gt;&amp;gt;.<br />
Tout se déroule comme par progression initiatique, changement de nom, symbolique d'une renaissance, d'une<br />
circoncision du coeur, culminant avec l'Alliance entre Dieu et Abraham et sa descendance, une descendance<br />
de générations en générations, qui ne se limite pas aux frontières de la seule nation d'Israël, mais touchera,<br />
une fois encore, l'Egypte:<br />
         &amp;lt;&amp;lt;J'établirai mon alliance entre moi et toi, et ta race après toi, de génération en génération, une<br />
           alliance perpétuelle, pour être ton Dieu et celui de ta race après toi. [...] Dieu dit à Abraham:<br />
         &amp;lt;&amp;lt;Et toi, tu observeras mon alliance, toi et ta race après toi, de génération en génération.&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;<br />
                                                   (Genèse, 17, 7.)<br />
En quoi précisément consiste cette alliance ? En ceci:<br />
        &amp;lt;&amp;lt;que tous vos mâles soient circoncis. Vous ferez circoncire la chair de votre prépuce, et ce sera<br />
             le signe de l'alliance entre moi et vous. Quand ils auront huit jours tous vos mâles seront<br />
          circoncis, de génération en génération. Qu'il soit né dans la maison ou acheté à prix d'argent à<br />
          quelque étranger qui n'est pas de ta race, on devra circoncire celui qui est né dans la maison et<br />
           celui qui est acheté à prix d'argent. Mon alliance sera marquée dans votre chair comme une<br />
          alliance perpétuelle. L'incirconcis, le mâle dont on n'aura pas coupé la chair du prépuce, cette<br />
                vie-là sera retranchée de sa parenté: il a violé mon alliance.&amp;gt;&amp;gt; (Genese, 17:11-14).<br />
Pour ce qui est de la symbolique des notions de « race » et de « nations » dans ces passages bibliques, on<br />
peut retenir que, dans ce contexte précis de la Genèse, outre les significations génétiques et géographico-<br />
culturelles qu'on leur connaît ordinairement, elles désignent tous les individus de quelque filiation parentale<br />
qu'ils soient avec Abraham:<br />
                  &amp;lt;&amp;lt;En fait, le Verset 7, nous dit Otabil, est une déclaration de la Promesse de l’Alliance<br />
        de Dieu envers les enfants d’Abraham par-delà les générations. Ce n’était pas seulement Isaac<br />
        mais toutes les nations qu’Abraham devrait parrainer.<br />
                          Lorsque Dieu parle de toutes les Nations, Il ne se réfère pas nécessairement à<br />
        une multitude de peuples. La plupart du temps, Sa référence aux nations s’applique aux<br />
        individus qui ne sont même pas encore nés.&amp;gt;&amp;gt;<br />
Le texte anglais l'énonce: &amp;lt;&amp;lt;Verse 7, nous dit Otabil, actually is a declaration of God's Covenant<br />
Commitment to all of Abraham's children across the generations. It was not only to Isaac but to all the<br />
nations that Abraham would father.<br />
          When God speaks of Nations, He may not necessarily be referring to multitudes of people. Most of<br />
the time His reference to nations are to individuals who are not even born yet.&amp;gt;&amp;gt; (op. cit., p. 29. C'est nous<br />
qui souligons).<br />
En fait, cette particulière dénomination se montre plus clairement dans Genèse, respectivement 25: 23 et<br />
21:13: 1) A Rebecca, la femme d'Isaac, Yahvé dit: &amp;lt;&amp;lt;Il y a deux nations en ton sein, deux peuples, issus de<br />
toi se sépareront, un peuple dominera un peuple, l'aîné servira le cadet [...] Quand vint le temps de ses<br />
couches, voici qu'elle portait des jumeaux&amp;gt;&amp;gt;, 2) A Abraham, Yahvé dit à propos d'Agar et d'Ismëll: &amp;lt;&amp;lt;mais<br />
du fils de la servante je ferai aussi une grande nation car il est de ta race.&amp;gt;&amp;gt; (C’est nous soulignons)<br />
A ne pas prendre donc uniquement dans un sens physico-anthropologique, notamment de couleur de peau<br />
cette notion de race ou de peuple. Ces remarques faites, il convient de bien situer ce deuxième type de<br />
révélations, de promesses et, plus particulièrement, de l'alliance entre Dieu et Abraham. A ce propos, la<br />
question à se poser est la suivante: quels sont les événéments marquants de cette étape de la vocation<br />
d'Abraham ? Et avec quels types de personnages eut-il affaire pour l'amorce de sa vocation ? Des passages<br />
bibliques nous en informerons.<br />
Nous avons plus spécialement, 1) sa rencontre avec le Pharaon, et la relation intime, presque maritale,<br />
provoquée par lui-même (Genèse 12, 10-20), du Pharaon avec sa femme, 2) la révélation de Yahvé à<br />
Abram concernant les 400 cents ans d'exil de ses descendants en terre égyptienne ( Idem, 15, 12-18.), 3) sa<br />
relation avec Agar, la servante égyptienne de sa femme Saraï -- plus tard Sara --, et la naissance d'Ismaël qui<br />
en résulta, dans sa 86° année (Idem, 16, 1-12.).<br />
Nous verrons ci-après que les relations entre les fils d'Israël, qui se sont établies dès la naissance et le<br />
mariage de Moïse, iront dans le sens précis de l'objet de notre démonstration. Car aux nombreux descendants<br />
de la croisée Israëlo-égyptienne, Abram-Agar, viendront s'ajouter ceux, non moins nombreux, d'Abram et de<br />
Keturah, la femme égyptienne de choix d'Abram: &amp;lt;&amp;lt;L'Ange de Yahvé dit à Agar: &amp;lt;&amp;lt;Je multiplierai<br />
beaucoup ta descendance, tellement qu'on ne pourra pas la compter.&amp;gt;&amp;gt; ( Idem, 16, 10). Il eut la première<br />
sous l'instigation bienveillante de sa femme stérile, Saraï. A ceci s'ajoute cette remarque que le métissage des<br />
peuples de l'Egypte antique, à prendre en compte les recherches de Cheikh Anta Diop, notamment, le<br />
peuplement des régions canaanéennes et sinaïques par des Kamites et Kushites, aurait précédé la vocation<br />
d’Abram même.<br />
Si la première femme égytienne d'Abram, Agar, peut rester insignifiante dans l'histoire biblique du peuple<br />
noir, à cause de sa condition d'esclave, il n’en serait de même pour la troisième femme d'Abraham, Keturah.<br />
Elle ne saurait demeurer « persona non grata », insignifiante. Son rôle est des plus prépondérants dans cette<br />
histoire, vu les fruits, les enfants qui en sont les vivants produits. Keturah donna à Abraham la majorité de<br />
ses enfants:<br />
          &amp;lt;&amp;lt;Abraham prit encore une femme, qui s'appelait Qetura, nous dit la Bible. Elle lui enfanta<br />
                    Zimrân, Yoqshân, Medân, Madiân, Yishbaq et Shuah.&amp;gt;&amp;gt; (Genese, 25:1-2)<br />
Rien ou très peu de choses ont été dites sur cette descendance de Keturah et d'Abraham, et dans la Bible et<br />
dans les écrits exégétiques des missionnaires. Cela n'a peut-être aucune importance pour eux. Nous n'avons<br />
pas à les taxer de laxisme ici, puisqu'il faut aussi tenir compte, surtout à propos des auteurs de la Bible<br />
(Ancien Testament), des intérêts immédiats, purement sémito-généalogiques, qui commandèrent la rédaction<br />
des textes, même si, comme dans le cas de Moïse, on peut y déceler des transformations idéologiques du<br />
temps motivées par les frustrations du peuple juif en exil.<br />
Cheikh Anta Diop attira notre attention sur de telles transformations (ou « inventions », comme il le dit à<br />
maints endroits), motivées par les frustrations du peuple juif en exil, transformations dont Moïse lui-même se<br />
trouverait être l’auteur. Qu’en est-il exactement, nous n’en savons vraiment rien pour l’instant. C’est là,<br />
soulevé, l’épineux problème de la composition de certains Livres de la Bible. Les exégètes pourront en dire<br />
plus. Lire peut-être, sur ce point, le Dr Maurice Bucaille dans son ouvrage intitulé Moïse et Pharaon: Les<br />
Hébreux en Egypte. Quelles concordances des Livres saints avec l'histoire ? (Paris: Seghers, 1995). Selon<br />
lui, tout cela ne serait que galimatias d'aberrations, la thèse d'un Moïse nègre, et d'anachronismes, celle d'un<br />
Moïse, contemporain d'Akhenaton. Nous reviendrons sur ces point un peu plus loin.<br />
Aux pages 44 à 47 de Nations Nègres et cultures, Anta Diop nous fait lire en tout cas:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;C'est dans ces circonstances qu'apparaîtra Moïse, le premier Prophète juif, qui en élaborant<br />
       l'histoire du peuple hébreu depuis ses origines, nous la présentera rétrospectivement, sous un<br />
       angle religieux. C'est ainsi qu'il fera dire à Abraham tant de choses que celui-ci ne pouvait<br />
       prévoir, tel que le séjour de 400 ans en Egypte, etc., etc. [...]<br />
                         Si le peuple égyptien a tant fait souffrir le peuple juif comme le dit la Bible, et si<br />
       le peuple égyptien est un peuple de nègres descendants de Cham comme le dit la même Bible,<br />
       on ne peut plus ignorer, en dépit de la légende de Noé ivre, les causes historiques de la<br />
       malédiction de Cham issue de la littérature juive entièrement postérieure à cette période de<br />
       persécution. Aussi Moïse, dans la Genèse attribuera à l'Eternel, s'adressant à Abraham en songe,<br />
       les paroles suivantes:<br />
                         &amp;lt;&amp;lt;Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera point à<br />
       eux; ils y seront asservis et on les opprimera pendant 400 ans. Mais, je jugerai la nation à<br />
       laquelle ils seront asservis et ils sortiront ensuite avec de grandes richesses.&amp;gt;&amp;gt; (Gen., XV, 13).<br />
                        Nous sommes ici à l'origine historique de la malédiction de Cham. Ce n'est pas<br />
       par hasard que la malédiction de Cham, père de Mizraïm, Pout, Kusch et Canaan, ne porte que<br />
       sur Canaan habitant du pays que les Juifs ont convoité durant toute leur histoire.&amp;gt;&amp;gt; (C'est nous<br />
       qui soulignons)<br />
Pour le besoin de la cause que nous défendons ici, il nous est néanmoins très instructif de tenir compte de ces<br />
faits de la descendance de Keturah. Or, malencontreusement, cette généalogie est absente dans les textes<br />
bibliques. Aussi, nous semble-t-il nécessaire, pour autant que procéder à une connaissance meilleure de ces<br />
personnages de la race noire est inévitable pour notre entreprise, de reconstituer, tant bien que mal, à l'instar<br />
d'Otabil, cette généalogie par le truchement de la signification des noms des descendants de Keturah.<br />
Le pasteur Otabil s'est donné la peine de rechercher la signification des noms des enfants de Keturah. Nous<br />
aimerons les repoduire ici tels qu'ils nous sont parvenus: le premier enfant Zimrân porte un nom qui, selon<br />
notre pasteur, est significatif pour le peuple noir, malgré tout le mal que Gobineau et ses acolytes y pourront<br />
trouver à dire. Ce nom signifie "Musical". Yoqshân, signifie "Insidious", "Insidieux", "Medân", "Strife"<br />
"Conflit" ("Dissension", "Lutte"), "Madiân", "Fighter", "Combatif" ("Pugiliste"), "Yishbaq", "Quit",<br />
"Quitter" ("Abandonner", "Laisser"). Ces noms suggèrent des troubles, des difficultés importantes dans leur<br />
union, nous conjecture (?) le pasteur Otabil. Mais le tout dernier démontre une amélioration de la situation<br />
conjugale, et une soumission finale, un don de soi entier de Keturah à Abraham. D'où le nom "Shuah" qui<br />
signifie "Etre humble", "To be humble". "Shuah", souligne le pasteur, est souvent rendu par Sheba dans la<br />
Bible. (Voir pour ces notes et commentaires, la page 34 de son ouvrage).<br />
Parmi les descendants de Keturah, Yoqshân, fut le premier à être mentionné progéniteur. De lui, viennent<br />
Sheba et Dedân (Genèse, 25:3; Voir également Genèse, 10: 6). Notons déjà ici que Sheba et Dedân sont<br />
présentés comme petits-enfants de Kush, et enfants de Rama, lui-même fils de Kush. Il est très intéressant de<br />
noter, comme le Pasteur Otabil nous le révèle, que ces noms des enfants de Yoqshân, sont des noms de<br />
Cushites ou du peuple noir, éthiopien en particulier (Voir Beyond the Rivers of Ethiopia, op. cit., p. 34).<br />
Pour s'en convaincre, il y a lieu de consulter les chapitre 9 et 10 de la Genèse. A cette partie de la Genèse,<br />
nous devons une plus grande lumière sur les thèses réelles ou supposées telles de la malédiction de Kam,<br />
Cham, ou Ham, le Noir. Très grande sera notre surprise lorsque l'on se rendra compte que ce sont toutes des<br />
thèses forgées, on ne sait comment, par l'imagination de certains des premiers exégètes de la Bible au service<br />
d’idéaux racistes, thèses perpétuées par les scientifiques et explorateurs eurocentristes malaisés dans leur<br />
contact avec le peuple noir, peuple dont le vrai passé échappe au génie créateur des eurocentristes, génie lui-<br />
même émoussé par leurs intentions malveillantes.<br />
Noé fut père de trois enfants: Sem (Shem), Cham (Ham) et Japhet (Japheth) et de ces trois se fit tout le<br />
peuplement de la terre (Genèse 9: 18-19). Avec leur père Noé, ils furent bénis de Dieu:<br />
         &amp;lt;&amp;lt;Dieu bénit Noé et ses fils et il leur dit: « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre ».&amp;gt;&amp;gt;<br />
                                       (Idem, 9:1. C’est nous qui soulignons)<br />
Voici ce qu'il en est de la grâce impartie à Noé et à ses fils, y compris Cham, dès leur sortie de l'Arche, à la<br />
fin du déluge. D'où vient donc l'histoire de la malédiction de Cham ? Voici l'histoire dont elle est issue:<br />
Noé devint cultivateur à la sortie de l'Arche -- probablement un très bon vigneron ! Un jour, il but du vin et<br />
s'enivra et se coucha tout dénudé. Cham le vit dans cet état lamentable et, plutôt que de le couvrir, il appela<br />
ses deux frères pour qu'ils vinssent le voir. Ce qu'ils firent, et, eux le couvrirent. Alors, à son lever, Noé,<br />
apprenant les faits, bénit le Dieu de Sem et, par l'intermédiaire de ce Dieu, celui de Japhet. Il est bien<br />
question du Dieu de Sem et de Japhet et non des deux frères de Cham eux-mêmes, c’est-à-dire non Sem et<br />
Japhet eux-mêmes. Et, plutôt que de maudire Cham lui-même, Noé maudit au contraire le quatrième fils de<br />
Cham, son petit-fils, Canaan (Genèse, 9: 20-28)<br />
                                             &amp;lt;&amp;lt; &amp;lt;&amp;lt;Maudit soit Canaan!<br />
                                Qu'il soit pour ses frères le dernier des esclaves&amp;gt;&amp;gt;<br />
                                                      Il dit aussi:<br />
                                          Bénit soit Yahvé, le Dieu de Sem,<br />
                                            et que Canaan soit son esclave!<br />
                                           Que Dieu mette Japhet au large,<br />
                                         qu'il habite dans les tentes de Sem,<br />
                                        et que Canaan soit son esclave!&amp;gt;&amp;gt; &amp;gt;&amp;gt;<br />
                                   (Genèse, 9: 23-27. C'est nous qui soulignons).<br />
On voit très bien qu'aucune malédiction n’est proférée contre le père biblique, symbolique, de la race noire,<br />
Cham. Donc aucune malédiction de la race noire. Voire, est-il très clair aussi, aucune bénédiction de ses<br />
frères, Sem et Japhet eux-mêmes. Car, Noé dit bien: &amp;lt;&amp;lt;Bénit soit Yahvé le Dieu de Sem. [...] et que Dieu<br />
mette Japhet au large, qu'il habite dans les tentes de Sem.&amp;gt;&amp;gt;, que Dieu le protège sous la garde de son frère<br />
Sem, puisque Sem fut le premier-né, et que, ne pouvant plus compter -- question de confiance probablement<br />
-- sur Cham, il ne peut que confier Japhet à Sem. Comble de l'étonnement, c'est le quatrième fils de Cham<br />
qui fut l'objet de la malédiction. Comment donc comprendre toute la transformation idéologique, au plus<br />
haut point malicieuse, que connut l'histoire de Cham, utilisée pour servir les causes de politiques<br />
expansionnistes, impérialistes et de gouvernements hideux, supportées par des clergés entiers du monde<br />
occidental ? La réponse, nous la laissons à Cheikh Anta Diop de nous la donner ( Revoir ses notes aux<br />
pages 44-47 de Nations Nègres et culture, op. Cit, dans ce texte-ci, p. 6).<br />
Pourquoi Canaan, et non Cham, le coupable de la honte qu'a éprouvée Noé? Le Pasteur Otabil nous en donne<br />
la réponse, habilité qu'il est plus que nous (?), à mieux interpréter la Bible. Selon lui, la bénédiction divine ne<br />
peut faire l'objet d'aucun marchandage, et nous ajouterons tout comme "A" ne peut pas être à la fois "A" ?et<br />
"B" -- un des principes logiques les plus rudimentaires: le principe de non-contradiction.<br />
        &amp;lt;&amp;lt;La réponse est directe et simple, nous dit Otabil. Cham fut déjà béni par le Dieu Tout-<br />
        Puissant selon le chapitre 9 verset 1 de la Genèse et Noé sut qu'il ne put défaire cette<br />
        bénédiction avec sa malédiction aussi fit-il de Canaan le bouc-émissaire du péché de son<br />
        père.&amp;gt;&amp;gt; (Voir Otabil, op. cit., p. 37. C’est nous qui soulignons).<br />
Canaan, avions-nous dit par Cheikh Anta Diop, fut un territoire longtemps convoité par les Juifs. Et, à la<br />
réponse d'Otabil, on pourrait ajouter cet autre passage de la Bible, portant sur Balaam, qui corrobore la thèse<br />
de l'irréversibilité de toute bénédiction divine. Balaam, aux prises avec Balaq, roi de Moab, qui le somma de<br />
maudire les Israëlites envahissant son territoire (Nombres, 22: 4-18.), répondit à Balaq:<br />
                                            &amp;lt;&amp;lt;Balaq me fait venir d'Aram,<br />
                                              viens fulminer contre Israël.<br />
                                            Comment maudirais-je quand<br />
                                                 Dieu ne maudit pas ?<br />
                                            Comment fulminerai-je quand<br />
                                    Dieu ne fulmine pas (Nombres, 23:7-8). [...]<br />
                                              Lève -toi, Balaq, et écoute,<br />
                                           prête-moi l'oreille fils de Zippor<br />
                                          Dieu n'est pas homme, pour qu'il<br />
                                                         mente<br />
                                              ni fils d'Adam, pour qu'il se<br />
                                                         rétracte<br />
                                            Est-ce lui qui dit et ne fait pas,<br />
                                            Qui parle et n'accomplit pas ?<br />
                                        J'ai reçu la charge d'une bénédiction,<br />
                                           je bénirai et je ne me reprendrai<br />
                                                          pas&amp;gt;&amp;gt;<br />
                                    (Idem, 23:18-20. C'est nous qui soulignons)<br />
Mais, on peut encore se demander : pourquoi Canaan et non les autres fils de Cham, sachant que Cham eut<br />
pour fils: Kush, Miçrayim, Put, Canaan (Genèse, 10: 6). ? Pourquoi donc Canaan et non Kam ou encore<br />
Kush, le représentant nominal direct de la race noire – probablement, les autres le furent également, qui sont<br />
aussi fils de Cham, si celui-ci joue le rôle de représentant nominal originaire de la race noire.<br />
En définitive donc, ni Kush ou Cush, ni Cham ou Kam n'ont fait l'objet d'aucune malédiction divine. Et<br />
comment le pourraient-ils si, même de par le principe logique de la non-contradiction, même d'après la<br />
science, une chose ne peut être et ne pas être à la fois, ici, la bénédiction divine ne peut à la fois être impartie<br />
à quelqu'un, à un peuple, et ne pas l'être. Ici, on peut aussi penser à Grotius le jurisconsulte : les lois<br />
naturelles, Dieu lui-même n’en saurait rien changer. Il n'apparaît aucune malédiction expresse de Dieu à<br />
l'endroit du peuple noir. Et même dans le cas où la Bible, la Genèse, nous en apprendra une, nous pouvons<br />
encore douter de son origine réelle, vu déjà que Moïse, le père spirituel d'Israël, fut lui-même, à en croire<br />
plusieurs dont Cheikh Anta Diop, auteur d'une falsification, d'une fausse présentation du moins, de l'histoire<br />
de Cham, de l’histoire croisée d’Israël et de Nubie (Egypte-Ethiopie). Mais avant de procéder plus loin, nous<br />
retiendrons, en définitive, contre ces doctrines et exégèses, les versets du psaume qui clament:<br />
          &amp;lt;&amp;lt;Princes and Princesses shall come out of Egypt, Ethiopia shall soon stretch out her hands<br />
            unto God&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;Depuis l'Egypte, des grands viendront, l'Ethiopie tendra les mains vers le<br />
                                            Seigneur&amp;gt;&amp;gt; (Psaume 68: 31).<br />
                &amp;lt;&amp;lt;Depuis l'Egypte, des grands viendront, l'Ethiopie tendra les mains vers Dieu&amp;gt;&amp;gt;.<br />
Il serait très intéressant d'évoluer un peu dans le cours de cette étude sur les personnages bibliques de race<br />
noire.<br />
                  II. DE KAM, NOUS ETIONS SAINTS KUSHITES EN KUSH (AETHIOPS)<br />
       Nous avions retenu que de Yoqshân, fils de Keturah, sortirent deux enfants du nom de Sheba et de<br />
Dedân, et que ces deux noms sont Kushites, c'est-à-dire, du peuple noir, Ethiopien, donc résidant dans les<br />
temps anciens dans la Vallée du Nil. Il appert, ce nous semble, du fait de la reprise des noms de génération en<br />
génération, comme dans la tradition islamiste, que les Kushites devraient avoir une tradition très solide, très<br />
forte, puisque les petits-enfants de Kush, fils de Noé, enfants de Rama, lui-même fils de Kush, s'appellent<br />
également des mêmes noms:<br />
            &amp;lt;&amp;lt;Fils de Cham: Kush, Miçrayim, Put, Canaan. Fils de Kush: Séba, Havila, Sabta, Rama,<br />
                                     Sabteka. Fils de Rama: Sheba, Dedân.&amp;gt;&amp;gt;<br />
                                                  (Genèse, 10:6-7).<br />
En tout cas, la famille de Kush aurait survécu en dignité autant que la famille de Shem, celle dont Abraham<br />
est issue. Et la famille de Kush aurait assuré la perpétuation de la famille de Shem, à travers Abraham au<br />
moins. La famille de Kush, par Keturah, n'a pas été cherché Abraham. Au contraire, c'est Abraham qui fit le<br />
premier pas vers les Kushites. Preuve qu'ils sont puissants, du moins qu’ils avaient quelque importance. Ce<br />
qui est vrai encore d'un des descendants de Kush, &amp;lt;&amp;lt;Nemrod, vaillant chasseur devant Yahvé&amp;gt;&amp;gt; dont la<br />
puissance impériale s'étend de &amp;lt;&amp;lt;Babel, d'Erek&amp;gt;&amp;gt;, en passant par &amp;lt;&amp;lt;Akkad&amp;gt;&amp;gt;, toutes des villes qui sont<br />
&amp;lt;&amp;lt;au pays de Shinéar&amp;gt;&amp;gt;, pays d'où &amp;lt;&amp;lt;sortit Ashshur&amp;gt;&amp;gt;; Nemrod &amp;lt;&amp;lt;batît Ninive, Rehobot-Ir, Kalah, et Rèsèn<br />
entre Ninive et Kalah (c'est la grande ville)&amp;gt;&amp;gt; (Genèse, 10: 8-12.). Et le Pasteur Otabil de soutenir:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;Cela n'a rien d'étrange pour nous, puisque après le déluge, ceux qui tinrent le destin du<br />
       monde en mains furent des Kushites.<br />
                         Ce n'est aucunement là professer la supériorité raciale des Kushites mais la voie<br />
       d’une compréhension du dessein de Dieu: des siècles durant, Dieu a choisi de missionner qui Il<br />
       veut pour Sa Gloire en dépit de la couleur de leur peau. Ce qui est d'ailleurs attesté par la<br />
       mission de l'un des descendants de Kush du nom de Nimrod décrit comme un personnage<br />
       puissant de la Terre. [...] il fut celui qui unifia les nations du monde et qui les dirigea dans la<br />
       voie de l'édification des toute premières cités modernes après le déluge [...] Ce fut son idée de<br />
       construire la tour de Babel qui, plus tard, mena à la dispersion des peuples [...] Probablement,<br />
       son gouvernement et sa religion eut maille à partir avec la volonté divine mais le fait demeure<br />
       qu'il fut le premier recteur et la première source de motivation des gouvernements du monde<br />
       après le déluge.&amp;gt;&amp;gt; (Otabil, op. cit., p. 38-39. C’est nous qui soulignons et mettons en gras)<br />
Un autre personnage, de loin l'un des plus importants Kushites, fut Havila, second fils de Cush. Nous lui<br />
accordons de l'importance du fait qu'il nous amène en plein coeur de la Vallée du Nil. L'origine, attestée<br />
bibliquement alors, de l'Humanité, puisqu'il sera question du fameux Jardin d'Eden où vécurent, selon la<br />
tradition biblique, nos tout premiers parents, Adam et Eve. Lisons ensemble les passages bibliques en<br />
question:<br />
        &amp;lt;&amp;lt;Un fleuve sortait d'Eden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras.<br />
        Le premier s'appelle le Pishôn: il contourne tout le pays de Havila, où il y a l'or; l'or de ce pays<br />
         est pur [...] Le deuxième fleuve s'appelle le Gihôn: il contourne tout le pays de Kush [...]&amp;gt;&amp;gt;<br />
                                               (Genèse, 2: 10-13).<br />
Rappelons la synonymie Kush-Ethiopie, et concluons sans commenter: quatre bras du fleuve sortait d'Eden,<br />
deux d'entre eux sont distinctivement identifés au pays de Kush, l'Ethiopie. N'est-ce pas là encore la preuve<br />
certaine que la Vallée du Nil est aimée et bénie des Dieux, comme ses tout premiers habitants, les Egyptiens,<br />
les Ethiopiens, bref les Nubiens ? On peut se poser cette question troublante, savoir: &amp;lt;&amp;lt;Dieu aurait-il situer<br />
le Jardin d'Eden dans un pays qui serait occupé par des gens à peau noire?&amp;gt;&amp;gt; ( Otabil, op. cit., p. 40), tout<br />
comme se convaincrait un Montesquieu de la légitimité de la traite des Noirs – à bannir entre Européens – en<br />
des termes d'un racisme aussi illuminant que les Lumières de son siècle -- le siècle des Lumières: &amp;lt;&amp;lt;On ne<br />
peut se mettre dans l'esprit, nous dit-il, que Dieu qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme<br />
bonne, dans un corps tout noir.&amp;gt;&amp;gt; (De l'Esprit des Lois, Paris: Garnier-Flammarion, 1979, Livre XV,<br />
chapitre V, p. 393).<br />
Les anciens habitants de la Vallée du Nil, l'Ethiopie, l'Egypte, Terres aimées des Dieux, les descendants de<br />
Kam, de Kush, et de Keturah, furent effectivement bénis de Dieu, d'après la Tradition biblique. Il en a de<br />
même, certes, des autres enfants d'Abraham, Ismaël et Isaac, purs Semites (de Shem). En nombre, les<br />
Kushites et les Kamites furent majoritaires parmi les fils d'Abraham. Mais, leur sort a voulu qu'ils n'héritent<br />
rien d'Abraham, à l'approche de la mort de celui-ci. Tout, et les dons d'esprit et les biens matériels furent<br />
accordés, selon la volonté divine, dit la Bible, à Isaac. Le lot d'Ismaël fut celui des biens matériels<br />
uniquement. Les fils directs de Kam perdirent en tout, laissés pour compte. Comment cela se fait-il, peut-on<br />
se demander ? Et peut-ont définitivement tenir que, sur le plan purement spirituel, ils leur manquèrent une<br />
part d’héritage venant d'Abraham ?<br />
Il ne nous semble pas qu'ils furent, à vrai dire, des déshérités sur tous les plans. A ce propos, deux choses<br />
nous semblent dignes de considération: primo, il ne faut pas perdre de vue, que sur le plan matériel, de la<br />
condition humaine, Abraham fut incité par sa femme Sarah quelque peu jalouse des autres femmes et de<br />
leurs enfants, et elle fut davantage jalouse des enfants de Kam en pensant à l'abondant héritage qui<br />
reviendrait à Isaac seul en l'absence des autres enfants d'Abraham. D'où son insistance à voir partir, à les voir<br />
chassés, loin d'Isaac. Dans de telles circonstances, les combler de dons matériels autant que spirituels serait<br />
presque, pour Abraham, faire preuve d'infidélité à l'égard de sa femme Sarah. Sur ce point, devrait compter<br />
de beaucoup pour nous et nous suffir l'absence de malédiction de la part d'Abraham à leur encontre.<br />
La cause du dénuement quasi-total des enfants de Kam se trouve donc dans une passion, un vice, un péché,<br />
dira-t-on: la jalousie. La Jalousie d’une descendante de Sem: Sarah! venant s’ajouter, sur le plan proprement<br />
historique, à l’envie, la convoitise des enfants de Sem – encore eux – envers le pays de Canaan.<br />
Secundo, à tenir compte de l'irréversibilité de toute bénédiction divine, il serait absolument faux de partager<br />
la thèse de privation d'héritage. Abraham, a béni tous ses descendants, y compris les fils de Kam, et il ne peut<br />
défaire cette alliance divine – divine, puisqu'il tient ses bénédictions de Dieu. Par conséquent, les Kamites et<br />
les Kushites sont bénis pour l'éternité.<br />
A ces deux arguments, peut venir s'ajouter celui de l'indépendance des Kamites. Rappelons-nous que ce fut<br />
bien Abraham qui fit le premier pas vers ce peuple et non l'inverse. En outre, depuis l'incident de la nudité de<br />
Noé, Kam fut abandonné à lui-même. Ce qui, probablement a accru son sens de l'indépendance aussi bien<br />
que celui de ses descendants.<br />
Finalement, tertio, et c'est ce qui nous semble plus décisif dans l’effort de compréhension de leur destin, c'est<br />
la nécessité spirituel – cosmique, disons-le – pour eux de développer leurs potentiels de force intérieure dans<br />
l'accomplissement de leur destin, de leur mission terrestre et cosmique. Comment peuvent-ils assumer<br />
autrement la tâche spirituelle qui leur est impartie par Dieu ?<br />
La force de cet argument, nous pouvons nous en convaincre en se référant à cet enseignement des plus<br />
fondamentaux de toutes les Traditions spirituelles, que plus tenaces et constants les efforts déployés dans<br />
l'affrontement des épreuves, plus riches et forts l'on devient sur tous les plans. Par conséquent, plutôt que de<br />
voir dans les descendants de Kam des êtres maudits, des « damnés de la terre », comme dirait un Franz<br />
Fanon, nous devons les prendre pour des exemples concrets, vivants, d'élevation spirituelle, en dépit de la<br />
dureté, de l'âpreté, de la rigueur crucifiante, quasi-eschatologique, de leur destin. Nous verrons ci-après que<br />
nos réflexions ne manquent ni de poids ni surtout de sens.<br />
Comment donc, après avoir tout perdu – en apparence, d'après nos remarques précédentes – ces Kamites et<br />
Kushites ont-ils pu montrer encore à la face du monde leur privilège divin en connaissance de tout genre et<br />
en sagesse ? En voici la trame historique partant de Jethro dont nous avions déjà parlé. Pour nous fixer les<br />
idées, rappelons que Jethro fut le prêtre de Madiân qui sauva Moïse après le bannisement de ce dernier de<br />
l'Egypte, et qui lui donna même sa fille, Zipporah ou çippora, en mariage. Zipporah eut deux fils avec<br />
Moïse. L'un s'appelait Gershom car, &amp;lt;&amp;lt;avait-il dit: &amp;lt;&amp;lt;Je suis un immigré en terre étrangère&amp;gt;&amp;gt; &amp;gt;&amp;gt;, l'autre<br />
s'appelait Elizer car &amp;lt;&amp;lt;le Dieu de mon père est mon secours et m'a délivré de l'épée de Pharaon&amp;gt;&amp;gt; (Ex., 18:<br />
2-4).<br />
Jethro fut, d'après les résultats des recherches du Pasteur Otabil, l'initiateur par excellence de Moïse depuis<br />
40 ans après son départ d'Egypte. Que le cours de la vie de Moïse pourrait être réparti en 3 fois 40 ans,<br />
comme l'atteste Otabil, cela ne nous intéresse pas tant ici. Par contre, sont à retenir, d'une part, ces 40 ans<br />
passés dans la cour du Pharaon en Egypte, et les 40 ans passés sous la sainte gouverne de Jethro. Toutefois,<br />
nous renverrons aux pages d'Otabil qui illustrent le déroulement de son initiation sous les auspices des<br />
Mystères d'Egypte, là où il y en a.<br />
Référons-nous aux Actes des Apôtres, Acts 7: 22, 29, qui déclare: &amp;lt;&amp;lt;Ainsi Moïse fut-il instruit dans toute la<br />
sagesse des Egyptiens, et il était puissant en paroles et en oeuvres&amp;gt;&amp;gt;, avant de s'enfuir pour se réfugier au<br />
pays de Madiân où il eut deux fils, avec la fille de Jethro. Il apparaît donc clairement, déjà à ce point de notre<br />
étude, par quelles voies, sans médiation, les descendants de Kam ont pu, déshérités qu'ils furent, reprendre<br />
les rênes de leur mission civilisatrice de l'Humanité. Par eux, comme on le dirait ordinairement, la pierre<br />
rejetée par les constructeurs, ici, le Semite Abraham, deviendra celle, angulaire, de la bâtisse sacrée. Ironie<br />
de l'histoire! dirait le pasteur, de voir qu'eux seuls parmi les fils d'Abraham ont pu garder la foi qui leur fut<br />
inculquée à l’origine (Op. cit., p. 46).<br />
Il faut encore se rappeler qu’un nommé Madiân fut un enfant direct d'Abraham et de Keturah, la Kushite,<br />
l'Ethiopienne. Puisque les noms représentaient l'appartenance raciale, culturelle, ou "tribale", et que Jethro<br />
est prêtre de Madiân, donc de Kush, il s'ensuit, et le pasteur nous le révèle, que Jethro a parenté avec<br />
Abraham, il en est un descendant; pas un descendant sémite pur certes. Ce qui peut expliquer plus facilement<br />
le passage de la sagesse de Kam à Kush, de Kush à Abraham par Keturah, d'Abraham et de Keturah<br />
finalement à Jethro. Du coup, s'explique aussi facilement, d’une part, l'entretien, par Jethro, de la flamme<br />
sapientiale dans sa dévotion sacerdotale, d’autre part, la destruction de cette flamme chez les descendants<br />
Sémites d'Abraham, et, finalement, son ravivement par Jethro, et sa transmission, par ce dernier, à Moïse:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;He was a descendent of Abraham who had obeyed the commands of Abraham concerning the<br />
       Almighty God ! Jethro kept the flame of Abraham's faith burning for Moses to partake of.&amp;gt;&amp;gt;<br />
Ce que nous traduisons par:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;Il [Jethro] était un descendant d'Abraham qui a obéit aux commandements d'Abraham<br />
       concernant le Dieu Tout-Puissant ! Jethro a maintenu brûlante la flamme de la foi d'Abraham<br />
       afin que Moïse y prenne part&amp;gt;&amp;gt; (Idem, p. 47)<br />
Selon la tradition rosicrucienne, par exemple, &amp;lt;&amp;lt;Moïse emporta avec lui le concept du Dieu Unique et<br />
Universel d'Akhenaton mais en l'adaptant à la psychologie plus rude du peuple hébreu&amp;gt;&amp;gt;. L'influence des<br />
idées d'Amarna (Tell-el-Amarna) sur les textes de l'Ancien Testament est aujourd'hui largement reconnue. Il<br />
est établit par la tradition rosicrucienne que l'Exode eut lieu pendant le règne d'Akhenaton, donc, une<br />
conclusion qui s’impose en même temps : les Egyptiens ne furent en aucun cas maltraités. &amp;lt;&amp;lt;Il est fort<br />
probable, nous dit Christian Larré, que Moïse, qui est mort très vieux, soit né au temps d'Akhenaton, et peut-<br />
être même à la cour d'Amarna.&amp;gt;&amp;gt;. En tout cas, selon l'histoire, &amp;lt;&amp;lt;Moïse reçut une éducation soignée<br />
certainement à la cour de pharaon, probablement celle d'Horemheb&amp;gt;. Celui-ci &amp;lt;&amp;lt;régna après la mort de Ay,<br />
lui-même ayant succédé à Toutankhamon&amp;gt;&amp;gt;. Il y a à noter cependant qu'il y a un siècle à peu près de<br />
décalage &amp;lt;&amp;lt;entre les données de l'histoire et l'esprit de la Tradition.&amp;gt;&amp;gt; (Voir Christian Larré, op, cit., p. 226).<br />
La connaissance de la Loi, des principes divins fut effective chez Moïse bien avant qu'il ne reçoive le<br />
Décalogue sur le Mont Sinaï, et ceci, sous l'influence d'un pharaon kemet Akhenaton. Le témoignage sur les<br />
relations ou la rencontre de Moïse avec Akhenaton se trouve également dans Cheikh Anta Diop (Nations<br />
nègres et cultures, t. 1, p.44). Voici ce qu'en rapporte, avec une sûreté sans détours, Anta Diop:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;Moïse vivait à l'époque de Tell-el-Amarna où Aménophis IV (Ikhnaton, vers -1400) tenta de<br />
       rénover le monothéisme égyptien primitf, qui s'estompait sous l'appareil sacerdotal et la<br />
       corruption des prêtres [il s'agit bien des prêtres d'Amon]<br />
                          Ikhnaton semble avoir tenté d'appuyer le centralisme politique dans l'immense<br />
       empire qui venait d'être conquis, sur un centralisme religieux: l'empire avait besoin d'une<br />
       religion universelle.<br />
                          Moïse aurait été touché par cette réforme religieuse. Il s'est fait, à partir de ce<br />
       moment, le champion du monothéisme dans le milieu juif.<br />
                          Le monothéisme, dans tout son abstraction, existait déjà en Egypte qui, elle-<br />
       même, l'avait emprunté au Soudan Méroïtique, Ethiopie des Anciens [il s'agit du culte de Râ ou<br />
       d'Amon-Râ] (Voir D. P. de Pédrals, Archéologie de l'Afrique Noire, Payot, 1950, p. 37.<br />
       Référence d'Anta Diop. C’est nous qui soulignons)<br />
Le choix du peuple égyptien par Dieu saurait-il être motivé par un simple besoin de survie matérielle – la<br />
fuite de la famine et des guerres ? Et pourquoi seulement le peuple égyptien, pas une seule fois, mais à toutes<br />
les fois qu'il y a crise dans l'existence d'Israël ? N'y avait-il pas d'autres peuples, à part Egypte, et à proximité<br />
d'Israël, qui jouissaient, en ces temps-là, de la paix et de l'opulence comparables à celles imparties à Egypte ?<br />
Dieu aurait-il choisi d'engager son élu sur une voie dangereuse – la recherche des plaisirs à ses yeux abjects,<br />
des plaisirs de la chair, des plaisirs de la luxure, de l'idolâtrie, lui qui veut les préparer pour mieux assumer<br />
un destion spirituel des plus sublimes ? Non, il n'en saurait jamais ainsi ! Le choix du peuple-hâvre de paix<br />
pour Israël l'élu obéit bien à des visées et prédicaments d'ordre plutôt spirituels que platement matériels. Dieu<br />
en toute connaissance de cause a indiqué à Israël le peuple, Kam et Kush, qui, en ces temps-là était sûrement<br />
le plus spirituellement élevé. C'est auprès de lui, de ce peuple noir, qu’Israël a pu trouver la voie de sa<br />
rédemption : le culte d'un Dieu Unique. Du reste, il arrive, dans le destin des peuples réduits, subornés aux<br />
désastres les plus existentiels, les plus matériels, de trouver, de puiser dans le spirituel leur ferment<br />
sotériologique, la lumière, la flamme de leur rédemption. C'est ce qui fait dire à Anta Diop:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;Dans l'atmosphère d'insécurité où se trouvait le peuple juif en Egypte, un Dieu prometteur de<br />
       lendemains sûrs était le soutien moral irremplaçable. Ainsi, après les réticences du début, ce<br />
       peuple qui ne semblait pas avoir connu le monothéisme jusque-là, contrairement à l'opinion de<br />
       ceux qui veulent en faire son inventeur, le portera néanmoins à un degré de développement<br />
       assez considérable.<br />
                          A l'aide de la foi, Moïse conduira le peuple hébreu hors d'Egypte. Celui-ci se<br />
       serait lassé très vite de ce culte et ne serait revenu que progressivement au monothéisme. (Veau<br />
       d'or d'Aaron au pied du Sinaï)<br />
                          Entré en Egypte au nombre de 70 bergers organisés en 12 familles patriarcales,<br />
       nomades sans industrie, sans culture, le peuple juif en sort 400 ans plus tard, au nombre de 600<br />
       000, après y avoir puisé tous les éléments de sa tradition future et, en particulier, du<br />
       monothéisme&amp;gt;&amp;gt; (Anta Diop, idem, op. cit. C’est nous qui soulignons)<br />
Plusieurs auteurs ont effectivement affirmé et radicalisé l'idée &amp;lt;&amp;lt;de la dette de la religion hébraïque à l'égard<br />
de l'Egypte&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;l'un des thèmes récurrents de la critique de l'histoire biblique&amp;gt;&amp;gt; aux XVII° et XVIII°<br />
siècles (Lire par exemple Yosef Hayim Yerushalmi, Le Moïse de Freud, (Paris. Gallimard, 1993, p.<br />
32). Au fond, l'idée &amp;lt;&amp;lt;d'une révélation égyptienne prémosaïque&amp;gt;&amp;gt; (ibidem, op. cit.) une telle idée doit être<br />
retracée jusqu'à la Renaissance européenne où florissaient les traditions hermétiques. Sur l'extrême richesse<br />
de la tradition hermétique à la Renaissance, lire, entre autres, Frances A. Yates, The Occult Philosophy in the<br />
Elizabethan Age (1979) (London etc., Routledge and Kegan Paul, 1984).<br />
Au rang des tenants de cette idée figurent, par exemple, à l'instar de Sigmund Freud, L'homme Moïse et la<br />
religion monothéiste (1950), chapitre III, surtout Première partie (Paris: Gallimard, 1956), James Henry<br />
Breasted, The Dawn of Conscience (New York: Charles Scribner's Sons, 1933, p. 22, 145, 369, passim),<br />
Max Weber, Le judaïsme antique (Paris: Plon, 1970, p. 173-174), Friedrich Schiller, Die Sendung<br />
Moses, in Sämtliche Werke, 4 (Munich: Carl Hanser1962, 783-804). Dans le même temps, tous ou<br />
presque ont aussi mis l'accent sur la contemporanéité de Moïse et d'Akhénaton. À eux peuvent ainsi venir<br />
s’ajouter les Synoptiques abondamment illustrés de Werner Keller, La Bible arrachée aux sables (Vienne /<br />
Düsseldorf, Econ Verlag S.A.R.L., 1963, p. 88 et passim et p. 333) et, parmi tant d'autres encore,<br />
Marcel Laperruque dans son récent ouvrage De l'Egypte ancienne à la Bible (Nantes: Opera, 1991, ch. III<br />
et X, entre autres).<br />
En face de ces positions toutes unanimes sur les faits, il est très surprenant de lire l'opposition plus que<br />
farouche du Dr Maurice Bucaille dans son ouvrage intitulé Moïse et Pharaon: Les Hébreux en Egypte.<br />
Quelles concordances des Livres saints avec l'histoire ? (Paris: Seghers, 1995). Selon lui, et selon Eliane<br />
Amado Lévy-Valensi, Le Moïse de Freud ou la Référence occultée (Monaco: Ed. du Rocher, 1984, p. 15<br />
entre autres), tout cela ne serait que gallimatias d'anachronismes.<br />
Il n'est d'ailleurs pas exclu que Moïse soit véritablement nègre selon maints érudits. En tout cas, ceci, une<br />
fois objet de doute, devrait faire l'objet de sérieuses investigations. Depuis les classiques, tels Strabon,<br />
Manéthon, Apion et Celse jusqu'aux modernes, l'idée a été soutenue, sans ambages, que Moïse était en réalité<br />
un Egyptien, un kamite, un noir. Freud, plus proche de nous, souleva le problème dans son ouvrage (chapitre<br />
I). Il serait intéressant de lire, sur ce point, Yosef Hayim Yerushalmi, Le Moïse de Freud, (op. cit., p. 22) qui<br />
rejette la thèse d'un Moïse nègre. Aux pages p. 32 et suivantes, il se réfère aux ouvrages de Stern, Greek and<br />
Latin Authors on Jews and Judaïsm (1976-80, vol. I, p.83, 299, 394; vol. 2., p. 277) . (En français, mais<br />
faits d'informations moins complètes: Théodore Reinach, Textes d'auteurs grecs et romains relatifs<br />
au judaïsme, Paris, 1895; Cet ouvrage est réédité par Georg Olms Verlagsbuchhandlung,<br />
Hidelsheim, 1963).<br />
Une fois encore, surprenant se révèle l'opposition radicale du Dr Maurice Bucaille dans son ouvrage intitulé<br />
Moïse et Pharaon: Les Hébreux en Egypte. Quelles concordances des Livres saints avec l'histoire ? (Paris:<br />
Seghers, 1995). Selon lui, et selon Eliane Amado Lévy-Valensi, Le Moïse de Freud ou la Référence<br />
occultée (Monaco: Ed. du Rocher, 1984, p. 15 entre autres) la thèse d'un Moïse nègre n'est qu'aberration.<br />
De toutes les façons, il faudra une finesse de serpent pour trouver, dans la Bible, une généalogie qui retrace<br />
le lignage de Moïse depuis les Patriarches et une autre qui le retrace depuis ses supposés ancêtres Kemet. Ce<br />
qui est sûr, c'est que dans un contexte de génocide tel que celui qu'Egypte avait fait subir aux Israëlites, une<br />
fille de la cour pharaonique, la propre fille du pharaon homicide eut toute l'ingéniosité, la ruse aussi bien que<br />
la discrétion nécessaires autant que ses servantes juives pour dissimuler un enfant israëlite aux officiers-<br />
bourreaux dépêchés par le pharaon pour éliminer les nouveaux-nés Israëlites (Ex. 1 et surtout 2).<br />
Même en supposant qu'il fut réellement Egyptien, faire de lui un héros, tel que, selon Freud, les Israëlites le<br />
firent, cela demeurent quelque peu surprenant. Car, ainsi que nous l'avions relevé dans Les racines<br />
égyptiennes de la philosophie occidentale, les peuples, disons avant le christianisme, n'ont pu dignement<br />
célébrer l'image de leurs dieux qu'en les rendant semblables à eux, qu'en les créant à leur image et à leur<br />
ressemblance. Dans cette optique, un Kamite, héros socio-politique, fondateur de religion destinée à un<br />
Sémite devrait paraître hautement accablant, du moins pour le peuple Sémite. Et à propos d’images, de<br />
représentations des divinités, rappelons que les peuples, surtout le peuple noir réclame aujourd'hui un Christ<br />
conforme à son image, sinon de couleur de peau du moins de culture.<br />
A tout le moins, rien n'empêche que Moïse soit issu d'un lien proscrit, notamment d'un lien entre une<br />
Egyptienne, de famille très influente et un Israëlite également de famille très influente, ou entre un Israëlite<br />
pur sang de famille très influente et d'une Egyptienne de condition basse (ou relativement basse), ou encore<br />
l'inverse. Et finalement, l'hypothèse d'une naissance de pur sang israëlite nous ramène encore à l'anecdote de<br />
l'audacieuse et ingénieuse dissimulation motivée par la divine compassion de la princesse égyptienne. Nous<br />
voyons donc qu’il est tout à fait inutile de nous empêtrer dans des complications génétiques à nous rendre<br />
fous. Freud lui-même et, avant lui, nous en sommes sûrs, n’ont pas pu établir de solides thèses.<br />
Pour notre propos, cette conclusion s’impose au moins : que ce soit le Kemet, par Akhenaton, ou Kush, par<br />
Jethro, le monothéisme noir, le culte d'un Dieu Unique Tout-Puissant, a survécu à la pseudo-puissance des<br />
idoles. Jethro, donc, tout comme Melchisédech, fut prêtre au service du Dieu Unique, le Dieu que Moïse<br />
connaîtra plus tard sur le Mont Sinaï (Nous renvoyons ici aux pages 48-50 d'Otabil et aux versets 13-<br />
27 du Livre de l'Exode, chapitre 18). L'enseignement du Prêtre en ces temps implique la connaissance, et<br />
plus particulièrement, la Loi de Dieu. Nous le lisons dans Malachi:<br />
             &amp;lt;&amp;lt;Car c'est aux lèvres du prêtre de garder le savoir et c'est de sa bouche qu'on recherche<br />
                             l'enseignement: il est messager de Yahvé Sabaot.&amp;gt;&amp;gt; (2:7)<br />
L'éminence, l'excellence de la prêtrise et de la sagacité gouvernementale de Jethro nous sont démontrées par<br />
le passage suivant de la Bible, passage qui montre qu'il fut en contact avec les plus grands prêtres et sages<br />
d'Israël, tel Melchisédech.<br />
En ce qui concerne l'excellence de la prêtrise de Jethro, rappelons ce qu’il dit à Moïse, son beau-fils, à la<br />
suite des rapports que celui-ci fait à son beau-père sur la délivrance de la servitude d'Egypte:<br />
                      &amp;lt;&amp;lt;Béni soit Yahvé qui vous a délivrés de la main des Egyptiens et de la main de<br />
       Pharaon, qui a délivré le peuple de la sujétion égyptienne. Maintenant je sais que Yahvé est plus<br />
                                              grand que tous les dieux...<br />
           Jethro, le beau-père de Moïse, offrit à Dieu un holocauste et des sacrifices. Aaron et tous les<br />
                anciens d'Israël vinrent manger avec le beau-père de Moïse en présence de Dieu&amp;gt;&amp;gt;<br />
                                       (Exode, 18:12. C’est nous soulignons)<br />
Même les anciens d'Israël reconnaissent en quelque sorte la sagesse et la connaissance des anciens habitants<br />
de la Vallée du Nil. Ils apprécient donc l'héritage intellectuel et spirituel des enfants de Kam et de Kush<br />
comme nous l'avons suffisamment établi auparavant.<br />
De même, en ce qui concerne la sagacité gouvernementale de Jethro, voici ce que celui-ci répondit à son<br />
beau-fils lorsque ce dernier lui rapporte l'aide considérable et épuisant en conseils qu'il a toujours su donner à<br />
son peuple:<br />
                   &amp;lt;&amp;lt;Tu t'y prends mal ! A coup sûr tu t'épuiseras, toi et le peuple qui est avec toi, car la<br />
          tâche est trop lourde pour toi, tu ne pourras pas l'accomplir seul. Maintenant écoute le conseil<br />
        que je vais te donner pour que Dieu soit avec toi. Tiens-toi à la place du peuple devant Dieu, et<br />
           introduis toi-même leurs causes auprès de Dieu. Instruis-les des décrets et des lois, fais-leur<br />
             connaître la voie à suivre et la conduite à tenir. Mais choisis-toi parmi tout le peuple des<br />
          hommes capables, craignant Dieu, sûrs, incorruptibles, et établis-les sur eux comme chefs de<br />
       millers, chefs de centaines, chefs de cinquantaines et chefs de dizaines. Ils jugeront le peuple en<br />
         tout temps. Toute affaire importante, ils te la déféreront et toute affaire mineure, ils la jugeront<br />
           eux-mêmnes. Allège ainsi ta charge et qu'ils la portent avec toi. Si tu fais cela et que Dieu te<br />
            l'ordonne tu pourras tenir et tout ce peuple, de son côté, pourra rentrer en paix chez lui.&amp;gt;&amp;gt;<br />
                                  (Ex; 18: 17-22 et Dt 1: 9-18. C'est nous qui soulignons.)<br />
Moïse, en tout cas, dut énormément à cette sagesse, puisqu'il reçut de lui les derniers conseils pour la<br />
gouverne du peuple d'Israël, des conseils le menant au Mont Sinaï, des conseils qui lui ont permis de<br />
remédier à ses maladresses dans l'assumption des charges de dirigeant de son peuple (Voir les passages de<br />
l'Exode auxquels nous nous étions référés, savoir: 18: 13-27). Par conséquent, le peuple d'Israël, le peuple<br />
Juif lui-même doit considérablement à la sagesse des descendants kamites et kushites. L’ouvrage, très<br />
acdamique, de Tryggve N. D. Mettinger, Solomonic State Officials. A Study of the Civil Government<br />
Officials of the Israelite Monarchy (1971) Lund (Sweden): University of Lund (Coniectanea Biblica: Old<br />
Testament Series 5), nous donne une idée précise de la décalque de la structure du pouvoir et des<br />
administrations d’Israël sur celle de l’Egypte dans l’antiquité. Davantage qu'une simple décalque, il s'agit,<br />
dans bien des cas, d'une réelle administration de certains pouvoirs de l'Etat hébreux par des Egyptiens de pur<br />
sang.<br />
                             III. DE KAM ET DE KUSH, PAR HOBAB, NOUS ETIONS JUDA<br />
Autre personnage important dans cette épopée des descendants de Kam, les Kushites et les Kemet, fut<br />
Hobab, le fils de Raguel, autre nom de Jethro. Son importance vient de sa mission exploratrice, en tant que<br />
guide du peuple d'Israël, à travers le désert. Selon le Pasteur Otabil, il fut la clé de voûte de la récupération<br />
de l'héritage d'Abraham, la clé de voûte de l'enrichissement spirituel et culturel que les fils et petit-fils de<br />
Kam eurent à ajouter à leur opulent patrimoine d'origine (op. cit., p. 55).<br />
Le fait est frappant de savoir à présent que le périple des fils d'Israël à travers le désert fut placé sous la<br />
supervision, la direction, le « leadership » d'un Madiânite, donc d'un Ethiopien, Hobab, même pas d'un<br />
Egyptien. Tant d'encre ont coulé par la plume des exégèses, tant de salives ont été secrétées par les sermons<br />
et prêches sur la traversée de la Mer Rouge et du Désert par les Israëlites. Jamais, rien n'en est ressorti<br />
comme information sur l'appartenance raciale de Hobab. Grâce à Dieu et à l'intelligence, à la perspicacité<br />
d'esprit de Pasteur Otabil, aujourd'hui, cette appartenance raciale est sortie des méandres obscures des secrets<br />
religieux. Lisons ensemble le passage qui s'y rapporte:<br />
        &amp;lt;&amp;lt;Les fils de Hobab, le Qénite, beau-père de Moïse, montèrent de la ville des Palmiers avec les<br />
         fils de Juda jusqu'au désert de Juda qui est dans le Négeb d'Arad, et ils vinrent habiter avec le<br />
                                                      peuple.&amp;gt;&amp;gt;<br />
                                      (Juges, 2: 16. C’est nous qui soulignons)<br />
Etonnante découverte ! Ce qui fait exalter l'âme du Pasteur en ces termes très appelants:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;Des Noirs dans la Terre Promise ? Oui ! [...] Ayant en partage l'héritage de Judah ? Oui!<br />
                 Les enfants de Madiân [de Kush] figurèrent au premier plan dans l'accomplissement de<br />
       la volonté divine en faveur d'Israël.<br />
                 Lorsque l'heure arriva pour Dieu de manifester Son plan de rappatriement d'Israël en<br />
       Egypte, Il missionna un groupe Madiânite [un groupe Kushite] pour amener Joseph en Egypte.<br />
       C'est par Joseph que le reste du peuple d'Israël s'introduisit en Egypte.<br />
                 Un prêtre Madiânite fut chargé de préparer Moïse à la délivrance de la servitude<br />
       d'Israël.<br />
                 Dieu confia encore aux mêmes Madiânites la mission de les conduire à la terre promise.<br />
       Est-ce là une coïncidence ? Non, cela s'appelle Plan Divin !&amp;gt;&amp;gt; (op. cit., p. 57. C’est nous qui<br />
       soulignons)<br />
N'eut été Hobab, et son art d'explorateur, l'Alliance Divine avec le peuple d'Israël fut restée inaccomplie. La<br />
race noire doit donc se réjouir de la Grâce que Dieu lui a impartie depuis les premiers foyers de la<br />
civilisation humaine. L'histoire salvatrice du peuple noir en faveur d'Israël, en faveur du peuple Juif, ne<br />
s'estompe pas là. Bien d'autres faits bibliques, réalités historiques, concourent de façon tangible à la<br />
reconnaissance de cette mission rédemptrice que ce peuple avait dignement assumée et qu'elle assume encore<br />
de nos jours en dépit de la pauvreté matérielle qui est son lot le plus reconnu. La lignée messianique,<br />
christique, la lignée des oints de Dieu, les « Shiloh » doit être nécessairement retracée jusqu'à cette mission<br />
dirigeante du peuple noir. Oui, au fond, cette lignée y prend sa source !<br />
Nous nous permettons pour ce faire de nous référer à ce passage du Pasteur, avant de le traduire afin de<br />
révéler sa puissance profondément évocatrice:<br />
       &amp;lt;&amp;lt;The prophecy [évoquée dans Genèse 49: 9-11] introduces Judah as a Lion which denotes<br />
       boldness. The prophecy also establishes Judah as the bearer of the Sceptre and the Lawgiver<br />
       which is reference to Kingship. Most importantly it identifies Judah as the tribe from which<br />
       « Shiloh » -- the presence of God or Immanuel -- shall come . Did the inheritance of Keturah's<br />
       children include all these? Oh yes, it did ! It literally linked up to these black people with God's<br />
       purposes in bringing redemption to humanity.<br />
                 It is as if God was saying, « Abraham did not give you an inheritance, he sent you off<br />
       but I am going to put you in the centre of my redemption plan to bring salvation to<br />
       mankind ».&amp;gt;&amp;gt; (Op. cit., p. 61)<br />
Nous traduisons:<br />
                &amp;lt;&amp;lt;La prophécie [évoquée dans Genèse 49: 9-11] introduit Judah comme un Lion, ce qui<br />
       dénote de la sublimité. La prophécie établit aussi Judah porteur du Sceptre et Législateur, une<br />
       référence à la Royauté. Plus important encore, elle identifie Judah comme la tribue d’où<br />
       proviendra le « Shiloh » -- la présence de Dieu ou Emmanuel. L’héritage des enfants de Keturah<br />
       inclut-il tout ceci ? Oh oui, il l'inclut ! Le plan de Dieu pour la rédemption de l’humanité se<br />
       rattache littéralement à ce peuple noir.<br />
                    C’est comme si Dieu disait, « Abraham ne t’avait donné aucun héritage, il t’a<br />
       renvoyé mais je te mettrai au centre de mon plan derédemption pour le salut de l’humanité.&amp;gt;&amp;gt;<br />
Les descendants de Kam, Kushites et Kemet, étaient là dès le départ. Ils étaient présents, même dispersés,<br />
renvoyés donc à l’Est par Abraham qui leur a préféré Isaac, sous l’instigation malveillante de Sarah, sa<br />
première femme (Genèse, 25:6), et ils étaient présents, parmi les Mages, à la naissance du Sauveur de<br />
l’Humanité, Emmanuel, Jésus le Christ – au moins un parmi les Mages. Ils étaient présents au moment de sa<br />
passion, en la personne de Simon de Cirène, celui qui l’a aidé à transporter sa croix jusqu’au Calvaire. Ils<br />
étaient là à recevoir les Ecritures avant Cornelius, le Romain, le premier des Gentils, en la personne de<br />
l’Eunnuque Ethiopien. en la personne du seul Ethiopien que Philippe était parti chercher. Oui, dira le Pasteur<br />
Otabil, &amp;lt;&amp;lt;Africa got the Gospel before Europe&amp;gt;&amp;gt; (Op. cit., p. 62)<br />
La conclusion du Pasteur, savoir, &amp;lt;&amp;lt;Africa got the Gospel before Europe&amp;gt;&amp;gt;, elle est à prendre au sérieux ! A<br />
y réfléchir sérieusement, même les plus effrontés de ceux qui portent en eux et nourrissent encore la plus<br />
ignominieuse des haines raciales devraient, à présent, historiquement du moins, le reconnaître. D’où<br />
l’importance du titre de ce texte : &amp;lt;&amp;lt;Nous étions là ou Célébrons-nous si le monde nous abêtit&amp;gt;&amp;gt;. Titre qui<br />
n’a rien d’absurde ni d’osé si on le compare aux injonctions béatifiantes que nous laissa le Shiloh, l’Oint,<br />
Jesus Christ, et que nous ramassons en cette formule simple: &amp;lt;&amp;lt;Réjouissez-vous si l’on vous persécute,<br />
soyez dans l'allégresse ! &amp;gt;&amp;gt; (Mt 5, Lc 6, les Béatitudes).<br />
         IV. ET PAR LE CHRIST-SHILOH, NOUS AVONS OINTS SAUL ET BARNABAS<br />
L'influence des Noirs dans l'histoire du Christianisme naissant est à compter parmi les merveilles de la<br />
civilisation spirituelle de l'Humanité chrétienne. Comme elle l’est parmi celles de toute l’Humanité. Elle<br />
s'étend d'ailleurs jusqu'à l'imposition des mains aux Apôtres Saul et Barnabas. Actes des Apôtres 13:1-3:<br />
          &amp;lt;&amp;lt;Il y avait dans l'Eglise établie à Antioche des prophètes et des docteurs: Barnabé, Syméon<br />
        appelé le Niger, Lucius de Cyrène, Manaën, ami d'enfance d'Hérode le tétrarque, et Saul. Or, un<br />
        jour, tandis qu'ils célébraient le culte du Seigneur et jeûnaient, l'Esprit Saint dit: &amp;lt;&amp;lt;Mettez-moi<br />
        donc à part Barnabé et Saul en vue de l'oeuvre à laquelle je les ai appelés&amp;gt;&amp;gt;. Alors, après avoir<br />
                   jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent à leur mission.&amp;gt;&amp;gt;<br />
Deux donc des 5 prophètes et docteurs réunis, ceux dont deux allaient commencer leur mission<br />
évangélisatrice furent de race noire: Syméon appelé le Niger [le Nègre] et Lucius de Cyrène.<br />
Last but not least, le mouvement charismatique, pentecôtiste, qui transforma la pratique chrétienne de<br />
recueillements et de prières en des assemblées de guérison, dès les débuts du siècle, en 1900, ce mouvement,<br />
Pasteur Otabil nous le rapporte, fut mis sur pied sous l'instigation et le « leadership » de William Seymour,<br />
&amp;lt;&amp;lt;a black man!&amp;gt;&amp;gt; (Op. cit., p. 63-64) Cela nous rappelle encore Imhotep – Temple de la Paix –, le père de la<br />
Médecine, de la Thérapeutique sacrée égyptienne, bien avant le Grec Hypocrates : a black man !.<br />
Afin de montrer qu’il a été nécessaire, pour le « Gospel », d’avoir une longue histoire – plus de 4 000 ans –<br />
période de préparation du peuple élu, mieux des peuples élus, les Shiloh, les Oints de Dieu –, il serait peut-<br />
être intéressant de reprendre ici un texte très émouvant, un texte que contient déjà notre ouvrage intitulé<br />
« Les Racines négro-égyptiennes de la Philosophie occidentale ». Car ce n’est jamais assez de se rappeler<br />
son destin et ses mérites à soi, comme l’on dit « un devoir de mémoire ». Perdre de vue cet aspect de notre<br />
tâche, c’est maintenir les peuples dans un immobilisme glacial, c’est, sur le plan de la conscience éthique, les<br />
condamner à l’involution. S’il en est ainsi, c’est parce qu’il est absolument indispensable que ce qui<br />
provoque et choque nos sensibilités à fleur de peau, cela doit, au fil de l’histoire, nous devenir d’une<br />
familiarité toute naturelle, une partie de nous-mêmes, afin, du moins, que nous puissions, si c’est un vice y<br />
remédier à l’avenir ou si c’est une vertu la cultiver sans relâche. Compte tenu de ceci, il nous est tout à fait<br />
d’un impératif catégorique de ne jamais nous lasser de mettre en valeur nos mérites, nos bonnes actions, bref,<br />
notre nature morale et spirituelle.<br />
Le texte en question reste de loin l'un des plus émouvants de l'hermétisme, &amp;lt;&amp;lt;dernière manifestation de la<br />
connaissance égyptienne&amp;gt;&amp;gt; (L'héritage spirituel de l''ancienne Eygpte, op. cit., p. 238). Attribué à Hermès<br />
Trismégiste, (le Thot de nos ancêtres Egyptiens), personnage mythique, représentation de la Tradition<br />
Primordiale, de la Sagesse des peuples, c’est un discours prophétique qu'Hermès adresse à Asclépios (Idem),<br />
un discours empreint d'une très grande mélancolie. Une nostalgique mélancolie &amp;lt;&amp;lt;exprimant un monde<br />
finissant&amp;gt;&amp;gt; (Ibidem).<br />
       &amp;lt;&amp;lt;Ignores-tu, ô Asclépios, que l'Egypte est l'image du ciel, ou plutôt, qu'elle est la projection<br />
       ici-bas de toute l'ordonnance des choses célestes ? S'il faut dire la vérité, notre terre est le temple<br />
       du monde. Cependant, comme les sages doivent tout prévoir, il est une chose qu'il faut que vous<br />
       sachiez: un temps viendra où il semblera que les Egyptiens ont en vain observé le culte des<br />
       dieux avec tant de piété, et que toutes leurs saintes invocations ont été stériles et inexaucées. La<br />
       Divinité quittera la terre et remontera au ciel, abandonnant l'Egypte, son antique séjour, et la<br />
       laissant veuve de religion, privée de la présence des dieux. Des étrangers remplissant le pays et<br />
       la terre, non seulement on négligera les choses saintes, mais, ce qui est plus dur encore, la<br />
       religion, la piété, le culte des dieux seront proscrits punis par les lois. Alors, cette terre sanctifiée<br />
       par tant de chapelles et de temples sera couverte de tombeaux et de morts. Ô Egypte, Egypte! Il<br />
       ne restera de ta religion que de vagues récits que la postérité ne croira plus, des mots gravés sur<br />
       la pierre et racontant la piété. Le Scythe ou l'Indien, ou quelque autre voisin barbare habitera<br />
       l'Egypte. Le Divin remontera au ciel, l'humanité abandonnée mourra tout entière, et l'Egypte<br />
       sera déserte et veuve d'hommes et de dieux.<br />
                 Je m'adresse à toi, fleuve très-saint, et je t'annonce l'avenir. Des flots de sang, souillant<br />
       tes ondes divines, déborderont tes rivages, le nombre des morts surpassera celui des vivants, et<br />
       s'il reste quelques habitants, Egyptiens seulement par la langue, ils seront étrangers par les<br />
       moeurs. Tu pleures, ô Asclépios ! Il y aura des choses plus tristes encore. L'Egypte elle-même<br />
       tombera dans l'apostasie, le pire des maux. Elle, autrefois la terre sainte, aimée des dieux pour<br />
       sa dévotion à leur culte; elle sera la perversion des saints, l'école de l'impiété, le modèle de<br />
       toutes les violences. Alors, plein du dégoût des choses, l'homme n'aura plus pour le monde ni<br />
       admiration ni amour. Il se détournera de cette oeuvre parfaite, la meilleure qui soit dans le<br />
       présent comme dans le passé et l'avenir. Dans l'ennui et la fatigue des âmes, il n'y aura plus que<br />
       dédain pour ce vaste univers, cette oeuvre immuable de Dieu, cette construction glorieuse et<br />
       parfaite, ensemble multiple de formes et d'images, où la volonté de Dieu, prodigue de<br />
       merveilles, a tout rassemblé dans un spectacle unique, dans une synthèse harmonieuse, digne à<br />
       jamais de vénération, de louanges et d'amour. On préférera les ténèbres à la lumière, on trouvera<br />
       la mort meilleure que la vie, personne ne regardera le ciel. L'homme religieux passera pour un<br />
       fou, l'impie pour un sage, les furieux pour des braves, les plus mauvais pour les meilleurs.<br />
                 L'âme et toutes les questions qui s'y rattachent -- elle est née mortelle, peut-elle espérer<br />
       conquérir l'immortalité ? -- tout ce que je vous ai exposé ici, on ne fera qu'en rire, on n'y verra<br />
       que vanité. Il y aura même, croyez-moi, danger de mort pour qui gardera la religion de<br />
       l'intelligence. On établira des droits nouveaux, une loi nouvelle, pas une parole, pas une<br />
       croyance, sainte, religieuse, digne du ciel et des choses célestes. Déplorable divorce entre les<br />
       dieux et les hommes ! Il ne reste plus que les mauvais anges, ils se mêlent à la misérable<br />
       humanité, leur main est sur elle, ils la poussent à toutes les audaces mauvaises, aux guerres, aux<br />
       rapines, aux mensonges, à tout ce qui est contraire à la nature de l'âme. La terre n'aura plus<br />
       d'équilibre, la mer ne sera plus navigable, le cours régulier des astres sera troublé dans le ciel.<br />
       Toute voix divine sera condamnée au silence, les fruits de la terre se corrompront, elle cessera<br />
       d'être féconde; l'air lui-même s'engourdira dans une lugubre torpeur. Telle est la viellesse du<br />
       monde, irreligion et désordre, confusion de toute règle et de tout bien...&amp;gt;&amp;gt; (Cité d'après<br />
       Christian Larré, p. 238-240)<br />
Sans contredit, en ce qui concerne la communion de l'homme avec le Divin, l'Egypte, et toute la Vallée du<br />
Nil, l'Ethiopie, bref la Nubie toute entière, fut, est et demeure, une Terre des Dieux. C'est fort de la justesse<br />
de ce jugement que, comparable à une défense de la vague toujours montante d'une bonne partie du peuple<br />
noir, Jamblique, qui eut à séjourner studieusement dans la Vallée pendant une vingtaine d'années, tout<br />
comme Pythagore, enjoignit:<br />
        &amp;lt;&amp;lt;Suppose plutôt que la communion des dieux est échue d'abord aux Egyptiens, et que, pour<br />
        cela, les dieux se réjouissent d'être invoqués selon les rites égyptiens.&amp;gt;&amp;gt; (Cité d'après Christian<br />
        Larré, op. cit., p. 241)<br />
                             V. AUSSI, PAR NOUS-MÊMES, GLORIFIONS-NOUS EN DIEU !<br />
Il est très heureux que, de nos jours encore, la capacité mémorisatrice, propre de la tradition orale, fait encore<br />
ses preuves, elle qui, bien entretenue par les vieillards, les sages de l'Ethiopie et de la Nubie, fournit encore<br />
toutes les instructions à ces fils et petits-fils de l'Afrique et de la diaspora qui y vont fréquemment puiser à la<br />
source intarissable de leur histoire. Ils ne peuvent les obtenir, ces instructions, de ceux qui pensent qu’ils<br />
n’ont pas l’intelligence, la raison voire l’âme en partage avec tout le humain. D’où le thème de notre – mon<br />
collègue Afro-américain (Canada) d’Haïti Weber Tiecoura et de moi-même – dernier et tout récent ouvrage<br />
intitulé : Le Bicolore. Fin de l’Humanité – Genèse de la Négro-Divinité (Montréal : Legba/Ogu/Fweda,<br />
2000).<br />
Remarquons qu’un bon nombre de ceux-là qui sont surtout reconnus pour leur radicalité dans la lutte pour la<br />
restauration du vrai historique, les adeptes du mouvement rastafarien, y ont élu domicile déjà par le<br />
consentement de celui qu’ils appellent le Negus Nagast, le Roi des Rois. Ils sont présents à Shashamane<br />
depuis les simples Rastas en passant par les Bobos-Rasta ou simplement Bobo (les Orthodoxes Coptes,<br />
descendants directs des Esclaves Maroons ou Marons en français) jusqu’aux plus élevés de l’échelle de la<br />
Tradition Rasta, les Nyabinghi, mot d’origine africaine probablement Swahili (Kenya, Burundi et Rwanda<br />
en tout cas), mot signifiant « Grand Prêtre » chez les Rwandais et les Burundais et donc, pour cette<br />
signification, chez les Nyabinghi aussi. Ces derniers, selon leurs propres dépositions, ne se peuvent laisser<br />
influencer par aucune autre tradition excepté part que celle des Afriques profondes.<br />
Nous sommes de cette intransigeante opinion que, vu la rudesse des méthodes employées pour détruire ou<br />
cacher le vrai visage historique de l'Afrique, c'est dans l'honnête radicalité et rigueur absolue de leur<br />
recherche que l'Afrique noire recouvrera une bonne partie de la vérité sur son passé, du moins celle qui<br />
restent encore à découvrir sur la tradition Kushite et Kamite.<br />
Ce mouvement qui, par manque d'informations sérieuses et d’ouverture d’esprit, mais aussi, avouons-le, de<br />
sens de responsabilité morale de certains pasticheurs de leurs pratiques, ce mouvement donc se voit réduit à<br />
une simple culture de drogues, les fils et filles de l'Afrique leur doivent entière reconnaissance.<br />
Heureusement d’ailleurs que, sur ce point, certains des plus vertueux pratiquants du culte élèvent leurs voix<br />
contre ces fausses images.<br />
C'est fort de la noblesse qui inspire leurs oeuvres que nous nous permettons de rapporter ici, comme comme<br />
ailleurs, certains éléments de leurs contributions à la pleine reconnaissance de la négritude de leurs ancêtres<br />
Kush et Kemet. Des nombreux ouvrages d'érudition et de culture qu'ils ont daigné mettre à disposition des<br />
chercheurs curieux d'en savoir plus sur leur mouvement, nous retenons la Bible des Noirs, en deux<br />
composantes : 1) le « Kebra Negast (ou Nagast) » (Nous nous référons ici à la traduction anglaise du<br />
folkloriste Gerard Hausman, intitulée The Kebra Nagast: The Lost Bible of Rastafarian Wisdom and the<br />
Faith from Ethiopia and Jamaica, introduction by Ziggy Marley, Jamaica: St Martin Press, 1997). Pour sa<br />
signification : « The Chronicle of Kings » en Anglais, « La Chronique des Rois », pas seulement des Rois<br />
noirs, mais aussi ceux, Juifs surtout, qui ont eu à puiser dans la Tradition royale de l’Ethiopie et de l’Egypte,<br />
et que l’Ancien Testament nomment « Patriarches » ; 2) Le « Fetah Negast ou Nagast », « The Glory of<br />
Kings », « La Gloire des Rois ». On utilise souvent l’une ou l’autre appellation pour indiquer le même<br />
ouvrage, le Kebra Nagast. Notons, en passant, que l'original de la traduction anglaise de ce Livre Sacrée (De<br />
Sir Wallis Budge, dont nous ne disposons pour l’instant qu'un extrait de source inconnue intitulé: « The<br />
Solomonic Line: The Queen of Sheba and Her Only Son Menelik », pp. 30 ss) cet original fut préfacé, le 23<br />
Juillet 1961, par Le Negus d'Ethiopie, l’Empereur nommé Haile Selassie, nom signifiant: Pouvoir de la<br />
Trinité.<br />
Le Livre en question retrace les rapports multiples du peuple noir de l'antiquité avec celui d'Israël, et des<br />
autres peuples antiques, rappelle la négritude ou « négrité » des peuples antiques de la Vallée du Nil. De la<br />
même importance se révèle ceux de Leonard Barret, The Rastafarians: The Dreadlocks of Jamaïca (London<br />
(England), Ibadan (Nigeria), Nairobi (Kenya), et al.: Heinemann Educational Books, 1977), et d'Horace<br />
Campbell, Rasta and Resistance: From Marcus Garvey to Walter Rodney (London (England): Hansib<br />
Publishing Limited, Tower House, 1985), auxquels nous ajoutons, pour les amateurs du Reggae, la Musique<br />
des Rois (rex, regis, regis, en latin) l'ouvrage français de Denis Constant, Aux sources du Reggae<br />
(Roquevaire (France), Editions Parenthèses, 1982. Leurs informations, ils ne l'ont trouvé nulle part ailleurs<br />
que dans la Bible et dans le Kebra Nagast, sinon dans certains cas, dans leurs contacts fréquents avec les<br />
vieux dépositaires de la tradition écrite, mais surtout orale, de l'Ethiopie, de la Nubie, de l’Ouganda, du<br />
Zimbabwe et autres.<br />
Dans ces ouvrages, les points suivants sont à retenir :<br />
1) Le Roi Salomon, le plus sage des sages de l'histoire biblique, eut commerce sexuel avec la Reine Makeda<br />
de Sheba (Cheikh Anta Diop a émis ses doutes sur ce rapport et donc aussi sur la filiation Menelik-<br />
Salomon.). Ils eurent ensemble un fils du nom de Menelik I.<br />
2) Les Rois légitimes d'Ethiopie [Il s’agit de l’ancienne Abyssinie. Nous précisons ceci, pour éviter des<br />
anachronismes] sont les descendants du Roi Salomon d'Israël (Il est évident que la descendance dont il est ici<br />
question n’est nullement génétique. Il est plutôt, étant donné la sagesse légendaire du Roi Salomon et l’idée<br />
de légitimité ici exprimée, de lien qualitative de gouvernance, d’égale personnalitö morale). Le Tabernacle<br />
de la Loi de Dieu, l'Arche de l'Alliance fut déportée de Jerusalem à Axum par Menelik I, le premier des Fils<br />
de Salomon. Ils en sont jusqu'à présent les Gardiens (Ce qui fut attesté dans un discours prononcé par<br />
Menelik II, en référence à la toute première des traductions, française, du Kebra Nagast, hors d'Ethiopie).<br />
3) Et celui qui régnait sur le Trône de David son père était Jésus Christ, Fils de ses entrailles provenant de la<br />
chair d'une vierge. Il s'était assis sur le Trône de sa Divinité, le Roi d'Ethiopie, le premier-né de Salomon; à<br />
Lui, sur Terre, privilège divin est accordé de régner sur Le Trône.<br />
4) Ainsi, Dieu impartit au Roi d'Ethiopie plus de Gloire, de Grâce et de Majesté qu'à tous les autres Rois de<br />
la Terre, à cause de la Grandeur de Zion, le Tabernacle de la Loi de Dieu, le Zion céleste. Le Christ est notre<br />
Roi et le Christ est Notre Vie à jamais.<br />
5) Et Dieu donna à Salomon, le seul [Roi] sur la Terre qui devrait devenir Roi sur le Tabernacle de la Loi du<br />
Saint, Zion Céleste, qui veut dire, le Roi d'Ethiopie. Et le Tabernacle de la Loi de Dieu, le Saint de Zion,<br />
demeurera en Ethiopie jusqu'au jour-là où notre Seigneur demeurera sur la Montagne de Zion. La sagesse<br />
est si bonne que le Royaume d'Israèl, par la Volonté de Dieu, et par ta Sagesse [La sagesse de Salomon],<br />
s'était étendue sur le pays d'Ethiopie.<br />
6) Comment s'était établi le Royaume de David en Ethiopie ? Comment ont-ils renouvelé le Royaume de<br />
David ... ? Et Azariah de dire, "Apportez ici les trompettes du jubilé, et allons à Zion, et là nous<br />
renouvellerons le Royaume de notre Seigneur David." [...] et ils étaient présents, hommes et femmes, du pays<br />
d'Ethiopie [...] Et de cette façon s'est vu renouvelé le royaume de David, des fils de Salomon, Roi d'Israèl,<br />
dans la capitale de la cité, sur le Mont Makeda, dans la Maison de Zion, lorsque s'était établie la Loi, pour la<br />
première fois, et par le Roi d'Ethiopie.<br />
7) Et tous les saints là rassemblés disaient: "En toute vérité, le Roi d'Ethiopie est plus exalté et plus<br />
honorable que tout autre Roi de la Terre, pour la gloire et la grandeur du Zion le céleste.<br />
8) Et Dieu aime le peuple d'Ethiopie, à cause que, sans connaître Sa Loi, ils avaient détruis leurs idoles; mais<br />
ceux à qui la Loi de Dieu fut donnée (les Juifs), avaient fabriqué des idoles et adoré des faux dieux que Dieu<br />
tient en haine. [...] tandis que le peuple d'Ethiopie avait foi en un disciple, seul, digne de confiance, et pour<br />
ce faire Dieu aime profondément le peuple d'Ethiopie. Il les aime d'un amour immortel et éternel.<br />
9) Le plus âgé de ses fils était le Roi d'Ethiopie, le Fils de la Reine d'Ethiopie, et il était le premier-né dont<br />
Dieu a parlé prophétiquement: "Dieu a juré sur David en toute justice, et il ne s'était point repenti, 'Des fruits<br />
de votre chair je donnerai votre Trône'. L'Ethiopie continuera à perpétuer la foi Chrétienne jusqu'à la venue<br />
de notre Seigneur, et elle ne se détournera point de l'Evangile, et il en sera ainsi comme nous l'avons ordonné<br />
jusqu'à la fin du monde.<br />
Voilà, en bref, les leçons que nous livre Kebra Negast sur l'Ethiopie, pays au nom signifiant &amp;lt;&amp;lt;Terre des<br />
hommes à la peau brûlée&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;Aethiops, terre des visages foncés&amp;gt;&amp;gt; (Aux sources du Reggae, op. cit.,<br />
chapitre IV, Jah Rastafari, de l'Ethiopie à la Jamaïque, p. 68) quoiqu'il s'agisse précisément de cette partie de<br />
la Terre en question qui s'appelait Abyssinie -- en langue arabe, métissé, mélangé, &amp;lt;&amp;lt;mixed&amp;gt;&amp;gt; ou Kush (Voir<br />
l'article de Mwende Askaree Ngina, intitulé: Journey to Alkebulan, in: Nubeing Magazine (Magazine Afro-<br />
Carribéen), Volume 1 Numéro 3, p. 11. Cf. également: Rasta and Resistance, op. cit., p. 47.). Comment tout<br />
cela fut passé sous silence, par quel ingénieux subterfuge même ce Livre, sacré au même titre que l'Ancien<br />
Testament, fut si longtemps enfoui dans les ténébres vertigineuses de la culture mondiale, cela reste pour<br />
nous, nous l’avouons, un mystère que peut-être seul les clergés occidentaux du Christianisme peuvent<br />
expliquer. Pour quelles graves raisons il fut proscrit de la littérature sacrée des civilisations du monde, du<br />
patrimoine culturel universel de l'Humanité, seul le monde occidental peut-être nous le peut expliquer. Dire<br />
pourtant que c'est encore là l'histoire du peuple juif, l'histoire de l'Israël biblique, du moins en partie !<br />
Le peuple noir devrait-il toujours se laisser inculquer uniquement les misères de son destin, au point de<br />
s'écrier aujourd'hui, avec Ziggy Marley -- le fils de Bob Marley, le Roi du Reggae --, les yeux ouverts sur<br />
l’histoire, s’écrier en ces termes que nous aimerons laisser intact dans la langue où le cri à la fois<br />
d'indignation et de gloire fut poussé ?<br />
        &amp;lt;&amp;lt;In school when we were taught of the slave trade, we did not hear of the glory of the kings<br />
        and the Kebra Nagast. We heard 'his story.' We did not hear of African glory, black my story, the<br />
        truth as revealed in the Kebra Nagast."&amp;gt;&amp;gt;<br />
Nous traduisons :<br />
        &amp;lt;&amp;lt;A l’école, lorsqu’on nous instruisait sur la traite esclavagiste, nous n’avons rien entendu de la<br />
        gloire des rois [donc du Fetah Nagast] et du Kebra Nagast. Nous avons entendu ‘son histoire’ ‘»<br />
        nous n’avons rien entendu de la gloire africaine, noire est mon histoire, la vérité telle qu’elle est<br />
        révélée dans le Kebra Nagast&amp;gt;&amp;gt; (Extrait de son introduction à la version du Kebra Negast de<br />
        Gerald Hausman).<br />
Les vrais adeptes du mouvement rastafarien, pour ceux qui s'y connaissent dans les sources de ce<br />
mouvement, ne manqueront pas de mettre le doigt sur les points importants suivants: 1) que les Rastafariens<br />
sont et demeurent héritiers d'une longue tradition qui recherche la gloire du passé africain dans les<br />
centenaires vestiges de la domination occidentale; 2) qu'ils font référence constante à la littérature sacrée, la<br />
Bible et aux idées bibliques étant donné que celles-ci sont considérablement utilisées dans la longue<br />
expérience de la domination (Cf. Horace Campbell, Rasta and Resistance, op. cit., Part II, Chapter Two,<br />
Ethiopianism, Pan-Africanism and Garveyism, notamment p. 47)<br />
Aussi la poussée de l'autodétermination et des droits humains fondamentaux est-elle fortement exprimée<br />
dans les termes bibliques de rédemption et de délivrance par eux. Loin donc d'être pour eux l'opium du<br />
peuple, la religion et la religiosité des Rastafariens aussi bien que de tous les Noirs d'ailleurs restent pour eux<br />
un phénomène très complexe (Ibidem).<br />
C'est dans cette optique de pensées profondément religieuses que sont également utilisées les références<br />
bibliques à l'Ethiopie, seul moyen de défier le mythe du noir 'bête de somme' longtemps entretenu par les<br />
dominateurs blancs. Les vrais Rastafariens, tous d'ailleurs, qui empruntent cette arme idéologique font partie<br />
du mouvement désigné sous le vocable d'&amp;lt;&amp;lt;Ethiopianisme&amp;gt;&amp;gt; (Ibidem.). Pour eux, l'Ethiopie était, comme<br />
nous venons de le voir, un grand et important centre du monde biblique, ensemble avec la Jordanie, la Syrie,<br />
la Palestine et l'Egypte, et pendant des siècles, les Européens se sont référés à l'Afrique entière par le nom<br />
d'Ethiopie -- la région aujourd'hui désignée Ethiopie n'était autre que le Royaume d'Abyssinie, rappelons-le<br />
(Rasta and resistance, op. cit., p. 47. Les références bibliques étaient fortement appréciées par les Noirs, et<br />
lorsque le Royaume d'Abyssinie, premier royaume africain à vaincre pour la première fois dans l’histoire du<br />
monde un peuple de l’Occident, précisément les Italiens, à Adowa, en 1896, les Noirs aux USA ont<br />
abondamment exploité, comme aujourd'hui encore, les paroles du psaume 68:31 qui clament:<br />
           &amp;lt;&amp;lt;Princes shall come out of Egypt; Ethiopia will soon stretch out her hands unto God&amp;gt;&amp;gt;<br />
                                                    (Idem, p. 48).<br />
En son contenu, l'ouvrage de Leonard Barret est de loin le plus proche de la littérature sacrée des Noirs, le<br />
Kebra Negast. Son auteur va d'ailleurs plus loin, en termes de choc d'idées interraciales non bibliques. Il se<br />
réfère à des auteurs classiques grecs, que nous avions présenté dans Les Racine,s tels les historiens Hérodote<br />
et Diodore de Sicile et le Comte Constantin de Volney pour retracer l'histoire du peuple noir de la Vallée du<br />
Nil. Relevons ici les points essentiels:<br />
1) L'enchantement que suscite l'Ethiopie et le peuple éthiopien eut une longue et intéressante histoire. Des<br />
écritures saintes, bibliques, en passant par Hérodote jusqu'au phantasme médiéval avec son mythe du Roi<br />
John Prester à nos jours, l'Ethiopie eut une influence hypnotique dans l'histoire qui fut retenue par<br />
l'imagination des Noirs de la diaspora (Cf. The Rastafarians, Chapitre 3, Ethiopianism in Jamaica, op. cit., p.<br />
68)<br />
2) Lorsqu'ils furent confrontés par les pionniers ou piliers occidentaux de la religion, de la philosophie et de<br />
la science, qui s'évertuèrent à falsifier l'histoire au service de l'esclavage, les prêcheurs Noirs -- bien qu'en<br />
majorité incultes -- découvrirent dans le seul livre de leur accès (la Bible) que l'Egypte et l'Ethiopie furent de<br />
l'Afrique, et que ces contrées jouèrent un rôle des plus considérables dans l'histoire de la civilisation. Bien<br />
évidemment, ils lurent et pondérèrent le sens du psaume 68:31 -- "Princes shall come out of Egypt; Ethiopia<br />
shall soon stretch out her hands unto God"; et, en y pensant ils devraient avoir lu Jeremie 13: 23 -- "Un<br />
Ethiopien peut-il changer sa peau, Et un léopard ses tâches?" Fort probablement, ils réalisèrent que Simon de<br />
Cyrène, qui aida Christ à transporter sa croix le jour de sa crucifixion, était un Africain et que l'Eunuch<br />
Ethiopien de l'Acte des Apôtres fut une personne de très haute autorité. De telles références à la race Noire<br />
dans la Bible fut probablement la clé de voûte de la mythologie dynamique qui devint connu sous le vocable<br />
d'"Ethiopianisme" et qui énergisa la religion Noire durant l'esclavage (Idem, p. 70).<br />
Que lisons-nous à la section intitulée "Ethiopia in Ancient Thought" ? Les mêmes informations que nous a<br />
inculquées le Professeur Cheikh Anta Diop, preuve que les Rastafariens, comme la plupart des Africains de<br />
la diaspora, descendants des esclaves, sont très instruits, voire davantage que les Africains du continent, en<br />
matière d'histoire africaine. Recherches rigoureusement scientifiques, telles sont les qualificatifs à attribuer à<br />
leurs entreprises. C'est ainsi qu'ils attirent l'attention sur les subterfuges et les stratégies falsificatrices de<br />
l'histoire du peuple Noir, par lesquelles les scientifiques occidentaux, sociologues en l’occurrence, ont fait<br />
couler des rivières d'encre pour obscurcir la vraie identité de ce peuple, en les réduisant au rang de peuple<br />
non civilisé. Ils ont "dé-négrifié", (&amp;lt;&amp;lt;de-negrify&amp;gt;&amp;gt;), tout ce qui fut fait d'intellectuellement et de<br />
spirituellement nobles -- leur propriété intellectuelle et spirituelle -- dans l'histoire de l'Humanité où<br />
nombreux ont été les Noirs qui ont contribué (Idem, p. 70).<br />
Pour mener cette entreprise à bon terme, ils ont divisé la race noire en une variété de catégories. Ainsi, le<br />
peuple de l'Afrique de l'Ouest fut retenu comme les vrais Nègres -- jugement basé sur la pigmentation par la<br />
mélanine. Vinrent les Egyptiens et les Ethiopiens, dont la couleur perdit de sa teneur en mélanine à travers<br />
des siècles de dégénérescence par mixage ou croisement de race, qui ne sont plus de vrais Nègres mais des<br />
Hamites.<br />
Entendons bien la chose de cette façon. Ici, les Hamites sont de La Vallée du Nil, des Nubiens ! Et ils ne sont<br />
pas de vrais Nègres. A dire qu’un Nubien ne peut plus être reconnu Nègre à l’oeil nu, mais seulement avec<br />
les oeillets du microscopique du savant occidental. Mais, là, donc dans la Bible même, on leur reconnaît leur<br />
« négrité ». Comble de la contradiction une fois encore ! C’est dire que selon les intérêts à défendre, les<br />
mêmes rapports scientifiques sont tenus pour vrais à certains moments mais fausses en d’autres.<br />
Les Egyptiens et les Ethiopiens sont reconnus Hamites, les autres, de types moins dégénérés, moins mixtes,<br />
mais tout de même plus foncés que les Hamites sont qualifiés de Nilotiques (Idem, p. 70-71), les Nubiens,<br />
les Saheliens et les autres peuples de l’Est africain donc. Qui fut donc Kam le maudit de la Bible ? Cette<br />
question exige, pour y répondre, une nouvelle recherche !<br />
Suivent ensuite dans cet ouvrage à documentation on ne peut plus fouillée, l'historique -- biblique et<br />
scientifique, classique des historiens Grecs -- des dénominations Ham, Cush, Phut, Ethiop, etc. et leurs<br />
significations originaires -- Noirs, peau brûlée, cheveux crépus et lanigineux --, les témoignages des honnêtes<br />
hommes de sciences tel Volney et les plus indignes tel Champollion-Figeac, etc (Idem, p. 71 et ss.)<br />
Il nous semble très indispensable de rappeler ici l'exhortation de Leonard Barrett à l'endroit des fils et filles<br />
de l'Afrique touchant leur responsabilité à assumer le redressement de la barre rectiligne ainsi courbée par les<br />
falsificateurs de l'histoire du peuple noir.<br />
       &amp;lt;&amp;lt;Mais qui sont les Hamites ? Aujourd'hui, la question est vraiment controversée et devrait être<br />
       laissée irrésolue. Mais plusieurs chercheurs Noirs deviennent de plus en plus anxieux à y<br />
       répondre, et aimeraient avoir de nouvelles discussions à ce propos. Si la vraie histoire de la race<br />
       Noire est à écrire, les thèses dogmatiques des chercheurs du XIX° siècle méritent d'être défiées.<br />
       En dépit de l'évitement de la question et l'émotion qu'elle suscite, une importante emphase est<br />
       mise sur l'origine mythique des Hamites par des fondamentalistes du christianisme et des<br />
       racistes bigots. Il est par conséquent d'une importance capitale pour les Noirs de reconsidérer la<br />
       question.&amp;gt;&amp;gt; The Rastrafarians. The Dreadlocks of Jamaica, op. cit., p. 71.<br />
                                                     CONCLUSION<br />
La question du peuplement de l'Egypte antique est loin d'être celle d'un débat futile. Le fait de lui réserver<br />
une place des plus importantes dans le débat lancé sous l'égide de l'UNESCO et publié en 1980, en est la<br />
preuve. Question émergeant, du côté des intellectuels noirs du continent et de la diaspora, d'une prise de<br />
conscience aigüe de la richesse spirituelle et intellectuelle de leur passé ancestral, d'une revendication --<br />
légitime, pour peu que les chercheurs se veulent effectivement épris de vérité, de lumière historique -- de leur<br />
patrimoine culturel. Elle aurait été probablement négligée, n'eut été la politique vilipendante de nos<br />
civilisateurs, nous le croyons fermement.<br />
Un indice psychologique du caractère judicieux de la question, preuve qu'elle n'est nullement une entreprise<br />
passéiste comme on le prétend souvent: tout en entamant le débat sur le peuplement originaire de la Vallée<br />
du Nil -- problème relié à la couleur de la peau, si l'on s'en tient aux résultats de l'anthropologie physique --,<br />
tout en en faisant une thématique à part entière des travaux scientifiques, nos scientifiques occidentaux<br />
exigent que l'on s'abstienne d'utiliser ces notions mêmes par lesquelles on a toujours désigné la race noire:<br />
&amp;lt;&amp;lt;Négre, Noir ou négroïde&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;hamite ou chamite&amp;gt;&amp;gt;. Tout se passe comme si l'on devait abandonner le<br />
sujet, comme si l'on pouvait désigner la race en question autrement que par ces mêmes notions, comme si<br />
l'on allait utiliser une notion autre que le Blanc, pour caractériser la race blanche, s'il s'agissait d'elle comme<br />
peuplement originaire de la contrée. N'est-ce pas là une des exigences à ranger sous la catégorie des<br />
obstructions au progrès scientifique et à incriminer au tribunal suprême de la science ?<br />
Des remerciements doivent aller au Directeur général de l'UNESCO, M. Glélé, pour son incitation des<br />
scientifiques à continuer le débat, sur le plan scientifique, en usant de telles notions, les seules, en fait, dont<br />
on dispose jusqu'à ce jour. D'après le rapport de la commission siégeante, ses termes sont les suivants, qui, à<br />
notre avis mérite d'être retenus:<br />
        &amp;lt;&amp;lt;L'Unesco, dont la mission est d'oeuvrer à la compréhension et à la coopération<br />
        internationales dans le domaine culturel, n'a pas, en décidant la tenue du présent colloque, voulu<br />
        susciter des tensions entre peuples ou races mais élucider, clarifier en l'état actuel des<br />
        connaissances, un point qui, entre autres, pose question, celui du peuplement de l'Egypte<br />
        ancienne, du point de vue de son origine ethnique et de ses appartenances anthropologiques. Il<br />
        s'agit donc de confronter les thèses en présence en les étayant d'arguments scientifiques et de<br />
         faire le point en soulignant le cas échéant les lacunes. Il a souligné qu'en tout état de cause, ces<br />
         concepts de Nègre, négroïde, Noir ont été jusqu'à présent utilisés, qu'ils figurent dans toutes les<br />
         études scientifiques, de même que le mot "hamite" ou "chamite" même s'ils sont au cours du<br />
         présent colloque assortis de réserves; que, de même, les rédacteurs de l'Histoire générale de<br />
         l'Afrique useront de ces mots auxquels les lecteurs sont de leur côté accoutumés. Quoi qu'on en<br />
         pense, aux niveaux les plus larges de la lecture des ouvrages scientifiques ou de vulgarisation,<br />
         ces mots gardent une résonance plus ou moins significative, plus ou moins chargée de<br />
         jugements de valeur implicites ou non.<br />
                  L'Unesco n'a pas répudié la notion de race; elle a consacré un programme spécial à<br />
         l'étude des relations raciales et multiplie ses efforts contre la discrimination raciale. Plusieurs<br />
         travaux et ouvrages ont été publiés sur cet important problème. Il était donc impossible pour le<br />
         colloque d'examiner les problèmes relatifs au problème du peuplement de l'Egypte ancienne en<br />
         rejetant, sans autre forme de procès et sans aucune proposition nouvelle, la typologie classique<br />
         de classification des peuples entre Blancs, Jaunes et Noirs, typologie dont se sert l'égyptologie<br />
         classique pour situer le peuple d'Egypte. Au surplus, si le vocabulaire classique et courant en<br />
         histoire doit être révisé, il devrait l'être non seulement pour l'histoire de l'Afrique mais pour le<br />
         monde entier; si la question retient l'attention du colloque, elle pourrait être soumise au plan<br />
         international à l'Association des historiens. En bref, et en attendant de nouvelles définitions, il<br />
         faudrait ici préciser celles actuellement encore utilisées de Noir, Nègre, négroïde et hamite.<br />
                  [...] si les critères qui font d'un être un Noir, un Blanc ou un Jaune sont aussi peu sûrs, si<br />
         les notions dont il a été débattu sont aussi peu claires, et peut-être aussi subjectives ou chargées<br />
         de souvenirs culturels, il convient de le dire nettement et de réexaminer, à partir de critères<br />
         scientifiques nouveaux, l'ensemble de la terminologie de l'histoire mondiale afin que le<br />
         vocabulaire soit le même pour tous, que les mots aient les mêmes connotations, ce qui éviterait<br />
         les malentendus et favoriserait la compréhension et l'entente.&amp;gt;&amp;gt; (Idem, p. 812-813)<br />
Parmi les recommandations issues de l'Acte du Colloque de l'UNESCO, ressortent quatre principales pour<br />
l'étude du peuplement de l'Egypte pharaonique. Ce sont:<br />
           a) la mise sur pied d'une enquête par l'Unesco, via des &amp;lt;&amp;lt;consultations universitaires dans un<br />
               nombre suffisant de pays, soit par consultations individuelles d'experts internationalement<br />
               réputés, soit encore par la réunion d'un colloque, en vue de fixer des normes très précises et aussi<br />
               rigoureuses que possible relativement à la définition de races et à l'identification raciale des<br />
               squelettes exhumés;<br />
           b) la demande du &amp;lt;&amp;lt;concours des services médicaux de plusieurs pays membres de l'Unesco&amp;gt;&amp;gt; en<br />
               vue d'observations statistiques, lors des autopsies, sur les caractéristiques ostéologiques des<br />
               squelettes;<br />
           c) l'entreprise d'un &amp;lt;&amp;lt;nouvel examen de matériel humain déjà entreposé dans les                musées du<br />
               monde entier&amp;gt;&amp;gt; et d'un &amp;lt;&amp;lt;examen rapide de celui qu'ont dégagé des fouilles récentes en Egypte,<br />
               en particulier dans le Delta&amp;gt;&amp;gt;, afin d'enrichir le nombre des informations disponibles.&amp;gt;&amp;gt;<br />
           d) La tâche des autorités égyptiennes dans la facilitation des &amp;lt;&amp;lt;enquêtes à entreprendre sur les<br />
               vestiges de peaux examinables&amp;gt;&amp;gt; et dans la création d'&amp;lt;&amp;lt;un département d'anthropologie<br />
               physique.&amp;gt;&amp;gt; (Idem, p. 818-819).<br />
 Les recommandations des participants au Colloque de l'UNESCO montrent assez bien l'acuité et l'actualité<br />
 du problème qui, comme nous venons de le dire, se range dans la catégorie des revendications légitimes de<br />
 patrimoine culturel qui, elle-même, se classe juridiquement parmi les délits perpétrables contre la propriété<br />
 artistique, intellectuelle, et spirituelle des peuples. A ce propos, même si, aux yeux des chercheurs<br />
 occidentaux ou africains occidentalisants, il se réduit à un complexe de problématiques futiles, aux yeux des<br />
 africains consciencieux et en quête de lumière sur leur passé, il est et demeure d'une importance capitale, tant<br />
 leur indignation est grande de se savoir ravaler au rang des bêtes de somme, de se voir priver de toutes les<br />
 puissances intellectuelles et spirituelles de tout être de raison, ceci, même de la part des plus grands<br />
 philosophes de tous les temps. Tout ce qui s'était accompli de noble dans les civilisations humaines depuis<br />
 des siècles leur est méconnu ou ravi.<br />
La question de notre « Rasta Scholar » (Chercheur Rasta) demeure posée : Mais qui sont les Hamites ? Qui<br />
sont-ils ? Par où l’on voit que la science occidentale des temps modernes a contribué, avec acharnement, à<br />
soutenir la longue tradition esclavagiste, à appauvrir l’Afrique, à ternir l’image de son peuple, et, pour<br />
camoufler cette entreprise « inhumaine » et ignoble sous le paravent de mission humanisatrice et<br />
civilisatrice, à propager des théories scientifiques qui, peut-être, perpétueront encore longtemps l’entreprise<br />
entamée.<br />
Nous venons de parler des adeptes du mouvement Rastafarien et d'autres chercheurs à qui nous devons<br />
énormément dans cette lutte pour la reconstruction de notre histoire aussi bien que de sa pleine<br />
reconnaissance par le monde tant intellectuel qu'inculte de l'Occident. Cela ne doit pas signifier que nous<br />
avions oublié les autres intellectuels qui oeuvrent sur d'autres plans dans ce dessein. Nous n'oublions pas ces<br />
intellectuels de la diaspora et du continent qui, par leur incessant effort, s'efforcent, tant bien que mal, par<br />
leurs ouvrages, et dans une culture mondiale encore dominée en grande partie par des mystificateurs de tout<br />
genre, de restaurer la dignité de la race longtemps bafouée.<br />
                            Pour la Gloire de Dieu et la rédemption de la race Noire !<br />
            (Nous remercions vivement Mr Anumu Akpetsinu Barthélémy Sosoe, étudiant en Lettres modernes à Nancy,<br />
                                pour la revue et la mise en forme définitive de ce texte).<br />
                                               BIBLIOGRAPHIE<br />
1) La Bible de Jérusalem. La Sainte Bible, traduite en français, sous la Direction de l'Ecole Biblique de<br />
Jérusalem, Nouvelle édition; Paris: Desclée de Brouwer, 1975.<br />
2) Christian Larré, L'héritage spirituel de l'ancienne Egypte, Omonvile, Editions rosicruciennes, 1998.<br />
3) Reverend Dr Mensa Otabil, Beyond the Rivers of Ethiopia. A Biblical Revelation on God's Purpose for the<br />
Black Race, Accra: Altar International, 1992.<br />
4) Otfried Höffe, Petit dictionnaire d'Ethique, réédition française adaptée et augmentée de Dictionnaire de<br />
Morale, par Lukas Sosoe et participation de Varus Sosoe, Fribourg/Paris: Editions Universitaires/Editions<br />
Cerf, 1993.<br />
5) Cheikh Anta Diop, Nations Nègres et Cultures, t. 1, Paris : Présence africaine, 1979.<br />
6) Dr Maurice Bucaille, Moïse et Pharaon: Les Hébreux en Egypte. Quelles concordances des Livres saints<br />
avec l'Histoire ?, Paris: Seghers, 1995.<br />
7) Montesquieu, De l'Esprit des Lois, Paris: Garnier-Flammarion, 1979.<br />
8) Sigmund Freud, L'homme Moïse et la religion monothéiste (1950), Paris: Gallimard, 1986.<br />
9) Marcel Laperruque, De l'Egypte ancienne à la Bible, Nantes: Opera. 1991.<br />
10) Tryggve N. D. Mettinger, Solomonic State Officials. A Study of the Civil Government Officials of the<br />
Israelite Monarchy, Lund (Sweden): University of Lund (Coniectanea Biblica: Old Testament Series 5),<br />
1971.<br />
11) Maurice Dores, La beauté de Cham: Mondes juifs, mondes noirs, Paris. Balland, 1992.<br />
12) Yosef Hayim Yerushalmi, Le Moïse de Freud, Paris : Gallimard, 1993.<br />
13) Eliane Amado Lévy-Valensi, Le Moïse de Freud ou la Référence occultée, Monaco: Ed. du Rocher, 1984.<br />
14) Werner Keller, La Bible arrachée aux sables, Vienne / Düsseldorf, Econ Verlag S.A.R.L., 1963.<br />
15) Cheikh Anta Diop, Actes du Colloque de l'UNESCO en 1980, Histoire générale de l'Afrique, II, Afrique<br />
ancienne, UNESCO : 1980).<br />
16) Sossou Nsougan, Wörterbuch der ägyptischen Sprache, (en Français: Dictionnaire de la langue<br />
égyptienne (fünfter Band, Berlin: 1971, pp. 122 et 127)<br />
17) Gerard Hausman, intitulée The Kebra Nagast: The Lost Bible of Rastafarian Wisdom and the Faith from<br />
Ethiopia and Jamaica, introduction by Ziggy Marley, Jamaica: St Martin Press, 1997.<br />
18) Leonard Barret, The Rastafarians: The Dreadlocks of Jamaïca (London (England), Ibadan (Nigeria),<br />
Nairobi (Kenya), et al.: Heinemann Educational Books, 1977.<br />
19) ) Horace Campbell, Rasta and Resistance: From Marcus Garvey to Walter Rodney (London (England):<br />
Hansib Publishing Limited, Tower House, 1985.<br />
20) Denis Constant, Aux sources du Reggae (Roquevaire (France), Editions Parenthèses, 1982.<br />
21) Sir Wallis Budge, "The Solomonic Line: The Queen of Sheba and Her Only Son Menelik" Un extrait de<br />
la Kebra Nagast. Sir Wallis Budge, Premier traducteur de la Kebra Nagast. L’original de la traduction de Sir<br />
Wallis Budge fut préfacé, le 23 Juillet 1961, par Le Negus d'Ethiopie, l’Empereur nommé Haile Selassie.<br />
22) Mwende Askaree Ngina, intitulé: Journey to Alkebulan, in: Nubeing Magazine (Magazine Afro-<br />
Carribéen), Volume 1 Numéro 3, Ottawa : 1997.<br />
23) L'Histoire générale de l'Afrique, II, Afrique ancienne, Unesco : 1980.<br />
24) Frances A. Yates, The Occult Philosophy in the Elizabethan Age (1979) (London etc., Routledge and<br />
Kegan Paul : 1984).<br />
25) James Henry Breasted, The Dawn of Conscience (New York: Charles Scribner's Sons, 1933.<br />
26) Max Weber, Le judaïsme antique (Paris: Plon, 1970)<br />
27) Friedrich Schiller, Die Sendung Moses, in Sämtliche Werke, 4 (Munich: Carl Hanser1962, 783-804).<br />
28) Stern, Greek and Latin Authors on Jews and Judaïsm, 1976-80, vol. I, p.83, 299, 394; vol. 2., p. 277.<br />
29) Théodore Reinach, Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsme, Paris 1895. ouvrage réédité<br />
par Georg Olms Verlagsbuchhandlung, Hidelsheim, 1963).<br />
30) Weber Tiecoura D’Orléans Jean-Baptiste &amp; Varus Atadi Sosoe, Le Bicolore. Fin de l’Humanité – Genèse<br />
de la Négro-Divinité (Montréal : Legba/Ogu/Fweda, 2000).</p>
<p><strong>NOUS ETIONS LÀ<br />
                     ou<br />
CELEBRONS-NOUS SI LE MONDE NOUS AVILIT !</strong><br />
           Mr Varus Sosoe, PhD Philosophy<br />
                 Ottawa University<br />
               Fribourg, janvier 2001<br />
 </p></body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Littérature &amp;amp; Poésie</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 14:04:29 GMT</pubDate>
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		<title>Avec Jésus le Meshiah, la Victoire est assurée </title>
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		<description> La plus grande victoire qui ait jamais été remportée est celle du vainqueur mort sur la croix</description>
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 <p><br />
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<title></title><br />
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	--><br />
	</style><br />
<h1 lang="en-GB" align="center" style="" class="western"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="4">A SONG OF VICTORY</font></font></font></h1><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"> </p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I STAND SOVEREIGN</font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"> </p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign </font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In my God, the Lord of Hosts, El Shaddai</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the Love of My Saviour, the Lord Jesus Christ, Ieshoua Ha Mashia</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the Power of the Holy Spirit, Rua</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign</font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"> </p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign </font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In my God, in the Might of His Right Arm</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the Blessed Heart of Jesus</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the Light of the Spirit of God</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign</font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"> </p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the Plan of God for my life</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the Holy Teachings of Christ</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the Truth of the Holy Spirit</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign</font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"> </p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2"><b>I stand sovereign</b></font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2"><b>Against all the powers of the Enemy</b></font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2"><b>Over the temptations of the Wicked</b></font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2"><b>For the destruction of his kingdom</b></font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2"><b>I stand sovereign</b></font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"> </p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign<br /><br />
</font></font></font><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the purity of my Soul </font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the cleanliness of my Mind </font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the power of my Body</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign</font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"> </p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign </font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the loftiness of my Intelligence</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the rightness of my Heart</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the straightness of my Will </font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign</font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"> </p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign </font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In the Trust of my God</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">In my position as a son of the Most High</font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">Like the unshakeable Mount Zion </font></font></font><br /><br />
<font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2">I stand sovereign</font></font></font></p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"> </p><br />
<p lang="en-GB" align="center" style="margin-bottom: 0cm;"><font color="#0000ff"><font face="Arial Unicode MS, sans-serif"><font size="2"><font face="Arial Unicode MS"><font size="4"><i>					</i></font></font><font face="Arial Unicode MS"><font size="2" style="font-size: 9pt;"><i>(Varus Sosoe, Fribourg, janvier 2006)</i></font></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"> </font></font></font></font></p><br />
</p></body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Spiritualités chrétiennes - prières diverses</category>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2008 06:36:29 GMT</pubDate>
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		<title>CRITIQUE DE LA CRITIQUE HABERMASIENNE DU DROIT NATUREL


</title>
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		<description>De l’impossibilité de la fondation communicationnelle des droits de l’homme sans le droit naturel</description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">De l’impossibilité de la fondation communicationnelle des droits de l’homme sans le droit naturel.</div>
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<title></title>
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</p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">Eduquer aux droits de l'homme aujourd'hui nous fait penser à un </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><i>cursus</i></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"> interdisciplinaire où, comme on peut le remarquer, une réflexion fondamentale, savoir une portant sur les sources doctrinales, la nature primordiale ou le prime statut normatif anté- et supra-positif de ces droits, voire d'ailleurs sur le fondement qui leur est explicitement retenu et déclaré par l'ordre juridique international, la dignité humaine, passerait pour une stérile préoccupation de l'expert en Ethique et en Philosophie des droits de l'homme. Tout se passe comme si l'idée des droits de l'homme est aujourd'hui un acquis indiscutable. Or, à voir les choses de près, nous sommes bien loin de nous accorder même sur la nature de notre "acquis": qu'est-ce que les droits de l'homme ? devrait-on encore se poser comme question d'ordre pédagogique</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote1anc\" href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>1</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">. Aujourd'hui, le souci constant de l'Expert en Ethique et en droits de l'homme se limite en effet à garantir son auditoire du pragmatiquement efficace -- que d'ailleurs l'on attend en vain --, non pas tant pour réaliser le programme des Nations-Unies, la mise en oeuvre effective des droits de l'homme, que pour conforter ceux qui détiennent le monopole et brandissent haut le flambeau du mercantilisme international contemporain, les grandes multinationales, et leurs férus défenseurs académistes, les théoriciens de l'économie "hard".</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-left: 0.5cm; margin-right: 0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font size=\"2\">Cette investigation, au contraire, a pour objectif de montrer comment une éducation aux droits de l'homme -- civisme -- doit passer nécessairement par une détermination précise et une justification de l’idée des droits de l’homme, son auteur étant fort de la pertinence de la vision qu'une telle justification demeure au préalable résolument redevable à l'exposé, succinct qu'il soit, du creuset doctrinal originaire des droits de l'homme, la source philosophico-juridique des droits de l'homme, même ceux de l'homme du XXI° siècle: le jusnaturalisme. En d’autres termes, elle cherchera à démontrer comment l'éducation aux droits de l'homme ne saurait se faire raisonnablement sans la légitimation de l’idée des droits de l’homme; et comment une telle légitimation ne pourra que gagner davantage en cohérence avec une conception des droits de l’homme en tant que droits naturels. Dans cette optique critique du jusnaturalisme, nous montrerons, sans trop nous y attarder, que seul le principe de la dignité intangible de l’homme pourra adéquatement prétendre au statut d’<i>archè</i> de ces droits. La pensée de Habermas, l'un des théoriciens contemporains sociologisant et "pragmaticisant" des droits de l'homme nous servira ici de guide.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font size=\"2\">En ce qui concerne les droits de l’homme, Habermas ne saurait se départir de la tradition jusnaturaliste, pour autant qu’il fasse gestion de la notion de monde vécu et de cet universalisme abstrait qui, selon ce qu’il nous laisse comprendre, ne saurait se plier aux contingences des particularismes culturels. Plus précisément, j’ai essayé de démontrer, suivant en cela Otfried Höffe, la <i>petitio principii</i> inhérente à la pensée de Habermas: il présuppose le principe de la dignité humaine dont le respect inconditionnel constitue la condition de «pensabilité» et de possibilité effective du processus de la fondation dialogique. De ce fait, je parle d’un double cercle vicieux en considération du «<i>circulus vitiosus</i>» dont parle Luc langlois: un cercle vicieux interne à la logique du paradigme habermasien et un cercle vicieux externe dans la confrontation du paradigme habermasien à la tradition jusnaturaliste, creuset de la thématisation du principe de la dignité intangible et des droits naturels de l’homme.</font></p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"> </p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><b>RAPPEL</b></p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Celui qui veut investiguer dans le domaine présent, doit d’abord répondre aux questions lancinantes de la nécessité aussi bien que de la pertinence, dans la culture juridique moderne et contemporaine, d’une gestion du métaphysique et/ou du spirituel dans le discours philosophico-juridique de cette culture. Cette culture est parsemée, mieux, elle repose, sur des principes et concepts gravement menacés de proscription, et à tort, par certains philosophes et juristes d'obédience positiviste. De ces principes et concepts, celui de la dignité humaine, </span></font><font face=\"Symbol, serif\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> <img src="http://www.sosoe.org/sosoe/skins/images/smileys/confused.gif" alt="" /> ?</span></font></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> (archè) des </span></font><font face=\"Symbol, serif\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> <img src="http://www.sosoe.org/sosoe/skins/images/smileys/confused.gif" alt="" /> ?</span></font></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> de notre sytsème mondial de droit, principe des principes fondamentaux du droit international, en est le plus important. Or, fait étonnant, depuis le discours de l'aristotélico-thomiste Jacques Maritain en 1942</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote2anc\" href=\"#sdfootnote2sym\"><sup>2</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, discours portant fondamentalement sur la dignité humaine comme ultime fondement des droits de l'homme, aucune théorisation ou défense exhaustive de ce concept et principe n'a fait l'objet du songe d'aucun de nos spécialistes et experts des droits de l'homme. On s'empresse de l'énoncer et de le poser à la face du monde, sans jamais sérieusement réfléchir à l'importance que nous lui devons accorder tant en théorie qu'en pratique. On n'a jamais réfléchi à la rendre toujours présent dans les grandes tendances et configurations théoriques, aux grands débats et mouvements de la pensée. On n'a jamais pensé à l'occultation qu'il subit au détriment de la liberté-égale des libéraux pour qui il constitue manifestement un concept métaphysiquement trop lourd et trop vague pour le monde actuel. En fait, tout se passe comme s'il fallait simplement affirmer la dignité humaine comme une proposition de principe, comme un principe universellement admis sans conteste, pour asseoir l'édifice gigantesque mais menacé de cette base du système du droit international et des Déclarations sur lesquelles il se maintient.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Pour ce qui concerne le statut épistémologique et axiologique des droits de l'homme comme impératifs catégoriques du droit et, par conséquent, principes d'ordre métaphysique, il a fallu attendre l'ouvrage de O. Höffe</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote3anc\" href=\"#sdfootnote3sym\"><sup>3</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> pour que certains spécialistes réagissent, bon gré mal gré, positivement, mais encore trop timidement, à son constat. </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Pour ce qui touche au principe de la dignité humaine et de sa pleine intelligibilité par contre, absolument rien de systématiquement philosophique n'a été tenté ni pour véritablement l'articuler avec les autres principes du système, ni pour rigoureusement démontrer son statut hautement métaphysique, voire spirituel quant à ses concepts explicatifs</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. C'est fort de la pertinence de l'importance de ce principe et le statut qui lui revient de droit dans le système des droits de l'homme et dans le droit international, que nous avions consacré toute notre thèse doctorale à sa radicale défense, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>l'élevant explicitement au-dessus de l'égale-liberté et relevant ainsi ponctuellement les contradictions et aberrations de la culture philosophico-juridique moderne et contemporaine</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Et c'est aussi convaincu de cette pertinence que, dans la présente investigation spécifiquement consacrée à quelques uns des présupposés fondamentaux et à certaines des dimensions universelles des principes à prendre en compte dans l'éducation aux droits de l'homme, nous jugeons légitime de revisiter notre conception.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">L’époque moderne et surtout contemporaine, éprise de pragmatisme, de technocratie effrénée et d’efficacité purement matérialiste a ses défenseurs dont la pensée, pour être fidèle au désir de rendre autonome la Philosophie et, en général, l'axiologie socio-politique à l’égard des principes religieux et spirituels, s’oriente dans une dimension de la pensée tenue pour a-métaphysique, résolument empirique, pragmatique et, de surcroît, matérialiste à outrance. Tel est le constat de O. Höffe. Au rang des défenseurs de ce système du siècle se peuvent faire figurer, dans un ordre quasi-chronologique, le philosophe anglo-saxon d’obédience analytique, Wittgenstein, le philosophe et sociologue allemand Habermas et même, sur le plan philosophico-politique, le philosophe politique anglo-saxon Rawls.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Il suffit de lire Habermas pour comprendre en quoi tous ses prédécesseurs sont loin d'être de vrais philosophes, notamment de la pratique, puisqu’à ses dires, ils sont tous tributaires de la philosophie du sujet, de la philosophie de la conscience pensante, comme si la philosophie, quant à sa construction et même à sa pratique, devrait et pourrait avoir une source toute autre que cette conscience pensante subjective. Et pourtant, il suffit de le lire encore pour que se révèle, dans sa propre pensée, et à grands traits le même principe-source, la conscience subjective pensante et agissante. Du reste, la <i>praxis</i> humaine est-elle concevable et possible sans un sujet, c’est-à-dire une conscience pensante et agissante, peut-on s’enquérir ? En outre, tout lecteur de Habermas se rendra compte de la provenance des rudiments et principes les plus pratiques (ontogenétique et phylogenétique) de sa philosophie de ce qui est traditionnellement nommé la <i>Philosophia perennis</i>, la <i>Prima traditio</i> ou la <i>Tradition primordiale.</i></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Malgré ce désir intense, Rawls, le philosophe politique qui a farouchement mais vainement tenté d’éradiquer les principes métaphysiques de sa </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Theory of Justice</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> et surtout de son </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Political Liberalism</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, et Habermas, dans leur altercation dialogique, nous ont clairement montré récemment</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote4anc\" href=\"#sdfootnote4sym\"><sup>4</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, surtout le premier, paradoxalement, en répondant au second, l’impossibilité de la philosophie sans la métaphysique, en caractérisant la théorie politique habermasienne de hégelienne au sens large, c’est-à-dire, métaphysiquement, voire religieusement lourde; dans le même temps, il indexe directement les philosophes analytiques tels Quine, et nous pouvons aussi ajouter, puisqu’ils sont de la même veine doctrinale, Wittgenstein, Frege, en les taxant de métaphysiciens qui, dira-t-on, s'ignorent</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote5anc\" href=\"#sdfootnote5sym\"><sup>5</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">.</span></font><font face=\"Helv, Arial, sans-serif\"><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> </span></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">En tout cas, la notion de «métaphysique» dans toute la tradition anglo-saxonne nous livre une idée claire des aberrations dans lesquelles s’empêtrent les gardiens de la tradition anglo-saxonne dans leur tentative de supprimer tout principe métaphysique de la Philosophie, puisque toute la noèse, tout le domaine de la cognition, c’est-à-dire toute l’épistémologie des sciences, est appelée de ce nom. Faire de la science, c’est, par conséquent, ne rien faire d’autre que de la métaphysique à la base. Et nous pouvons aussi nous rappeler en passant, que l’étude de la Métaphysique, de la Religion et même du Mysticisme fait encore partie intégrante des programmes de Philosophie dans les Universités, non pas comme champs extérieurs à la Philosophie, mais plutôt comme constituantes essentielles de la discipline philosophique elle-même.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Suivant cette tendance générale de la pensée philosophique, la culture juridique moderne et contemporaine, dite laïc, cherche à évacuer de sa sphère tant théorique que pratique, tout ce qui, comme principes axiologiques, s'élève au-dessus de l'empirie, du pragmatique, se posant ainsi de plus en plus comme a-métaphysique et a-religieux. Or son socle axiologique, les droits de l'homme, se constitue uniquement par des principes qui, non seulement au niveau fondationnel mais aussi à celui de la pratique concrète, résistent à toute logique purement empirique, pragmatique, a-métaphysique, voire a-religieux. Ceci est un paradoxe indéniable.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Ainsi, contrairement à ce que d’aucuns pensent, tels Habermas et, en général, les tenants de la philosophie du droit contemporain, férus défenseurs d’une justification a-métaphysique des droits de l’homme, seul un principe inclusif des différentes représentations, sans exception d’aucune, comme celui de la dignité humaine, s’avère salvateur pour une fondation authentiquement philosophique des droits de l’homme, comme il l'est dans le système des droits de l'homme à l'échelle ineternational. Dans cette perspective d’idée, la soit-disant «recherche d’émancipation» de la culture juridique de la modernité contemporaine se révèlerait absurde et erronée. D’abord, force nous est de remarquer qu’il subsiste, sur ce point, une confusion entre, justement, cette tentative ou recherche d’émancipation et émancipation effective du droit face aux représentations métaphysiques et religieuses. Le moins que l’on puisse dire, c’est que prétendre, comme le fait Habermas, que l’ouverture du droit à la critique, qui prend le sens d’une recherche de plus de justice, devrait nécessairement passer par une résistance du droit à l’invasion de son </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>stratum</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> fondationnel par des représentations métaphysiques et religieuses, c’est ignorer, premièrement, au niveau fondationnel de cette culture juridique, la nature aussi bien que l’omniprésence du principe de l’humanité et de ses corrélats. C’est dire que ledit «désenchantement» du droit dans les sociétés excessivement modernisées</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote6anc\" href=\"#sdfootnote6sym\"><sup>6</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> n’apparaît que comme un simple souhait du fait de la permanence d’un noyau indestructible de ce qui est nommé &amp;lt;&amp;lt;assises traditionnelles et immuables&amp;gt;&amp;gt; du droit moderne. Deuxièmement -- et ceci est un problème d’ordre pragmatique --, c’est courir le risque de ne jamais trouver une solution viable au problème de l’adhésion des représentations dès l’abord discriminées à cette culture juridique. </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Comment, devrait-on s’enquérir, des représentations métaphysiques et religieuses pourraient-elles participer à une culture juridique si elles ne s‘y intègrent ni ne s’y reconnaissent ?</i></span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote7anc\" href=\"#sdfootnote7sym\"><sup>7</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Suite à ces remarques, l’idée habermasienne de tension inéluctable ­ (insurmontable ?)­ entre positivité et légitimité, entre facticité (</font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Faktizität</i></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">) et validité (</font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Geltung</i></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">), aussi réelle qu’elle soit, se trouverait amoindrie dans son importance, pour autant que le principe retenu nous soit déjà donné par le système juridique lui-même. A supposer d'ailleurs que ladite tension soit réelle, nous pouvons encore lui appliquer, par analogie au fonctionnement de l’organisme humain, le </font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>principe thérapeutique</i></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> </font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>physiocratique</i></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> suivant:</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">«</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Comme tout système immunitaire déficient requiert, pour sa guérison ou le rétablissement de son équilibre fonctionnel, la ré-introjection du principe, du maillon manquant ou de son substitut, tout système axiologique dysfonctionnel nécessite, pour le rétablissement de son équilibre fonctionnel, la ré-introjection du principe, du maillon manquant ou de son substitut</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">»</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote8anc\" href=\"#sdfootnote8sym\"><sup>8</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Dans cette optique, nous devons soutenir que si la tension parcourant la culture juridique de la modernité contemporaine procède de l'absence ou de la tentative effrénée d'évacuer les critères supra-positifs de son </font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>stratum</i></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> fondationnel, ce n’est, paradoxalement mais heureusement, que par une ré-introduction ou une pleine reconnaissance de ces mêmes critères qu’elle réalisera la résorption de la tension en question. Ce principe nous paraît d’autant plus pertinent et plus facile à appliquer que les critères dont il s’agit ne souffrent que d’un simple manque de sérieuse prise en compte.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Montrer que les représentations métaphysiques et religieuses, contre lesquelles s’élèvent la voie de nos penseurs du droit et de l’Etat modernes, demeurent non seulement omniprésentes dans notre culture juridique mais encore et surtout qu’elles constituent la source dynamisante et revitalisante du système, cela ne semble aucunement une tâche insurmontable. Rappelons-nous, par exemple, sur le plan principiel, que les grandes Déclarations successives des droits de l’homme depuis le XVIII° siècle consacrent, dans la liste des libertés, celle de la confession ou de la religion. Rappelons-nous, par exemple, sur le plan historique, avec Alexis de Tocqueville, le rôle sans précédent, qu’en tant qu’</font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>inconditionnelle de la laïcité même</i></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> et de la lutte contre le despotisme, la religion joua dans la formation et la continuelle dynamique de la démocratie américaine:</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;On ne peut donc pas dire, affirma-t-il, qu’aux Etats-Unis la religion exerce une influence sur les lois ni sur le détail des opinions politiques, mais elle dirige les moeurs, et c’est en réglant la famille qu’elle travaille à régler l’Etat. [...] C’est le despotisme qui peut se passer de la foi, mais non la liberté. La religion est beaucoup plus nécessaire dans la république (qu’ils préconisent) que dans la monarchie (qu’ils attaquent), et dans les républiques démocratiques plus que dans toutes autres. Comment la société pourrait-elle manquer de périr si, tandis que le lien politique se relâche, le lien moral ne se resserrait pas ?&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote9anc\" href=\"#sdfootnote9sym\"><sup>9</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"> </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Et pour faire concession à ce qui est tenu pour l’horizon épistémologique et normatif du siècle, l’historicisme, Hegel nous sera peut-être encore de quelque utilité, lui qui, sans pour autant prôner un droit politique théocratique, s’insurgea contre la dissociation radicale entre moralité publique et morale privée informée et imprégnée du religieux ou du spirituel, entre &amp;lt;&amp;lt;Sittlichkeit&amp;gt;&amp;gt; et &amp;lt;&amp;lt;Moralität&amp;gt;&amp;gt;. Selon lui, il appartient à la religion, &amp;lt;&amp;lt;comme vérité suprême&amp;gt;&amp;gt; de &amp;lt;&amp;lt;sanctionner la moralité sociale&amp;gt;&amp;gt;; la religion &amp;lt;&amp;lt;constitue pour la conscience de soi la base de la moralité sociale et de l’Etat&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote10anc\" href=\"#sdfootnote10sym\"><sup>10</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;La religion étant la conscience de la vérité absolue, tout ce qui doit compter dans le monde de la volonté libre comme étant le droit et la justice, le devoir et la loi, c’est-à-dire comme vrai, ne peut avoir de valeur qu’en tant que participant à cette vérité, qu’y étant subsumé et en résultant.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote11anc\" href=\"#sdfootnote11sym\"><sup>11</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Foisonnent donc les données empiriques, sociologiques, de l’interpénétration de la métaphysique, voire, du religieux, et du politique</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote12anc\" href=\"#sdfootnote12sym\"><sup>12</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. A témoin, ces multiples revendications culturalistes de la dignité humaine et l’idée, tant criée de nos jours, sinon d’une &amp;lt;&amp;lt;perdurance&amp;gt;&amp;gt;, du moins d’une &amp;lt;&amp;lt;ré-inscription du religieux dans l’Etat démocratique&amp;gt;&amp;gt;, bref, d’un galopant &amp;lt;&amp;lt;retour du religieux&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote13anc\" href=\"#sdfootnote13sym\"><sup>13</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Pour ne pas parler de la simple consécration des jours fériés religieux dans nos calendriers officiels, du port des tchadors et autres faits très saillants comme l’affaire Salman Rushdie, la condamnation récente de certaines oeuvres artistiques tenues pour diffamatoires de l’image honorable de François Mitterand, à preuve, la prolifération des sectes religieuses, avec toutes les inconséquences dramatiques qu’elles génèrent, dont, par exemple, le drame de la secte du Temple solaire et ses retombées juridiques et politiques. D’autres principes juridiques tels que ceux du «mariage posthume», du «respect de la volonté des morts par le biais des testaments» ou de la «protection de la mémoire des morts», symboles de la consécration juridique de la &amp;lt;&amp;lt;présence spirituelle des morts dans le monde des vivants&amp;gt;&amp;gt; sont relevés par Norbert Rouland dans son </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Anthropologie juridique</i></span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote14anc\" href=\"#sdfootnote14sym\"><sup>14</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>.</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> &amp;lt;&amp;lt;Illogisme [dans la culture juridique actuelle], remarque notre auteur, car si l’on postule l’anéantissement de la personne avec la mort, la protection de l’intégrité physique du cadavre ne se justifie plus.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote15anc\" href=\"#sdfootnote15sym\"><sup>15</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> Avec lui, nous pouvons donc souscrire, à l’instar d’Emile Durkheim, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>à la participation du droit au sacré, une idée à la fois religieuse et laïque</i></span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote16anc\" href=\"#sdfootnote16sym\"><sup>16</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> du sacré, dans la mesure où, même à l’exception de la personne humaine, certaines autres choses ou objets relèveraient encore &amp;lt;&amp;lt;d’un régime différent de celui du profane&amp;gt;&amp;gt;</i></span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote17anc\" href=\"#sdfootnote17sym\"><sup>17</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> et seraient juridiquement protégés par des interdits</i></span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote18anc\" href=\"#sdfootnote18sym\"><sup>18</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Médiatement ou immédiatement, négativement ou positivement, la culture juridique moderne se laisse donc constamment alimenter à des sources de faits et de représentations aussi multiples que diverses dont le religieux et le spirituel ou, simplement, le métaphysique.</span></font></p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><b>IMPORTANCE ET PERTINENCE DU FONDEMENT RETENU DANS LA MODERNITE CONTEMPORAINE</b></font></p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Il est indéniable qu'en retenant un tel principe, l'humanité ou la dignité humaine, nous nous faisons inéluctablement de coriaces adversaires, notamment dans le rang des tenants des conceptions qui ont fait l'objet de notre critique. Mais, pour plus de perspicacité dans notre jugement, nous tenons à préciser qui ils sont réellement, car dans la tranchée des représentants du droit moderne et contemporain qui s'y opposent, il existe plus d'une perspective.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Nos adversaires, ce ne sont pas ceux qui croient que l'homme n'a aucune dignité dans le règne des êtres. Ailleurs, nous avions montré pourquoi leur argument est irrecevable. Toute considération morale ou moralisante mise à part, dans la chaîne des êtres, seul l'homme est capable d'utiliser les autres, la nature, et même, par la plus inimaginable des iniquités, ses proches à ses propres fins: l’homme est doué d’une perspicacité hautement efficace; et si ce qui vient d’être remarqué a quelque vérité, l’homme reste donc le seul à être porteur de dignité ou d'une dignité très haute si l'on peut en reconnaître pour les autres créatures. D’où d’ailleurs l’indiscutable dans ce que nous tenons ailleurs pour le fondement de la </font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>praxis</i></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> kantienne: le principe de l’humanité, objet d’inconditionnel respect.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Nos adversaires, ce ne sont pas ceux qui, dans les domaines autres que celui de la philosophie, rejettent la nécessité d'une recherche de fondation, sous prétexte que, pour la mise en pratique effective des droits de l'homme, une telle entreprise s'avère inutile. Sans renvoyer à l'introduction de notre ouvrage intitulé «Principes humanistes des Lumières et problématique fondationnelle des droits de l'homme»</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote19anc\" href=\"#sdfootnote19sym\"><sup>19</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, où nous avions suffisamment démontré le caractère incontournable de l'entreprise fondationnel, ici, il nous semble suffisant de questionner: qu'avons-nous à appliquer, si ce n'est un principe en tant que fondation ou «un premier à raison de quoi…»; qu'avons-nous à appliquer si ce n'est un dernier critère justificatif ?</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Nos adversaires, ce ne sont pas non plus ceux qui continuent de débattre le thème de la possibilité d’une autre fondation des droits inaliénables, pour le simple besoin de la spéculation d'ordre purement philosophique ou autre sans portée pratique. Ce ne sont là, à notre humble avis, que des discussions stériles et interminables, n'ayant pour but que de nourrir leurs passions pour le bavardage inutile.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">S'il faut nécessairement débattre le thème, c'est parce qu'il suscite de réels problèmes à résoudre. On dit souvent qu'en philosophie, les questions sont plus importantes que les réponses. Or il nous semble que le thème des droits de l'homme en général et plus spécifiquement, ici, l'éducation aux droits de l'homme, seul tremplin de la perfection entre des rapports entre peuples, générations, bref, de la paix entre les hommes. De ce fait, les droits de l'homme exigent, pour leur mise en application, qu'une réponse immédiate soit apportée aux problèmes qu'ils suscitent, même s'il faut du temps et de la patience pour les voir se réaliser pleinement. Aussi, dirions-nous, afin de sauvegarder le principe retenu par la communauté internationale comme fondement des droits de l’homme, que nos adversaires, ce sont ceux qui, tenant bien compte de la nature des facultés humaines ou autres qui, positivement, explicitent le principe de l'humanité (la conscience de soi, la raison, l'égale-liberté innée, et sur le plan proprement philosophique et, disons, kantiano-rousseauiste, fin en soi, règnes des fins, cosmo-téléologie, voire, le contraire est impensable, l'Etre Suprême etc.,) en tant que facultés et principes intangibles, supra-sensibles ou métaphysiques, le rejettent, sous prétexte qu'il est de telle nature que l'évolution de nos sociétés actuelles ne peut plus l'adopter, soit parce qu'il semble trop vague, soit parce qu'il est métaphysiquement lourd, d'une métaphysique substantialiste, de surcroît aristotélico-thomiste</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote20anc\" href=\"#sdfootnote20sym\"><sup>20</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Tout se passe comme si, évoquant cet universel et ses facultés et principes concomitants, les Constituants de 1789 et, aujourd'hui, les Nations-Unies, ne tenaient nullement compte de l'évolution des sociétés en général et des nôtres en particulier. Se fonder sur un tel argument, c'est, inconsciemment, miner l'idée des droits de l'homme et l'humanisme universel qui en est le soubassement; c'est exposer à la disparition cet héritage de valeurs morales et juridico-politiques des plus élevées que l'humanité ait jamais connues. Sur le plan scientifique, c'est d'ailleurs témoigner d'une improbité et d'un manque d'objectivité intellectuels. Car, pour le monde scientifique, c'est, ce nous semble, reculer devant l'une des responsabilités les plus urgentes et les plus hautes qui soient.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Le libéralisme des sociétés modernes et contemporaines exige que place soit faite dans l'arène publique pour toutes les représentations axiologiques, qu'elles soient laïques, culturelles, morales (traditionnelle et moderne), métaphysiques, religieuses, ou spirituelles</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote21anc\" href=\"#sdfootnote21sym\"><sup>21</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. C'est une exigence sans conteste dans le cadre de la résolution des problèmes concrets, nous dirions un cadre empirique et pragmatique. Mais, l'histoire de la philosophie juridico-politique montre, et ceci, depuis déjà la Renaissance</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote22anc\" href=\"#sdfootnote22sym\"><sup>22</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, avec la problématique de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, que l'une au moins de ces représentations prend le dessus, reste privilégiée, par rapport à toutes les autres: la laïque. Se pose alors la question de savoir </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>si le libéralisme</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, surtout contemporain, avec sa demande pressante de la neutralité axiologique, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>ne retombe pas dans les pièges qu'il veut éviter, la partialité ou la confusion de l'Etat et de l'une de ses factions, puisque l'Etat lui-même devient finalement représentatif d'une de ces factions</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Loin de nous la tentative de récuser l'idée d'Etat laïc, qui, sur le plan purement étymologique du terme «laïc», désigne un Etat du peuple – «laos», en grec -- de tout le peuple et non d'une fraction idéologique de ces parties constitutives. D'autres personnes pourraient avoir un intérêt à le faire. Quant à nous, nous pensons que l'Etat, quoi qu'il en soit, doit avoir une identité propre à lui, une dans laquelle toutes les représentations puissent se retrouver et, qui plus est, se reconnaître. </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Peut-être devrait-on tout simplement, mais de façon significative néanmoins quant à la portée théorétique et praxéologique de l'exigence, substituer un autre terme, soit «Etat neutre», à celui d'«Etat laïc», du moment que l’on reconnaît que la laïcité n’est autre qu’une représentation parmi tant d’autres de l'Etat de droit</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Cette proposition nous semble d'autant plus légitime que l'élément catalyseur de l'invention et de l'usage du terme «laos» n'est autre que la confusion dans leur existence et interaction nécessaire des deux régimes différents que sont celui de l'Etat et de l'Eglise. Mais, si aujourd'hui, la conquête du territoire autonome du régime étatique est dite définitivement acquise, il est convenable de procéder à la substitution que nous proposons. La notion d'Etat neutre nous paraît, en tout cas, plus pertinente que celle d'Etat laïc. Car, celle-ci exprime plutôt la relation particulière entre l'Etat et le religieux, l'Eglise ou la religiosité, que celle subsistant entre l'Etat et les diverses représentations possibles. En outre, elle est encore plus conforme à la logique de la neutralité axiologique que le qualificatif «laïc».</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Ces remarques sont destinées à nous faire réfléchir sur les énormes difficultés que pose le problème qui nous préoccupe. Car, au niveau fondationnel, nous en retrouvons un analogue, le principe de la dignité humaine appelant, comme nous l'avions remarqué ailleurs</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote23anc\" href=\"#sdfootnote23sym\"><sup>23</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, des concepts qui, pour le libéralisme contemporain, demeurent, à tout le moins, rébarbatifs, en raison de leur caractère hautement métaphysique. Ailleurs, nous avions suffisamment montré comment le concept de dignité humaine reste étroitement lié à eux. De ce point de vue, leur caractère métaphysique ne saurait nullement être mis en doute, à plus forte raison si les libéraux les leur reconnaissent. Or, comme nous venons de le voir, ils sont absolument controversés dans la philosophie juridico-politique contemporaine. Mais, devrait-on les récuser à cause de leur caractère controversé ? Pourrait-on, comme dans le cas de la laïcité -- l'Etat devenant une des factions des représentations des parties qui le constituent --, retenir les mêmes arguments contre le principe de la dignité humaine qui, en lui-même et eu égard aux principes et concepts explicatifs qu'il appelle nécessairement, fait partie des représentations possibles ? Nous ne sommes pas de cet avis. Ou, pourrait-on, comme dans le cas de la laïcité, opérer une analogue de la substitution terminologique que nous venons d’effectuer ? Si oui, avec quel autre terme ? Si non, ne serions-nous pas contraints de les garder et les entretenir jalousement, malgré tout ?</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Nonobstant le caractère controversé de ces principes et concepts, nous ne croyons malheureusement pas que nous puissions les récuser, à moins de changer complètement les principes fondamentaux de nos Déclarations, de notre culture juridique. Principe controversé ne signifie nullement principe invalide, du moins pas dans ce cas-ci. Et si nous voulions réellement éviter la controverse, nous n'aurions d'autres recours possible, pour l'instant du moins, que les mêmes principes dits controversés. Du point de vue de l'objectivité scientifique et de la véridicité intellectuelle, nous n'avons d'autres critères objectifs justifiant l'idée des droits de l'homme que ces principes supposément rébarbatifs. Contrairement à ce qui peut être admis dans le cas de la laïcité, la représentation métaphysique à laquelle nous conduit le principe de la dignité humaine est une représentation universelle admise par tous, c'est-à-dire, concrètement, sur le plan culturel et sur le plan du droit politique international, les différentes cultures et les Etats-membres des Nations Unies, et ceci, indépendamment de toutes les représentations particulières de l’homme et de l’Etat qui sont les leurs. Aucune de ces représentations particulières ne le rejette et ne peut le rejeter de son système, de sa vision du monde, pour peu qu’elle considère, sinon pour d’autres raisons, au moins la perspicacité de l’être humain, c’est-à-dire, sa capacité à utiliser la nature entière, y compris ses proches, comme moyens pour atteindre ou réaliser ses propres fins, laquelle capacité nous contraint à lui opposer le principe de l’intangible dignité comme principe limitatif, même si la perspicacité n’est pas en soi négatif. Si la dignité humaine fait appel à des concepts qui peuvent entrer en contradicton avec les intérêts des tenants de certaines des visions du monde, ce pour quoi il peut être récusé par les tenants représentations correspondantes, il amène toutefois les défenseurs de ces représentations à réfléchir sur la manière dont ils peuvent et doivent l'expliciter ou le rendre intelligible par rapport à leur propre vision, au découpement de la réalité à laquelle ils adhèrent. C'est donc un concept qui les contraint à accepter les autres concepts qui lui sont relatifs. De même que l'homme peut rejeter ou imposer leur volonté à la loi, disons, la loi naturelle, du fait de son libre arbitre, et,comme on le dit, nier son rang et position dans le Cosmos, de même, les défenseurs de ces représentations peuvent toujours rejeter le concept de dignité humaine et ses concepts explicatifs, par leurs arguties et sophismes, mais cela n'aboutira qu'à affaiblir le pouvoir ou la force de conviction des représentations auxquelles ils adhèrent.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Last but not least, </font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>il convient d'ailleurs de remarquer que la perdurance, en abondance, des représentations métaphysiques et religieuses dans la culture juridique moderne ou l'impossibilité de leur enchâssement dans des registres a-juridiques reste davantage un problème qui préoccupe plus le théoricien libéral que le praticien du droit</i></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Car celui-ci, juriste, n'est tenu, en dernière instance, qu'à observer, docilement, les exigences du droit, de l'opinion du peuple recueillie par voie de suffrage sur tel ou tel problème qui lui est soumis plutôt que de spéculer, comme le fait le théoricien et surtout le philosophe. Même si l'on peut remarquer qu'il arrive bien au juriste aussi de spéculer dans son application de la loi, on peut encore établir une différence entre son mode de spéculer et celui du pur théoricien ou du philosophe. Et l'observation de la pratique nous met en face de ce fait: le droit, dans la pratique, s'adapte tant bien que mal, à l'évolution ou à l'involution de la mentalité des peuples.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">La démonstration de la perdurance en abondance des représentations métaphysiques tant au niveau du </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>stratum</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> fondationnel</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote24anc\" href=\"#sdfootnote24sym\"><sup>24</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> qu'à celui de la mise en application du principe des droits de l'homme ainsi faite, la question de l'existence d'un aspect métaphysique, religieux ou spirituel attaché à chacun de ces droits n'est plus non seulement à se poser, mais la légitimité d'une approche englobante, des droits de l'homme, car intégrative des données spiritualistes se fait aussi voir clairement. Aussi, celui qui veut traiter du sujet de leurs implications culturelles et spirituelles est-il à présent en droit de s'y consacrer philosophiquement.Dans la chaîne des êtres, seul l'homme est capable d'utiliser les autres, la nature, et même, par la plus inimaginable iniquité, ses prochains, à ses propres fins. D’où l’incontournable nécessité d’un recours au double concept de dignité. Ceci n'est possible qu'en vertu des facultés qu'il possède. Nos adversaires, ce ne sont pas ceux qui, dans les domaines autres que celui de la philosophie, rejettent la nécessité d'une recherche de fondation sous prétexte que, pour la mise en pratique effective des droits de l'homme, une telle entreprise s'avère inutile. L'introduction de notre travail nous semble suffisante pour une justification de l'entreprise en question. Nos adversaires, ce ne sont pas non plus ceux qui continuent de débattre sur le thème de la possibilité d’une autre fondation des droits inaliénables, pour le simple besoin de la spéculation d'ordre proprement philosophique ou bien d'autres encore. Ce ne sont là, à notre humble avis, que des discussions stériles et interminables n'ayant pour but que de nourrir leurs passions pour le bavardage inutile. S'il faut nécessairement débattre le thème, c'est parce qu'il suscite des problèmes réels à résoudre. On dit souvent qu'en philosophie, les questions sont plus importantes que les réponses. Or, il nous semble que le thème en question est d'une importance considérable, qu'il en va du respect de la vie de milliers d'êtres humains, et de fait, qu’il exige, pour la mise en application de nos droits, qu'une réponse définitive soit apportée aux problèmes qu'il suscite. Aussi, dirions-nous, afin de sauvegarder le principe retenu par la communauté internationale comme fondement des droits de l’homme, que nos adversaires, ce sont ceux qui, tenant bien compte de la nature des facultés humaines sur lesquels repose ce principe, le rejettent, sous prétexte qu'il est de telle nature que l'évolution de nos sociétés actuelles ne peut l'adopter. Tout se passe comme si, évoquant l'universel, les Constituants de 1789 et, aujourd'hui, les Nations-Unies, ne tenaient nullement compte de l'évolution des sociétés en général et des nôtres en particulier. Se fonder sur un tel argument, c'est, inconsciemment, miner l'idée des droits de l'homme et l'humanisme universel qui en est le soubassement, c'est exposer à la disparition cet héritage de valeurs morales et juridico-politiques des plus élevées que l'humanité ait jamais connues. Sur le plan scientifique, c'est d'ailleurs témoigner d'une improbité ou, mieux, d'un manque d'objectivité et de véridicité intellectuelle. Car, pour le monde scientifique, c'est, ce nous semble, reculer devant l'une des responsabilités les plus hautes.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Le libéralisme des sociétés modernes et contemporaines, exige, certes, que place soit faite dans l'arène publique pour toutes les représentations axiologiques, qu'elles soient laïques, culturelles, morales (traditionnelle et moderne), métaphysiques, religieuses, ou spirituelles</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote25anc\" href=\"#sdfootnote25sym\"><sup>25</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Exigence sans conteste dans le cadre de la résolution des problèmes concrets, nous dirions un cadre empirique et pragmatique. Mais, l'histoire de la philosophie juridico-politique montre, et ceci, depuis déjà la Renaissance</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote26anc\" href=\"#sdfootnote26sym\"><sup>26</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, avec la problématique de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, que l'une au moins de ces représentations prend le dessus, reste privilégiée, par rapport à toutes les autres: la laïque. Se pose alors la question de savoir si le libéralisme, surtout contemporain, avec sa demande pressante de la neutralité axiologique, ne retombe pas dans les pièges qu'il veut éviter, la partialité ou la confusion de l'Etat et de l'une de ses factions, puisque l'Etat lui-même devient représentatif d'une de ces factions. Loin de nous la tentative de récuser l'idée d'Etat laïque. D'autres personnes pourraient avoir un intérêt à le faire. Quant à nous, nous pensons que l'Etat, quoi qu'il en soit, doit avoir une identité propre à lui, une dans laquelle toutes les représentations puissent se retrouver. Peut-être devrait-on tout simplement substituer un autre terme, soit Etat neutre, à celui d'Etat laïque, du moment que l’on reconnaît que la laïcité n’est autre qu’une représentation parmi tant d’autres. La notion d'Etat neutre nous paraît, en tout cas, plus convenable que celle d'Etat laïque. Car, celle-ci exprime plutôt la relation particulière entre l'Etat et l'Eglise que celle entre l'Etat et les diverses représentations possibles. En outre, elle est encore plus conforme à l'idée de neutralité axiologique que le qualificatif de «laïque».</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Ces remarques sont destinées à nous faire réfléchir sur les énormes difficultés que pose le problème qui nous préoccupe. Car, au niveau fondationnel, nous en retrouvons un analogue, le principe de la dignité humaine appelant, comme nous l'avions remarqué, des concepts qui, pour le libéralisme contemporain, demeurent, à tout le moins, rébarbatifs, en raison de leur caractère hautement métaphysique: égale-liberté innée, fin en soi (dignité humaine ou principe de l'humanité), règnes des fins, cosmo-téléologie, Etre Suprême. Nous avions suffisamment montré comment le concept de dignité humaine reste étroitement lié à eux. De ce point de vue, leur caractère métaphysique ne saurait nullement être mis en doute. Or, comme on le sait bien, ils sont absolument controversés dans la philosophie juridico-politique contemporaine. Mais, devrait-on les récuser à cause de leur caractère controversé? Pourrait-on, comme dans le cas de la laïcité, retenir les mêmes arguments contre le principe de la dignité humaine qui, aussi bien que la laïcité, fait partie des représentations possibles ? Nous ne sommes pas de cet avis, et pour les raisons que nous verrons ci-après. Ou pourrait-on, comme dans le cas de la neutralité axiologique, opérer la même substitution terminologique que nous venons d’effectuer ? Si oui, avec quel autre terme ?  Si non, ne serions-nous pas contraints de les garder, malgré tout?</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Nonobstant le caractère controversé de ces concepts, nous ne croyons malheureusement pas que nous puissions les récuser, à moins de changer complètement les principes fondamentaux de nos Déclarations. Principe controversé ne signifie pas principe invalide, du moins pas dans ce cas-ci. Et si nous voulions réellement éviter la controverse, nous n'aurions d'autres recours, pour l'instant, que les mêmes principes controversés. D'un point de vue de l'objectivité scientifique et de la véridicité intellectuelle, nous n'avons d'autres critères objectifs que ces principes supposément rébarbatifs. Contrairement à ce qui peut être admis dans le cas de la neutralité axiologique, la représentation métaphysique à laquelle nous conduit le principe de la dignité humaine est une représentation universelle admise par tous, c'est-à-dire les Etats-membres des Nations Unies, et ceci, indépendamment de toutes les représentations particulières sus-mentionnées. Aucune de ces représentations particulières ne le rejette et ne peut le rejeter de son système, de sa vision du monde, pour peu qu’elle considère, sinon pour d’autres raisons, au moins la perspicacité de l’être humain, c’est-à-dire, sa capacité à utiliser la nature entière, y compris ses prochains, à ses propres fins.  Si la dignité humaine fait appel à des concepts qui peuvent entrer en contradicton avec certaines des visions du monde, ce pour quoi il peut être récusé par les représentations correspondantes, il amène toutefois les défenseurs de ces représentations à réfléchir sur la manière dont ils peuvent et doivent l'expliciter ou le rendre intelligible par rapport à leur propre vision, au découpement de la réalité à laquelle ils adhèrent. C'est donc un concept qui les contraint à accepter les autres concepts qui lui sont relatifs. De même que l'homme peut rejeter la loi morale naturelle, du fait de son libre arbitre, et se rendre impuissant ou démontrer cette impuissance, de même, les défenseurs de ces représentations peuvent toujours rejeter le concept de dignité humaine et ses concepts explicatifs, par leurs arguties et sophismes, mais cela n'aboutira qu'à affaiblir le pouvoir ou la force de conviction des représentations auxquelles ils adhèrent. Pour s'en assurer, essayons d'étudier l'une des perspectives philosophiques les plus critiques, les plus radicales, qui semblent contredire ce principe universel de la dignité humaine, le principe de l'humanité, quant à sa nature métaphysique et quant à la possibilité de constituer un fondement adéquat pour nos droits et libertés fondamentales: la perspective habermasienne.</font></p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.84cm;\"><b>INTRODUCTION</b></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Ce texte tente de montrer l’irrecevabilité de la critique habermasienne du droit naturel. Le paradigme habermasien, avec ses  présupposés et implications médiates ou immédiates -- nous  pensons  notamment au thème du monde-vécu  exploité à titre de complexe de principes  justificateurs  --, serait  impuissant face à la logique du droit naturel. Nous nous limitons à la version moderne de cette tradition. Demeurant mitigée, la critique habermasienne du droit naturel requérait, pour sa cohérence et sa recevabilité, des principes qu’il tentait d’éradiquer du discours philosophico-juridique moderne. Un seuil  principiel, fondationnel, indépassable du droit naturel resterait ainsi permanent et consubstantiel à son discours comme un vestige des plus mémorables de la philosophie du sujet, de la conscience, des principes a-dialogiques,  non-communicationnels de la raison. Principe &amp;lt;&amp;lt;D&amp;gt;&amp;gt;, c’est ainsi que Habermas nomme le principe de son paradigme. En voici l’énoncé précis:</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;[...] ne peuvent prétendre à la validité que les normes qui sont acceptées [ou pourraient l’être] par toutes les personnes concernées en tant qu’elles participent d’une discussion pratique.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote27anc\" href=\"#sdfootnote27sym\"><sup>27</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"> </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.41cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.41cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">1) </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Compréhension, réalisation de consensus</span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"> </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>via</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> la confrontation des prétentions à la validité 2) preuves effectives de la validité, ce qui suppose dialogue réelle, 3) absence de contrainte ou liberté absolue, 4) prétentions à et recherche de la vérité, constituent les axes essentiels autour desquels gravite le paradigme  habermasien de la communication. L’effectivité du dialogue dans  la  recherche de la fondation  de nos normes  pratiques  morales et juridiques, voilà le socle sur lequel repose toute sa critique de la raison monologique et, de surcroît, métaphysique. Dans le contexte d’un discours fondationnel des droits de l’homme,  le droit naturel demeure  la cible la plus  importante de Habermas.  D’après le principe de  l’argumentation fondationnelle  intersubjective effective, tous les principes et normes sociales doivent faire l’objet d’une discussion ouverte dans l’arène politique.  Or, tout d’abord, la pensée habermasienne, quant  à  ce qui  relève du droit naturel,  ne nous semble pas  suffisamment  claire.  Habermas rejette-t-il  véritablement  le droit naturel  dans  sa pensée  juridique  ou  l’y  intègre-t-il, non  pas du point  de vue  de  sa genèse, mais  plutôt  de par  sa  force conceptuelle,  de  par  sa capacité  à  résoudre  le  problème  de  la  fondation  de  nos premiers  principes  juridiques ?  Tel  est  le problème  qui  nous  préoccupe. Et, afin de lui trouver une solution adéquate,  il nous semble  important, en premier  lieu, de parcourir, ne serait-ce que très brièvement, son  texte  intitulé «Droit naturel et révolution»</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote28anc\" href=\"#sdfootnote28sym\"><sup>28</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, et, en second lieu, d’analyser  la  justification  habermasienne  de  son  rejet  du paradigme  subjectif co-essentiel  à  la  doctrine  du  droit  naturel.</span></font></p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.84cm;\"><b>I.  ANALYSE DE LA CRITIQUE HABERMASIENNE DU DROIT NATUREL</b></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Partant de la différence entre droit naturel classique et droit naturel moderne, Habermas s’est attaché à la dernière tradition à laquelle il essaiera de redonner vie et contenu. La différence en question s’établit sur l’existence ou l’inexistence d’une consubstantialité entre moralité et légalité. Car, tandis que, selon lui, le droit naturel classique ou antique s’articule autour des principes éthiques ou moraux selon l’exigence de la cohésion communautaire (</font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>polis</i></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">), le droit naturel moderne en consacre  la dissolution. C’est en cela qu’il est révolutionnaire. Le lien entre moralité et légalité n’est pas pour autant détruit; seule sa nature s’en trouve modifiée, puisque la légalité de l’ordre établi repose sur la moralité.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Premier point de la critique habermasienne. Il nous achemine vers la critique  du  formalisme  jusnaturaliste  moderne,  nous  rappelant  ainsi l’un  des  foyers  d’affrontement  entre  Habermas  et  Kant. &amp;lt;&amp;lt;Même  la maxime  des Physiocrates [&amp;lt;&amp;lt;Qui dit un  droit, dit  une  prérogative établie sur un devoir; point de droits sans devoirs et point de devoirs sans droits&amp;gt;&amp;gt;], qui a par la suite  inspiré  toutes  les  tentatives  pour  compléter  la  Déclaration   française  des </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> Droits</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> de   l’Homme  et  du  citoyen  par  une  déclaration  correspondante de leurs </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>devoirs</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, ne  constitue aucunement un  retour  aux  commandements  vertueux  du  droit   naturel  classique.&amp;gt;&amp;gt;³</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> Qui plus est, nous dit Habermas, &amp;lt;&amp;lt;la doctrine  des  devoirs  établie  par  les  Physiocrates  montre  justement  qu’une  fois  accepté,  le  droit naturel  exclut  toute  référence  du  droit à  la  moralité  matérielle.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote29anc\" href=\"#sdfootnote29sym\" sdfixed=\"\"><sup>4</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">  Mortelle  pour  le  droit   naturel  moderne se  révèle alors  la  conclusion  que  tire  Habermas  de  cette  interprétation  des  relations  qu’ont  établies  les tenants  du  droit naturel  moderne  entre  la  moralité  et  la  légalité.  Ce  qui  en  ressort:  le  droit  naturel moderne  comme 1) creuset de la licence,  d’une  liberté  &amp;lt;&amp;lt;moralement  neutre&amp;gt;&amp;gt;,  et,  paradoxe,  par  conséquent, 2) creuset  de  la contrainte,  puisqu’il  doit  en  même  temps   réguler  la  coexistence  sociale. &amp;lt;&amp;lt;Dans  la  mesure  où  il  est  par  principe  un  droit  à  la  liberté,  nous  enseigne  Habermas,  tout  droit  formel détaché  des  réalités  non  formelles  de  la  vie  est  </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>du  même  coup </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> une  contrainte.  Son  envers,  l’autonomie privée  qu’il  permet,  est  psychologiquement  la  motivation  de  la  contrainte  à  l’obéissance.  En  pratique, le droit formel n’est extérieurement sanctionné que par la violence physique; légalité et moralité sont fondamentalement  distinctes.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote30anc\" href=\"#sdfootnote30sym\" sdfixed=\"\"><sup>5</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">De  ce  premier  point, Habermas  procède  plus  loin: il  passe  par  la  critique,  si  bien  connue,  du droit  naturel, à  savoir  son  individualisme,  ce  qui  implique  également  la  critique  du  contrat  social</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote31anc\" href=\"#sdfootnote31sym\" sdfixed=\"\"><sup>6</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">:  tel est le second point de sa critique.  Il  se rabat, par la suite, sur les sens du mot &amp;lt;&amp;lt;Déclaration&amp;gt;&amp;gt; dans les Déclarations  françaises  et  américaines  pour  en  amorcer, peut-être  insidieusement  et  subrepticement,  la critique  historiciste et  idéologique</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote32anc\" href=\"#sdfootnote32sym\" sdfixed=\"\"><sup>7</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, point de raccordement entre lui et Marx</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote33anc\" href=\"#sdfootnote33sym\" sdfixed=\"\"><sup>8</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">: troisième  point  de sa  critique. Il débouche  finalement  sur  l’idée  d’une  certaine  métamorphose des  droits  naturels  en  droits  intégralement socio-étatiques, c’est-à-dire qu’il en arrive, en  fait,  à déraciner  ces  droits  de  leur  sol  «naturaliste»:  quatrième point  de  la  critique.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Nous  laissons  de  côté  l’objection  anti-individualiste  et  anti-contractualiste. La corrélation entre droits et  devoirs  des  jusnaturalistes  Physiocrates et,  par conséquent,  l’idée  qu’il  ne  saurait  y  avoir  de  droit pour  un Robinson, répondent déjà assez suffisamment à cette objection. Il convient d’ajouter, pour les corroborer,  les  réquisits  de  tout  contrat, entre autres,  l’idée  de  manifestation  réciproque  des  volontés  des sujets  potentiels  et/ou  réels  de  l’Etat. Ce  qui  nous  intéresse  ici,  ce  sont  les  autres  formes  de  critiques. D’abord,  celle que nous jugeons  insidieuse et subreptrice: les sens du terme &amp;lt;&amp;lt;Déclaration&amp;gt;&amp;gt;, selon qu’il s’agisse  des  Déclarations  américaines  ou  des  françaises.  Rappelant  que  la  différence  majeure  entre  les deux  Déclarations   proviennent  de  leur  source  d’inspiration --  pour  les  américaines,  le  &amp;lt;&amp;lt;Commonsense&amp;gt;&amp;gt;, pour  les  françaises,  la  pensée  des  philosophes,  notamment  les  Physiocrates</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote34anc\" href=\"#sdfootnote34sym\" sdfixed=\"\"><sup>9</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> --  Habermas  reprend  les termes  du  préambule  afin  de  nous  en  montrer  le  sens  véritable: &amp;lt;&amp;lt;former  l’opinion  publique&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">1</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote35anc\" href=\"#sdfootnote35sym\" sdfixed=\"\"><sup>0</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">.  Déclarer une opinion, la révéler, cela suppose sa pré-existence. Dans cet esprit, les termes du préambule: &amp;lt;&amp;lt;l’ignorance, l’oubli  ou  le  mépris  des  droits  de  l’Homme  sont  les  seules  causes</span></font><font face=\"Courier New, Courier, monospace\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> </span></font></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">des  malheurs  publics et  de  la  corruption  des gouvernements&amp;gt;&amp;gt;, sont assez clairs, même s’ils soulèvent les problèmes philosophiques, que nous connaissons, quant à ce qui touche la  fondation  jusnaturaliste  de  ces droits.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Parmi  ces  problèmes  philosophiques  se rangent  celui  de  l’historicisme  et  la  critique  qui  lui correspond. Remarquons,  encore  une  fois à  ce  propos,  que  Habermas  semble  reconnaître plutôt le fondement  et  la  portée  conceptuelle  de  la  doctrine  du  droit  naturel  moderne, dans  la  mesure  où  il  semble récuser  l’objection  socio-historiciste  et  idéologique,  hegelienne</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">1</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote36anc\" href=\"#sdfootnote36sym\" sdfixed=\"\"><sup>1</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> et  marxiste</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">1</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote37anc\" href=\"#sdfootnote37sym\" sdfixed=\"\"><sup>2</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, qui  se  base  sur &amp;lt;&amp;lt;le lien établi par la pensée libérale  entre  les  systèmes  du  droit  naturel  moderne  et  l’Economie  Politique  de  la société  bourgeoise&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">1</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote38anc\" href=\"#sdfootnote38sym\" sdfixed=\"\"><sup>3</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. L’objection  en  question  tourne  autour  dudit  formalisme  du  droit  naturel, formalisme selon lequel ce système se sépare &amp;lt;&amp;lt;du contexte concret des intérêts sociaux et des idées historiques&amp;gt;&amp;gt; en se fondant abstraitement sur &amp;lt;&amp;lt;une ontologie, une philosophie transcendantale ou une anthropologie  (c’est-à-dire  la nature  du  monde,  la conscience ou l’homme)&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">1</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote39anc\" href=\"#sdfootnote39sym\" sdfixed=\"\"><sup>4</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Tout en récusant cette objection -- nous  ne  devons pas concevoir &amp;lt;&amp;lt;les droits fondamentaux à partir de leur contexte social et historique dans  le seul  but  de  les  ravaler  au  rang  de  simple  idéologie&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">1</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote40anc\" href=\"#sdfootnote40sym\" sdfixed=\"\"><sup>5</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">,  affirme  notre  auteur --, il  met en  garde  contre  le  danger  de  l’abstraction  à  outrance  qui  mine  cette  doctrine.  De  fait, Habermas  exige un  rapport  dialectique entre les paramètres conceptuels et socio-historiques: mettre  l’accent sur  les  premiers risquerait  de  plonger  la  doctrine  dans  du  pur  dogmatisme  sur  le  plan  philosophique  et  du  pur  arbitraire, sinon  du  pur  despotisme, sur  le plan socio-politique. C’est  dans  cette  optique  qu’il  affirme:</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;[...] il  s’agit  précisément  d’éviter que  les idées, détachées de leur base matérielle,  ne  perdent  leur  sens  et  ne  soient  amenées  à  justifier  ce  dont  elles  devaient au contraire  libérer  les  hommes: la  persistance  de fait  de  ce  pouvoir exercé  par la domination politique et la puissance  sociale  et  </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><u>qui ne peut ni ne veut être légitimé par des fins discutées  en  public  et  démontrées  en  raison</u></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">. Il est aussi  possible, à l’inverse, de présenter  ce  même  rapport  dialectique  de  la  façon  suivante: d’une part  le sens révolutionnaire du  droit naturel  moderne  ne  saurait  se  réduire  simplement au contexte  des   intérêts  sociaux;  mais  d’autre  part </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><u>l’idée  du  droit  naturel, en  tant  qu’elle dépasse  l’idéologie  bourgeoise,  ne  saurait  non  seulement  être  sauvée  mais  se  réaliser  vraiment  que  si  elle est  interprétée  à  partir  des  rapports  sociaux  concrets</u></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">1</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote41anc\" href=\"#sdfootnote41sym\" sdfixed=\"\"><sup>6</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Les passages soulignés nous indique exactement le point précis où le caractère mitigée de la position habermasienne  se révèle dans toute sa prégnance. Il convient d’ailleurs d’en dire plus, en affirmant qu’ils réflètent  une  adhésion  réelle,  sans contredit, à la doctrine du droit naturel.  Car, non  seulement  la  doctrine du  droit  naturel doit être sauvée, comme nous le suggère  Habermas -- ce  qui  suppose, connaissant  l’objectif primordial de cette doctrine, qu’elle renferme  les  conditions  </font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>sine qua non </i></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> de toute théorie du juste juridico-politique --, mais  aussi  que  dans  l’optique  habermasienne même, l’interprétation des rapports sociaux concrets,  donc  la réalisation effective du dialogue fondationnel, présuppose nécessairement les principes premiers  de  cette  doctrine. A l’objection  possible  que  la  position  habermasienne  a  subi  un  changement après  son  texte  sur  le  droit  naturel, un changement qui va  dans  le sens  du  rejet  de  la  doctrine du  droit naturel, nous répondrions qu’il n’en est rien du tout. Car,  loin  de  montrer  le rejet  de  ces  principes  premiers du droit naturel, les ouvrages ultérieurs de Habermas n’ont fait que les reprendre en compte. Nous  nous  emploierons  à  sa  démonstration  plus  loin.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">«Dialectique dialogique», par opposition à «dialectique monologique absolue»</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">1</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote42anc\" href=\"#sdfootnote42sym\" sdfixed=\"\"><sup>7</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> telle pourrait être qualifiée  la  notion  habermasienne  de  dialectique,  surtout  par  rapport  à  celle de Hegel  que  Habermas critique,  de  manière virulente, relativement au concept  d’Esprit Absolu</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">1</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote43anc\" href=\"#sdfootnote43sym\" sdfixed=\"\"><sup>8</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, en  même  temps  qu’il  s’y  rallie, si l’on pense au Hegel de la période d’Iéna (1804-06). On voit bien que le noeud de la critique habermasienne n’est rien d’autre que le paroxysme de l’abstraction, de la conceptualisation de la doctrine du droit naturel moderne. Le rôle prépondérant joué par les Physiocrates, de même que Rousseau, dans cette édification conceptuelle prenant appui sur le concept de Nature n’est pas à ignorer. Et le pionnier de la raison communicationnelle y met précisément l’accent. En définitive, le concept de Nature et, en contrepartie, le paradigme de la publicité, donnent le ton à cette critique habermasienne, à la fois socio-historique et, implicitement,  idéologique  du  droit  naturel  moderne.  A ce  propos, se posent les questions suivantes: 1) est-ce le  concept  de Nature qui  fait  l’objet de la critique habermasienne ? ou 2) existe-t-il d’autres arguments justifiant  sa  critique ?</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">La  réponse à la première question  se  révèle  négative, ainsi que nous le verrons ci-après.  Pourquoi  se  révèle-t-elle  négative ? La  réponse  à  cette présente  question  procède  de  la  réponse à  la  seconde  question sus-posée. Et pourquoi ? Habermas, avions-nous dit, a effectué, sinon remarqué, une sorte de métamorphose des droits  naturels en droits intégralement socio-étatiques,  c’est-à-dire qu’il en arrive, en fait, à  priver ces droits de leur ancrage  «naturaliste». Comment  a-t-il  opéré  cette  transmutation,  si  tant est-il qu’elle est le produit de sa propre créativité ? C’est là où se situe, ce nous semble, toute l’incongruité de la critique  habermasienne. Car, pour toute réponse  à  la  question  de  savoir  pourquoi  les  droits  fondamentaux ne pourraient plus être considérés comme des droits naturels, Habermas affirmerait, comme il le fait effectivement:</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;Ceux-ci [les droits fondamentaux] ont cependant perdu le caractère abstrait [et naturel] qui est celui des droits de  nature  puisque  nous  savons qu’ils ne peuvent mener à bien leur intention qu’en engageant une transformation  des  rapports  sociaux qui  transforme  à  son  tour  leur  propre caractère.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">1</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote44anc\" href=\"#sdfootnote44sym\" sdfixed=\"\"><sup>9</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Qu’entend  Habermas  par transformation  des  rapports  sociaux  et  transformation  du  caractère  propre des droits fondamentaux en tant que droits  naturels ? Tout simplement la positivisation, l’institutionnalisation  de  ces droits  naturels  par  un ordre de droit positif. Selon lui,  dès  lors  que  les  droits naturels exigent, pour leur effectivité, leur  intégration  dans  l’ordre juridique positif et  dans  sa  Constitution, il serait judicieux de les considérer comme des droits positifs ou, pour utiliser ses propres termes, des droits fondamentaux</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">2</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote45anc\" href=\"#sdfootnote45sym\" sdfixed=\"\"><sup>0</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Ainsi qu’il le soutient:</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;Cette conscience révolutionnaire rencontrait dans le concept de Nature des Physiocrates une ambiguïté de principe: </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><u>le terme </u></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><i><u>naturel</u></i></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><u> désigne incontestablement les lois immanentes d’une société civile émancipée de la tutelle de l’Etat; mais  en  même temps  il  était dit que celles-ci requéraient un droit normatif</u></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">  et  avaient  besoin pour s’imposer  du  despotisme d’un acte révolutionnaire  car  </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><u>les  lois  naturelles  de  la  société  ne  travaillent pas avec la même infaillibilité que les lois physiques mais doivent au contraire lutter contre la corruption de la nature humaine et s’assurer d’abord une domination politique</u></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">2</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote46anc\" href=\"#sdfootnote46sym\" sdfixed=\"\"><sup>1</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Il est vrai que le concept de «nature» dans «lois naturelles» s’oppose, chez ces philosophes, à celui de «positif»  dans  «lois positifs»</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">2</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote47anc\" href=\"#sdfootnote47sym\" sdfixed=\"\"><sup>2</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, et qu’il se réfère à la nature humaine et à ses lois pré-positives; il est vrai que l’état  de  nature  auquel  les  lois  naturelles  s’appliquent  se  veut émancipé de l’état civil; il est vrai que les tenants du droit naturel exigent, pour le renforcement des  droits  découlant  de  ces  lois  naturelles, un état de droit  positif, normatif, au sens d’état  sanctionnateur, coercitif,  du  fait  de  la  faillibilité  de  la nature  humaine. Mais de là à dire, puisque le droit naturel est qualifié de droit libéral  et  bourgeois -- affirmation  qui  s’appuie sur  des  données  purement  idéologiques -- que  l’Etat constitutionnel libéral devrait  se  transformer en Etat social  afin  de  renforcer  ces  droits  naturels, c’est  là  travestir  l’intuition  fondamentale  des  tenants  de  la théorie. En toute rigueur, l’avènement de l’Etat social est un phénomène relativement récent par rapport aux mises  en  application -- progressives certes et menant à cet Etat social -- du programme  relevant  du  droit naturel. L’Etat social proprement dit, n’est apparu d’ailleurs bien longtemps qu’après les premiers écrits marxistes. Et, il est même presque impossible d’en déterminer précisément la date d’apparition</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">2</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote48anc\" href=\"#sdfootnote48sym\" sdfixed=\"\"><sup>3</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Ce qui est certain, c’est que,  même en France, les premiers jets de la pensée socialiste n’ont commencé à faire leur apparition  qu’avec  un  penseur  tel  que Proudhon. Or,  nous  nous situons au XIX</span></font><font face=\"Symbol, serif\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">?</span></font></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> siècle</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">2</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote49anc\" href=\"#sdfootnote49sym\" sdfixed=\"\"><sup>4</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. En tout cas,  il  ne semble y avoir aucun doute que le socialisme n’a émergé qu’avec Marx pour qui la liberté des révolutionnaires ne consiste qu’en &amp;lt;&amp;lt;la liberté du renard libre dans le poulailler libre&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">2</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote50anc\" href=\"#sdfootnote50sym\" sdfixed=\"\"><sup>5</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Pour une radicale démystification idéologique de la pensée libérale, la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Question juive, </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">ce texte de 1843, paraît, de loin, le mieux adapté. Marx y déclare: &amp;lt;&amp;lt;Les droits de l’homme par opposition aux droits du citoyen, ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste, de l’homme séparé de l’homme et de la collectivité.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">2</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote51anc\" href=\"#sdfootnote51sym\" sdfixed=\"\"><sup>6</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Se référant uniquement aux transformations des rapports sociaux pour toute justification du passage des droits naturels de leur univers prétendument  tout formel et abstrait à l’univers du droit positif, en tant que droits  fondamentaux, Habermas, affirme </font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>illico presto</i></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">:</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;les droits fondamentaux avaient d’une part une action normative pour les personnes qui leur étaient subsumées et les principes fournissaient d’autre part des indications positives pour une </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><u>organisation  juridique globale  dans laquelle  la  société, enfin  équilibrée, perdrait son caractère de base naturelle</u></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">2</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote52anc\" href=\"#sdfootnote52sym\" sdfixed=\"\"><sup>7</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">La question se pose de savoir  s’il y a eu  effectivement  une  transformation  radicale  de  la  naturalité de  ces  droits, à telle enseigne  que l’on  devrait être amené à  les  considérer  comme  des  droits  fondamentaux, et  plus  précisément positifs, ainsi que Habermas semble l’insinuer. Le sens des notions de droit subjectifs en tant que droits naturels et de ces mêmes droits en tant que droits fondamentaux semble être négligé par Habermas.  C’est  une question de différence d’optiques qui nécessite ces différentes appellations. En tant que principes  moraux  du  droit, justifiés  par  la philosophie, on parle  de  droits  de  l’homme, mais, c’est  en  vertu de  leur  mise  en vigueur, de  leur  institutionnalisation  par  un  ordre  juridique  positif, un ordre politique, que ces  mêmes  principes moraux  s’appellent  droits  fondamentaux.  Ceci  ne signifie pas pour autant qu’ils cessent d’être des  droits  naturels. Ces distinctions ne sont donc  que  purement  terminologiques  selon  l’optique.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">A  cela, il convient  d’ajouter  néanmoins, conformément aux titres des Déclarations qui distinguent droits de l’homme et droits du citoyen, qu’en tant que droits de la personne,  les  droits  fondamentaux  demeurent conceptuellement  et  historiquement des droits naturels. Historiquement, c’est-à-dire génétiquement, sans système des droits naturels, il ne saurait y avoir de droits fondamentaux. Conceptuellement, 1) selon les rapports Etat-citoyen, le citoyen ne peut faire ses revendications et ne s’opposer à l’Etat que par référence à des principes externes. Tel est le cas, surtout s’il existe des vides ou des lacunes juridiques; 2) selon  les  rapports Etat-citoyen d’un autre Etat ou un étranger, seule la notion des droits naturels de la personne permet de rendre intelligible les revendications de ce dernier. Autrement dit, la notion des droits naturels ou de la personne, tout en conservant  le caractère naturel de ces droits, se subdivise en ces deux éléments que sont les droits moraux et les droits fondamentaux. Nous verrons après que Habermas demeure très fidèle à cet esprit de 1789 qui se perpétue dans la culture juridique moderne</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">2</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote53anc\" href=\"#sdfootnote53sym\" sdfixed=\"\"><sup>8</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Luc Langlois, après avoir essayé de récuser cette idée de droits naturels de la personne comme droits «extranéens»</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">2</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote54anc\" href=\"#sdfootnote54sym\" sdfixed=\"\"><sup>9</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> au droit positif, conformément à l’intuition habermasienne, a fini par reconnaître ce fait, ceci, après Habermas lui-même. C’est pour cette raison qu’il qualifie cette catégorie de droits de conditions d’actualité du principe démocratique, de &amp;lt;&amp;lt;principes permettant l’actualisation du principe démocratique&amp;gt;&amp;gt;, donc  de  conditions  d’actualité du principe  dialogique, du paradigme  communicationnelle. Cette  idée d’«extranéité» de ces conditions lui a semblé d’une importance si cruciale qu’il n’a pu résister à son emprise. Aussi attribue-t-il  à  leur  réintégration dans la pensée juridique habermasienne le statut de &amp;lt;&amp;lt;grammaire  des  profondeurs du droit positif  légitime&amp;gt;&amp;gt;, signifiant par là qu’ils en constituent la toile de fond ou, en ses propres termes, les &amp;lt;&amp;lt;présupposés implicites de toute praxis</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">démocratique&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">3</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote55anc\" href=\"#sdfootnote55sym\" sdfixed=\"\"><sup>0</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Les présupposés implicites de l’intersubjectivité langagière qui sont &amp;lt;&amp;lt;l’instance de légitimation du droit&amp;gt;&amp;gt; selon Habermas constituent les trois premiers principes ou droits  fondamentaux de la personne. A lire attentivement  Habermas, on remarquerait que ces trois principes correspondent exactement, sinon à peu de choses  près, aux droits naturels  énoncés  dans les deux premiers articles des Déclarations des droits depuis 1789, conformément à la doctrine du droit naturel moderne. Ces principes ne sont pas sans nous rappeller ceux,  </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>a priori,</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> énoncés dans la pensée juridique kantienne, savoir: 1) &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>La liberté</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> de chaque membre de la société, comme  homme; 2) </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>L’égalité </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> de chaque homme avec tout autre, comme sujet; 3) </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>L’indépendance</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> de tout membre  d’une  communauté,  comme  citoyen&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">3</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote56anc\" href=\"#sdfootnote56sym\" sdfixed=\"\"><sup>1</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Utilisons la traduction française de Luc Langlois pour énoncer les principes habermasiens:</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">1) &amp;lt;&amp;lt;La première classe de droits concerne &amp;lt;&amp;lt;les droits fondamentaux qui résultent de l’élaboration politique autonome du droit aux libertés subjectives  les  plus étendues  possibles et égales pour tous&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">3</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote57anc\" href=\"#sdfootnote57sym\" sdfixed=\"\"><sup>2</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">. </span></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">2) &amp;lt;&amp;lt;[Leur corrélat  nécessaire] Les droits fondamentaux  découlant  de  l’élaboration  politique autonome du statut de membre d’une association  juridique libre&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">3</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote58anc\" href=\"#sdfootnote58sym\" sdfixed=\"\"><sup>3</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">3) &amp;lt;&amp;lt;[Les] droits fondamentaux découlant de l’exigibilité des droits et de l’élaboration politique autonome de la protection juridique individuelle&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">3</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote59anc\" href=\"#sdfootnote59sym\" sdfixed=\"\"><sup>4</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">La première classe de ces principes, selon Habermas, empêchent la confusion de l’Etat et de la société civile. C’est dire que la distinction entre société civile émancipée et Etat des jusnaturalistes, pionniers de la révolution -- à partir de laquelle Habermas s’insurge contre les Physiocrates et Rousseau</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">3</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote60anc\" href=\"#sdfootnote60sym\" sdfixed=\"\"><sup>5</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> -- demeure intacte. A cela  s’ajoute  le  supplément  d’information  qui  vient corroborer à la fois l’«extranéité» des principes à laquelle  nous  nous  étions référée et la distinction entre rapports citoyen-Etat et étranger-Etat. Ainsi que Luc Langlois l’affirme:</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;Ces droits de la personne accusent pourtant un caractère hautement abstrait et général. Leur intégration au code juridique se heurte à la </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><i>contextualité</i></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"> du droit positif, dont le champ d’application est inéluctablement limité dans l’espace et dans le temps.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">3</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote61anc\" href=\"#sdfootnote61sym\" sdfixed=\"\"><sup>6</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Toile de fonds, &amp;lt;&amp;lt;grammaire des profondeurs du droit positif légitime&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;présupposés implicites de toute praxis démocratique&amp;gt;&amp;gt;, telles  sont, en  toute  évidence,  les caractéristiques qui conviennent aux principes -- </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>a priori </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">ajoutons-le</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> -- </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">du paradigme communicationnel habermasien dans son application au droit. Ces principes se soustraient à toutes les possibilités de fondation offertes par les principes juridiques intra-positifs, à tout processus fondationnel socio-historique intersubjectif. C’est en tant que tels et en tant que droits de la personne, valables indépendamment  des conditions  objectives  et subjectives de l’existence -- caractère hautement  abstrait  et  général --, qu’ils  obtiennent statut  de  droits naturels.  Comment peut-on fonder ces droits  dialogiquement  dans  l’arène publique, ainsi que l’exige Habermas ? La substance de  ces  droits  n’est-elle  pas  une condition de possibilité de la stratégie argumentative fondationnelle ? Bref, pour que l’argumentation fondationnelle intersubjective soit possible, ne faut-il pas, au préalable, jouir de ces attributs naturels que sont la dignité humaine et de ces &amp;lt;&amp;lt;intérêts transcendantaux&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">3</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote62anc\" href=\"#sdfootnote62sym\" sdfixed=\"\"><sup>7</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> que sont la vie, l’intégrité morale et corporelle, la liberté et l’égalité ? Il nous semble qu’il devrait en être ainsi, non pas seulement conformément à la doctrine jusnaturaliste moderne, mais aussi en vertu des présupposés du paradigme habermasien même. Il en  va  d’ailleurs de  la cohérence, de la recevabilité et de la praticabilité de la théorie de l’agir communicationnel. Car, qu’est-ce qui, avant l’entrée dans l’arène discussionnelle, empêcherait les participants à s’entre-déchirer, à s’entretuer, à s’envoyer les uns les autres dans l’au-delà ? Ainsi que le fait remarquer Höffe:</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;[La théorie habermasienne] est contre-productive pour une éthique de la discussion. Si le discours doit pouvoir être le lieu de l’examen moral  des  normes de la discussion, les participants ne peuvent ni se mentir mutuellement, ni  se  tromper, ni  même  se  tuer,  de  sorte que la discussion suppose justement la reconnaissance de principes dont l’impératif catégorique kantien examine la moralité et ne relève pas du mérite, mais du droit.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">3</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote63anc\" href=\"#sdfootnote63sym\" sdfixed=\"\"><sup>8</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Il est remarquable qu’effectivement le paradigme habermasien  nous empêtre dans un cercle vicieux, ainsi que le notent maints critiques</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">3</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote64anc\" href=\"#sdfootnote64sym\" sdfixed=\"\"><sup>9</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">.</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Ce</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> &amp;lt;&amp;lt;circulus vitiotus&amp;gt;&amp;gt;,</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> pour utiliser les termes de Luc Langlois, consiste justement à attribuer le statut de conditions de possibilité légitimatrice au principe qui en devrait être le point d’aboutissement, ce que Habermas voulait éviter dans </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>L’éthique de la </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">discussion et ce contre lequel il mettait en  garde. En d’autres termes, &amp;lt;&amp;lt;l’intersubjectivité langagière est l’instance de légitimation du droit, mais celle-ci est l’instrument indispensable de son effectivité sociale&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">4</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote65anc\" href=\"#sdfootnote65sym\" sdfixed=\"\"><sup>0</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Relativement à notre problématique, on devrait d’ailleurs parler d’une </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><u>double circularité</u></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">: une </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><u>circularité interne à la logique du paradigme habermasien</u></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> -- ce que dénoncent ses critiques --, et une </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><u>circularité externe résultant de la confrontation entre la logique du paradigme habermasien et celle des droits de la personne comme droits naturels</u></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, donc la logique de la doctrine du droit naturel. L’idée de ce second cercle vicieux apparaît clairement si l’on tient compte des grandes différentes perspectives ou éthiques fondationnelles, savoir: 1) la substantielle dont le lieu de normativité s’évalue uniquement en fonction du contenu des actions particulières, 2) la nôtre, c’est-à-dire la formelle, dont le moment de normativité réside dans le principe déontologico-téléologique (ou téléologico-pratique) et qui fait intervenir l’idée de «règnes des fins», 3) l’éthique procédurale elle-même, celle de Habermas, dont le lieu normatif s’inscrit dans la méthode à suivre pour parvenir au juste ou au légitime.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Pourquoi devrions-nous parler de double-circularité ? La double-circularité provient du principe «extranéen» à la théorie habermasienne tel que le respect de la dignité de la personne et de son intégrité  physique et morale -- Habermas utilise le principe, pascalien devrons-nous dire, de la vulnérabilité</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">4</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote66anc\" href=\"#sdfootnote66sym\" sdfixed=\"\"><sup>1</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">.  Par la note infra-paginale, nous voyons que le principe de la vulnérabilité ou celui de l’humanité, la dignité humaine, répond, ici, à la question: pourquoi être moral ?  -- qui, pour s’en tenir à l’idée de thématisation qui différencie une théorie d’une autre, a sa source dans les doctrines philosophiques aujourd’hui tenues pour surannées, savoir le droit naturel stoïcien, thomiste, et, en ce qui nous concerne, moderne. On peut dire que c’est fort de l’«extranéité» de ce principe que Jean-Marc Ferry soutient qu’il y a, dans la théorie habermasienne, un &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>moment non-discursif de la raison</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, tel qu’il est inauguré par la résolution du Sollen: </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>je dois</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">...&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">4</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote67anc\" href=\"#sdfootnote67sym\" sdfixed=\"\"><sup>2</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">   Hervé Pourtois exprime bien ce dilemme, qui sape les bases du paradigme procédural habermasien, en ces termes: &amp;lt;&amp;lt;Lorsqu’il s’agit de définir et  justifier  ces  contraintes  normatives, un dilemme surgit d’emblée. On peut en effet tenter de recourir à un point de vue théorique externe pour établir la validité des contraintes. On pourrait ainsi tenter de montrer que le débat public doit notamment respecter certaines limites, qu’il ne peut porter atteinte à certains droits fondamentaux des individus ou au respect de leur vie privée etc... Mais, ce faisant, on semble sortir d’une perspective strictement procédurale. Le philosophe qui entend définir ces limites doit en effet revendiquer un point de vue privilégié sur </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><u>des principes normatifs dont la validité n’est pas produite par le débat public</u></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, mais est suspendue à un </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><u>garant externe</u></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, par exemple </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><u>une conception métaphysique de la nature humaine</u></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><u>La discussion n’est plus alors en tant que telle le garant ultime de la légitimité</u></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">4</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote68anc\" href=\"#sdfootnote68sym\" sdfixed=\"\"><sup>3</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><b>II. ANALYSE DE LA JUSTIFICATION HABERMASIENNE DU PARADIGME COMMUNICATIONNEL</b></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Il est certes vrai que Habermas lui-même n’a pas oublié ce réquisit axiologique fondationnel de toute théorie légitimante de la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>praxis</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> humaine qu’est le respect de la dignité humaine dans son corps et dans sa personnalité morale. A preuve, ces gardes-fous de la violence et  de  la manipulation  idéologique et autres dans l’espace  public de la fondation des normes -- </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><u>avant la discussion</u></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, devrions-nous ajouter aussi ? -- qu’il nomme «</span></font><span lang=\"fr-FR\">ideal-speech</span><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> situations»</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">4</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote69anc\" href=\"#sdfootnote69sym\" sdfixed=\"\"><sup>4</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, les conditions idéales de la communication ou les conditions de la communication idéale, notamment la troisième.  Mais s’il en est ainsi, peut-il prétendre s’opposer absolument au droit naturel?  Afin de fournir une réponse décisive à ce problème, force nous est de prendre appui sur les allégations de Habermas. Dans Droit naturel et révolution, et récemment dans </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Faktizität und Geltung</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, de même que dans le Postscript</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">de cet ouvrage, Habermas a attiré l’attention sur les arguments en faveur de sa position médiane entre le droit naturel (moderne en l’occurence) et le droit positif. Dans Droit naturel et révolution, il nous fait comprendre que:</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;Dans l’Etat social la pratique procède selon les critères des droits fondamentaux [...] Une science sociale se cantonnant dans les bornes du positivisme ne peut </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><u>dépasser le stade d’une critique de l’idéologie mettant fin aux formes  vides du droit naturel</u></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">. Mais </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><u>au niveau d’une réflexion sur son propre engagement en faveur d’une pratique politique respectant les droits fondamentaux</u></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">, elle ne peut par contre plus se contenter de postuler une attitude neutre ou nihiliste à l’égard des valeurs.&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">4</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote70anc\" href=\"#sdfootnote70sym\" sdfixed=\"\"><sup>5</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Et dans le Postcript de <i>Faktizität und Geltung</i>, il nous explicite sa position en ces termes:</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;The doubling of law into natural law and positive law suggests the idea that historical legal orders are supposed to copy a pregiven intelligible order. The discourse-theoretic concept of law steers between the twin pitfalls of legal positivism and natural law [...]: </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><u>The leading question of modern natural law can then be reformulated under new discourse-theoretic premisses</u></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">: </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><u>what rights must citizens mutually grant one another if they decide to constitute themselves as a voluntary association of legal consociates and legitimately to regulate their living together by means of positive law</u></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"> ? &amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">4</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote71anc\" href=\"#sdfootnote71sym\" sdfixed=\"\"><sup>6</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Habermas demeure très radicale sur la nécessité d’une telle position médiane, mais ses arguments ne nous semblent pas du tout satisfaisants. En outre, ils nous paraissent contradictoires. Premièrement, il ne s’agit, pour lui que d’une reconstruction de la &amp;lt;&amp;lt;leading question of modern natural law&amp;gt;&amp;gt; -- ce que nous pouvons lui concéder sous réserve (a) d’une preuve de réelle identité de préoccupation ou de questionnement dans sa pensée et dans celle des tenants du droit moderne; (b) d’une démonstration rigoureuse et inébranlable de l’indéniable nécessité d’une telle reconstruction.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">En ce qui concerne (a), la réponse s’avère négative: Habermas parle de droits civiques, droits de citoyens (citizens rights), alors que les tenants du droits naturels modernes sont concernés, en tout premier lieu, par les droits de toute personne humaine, conditions de théorisation des droits civiques, selon eux. Les hommes ne sont pas tous des citoyens sur tous les cieux, ni même sur leur territoire d’origine (notion de citoyenneté passive). Habermas ne traite donc que partiellement la question des droits de la personne. A tenir rigoureusement compte de sa préoccupation, sa question, se réduirait, dans sa formulation, à  quelque chose comme ceci: «what kind of rights legal consociates would grant themselves as citizens» ? La nuance est très importante: elle nous fait comprendre que la préoccupation habermasienne, telle qu’elle devrait être formulée, se situerait en-deçà des trois premiers principes jusnaturalistes fussent-ils institutionnalisés. Et alors, la non-identité des deux préoccupations devrait se maintenir, ceci, au détriment de Habermas, dans la mesure où il accepte l’institutionnalisation des droits de la personne, donc la pré-existence des droits naturels; (b) si les droits de la personne peuvent perdre - -et ont effectivement perdu -- leur statut naturel par leur entrée en vigueur dans le  droit  positif  en  devenant des droits fondamentaux, à quoi bon une autre recherche de fondation, telle  que celle  entreprise par Habermas et qui se profile dans </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Faktizität und Geltung</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> ? S’ils deviennent déjà des droits politiques, à quoi bon  chercher encore à leur attribuer cette même dimension que celle des droits positifs, des droits politiques</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">4</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote72anc\" href=\"#sdfootnote72sym\" sdfixed=\"\"><sup>7</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> ? Bref, c’est à se demander pourquoi et comment politiser des droits déjà politisés ?</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Telle est la  tâche à  laquelle  s’attèle  néanmoins  Habermas  d’après  la  troisième section de son Postscript. Habermas dira peut-être: &amp;lt;&amp;lt;the break with the tradition of rational natural law is incomplete&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">4</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote73anc\" href=\"#sdfootnote73sym\" sdfixed=\"\"><sup>8</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, et qu’il est nécessaire de briser complètement ce lien hiérachique entre le droit naturel rationnel</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">4</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote74anc\" href=\"#sdfootnote74sym\" sdfixed=\"\"><sup>9</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> et le droit positif</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">5</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote75anc\" href=\"#sdfootnote75sym\" sdfixed=\"\"><sup>0</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Mais, à le lire dans Droit naturel et révolution, on croirait que cette brèche fut déjà radicalement ouverte. En tout cas, exception faite de la question de savoir si une telle brèche absolue est possible, et souhaitable, une question s’impose: accepterait-il que la notion de personne en tant que sujet de droits, qui n’a subi aucune transformation, malgré la  positivisation des droits naturels en droits fondamentaux, soit, elle, limitée, conditionnée spatio-temporellement ? Nous n’en sommes pas sûrs.  Car, les droits de la personne résiste à ce conditionnement, du fait de leur universalité, ceci, d’après le commentaire qu’il nous fait du deuxième des principes sus-énoncés.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">De deux choses l’une par conséquent: soit Habermas  reste dans  le  système  du  droit naturel rationnel, et il disposera  de  la  notion  en  question, et, conséquemment, il ne pourra  revendiquer  sa  position  médiane, surtout pas l’équivalence dimensionnelle droits de la personne-droits positifs; soit  sa  notion  de  personne-sujets de droits demeure très conditionnée spatio-temporellement</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">5</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote76anc\" href=\"#sdfootnote76sym\" sdfixed=\"\"><sup>1</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, et non seulement il resterait en-deçà de la ligne médiane mais il serait aussi inconséquent dans la logique interne de son système, justement en vertu de sa prétention -- implicitement ? -- avouée à une adhésion minimale ou résiduelle au droit naturel par l’idée des droits fondamentaux</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">5</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote77anc\" href=\"#sdfootnote77sym\" sdfixed=\"\"><sup>2</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. De ce fait, il ne pourra non plus  justifier l’idée de droit de la personne.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Deuxièmement, même  si  elles  pourraient  sembler de peu d’importance relativement aux écrits ultérieurs en raison de leur antériorité, les allégations de Habermas que les oeuvres suivantes contiennent devraient mériter notre attention. Car, elles comportent des implications théoriques et pratiques dignes d’intérêts tant par les questions  qu’elles  soulèvent  touchant à certains  problèmes  politiques  que par les solutions qu’elles apportent à d’autres: elles mettent en lumière les contradictions flagrantes entre les prétentions habermasiennes à l’abstraction universaliste des droits de l’homme et le légalisme positiviste dont il se réclame contre le formalisme jusnaturaliste. De plus, elles semblent faire corps avec les oeuvres récentes de Habermas. Il s’agit de certains passages de </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>l’Ethique de la discussion</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> et surtout certains des </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> Ecrits politiques</i></span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">5</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote78anc\" href=\"#sdfootnote78sym\" sdfixed=\"\"><sup>3</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">qui  traitent des droits de l’homme.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Dans </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>l’Ethique de la discussion</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, Habermas prit soin de mettre en exergue &amp;lt;&amp;lt;la force transcendante d’une prétention à la validité normative&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>5</i></span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote79anc\" href=\"#sdfootnote79sym\" sdfixed=\"\"><sup>4</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">et universelle des droits de l’homme.  Cette force,  nous  rassura-t-il, résisterait &amp;lt;&amp;lt;par son efficacité  à  toute vision  réflexive  de l’herméneute&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">5</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote80anc\" href=\"#sdfootnote80sym\" sdfixed=\"\"><sup>5</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">en  mal d’application concrète de ces principes trans-positives aux cas particuliers,  ceci, conformément aux Constitutions politiques des différents Etats. Les Droits de l’homme constituerait &amp;lt;&amp;lt;la substance morale de notre ordre juridique&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">5</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote81anc\" href=\"#sdfootnote81sym\" sdfixed=\"\"><sup>6</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, mondial, devrait-on ajouter.  Qui plus est, Habermas fut très attentif à la rigueur formaliste, universaliste,  inhérente à ces droits, force qui ne peut se plier à la logique des &amp;lt;&amp;lt;applications partiales&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">5</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote82anc\" href=\"#sdfootnote82sym\" sdfixed=\"\"><sup>7</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Celles-ci sont  &amp;lt;&amp;lt;incompatibles  avec  les  sens&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">5</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote83anc\" href=\"#sdfootnote83sym\" sdfixed=\"\"><sup>8</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">des  principes  dont  nous  parlons. C’est  dans  cette  optique  qu’il  soutint:</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;Une fois que des normes fondamentales, comme le droit à la liberté d’expression ou le droit à la participation à des élections générales, libres et secrètes, sont perçues et reconnues en principe, </span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\"><u>les applications ne varient en aucune manière arbitrairement de situation en situation</u></span></font><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">, mais prennent le chemin orienté, au moins à plus long terme, d’une réalisation toujours plus conséquente de leur contenu universaliste.&amp;gt;&amp;gt; </span></font><sup><font size=\"2\"><span lang=\"fr-FR\">5</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote84anc\" href=\"#sdfootnote84sym\" sdfixed=\"\"><sup>9</sup></a></span></font></sup></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">La rigoureuse portée empirique de cette visée universaliste abstraite paraît à tout le moins  étonnant de la  part  de Habermas. Ce qui est retenu pour l</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>’Ethique de la discussion</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> vaut davantage pour les </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Ecrits politiques</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Dans ces écrits d’importance historique des années 80, Habermas, concerné par le problème poignant des identités nationales, se réclama résolument de l’héritage des Lumières et s’opposa à toute forme de revendication répudiant les &amp;lt;&amp;lt;principes axiologiques à vocation universelle qui sont au fondement du républicanisme&amp;gt;&amp;gt;, comme en témoigne Dominique Leydet</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">6</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote85anc\" href=\"#sdfootnote85sym\" sdfixed=\"\"><sup>0</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">.  L’universalisme inflexible qu’il épousa le porta à  rejeter toutes  les formes  de &amp;lt;&amp;lt;particularismes  en  fonction  desquels la nation  se démarque de l’extérieur&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">6</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote86anc\" href=\"#sdfootnote86sym\" sdfixed=\"\"><sup>1</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. L’adhésion aux principes  dits &amp;lt;&amp;lt;utopiques&amp;gt;&amp;gt; -- ce qualificatif justifie la critique de Zimmermann  à  l’égard  de  Habermas --  issus de la  Révolution française, prédomina dans l’esprit de Habermas par rapport à toute forme de pensée historiciste, bien que les deux formes de pensée, l’utopiste et l’historiciste, aient été à  ses yeux sensés de fusionner </span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">6</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote87anc\" href=\"#sdfootnote87sym\" sdfixed=\"\"><sup>2</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> Ceci n’est pas une critique que nous lui adressons.  Au contraire, cette conception sied le mieux, à notre avis, à sa prétention à l’universalisme de l’</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Aufklärung</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> révolutionnaire.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Trois paramètres déterminent la substance de la pensée habermasienne dans ces écrits.: 1) l’idée des droits de l’homme comme &amp;lt;&amp;lt;valeurs sur-positives non sujettes à suffrage&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">6</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote88anc\" href=\"#sdfootnote88sym\" sdfixed=\"\"><sup>3</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Ces valeurs &amp;lt;&amp;lt;se placent au-dessus de l’ensemble des  lois  respectivement en vigueur&amp;gt;&amp;gt;, y compris la loi fondamentale qui, elle, doit  mettre  l’emphase  sur  leur pré-éminence dans l’ordre des valeurs juridiques</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">6</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote89anc\" href=\"#sdfootnote89sym\" sdfixed=\"\"><sup>4</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">; 2) l’inflexibilité du caracatère «extranéen» des droits de l’homme.  Selon  Habermas, l’ordre  légal  ne  peut  nullement  conférer  à  nos  normes  juridiques  transpositives &amp;lt;&amp;lt;un caractère positif&amp;gt;&amp;gt;. Cela ne veut certainement pas signifier qu’il ne doit pas les mettre en pratique, puisqu’elles ne doivent pas rester lettres mortes, formes vides. Mais l’idée est qu’elles restent et demeurent naturelles, sinon trans-positives tout de même; 3) la justification du droit à la désobéissance civile. Habermas la  tient également comme un principe anté- et supra-positif. &amp;lt;&amp;lt;Destinée à être réalisée&amp;gt;&amp;gt;, la désobéissance civile, selon Habermas, est un &amp;lt;&amp;lt;état de chose justifiée à la lumière d’une idée de l’Etat de droit&amp;gt;&amp;gt;. D’une importance sans précédent pour tout Etat de droit, elle ne le serait cependant &amp;lt;&amp;lt;selon les critères du droit positif&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">6</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote90anc\" href=\"#sdfootnote90sym\" sdfixed=\"\"><sup>5</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Sur  ces  idées  indispensables  à  la  preuve des contradictions  qui, virtuellement sinon réellement, sapent les bases de l’application de la théorie communicationnelle de Habermas  au  droit politique, vient s’ajouter la seule et unique justification possible, fournie par lui, des conditions idéales de la communication: le monde vécu.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Ce &amp;lt;&amp;lt;contexte-ressources&amp;gt;&amp;gt; qui renferme, entre autres, l’inévitable &amp;lt;&amp;lt;contenu  raisonnable des structures  anthropologiques  profondes&amp;gt;&amp;gt;, et que Habermas  reconstruit  transcendantalement, c’est-à-dire de façon  &amp;lt;&amp;lt;anhistorique&amp;gt;&amp;gt; -- un universel, un </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>a priori</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> anthropologique --, Habermas  le  déclare  historiquement inconditionné, irréductible  aux  intérêts  non-universalisables,  creuset  de  ressources  axiologiques «sédimentant»  la  communauté de sens qui devrait diriger la procédure dialogique, le processus de compréhension. Qui plus est, toujours un aveu de Habermas, le &amp;lt;&amp;lt;Life-world&amp;gt;&amp;gt; demeure &amp;lt;&amp;lt;implicite&amp;gt;&amp;gt; et  se dérobe complètement &amp;lt;&amp;lt;à la thématisation&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">6</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote91anc\" href=\"#sdfootnote91sym\" sdfixed=\"\"><sup>6</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Or, ces  structures  anthropologiques  se  trouvent  enracinées dans  un  lointain  passé, voire dans des traditions que  Habermas  rejette, mais dont certains acteurs sociaux sont porteurs</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">6</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote92anc\" href=\"#sdfootnote92sym\" sdfixed=\"\"><sup>7</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. C’est à ce monde vécu que nous rapportons ce que nous tenons pour un concept fondationnel des droits de la personne, la dignité humaine. Si l’on concède à Habermas la légitimité de  l’intégration  nécessaire de l’idée de monde vécu pour une meilleure justification, sinon compréhension, de la force obligeante des conditions de la communication  idéale, ne serions-nous  tout de même pas contraints d’adopter des principes, des  normes et des valeurs  (avec tout leur arrière-fonds conceptuel et métaphysique) dont il prétend se débarrasser ? Il ne nous semble en être autrement.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Aussi, pour autant que l’on veuille ou doive justifier les requisits fondamentaux de la fondation dialogique  des  normes, d’après la logique  interne  de  la pensée habermasienne, le principe de la dignité humaine -- et, selon Habermas, celui de la vulnérabilité -- renverrait-il aux trois composantes structurelles de ce monde vécu: le monde des faits, celui de la culture, réceptacle de savoir; le  monde des  normes, celui de la société, réceptacle des ordres légitimes; le monde des expériences vécues, celui de la personnalité, lieu de construction de la personnalité  individuelle. Ce qu’Edouard Delruelle appelle &amp;lt;&amp;lt;l’architectonique de la pensée de Habermas&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">6</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote93anc\" href=\"#sdfootnote93sym\" sdfixed=\"\"><sup>8</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Au demeurant, une archéologie des paramètres idéels constitutifs de ces trois composantes du monde vécu nous dévoilera du fond de leurs vestiges ce principe de dignité humaine. Habermas nous en sera certainement gré, lui qui, évoquant ce principe à la fin de </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Raison et légitimité</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> contre la &amp;lt;&amp;lt;Vieille Europe&amp;gt;&amp;gt;, comme pour en rappeler, philosophiquement, le caractère inébranlable, du point de vue du sens commun, le caractère inaliénable, et religieusement, la sacro-sainteté</span></font><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\">6</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote94anc\" href=\"#sdfootnote94sym\" sdfixed=\"\"><sup>9</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><b>CONCLUSION</b></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">L’étude de la critique habermasienne nous révèle ainsi l’impuissance de sa critique du droit naturel. Fondamental nous paraît la lisière du moment kantien, celle du devoir-être, du &amp;lt;&amp;lt;Sollen&amp;gt;&amp;gt;, moment normatif et métaphysique indépassable pour l’intelligibilité du respect de la dignité humaine qu’imposent les conditions idéales de discussion de Habermas, avant, pendant et après la mise à exécution du paradigme discussionnel. Absolument convaincantes se sont imposées à nous les allégations propres de Habermas touchant la nature transcendante et trans-positive des principes universels des droits de la personne humaine en tant qu’ils constituent, en ses propres termes, la &amp;lt;&amp;lt;substance morale de notre ordre juridique&amp;gt;&amp;gt;, allégations que contiennent les ouvrages  tels que </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>l’Ethique de la discussion</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> et les  </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Ecrits politiques</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Assurément, dans ses ouvrages,  l’idée de trans-positivité et de transcendance de ses principes ne saurait être rigoureusement appréhendée qu’à la lumière de la logique jusnaturaliste. Habermas aurait-il dérogé à ces principes dans son dernier ouvrage  intitulé </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Faktizität  und Geltung</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> ? Les résultats de notre étude nous y répondent par la négative.  Car, dans l’énonciation des cinq principes des droits fondamentaux, notamment le cinquième, et le commentaire qu’en fait l’auteur du </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Faktizität und Geltung</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, décisive nous paraît la rigueur du formalisme et de l’abstraction universaliste de Habermas, rigueur consubstantielle au jusnaturalisme. La logique du droit naturel  subsiste  donc  incontournable et  se révèle péremptoire dans la pensée habermasienne des droits de la personne. Fondamental, pour notre critique de sa conception, s’avère également le concept de monde vécu, lequel comporte, comme référents, les conceptions mytho-poétiques, religieuses, et sur le plan proprement philosophique, les conceptions métaphysiques</span></font><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">7</span></font></sup><sup><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote95anc\" href=\"#sdfootnote95sym\" sdfixed=\"\"><sup>0</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, celles du sujet humain, élaborées depuis la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Philosophia perennis</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> jusqu’à l’époque des Lumières, siècle de l’émergence proprement juridique de l’idée des droits de l’homme  -- pour ne pas mentionner la  conception du sujet de droit dans notre culture juridique --, en passant par la philosophie cartésienne.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Sans contredit, l’éthique et la philosophie socio-politique recèlent donc des principes longtemps pensés, médités et thématisés qui, ce nous semble, doivent figurer au premier plan de notre agenda tant théorique que pratique, au risque de voir nos pratiques dénuées de tout repère sémantique et axiologique -- on en fait déjà constamment l’aveu, sinon  le procès. Parmi ces principes figurent, la dignité humaine et ses corrélats, les droits et les libertés fondamentales, mise à part celui de la publicité dont l’étude, dans la pensée habermasienne, ne fera qu’apparaître une fois de plus, de par l’exploitation de la notion  kantienne de publicité, basée sur l’idée de société naturelle, l’adhésion implicite et inévitable, sinon totale du moins minimale,  de Habermas à la théorie du droit naturel.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><i>(Nous remercions vivement Mr Anumu Akpetsinu Barthélémy Sosoe, étudiant en Lettres modernes à Nancy, pour la revue et la mise en forme définitive de ce texte).</i></font></p>
<div id=\"sdfootnote1\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font face=\"Courier, Courier New, monospace\"><font size=\"2\"><a class=\"sdfootnotesym\" name=\"sdfootnote1sym\" href=\"#sdfootnote1anc\">1</a><font face=\"Times New Roman, Times, serif\"><font size=\"1\" style=\"font-size: 8pt;\"> 	</font></font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\"><span lang=\"fr-FR\">Remarquons 	tout simplement que la conception moderne et contemporaine des 	droits de l'homme n'est nullement monolithique, et qu'il soit 	absolument nécessaire, lorsque l'on investigue dans ce 	domaine, de se soucier de précisément déterminer 	les contours de la conception que l'on se fait le devoir de 	défendre, plutôt que de faire comme si tout allait de 	soi. Afin de montrer que cette conception n'est effectivement pas 	monolithique, voici, tout juste à titre indicatif, un exemple 	de la multivocité, de la typologie de la conception moderne 	et contemporaine des droits de l'homme:</span></font></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font face=\"Courier, Courier New, monospace\"><font size=\"2\"><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">1 	-- il y en a qui, comme nous, les conçoivent </font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\"><i>comme 	des droits naturels fondés sur la dignité humaine;</i></font></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font face=\"Courier, Courier New, monospace\"><font size=\"2\"><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">2 	-- il y en a qui les conçoivent</font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\"><i> 	comme des droits de l’homme fondés sur la raison et la 	liberté-égale mais ne leur reconnaissent pas le statut 	de droits naturels;</i></font></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font face=\"Courier, Courier New, monospace\"><font size=\"2\"><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">3 	-- il y en a pour qui, </font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\"><i>comme 	Habermas, paradoxalement, d’un côté, ils font déjà 	partie intégrante de la culture juridique, comme des droits 	moraux et donc aurait un sens, une justification au sens de 	fondation; mais de l’autre, ils doivent encore faire l’objet 	d’une fondation ou légitimation dans l’arène 	politique à l’issue de dialogues effectifs</i></font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">;</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font face=\"Courier, Courier New, monospace\"><font size=\"2\"><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">4 	-- il y en a pour qui, </font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\"><i>comme 	Kaï Nielsen, ils se situent au-delà de toute possibilité 	de fondation</i></font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">;</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font face=\"Courier, Courier New, monospace\"><font size=\"2\"><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">5 	-- certains penseraient, </font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\"><i>à 	l’instar de Burke ou de Bentham:"ces droits ne sont que des 	non-sense upon stilts"</i></font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">;</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font face=\"Courier, Courier New, monospace\"><font size=\"2\"><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">6 	-- pour d’autres encore, </font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\"><i>ce 	ne sont que de purs produits historiques dont toute tentative de 	fondation ne prendrait que le sens d'un service rendue à une 	quelconque idéologie</i></font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">;</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font face=\"Courier, Courier New, monospace\"><font size=\"2\"><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">7 	-- et, finalement, il y en a pour qui, </font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\"><i>de 	par les entorses qu’ils subissent, dire qu'ils sont des non-sense 	upon stilts, c'est leur accorder trop d'importance</i></font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">. 	</font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\"><i>Ils sont tout 	simplement nuls.</i></font></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;\"><font face=\"Courier, Courier New, monospace\"><font size=\"2\"><font face=\"Times New Roman, Times, serif\"><i>	</i></font><font face=\"Times New Roman, Times, serif\">Si 	notre constat se révèle pertinent, indépendamment 	de la justesse de la typologie que nous venons d'établir, on 	peut se demander, à l'instar de tout chercheur et praticien 	perspicace, comment est-il possible de réussir dans la mise 	en oeuvre des droits de l'homme, tant sur le plan national 	qu'international, si l'on n'est pas en accord sur la conception, sur 	l'idée que nous promouvons dans nos réflexions. Si la 	pratique des droits est une chose et la réflexion des droits 	qui en est l'archimédien et qui, constamment, doit lui servir 	d'aiguillon en est une autre, il va sans dire qu'au préalable, 	les praticiens -- philosophes, juristes, pédagogues, 	politiciens et simples citoyens etc. -- arrivent plus ou moins à 	s'entendre, à entretenir une certaine communauté 	d'idées qui les meuvent dans une seule direction. Autrement 	-- sophisme de la pente abrupte, nous reprochera-t-on peut-être 	?</del>, soit nous aboutirons à une impasse, soit, ce qui n'est 	pas moindre affaire, nous permettrons irrémédiablement 	à ce qui peut paraître une sorte de dictature ou de 	tyrannie des droits de l'homme de nous asservir à un état 	d'absence de droits.</font></font></font></p>
<p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Courier, Courier New, monospace"><font size="2"><font face="Times New Roman, Times, serif">	</font><font face="Times New Roman, Times, serif"><i>Last 	but not least</i></font><font face="Times New Roman, Times, serif">, 	à prime abord, pour mieux déterminer la conception 	adéquate des droits de l'homme, cette question, apparemment 	simple, doit nous servir de fil conducteur: à quelle raison, 	à quelle liberté, à quelle égalité, 	à quelle fraternité faisons-nous allusion, lorsque 	nous évoquons les droits de l'homme ? Qui plus est, quel 	champ épistémique et quel statut épistémologique, 	sur le plan juridico-philosophique, nous accordons à l'idée 	de dignité humaine ? Voilà les questions qui, de façon 	incontournable, amèneront le chercheur à abonder dans 	l'univers discursif propre à notre perspective: le 	jusnaturalisme. Au lecteur d'en juger toutefois la pertinence !</font></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote2sym" href="#sdfootnote2anc">2</a><i> 	Les droits de l'homme et la loi naturelle</i>, Paris: Paul Hartman, 	1942.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote3sym" href="#sdfootnote3anc">3</a> 	<i>Kategorische Rechtsprinzipien. Ein Kontrapunkt der Moderne</i>: 	Frankfurt/Main, Suhrkamp Varlag, 1990: (Traduction française 	de J.-C. Merle, préfacé par Paul Ricoeur, Principes du 	droit. Ethique, Théorie juridique et philosophie sociale, 	Paris. Editions Cerf, 1993.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote4sym" href="#sdfootnote4anc">4</a> 	<span lang="fr-CA">Voir: Habermas, Reconciliation through the Public 	Use of Reason: Remarks on John Rawls’s Political Liberalism, in: 	</span><span lang="fr-CA"><i>The Journal of Philosophy</i></span><span lang="fr-CA">, 	vol. XCII, n° 3, March 1995, p. 126 et p. 131.</span></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote5">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Courier, Courier New, monospace"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote5sym" href="#sdfootnote5anc">5</a><font face="Times New Roman, Times, serif"> 	</font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA">Cf. 	Reply to Habermas, </span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"><i>ibidem,</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"> 	p. 136-137. Il nous semble important d’ajouter la 	note-infra-paginale n° 8,  vu qu’elle explicite le sens de la 	notion rawlsienne de métaphysique dans ce texte: &amp;lt;&amp;lt;I 	think of metaphysics as being at least a general account of what 	there is, including fundamental, fully general statements - for 	example, the statements ‘every event has a cause’ and ‘all 	events occur in space and time’, or can be related thereto. So 	viewed, W. V. Quine also is a metaphysician. To deny certain 	metaphysical doctrines is to assert another such doctrine.&amp;gt;&amp;gt;</span></font></font></font></p>
<p lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2">	La 	critique rawlsienne nous interpelle à plus d’un titre. Car 	elle soulève les questions suivantes: une philosophie sans 	métaphysique est-elle jamais possible ? D’ailleurs, sa 	conception de la métaphysique n’invalide-t-elle pas sa 	propre prétention à une philosophie politique 	a-métaphysique?</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote6">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote6sym" href="#sdfootnote6anc">6</a> 	Marcel Gauchet, <i>Le désenchantement du monde. Une histoire 	politique de la religion</i>, Paris: Gallimard, 1985.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote7">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote7sym" href="#sdfootnote7anc">7</a> 	Question que Kymlicka, par exemple, avait adressée à 	Rawls à l'encontre de son principe de consensus par 	recoupement, «overlapping consensus» énoncé 	dans son Political Liberalism. Voir: Two Models of Pluralism and 	Tolerance, p. 54, in: <i>Analyse § Kritik</i> 13, Opladen: 	westdeutscher Verlag, 1992, Seite 33-56: &amp;lt;&amp;lt;If the members of a 	religious community see their religious ends as constitutive, so 	that they have no ability to stand back and assess these ends, why 	would they accept a political conception of the person  which 	assumes that they do have that ability (and indeed a highest-order 	interest in exercising that ability) ? &amp;gt;&amp;gt;.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote8">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote8sym" href="#sdfootnote8anc">8</a> 	C’est un principe que nous avions inventé pour la 	résolution du problème des humanistes positivistes 	contemporains. Nous le trouvons très approprié comme 	solution à ce complexe de problèmes axiologiques que 	subit la modernité contemporaine.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote9">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote9sym" href="#sdfootnote9anc">9</a> 	<i>De la Démocratie en Amérique</i>, Paris: Garnier 	Flammarion, 1981, t. I, p. 397 et p. 401.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote10">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote10sym" href="#sdfootnote10anc">10</a> 	Hegel, <i>Précis de l’Encyclopédie des Sciences 	philosophiques</i>, trad. J. Gibelin, Paris: Vrin, 1967, § 552.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote11">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote11sym" href="#sdfootnote11anc">11</a> 	<i>Ibidem</i>.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote12">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote12sym" href="#sdfootnote12anc">12</a> 	On pourait se demander le lien que ce qui suit entretient avec notre 	thématique. Ce serait une remarque judicieuse. Cependant, à 	prendre en compte le principe suprême des droits de l’homme 	d’après les Déclarations et les droits et libertés 	qui en découlent telle que la liberté religieuse ou de 	confession ou d’association, avec tous les respects mais aussi 	toutes les infractions consécutives à leur mauvaise 	mise en application, ce lien n’est pas aussi difficile à 	trouver que l’on pourrait le penser à prime abord. En 	outre, nous ne sommes pas sans ignorer que, de par son essence et la 	diversité des civilisations et représentations qui 	l’ont thématisé et qui s’y réfèrent, 	le concept de dignité humaine entretient de multiples 	rapports avec l’incommensurable territoire de la métaphysique. 	C’est ce que nous ne pouvons d’ailleurs nier, même si nous 	nous limitons aux multiples ramifications notionnelles et 	thématiques du concept même dans le domaine de la 	philosophie.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote13">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote13sym" href="#sdfootnote13anc">13</a> 	Voir, par exemple, 1) Jean-Jacques Wunenberger, L’Etat 	démocratique et le retour du religieux, p. 220, in: <i>Cahiers 	de philosophie politique et juridique</i>, n° 18, <i>Ethique et 	droit à l’âge démocratique</i>, pp. 217-239, 	Caen: Centre de publications de l’Université, 1990. 2) E. 	Poulat, <i>Liberté et laïcité</i>, <i>la guerre 	des deux France et le principe de la modernité</i>, Cerf, 	Cujas, 1988.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote14">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote14sym" href="#sdfootnote14anc">14</a> 	Page 287. On peut rappeler, avec cet auteur, la proposition de H. 	Caillavet du 10 juillet 1976, relative aux dons d’organes et 	justifiant &amp;lt;&amp;lt;la nécessité du consentement du 	défunt&amp;gt;&amp;gt; en référence au principe du 	&amp;lt;&amp;lt;respect de l’intégrité de la personne 	humaine, même après la mort&amp;gt;&amp;gt;.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote15">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote15sym" href="#sdfootnote15anc">15</a> 	<i>Idem</i>, p. 289.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote16">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote16sym" href="#sdfootnote16anc">16</a> 	Norbert Rouland est de l’avis que la recherche transculturelle des 	droits de l’homme, <i>via</i> la dignité humaine, ferait 	partie de cet univers du sacré laïc.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote17">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote17sym" href="#sdfootnote17anc">17</a> 	C'est nous qui soulignons.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote18">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote18sym" href="#sdfootnote18anc">18</a> 	<i>Idem</i>, p. 293.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote19">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote19sym" href="#sdfootnote19anc">19</a> 	Thèse doctorale, Univesité d'Ottawa, 1997. </font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote20">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote20sym" href="#sdfootnote20anc">20</a> 	N<span lang="fr-CA">ous avions suffisamment montré les points 	d'arrimage fondamentaux entre droit naturel moderne et droit naturel 	antique via la critique du scepticisme fondationnel de Kai Nielsen 	dans notre thèse doctorale.</span></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote21">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote21sym" href="#sdfootnote21anc">21</a><sup> 	</sup><span lang="fr-CA">Cf. par exemple, 1) R. Dworkin, Liberalism, 	in: S. Hampshire (ed.), </span><span lang="fr-CA"><i>Public and 	Private Morality</i></span><span lang="fr-CA">, Cambridge: Cambridge 	University Press, 1978, pp. 113-132; 2) B. Ackerman, </span><span lang="fr-CA"><i>Social 	Justice in the Liberal State</i></span><span lang="fr-CA">, New 	Haven: Yale University Press, 1980; 3) C. Larmore, </span><span lang="fr-CA"><i>Patterns 	of Moral Complexity</i></span><span lang="fr-CA">, Cambridge: 	Cambridge University Press, 1987; 4) J. Rawls, </span><span lang="fr-CA"><i>Political 	Liberalism</i></span><span lang="fr-CA">, New York: Columbia 	University Press, 1993a.</span></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote22">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote22sym" href="#sdfootnote22anc">22</a> 	Rappelons d'ailleurs que cette problématique trouve ses 	premiers linéaments chez Marsile de Padoue, dès le 	début du XIV° siècle, avec son ouvrage <i>Le 	Défenseur de la paix</i> (1324).</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote23">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote23sym" href="#sdfootnote23anc">23</a> 	Dans  "Principes humanistes...".</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote24">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote24sym" href="#sdfootnote24anc">24</a> 	Nous en avions distingué deux, sinon trois, selon que l'on 	maintienne ou non la distinction classique entre les deux catégories 	de droits de l'homme, civiques-politiques et socio-économiques 	et culturels, en interposant entre ceux-ci et le principe de la 	dignité humaine celui de l'égale-liberté tenu 	par les libéraux comme fondement des droits de l'homme. En 	suivant les libéraux classiques, pour qui l'Etat n'a pas 	compétence dans le domaine du "bien-être" des 	citoyens -- droits socio-économiques et culturels -- la 	question du fondement des droits socio-économiques et 	culturels mériterait d'être traitée en référence 	au concept du bine-être comme concept fondateur. D'où 	la nécessité d'une triple distinction.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote25">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote25sym" href="#sdfootnote25anc">25</a><sup> 	</sup><span lang="fr-CA">Cf. par exemple, 1) R. Dworkin, Liberalism, 	in: S. Hampshire (ed.), </span><span lang="fr-CA"><i>Public and 	Private Morality</i></span><span lang="fr-CA">, Cambridge: Cambridge 	University Press, 1978, pp. 113-132; 2) B. Ackerman, </span><span lang="fr-CA"><i>Social 	Justice in the Liberal State</i></span><span lang="fr-CA">, New 	Haven: Yale University Press, 1980; 3) C. Larmore, </span><span lang="fr-CA"><i>Patterns 	of Moral Complexity</i></span><span lang="fr-CA">, Cambridge: 	Cambridge University Press, 1987; 4) J. Rawls, </span><span lang="fr-CA"><i>Political 	Liberalism</i></span><span lang="fr-CA">, New York: Columbia 	University Press, 1993a.</span></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote26">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote26sym" href="#sdfootnote26anc">26</a> 	Rappelons d'ailleurs que cette problématique trouve ses 	premiers linéaments chez Marsile de Padoue, dès le 	début du XIV° siècle, avec son ouvrage<i> Le 	Défenseur de la paix</i> (1324).</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote27">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote27sym" href="#sdfootnote27anc">27</a> 	1) <i>Raison et légitimité</i>. Problèmes et 	légitimation dans le capitalisme avancé, p. 125, trad. 	De l’allemand par Jean Lacoste, Paris : Payot, 1978  (Texte 	allemand :<i> Legitimationsprobleme in Spätkapitalismus, 	</i>Frankfurt/Main : Suhrkamp Verlag, 1973). 2) <i>Faktizität 	und Geltung.  Beiträge zur Diskurstheorie des Rechts und des 	demokratischen Rechtsstaats,</i> Frankfurt/Main<i>: </i>Suhrkamp 	Verlag, 1992, p. 138.  Le texte allemand : «D : Gültig 	sind genau die Handlungsnormen, denen alle möglicherweise 	Betroffenen als Teilnehmer an rationalen Diskursen zustimmen 	können». 3)<i> Morale et communication</i>, trad. C. 	Bouchindhomme, Paris : Editions cerf, 1986, p .87 ss, surtout p. 	116.  4) <i>De l’éthique de la discussion</i>, traduction 	de l’allemand par Mark Hunyadi, Editions cerf, 1992, p. 17 ss. 	Rappelons les éclaircissements qu’apporte Habermas à 	propos de ce principe : en éthique, quiconque s’engage 	sérieusement dans un processus argumentatif, le fait tout en 	ayant des «présuppositions pragmatiques universelles» 	à contenu moral.  Le principe moral régissant ce 	processus argumentatif ne doit se déduire qu’«à 	partir de ses présuppositions argumentatives», d’après 	le sens de la notion de justification d’une forme d’action.  En 	notes infra-paginales, il met en garde contre les méprises 	possibles de ce sens de la justification des normes: celle-ci ne 	doit pas être trop forte, et ne doit pas déjà 	introduire dans la prémisse ce à quoi l’on ne doit 	arriver qu’en conclusion: que des normes justifiées doivent 	pouvoir trouver l’assentiment de tous les concernés» 	A ce propos, il fait amende honorable relativement à la faute 	qu’il a commise dans la première édition de<i> 	Morale et Communication</i>, p.  114.  Voir <i>De l’éthique 	de la discussion,</i> p. 18.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote28">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote28sym" href="#sdfootnote28anc">28</a> 	In: Théorie et pratique (2 vols . ), chapitre 2, vol. 1, 	Paris: Payot, 1975, Préface et traduction de Gérard 	Raulet.  L’original s’intitule <i>Théorie und Praxis, 	1963, </i>Hurmann Luchterhand Verlag, 1.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote29">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote29sym" href="#sdfootnote29anc">4</a> 	<i>Ibidem</i>.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote30">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote30sym" href="#sdfootnote30anc">5</a> 	<i>Ibidem</i>.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote31">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote31sym" href="#sdfootnote31anc">6</a> 	Pages 111-113.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote32">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote32sym" href="#sdfootnote32anc">7</a> 	Pages 112- 132, p. 140.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote33">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote33sym" href="#sdfootnote33anc">8</a> 	Pages 132-135.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote34">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote34sym" href="#sdfootnote34anc">9</a><i>Théorie 	et pratique</i>, pp. 115-116. &amp;lt;&amp;lt;Les Physiocrates  avaient  	encore préparé d’une autre façon la 	conscience philosophique d’une  telle  déclaration:  en  	posant  que  les  <i>lois  naturelles </i> devaient  pour  un  	législateur  inspiré  par l’opinion  publique  être 	 si  évidentes  que  la  seule  façon  de les rendre 	positives  étaient  de  les  déclarer. <u>&amp;lt;&amp;lt;Déclarer&amp;gt;&amp;gt; 	avait chez les Physiocrates un sens  technique: transposer  l’ordre 	 naturel  en  ordre  positif,  de  telle  façon  que  le  	droit naturel  ne  puisse  qu’être  renforcé  et  	appliqué par  la loi  qu’on  en  déduit.&amp;gt;&amp;gt;,</u> 	<i>Théorie  et  pratique</i>,  p. 116.  C’est  nous qui 	soulignons.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote35">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote35sym" href="#sdfootnote35anc">0</a><sup>0</sup><sup> 	</sup><i>Théorie et pratique</i>, p. 116.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote36">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote36sym" href="#sdfootnote36anc">1</a><sup>1</sup> 	Cf. La philosophie d’Iena de Hegel,  période qui s’étend 	de 1801-1806<i>, idem,</i> p. 139.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote37">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote37sym" href="#sdfootnote37anc">2</a><sup>2</sup> 	Cf. <i>Annales Franco-Allemandes, idem, </i>p. 139<i>.</i></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote38">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote38sym" href="#sdfootnote38anc">3</a><sup>3</sup><i> 	Théorie et pratique</i>, p. 139.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote39">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote39sym" href="#sdfootnote39anc">4</a><sup>4</sup> 	<i>Ibidem.</i></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote40">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote40sym" href="#sdfootnote40anc">5</a><sup>5</sup> 	<i>Ibidem</i>.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote41">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote41sym" href="#sdfootnote41anc">6</a><sup>6</sup> 	<i>Ibidem</i>, p. 139. C’est nous qui soulignons. Cf. également 	l’auteur auquel Habermas se réfère W. Abendroth<i>, 	Antagonistische Gesellschaft und politische Demokratie</i>, Neuwied: 	1967. Renvoyons également à <i>Raison  et   lé 	gitimation. </i>Problèmes de légitimation dans le 	capitalisme avancé, Paris: Payot, 1978, pp. 124-125, ou 	Habermas élabore,  l’une des toutes premières fois, 	son paradigme à partir de la critique de tous les systèmes 	d’éthique.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote42">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote42sym" href="#sdfootnote42anc">7</a><sup>7</sup> 	Ces termes sont de nous.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote43">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote43sym" href="#sdfootnote43anc">8</a><sup><span lang="fr-CA">8</span></sup><span lang="fr-CA">Cf. 	</span><span lang="fr-CA"><i>Habermas, Autonomy and Solidarity. 	Interviews with Jurgen Habermas</i></span><span lang="fr-CA"> 	(1986), ed. Peter Dews, Suhrkamp Verlag, 1973. </span><span lang="fr-FR">Voir 	aussi </span><span lang="fr-FR"><i>The philosophical Discourse of 	Modernity. Twelve Lectures</i></span><span lang="fr-FR">, Frederick 	G. Lawrence, transl. Cambridge, M.A.: MIT Press, 1987, p. 22. (Texte 	français: </span><span lang="fr-FR"><i>Le discours 	philosophique de la modernité, Douze conférences</i></span><span lang="fr-FR">, 	traduit de l’allemand par Christian Bouchindhomme et Rainer 	Rochlitz, Paris: Gallimard, 1988. Le texte allemand: </span><span lang="fr-FR"><i>Der 	philosophische Diskurs der Moderne: 12 Vorlesung</i></span><span lang="fr-FR">, 	Frankfurt/Main: Suhrkamp Verlag, 1985).</span><span lang="fr-CA"> 	Cf. également David Ingram, </span><span lang="fr-CA"><i>Habermas 	and the Dialectic of Reason</i></span><span lang="fr-CA">, Albany: 	State University of New York Press, 1979, p. 29 ss, sous le thème 	«Bildung».  Voir notre article Raison communicationnelle 	</span><span lang="fr-CA"><i>contra</i></span><span lang="fr-CA"> 	raison monologique: Habermas critique de Hegel ? Article écrit 	dans le cadre du séminaire sur Hegel intitulé 	</span><span lang="fr-CA"><i>Contemporary Continental Thinking: With 	or Against Hegel</i></span><span lang="fr-CA">, organisé par 	le Professeur Theodore Geraets, pendant l’Hiver 1995, et présenté 	dans le cadre des rencontres de discussions philosophiques du </span><span lang="fr-CA"><i>De 	Philosophia</i></span><span lang="fr-CA"> à l’Université 	d’Ottawa, (à paraître).</span></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote44">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote44sym" href="#sdfootnote44anc">9</a><sup>9</sup><i> 	Théorie et pratique</i>, p. 140.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote45">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote45sym" href="#sdfootnote45anc">0</a><sup>0</sup> 	La notion de «droits fondamentaux» ne nous pose aucun 	problème particulier. Cependant, si nous hésitons ici 	à l’utiliser, c’est afin de montrer le subterfuge qui se 	profile derrière la subtilité apparente de la 	stratégie argumentative habermasienne.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote46">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote46sym" href="#sdfootnote46anc">1</a><sup>1</sup><i> 	Théorie et pratique</i>, p. 140. C’est nous qui soulignons.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote47">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote47sym" href="#sdfootnote47anc">2</a><sup><span lang="fr-CA">2</span></sup><span lang="fr-CA"> 	Voir cette notion de «lois naturelles» juridiques tant 	ignorée dans la pensée juridique kantienne. Citons-la: 	&amp;lt;&amp;lt;D’une manière générale, les lois qui 	obligent et pour lesquelles une législation extérieure 	est possible se nomment des </span><span lang="fr-CA"><i>lois 	externes</i></span><span lang="fr-CA"> (</span><span lang="fr-CA"><i>leges 	externae</i></span><span lang="fr-CA">). Parmi elles, celles dont 	l’obligation peut être connue </span><span lang="fr-CA"><i>a 	priori</i></span><span lang="fr-CA"> par la raison même sans 	législation extérieure sont certes des lois externes, 	mais ce sont des </span><span lang="fr-CA"><i>lois naturelles</i></span><span lang="fr-CA">; 	celles au contraire qui n’obligent pas sans une véritable 	législation extérieure (et qui, sans cette dernière, 	ne seraient donc pas des lois) s’appellent des lois positives. </span><span lang="fr-CA"><u>Il 	est donc possible de concevoir une législation extérieure 	qui contienne uniquement des lois positives; mais il faudrait 	cependant, dans ce cas, que puisse précéder une loi 	naturelle, qui fonderait l’autorité du législateur</u></span><span lang="fr-CA"> 	(</span><span lang="fr-CA"><i>c’est-à-dire la faculté 	d’obliger d’autres hommes par son simple arbitre</i></span><span lang="fr-CA">). 	Introduction à la </span><span lang="fr-CA"><i>Métaphysique 	des moeurs</i></span><span lang="fr-CA">, </span><span lang="fr-CA"><i>Concepts 	préliminaires</i></span><span lang="fr-CA">, IV, L’édition 	que nous utilisons, pp. 176-177. C’est nous qui soulignons. </span><span lang="fr-CA"><i> 	</i></span><span lang="fr-FR">Voir également: </span><span lang="fr-FR"><i>Doctrine 	du droit</i></span><span lang="fr-FR"> § 46, p. 130 de notre 	édition: &amp;lt;&amp;lt;[...] de quelque sorte que puissent être 	les lois positives votées par les citoyens actifs, </span><span lang="fr-FR"><u>elles 	doivent en tout cas ne pas entrer  en  contradiction avec les lois 	naturelles de la liberté et de l’égalité 	correspondantes</u></span><span lang="fr-FR"> de tous au sein du 	peuple -- liberté et égalité qui consistent à 	pouvoir travailler à  s’élever  de  cet état 	passif à l’état actif.&amp;gt;&amp;gt; C’est nous qui 	soulignons.</span></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote48">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote48sym" href="#sdfootnote48anc">3</a><sup>3</sup><sup> 	</sup>A en croire François Châtelet, par exemple, &amp;lt;&amp;lt;il 	serait fort rassurant pour l’esprit qu’on puisse déterminer 	une date -- 1843 ? 1857 ? 1864 ? -- marquant l’apparition du 	marxisme doctrinal; ou  de  désigner un   responsable   -- 	Engels ? Kautsky ? Plekhanov ? Lénine ? mais lequel ? mais 	lequel ? -- Il n’en est, hélas ! rien.&amp;gt;&amp;gt; Cf. <i>Les 	Idéologies,</i> 3 tomes. Tome 3, <i>De Rousseau à Mao</i>, 	(Paris: Librairie Hachette, 1978 pour l’édition originale) 	Les Nouvelles Editions Marabout, Verviers (Belgique), 1981 pour la 	présente édition, p. 178.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote49">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote49sym" href="#sdfootnote49anc">4</a><sup>4</sup> 	Cf. entre autres 1) Jean-Louis Dumas<i>, Histoire de la pensée. 	Philosophies et philosophes</i>, (Trois tomes), le tome III, <i>Temps 	modernes</i>. Paris: Editions Tallandier, 1990. 2) O. Höffe, 	<i>Petit dictionnaire d’éthique</i>, article «Socialisme», 	par Nathalie Frieden-Markevitch, éd. française adaptée 	et augmentée par Lukas Sosoe avec la collaboration du Dr 	Yvette Lajeunesse (Suisse: éditions universitaires Fribourg; 	Paris: éditions du Cerf), p. 309-310.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote50">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote50sym" href="#sdfootnote50anc">5</a><sup>5</sup> 	Cité par Gérard Soulier, <i>Nos droits face à 	l’Etat</i>, Paris: Editions Seuil, 1981, p. 61.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote51">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote51sym" href="#sdfootnote51anc">6</a><sup>6</sup><sup> 	</sup><i>Idem</i>, p. 62.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote52">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote52sym" href="#sdfootnote52anc">7</a><sup>7</sup><i> 	Théorie et pratique</i>, p. 140.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote53">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote53sym" href="#sdfootnote53anc">8</a><sup>8</sup><sup> 	</sup>Nous nous référons à son ouvrage 	<i>Faktizität und Geltung. Beiträge zur Diskurstheorie des 	Rechts und des demokratischen Rechtsstaats</i>, Frankfurt/Main: 	Suhrkamp Verlag, 1992, p. 155 et suivantes.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote54">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote54sym" href="#sdfootnote54anc">9</a><sup>9</sup>Le 	terme est emprunté à René Degny Seguy, Doyen de 	la faculté de droit de l’Université nationale de la 	Côte d’Ivoire. Voir son article intitulé: De l’amour 	de la loi extranéenne ou la loi en Afrique, in: <i>L’amour 	des lois. La crise de la loi moderne dans les sociétés 	démocratiques</i>, Laval: Presses de l’Université 	Laval, 1996, pp. 453-456.	 </font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote55">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote55sym" href="#sdfootnote55anc">0</a><sup>0</sup> 	Pages 316 et suivantes de son article Habermas et la reconstruction 	rationnelle du droit, in: <i>Dialogue</i> (Revue Canadienne de 	Philosophie) Vol. XXXV, n° 2, Printemps 1996.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote56">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote56sym" href="#sdfootnote56anc">1</a><sup>1</sup><sup> 	</sup>Cf. <i>Doctrine du droit</i>, Deuxième partie. Le droit 	public. Première section: Le droit politique, § 46. Voir 	la Remarque au § 44, Cf. également <i>Théorie et 	pratique</i>. Du rapport de la théorie et de la pratique dans 	le droit politique (Contre Hobbes), p. 30 et suivantes. Notons les 	quelques imprécisions terminologique qui paraîssent sur 	ces principes dans la <i>Paix perpétuelle,</i> p. 84: Kant 	énonce dans cet ouvrage, sous le second principe, la 	&amp;lt;&amp;lt;<i>dépendance</i> de tous envers une unique 	législation commune (comme sujets)&amp;gt;&amp;gt;, et sous le 	troisième, &amp;lt;&amp;lt;leur <i>égalité</i> (comme 	citoyens)&amp;gt;&amp;gt;. Nous ne tenterons pas d’expliquer ces 	imprécisions dans cet article.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote57">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote57sym" href="#sdfootnote57anc">2</a><sup>2</sup><i> 	Idem</i>, p. 325. Le texte original: (1) &amp;lt;&amp;lt;Grundrechte, die 	sich aus der politisch autonomen Ausgestaltung des<i> Rechts auf das 	grössmögliche Mass gleicher subjektiver 	Handlungsfreiheiten </i>ergeben. Cf. <i>Faktizität und Geltung</i>, 	p. 155.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote58">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Courier, Courier New, monospace"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote58sym" href="#sdfootnote58anc">3</a><sup><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA">3</span></font></sup><sup><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"> 	</span></font></sup><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"> 	Diese Rechte fordern als notwendige Korrelate:</span></font></font></font></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Courier, Courier New, monospace"><font size="2"><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR">(2) 	&amp;lt;&amp;lt;Grundrechte, die sich aus der politisch autonomen  	Ausgestaltungen  des </span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR"><i>Status 	eines Mitgliedes</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR"> 	in  einer  freiwilligen Assoziation von Rechtsgenossen ergeben&amp;gt;&amp;gt;,</span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR"><i> 	Ibidem.</i></span></font></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote59">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Courier, Courier New, monospace"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote59sym" href="#sdfootnote59anc">4</a><sup><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA">4</span></font></sup><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"> 	(3) &amp;lt;&amp;lt;Grundrechte. die sich unmittelbar aus der </span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"><i>Einklagbarkeit</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"> 	von Rechten und der politisch autonomen Ausgestaltung des 	individuellen </span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"><i>Rechtsschutzes</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"> 	ergeben.&amp;gt;&amp;gt;</span></font></font></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2">	Notons qu’à 	ces trois catégories de droits s’ajoutent deux autres, 	savoir:</font></font></p>
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Courier, Courier New, monospace"><font size="2"><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR">(4) 	&amp;lt;&amp;lt;les droits fondamentaux qui découlent de 	l’élaboration politique autonome des droits à 	l’égalité des chances en regard de la participation 	à la formation de l’opinion et de la volonté, à 	travers laquelle les citoyens exercent leur autonomie politique et 	posent des lois légitimes&amp;gt;&amp;gt;. Le texte original: 	&amp;lt;&amp;lt;Grundrechte auf die chancengleiche Teilnahme an Prozessen 	der Meinungs- und Willensbildung, worin Bürger ihre </span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR"><i>politische 	Autonomie</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR"> 	ausüben und wodurch sie legitimes Recht setzen.&amp;gt;&amp;gt;</span></font></font></font></p>
<p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2">(5) 	&amp;lt;&amp;lt;Grundrechte auf die Gewährung von Lebensbedingungen, 	die in dem Masse sozial, technisch und ökologisch gesichert 	sind, wie für eine chancengleiche Nutzung der (1) bis (4) 	genännten bürgerlichen Rechte unter gegebenen 	Verhältnissen jeweils notwendig ist.&amp;gt;&amp;gt;</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote60">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote60sym" href="#sdfootnote60anc">5</a><sup>5</sup> 	Cf. <i>Théorie et pratique</i>, p. 139-140.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote61">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote61sym" href="#sdfootnote61anc">6</a><sup>6</sup> 	<i>Dialogue, op. cit.,</i> p. 316. Cf. <i>Faktizität und 	Geltung</i>, p. 157-158, les quelques &amp;lt;&amp;lt;Kommentare&amp;gt;&amp;gt; 	donnés par Habermas.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote62">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote62sym" href="#sdfootnote62anc">7</a><sup>7</sup> 	Cf. O. Höffe, 1) Les principes universels du droit et la 	relativité culturelle in: <i>La politique et les droits</i>, 	Caen: Cahiers de philosophie politique et juridique, n° 21, 	1992, pp. 133-149; 2) Transzendentale Interessen: zur Anthropologie 	der Menschenrechte&amp;gt;&amp;gt; in: P.-H. Steinauer (Hrsg), <i>L’image 	de l’homme en droit / Das Menschenbild im Recht</i>, Fribourg: 	1990, pp. 251-264.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote63">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote63sym" href="#sdfootnote63anc">8</a><sup>8</sup><sup> 	</sup>Otfried Höffe, <i>Principes du droit</i>, trad. de l’all. 	par Jean-Christophe Merle, préface de Paul Ricoeur, Paris: 	Editions du Cerf, 1993, p. 269.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote64">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote64sym" href="#sdfootnote64anc">9</a><sup>9</sup> 	Entre autres, et pour des discussions plus approfondies, voir: 1) 	<i>Ibidem</i>, 2) Jean-Marc Ferry, <i>Philosophie de la 	communication</i>, I. De l’antinomie de la vérité à 	la fondation ultime de la raison, Paris: Editions Cerf, 1994, p. 73 	ss. 3) Luc Langlois, <i>op. cit</i>., p. 315. 4) Bjarne Melkevik, 	Habermas et l’Etat de droit, in: L’amour des lois. La crise de 	la loi moderne dans les sociétés démocratiques, 	pp. 371-388, Laval: Presses de l’Université, 1996, p. 376. 	6) Peter Bal, Discourse Ethics and Human Rights in Criminal 	procedure, pp. 71-100, in: <i>Philosophy and Social Criticism</i>, 	vol. 20, n° 4, 1994, pp. 71-100, plus spécialement p. 	76-77, section 3. Human Rights as the Moral Substance of 	Practical-legal Discourse. 7) Joseph Heath, The Problem of  	Foundationalism in Habermas’s Discourse Ethics, in: <i>Philosophy 	and Social Criticism</i>, vol. 21, pp. 77-100. 8) Alain Touraine, 	<i>Critique de la modernité</i>, Paris: Librairie Arthème- 	Fayard, 1992, pp. 390 ss. 9) Kenneth Baynes, The 	Liberal/Communitarian Controversy and Communicative Ethics, pp. 	61-81, in: <i>Universalism versus Communitarianism. Comtemporary 	Debates in Ethics</i>, Cambridge: The M.I.T. Press, 1990. 10) 	Kenneth Baynes, Democracy and the Rechsstaat: Habermas <i>Faktizität 	und Geltung</i>, pp. 201-232, in: <i>The Cambridge Companion to 	Habermas</i>, (Ed.) Stephen K. White, Cambridge University Press, 	1995. 11) Jean Cohen, Discourse Ethics and Civil Society, pp. 	83-108, in: <i>Universalism versus Communitarianism. Comtemporary 	Debates in Ethics, op. cit.</i> 12) Max Pensky, Universalism and the 	Situated Critic, pp. 67-94, in: <i>The Cambridge Companion to 	Habermas, op. cit.</i> 13) Donald Moon, Practical Discourse and 	Communicative Ethics, pp. 143-166, in: <i>The Cambridge Companion to 	Habermas</i>, <i>op. cit. </i>14) Simone Chambers, Discourse and 	Democratic Practices, pp. 233-262, in: <i>The Cambridge Companion to 	Habermas, op. cit</i>. 15) Albrecht Wellmer, Models of Freedom in 	the Modern World, in: <i>Hermeneutics and Critical Theory in Ethics 	and Politics</i>, (Ed.) Michael Kelly, Cambridge (M. A.): The M. I. 	T. Press, 1990. 16) Albrecht Wellmer, Ethics and Dialogue: Elements 	of Moral Judgement in Kant and Discourse Ethics, pp. 113-231, in: 	<i>The Persistence of Modernity</i>, transl. David Midgley, 	Cambridge, Mass.: The M.I.T. Press, 1991. 17) William Outhwaite, 	<i>Habermas. A Critical Introduction</i>, ch.9, Law and State, 	Cambridge: Polity Press, 1994. 18) <i>Habermas, la raison, la 	critique</i>, (Eds.) Christian Bouchindhomme et Rainer Rochlitz, 	Paris: Cerf, 1996.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote65">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote65sym" href="#sdfootnote65anc">0</a><sup>0</sup> 	Luc Langlois, <i>op. cit</i>., p. 315.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote66">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote66sym" href="#sdfootnote66anc">1</a><sup><span lang="fr-CA">1</span></sup><sup><span lang="fr-CA"> 	</span></sup><span lang="fr-CA">Voir par exemple, en rapport avec 	l’idée d’une nécessité de la protection du 	monde vécu des individus, </span><span lang="fr-CA"><i>De 	l’Ethique de la discussion</i></span><span lang="fr-CA">, p. 	66-67: &amp;lt;&amp;lt;</span><span lang="fr-CA"><u>Parce que les morales 	doivent compenser la vulnérabilité d’êtres 	vivants</u></span><span lang="fr-CA"> qui sont individués par 	socialisation d’une manière telle qu’ils ne peuvent 	jamais affirmer leur identité pour eux tout seuls, 	l’intégrité des individus ne peut pas être 	protégée sans protéger l’intégrité 	des individus de leur monde de la vie, seul permettant des rapports 	et des relations communes, interpersonnels, de reconnaissance 	réciproque.&amp;gt;&amp;gt;, p. 67. </span><span lang="fr-FR">C’est 	nous qui soulignons.</span></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote67">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote67sym" href="#sdfootnote67anc">2</a><sup>2</sup>Notes 	 du  cours dispensé à l’Université de 	Fribourg (Suisse) en 1991, p. 7.  Titre: <i>L’éthique de la 	discussion comme éthique de la rédemption.</i> J.-M. 	Ferry attribue un statut kantien à ce moment en disant: &amp;lt;&amp;lt;Ce 	moment kantien du <i>respect</i> que Habermas n’élucide 	guère se marque dans la reconnaissance intérieure du 	droit de la raison, et il peut aussi bien se vivre comme un 	impératif catégorique. L’impératif 	catégorique existe comme le sentiment irrésistible 	d’un devoir, <u>la nécessité absolue de reconnaître 	non pas ce qui s’impose en raison</u> (<u>suivant des arguments</u>), 	<u>mais la raison qui s’impose</u>.&amp;gt;&amp;gt;, <i>ibidem</i>.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote68">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote68sym" href="#sdfootnote68anc">3</a><sup><span lang="fr-CA">3</span></sup><span lang="fr-FR">En 	cela, il fait référence à Michael Walzer, 1981. 	379-399. Voir La démocratie délibérative, p. 	106, in: </span><span lang="fr-FR"><i>Le défi du pluralisme</i></span><span lang="fr-FR">, 	Revue interdisciplinaire et internationale Lekton, Tome 1, publié 	sous la direction de Daniel Weinstock, Automne 1993, vol 3, n° 	2, pp. 105-134. C’est nous soulignons.</span></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote69">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote69sym" href="#sdfootnote69anc">4</a><sup>4</sup><sup> 	</sup>Nous pouvons nous référer à Stephen K. 	White, pour leur énumération: 1) «Each subject 	who is capable of speech and action is allowed to participate in 	discourses.». 2) a. «Each is allowed to call into 	question any proposal.» b. «Each is allowed to introduce 	any proposal into the discourse.» c. «Each is allowed to 	express his attitudes, wishes, and needs.» 3) «No 	speaker ought to be hindered by compulsion - whether arising from 	inside the discourse or outside of it - from making use of the 	rights secure under [1 and 2].» Voir: <i>The Recent work of 	Jürgen Habermas</i>. Reason, Justice and Modernity, Cambridge: 	University Press, 1988, p. 56.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote70">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote70sym" href="#sdfootnote70anc">5</a><sup>5</sup> 	Droit naturel et révolution, <i>op. cit</i>., p. 140-141. 	C’est nous qui soulignons.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote71">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote71sym" href="#sdfootnote71anc">6</a><sup>6</sup> 	Postcript to <i>Faktizität und Geltung</i>, p. 140, in: 	<i>Philosophy and Social Criticism</i>, vol. 20, n° 4, pp. 	135-150. C’est nous qui soulignons.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote72">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote72sym" href="#sdfootnote72anc">7</a><sup>7</sup><sup> 	</sup>&amp;lt;&amp;lt;How we should conceive the equal guarantee of private 	and public autonomy, if we situate liberty rights, conceived as 	human rights, in the same dimension of positive law as political 	rights&amp;gt;&amp;gt;. [...] Human rights may be quite justifiable as moral 	rights; yet as soon as we conceive them as elements of positive law, 	it is obvious that they cannot be paternalistically imposed on a 	sovereign legislator. The addressees of law would not be able to 	understand themselves as its authors if the legislator were to 	discover human rights as pregiven moral facts that merely need to be 	enacted as positive law. At the same time, this legislator, 	regardless of his autonomy, should not be able to adopt anything 	that violates human rights.&amp;gt;&amp;gt;, Postcript, p. 141-142.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote73">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote73sym" href="#sdfootnote73anc">8</a><sup><span lang="fr-CA">8</span></sup><span lang="fr-CA">Postcript 	to </span><span lang="fr-FR"><i>Faktizität und Geltung</i></span><span lang="fr-CA">, 	p. 137.</span></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote74">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote74sym" href="#sdfootnote74anc">9</a><sup>9</sup> 	&amp;lt;&amp;lt;unlimited in social space and historical time, 	[encompassing] all natural persons in their life-historical 	complexity.&amp;gt;&amp;gt;,  <i>idem</i>, p. 139.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote75">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote75sym" href="#sdfootnote75anc">0</a><sup>0</sup> 	&amp;lt;&amp;lt;By contrast, [it is ] a spatio-temporally localized legal 	community [and which] protects the integrity of its members only in 	so far as they acquire the status of bearers of individual 	rights.&amp;gt;&amp;gt;,<i> idem,</i> p. 139.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote76">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote76sym" href="#sdfootnote76anc">1</a><sup><span lang="fr-CA">1</span></sup><span lang="fr-CA"> 	Habermas ne trouve aucun inconvénient à ce 	conditionnement. Selon lui, il ne s’oppose guère à 	l’universalité de ces droits légaux. &amp;lt;&amp;lt;As 	enacted , actionable norms, constitutional rights are valid within a 	particular legal community. But this status does not contradict the 	universalistic meaning of the classical liberties that include all 	persons as such and not only all members of a legal community. Even 	as basic legal rights, they extend to all persons insofar as the 	latter simply reside within the boundaries of the legal order 	[...]&amp;gt;&amp;gt;. C’est ce qui le confronte aux objections de O. 	Höffe: The critique of liberalism, affirme-t-il , entailed by 	this idea [sa position] has roused defenders of the primacy of human 	rights. Thus Otfried Höffe, for example, has objected to the 	demotion of human rights (whose universal validity he wants to 	ground anthropologically) to mere basic legal rights.&amp;gt;&amp;gt;, 	Postcript to </span><span lang="fr-FR"><i>Faktizität und 	Geltung</i></span><span lang="fr-CA">, p. 142. Cf. O. Höffe, 	Eine Konversion der Kritischen Theorie ?, </span><span lang="fr-CA"><i>Rechts-historisches 	Journal </i></span><span lang="fr-CA">12 (1993).</span></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote77">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote77sym" href="#sdfootnote77anc">2</a><sup>2</sup> 	Habermas était parti du naturalisme des droits de la personne 	<i>via</i> le concept de liberté privées bourgeoises 	et l’idée de société civile distincte de 	l’Etat de Kant pour construire son concept de consensus publique.  	Voir <i>L’Espace public (1973). Archéologie de la publicité 	comme dimension constitutive de la société bourgeoise</i>, 	avec une préface inédite de l’auteur, traduit de 	l’allemand par Marc B. de Launay, Paris: Payot, 1993.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote78">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote78sym" href="#sdfootnote78anc">3</a><sup>3</sup><sup> 	</sup><i>Ecrits politiques. Culture, droit, histoire</i>, Paris: Ed. 	Cerf, 1990. Traduction de <i>Kleine politische Schriften</i>, 	Frankfurt/Main: Suhrkamp Verlag, Tomes V, VI,VII, 1985, 1987, 1990.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote79">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote79sym" href="#sdfootnote79anc">4</a><sup>4</sup><sup> 	</sup><i>Ethique de la discussion</i>, p. 43.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote80">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote80sym" href="#sdfootnote80anc">5</a><sup>5</sup> 	<i>Idem.</i></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote81">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote81sym" href="#sdfootnote81anc">6</a><sup>6</sup> 	<i>Ibidem.</i></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote82">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote82sym" href="#sdfootnote82anc">7</a><sup>7</sup> 	<i>Ibidem.</i></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote83">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote83sym" href="#sdfootnote83anc">8</a><sup>8</sup> 	<i>Ibidem.</i></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote84">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote84sym" href="#sdfootnote84anc">9</a><sup>9</sup><i> 	Ibidem. </i>C’est nous qui soulignons.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote85">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote85sym" href="#sdfootnote85anc">0</a><sup>0</sup> 	Patriotisme constitutionnel et identité nationale, pp. 84, 	in: <i>Philosophiques</i>, vol. XIX, n° 2, Automne 1992, pp. 	81-91. Notons que Dominique Leydet préoccupé par &amp;lt;&amp;lt;Le 	psychodrame canadien et québecois&amp;gt;&amp;gt; (p. 81) de 	l’identité et du patriotisme, s’insurge contre cette 	forme d’universalisme, désincarné, pour ainsi dire. 	Il en va de même de Jean-Marc Ferry qui, peut-être, 	n’étant ni canadien ni québecois, n’abonderait pas 	complètement dans le sens de la position de Dominique Leydet. 	Voir l’interview de J.-M. Ferry avec Habermas en 1988 dans: 	Grenzen des Neohistorismus, in <i>Die nachholende Revolution</i> 	(Titre du VII° tome). Référence peut être 	aussi faite à <i>Les puissances de l’expérience</i>, 	Paris: Cerf, 1991, vol. 2, pp. 187-196, pour l’analyse du 	patriotisme constitutionnel par Ferry.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote86">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote86sym" href="#sdfootnote86anc">1</a><sup>1</sup><i> 	Ibidem.</i></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote87">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote87sym" href="#sdfootnote87anc">2</a><sup>2</sup><i> 	Ecrits politiques, </i>p. 101. Voir également: 1) <i>Idem</i>, 	pp. 20-43; 2) <i>Tanner lectures</i>, repris dans les dernières 	parties de <i>Faktizität und Geltung</i>, où l’on peut 	d’ailleurs lire Habermas critiquer Weber à partir de la 	notion de contrat social. Voir les commentaires de David M. 	Rasmussen sur ce point dans <i>Reading Habermas</i>, Cambridge, MA: 	Basic Blackwell, 1990, pp. 78-80. A lire Rasmussen, même dans 	How is valid Law Possible ? A Review of <i>Faktizität und 	Geltung</i> by Jürgen Habermas, in: <i>Philosophy and Social 	Criticism</i>, vol. 20, n° 4, pp. 21-44, Habermas aurait résolu 	le problème de la légitimité du droit, malgré 	les critiques que juristes et philosophes et autres peuvent formuler 	à son égard.  Rolf Zimmermann serait de l’avis 	contraire, à cause des présupposés ontologiques 	et même axiologiques qui lui servent de base. Voir la 	discussion qui l’oppose à Rasmussen	in The Dilemma of 	Modernity, chap. 1 de <i>Reading Rawls</i>. Voir également 	«Emancipation and Rationality: Foundational Problems in the 	Theories of Marx and Habermas», in <i>Ratio</i>, XXXVI, n° 	2, 1984.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote88">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote88sym" href="#sdfootnote88anc">3</a><sup>3</sup><i> 	Idem, </i>p. 100.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote89">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote89sym" href="#sdfootnote89anc">4</a><sup>4</sup> 	<i>Idem, </i>p. 101.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote90">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote90sym" href="#sdfootnote90anc">5</a><sup>5</sup><i> 	Ibidem.</i></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote91">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote91sym" href="#sdfootnote91anc">6</a><sup>6</sup><sup> 	</sup>Ce point très important est relevé par J. Yvon 	Thériault par exemple. Voir Le défi de l’agir 	communicationnel: des interactions débarrassées de 	leurs contextes normatifs ? in: <i>Rationalité, 	communication, modernité. Agir communicationnel et 	philosophie politique chez Habermas, </i>sous la direction de Koulla 	Mellos, Ottawa/Paris: Les Presses de l’Université d’Ottawa, 	1991<i>,</i> p. 102. Cf. <i>Théorie de l’agir 	communicationnel</i>, tome 2, p. 421. Voir également: 1) 	Reply to my Critics, in: <i>Habermas.</i> <i>Critical Debates</i>, 	ed. John B. Thompson &amp; David Held, Cambridge, M.A.: The MIT 	Press, 1982, p. 255; 2) <i>Posmetaphysical Thinking: Philosophical 	Essays</i>, traduction de William Mark Hohengarten, Cambridge, M.A.; 	London: England, The MIT Press, 1992, p. 142 ss (Texte français: 	<i>La pensée post-métaphysique: Essais philosophiques</i>, 	Rainer Rochlitz, Paris: Armand Colin, 1993, p. 182 ss).</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote92">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Courier, Courier New, monospace"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote92sym" href="#sdfootnote92anc">7</a><sup><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA">7 	</span></font></sup><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA">Il 	y a dans toute société des acquis, des convictions et 	des principes de base, auxquels se référent 	implicitement les individus lorsqu’ils sont engagés dans un 	processus discussionnel visant un consensus: &amp;lt;&amp;lt;[A stock of 	knowledge embedded in culture] supplies members with unproblematic, 	common, background convictions that are assumed to be guaranteed; it 	is from these that contexts for processes of reaching understanding 	get shaped, processes in which those involved use tried and true 	situation definitions or negotiate new ones.&amp;gt;&amp;gt;, Voir Koulla 	Mellos pour cette reformulation succincte dans Rationally, Validity 	and Functionality in Habermas, in: </span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"><i>Rationalité, 	communication, modernité</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA">, 	</span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"><i>op. 	cit.,</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"> 	p. 22. Il fait référence à </span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"><i>The 	Theory of Communicative Action</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA">, 	Vols. 1 &amp; 2, trans. Thomas McCarthy, Boston: Beacon Press, 1981 	&amp; 1987, respectivement, Vol. I, chapitre III, pp. 335-337 et 	Vol.II, p. 125.</span></font></font></font></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Courier, Courier New, monospace"><font size="2"><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR">	Voir 	chez Habermas, 1) </span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR"><i>Raison 	et légitimité</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR">, 	op. cit., chapitre I; 2) De l</span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR"><i>’Ethique 	de la discussion</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR">: 	&amp;lt;&amp;lt;En tant que participant à des discussions pratiques, 	chacun est en effet renvoyé à soi-même tout en 	restant pourtant enchâssé dans un contexte 	objectivement universel. [...] La procédure de la discussion 	renvoie, tant par ses moyens argumentatifs que par ses 	présuppositions communicationnelles, à la 	précompréhension existentielle des participants au 	sein des structures les plus générales d’un monde de 	la vie toujours-déjà intersubjectivement partagé.&amp;gt;&amp;gt;, 	pp. 69-70; 3)</span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR"><i>Faktizität 	und Geltung</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-FR">: 	&amp;lt;&amp;lt;Die Lebenswelt bildet gleichzeitig den Horizont für 	Sprechsituationen und die Quelle von Interpretationsleitungen, 	während sie sich ihrerseits nur durch kommunikative Handlungen 	hindurch reproduziert. In unserem Zusammenhang interessiert mich am 	lebensweltlichen Hintergrundwissen jener eigentümliche 	Charakter des Vorprädikativen und des Vorkategorialen, der 	schon Husserl an diesem &amp;lt;&amp;lt;vergessenen&amp;gt;&amp;gt; Sinnesfundament 	der alltäglichen Praxis und Welterfahrung aufgefallen ist.&amp;gt;&amp;gt;, 	Première Partie, chapitre II. Transzendenz von innen: 	Lebensweltliche und archaische Bewältigung des Dissensrisikos, 	p. 38.</span></font></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote93">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote93sym" href="#sdfootnote93anc">8</a><sup>8</sup><i> 	Le consensus impossible</i>. Le différend entre éthique 	et politique chez H. Arendt et J. Habermas, éd. Ousia, S.C., 	1993, pp. 69-75.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote94">
<p align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote94sym" href="#sdfootnote94anc">9</a><sup>9</sup><i> 	Raison et légitimité</i>, <i>op. cit.,</i> p. 193.</font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote95">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Courier, Courier New, monospace"><font size="2"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote95sym" href="#sdfootnote95anc">0</a><sup><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA">0</span></font></sup><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"> 	Rawls s’insurge contre l’auto-défense post-métaphysique 	habermasienne de la théorie de la communication. De son avis, 	la théorie habermasienne est fondée sur une 	&amp;lt;&amp;lt;comprehensive view&amp;gt;&amp;gt;, elle est lourde de paramètres 	métaphysiques et religieuses: &amp;lt;&amp;lt;Habermas’s own 	doctrine, I believe, is one of logic in the broad Hegelian sense: a 	philosophical analysis of the presuppositions of rational discourse 	(of theoretical and practical reason) which includes within itself 	all the allegedly substantial elements of religious and metaphysical 	doctrines. His logic is metaphysical in the following sense: it 	presents an account of what there is. And what there is are human 	beings engaged in communicative action in their lifeworld. As to 	what ‘substance’ and ‘substantial’ mean, I would conjecture 	that Habermas intends something like the following: people often 	think that their basic way of doing things [...] needs a foundation 	beyond itself discerned by a Platonic reason that grasps the 	essences, or else is rooted in the metaphysical doctrine for a firm 	foundation. [...] Without these foundations, everything may seem to 	us to waver and we experience a kind of vertigo, a feeling of being 	lost without a place to stand.&amp;gt;&amp;gt;, Voir: Reply to Habermas, in: 	</span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA"><i>The 	Journal of Philosophy</i></span></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><span lang="fr-CA">, 	vol. XCII, n° 3, March 1995, pp. 136-137.</span></font></font></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 0.42cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2">	 Il nous 	semble important d’ajouter la note infra-paginale n° 8, vu 	qu’elle explicite le sens de la notion rawlsienne de métaphysique 	ici: &amp;lt;&amp;lt;I think of metaphysics as being at least a general 	account of what there is, including fundamental, fully general 	statements -- for example, the statements ‘every event has a 	cause’ and ‘all events occur in space and time’, or can be 	related thereto. So viewed, W. V. Quine also is a metaphysician. To 	deny certain metaphysical doctrines is to assert another such 	doctrine&amp;gt;&amp;gt;.</font></font></p>
<p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="2">	Cette 	critique de Rawls nous pose les questions suivantes: une philosophie 	sans métaphysique est-elle jamais possible ? Si oui, cette 	conception de la métaphysique n’invalide-t-elle pas sa 	propre prétention à une philosophie politique 	a-métaphysique ?</font></font></p>
</div>
<p> </p></body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Philosophie</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 14:06:21 GMT</pubDate>
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		<title>A Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit</title>
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		<description>Les eaux profondes de la foi</description>
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<p align=\"left\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Arial, sans-serif\"><font size=\"2\">1. « L'homme est si grand que seul Dieu peut le satisfaire » (Saint Augustin) </font></font></font></p>
<p align=\"left\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Arial, sans-serif\"><font size=\"2\">2. &amp;lt;&amp;lt;...j'ai abandonné le savoir pour embrasser la foi&amp;gt;&amp;gt; <span style=\"\">I. Kant,</span> <i>Critique de la raison pure</i>, préface à la 2nde édition </font></font></font></p>
<p align=\"left\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Arial, sans-serif\"><font size=\"2\">3. « Avant et après le monde, Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu le Saint-Esprit » (Varus Sosoe, Fribourg, 2005)</font></font></font></p>
<p align=\"left\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Arial, sans-serif\"><font size=\"2\">4. « Dans « le monde trop mondain », tout est contrefaçon de l’Esprit de Dieu, de l’Esprit du Verbe de Dieu, l’Esprit de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ » (Varus Sosoe, Genève, 30.06.06)</font></font></font></p>
<p align=\"left\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Arial, sans-serif\"><font size=\"2\">5. « Qui regarde vers Lui, resplendit »<br />
(Varus Sosoe, Fribourg, 18.05.06, d’après le Ps 34 [33] :6, « Qui regarde vers Lui resplendira, et sur son visage point de honte »</font></font></font></p>
<p align=\"left\"><font color=\"#000000\"> <font face=\"Arial, sans-serif\"><font size=\"2\">6. <span style=\"\">&amp;lt;&amp;lt;[...]Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. [...] Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi; et rien ne pourra vous nuire.&amp;gt;&amp;gt; </span>(Luc 10, 17-19) </font></font></font></p>
<p align=\"left\"><font color=\"#000000\"> <font face=\"Arial, sans-serif\"><font size=\"2\">7. &amp;lt;&amp;lt;Foi épanouissante ou Foi épanouie&amp;gt;&amp;gt; (Varus Sosoe, Genève, le 05.10.07) </font></font></font></p>
<p align=\"left\">
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</p>
<p align="LEFT"><font color="#000000"><font face="Arial, sans-serif"><font size="2">8. Quelle misère spirituelle ! Absurdité du discours de ceux qui ont perdu le chemin de l'Eglise, du Temple et de la Mosquée à s'arroger la prérogative de dicter aux religieux et ceux qui sont épris de religieux et de spiritualité leur pratique. (Genève, 29.11.10)   </font></font></font></p>
<p align="LEFT"><font color="#000000"><font face="Arial, sans-serif"><font size="2">9. &amp;lt;&amp;lt;La vie spirituelle n'est pas une vie agréable pour la chair, une vie faite de suavité corporelle, autrement ce ne serait pas une vie spirituelle.&amp;gt;&amp;gt; (Genève, 13.06.09)</font></font></font></p>
<p align="LEFT"><font color="#000000"><font face="Arial, sans-serif"><font size="2">10. &amp;lt;&amp;lt; Rien de ce qui détruit ne peut être pouvoir, potestas, capacité à produire quelque chose qui vienne à exister.&amp;gt;&amp;gt;  (Fribourg, le 18.03.05)</font></font></font></p>
<p align="LEFT">11.. <font color="#000000"><font face="Arial, sans-serif"><font size="2">&amp;lt;&amp;lt;Un charisme ne rend pas saint. Il n'y a que la grâce sanctifiante qui sanctifie. Une vie de foi, c'est plus qu'une vie de charisme. La foi, la charité et l'espérance seules font le vrai croyant.&amp;gt;&amp;gt; (Genève, inspiré d'une émission de Radio Maria le 24.07.10).</font></font></font></p>
<p align="LEFT"><font color="#000000"><font face="Arial, sans-serif"><font size="2">12. &amp;lt;&amp;lt;Mon peuple meurt par manque de connaissance.&amp;gt;&amp;gt; (Osée, 4:6)</font></font></font></p>
<p><br />
 </p>
<p> </p>
<p align="left"><br />
 </p>
<p align="left"><br />
 </p>
<p><br />
 </p>
<p> </p>
<p align="left"><br />
 </p></body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Spiritualités chrétiennes - pensées </category>
		<pubDate>Mon, 15 Dec 2008 00:03:56 GMT</pubDate>
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		<title>L'anthropologie kantienne et la paix perpétuelle</title>
		<link>http://www.sosoe.org/sosoe/articles/view.php/9/l-anthropologie-kantienne-et-la-paix-perpetuelle</link>
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		<description>La paix est-elle possible, selon Kant? Si oui, à quelle condition? Mais, si non, sommes-nous donc condamnés à nous détruire complètement? Quel serait alors le sens de la vie et de la coexistence humaine?</description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">La paix est-elle possible, selon Kant? Si oui, à quelle condition? Mais, si non, sommes-nous donc condamnés à nous détruire complètement? Quel serait alors le sens de la vie et de la coexistence humaine?</div>
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<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Arial\"><font size=\"2\">Si les dispositions les plus basses aussi bien que les plus élevées de l’homme sont autant de dons de la nature, à telle enseigne qu’il est impensable de priver l’anthropologie, la morale et le droit politique kantiens des principes téléologiques qui en constituent les assises théoriques et les linéaments principiels de la pratique humaine selon Kant, il n’en demeure pas moins vrai que l’insociable sociabilité et la guerre sont autant de manifestations de son irresponsabilité, du mauvais usage de son libre vouloir et de sa raison. Non seulement la guerre ne saurait être imputée au mécanisme naturel, mais encore, et surtout, l’homme se doit de faire de la paix son devoir le plus pressant, afin de se conformer à la suprême de ses dispositions naturelles, la raison, dont la paix est un <i>véto irrésistible</i>. Et si seule une telle faculté peut conduire l’homme à ce qui est tenu pour son incontournable et ultime destination, la moralité, <i>locus practicum</i> de la symbiose nature-art ou nature-culture, la nature humaine en étant la porteuse, aussi opaque et incurable que soit le voile de malignité qui l’enrobe et le ronge intérieurement, la bonté ne peut qu’être l’indéniable monstration de cette nature. L’homme doit s’évertuer à son éclosion. Kant, malgré lui, nous en fait l’aveu. </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 0.85cm;\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">INTRODUCTION</font></font></font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Nous proposons ici d'analyser les rapports entre l'idée de la nature humaine et la conception de la guerre et de la paix chez Kant. Les conceptions kantiennes de la guerre et de la paix ne sont-elles pas définitivement informées par l'idée que se fait Kant de la nature humaine ? L'homme est-il bon ou mauvais selon Kant ? L'idée de la courbure irrémédiable du bois dont l'homme est fait est-elle compatible avec celle de la paix perpétuelle ? Non pas tant qu'il faille soutenir que la guerre serait absolument impensable -- au stade inférieur du développement des dispositions naturelles de l'homme -- si l'homme était essentiellement bon. Mais, la question est plutôt de savoir, si la possibilité de la paix perpétuelle une fois envisagée, et posée comme réalisable et, en quelque sorte, coïncidant avec le stade ultime du développement des dispositions naturelles de l'homme, la moralité, la proposition kantienne de la malignité incurable de l'homme ne la rend pas inconcevable? Si oui, la proposition n'appellerait-elle pas une signification autre que celle qui lui est généralement accordée, ceci, à l'intérieur de l'anthropologie kantienne elle-même ? </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Afin de mieux cerner ce problème de la possibilité de la paix perpétuelle entre les Etats à partir de l'idée kantienne de la nature humaine, nous nous proposons d'étudier non seulement l'essai sur la </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Paix</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>perpétuelle</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> (1795) mais aussi l'anthropologie philosophique kantienne telle qu'elle apparaît dans l'</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> (1784)</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn1\" name=\"_ednref1\">[1]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, donc à partir de la philosophie kantienne de l'histoire.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">La thèse majeure que nous cherchons à établir à partir de cette étude peut s'énoncer en ces termes: malgré les idées kantiennes d'&amp;lt;&amp;lt;insociable sociabilité&amp;gt;&amp;gt; et de la &amp;lt;&amp;lt;courbure&amp;gt;&amp;gt; intrinsèque de l'homme, se devrait lire dans l'<i>Idée</i> et la <i>Paix</i> <i>perpétuelle</i>, un concept, en définitive, positif de la nature humaine. L'homme est bon en sa nature, sinon la paix perpétuelle serait une pure chimère, un simple &amp;lt;&amp;lt;rêve de visionnaire&amp;gt;&amp;gt;.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">I. LA CAUSE DE LA GUERRE: LA NATURE HUMAINE ? </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Selon Kant, la guerre paraît greffée sur la nature humaine</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn2\" name=\"_ednref2\">[2]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, elle est l'effet des pulsions ou passions égoïstes de l'être humain. Ces tendances basses de la nature humaine se révèlent dans et par l'antagonisme des hommes au sein de la Société. Bien qu'elles soient basses et grossières, elles constituent néanmoins le ressort même du développement de toutes les dispositions naturelles des hommes. Conformément à la IV</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Symbol\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">°</font></font></font><font color=\"#000000\"> </font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">proposition de l'</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Idée</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, &amp;lt;&amp;lt;l'insociable sociabilité&amp;gt;&amp;gt; des hommes éveille en eux les forces nécessaires qui les mènent à la culture et à la civilisation morale</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn3\" name=\"_ednref3\">[3]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">.  </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Insociable sociabilité et guerre semblent une seule et même chose, l'insociabilité dans cette dialectique ayant plus de poids et, par conséquent, conduisant nécessairement dans son paroxysme à la guerre. Or, la guerre est un mal, selon Kant, et c'est pour ce fait qu'il nous rappelle le veto irrésistible de la raison moralement pratique: &amp;lt;&amp;lt;il ne doit pas y avoir de guerre&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn4\" name=\"_ednref4\">[4]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Il devrait en être de même de l'insociabilité aussi. Il demeure l'oeuvre des passions viles et égoïstes. Mais que nous en dit Kant ? Elle est plutôt bonne, puisqu'elle permet le développement complet des dispositions naturelles des hommes. Le philosophe de Königsberg ira d'ailleurs plus loin; il remerciera la nature &amp;lt;&amp;lt;pour cette humeur peu conciliante, pour la vanité rivalisant dans l'envie, pour l'appétit insatiable de possession ou même de domination&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn5\" name=\"_ednref5\">[5]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> C'est grâce à ces qualités d'insociabilité que peuvent se développer tous les talents de l'homme. Est-ce parce que, logiquement, comme Hegel nous le révèle, dans un rapport dialectique entre deux termes, le négatif obtient une charge positive</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn6\" name=\"_ednref6\">[6]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> ? ou y a-t-il une raison plus profonde? </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\">            </font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Une référence à la première proposition de l'</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Idée</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> nous montre la nécessité du principe téléologique de Kant et son statut de fil conducteur de la raison</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn7\" name=\"_ednref7\">[7]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Est-ce une thèse scientifiquement fondée en ce qui concerne le développement des dispositions naturelles de l'homme ? Peut-on appliquer ce principe biologique à l'histoire humaine ? Simple hypothèse de recherche, comme le soulignerait Luc Ferry</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn8\" name=\"_ednref8\">[8]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Thèse métaphysique, et de surcroît religieux, ainsi que le croirait Philonenko</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn9\" name=\"_ednref9\">[9]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">? Observant les actions des individus et celles de l'espèce humaine dans son ensemble, Kant n'a-t-il pas posé l'exigence minimale susceptible de nous rendre intelligible notre histoire: l'idée de dessein de la nature</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn10\" name=\"_ednref10\">[10]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> ?</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">L'idée de &amp;lt;&amp;lt;fil conducteur de la raison&amp;gt;&amp;gt; suggère en elle-même celle d'une hypothèse théorique. Toutefois, hypothèse théorique et thèse métaphysique et religieuse ne sont en rien inconciliables. Que l'hypothèse soit posée dès le départ, cela n'empêche nullement que son expérimentation puisse nous révéler une loi naturelle, une téléologie de la nature. Et que l'idée de téléologie naturelle soit tout d'abord scientifique -- le cas de la biologie -- cela n'empêche aucunement qu'elle soit appliquée à l'histoire humaine, aux actions humaines, et par conséquent, acquérir le statut de thèse métaphysique. De plus, on ne peut non plus nier que dans la philosophie kantienne de l'histoire, le raisonnement téléologique se double, en filigrane, d'une pensée religieuse. A preuve, Kant maintient que les sources de l'insociable sociabilité, sources de &amp;lt;&amp;lt;tant de maux&amp;gt;&amp;gt;, causatrices du &amp;lt;&amp;lt;développement plus complet des dispositions naturelles, décèlent bien l'ordonnance d'un sage créateur, et non pas la main d'un génie malfaisant qui se serait mêlé de bâcler le magnifique ouvrage du Créateur, ou l'aurait gâté par jalousie&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn11\" name=\"_ednref11\">[11]</a></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\">            </font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">La question de la téléologie naturelle semble révéler un paradoxe presqu'insoluble dans la pensée kantienne. Sachant que, selon Kant, même le sujet individuel est doué d'une puissance raisonnante qui lui permet de dépasser &amp;lt;&amp;lt;l'agencement mécanique de son existence animale&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn12\" name=\"_ednref12\">[12]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, et ainsi, participer à son niveau au progrès de l'espèce; sachant qu'il est non seulement un </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>homo phenomenon</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> mais aussi un </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>homo noumenon</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, et que c'est uniquement à ce titre que sa participation au progrès est possible, comment imputer son manquement au devoir qu'impose sa raison au mécanisme naturel? Si l'homme doit </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>hic et nunc</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, n'est-ce pas parce que, </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>hic et nunc</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, il peut ? Autrement dit, l'idée d'une telle téléologie naturelle implacable: </font></font></font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;L'homme veut la concorde, mais la nature sait mieux que lui ce qui est bon pour son espèce: elle veut la discorde. Il veut vivre commodément à son aise; mais la nature veut qu'il soit obligé de sortir de son inertie et de sa satisfaction passive, de se jeter dans le travail et dans la peine pour trouver en retour les moyens de s'en libérer sagement&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn13\" name=\"_ednref13\">[13]</a></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">une telle idée n'engouffre-t-elle pas l'homme dans une sorte de fatalité contre laquelle la volonté humaine ne peut rien, même au comble de la bonté</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn14\" name=\"_ednref14\">[14]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Cette question qui touche au sens de la très problématique VI</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Symbol\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">°</font></font></font><font color=\"#000000\"> </font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">proposition se pose déjà au niveau de la IV</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Symbol\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">°</font></font></font><font color=\"#000000\"> </font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">proposition de même qu'à celui des trois premières. Suffit-il de souligner, en se référant à la troisième proposition, le rôle paradoxale d'une </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>auto-limitation</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> de la Nature</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn15\" name=\"_ednref15\">[15]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Au contraire, selon la thèse de la finitude radicale de l'homme, toute tentative en vue d'établir la paix devrait être vouée à l'échec. Ainsi, la guerre demeure davantage l'effet de la Providence que celui de l'homme</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn16\" name=\"_ednref16\">[16]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Serions-nous donc autorisés à admettre, à l'instar de Philippe Raynaud, que Kant pense l'histoire uniquement à travers la catégorie de la nature, qui plus est de l'irrationalité, la catégorie de la liberté y étant absolument exclue</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn17\" name=\"_ednref17\">[17]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> ?</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Est-ce là la pensée véritable de Kant ? Nous n'en sommes pas sûrs. Cela paraît d'ailleurs se situer à ses antipodes. Ainsi que Darbellay, commentant Kant, le soutient: &amp;lt;&amp;lt;Il ne suffit donc pas de faire confiance à la nature, à la fois destin et Providence, il faut rechercher la justice dans chacune de nos actions&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn18\" name=\"_ednref18\">[18]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Demeurer constamment dans le sentier du devoir afin que la raison puisse nous fournir ses lumières nécessaires et nous révéler notre but final, tendre &amp;lt;&amp;lt;d'abord au règne de la raison pure pratique et à sa </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>justice</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;gt;&amp;gt; pour que notre &amp;lt;&amp;lt;fin (le bienfait de la paix perpétuelle) puisse nous échoir d'elle-même</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn19\" name=\"_ednref19\">[19]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, n'est-ce pas là le message que nous lance Kant ? L'homme, selon Kant, ne doit participer à aucune félicité ou perfection que celle qu'il s'est créée lui-même indépendamment de l'instinct par sa propre raison. Si la nature l'a muni de la raison et de la liberté du vouloir qui se fonde sur elle, c'est qu'il s'en serve afin de transcender ses instincts</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn20\" name=\"_ednref20\">[20]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Ainsi, quand bien même qu'il inscrive l'homme dans un système cosmo-téléologique</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn21\" name=\"_ednref21\">[21]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, le naturalisme kantien ne se restreint aucunement au biologique, à un pur mécanisme</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn22\" name=\"_ednref22\">[22]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. L'homme peut et &amp;lt;&amp;lt;doit se faire en tant que </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Selbstzweck</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn23\" name=\"_ednref23\">[23]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Le dessein de la nature est incontournable dans la réalisation de ce <i>Selbstzweck</i> par l'homme lui-même. Tout se passe comme si l'homme ne pourrait jamais agir à l'encontre de ce dessein inexorable (et désolant!) de la nature. Celle-ci aurait donc fait l'homme viscéralement mauvais, en dépit de ses éminentes facultés: raison et liberté du vouloir. La malignité de l'homme semble être davantage l'oeuvre de la Nature que de l'absence de bonne volonté de la part de l'homme lui-même. La raison que cette Nature pourvoit à l'homme non seulement demeurerait impuissante face aux passions égoïstes, mais encore elle ne serait d'aucun usage pour l'homme -- ce qui consacrerait la permanence de l'état de guerre. Mais que nous enseigne Kant ? La vraie nature de l'homme ne devrait-elle pas être cherchée dans la raison ?</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">II. LA PERSPECTIVE DE LA PAIX: LA NATURE HUMAINE ? </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Comment la paix pourrait-elle s'inscrire dans une telle histoire? Cette peinture rupestre et rustique, cette rustre métaphore: &amp;lt;&amp;lt;le bois dont l'homme est fait est si noueux qu'on ne peut y tailler des poutres bien droites&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn24\" name=\"_ednref24\">[24]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, ne rend-elle pas tout espoir de paix absolument vain ? Ce n'est pas la médiation de la moralité par le droit universel qui est mise en cause ici, aussi imparfaite que cette solution puisse paraître du fait de l'impossibilité d'une coïncidence définitive et absolue du courbe et du droit</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn25\" name=\"_ednref25\">[25]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Bien au contraire, il s'agit -- problème d'ordre théorique tout d'abord -- de questionner la conception de la possibilité du juste juridique elle-même, sans la moralité. Comment la &amp;lt;&amp;lt;constitution </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>républicaine</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn26\" name=\"_ednref26\">[26]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, la &amp;lt;&amp;lt;</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Société des Nations</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn27\" name=\"_ednref27\">[27]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, &amp;lt;&amp;lt;Le droit cosmopolitique&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn28\" name=\"_ednref28\">[28]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> pourraient-ils être réalisés sans un minimum de bonne volonté de la part des hommes</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn29\" name=\"_ednref29\">[29]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> ?</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Kant ne nous assure-t-il pas que même la réalisation approximative de la société civile universelle, la garantie de la paix perpétuelle nécessite par-dessus tout, outre &amp;lt;&amp;lt;des </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>concepts exacts</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> touchant la nature d'une constitution possible&amp;gt;&amp;gt;, objets d'expérience, &amp;lt;&amp;lt;une </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>bonne volonté</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> disposée à accepter cette constitution&amp;gt;&amp;gt; ? Peut-être là encore, Kant nous rassure, la nature nous y forcera. C'est son dessein. Elle &amp;lt;&amp;lt;nous viendra en aide&amp;gt;&amp;gt;, elle viendra &amp;lt;&amp;lt;en aide à la volonté universelle, fondée en raison, volonté vénérée  mais impuissante en pratique, et cela, justement par le biais des inclinations égoïstes&amp;gt;&amp;gt;; &amp;lt;&amp;lt;ceci: elle le fait elle-même, que nous le voulions ou non (</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>fata volentum ducunt, nolentum trahunt</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">)&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn30\" name=\"_ednref30\">[30]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Pour nous rendre plus limpide le mécanisme naturel, Kant ajoutera: </font></font></font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Toute culture, tout art formant une parure à l'humanité, ainsi que l'ordre social le plus beau, sont les fruits de l'insociabilité, qui est forcée par elle-même de se discipliner, et d'épanouir de ce fait complètement, en s'imposant un tel artifice, les germes de la nature&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn31\" name=\"_ednref31\">[31]</a></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Cependant, en dépit de ce mécanisme, la paix ne demeure-t-elle pas un "</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>veto</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> irrésistible" de l'unique raison pratique</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn32\" name=\"_ednref32\">[32]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> ? Et déjà les moyens de réaliser ce </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>veto</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, &amp;lt;&amp;lt;à savoir la prescription du droit&amp;gt;&amp;gt;, quoique dans le dessein de la nature, ne sont-ils pas autant de prescriptions de la raison aussi simplement pragmatique que celle-ci puisse paraître ? La nature ne nous impose quelque devoir que ce soit, &amp;lt;&amp;lt;seule la raison pratique, libre de toute contrainte, le peut&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn33\" name=\"_ednref33\">[33]</a></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Il semble que Kant nous met en face d'une double aporie flagrante: </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">1. il nous présente une courbure de l'homme, infirmité irrémédiable, tout en soutenant </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>mordicus</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> la possibilité d'un progrès infini de l'espèce humaine, allant de la civilisation technique la plus grossière jusqu'à l'étape de la moralisation. Ce progrès n'est possible, nous dit-il, que par la raison et le libre vouloir qui sont autant de germes de la nature. L'homme est naturellement mauvais mais, comble de paradoxe, ce qui le distingue des autres créatures, c'est ce qui, dans sa nature, vient s'ajouter à ce qui est propre aux animaux, et qui, seule, peut le conduire à l’étape finale de son évolution: la raison pratique, la suprême des dispositions naturelles de l'homme</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn34\" name=\"_ednref34\">[34]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">; </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">2. Kant nous dit que l'institution  du droit en vue de la paix perpétuelle ne requiert pas l'amélioration morale des hommes, et pourtant, toujours d'après lui, l'Idée du droit moralement juste, objet d'approximation, et les voies y menant imparfaitement sont autant de prescriptions de la raison. Le problème du juste juridique serait-il d'ordre purement pragmatique, alors que néanmoins, sa résolution sans cesse approximative requiert, davantage que l'entendement, des moyens autres que ceux qui procèdent de la raison purement pragmatique ? L'obligation de sortir de l'état de nature est un </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>veto</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> de la raison pratique dont l'observation, quoique d'une urgence empiriquement médiatisée par &amp;lt;&amp;lt;bien de ruines, bien de naufrages, même un épuisement intérieur radical&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn35\" name=\"_ednref35\">[35]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> tous causés par l'insociable sociabilité, passe en dernière instance par la </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>bonne volonté</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, la disposition morale des hommes</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn36\" name=\"_ednref36\">[36]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">La solution à cette double aporie peut se laisser trouver dans l'accord nécessaire entre mécanisme universel et raison pratique, avec prééminence de celle-ci sur celle-là, &amp;lt;&amp;lt;l'estime raisonnable de soi&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;la bonté [du] vouloir humain&amp;gt;&amp;gt; l'emportant en noblesse sur le &amp;lt;&amp;lt;bien-être&amp;gt;&amp;gt;. Cet accord se lit clairement dans </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Théorie et Pratique</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> et dans la </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Critique</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>de la Faculté de Juger</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, pour ne pas mentionner la solution des antinomies dans la </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Critique</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>de la raison pure</i></font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn37\" name=\"_ednref37\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i><b>[37]</b></i></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Or, il ne peut être assuré sans un dépassement de la dichotomie radicale kantienne entre le problème purement juridique de l'impossible redressement complet de la courbure humaine et celui de la moralité, avec précellence des conditions subjectives de la morale juridique, seules capables d'éviter le piège du despotisme et du simple succès pragmatique, &amp;lt;&amp;lt;l'accord </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>pathologiquement</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> extorqué&amp;gt;&amp;gt;. Pour ce faire, nous partageons la pensée suivante de Muglioni:</font></font></font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Et l'être et le devoir ne sont réconciliés, chez Kant nulle part plus que dans la philosophie de l'histoire [...] Ainsi le point de vue cosmopolitique est à la fois pratique et empirique; je veux dire que le concept pratique de l'humanité est cosmopolitique en ce qu'il s'accorde avec le concept empirique d'homme comme espèce réelle d'individus qui se succèdent dans le temps sur la terre. La philosophie de l'éducation consiste dans la pensée de l'accord du concept anthropologique et du concept pratique de l'homme, de l'</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>homo phenomenon</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> et de l'</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>homo noumenon</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn38\" name=\"_ednref38\">[38]</a></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">On sait bien que Kant réserve une place importante à la valeur morale de l'homme, à sa dignité, à ses droits innés dans son système de morale juridique. &amp;lt;&amp;lt;La vraie politique, nous enseigne Kant, ne peut faire un pas sans avoir d'abord rendu hommage à la morale&amp;gt;&amp;gt; puisqu'&amp;lt;&amp;lt;Il faut tenir le droit des hommes pour sacré&amp;gt;&amp;gt; et qu'on ne saurait &amp;lt;&amp;lt;imaginer un droit pragmatiquement conditionné qui serait le milieu (entre le droit et l'intérêt)&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn39\" name=\"_ednref39\">[39]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. S'affirme donc le lien insécable du progrès vers la paix et le règne de la moralité qui demande le dépassement du pur mécanisme naturel par la raison humaine. Sans aucun doute, Kant pensait que seule la courbure incurable de l'homme est susceptible de faire concevoir non seulement le progrès mais aussi la légitimation du droit intra-étatique et universel. Mais, comment une telle nature peut arriver à instituer une société favorisant le règne du droit moralement juste ? Comme le rend si bien Philonenko paraphrasant Fichte:</font></font></font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Que pourra-t-on jamais construire avec des hommes prêts à se dévorer pendant leur sommeil ? [...] Si véritablement &amp;lt;&amp;lt;autrui&amp;gt;&amp;gt; doit être saisi en sa constitution essentielle comme &amp;lt;&amp;lt;ennemi&amp;gt;&amp;gt;, si l'altérité est originellement hostilité; il n'est plus d'autre politique concevable que celle de Hobbes et de Machiavel&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn40\" name=\"_ednref40\">[40]</a></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Il semble donc impossible de &amp;lt;&amp;lt;Faire naître la paix de la guerre&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn41\" name=\"_ednref41\">[41]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> avec cette conception anthropologique. Kant paraît en être conscient d'après la III</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Symbol\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">°</font></font></font><font color=\"#000000\"> </font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">proposition de l'</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Idée</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> qui thématise plus concrètement la problématique de la liberté et de la raison humaine. L'homme, tel qu'il est empiriquement n'est pas tel qu'il devrait être. La nature humaine, l'accent mis sur ce qui le distingue des autres créatures, doit être conçue autrement. Loin de la nier, Kant l'impose d'ailleurs ainsi que nous le montre l'</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Anthropologie du point de vue pragmatique</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. Malgré l'insociable sociabilité, à la différence des animaux, l'être humain est essentiellement un être raisonnable et moral. Bien qu'il faille aussi l'étudier dans son empiricité, la perspective kantienne du progrès vers notre fin essentielle exige en elle-même que gestion soit sérieusement faite de l'idée de la disposition morale qui subsiste en germe dans la nature humaine. </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Que dire de cette conception ? Exception faite de l'intelligibilité de l'autonomie de l'action proprement morale qu'elle restaure, ne nous replonge-t-elle pas quelque peu dans l'univers discursif de la téléologie aristotélicienne par exemple, ou d'un Wolff, adversaire de Kant ? Wolff n'admet-il pas déjà </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>a priori </i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">l'idée de la double nature de l'homme</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn42\" name=\"_ednref42\">[42]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Sans ambiguïté, on peut soutenir que la pensée kantienne se pourrait laisser comprendre à partir des catégories aristotéliciennes de potentialité et d'actualité. La vraie nature de l'homme, d'après le principe de différence spécifique, se devrait laisser trouver dans sa capacité d'être moral. Si cette capacité n'existait pas potentiellement, virtuellement, elle ne pourrait aucunement se réaliser. Existant en germe dans l'homme, elle se profile dans son accomplissement exhaustif à l'horizon de la culture et de la civilisation, celle-ci devant déboucher sur l'étape de la moralisation. C'est cette idée qui poussent certains critiques de Kant à soutenir, en conformité avec sa téléologie, qu'il y aurait aussi, malgré toutes les divergences qui caractérisent leurs écrits, une étroite affinité entre Kant et Rousseau. C'est aussi fort de cette idée que, soulignant la même affinité entre eux, et, à l'instar de Kant, la différence entre sa conception et celle des Anciens, Cassirer affirme:</font></font></font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Kant ne prend donc pas l'idée de l'homme naturel au sens purement scientifique ou historique, et il lui donne plutôt une signification éthique et téléologique.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\">   </font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Ce qui est permanent dans la nature humaine n'est pas on ne sait qu'elle condition qui aurait été la sienne jadis et dont elle serait déchue; c'est le but vers lequel et en vue duquel elle se dirige. Kant cherche la cohérence non dans ce que l'homme est, mais dans ce qu'il devrait être, et il fait gloire à Rousseau, philosophe éthique, d'avoir discerné &amp;lt;&amp;lt;l'homme réel&amp;gt;&amp;gt; en dépit des déformations qui le dissimulent et de tous les masques que l'homme a créés pour lui-même et qu'il a portés au cours de son histoire.&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn43\" name=\"_ednref43\">[43]</a></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">CONCLUSION</font></font></font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"> </font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">L'idée essentielle qui se dégage de notre étude révèle bien, suivant la conception téléologique de Kant, les limites restreintes de l'empirie dans l'étude de l'homme. L'étude de la nature intrinsèque de l'homme nécessite le dépassement de ce niveau discursif. Si l'empirie nous permet d'observer les traits caractéristiques communs entre l'animal et l'homme, ainsi que l'insociable sociabilité de ce dernier, cette même empirie nous dévoile "quelque chose" dans l'homme, à savoir ses &amp;lt;&amp;lt;rares&amp;gt;&amp;gt; manifestations de sagesse, antinomiques à leurs dispositions naturelles inférieures, qui exigent d'être inscrites au compte de la spécificité. &amp;lt;&amp;lt;La nature ne fait jamais rien en vain&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_edn44\" name=\"_ednref44\">[44]</a><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, nous dit Kant. </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Si l'homme peut transcender ses viles passions, s'il peut atteindre la "fin" de l'histoire de son espèce, la moralité, c'est que, comparativement aux créatures qui sont entièrement soumises au mécanisme naturel, il aurait des facultés supérieures. Par conséquent, sa vraie nature se devrait d'être évaluée relativement à ces facultés. Et si ces dernières constituent les seules sources de la moralité, la suprême des dispositions naturelles de l'homme, on peut affirmer sans ambiguïté que l'homme est essentiellement bon, même si sa conduite ne reflète pas toujours cette bonté. L'idée de responsabilité humaine est sauvegardée. Il en va de même de la pensabilité de la paix perpétuelle. Les hommes sont capables de créer des conditions permettant de l'instituer. En guise de conclusion nous pouvons citer cette pensée de Kant lui-même, pensée qui, annonçant les cours du semestre d'hiver 1765-1766, résume convenablement -- du moins selon Cassirer dont nous partageons l'opinion -- les préoccupations fondamentales du philosophe depuis les années 1760:</font></font></font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Comme, dans la doctrine de la vertu, j'examine toujours historiquement et philosophiquement ce qui <i>se fait</i> avant de montrer ce qui <i>doit se faire</i> [...] je mettrai en évidence la méthode d'après laquelle il faut étudier l'homme, non pas seulement celui qui a été dénaturé par la forme variable que lui implique son état contingent et qui, comme tel, a presque toujours été méconnu par les philosophes, mais la nature de l'homme, qui demeure toujours, et la place qui lui revient dans la création.&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font></p>
<p align=\"justify\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">C'est dire qu'il y a tout de même une place qui revient à l'homme dans l'ordre de la création, une place autre que celle que l'empirie nous révèle des fois par les voies tortueuses qu'emprunte l'homme. Des fois, cela signifie que nous sommes loin d'être des démons, et que nous pouvons aussi avoir des maîtres droits (au moins Kant). </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"de-DE\" style=\"line-height: 200%; page-break-before: always;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\">N    O    T    E    S</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
<div id=\"edn1\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref1\" name=\"_edn1\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[1]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.</font></font><font color=\"#000000\">        	</font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Qu'il 	existe une anthropologie fondamentale chez Kant qui fasse partie 	intégrante de sa métaphysique, surtout dans les 	</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Fondements 	de la métaphysique des moeurs</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> 	comme le Professeur Höffe l'a soutenu dans un de ses articles, 	nous n'en doutons aucunement, et nous croyons que les éléments 	de l'insociable sociabilité n'en constituent que des 	descriptions. Cf. &amp;lt;&amp;lt;Kant, morale et anthropologie&amp;gt;&amp;gt;, 	dans </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Philosophie 	politique. Revue internationale de philosophie politique 2. Kant</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	Paris: Presses Universitaires de France, 1992, pp. 143-58.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Voir 	également, parmi tant d'autres critiques, Norbert Hinske pour 	qui toute la philosophie kantienne ne se réduirait finalement 	qu'à une tentative de réponse à la question: 	Qu'est-ce que l'homme? </font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"de-DE\">Cf. 	&amp;lt;&amp;lt; Kant Idee der Anthropologie&amp;gt;&amp;gt;, pp. 426-27 dans </span></font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"de-DE\"><i>Die 	Frage nach dem Menschen</i></span></font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"de-DE\">, 	Herausgegeben von Heinrich Rombach, Freiburg -- München: Verlag 	Karl Alber, 1966, pp. 410-27.      </span></font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn2\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref2\" name=\"_edn2\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[2]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.</font></font><font color=\"#000000\"> 	          </font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Vers 	la paix perpétuelle</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	p. 78. J'utilise la traduction de Jean François Poirier et 	Françoise Proust, dans </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Kant. 	Vers la paix perpétuelle. Que signifie s'orienter dans la 	pensée ? Qu'est-ce que les Lumières</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	pp. 73-131, Paris: Garnier-Flammarion, 1991. Dorénavant, nous 	désignerons cet ouvrage sous le titre de </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Paix 	perpétuelle</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. 	</font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn3\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref3\" name=\"_edn3\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[3]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.    	</font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Idée 	d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	p. 74-75. J'utilise ici la traduction de Stephan Piobetta dans 	</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Opuscules 	sur l'histoire</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	pp. 69-89, Paris: Garnier-Flammarion, 1990.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Il 	est légitime de se demander, à l'instar de Stanley 	Rosen, s'il n'y aurait pas une alternative autre que l'antagonisme 	comme source du développement exhaustif des dispositions 	naturelles de l'homme. </font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"en-US\">Cf. 	</span></font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"en-US\"><i>Kant's 	Theory of Justice</i></span></font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"en-US\">, 	Ithaca and London: Cornell University Press, 1993, pp. 78-79. </span></font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn4\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref4\" name=\"_edn4\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[4]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.    	</font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Paix 	Perpétuelle</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>ibid</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	p. 91.</font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn5\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref5\" name=\"_edn5\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[5]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.    	</font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Idée 	d’une histoire universelle .... </i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	p. 75.</font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn6\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref6\" name=\"_edn6\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[6]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.    	</font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Concernant 	cette idée de la positivité du négatif dans la 	dialectique terminologique, Cf. LEFEBVRE, Joël, </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Pour 	la paix perpétuelle. Projet philosophique avec un choix de 	textes sur la Paix et la guerre d'Erasme à Freud</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	Paris: Presses Universitaires de Lyon, 1985, p. 15. </font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn7\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref7\" name=\"_edn7\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[7]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.    	</font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Toutes 	les dispositions naturelles d'une créature sont déterminées 	de façon à se développer un jour complètement 	et conformément à un but</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">. 	-- Chez les animaux, on vérifie ce principe par l'observation 	externe aussi bien qu'interne ou par la dissection. Un organe qui 	n'a pas son but, sont des contradictions dans le système 	téléologique de la nature. [...] si nous nous écartons 	de ce principe, nous n'avons plus une nature conforme à des 	lois, mais une nature marchant à l'aveuglette, et 	l'indétermination désolante remplace le fil conducteur 	de la raison.&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn8\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref8\" name=\"_edn8\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[8]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.</font></font><font color=\"#000000\">           	</font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">FERRY, 	Luc, </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Philosophie 	politique 2. Le système des philosophies de l'histoire</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> 	(1984), Paris: Presses Universitaires de France, 1987, Deuxième 	section, pp. 141 ss.</font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn9\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref9\" name=\"_edn9\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[9]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.    	</font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">PHILONENKO, 	Alexis, </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Théorie 	kantienne de l'histoire</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	Paris: Librairie philosophique Vrin, 1986, pp. 99-107. </font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn10\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref10\" name=\"_edn10\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[10]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.</font></font><font color=\"#000000\">        	</font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">&amp;lt;&amp;lt;Le 	philosophe ne peut tirer de là [des cas de sagesse d'une 	part, des cas de tissu de folie, de vanité, de méchanceté 	puériles et de soif de destruction d'autre part] aucune autre 	indication que la suivante: puisqu'il lui est impossible de 	présupposer dans l'ensemble chez les hommes et dans le jeu de 	leur conduite le moindre dessein raisonnable </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>personnel</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	il lui faut rechercher du moins si l'on ne peut pas découvrir 	dans ce cours absurde des choses humaines un dessein de la nature&amp;gt;&amp;gt;, 	Cf. </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Idée 	d’une histoire universelle......., ibid</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	p. 70.</font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn11\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref11\" name=\"_edn11\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[11]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.   	</font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Ibid</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	IV</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Symbol\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"en-US\">°</span></font></font></font><font color=\"#000000\"> 	</font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">proposition, 	p. 75-76.</font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn12\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref12\" name=\"_edn12\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[12]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.   	</font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Idem</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	II</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Symbol\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"en-US\">°</span></font></font></font><font color=\"#000000\"> 	</font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">proposition, 	p. 72. </font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn13\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref13\" name=\"_edn13\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[13]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.</font></font><font color=\"#000000\">      	</font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Idée 	d‘une histoire universelle...... </i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	p. 75.</font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn14\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref14\" name=\"_edn14\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[14]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.   	</font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Notons 	qu'en 1793, Kant terminait son écrit sur les relations entre 	théorie et pratique en ces mots: &amp;lt;&amp;lt;[...] je fais 	également confiance en la nature humaine [...], le respect du 	droit et du devoir demeurant en elle toujours vivant, je ne puis ni 	ne veux la tenir pour enfoncée dans le mal au point que n'en 	doive finalement triompher la raison morale pratique, après 	maints essais infructueux pour la présenter comme également 	digne d'être aimée. Ainsi, au point de vue cosmopolite 	aussi on en reste à l'affirmation: ce qui, pour des raisons 	d'ordre rationnel, vaut pour la théorie, vaut également 	pour la pratique. Cf. </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Théorie 	et Pratique</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	suivi de </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Droit 	de mentir</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	Paris: Librairie philosophique Vrin, 1967 , III</font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Symbol\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"en-US\">°</span></font></font></font><font color=\"#000000\"> 	</font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">section, 	p. 59. </font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn15\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref15\" name=\"_edn15\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[15]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.</font></font><font color=\"#000000\">        	</font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">RAYNAUD, 	Philippe, dans Stephan Piobetta, </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Kant. 	Opuscules sur l'histoire</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	Paris: Garnier-Flammarion, 1990, introduction, p. 16.</font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn16\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref16\" name=\"_edn16\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[16]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.   	</font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Selon 	Georges Vlachos: &amp;lt;&amp;lt;Rien ne prouve [...] que les guerres 	pourraient faire partie d'un projet secret de la Providence comme le 	suggère Kant. Ces différentes spéculations 	finalistes pèsent lourdement sur la philosophie criticiste.&amp;gt;&amp;gt; 	Cf. </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>La 	pensée politique de Kant. Métaphysique de l'ordre et 	dialectique du progrès</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	Paris: Presses Universitaires de France, 1962, p. 573.</font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn17\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref17\" name=\"_edn17\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[17]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\">.   	</font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Pour 	cette interprétation, Cf. Luc Ferry, </font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Philosophie 	politique 2. ..... ibid,</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"> 	pp. 147-58.</font></font></font></p>
</div>
<div id=\"edn18\" dir=\"ltr\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;\"><a href=\"file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref18\" name=\"_edn18\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Courier\"><font size=\"2\"><span lang=\"en-US\">[18]</span></font></font></font></a><font color=\"#000000\"><font size=\"2\"><span lang=\"nl-NL\">.   	</span></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"nl-NL\">DARBELLEY, 	Jean, </span></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"nl-NL\"><i>Kant. 	</i></span></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Vers 	la paix perpétuelle. Essai philosophique</i></font></font></font><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	trad. précédée d'introduction historique et 	critique, Paris: Presses Universitaires de France, éd. St 	Augustin</del>St Maurice (Suisse), 1958, p. 63.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn19" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref19" name="_edn19"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[19]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.</font></font><font color="#000000">      	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Paix 	perpétuelle, ibid, </i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">p. 	119-20.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn20" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref20" name="_edn20"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[20]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Idée 	d’une histoire universelle.....</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid.,</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"> 	III</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">proposition, 	p. 72.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn21" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref21" name="_edn21"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[21]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;Quel 	que soit le concept qu'on se fait, du point de vue métaphysique, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>de 	la liberté du vouloir, ses manifestations phénoménales</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	les actions humaines, n'en sont pas moins déterminées, 	exactement comme tout événement naturel, selon les 	lois universelles de la nature&amp;gt;&amp;gt;, Cf. </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Idée 	d’une histoire universelle.......</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">., 	texte introductif, p. 69.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn22" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref22" name="_edn22"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[22]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Entre 	autres, Cf. par exemple Professeur Guy Lafrance, &amp;lt;&amp;lt;Egalité 	et justice: une idée de l'homme&amp;gt;&amp;gt;, p. 358-59 dans </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Revue 	internationale de philosophie</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	vol. 43, n</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">170, 	Université Libre de Bruxelles: Institut de Philosophie, 1989, 	pp. 352-60.             	 </font></font></font></p>
</div>
<div id="edn23" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref23" name="_edn23"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[23]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">PHILONENKO, 	Alexis</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>, 	Théorie kantienne de l’histoire</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	p. 88 ss. Dans ses </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Fondements 	du droit naturel</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"> 	(1796), Fichte radicalisa d'ailleurs cette pensée en la 	dépouillant de son soubassement téléologique: 	&amp;lt;&amp;lt; &amp;lt;&amp;lt;Chaque animal est ce qu'il est; l'homme, seul, 	originairement n'est absolument rien. Ce qu'il doit être, il 	lui faut le devenir; et étant donné qu'il doit être 	un être pour soi, il lui faut le devenir par soi-même&amp;gt;&amp;gt;, 	-- le seul &amp;lt;&amp;lt;caractère propre de l'humanité&amp;gt;&amp;gt; 	qui puisse être tenu pour &amp;lt;&amp;lt;donné&amp;gt;&amp;gt; 	résidant donc dans la &amp;lt;&amp;lt;capacité d'être 	formé&amp;gt;&amp;gt; &amp;gt;&amp;gt;, traduction d'Alain Renaut, Paris: 	Presses Universitaires de France, 1984, p. 95; Cf. également 	Alain Renaut et Lukas Sosoe, </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Philosophie 	du droit</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	Paris: Presses Universitaires de France, 1991, p. 410.  </font></font></font></p>
</div>
<div id="edn24" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref24" name="_edn24"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[24]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.</font></font><font color="#000000">      	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Idée 	d’une histoire universelle......</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">,  	VI</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">proposition, 	p. 78. Le traducteur remarque dans ses notes, suivant les 	suggestions de A. Philonenko (</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>L'oeuvre 	de Kant</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	tome II, p. 54, Paris: Librairie philosophique Vrin, 1981), que 	l'adjectif </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>krumm</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"> 	(tordu) utilisé par Kant lui-même, ici "noueux", 	&amp;lt;&amp;lt;serait mieux traduit par </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>courbe</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"> 	afin de rendre la métaphore luthérienne de la 	courbure, déjà présente dans la V</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">proposition&amp;gt;&amp;gt;. 	</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn25" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref25" name="_edn25"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[25]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Idée</i></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>d’une 	histoire universelle.....</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">.,  	V</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">et 	VI</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">propositions, 	p. 76-78; </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>PP</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">., 	p. 131.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn26" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref26" name="_edn26"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[26]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.</font></font><font color="#000000">        	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Paix 	perpétuelle</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">., 	I</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">article 	définitif en vue de la paix perpétuelle, p. 84.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn27" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref27" name="_edn27"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[27]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.</font></font><font color="#000000">        	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Idée 	d’une histoire universelle.....</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid.</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	VII</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">proposition, 	pp. 79-80.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn28" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref28" name="_edn28"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[28]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.</font></font><font color="#000000">        	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Paix 	perpétuelle, ibid., </i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">p. 	93, 97.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn29" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref29" name="_edn29"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[29]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">A 	l'instar de Stanley Rosen, on peut encore se demander si la 	philosophie morale de Kant s'accorde sans contradiction avec ce lien 	qu'il établit entre la société politique (et la 	cutlure) et la moralité. </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">En 	d'autres termes, &amp;lt;&amp;lt;[how can] a "pathologically enforced" 	social union can transform itself into a "moral" one&amp;gt;&amp;gt; 	? </span></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Cf. 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Kant’s 	Theory of Justice, ibid., </i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">p. 	79.   </font></font></font></p>
</div>
<div id="edn30" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref30" name="_edn30"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[30]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.</font></font><font color="#000000">        	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Idée 	d’une histoire universelle.....</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid.</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	p. 104. La citation latine est une maxime de Sénèque 	et traduit: &amp;lt;&amp;lt;Les destins conduisent une volonté 	docile, ils entraînent celle qui résiste&amp;gt;&amp;gt;, 	Lettre à Lucilius, lettre 107. </font></font></font></p>
</div>
<div id="edn31" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref31" name="_edn31"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[31]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Idée 	d‘une histoire universelle........, ibid.</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">,  	V</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">proposition. 	</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn32" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref32" name="_edn32"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[32]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">KANT, 	Emmanuel, </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Métaphysique 	des moeurs. Doctrine du droit</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	p. 182, éd. Alain Renaut, Paris: Garnier-Flammarion, 1994: 	&amp;lt;&amp;lt;[...] la raison moralement pratique exprime en nous son veto 	irrésistible: &amp;lt;&amp;lt;il ne doit pas y avoir de guerre&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;. 	Voir également: </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Paix 	Perpétuelle</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibidem</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	p. 91: &amp;lt;&amp;lt;[...]la raison du haut de son trône du pouvoir 	moral législatif suprême, condamne absolument la guerre 	comme voie de droit, et fait, à l'inverse, de l'état 	de paix le devoir immédiat, [...] &amp;lt;&amp;lt;l'obligation de 	sortir de cet état&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;. </font></font></font></p>
</div>
<div id="edn33" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref33" name="_edn33"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[33]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Paix 	Perpétuelle</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid.</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	pp. 104, 105, 122.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn34" dir="ltr">
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[34]</span></font></font><font size="2">.   	</font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">L'</font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Anthropologie 	du point de vue pragmatique</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"> 	(1789), trad. de Michel Foucault, Paris: Librairie philosophique J. 	Vrin, 1988, p. 163 ss. nous en fait part: &amp;lt;&amp;lt;Parmi les êtres 	vivants qui habitent la terre, on peut facilement reconnaître 	que l'homme, par sa disposition technique (aptitude mécanique 	doublée de conscience), par sa disposition pragmatique 	(utiliser habilement les autres hommes à ses fins) et par sa 	disposition morale (agir à l'égard de soi et des 	autres selon le principe de la liberté, conformément à 	des lois) est visiblement distinct des autres êtres naturels: 	et l'un de ces trois niveaux suffit à caractériser 	l'homme par opposition aux autres habitants de la terre.&amp;gt;&amp;gt;</font></font></font></p>
<p align="justify" style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Les 	dernières lignes de ce passage aussi bien que toute la 	philosophie kantienne en principe posent tout le problème de 	la pertinence de la conception selon laquelle le concept d'une 	nature humaine serait inexistant chez Kant (pour ne pas mentionner 	aussi Fichte), Cf. &amp;lt;&amp;lt;Le droit naturel dans les limites de la 	simple raison: De Wolff à Fichte&amp;gt;&amp;gt;, p. 144, dans </font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Des 	théories du droit naturel</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Cahiers 	de philosophie politique et juridique</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	n</font></font><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font> 	<font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">11, 	Caen: Université de Caen, 1987, pp. 141-58. Cf. également 	Alain Renaut et Lukas Sosoe, </font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Philosophie 	du droit</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	Paris: Presses Universitaires de France, 1992, pp. 149ss.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn35" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref35" name="_edn35"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[35]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Idée 	d’une histoire universelle.......</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid.</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	VII</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">proposition, 	p. 79.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn36" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref36" name="_edn36"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[36]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">VI</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">proposition. 	Raymond Court penche pour une interprétation essentiellement 	juridique, amorale, de cette idée de bonne volonté. 	Cf. </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Force 	et dérive des principes. Réflexions sur la raison 	moderne en procès</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	Paris: Méridiens Klincksieck, 1990, p. 114.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn37" dir="ltr">
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref37" name="_edn37"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[37]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">VI</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">proposition; 	Cf. C. J. Friedrich, &amp;lt;&amp;lt;L'essai sur la paix: sa position 	centrale dans la philosophie morale de Kant&amp;gt;&amp;gt;, dans </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Annales 	de philosophie n</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US"><i>°</i></span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>4: 	la philosophie politique de Kant</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	Paris: Presses Universitaires de France, 1962, pp. 139-62, p. 141; 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Critique 	de la raison pure</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	Deuxième division, Dialectique transcendantale, Livre II, 	chap. II, L'antinomie de la raison pure, IIIe. Antinomie, pp. 	386-391. A ceci, il convient d'ailleurs d'ajouter les </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Fondements 	de métaphysique des moeurs</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	Troisième section, De l'intérêt qui s'attache 	aux idées de la moralité, les 7 derniers paragraphes 	surtout.</font></font></font></p>
<p align="justify" style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Luc 	Ferry aussi abonde dans ce sens. Toutefois, il accorde sa préférence 	à la conception de "l'état de nature neutre" 	de Fichte. Voir <i>Philosophie politique 2. ...... ibid</i>., p. 	153, p. 160-61.  </font></font></font></p>
</div>
<div id="edn38" dir="ltr">
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref38" name="_edn38"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[38]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Jean 	Michel Muglioni, &amp;lt;&amp;lt;La philosophie de l'histoire de Kant&amp;gt;&amp;gt;, 	pp. 179-80, dans </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Revue 	internationale de philosophie politique 2. Le système 	politique de Kant</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	Paris: Presses Universitaires de France, 1992.</font></font></font></p>
<p align="justify" style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">On 	peut y ajouter ces commentaires de Philonenko tirés des 	</font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Réflexions 	sur l'éducation</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"> 	de Kant: &amp;lt;&amp;lt;Ainsi, l'éducation est possible. La nature 	humaine (la liberté), n'est pas un sol stérile. 	Considérée </font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>dans 	son caractère intelligible l'humanité est bonne, 	</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">intégralement 	bonne. Non seulement la Providence peut dire à l'homme &amp;lt;&amp;lt;je 	t'ai donné toutes les dispositions au bien&amp;gt;&amp;gt; 	[</font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Réflexions</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"> 	... 446], mais encore le philosophe peut répondre et 	affirmer: &amp;lt;&amp;lt;</font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Il 	n'y a dans l'homme de germe que pour le bien</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">&amp;gt;&amp;gt; 	[</font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Réflexions</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"> 	... </font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="de-DE">448] 	-- </span></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="de-DE"><i>Im 	Menschen liegen nur Keime zum Gute</i></span></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="de-DE">. 	</span></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">[...] 	L'éducation donc n'est pas la tâche absurde, épuisante 	et vaine, qui consisterait à fleurir des roses sur des 	ronces. L'homme est bon. On pourra donc le cultiver au sens large, 	c'est-à-dire le rendre </font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>habile</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	ou lui donner &amp;lt;&amp;lt;l'aptitude générale aux fins qui 	lui plaisent&amp;gt;&amp;gt; [</font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Critique 	de la faculté de juger</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	section 83], </font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>prudent</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	entendons &amp;lt;&amp;lt;adapté à la société 	humaine&amp;gt;&amp;gt;, </font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>moral</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"> 	enfin, ou capable de &amp;lt;&amp;lt;ne choisir que des fins bonnes&amp;gt;&amp;gt;. 	Cf. Philonenko, </font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>E. 	Kant. Réflexions sur l'éducation</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	Paris: Librairie philosophique Vrin, 1966, p. 33.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn39" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref39" name="_edn39"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[39]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Paix 	perpétuelle</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid.</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	p. 123.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn40" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref40" name="_edn40"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[40]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Philonenko, 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Théorie 	et praxis dans la pensée morale et politique de Kant et de 	Fichte en 1793</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	Paris: Librairie philosophique Vrin, 1968, chap. </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="de-DE">XIII, 	p. 126. La référence à Fichte: </span></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="de-DE"><i>J. 	G. Fichte-Gesamtausgabe der Bayerischen Akademie der Wissenschaften</i></span></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="de-DE">, 	I</span></font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="de-DE">, 	Werke, Bd. </span></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">I, 	Stuttgart-Bad Cannstadt: F. Fromann, 1964, p. 276, 1. 22 sq.</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn41" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref41" name="_edn41"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[41]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.   	</font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Ibidem</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">. 	</font></font></font></p>
</div>
<div id="edn42" dir="ltr">
<p align="justify" style="margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref42" name="_edn42"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[42]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.</font></font><font color="#000000">        	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;[...] 	d'après la &amp;lt;&amp;lt;nature commune&amp;gt;&amp;gt; (aux hommes et aux 	animaux), l'homme est un être dont les actions sont 	&amp;lt;&amp;lt;naturelles, antécédentes, donc mécaniques; 	mais quant à sa &amp;lt;&amp;lt;nature propre&amp;gt;&amp;gt;, il est un être 	dont les actions sont libres, c'est-à-dire déterminées 	par des causes finales et supposant la considération 	rationnelle des fins: bref l'homme est un être pourvu de 	raison.&amp;gt;&amp;gt; Cité d'après A. Renaut, &amp;lt;&amp;lt;Le 	droit naturel dans les limites de la simple raison: de Wolff à 	Fichte&amp;gt;&amp;gt;, </font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>ibid</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	p. 144.    </font></font></font></p>
</div>
<div id="edn43" dir="ltr">
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[43]</span></font></font><font size="2">.</font>      	<font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Rousseau, 	Goethe, Kant: Deux essais</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	traduit de l'Allemand et présenté par Jean Lacoste, 	édition Belin, 1991, p. 51. Référence est faite 	par Cassirer au Werke, t. II, p. 326, p. 521. La thèse du 	rapprochement entre Rousseau et Kant est aussi avancée par 	Frederick P. Van de Pitte, </font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Kant 	as Philosophical Anthropologist</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	The Hague: Martinus Nijhoff, 1971.</font></font></font></p>
<p align="justify" style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0.42cm; line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">En 	termes de signification éthique et de téléologie 	rapportée à l'idée de nature humaine, on peut 	toutefois se demander si ladite différence entre Rousseau, 	Kant et les Anciens existe réellement. Et si oui, jusqu’à 	quel point ? Question qui mérite attention.   </font></font></font></p>
</div>
<div id="edn44" dir="ltr">
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><a href="file:///D:/sosoe_org/kantpeace.html#_ednref44" name="_edn44"><font color="#000000"><font face="Courier"><font size="2"><span lang="en-US">[44]</span></font></font></font></a><font color="#000000"><font size="2">.</font></font><font color="#000000">      	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Idée 	d,une histoire universelle</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	III</font></font></font><font color="#000000"><font face="Symbol"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="en-US">°</span></font></font></font><font color="#000000"> 	</font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">proposition, 	p. 72. Philonenko s'oppose résolument à ce 	rapprochement. Selon lui, l'opposition entre Rousseau et Kant n'est 	pas simplement d'ordre méthodique. Car &amp;lt;&amp;lt;Chez Rousseau 	l'homme droit par nature se courbe dans la société; 	chez Kant en revanche l'homme courbe par nature, ou -- soyons plus 	précis -- tout se passant comme si l'homme était 	courbe au point de départ -- au pire l'homme n'est que 	nul.&amp;gt;&amp;gt;, Cf. l'idée de progrès chez Kant, dans 	</font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Etudes 	kantiennes</i></font></font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	p. 61 et 64, Paris: Librairie philosophique Vrin, 1982.</font></font></font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" lang="en-US" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">B   	I    B    L    I    	O    G    R    A    	P    H    I    E</font></font></font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">1.         	CASSIRER, Ernst<i>, Rousseau, Goethe, Kant: Deux essais</i>, traduit 	de l'Allemand et présenté par Jean Lacoste, Paris: 	Belin, 1991. </font></font></font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">2.         	COURT, Raymond<i>, Force et dérive des principes. Réflexions 	sur la raison moderne en procès</i>, Paris: Méridiens 	Klincksieck, 1990</font></font></font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="nl-NL">3.         	DARBELLAY, Jean, </span></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="nl-NL"><i>Kant. 	</i></span></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><i>Vers 	la paix perpétuelle. Essai philosophique</i></font></font><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">, 	trad. précédée d'introduction historique et 	critique, Paris: Presses Universitaires de France, éd. St 	Augustin<del>St Maurice (Suisse), 1958. </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">4.         	FERRY, Luc, <i>Philosophie politique 2. Le système des 	philosophies de l'histoire</i> (1984), Paris: Presses Universitaires 	de France, 1987.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">5. 	         FICHTE, J. G., 	<i>Fondements du droit naturel</i> (1796)traduction d'Alain Renaut, 	Paris: Presses Universitaires de France, 1984.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"de-DE\">6.         	FICHTE,  J. G</span></font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"de-DE\"><i>., 	Gesamtausgabe der Bayerischen Akademie der Wissenschaften</i></span></font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"de-DE\">, 	I</span></font></font><font face=\"Symbol\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"en-US\">°</span></font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"de-DE\">, 	Werke, Bd. </span></font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"en-US\">I, 	Stuttgart-Bad Cannstadt, F. Fromann, 1964.</span></font></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"de-DE\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">7. 	        HINSKE, Norbert, &amp;lt;&amp;lt;Kant 	Idee der Anthropologie&amp;gt;&amp;gt;, pp. 426-27 dans <i>Die Frage nach 	dem Menschen</i>, Herausgegeben von Heinrich Rombach, Freiburg -- 	München: Verlag Karl Alber, 1966.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">8. 	        HÖFFE, Otfried, 	&amp;lt;&amp;lt;Kant, morale et anthropologie&amp;gt;&amp;gt;, dans <i>Philosophie 	politique. Revue internationale de philosophie politique 2. Kant</i>, 	Paris: Presses Universitaires de France, 1992.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">9.         	KANT, Emmanuel<i>, Vers la paix perpétuelle</i>,traduction de 	Jean François Poirier et Françoise Proust, dans <i>Kant. 	Vers la paix perpétuelle. Que signifie s'orienter dans la 	pensée ? Qu'est-ce que les Lumières</i>, pp. 73-131, 	Paris: Garnier-Flammarion, 1991.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">10. 	       -</del><del>--</del><del>--</del><del>-, <i>Idée 	d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique</i>, 	traduction de Stephan Piobetta dans <i>Opuscules sur l'histoire</i>, 	Paris: Garnier-Flammarion, 1990.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">11. 	       -</del><del>--</del><del>--</del><del>--</del>-, 	 <i>Théorie et Pratique</i>, suivi de <i>Droit de 	mentir</i>, Paris: Librairie philosophique Vrin, 1967. </font></font></font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">12. 	        <i><del>--</del><del>--</del><del>--</del><del>-, 	Métaphysique des moeurs. Doctrine du droit</i>, p. 182, éd. 	Alain Renaut,   Paris:Garnier-Flammarion, 1994.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">13.        	<i></del><del>--</del><del>--</del><del>--</del>, Critique de la raison pure</i>,, traduction 	de Jules Barni, revue par P. Archambault, Paris: Garnier-Flammarion, 	1976. </font></font></font></p>
<p align="justify" style="line-height: 100%;"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="2" style="font-size: 11pt;">14. 	       <del>--</del><del>--</del><del>--</del><del>-, 	L'<i>Anthropologie du point de vue pragmatique</i> (1789), trad. de 	Michel Foucault, Paris: Librairie philosophique J. Vrin, 1988.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"> <font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">15. 	      LAFRANCE, Guy, &amp;lt;&amp;lt;Egalité 	et justice: une idée de l'homme&amp;gt;&amp;gt;, p. 358-59 dans </font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Revue 	internationale de philosophie</i></font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	vol. 43, n</font></font><font face=\"Symbol\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"en-US\">°</span></font></font> 	<font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">170, 	Université Libre de Bruxelles: Institut de Philosophie, 1989.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">16. 	       LEFEBVRE, Joël, <i>Pour la 	paix perpétuelle. Projet philosophique avec un choix de 	textes sur la Paix et la guerre d'Erasme à Freud</i>, Paris: 	Presses Universitaires de Lyon, 1985. </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">17.        	MUGLIONI, Jean Michel, &amp;lt;&amp;lt;La philosophie de l'histoire de 	Kant&amp;gt;&amp;gt;, pp. 179-80, dans <i>Revue internationale de 	philosophie politique 2. Le système politique de Kant</i>, 	Paris: Presses Universitaires de France, 1992. </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">18. 	       PHILONENKO, Alexis, <i>Théorie 	kantienne de l'histoire</i>, Paris:Librairie philosophique Vrin, 	1986. </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">19.        	-</del><del>--</del><del>--</del><del>--</del><del>--</del><del>---, <i>L'oeuvre de Kant</i>, tome II,  	Paris: Librairie philosophique Vrin, 1981.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">20. 	       -</del><del>--</del><del>--</del><del>--</del><del>---, 	<i>Théorie et praxis dans la pensée morale et 	politique de Kant et de Fichte en 1793</i>, Paris: Librairie 	philosophique Vrin, 1968.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">21.        	-</del><del>--</del><del>--</del><del>--</del><del>---, <i>E. Kant. Réflexions sur 	l'éducation</i>, Paris: Librairie philosophique Vrin, 1966.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"en-US\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">22. 	       VAN de PITTE, Frederick P. , 	<i>Kant as Philosophical Anthropologist</i>, The Hague: Martinus 	Nijhoff, 1971.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">23. 	       RAYNAUD, Philippe, dans Stephan 	Piobetta, <i>Kant. Opuscules sur l'histoire</i>, Paris: 	Garnier-Flammarion, 1990.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">24.        	RENAULT, Alain, &amp;lt;&amp;lt;Le droit naturel dans les limites de la 	simple raison: De Wolff à Fichte&amp;gt;&amp;gt;, p. 144, dans </font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Des 	théories du droit naturel</i></font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	</font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><i>Cahiers 	de philosophie politique et juridique</i></font></font><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">, 	n</font></font><font face=\"Symbol\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"en-US\">°</span></font></font> 	<font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">11, 	Caen: Université de Caen, 1987.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">25.        	-</del><del>--</del><del>--</del><del>--</del><del>, et SOSOE, Lukas, <i>Philosophie du droit</i>, 	Paris: Presses Universitaires de France, 1991. </font></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"en-US\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">26.        	ROSEN, Stanley, <i>Kant's Theory of Justice</i>, Ithaca and London: 	Cornell University Press, 1993.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 100%;\"><font color=\"#000000\"><font face=\"Times New Roman\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">27. 	       VLACHOS, Georg, <i>La pensée 	politique de Kant. Métaphysique de l'ordre et dialectique du 	progrès</i>, Paris: Presses Universitaires de France, 1962.</font></font></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"line-height: 200%;\"><font color=\"#000000\"> </font></p>
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<p align="center"><font color="#000000"><b>L’ANTHROPOLOGIE KANTIENNE ET LA PAIX PERPETUELLE</b></font></p>
<p align="center"><font color="#000000"><font face="Times New Roman">Prof. Varus Atadi SOSOE</font></font>, <font color="#000000"><font face="Times New Roman">U.niversité de Moncton, </font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman">Campus Edmundston, </font></font><font color="#000000"><font face="Times New Roman">1998</font></font></p>
<p> </p>
</div>
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"> </p>
<p> </p></body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Philosophie</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 14:07:18 GMT</pubDate>
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		<title>Principes humanistes des Lumières et problématique fondationnelle des droits de l'homme </title>
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		<description>Ce texte est le résumé retravaillé et augmenté de ma thèse de Doctorat en philosophie (Ottawa U, 1997) intitulée:
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		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">Ce texte est le résumé retravaillé et augmenté de ma thèse de Doctorat en philosophie (Ottawa U, 1997) intitulée:
“Principes humanistes des Lumières et problématique fondationnelle des droits de l'homme”</div>
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<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><b>INTRODUCTION</b></font></p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Ma thèse consiste en une reconstruction et une tentative de réhabilitation de la doctrine jusnaturaliste. Elle a pour fin une restitution du sens fondamental, originaire, à la fois de l’idée des droits de l’homme en tant que droits naturels, anté- et supra-positifs, et de ce que l’on peut philosophiquement tenir pour leur fondement le plus adéquat. Comme point archimédien, elle prend appui sur le principe de conservation de soi, base du positivisme juridique hobbésien, en le reconstruisant dans l’optique du droit naturel. Elle défend la perspective du jusnaturalisme kantiano-rousseauiste </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>via</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> la reconstruction des théories de l’état de nature de Rousseau et de Kant, et retient résolument le principe de l’humanité, qui leur est consubstantiel. Le principe de l'humanité ou de la dignité intangible de l’homme est résolument tenu ici comme </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>archè</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> des </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>archè</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, comme Idée des Idées régulatrices de l'Ethique et du Droit politique. Au-delà de la liberté égale pour tous et de la rationalité, qui sont généralement posés comme fondements des droits de l’homme par les critiques du droit et de l’Etat modernes, j’ai posé ce principe comme principe limitatif. C’est une conception qui obéit à cette pensée kantienne selon laquelle ce qui limite doit-être nécessairement différent et supérieur à ce qu’il sert à limiter. Poser ce principe me semble rigoureusement fidèle à l’esprit et à la lettre des Déclarations des droits de l’homme de 1789, en passant par celui de 1948, jusqu’aux nouvelles dispositions juridiques internationales relevant de ces droits.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	Partant de cette conception, je critique les perspectives contemporaines, en l’occurrence, la perspective de la fondation communicationnelle de Habermas et celle, sceptique, anti-rationaliste, de Kaï Nielsen, qui repose sur la méthode dite de l’Equilibre Réfléchi Large (ERL).</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	Selon la perspective habermasienne, afin d’être légitime, au sens rigoureux du terme, toutes nos normes et valeurs, dont les droits de l’homme, ne se peuvent fonder qu’à partir d’un processus dialogique sans contrainte ni violence. Ce n’est qu’au prix d’un tel processus qu’il est possible d’aboutir à un consensus universel, a-dogmatique et non monologique. Cette optique théorique s’oppose à la recherche de fondation des normes inaugurée, selon Habermas, par toutes les philosophies du sujet qui ont prévalu avant sa propre philosophie, depuis l’Antiquité grecque jusqu’à nos jours, en passant par Descartes et les philosophies politiques contractualistes, dont font partie celles de Rousseau et de Kant. </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">J’ai montré que Habermas ne saurait se départir de la philosophie du sujet ni de la tradition jusnaturaliste, pour autant qu’il fasse l'économie de la notion du « monde vécu » et de cet universalisme à la fois abstrait et concret, la dignité humaine, qui, selon ce que Habermas lui-même nous laisse comprendre, ne saurait se plier aux contingences des particularismes culturels. Plus précisément, contre Habermas, j’ai essayé de démontrer, suivant en cela Otfried Höffe, la</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> petitio principii</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> inhérente à sa pensée: Habermas présuppose justement le principe de la dignité humaine, dont le respect inconditionnel constitue la condition de «pensabilité» et de possibilité effective du processus de la fondation dialogique. De ce fait, plus que le simple  «</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>circulus vitiosus</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">» que dénonce Luc Langlois dans la pensée habermasienne, je parle d’un double «</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>circulus vitiosus</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">»: un cercle vicieux interne à la logique du paradigme habermasien -- ce qu’indexent Otfried Höffe et Luc Langlois --, et un cercle vicieux externe, qui se révèle dans la confrontation du paradigme habermasien à celui de la tradition jusnaturaliste. La tradition jusnaturaliste demeure, selon nous, le seul cadre théorique d'une thématisation rigoureuse du principe de la dignité intangible et des droits naturels de l’homme.	.</span></font></p>
<div dir=\"ltr\" id=\"Section1\">
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	</font></p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">	Contre 	la perspective nielsenienne qui se veut radicalement anti-kantien, 	anti-aristotélicien, donc anti-fondationnelle et 	anti-métaphysique, j’ai démontré la 	pertinence et le caractère incontournable du jusnaturalisme, 	sinon d’un seuil indépassable de cette tradition, à 	partir de la notion de monde vécu et de l’idée de 	&amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>modus 	vivendi</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;gt;&amp;gt; 	qui fournissent à Nielsen le nerf de son argumentation. Mon 	argumentation peut se résumer en ces termes: si ces deux 	paramètres contenaient véritablement, selon Kaï 	Nielsen, la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>ratio 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">d’une 	légitimation des droits de l’homme, en ces propres termes, 	&amp;lt;&amp;lt;the core of good sense&amp;gt;&amp;gt; -- «noyau rationnel» 	ou «noyau de bon sens», &amp;lt;&amp;lt;a truth of an 	unproblematic sort&amp;gt;&amp;gt; -- «une vérité morale 	indiscutable» --, il y a alors nécessairement 	possibilité de justification rationnelle des droits de 	l’homme. Or Kaï Nielsen nie cette possibilité. Ma 	conclusion se révèle d’autant plus judicieuse que 	l’Equilibre Réfléchi Large, aux dires de Kaï 	Nielsen lui-même &amp;lt;&amp;lt;holiste&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;englobant&amp;gt;&amp;gt;, 	ne s'établit qu'à partir des paradigmes de toutes les 	éthiques normatives, de toutes les théories 	sociales d’ordre empirique et autres, y compris la tradition 	elle-même.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	Comptent essentiellement au 	rang de ces paradigmes, nos &amp;lt;&amp;lt;convictions morales bien 	pesées&amp;gt;&amp;gt;, nos &amp;lt;&amp;lt;truismes moraux&amp;gt;&amp;gt;, 	&amp;lt;&amp;lt;déontologiques et téléologiques&amp;gt;&amp;gt;: 	principe de l’égale dignité de toute personne, du 	respect de l’intégrité corporelle et morale, la 	conservation de soi, le respect de la propriété, 	l’utilité du développement des aptitudes et talents, 	et le bonheur ou une vie décente etc. que Kaï Nielsen 	rattache, avec grande hésitation tout de même -- comble 	de l’aporie ! -- à un universalisme de type kantien 	opposable à tout relativisme. Ces principes constituent non 	seulement des principes axiologiques -- disons l’héritage 	du jusnaturalisme -- mais aussi, d’après la terminologie 	propre à Nielsen, autant de &amp;lt;&amp;lt;faits&amp;gt;&amp;gt; 	anthropologiques, c’est-à-dire, des faits relevant d’une 	certaine nature humaine. Or, paradoxalement, c’est par rapport à 	cette idée de faits anthropologiques que Kaï Nielsen 	lance sa diatribe contre le jusnaturalisme tant dans sa version 	moderne que classique. De plus, et Kaï Nielsen est très 	clair sur ce point, ces principes lui permettent, malgré la 	radicalité de sa critique anti-jusnaturaliste, d’accorder 	sa sympathie au droit naturel, version Hart. J’ai essayé de 	relever ces apories qui minent apocalyptiquement sa conception. </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	Ainsi, ma thèse 	comporte ces trois moments importants: critique du positivisme 	juridique, premier moment, critique de l’application de la théorie 	habermasienne au droit, et critique du scepticisme 	anti-fondationnaliste et anti-métaphysique de Kaï 	Nielsen, troisième moment. Le second moment, et le plus 	important, analyse et interprète la tradition jusnaturaliste 	en la défendant. Il s'agit ici en l'occurence de la doctrine 	du droit naturel moderne. En l’occurrence, puisque j’ai essayé 	de relever les points d’arrimage essentiels qui subsistent 	indéniablement entre cette doctrine et celle de l’Antiquité. 	</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">	Je 	souligne que mon interprétation va à l’encontre de 	celle de bon nombre d’érudits humanistes, experts en 	matière de la noétique éthico-juridique et 	politique moderne. Selon ces derniers, l’humanisme juridique des 	Lumières -- sinon déjà depuis Descartes -- se 	trouve entièrement aux antipodes de toute pensée 	métaphysique, plus spécifiquement, cosmo-téléologique. 	Or, à moins d’occulter la cohérence architectonique 	de la pensée de nos philosophes humanistes de </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>l’Aufklärung</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	tels Rousseau et Kant, la culminante voûte cosmo-téléologique 	de leur système devrait  apparaître et se dessiner à 	grands traits. Evidemment, en déchiffrer les contours 	imposants nécessite une sérieuse archéologie 	scripturaire, entreprise dans laquelle excellent pourtant ces 	experts. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Le sens et 	l’intérêt de ma thèse est, sans précédent, 	double: </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>primo</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	un sens et un intérêt  théoriques et, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>secundo</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	un sens et un intérêt pratiques. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"left\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><b>SENS ET INTERET DE LA 	THEMATIQUE</b></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><b>Sens et intérêt 	théoriques:</b></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Un premier 	aspect de la thématique de notre thèse rappelle 	l’importance capitale de la fondation de ces premières 	valeurs, «</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Urwerten</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">», 	de notre culture juridique, importance qui ne se limite pas à 	un cadre purement académique, mais s’étend, en se 	faisant sentir avec plus de poignance, à la sphère 	pratique du droit politique. Car, on ne saurait le nier, davantage 	dans notre ère qu’autrefois, la nécessité 	d’une légitimation de ces valeurs s’impose. Et pourquoi ? 	La caractéristique principale de notre ère est de 	reléguer dans l’ordre des choses sans importance toutes les 	questions de légitimation, au nom d’une technocratie, d’une 	pragmatique pure et d’un empirisme prétendument efficaces. 	Or, si le thème des droits de l’homme connaît, depuis 	à peu près deux décennies, un regain  dans 	l’esprit de tous, c’est justement parce que ce qui est tenu pour 	expédient, efficace, se solde non seulement par une faillite 	des plus redoutables -- les idées courantes de manque de 	repères axiologiques et d’inflation des droits nous le 	montrent --, mais il est aussi le catalyseur de la problématique. 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Catalyseur 	de la problématique, la crise des fondations à toutes 	les échelles des sciences en est le révélateur 	-- rappelons qu’elle ne date nullement d’aujourd’hui mais 	sévissait déjà depuis l’Antiquité avec 	Parménide et les Pyrrhoniens. C’est que la première 	des étapes à franchir en vue d’une mise en pratique 	des valeurs et normes n’est autre chose que la fondation de ces 	dernières. Tant la gnoséologie</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">ou 	la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>noesis</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	que la</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	praxis</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	humaine la requièrent, qui dit principe signifiant fondement, 	ultime </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>criterium</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	un premier ou un dernier en raison de quoi une chose consiste, 	devient, demeure, ou se fait. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Le second aspect du sens et de 	l’intérêt théoriques de mon thème est, 	quant à lui, purement académique. Reconnaissant la 	nécessité de l’entreprise, il consiste en une 	relecture et une reconstruction aussi fidèles que possible 	des textes de nos plus importants philosophes des Lumières. 	Il s'agit pour nous de démasquer les lectures tendancieuses 	et, nous semble-t-il, à portée purement idéologique 	des textes de ces philosophes. Les vestiges de la pensée 	cosmo-téléologique enfouis dans le système de 	nos philosophes des Lumières constituent indéniablement 	une preuve des lectures idéologiques en question. A ce 	propos, je dirai que je n’avais aucunement cherché à 	fonder nécessairement les droits de l’homme sur un principe 	métaphysique. Loin de là. J’ai plutôt tenté 	d’identifier précisément, à partir de ma 	reconstruction de ces textes-sources philosophiques et juridiques, 	le statut épistémologique du fondement des droits de 	l’homme tel que le cœur de nos Déclarations nous le 	révèle. Relever de ces sources, les concepts 	explicatifs ou corrélats principiels, ceci, contre toute 	tentative, anti-philosophique je trouve, de les méconnaître 	ou de les occulter. Sur ce point, de mes examinateurs qui ont 	pleinement reconnu la fidélité de ma réception 	des textes-sources, j’en sais profondément gré.  </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><b>Sens 	et intérêt pratiques:</b></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Le monde 	actuel est, plus que jamais auparavant, le théâtre de 	la coexistence de plusieurs cultures. Le multiculturalisme juridique 	que connaît, mieux que le Continent, le Nouveau monde, 	consacre résolument la dite faillite de la technocratie, de 	la pure pragmatique et de l’empirisme dont l’efficacité 	n’est que simple prétention. La technique, la pragmatique 	et l’empirie est une voie de recours au service d’une toute 	petite partie des multiples « écoles » 	philosophiques et culturelles souvent farouchement opposées 	quant aux valeurs et normes sociales, quant à leurs étendues, 	quant à nos orientations sociétales majeures et, ce 	qui est plus préoccupant, quant à la valeur de la 	personne humaine. Même dans un seul espace juridico-politique, 	il est à noter l’existence d’une pluralité de 	conceptions antinomiques, conflictuelles, de ce qui est tenu pour 	fondement du droit politique par les critiques du droit et de l’Etat 	modernes et contemporains, savoir: la liberté-égale ou 	encore l’autonomie. Ceci n’est pas sans poser de très 	sérieux problèmes dans la pratique juridique, 	problèmes qui, à mon humble avis, appellent, pour 	leurs solutions, la recherche d’un principe culminant et 	indérogeable. Or, ce principe existe déjà au 	fondement de notre système juridique international et 	n’attend que plus de reconnaissance et une mise en pratique plus 	consciencieuse, plus responsable, et plus rigoureuse. C’est en 	cela que la restitution du sens fondamental, originaire de nos 	Déclarations m’a semblé indispensable. C’est en 	cela que la distinction de deux </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>strata 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">fondationnels 	des droits de l’homme m’a semblé plus adéquat que 	la position des seuls principes d’autonomie et de liberté-égale. 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">J’ai donc 	distingué un premier </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>stratum</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	de principe qui revient à l’intangible dignité 	humaine d’un second </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>stratum</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	revenant à l’égale-liberté, donc aussi aux 	complexes des droits et libertés. Plusieurs raisons 	théoriques, pratiques et pragmatiques justifient cette 	distinction. Ce qui concerne la théorie apparaît 	clairement dans la section précédente et se révélera 	avec davantage de clarté au fil de la lecture de ce texte. En 	quoi donc consistent les raisons pratiques ? </span></font></p>
</div>
<div dir=\"ltr\" id=\"Section2\">
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><a name=\"QuickMark\"></a> 	<font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Il suffit de 	lire des auteurs préoccupés par l’application des 	principes que je qualifie de pseudo-fondements des droits de l’homme 	aux problèmes culturels pour se rendre compte de la nécessité 	et de ce que je pose ici, sinon rappelle, comme fondement et de 	cette distinction même. (Je reviendrai sur cette idée 	de pseudo-fondement lorsque j’exposerai les résultats 	théoriques de mon investigation). Des auteurs anglo-saxons 	tels Kymlicka dans le sillage de John Stuart Mill s’opposant à 	Rawls, les communautariens tels Michael Sanders, Richard Taylor, et 	bien d’autres experts tels Pierre Laberge, Henry Shue, Alan 	Gewirth, Onora O’Neill, Chandras Kukhatas, Bikkhu Parekh, Susan 	Mendus, Sheila Benhabib, etc...., </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>se 	fondant tous sur lesdits pseudo-principes</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	pour résoudre les nombreux problèmes socio-culturels 	que pose l’application des principes du droit international n’ont 	fait, à mon avis, que s’empêtrer davantage dans des 	complications à la fois théoriques et pratiques qui 	auraient pu être évitées. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Un exemple 	pratique en la matière est lié à la thématique 	de la tolérance des groupes non-libéraux par les 	libéraux chère à Kymlicka et à Rawls</span></font><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>1</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. 	Sans entrer dans les détails de cette problématique, 	je rappellerai tout simplement leurs lignes rectrices 	d’argumentation. Tandis que le premier, Kymlicka, défendant 	farouchement la perspective millienne d’une liberté 	libéraliste compréhensive, c’est-à-dire, 	d’une extension sans retenue de la conception libéraliste 	de la liberté aux différents groupes socio-culturels 	tout en se préoccupant anxieusement des droits des minorités 	culturelles, le second, Rawls, limite cette conception libéraliste 	de la liberté à la sphère politique uniquement, 	cherchant ainsi désespérément à 	préserver l’espace culturel des groupes non-libéraux 	de l’invasion des principes libéraux. . </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Premièrement, 	remarquons que ces deux philosophes ont omis -- surprenant !</del> de 	distinguer au moins deux catégories de non-libéraux, 	savoir les non-libéraux radicaux et les non libéraux 	non radicaux<a href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc" class="sdfootnoteanc"><sup>2</sup></a>.</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	Je range sous la première catégorie des groupes tels 	que les Nazi-Fascistes (ou Néo-Nazi-Faschistes), les 	Ku-Klux-Klan, les Skin-Heads, etc. et certaines sectes ou 	groupements pseudo-religieux tels les Bagwan, les Temples solaires, 	les Moons, les Fondamentalistes musulmans, pire, les Al-qaeda etc. 	qui ont une aversion viscérale pour les valeurs libérales 	telle l'intangibilité de la dignité humaine, la 	liberté ou l’autonomie. (Je note ici que cette valeur est 	loin d’être de source libérale au sens où l’on 	entend ce mot). Ces non libéraux radicaux foulent gravement 	aux pieds les valeurs en question, non seulement celles de ceux qui 	ne sont pas membres de leurs factions, mais aussi celles de leurs 	propres membres ex-dissidents ou membres permanents, desquels ils 	reconnaissent pourtant -- là se trouvent le paradoxe dans 	leur vision de l’homme -- les attributs de personne humaine. </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Je range dans la seconde 	catégorie des groupes tels les Indiens, les Inuits, les 	Métis, les Hutterites, les Amish, les Anabaptistes, les 	Mennonites etc., et toutes les autres cultures qui, tout en 	reconnaissant ces valeurs, s’opposent à l’intrusion 	idéologique destructrice du libéralisme dans leur 	culture, quant à l'étendue des libertés 	individuelles de leurs membres. S'ils ne restent pas complètement 	fermés à l’idéologie de l'État libéral 	dont ils partagent les valeurs fondamentales en tant que telles, ils 	sont cependant préoccupés par l’intégrité, 	l'authenticité sinon la pureté de leur système 	axiologique menacé par le paternalisme corrosif de l’Etat 	libéral.</font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Deuxièmement, 	il est indispensable et de première nécessité 	de se rappeler constamment que l’Etat libéral n’a guère 	de droit d’auteur ou d’inventeur sur ces valeurs. L’histoire 	en est une preuve et je me dispense ici d’en faire une anamnèse. 	Omettre ce point et la distinction entre les groupes non-libéraux, 	c’est prêter le flanc à de fausses critiques</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	telle celle soulevée par Kymlicka et d’autres par exemple, 	critiques du genre: &amp;lt;&amp;lt;Why nonliberal groups would accept a 	constitutional order founded on the idea that people have a 	highest-order interest in their capacity to form and revise a 	conception of good&amp;gt;&amp;gt;. </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Du 	moment que l’on peut arriver à reconnaître aux 	systèmes ou cultures de ces groupes une communauté 	axiologique de base avec le système ou la culture de l’Etat 	libéral, un grand pas est franchi dans les processus de 	dialogue. Et le premier de ces processus, consistera en la recherche 	concertée des implications logiques et éthiques 	immédiates et rigoureuses du fondement des fondements du 	droit politique: la dignité humaine. Ces processus doivent se 	poursuivre continuellement, puisque l’Etat libéral lui-même 	et les autres groupes culturels sont assujettis à une loi 	d’évolution sociale sans fin. </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Ce 	qui signifie, et je partage parfaitement l’avis de Rawls sur ce 	point, que le second ordre de principes, quant à la 	détermination spécifique et à l’application 	particulière de ceux-ci aux cas concrets --  combien 	variables ! <del>, reste soumis à la discrétion des 	groupes culturels aussi bien qu’à celle de l’Etat 	libéral. Une casuistique non figée est donc ici de 	mise. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">De la nécessité 	d’une casuistique, Habermas nous en a convaincu avec son principe 	de fondation communicationnelle. Cependant, l’un des tests de 	l’invalidité ou de l’impertinence de son programme 	demeure la non reconnaissance d'un moment anté-dialogique, 	anté-discussionnel ou anté-communicationnel avec un 	principe anté- et supra-dialogique, discussionnel ou 	communicationnel.avant tout processus dialogique. </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Principe &amp;lt;&amp;lt;D&amp;gt;&amp;gt;, 	c’est ainsi que Habermas nomme le principe de son paradigme. En 	voici l’énoncé précis: <i>&amp;lt;&amp;lt;[...] ne 	peuvent prétendre à la validité que les normes 	qui sont acceptées [ou pourraient l’être] par toutes 	les personnes concernées en tant qu’elles participent d’une 	discussion pratique.</i><i>&amp;gt;&amp;gt;</i><a href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>3</sup></a></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Or, 	à notre humble avis, il est absolument indispensable, sur le 	plan  théorique du moins, de penser, concevoir l'anté- 	et supra-positivité de la dignité humaine, de son 	intangibilité et de son caractère inentamable</span></span></font><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\"><a href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>4</sup></a> 	</span></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">avant 	la validité de tout autre principe résultant du 	processus dialogique. Ce n'est qu'à ce prix que le processus 	dialogique prôné par Habermas peut se concevoir comme 	programme possible. Car, </span></span></font><font face=\"Times New Roman, serif\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">avant 	l’entrée dans l’arène discussionnelle, qu’est-ce 	qui empêcherait les participants à s’entre-déchirer, 	à s’entretuer, à s’envoyer les uns les autres dans 	l’au-delà ? De fait, rien  </span></span></font></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">n'empêche 	les participants au processus dialogique de porter atteinte à 	la dignité d'autres participants avant l'entrée dans 	l'arène dialogique. Le problème interculturel de 	l'étendue de l'égale-liberté pour les 	participants au processus dialogique ne peut non plus être 	déterminé, stigmatisé comme problème ni 	être adéquatement résolu sans la reconnaissance 	et la position de l'anté- et supra-dialogique, de l''archè 	des archè qu'est la dignité humaine. </span></span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><font face=\"Times New Roman, serif\">	Ainsi 	que le fait remarquer Höffe en recourant à la théorie 	kantienne: </font><font face=\"Times New Roman, serif\"><i>&amp;lt;&amp;lt;[La 	théorie habermasienne] est contre-productive pour une éthique 	de la discussion. Si le discours doit pouvoir être le lieu de 	l’examen moral des normes de la discussion, les participants ne 	peuvent ni se mentir mutuellement, ni se tromper, ni même se 	tuer, de sorte que la discussion suppose justement la reconnaissance 	de principes dont l’impératif catégorique kantien 	examine la moralité et ne relève pas du mérite, 	mais du droit.&amp;gt;&amp;gt;</i></font><font face=\"Times New Roman, serif\"><span style=\"font-style: normal;\"><a href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>5</sup></a></span></font></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Habermas 	n'aurait-il pas alors reconnu la caractéristique anté- 	et supra-diaologique qu'est la dignité humaine ? De toute 	évidence, Habermas reconnaît en « la 	vulnérabilité humaine » un principe 	analogue à celui de la dignité humaine. L'articulation 	de ce principe en rapport avec les pré-requis de la fondation 	communicationnel n'est cependant pas un principe anté- et 	supra-dialogique chez Habermas. Au contraire, elle ne sert qu'à 	expliciter l'idée d'« absence de contrainte » 	et de « liberté absolue » sous-jacente 	à la nécessité du dialogue fondationnel. Il 	manque donc à Habermas une articulation rigoureuse du 	principe de dignité humaine -- la vulnérabilité 	chez lui – et par conséquent un concept adéquat de 	la personne humaine. Concept contextualiste et relativiste de la 	personne humaine, telle se précise le concept habermasien de 	la personne.  </span></span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">	</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Le 	concept contextualiste et relativiste de la personne chez Habermas, 	en tant qu’entité engluée dans un contexte 	juridico-politique spatio-temporel tombe exactement dans les mêmes 	embûches que Kymlicka et Rawls qui n’ont pas su vraiment 	distinguer les deux </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>strata</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	fondationnels que nous revendiquons: un premier </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>stratum</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	où règnerait, suprême, le principe de la dignité 	humaine, l'archè des archè et un second </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>stratum</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	où se rangeraient l'égale liberté et ses 	corrélats.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; font-style: normal;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	Payer une due reconnaissance 	au principe de l’humanité avant toute économie du 	principe d’autonomie et tout processus discussionnel présuppose 	la gestion d’un concept adéquat de la personne en tant 	qu'être non « embourbée » dans la 	« fange » des cultures, ce dont Habermas s’est 	abstenu, même dans sa Paix perpétuelle. Payer cette due 	reconnaissance permet de trouver des principes susceptibles de 	résoudre les conflits opposant les deux ordres axiologiques 	international et culturel de la façon suivante: </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>&amp;lt;</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">&amp;lt;Lorsque 	des conflits sévissent tant sur le plan inter-étatique 	et international que sur celui des cultures intra-étatiques, 	donner priorité aux valeurs de l’ordre juridique 	international, puisque être Etat-membre de l’Organisation 	des Nations-Unies implique adhérer à ces valeurs 	fondamentales qui régissent l’ordre international et 	auxquels se subsument, pour leur validité et légitimité, 	tout principe et toute valeur de cultures intra-étatiques 	aussi bien que tout principe et toute valeur inter-étatique&amp;gt;&amp;gt;.</span></span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">	Il 	est facile de démontrer la pertinence d’une telle position. 	Car, il suffit de se rendre compte de ce fait indéniable très 	fréquent chez presque tous les Etats-membres de l’ordre 	international pour l’admettre: </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">certains 	Etats-membres ou certaines cultures, emportés par les 	tourbillons de l’irascible, du despotisme, se dispensent sans 	aucun scrupule de l’observance des normes juridiques 	internationales et violent ainsi délibérément 	les droits de la personne humaine en évoquant des valeurs 	culturelles. Mais, dans le même temps, lorsque ces mêmes 	valeurs sont rappelées par des citoyens ou membres de 	communautés particulières revendiquant le respect due 	à leur dignité et que ces Etats-membres ou communautés 	se voient confrontés à de vives réactions 	contre leur autorité, ces mêmes Etats ou communautés 	se retournent vers les Nations-Unies pour chercher du soutien 	militaire ou de l'aumône. L'appel aux Nations-Unies se fait 	d'autant plus pressant que l'aumône ou le soutien militaire 	est d'ailleurs quasi-omniprésent. </span></span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<ol>
    <p align=\"left\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
</ol>
<p align=\"left\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><b>PORTEE 	THEORIQUE ET PRATIQUE DU FONDEMENT</b></p>
<ol start=\"0\">
    <p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
</ol>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">L’une des 	raisons principales du rejet, à l’époque 	contemporaine, du principe de l’humanité demeure ladite 	lourdeur métaphysique dont l'affublent bon nombre de 	critiques du droit et de l’Etat modernes. A ceci s’ajoute, 	paradoxalement d'ailleurs, la vacuité pratique dont d'autres 	critiques l’affligent. Le paradoxe est éblouissant ! Car 	</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">comment 	dire d'un même principe qu'il est à la fois 	métaphysiquement lourd et pratiquement infécond,</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	voire vide? </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Je m’emploierai ici à 	démontrer, d’une part, la permanence, encore de nos jours, 	des principes d’ordre non moins métaphysique dans le 	système juridique et, d’autre part, l’extrême 	fécondité pratique, voire aussi pragmatique, du 	principe de l’humanité par rapport à l’autonomie 	et/ou l’égale-liberté qui en est d’ailleurs un des 	principes pratiques dérivés. Pour ce faire, j’énonce 	le principe suivant que je trouve thérapeutique, salvateur, 	pour le droit moderne:</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i><u>Comme 	tout système immunitaire déficient requiert, pour sa 	guérison ou le rétablissement de son équilibre 	fonctionnel, la ré-introjection du principe, du maillon 	manquant ou de son substitut, tout système axiologique 	dysfonctionnel nécessite, pour le rétablissement de 	son équilibre fonctionnel, la ré-introjection du 	principe, du maillon manquant ou de son substitut</u></i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">.&amp;gt;&amp;gt;</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">	Si 	la tension parcourant la culture juridique de la modernité 	contemporaine procède de l’absence ou de l’évacuation 	des critères supra-positifs de son </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>stratum 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">fondationnel, 	seule la ré-introduction de ces mêmes critères 	permettrait de résorber la tension en question. Ce principe 	me paraît d’autant plus pertinent et plus facile à 	appliquer que les critères en question ne souffrent que d’un 	manque de sérieuse considération. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Montrer que 	les représentations métaphysiques et religieuses, 	contre lesquelles s’élèvent les voies de certains 	penseurs du droit et de l’Etat modernes, demeurent non seulement 	omniprésentes dans notre culture juridique moderne, mais 	encore et surtout qu’elles en constituent la source dynamisante et 	revitalisante est chose facile. Cela n'est du moins pas d'une 	difficulté insurmontable. Les grandes Déclarations 	successives consacrent dans la liste des libertés celle de 	confession ou de religion. D’autres principes juridiques tels ceux 	du &amp;lt;&amp;lt;mariage posthume&amp;gt;&amp;gt;, du &amp;lt;&amp;lt;respect de la 	volonté des morts par le biais des testaments&amp;gt;&amp;gt;, le 	principe de la &amp;lt;&amp;lt;protection de la mémoire des morts&amp;gt;&amp;gt; 	font partie de l’assise culturelle du droit moderne. S’ajoute à 	la longue liste raccourcie la proposition de H. Caillavet du 10 	juillet 1976, relative aux dons d’organes et justifiant &amp;lt;&amp;lt;la 	nécessité du consentement du défunt&amp;gt;&amp;gt; en 	référence au principe du &amp;lt;&amp;lt;respect de 	l’intégrité de la personne humaine, même après 	la mort&amp;gt;&amp;gt;. Pour clôturer la liste, notons, récemment, 	le débat houleux, en France, autour de l’exhumation du 	chanteur Yves Montand, débat qui s’inscrit dans le registre 	croisé du droit, de l’éthique et de la métaphysique, 	selon les dires de Maître Gilbert Collard, Avocat au barreau 	de Marseilles, défenseur de la fille présumée 	d’Yves Montand. Tout cela reste symbolique de la consécration 	juridique de la &amp;lt;&amp;lt;présence spirituelle des morts dans 	le monde des vivants&amp;gt;&amp;gt;, nous rappelle Norbert Rouland dans 	</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Anthropologie 	juridique</i></span></font><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i><a href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>6</sup></a></i></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. 	Aussi remarque-t-il judicieusement: &amp;lt;&amp;lt;Illogisme [dans la 	culture juridique actuelle] car si l’on postule l’anéantissement 	de la personne avec la mort, la protection de l’intégrité 	physique du cadavre ne se justifie plus&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>7</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. 	Et Emile Durkheim, le sociologue, le non métaphysicien de 	conclure, par ailleurs, que le droit participe nécessairement 	du sacré, ce qui est une idée à la fois 	religieuse et laïque du sacré dans la mesure où, 	à l’exception de la personne humaine, certaines autres 	choses ou objets relèveraient &amp;lt;&amp;lt;d’un régime 	différent de celui du profane&amp;gt;&amp;gt; et seraient 	juridiquement protégés par des interdits</span></font><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>8</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Dans cette 	perspective d’idées, le soit-disant &amp;lt;&amp;lt;désenchantement&amp;gt;&amp;gt; 	du droit dans les sociétés excessivement modernisées 	dont parle Marcel Gauchet</span></font><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>9</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	ou encore la soit-disant &amp;lt;&amp;lt;émancipation&amp;gt;&amp;gt; du 	droit, pour reprendre le terme de Habermas, apparaissent comme un 	simple souhait du fait de la permanence d’un noyau indestructible 	de ce qui est nommé &amp;lt;&amp;lt;assises traditionnelles et 	immuables&amp;gt;&amp;gt; du droit moderne. S’il en est ainsi, c’est 	parce que les usagers de ces libertés ne sont pas seulement 	ces multiples revendicateurs culturalistes/traditionnalistes de la 	dignité humaine d’obédience religieuse ou épris 	de religiosité et de spiritualité. Dans leurs rangs 	figurent aussi les laïcs qui en sont de très grands 	consommateurs. La simple consécration des jours fériés 	religieux dans nos calendriers officiels, la timide tolérance 	ou la farouche interdiction du port des tchadors, les décorations 	murales par des croix et autres symboles religieux, les devises 	latines de nos institutions académiques claironnant le nom de 	Dieu parachevant et garantissant la vérité et la 	noblesse spirituelle de la science qui s’y enseigne, tous ces 	éléments en sont des preuves tangibles.</span></font><font size=\"4\"><span lang=\"fr-FR\"> 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Autres faits 	saillants: l’affaire Salman Rushdie, la condamnation récente 	de certaines oeuvres artistiques tenues pour diffamatoires à 	l’endroit de l’image honorable de François Mitterand, la 	prolifération de certaines sectes religieuses dangereuses, et 	leur autorisation expresse ou tacite, avec toutes les conséquences 	dramatiques qu’elles génèrent, dont, par exemple, le 	drame de la secte du Temple solaire et ses retombées 	juridiques et politiques. Voilà des faits qui confirment bien 	la convenance de l’idée tant criée de nos jours, 	sinon d’une &amp;lt;&amp;lt;perdurance&amp;gt;&amp;gt; du moins d’une &amp;lt;&amp;lt; 	ré-inscription du religieux dans l’Etat démocratique&amp;gt;&amp;gt;, 	bref, d’un galopant &amp;lt;&amp;lt;retour du religieux&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>10</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	et du métaphysique. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Foisonnent 	ainsi les données empiriques, sociologiques, de 	l’interpénétration de la métaphysique, voire 	du religieux, du droit et du politique. Et pour répondre à 	Habermas et aux détracteurs de la métaphysique 	éthico-juridique, je dirai que </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">l’émancipation 	en question n’est pas encore consommée – encore faut-il 	qu’elle soit d’abord véritablement amorcée et à 	ses tâtonnants débuts –, que la vraie panacée 	des crises du droit moderne et contemporain, qui s’inscrit dans 	une logique d’ouverture du droit à la critique, laquelle 	dit Habermas, prend le sens de plus de justice, reste encore à 	trouver, si ce n’est qu’elle est omniprésente et qu’elle 	n’attend qu’une théorisation plus rigoureuse.</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">A mon humble 	avis, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">cette 	ouverture du droit à la critique est loin de réussir, 	si elle doit se faire au prix d’une résistance du droit à 	la présence des représentations métaphysiques 	et religieuses dans son stratum fondationnel. </span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Le 	concept de dignité humaine étant de toute façon 	le soubassement des soubassements de nos complexes de droits et 	libertés tel que j’ai essayé, tant que faire se 	peut, de le montrer, cette résistance du droit ne se peut 	solder que par un fiasco. On ne peut donc pas rejeter ce principe 	sous prétexte qu’il est métaphysiquement lourd, car 	appelant des concepts tels que liberté et égalité 	innées ou naturelles, conscience de soi, de raison, de fin se 	profilant indéfiniment à l’horizon de la perfection 	morale, bref, d’essence conceptuelle de l’homme ou d’une 	nature humaine à laquelle vient s’ajouter, pour parachever 	la charpente conceptuelle, l’idée d’un Être 	Suprême, Dieu ou Nature. Autant de constellations 	principielles s’inscrivant, de surcroît, dans un canevas 	théorique de finalisme universel ou de cosmo-téléologie.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Si 	le principe en question est métaphysiquement lourd, c’est 	d’ores et déjà qu’il ne peut être taxé 	de vacuité pratique par rapport au principe de la liberté 	ou de l’autonomie qui, rappelons-le, en est un dérivé. 	Une façon appropriée de le montrer est de se pencher 	sur la double sémantique de fin en soi et de fin à 	réaliser, respectivement, concept négatif et concept 	positif de dignité humaine, </span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">que 	j’ai fait ressortir par l’étude des textes philosophiques 	et juridiques, et ceci, dans le sillage des philosophes 	Néo-kantiens, sans pour autant offusquer l’originalité 	de mon interprétation. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">L’étude 	des textes m’a permis de résoudre </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>le 	problème des antinomies de la raison, de la liberté et 	de la conscience, antinomies inhérentes à ces systèmes 	de pensée. Au coeur de ces systèmes, les facultés 	ou puissances de l’homme sur lesquelles se fonde l’idée 	de dignité humaine nous sont présentées, d’une 	part, tout aussi destructrices que constructrices et, d’autre 	part, en vertu de leur capacité destructrice, limitées 	par l’archè des archè, le régulateur des 	régulateurs</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. 	</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Or, 	la liberté dans ces systèmes ne signifie rien d’autre 	que l’autonomie</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. 	C’est dire qu’après avoir limité celle-ci, 	l'autonomie, il faille tout d’abord prendre uniquement en compte 	le principe qui la limite, que ce dernier soit ou non plus neutre et 	davantage tributaire d’une métaphysique substantialiste que 	celle-là. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Reconnaître la nature 	destructrice de la liberté-autonomie c’est, par ailleurs, 	l’identifier comme source de problèmes. L’un de ces 	problèmes demeure ladite &amp;lt;&amp;lt;inflation de droits&amp;gt;&amp;gt;. 	Cette inflation est peut-être liée à l’évolution 	de nos sociétés démocratiques. Mais, je dirai 	que si les lois avaient une bonne assise morale, si elles savaient 	distinguer et délimiter aussi finement que possible mais 	strictement le public et le privé, cette tendance de 	l’évolution à être plutôt une voie 	d’involution, à se faire sur la base de principes reconnus 	destructeurs, du moins sources de problèmes, l’inflation en 	question pourrait être évitée.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span style=\"text-decoration: none;\">L</span>a 	liberté ou l’autonomie est un principe si alléchant, 	nous permettant de tout faire, sans limite, qu’aux modernes, dès 	après Kant, qui ont le goût de la libération, 	son choix ne peut que convenir. Sa seule limite, c’est peut-être 	le paternalisme étatique et les accords  ou compromis des 	experts de tout bord. Peut-être qu’ici, au regard du 	principe limitatif, on nous questionnera en ces termes: si la 	liberté individuelle est déjà restreinte par le 	paternalisme et les compromis des experts, pourquoi lui imposer 	d’autres restrictions ? Notre réponse à cette 	question sera la suivante: le principe de la dignité humaine 	ne s’impose pas seulement aux individus dans leurs relations 	inter-personnelles mais aussi, puisque les droits de l’homme 	constituent autant de bornes aux dangers du despotisme, il s’impose 	aussi à l’Etat paternaliste et aux décrets des 	experts. Et voilà une autre signification originaire des 	droits de l’homme. Ces moments argumentatifs nous introduisent 	finalement à la démonstration proprement dite de la 	fécondité du principe de l’humanité. </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">La dignité humaine, 	quand bien même qu’elle pose de sérieuses limites à 	nos principes d’action et à nos actions, en nous 	responsabilisant vis-à-vis de nos frères et soeurs 	humains, néanmoins, elle est de loin, et véritablement, 	le principe le plus fécond. A moins de vouloir fuir nos 	responsabilités, nous ne manquerons jamais de lui accorder la 	précellence sur les autres principes. En quoi, suivant Kant, 	le tenons-nous pour vraiment tel, c’est-à-dire fécond, 	inentamable ?  </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">D’abord, 	pour parer à l’objection de vacuité qui frappe ce 	concept, nous dirons que cette façon de concevoir le concept 	vient peut-être de ce que nous sommes trop accoutumés à 	l’entendre uniquement comme fin négatif, comme fin existant 	en soi, à telle enseigne que l’on a complètement 	négligé son dimension positive, en dépit des 	interprétations téléologiques qu’en ont fait 	certains critiques de Kant. Pour saisir ce concept dans toute sa 	profondeur et ampleur, il est nécessaire de porter une fois 	encore une attention toute particulière aux textes des 	</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i><span style=\"text-decoration: none;\">Fondements 	de la Métaphysique des Moeurs</span></i></span></font><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>11</sup></a></u></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Dans la deuxième section 	de cet ouvrage, parlant de fins pratiques, Kant distingue celles qui 	sont subjectives, émanations des impératifs 	hypothétiques et celle, unique en son genre, pour tous les 	êtres humains, la fin objective, fondatrice de l’impératif 	catégorique. Tandis que les premières sont 	&amp;lt;&amp;lt;relatives, conditionnelles&amp;gt;&amp;gt;, constituent des 	&amp;lt;&amp;lt;mobiles&amp;gt;&amp;gt;, sont valables uniquement pour des actes 	particuliers des personnes individuelles et ont statut de 	&amp;lt;&amp;lt;maximes&amp;gt;&amp;gt;, la seconde possède une &amp;lt;&amp;lt;valeur 	absolue et inconditionnelle&amp;gt;&amp;gt;, constitue un &amp;lt;&amp;lt;motif&amp;gt;&amp;gt;, 	et un &amp;lt;&amp;lt;principe objectif du vouloir&amp;gt;&amp;gt;, valant 	nécessairement &amp;lt;&amp;lt;pour tout acte de vouloir&amp;gt;&amp;gt;. Il 	est vrai que Kant n’est pas toujours suffisamment clair sur la 	distinction entre la liberté du vouloir morale ou autonomie 	et la dignité humaine qu’il prend pour fin en soi de 	l’action humaine. Cependant, la clarté du texte, à 	certains endroits, ne laissent l’ombre d’aucun doute sur 	l’extrême importance du concept de dignité humaine 	par rapport à celui de l’autonomie. </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Aux pages 	106-107 des </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i><span style=\"text-decoration: none;\">Fondements 	de la Métaphysiques des Moeurs,</span></i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	il s’agit de la Deuxième section intitulée «Passage 	de la Philosophie Morale Populaire à la Métaphysique 	des Moeurs», Kant affirme que l’homme est fondement de 	l’impératif catégorique. </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Il 	fait équivaloir, en même temps et indistinctement, les 	notions d’</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>&amp;lt;&amp;lt;homme&amp;gt;&amp;gt;, 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">de 	</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>&amp;lt;&amp;lt;fin 	en soi&amp;gt;&amp;gt;, </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">de</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;dignité humaine&amp;gt;&amp;gt; </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">et 	de</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;loi pratique universelle&amp;gt;&amp;gt;. </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">La 	personne a ainsi valeur et statut de loi pratique universelle. </span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">De 	ce fait, il ne doit être utilisé jamais simplement 	comme moyen mais aussi et toujours comme une fin, il est &amp;lt;&amp;lt;limite&amp;gt;&amp;gt; 	de tout arbitre. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Si l’homme 	possède un libre vouloir, une autonomie, il est tout de même 	obligé de légiférer conformément à 	la fin de la nature. C’est un passage assez important qui, à 	notre avis, du fait de l’exceptionnelle insistance par Kant sur 	l’autonomie par rapport à toutes les morales précédant 	la sienne, a fait l’objet d’interprétations trop 	aveuglément radicales allant dans le sens contraire de ce que 	nous devons tenir l’intuition primordiale de Kant. La loi morale, 	selon Kant, est une loi propre à la nature de l’homme. Elle 	lui est donnée, même si ce n’est pas empiriquement. 	</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">L’emphase 	mise sur le concept d’autonomie induit d’autant plus au 	contre-sens que Kant, par endroits, soutient ce qui peut passer pour 	une vicieuse circularité dépourvue de sens. Car, 	contrairement à la thèse sus-énoncée, 	selon laquelle l’homme, la fin en soi, la dignité humaine 	est</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;le fondement de l’impératif catégorique&amp;gt;&amp;gt;, 	donc de l’autonomie (p. 106-107), </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Kant 	avance, paradoxalement, la suivante</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>: 	&amp;lt;&amp;lt;L’autonomie est donc le fondement de la dignité de 	la nature humaine et de toute nature raisonnable&amp;gt;&amp;gt; (p. 117). 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Voilà 	donc, tour à tour, la dignité humaine et l’autonomie 	se disputer le premier rang dans la chaîne des principes 	suprêmes de la moralité chez Kant.</span></span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">On peut 	peut-être penser à une synonymie. Mais, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>s’ils 	sont synonymes, toute recherche de sens de la thèse kantienne 	devrait être abandonnée, car la thèse 	reviendrait à ceci: &amp;lt;&amp;lt;L’autonomie est le fondement de 	l’autonomie&amp;gt;&amp;gt; ou encore &amp;lt;&amp;lt;La dignité humaine 	est le fondement de la dignité humaine&amp;gt;&amp;gt;</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. 	Pour vraiment résoudre ce problème du fondement de la 	morale chez Kant, il faudra se pencher sur l’étude des 	caractéristiques de ces deux principes. L’étude de 	ces caractéristiques nous amènera à la 	conclusion suivante que nous pouvons formuler sous forme de 	question: </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>où 	a-t-on jamais lu Kant soutenir que l’autonomie de la volonté 	est un concept limitatif de la dignité humaine ?</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">L’autonomie signifie tout 	simplement la puissance législatrice de la volonté 	humaine comme être raisonnable dont la responsabilité 	est, toutefois, et ceci est très important, de promouvoir la 	valeur de sa propre humanité aussi bien que celle des autres 	personnes. Voilà également le concept négatif 	de la dignité humaine. Déjà, à ce 	niveau, s’entrevoit très clairement la fécondité 	du concept de dignité humaine que l’étude minutieuse 	du concept positif nous révélera au grand jour. </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<h1 align=\"left\" lang=\"fr-FR\" class=\"western\">L’unité 	synthétique et systématique de l’impératif 	catégorique</h1>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">L’homme ne 	légifère qu’en vue d’une certaine fin. Cette thèse 	en apparence anodine ou plate renferme néanmoins en substance 	ladite unité synthétique et systématique de 	l’impératif catégorique et celle des fins à 	réaliser dans toute action morale. Et, plutôt que de 	contribuer à assombrir la clarté des textes sur le 	concept de la dignité humaine et à détruire 	toute la philosophie pratique kantienne, elle en restitue au 	contraire l’intuition originaire. </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>La 	typologie des fins à réaliser par le choix des maximes 	conformes à l’impératif catégorique et à 	la loi morale</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">en 	donne la preuve indéniable. Kant parle bien d'un « contenu » 	des maximes en distinguant 1) une </span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>forme</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">, 	2) une </span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>matière</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\"> 	et 3) une </span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>détermination 	complète</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">.</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">A un </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>stade 	initial</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	notre interprétation, il convient de noter</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>, 	outre les fins subjectives, arbitraires, relatives, particulières, 	une fin </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">à 	qualifier de</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	formelle. </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">C'est</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">la 	fin à viser, à penser dans et par le choix des 	maximes, c'est-à-dire &amp;lt;&amp;lt;</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>l'universalité 	des maximes&amp;gt;&amp;gt;: &amp;lt;&amp;lt;il faut que les maximes soient choisies 	comme si elles devaient avoir la valeur des lois universelles de la 	nature.&amp;gt;&amp;gt;. </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">C'est 	bien évident que c'est là aussi une fin de la raison 	pratique pure, une fin de l'acte de penser qui consiste à 	choisir des maximes conformes à l'impératif moral. La 	réalisation de la forme de la loi dans &amp;lt;&amp;lt;notre 	législation propre&amp;gt;&amp;gt;, dans notre choix des maximes est 	déjà, à notre avis, une fin et une fin 	objective dans le sens kantien du terme. </span></span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">C'est 	une fin objective dans le sens kantien, car dans cette fin formelle, 	fin </span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>forme 	des maximes</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">, 	subsiste une </span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>fin</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\"> 	</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>matière 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">et</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	fin en soi, </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">qui 	n'est autre que l'être raisonnable. Cette &amp;lt;&amp;lt;</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>fin</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">&amp;gt;&amp;gt;, 	nous dit Kant, </span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>doit 	être pour toute maxime une condition qui serve à 	restreindre toutes les fins simplement arbitraires et relatives</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">&amp;gt;&amp;gt;, 	les fins subjectives. L'&amp;lt;&amp;lt;être raisonnable&amp;gt;&amp;gt; est 	&amp;lt;&amp;lt;par nature&amp;gt;&amp;gt; une fin. Cette fin, Kant le dira plus 	loin une &amp;lt;&amp;lt;fin négative&amp;gt;&amp;gt;. La nature raisonnable, 	&amp;lt;&amp;lt;la matière de toute bonne volonté&amp;gt;&amp;gt;, la 	fin matière doit être conçue &amp;lt;&amp;lt;non point 	comme une fin à réaliser&amp;gt;&amp;gt;, mais comme une fin 	&amp;lt;&amp;lt;à l'encontre de laquelle nulle action ne peut jamais 	être accomplie.&amp;gt;&amp;gt; (p.119-120)   </span></span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">A un </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>second 	stade</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	cependant, nous avons, énoncée par Kant, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>l’idée, 	féconde </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">dit-il</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>, 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">de</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;règne des fins&amp;gt;&amp;gt; </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">(p.114)</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>. 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">La 	fécondité réside dans</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">la</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;liaison systématique&amp;gt;&amp;gt; </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">de 	tous les &amp;lt;&amp;lt;êtres raisonnables&amp;gt;&amp;gt;</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">et</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;divers&amp;gt;&amp;gt; &amp;lt;&amp;lt;par des lois communes&amp;gt;&amp;gt;. </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">C'est 	le lien indissociable entre l’impératif catégorique 	et les impératifs hypothétiques, y compris l’idée 	du bonheur</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>, 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">deux 	principes ayant fait l’objet d’une</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">distinction 	de</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;stricte méthode&amp;gt;&amp;gt; </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">(p.118)</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">que 	nous qualifions de</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	« </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">didactique »</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>. 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Car, 	comme le dit Kant, ce qui caractérise cette liaison 	systématique, ce règne des fins</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>, 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">c'est 	qu'elle est &amp;lt;&amp;lt;</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>un 	ensemble organisé de façon systématique 	réunissant toutes les fins (aussi bien celles des êtres 	raisonnables comme fins en soi que les fins propres que chacun peut 	se proposer)&amp;gt;&amp;gt;, </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Le 	règne des fins,</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">si 	jamais il se réalisait (ne serait-ce que par approximation) 	consacrerait ainsi</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	la mise en acte de l’exigence d’unité synthétique 	et systématique de toutes les fins</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	(p. 114), y compris le souverain bien. C'est l'unité 	synthétique et systématique de fins en soi, négatives, 	ou des fins tout court, avec des fins « positives » 	pour ainsi dire, des fins-moyens. C'est l'unité synthétique 	et systématique &amp;lt;&amp;lt;des êtres raisonnables&amp;gt;&amp;gt;, 	qui &amp;lt;&amp;lt;sont tous soumis à la loi selon laquelle chacun 	d'eux ne doit </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>jamais</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	se traiter soi-même ni traiter tous les autres </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>simplement 	comme moyen</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	mais toujours </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>en 	même temps comme fin en soi.</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;gt;&amp;gt; 	(p.114).     </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">A </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>un 	troisième stade</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	Kant, comme par gradation énonce</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	l’idée d’une détermination compléte de 	toutes les maximes, </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">un 	concept réunissant tous les autres moments principiels et qui 	se rattache à</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	l’idée de &amp;lt;&amp;lt;totalité du système &amp;gt;&amp;gt; 	pratique. La détermination complète de toutes les 	maximes </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">introduit 	à</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	l’idée de téléologie universelle </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">qui, 	elle-même</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>, 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">se 	rattache à </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">l’idée 	kantienne d’intérêt indissociablement lié au 	principe de la morale, aussi catégorique qu’elle soit. </span></span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Le 	passage</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	où Kant développe ces idées doit être 	pris au sérieux afin d’éviter cette erreur qui 	consiste à ne voir que pure vacuité dans le concept de 	dignité humaine relativement à celui de l’autonomie. 	Il</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">montre</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">la 	richesse pratique, c’est-à-dire, la praticabilité de 	la philosophie morale de Kant. Car, contrairement à la 	réception traditionnelle ou orthodoxe, de la doctrine 	kantienne, non seulement l’impératif catégorique en 	lui-même appelle la considération de certaines fins, 	comme nous venons de le montrer, mais encore à ses fins de 	l’action morale enserrées, compactes, dans la formule 	originaire, viennent les enrichir, en les développant, les 	autres fins que nous livrent les trois déterminants 	conceptuels essentiels des maximes.</span></span></font></p>
</div>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">En définitive donc, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">à l’impératif catégorique en tant que tel vient s’ajouter le concept d’intérêt pour la moralité. Impératif catégorique bien sûr, mais, nous interpelle Kant</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>, &amp;lt;&amp;lt;si l’on veut aussi procurer à la loi morale un accès dans les sujets, il est très utile de soumettre la même action aux trois concepts indiqués et de la rapprocher ainsi, autant qu’il est possible, de l’intuition.&amp;gt;&amp;gt;</i></span></font><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i><a href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>12</sup></a></i></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>, </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">donc de l’empirie, du sensible, donc du pragmatique et de l’hypothétique.</span></span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Aussi, puis-je conclure:</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Lorsque nous abordons la doctrine morale de Kant, songeons à distinguer ce qui est de l’ordre de la didactique, c’est-à-dire, les </span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Fondements Métaphysique des Moeurs</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">et la</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Critique de la raison pratique</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>, </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">de la morale ordinaire qui est de l’ordre, disons, de la</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Métaphysique des moeurs</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>.&amp;gt;&amp;gt; </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Kant, ne l’oublions pas nous a averti qu’il n’a pas pour projet d’inventer la morale. D’ailleurs, nous limiter au concept d’autonomie, c’est nous condamner à ne plus avoir aucun intérêt pratico-pratique à obéir par devoir, même en droit.</span></span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><b>CONCLUSION</b></p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Les investigations sur ma thèse m’ont révélé que dans et par le concept de dignité humaine, nous nous élevons au-dessus de tout esprit de partisanerie. Que cette perspective soit la plus inclusive possible peut très bien paraître rébarbative et ne pas recevoir l’adhésion d'un bon nombre de lecteurs, partisans du droit contemporains et même des tenants du jusnaturalisme moderne. Je pense notamment à la cosmo-téléologie qui m’a semblé absolument nécessaire pour une meilleure et rigoureuse appréhension du principe de la dignité humaine et que l’on tend souvent à éradiquer du droit naturel moderne. Chez Kant, l'idée existe, à considérer le souverain bien. Mais, que d’un point de vue systématique, l’on affirme un écart épistémologique entre droit naturel moderne et droit naturel classique, à moins de donner dans de l’idéologie pure, ceci ne constitue nullement un argument valable contre ma perspective. Car, ce qui compte, c’est d’aller aux textes et de montrer en quoi, malgré cet écart tant crié, l’on puisse néanmoins trouver des points de convergences des deux systèmes chez les modernes. De ce point de vue, je ne crois pas qu’il suffit d’avoir mille et un arguments dans les textes ou se référer aux interprétations systématiques tendancieuses pour départir les deux systèmes. Il me semble encore nécessaire de montrer qu’aucun passage de textes ne contredise la thèse de la dite différence ou séparation. Or, les résultats de mon étude ont justement infirmé cette thèse.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Selon moi, il est donc suffisant qu’une seule référence textuelle confirme </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>fondamentalement</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> l’existence des principes qui opèrent clairement la liaison des deux systèmes de pensée pour que la thèse de leur union soit justifiée. D’ailleurs, à lire la partie de la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Critique de la raison pure</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> traitant de la critériologie argumentative, ma position obéit au principe kantien du critère de validité des arguments transcendentaux, savoir la cohérence et la supériorité logiques des arguments ostensifs ou</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> a priori</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> par rapport aux arguments apagogiques ou </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>a posteriori</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, lesquelles sont fondées sur l’impossibilité, dans la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>noesis</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, d’épuiser tout l’éventail des expériences et, plus particulièrement, dans la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>praxis</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, de prévoir et de connaître toutes les conséquences. Ainsi, plusieurs références aux textes étudiés, indépendamment de mon interprétation, ont justement montré l’existence de ces principes. Aussi puis-je déclarer qu’en vertu de cela, pour peu que l’on fasse preuve d’objectivité, l’on éviterait la thèse de la radicale séparation du droit naturel moderne fondé anthropologiquement sur ledit principe subjectif de l’autonomie et du droit naturel classique fondé, dit-on, uniquement sur la cosmo-téléologie, sans référence aucune à l’anthropologie et au principe subjectif de l’autonomie.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">L’étude du jusnaturalisme rousseauiste et kantien m’a laissé transparaître, en filigrane et dans toute leur prégnance, les philosophèmes d’une pensée cosmo-téléologique pour la préhension du concept de dignité humaine. Si ces philosophèmes ne contribuent pas nécessairement et immédiatement à l’élaboration théorique du droit et de l’Etat modernes, ils forment néanmoins l’</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>apparatus</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> conceptuel qui nous permet de rendre intelligible le principe de l’humanité que notre culture juridique pose au fondement même de l’idée des droits de l’homme.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">J’ai, dans toute la mesure du possible, tenté de rapprocher, dans la première partie de mon travail, les pensées rousseauiste et kantienne au-delà de la différence de leurs approches de l’homme tant dans sa nature intrinsèque pure, dans son évolution au fil de l’histoire, que dans ce qui, selon les orientations majeures qu’il peut donner à sa conduite, peut le corrompre ou le parfaire, savoir, selon Rousseau et Kant, la société de ses semblables. De sa nature intrinsèque pure et de son évolution au fil de l’histoire, les théories de l’état de nature m’ont fourni les caractéristiques et irréductibles essentiels: d’une part, la liberté, l’égalité, la raison (aussi bien que les facultés inférieures), composantes de la dignité humaine -- aussi ambivalentes que se dévoilent même les facultés supérieures que sont la liberté et la raison dans leurs fonctions;  d’autre part, la conservation de soi dans la coexistence sociale, par la propriété des moyens de subsistance, laquelle propriété, pour indispensable qu’elle se révèle, ne constitue pas moins, d’après Rousseau et Kant, la principale origine de la corruption des sociétés humaines. De sa coexistence sociale, et des principes primordiaux d’ordre et de justice, les mêmes irréductibles et caractéristiques naturels de l’homme nous en donnent, en tant que matériaux de construction de l’idée du juste juridique, les régulateurs fondamentaux. Ainsi, Rousseau et Kant nous ont démontré que le juste juridique positif, c’est-à-dire le droit politique, ne saurait reposer, en ses principes, sur aucune autre conception que celle qui se rapporte immédiatement à l’essence de l’homme: le droit naturel. </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Ce droit naturel kantiano-rousseauiste, j’ai bien voulu en faire une interprétation tripartite, conformément à la tripartition que j’ai décelée dans les théories de l’état de nature de nos deux </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Aufklärers</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. Je rappelle ici encore une fois les trois constituantes de cette division du droit naturel: 1) état de nature originaire -- &amp;lt;&amp;lt;droit naturel proprement dit&amp;gt;&amp;gt; ou &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>natürliche Recht&amp;gt;&amp;gt;</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 2) état de nature «médiane» -- droit naturel raisonné «impur» (ainsi que je l’ai qualifié, puisqu’il correspond à l’étape qui fournit les justifications de la nécessité de l’Etat de droit, donc de la société politique, 3) état politique -- droit naturel raisonné «pur», droit «politique» ou &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Naturrecht</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;gt;&amp;gt; (comme droit rationnel pur), c’est-à-dire le droit naturel dans son application à la société politique. Cette lecture tripartite du droit naturel kantiano-rousseauiste, originale pour le moins, ne semble rien avoir de tendancieux ni d’injustifiable à mes yeux, pour autant que les théories de l’état de nature correspondantes, dans l’épure de l’évolution de l’humanité qu’elles tracent des origines jusqu’aux sociétés politiques, en passant par l’étape de l’invention de la propriété, nous en marquent explicitement les sillons. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">L’idée de droit naturel, parce qu’elle ne saurait faire sens sans une économie minimale de celle de loi naturelle, comme je l’ai découvert à la lumière des textes de Rousseau et de Kant -- celui-ci l’utilise d’ailleurs par endroits au pluriel --, je l’ai exclusivement et étroitement rattaché aux droits et libertés fondamentales -- évitant ainsi toute question relevant de ce que l’on appelle communément les &amp;lt;&amp;lt;nouveaux droits&amp;gt;&amp;gt; --, en lui accordant le sens du dicton des jusnaturalistes classiques &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>agere sequitur esse</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;gt;&amp;gt;. Elle est, d’après mon interprétation, une loi morale et non une loi causale, une loi de nécessité éthique et non de nécessité purement mécanique et physique. En tant que loi morale, je l’ai  subsumé sous le concept de loi naturelle universelle, cosmo-téléologique, incluant toutes les lois de fonctionnement des êtres et de leurs propriétés. L’</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Emile</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> de Rousseau et la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Critique de la faculté de juger</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> de Kant m’en avaient fourni le vecteur de l’interprétation, savoir, la hiérarchie des êtres, une idée essentielle pour la justesse de la notion de dignité humaine.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Cet </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>apparatus </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">conceptuel du droit naturel rousseauiste et kantien, sinon du droit naturel moderne en général, fait l’objet de la critique des penseurs du droit et de l’Etat moderne que j’ai étudiés tels Habermas et Kai Nielsen. L’étude de la perspective habermasienne, notamment sa critique du droit naturel, m’a révélé l’insuffisance des raisons de son rejet du droit naturel moderne. Fondamental pour ma critique de sa conception, s’est avéré son concept de monde vécu, lequel comporte, comme référents, les conceptions mytho-poétiques, religieuses, et, sur le plan proprement philosophique, les conceptions métaphysiques, celles du sujet humain, élaborées depuis la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Philosophia perennis </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">jusqu’à l’époque des Lumières, siècle de l’émergence proprement juridique de l’idée des droits de l’homme -- pour ne pas mentionner la conception du sujet de droit dans notre culture juridique --, en passant par la philosophie cartésienne. Le concept de monde vécu représente tous les acquis socio-culturels des individus dans leurs interactions sociales, et, dans ce sens, place est faite, en son sein, pour toutes les représentations possibles en tant que référents du concept. Fondamental également m’a paru la lisière du moment kantien, celle du devoir-être, du &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Sollen</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;gt;&amp;gt;, moment normatif et métaphysique indépassable pour l’intelligibilité du respect de la dignité humaine qu’imposent les conditions idéales de discussion, (&amp;lt;&amp;lt;ideal-speech situations&amp;gt;&amp;gt;) de Habermas, non pas seulement pendant, mais surtout avant et après la mise en oeuvre effective du paradigme discussionnel. Probante m’a semblé la critique rawlsienne de sa prétention à l’élaboration d’une pensée a-métaphysique, laquelle critique a su montrer l’existence indéniable d’éléments de réflexion à valence ontologique à l’intérieur de la pensée habermasienne. Absolument convaincantes se sont imposées à moi les allégations propres de Habermas touchant la nature transcendante et trans-positive des principes universels des droits de la personne humaine en tant qu’ils constituent, en ses propres termes, la &amp;lt;&amp;lt;substance morale de notre ordre juridique&amp;gt;&amp;gt;, allégations que contiennent les ouvrages tels que l’</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Ethique de la discussion</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> et les </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Ecrits politiques </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">auxquels s’ajoute son plus récent ouvrage</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> La Paix perpétuelle. </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Assurément, dans ses ouvrages, l’idée de trans-positivité et de transcendance de ses principes ne saurait être rigoureusement appréhendée qu’à la lumière de la logique jusnaturaliste. Habermas aurait-il vraiment dérogé à ces principes dans son avant-dernier grand chef-d’oeuvre intitulé </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Faktizität und Geltung </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">comme il le prétend ? Les résultats de mon étude nous y répondent par la négative. Car, dans l’énonciation des cinq principes des droits fondamentaux, notamment le cinquième, et le commentaire qu’en fait l’auteur du </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Faktizität und Geltung,</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> décisive m’a paru la rigueur du formalisme et de l’abstraction universaliste de Habermas, rigueur consubstantielle au jusnaturalisme. La logique du droit naturel subsiste donc incontournable et se révèle péremptoire dans la pensée habermasienne des droits de la personne humaine.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Ce qui vient d’être retenu pour la pensée habermasienne l’est davantage pour Kai Nielsen qui a consacré plusieurs articles, sinon tout un ouvrage sur la problématique du droit naturel, que ce soit dans sa version classique ou moderne, d’autant plus que son ton sceptique soutenu comporte les principes thématisés par le droit naturel. La dignité de toute personne humaine, &amp;lt;&amp;lt;equal worth&amp;gt;&amp;gt;, l’égale liberté, &amp;lt;&amp;lt;equal freedom&amp;gt;&amp;gt;, à la base des rapports humains, autant de principes posés, médités et conservés par les penseurs du droit naturel, figurent dans sa perspective de l’équilibre réfléchi large, et en représentent le soubassement. Autant de principes dont l’économie rigoureuse passe par l’élaboration des éléments de réflexion onto-anthropologiques, éléments de réfléxion que, de façon virulente, Kai Nielsen a cherché à éradiquer de l’univers de discours des droits de l’homme. A part la critique des «brutalitarianisms» et du relativisme culturel inintelligble sans universalisme abstrait, comme je l’ai remarqué d’après lui-même d’ailleurs, se double de ces paramètres onto-anthropologiques jusnaturalistes, pour confirmer l’inéluctabilité du seuil jusnaturaliste indépassable dans tout discours sensé sur les droits de l’homme, la référence au &amp;lt;&amp;lt;Life World&amp;gt;&amp;gt;, à la &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Sittlichkeit</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;gt;&amp;gt;, aux traditions de toutes sortes, aux principes déontologico-téléologiques qualifiés de &amp;lt;&amp;lt;truismes&amp;gt;&amp;gt; ou de &amp;lt;&amp;lt;commonplace&amp;gt;&amp;gt;, autant de philosophèmes constitutifs de L’ERL  mais qui ne trouvent leur sol théorique ailleurs que dans la tradition jusnaturaliste. L’historiographie de la philosophie éthico-politique nous en est témoin. Pour ne rien dire des contradictions flagrantes qui parsèment la perspective nielsenienne, c’est fort de la pertinence de ces acquis historiographiques sur l’origine jusnaturaliste de ces philosophèmes que j’ai récusé la critique nielsenienne du droit naturel. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">De ce fait, je dirai, quant à ma propre pente argumentative, que je suis conscient de n’avoir pas épuisé -- et de ne pouvoir jamais épuiser -- toutes les objections possibles formulables contre elle. Mais cette tâche, qui en est vraiment capable ? Toute théorie, si cohérente qu’elle soit, ne comporte-t-elle pas des failles, pour ne pas dire des points de contradictions ? Davantage que le temps, nos facultés ne nous limitent-elles pas dans une très large mesure ? En fait, peut-on jamais absolument cerner une théorie? Nous n’en sommes pas sûrs !  Aussi concluerai-je que j’ai défendu, autant que faire se peut, cette tradition du droit naturel contre les formes contemporaines de tentative de justification de l’idée des droits de l’homme qui, contrairement aux prétentions de leurs auteurs de s’en départir, ne font qu’y puiser les principes fondamentaux de leurs théories.</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<div id=\"sdfootnote1\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><a href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\" class=\"sdfootnotesym\">1</a><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	</span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Voir 	entre autres ouvrages et pour ne citer que ces auteurs -ci: Will 	Kymlicka, 1) Two Models of Pluralism and 	Tolerance, in: </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Analyse 	&amp; Kritik 13</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	Opladen: wesdeutscher Verlag, 1992 Seite 33-56; 2) The Rights of 	Minority 	Cultures: Reply to Kukathas, in: Political Theory, vol. 	20, number 1, February 1992, pp. 140-146 entre autres, et Rawls 		avec sa notion d'« overlapping consensus », 	dans </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Political 	Liberalism</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	New York: Columbia University Press, 1993; 3) 	Susan Mendus, 	</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Toleration 	and the Limits of Liberalism</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	NJ: Atlantic Highlands, 1989.  </span></font></p>
</div>
<div id=\"sdfootnote2\">
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\"><a href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\" class=\"sdfootnotesym\">2</a> 	De nos jours, on parlera de “fondamentalistes” et de “modérés” 	 </font></p>
</div>
<div id=\"sdfootnote3\">
<ol>
    <li>
    <p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><a href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\" class=\"sdfootnotesym\">3</a><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 		</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">1) 		</span></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Raison 		et légitimité</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. 		Problèmes et légitimation dans le capitalisme avancé, 		p. 125, trad. De l’allemand par Jean Lacoste, Paris : Payot, 1978 		(Texte allemand : </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Legitimationsprobleme 		in Spätkapitalismus, </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Frankfurt/Main: 		Suhrkamp Verlag, 1973). 2) </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Faktizität 		und Geltung. Beiträge zur Diskurstheorie des Rechts und des 		demokratischen Rechtsstaats, </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Frankfurt/Main</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>: 		</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Suhrkamp 		Verlag, 1992, p. 138. Le texte allemand : «D : Gültig 		sind genau die Handlungsnormen, denen alle möglicherweise 		Betroffenen als Teilnehmer an rationalen Diskursen zustimmen 		können». 3) </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Morale 		et communication</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 		trad. C. Bouchindhomme, Paris : Editions cerf, 1986, p .87 ss, 		surtout p. 116. 4) </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>De 		l’éthique de la discussion</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 		traduction de l’allemand par Mark Hunyadi, Editions cerf, 1992, 		p. 17 ss. Rappelons les éclaircissements qu’apporte 		Habermas à propos de ce principe : en éthique, 		quiconque s’engage sérieusement dans un processus 		argumentatif, le fait tout en ayant des «présuppositions 		pragmatiques universelles» à contenu moral. Le 		principe moral régissant ce processus argumentatif ne doit 		se déduire qu’«à partir de ses 		présuppositions argumentatives», d’après le 		sens de la notion de justification d’une forme d’action.</span></font></p>
    <p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">En 		notes infra-paginales, il met en garde contre les méprises 		possibles de ce sens de la justification des normes: celle-ci ne 		doit pas être trop forte, et ne doit pas déjà 		introduire dans la prémisse ce à quoi l’on ne doit 		arriver qu’en conclusion: que des normes justifiées 		doivent pouvoir trouver l’assentiment de tous les concernés» 		A ce propos, il fait amende honorable relativement à la 		faute qu’il a commise dans la première édition de 		</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Morale 		et </i></span></font><font face=\"Times New Roman, serif\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Communication</i></span></font></font><font face=\"Times New Roman, serif\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 		p. 114. Voir </span></font></font><font face=\"Times New Roman, serif\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>De 		l’éthique de la discussion, </i></span></font></font><font face=\"Times New Roman, serif\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">p. 		18.</span></font></font></p>
    </li>
</ol>
</div>
<div id=\"sdfootnote4\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><a href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\" class=\"sdfootnotesym\">4</a><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	</span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Le 	terme est de René Simon. Voir: Le concept de dignité 	de l’homme en éthique, p. 274-275, in: </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>De 	dignitate 	hominis</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 		Mélanges offerts à Carlso-Josaphat Pinto de Olivera, 	édité par Adrian Holderegger, Fribourg: Editions 		Universitaires/Fribourg; Wien: Herder, 1987, pp. 265-278. </span></font></p>
</div>
<div id=\"sdfootnote5\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><a href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\" class=\"sdfootnotesym\">5</a> 	O<font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">tfried 	Höffe, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Principes 	du droit</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	trad. de l’all. par Jean-Christophe Merle, préface de Paul 	Ricoeur, Paris: </span></font><font face=\"Times New Roman, serif\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Editions 		du Cerf, 1993, p. 269.</span></font></font></p>
</div>
<div id=\"sdfootnote6\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><a href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\" class=\"sdfootnotesym\">6</a> 	<font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Paris: 	Edition Odile Jacob, 1991, p. 287. </span></font></p>
</div>
<div id=\"sdfootnote7\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><a href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\" class=\"sdfootnotesym\">7</a> 	<font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Idem</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	p. 289.</span></font></p>
</div>
<div id=\"sdfootnote8\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><a href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\" class=\"sdfootnotesym\">8</a> 	<i>I</i><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>dem</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	p. 293.</span></font></p>
</div>
<div id=\"sdfootnote9\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><a href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\" class=\"sdfootnotesym\">9</a> 	<font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Le 	désenchantement du monde. Une histoire politique de la 	religion</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	Paris: Gallimard, 1985</span></font></p>
</div>
<div id=\"sdfootnote10\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><a href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\" class=\"sdfootnotesym\">10</a><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	</span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Voir 	par exemple, 1) Jean-Jacques Wunenberger, L’Etat démocratique 	et le retour du religieux, p. 220, in: Cahiers 	de philosophie 	politique et juridique, numéro 18, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Ethique 	et droit à l’l’âge démocratique</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	pp. 217-239, Caen: Centre 	de publications del’Université , 	1990.  2) E. Poulat, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Liberté 	et laïcité, la guerre des deux France et le principe de 	la 	modernité</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	Cerf: Cujas, 1988. </span></font></p>
</div>
<div id=\"sdfootnote11\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><a href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\" class=\"sdfootnotesym\">11</a><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	</span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Nous 	utilisons l’édition traduite, introduite, et présentée 	par Alain Renaut, intitulée, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Métaphysique 	des Moeurs I. 	Fondation</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	(le II. intitulé </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Doctrine 	du droit et Doctrine de la Vertu</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">) 	Paris: Garnier-Flammarion, 1994. </span></font></p>
</div>
<div id=\"sdfootnote12\">
<p align=\"justify\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><a href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\" class=\"sdfootnotesym\">12</a> 	<font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">1) Voir la 	</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Critique 	de la Raison Pure Pratique, </i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Examen 	Critique de l’Analytique de la raison pure pratique. Nous 		utilisons l’édition de François Picavet,  Paris: 	Puf, 1943. 2) Voir également la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Critique 	de la Raison Pure Pratique</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 		Dialectique de la raison pure pratique, fin du chapitre I intitulé 	D’une Dialectique de la raison pure pratique en général, 		chapitre II. De la Dialectique de la raison pure dans la 	détermination du concept du Souverain Bien, fin de la section 	I 	de ce chapitre intitulé: L’antinomie de la raison 	pratique. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 9pt;\">	Nous nous permettons d’ajuster 	ici, d’après certains des résultats de notre 	investigation (il s’agit de la thèse 	elle-même), la 	pensée de Kant en rappelant que nous sommes loin de tenir 	toutes les fins de la <i>praxis</i> humaine 	pour empiriques, 	pragmatiques, obéissant à de purs impératifs 	hypothétiques et pragmatiques.      </font></p>
</div>
<p><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><b>INTRODUCTION</b></font></p>
<p> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Ma thèse consiste en une reconstruction et une tentative de réhabilitation de la doctrine jusnaturaliste. Elle a pour fin une restitution du sens fondamental, originaire, à la fois de l’idée des droits de l’homme en tant que droits naturels, anté- et supra-positifs, et de ce que l’on peut philosophiquement tenir pour leur fondement le plus adéquat. Comme point archimédien, elle prend appui sur le principe de conservation de soi, base du positivisme juridique hobbésien, en le reconstruisant dans l’optique du droit naturel. Elle défend la perspective du jusnaturalisme kantiano-rousseauiste </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>via</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> la reconstruction des théories de l’état de nature de Rousseau et de Kant, et retient résolument le principe de l’humanité, qui leur est consubstantiel. Le principe de l'humanité ou de la dignité intangible de l’homme est résolument tenu ici comme </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>archè</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> des </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>archè</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, comme Idée des Idées régulatrices de l'Ethique et du Droit politique. Au-delà de la liberté égale pour tous et de la rationalité, qui sont généralement posés comme fondements des droits de l’homme par les critiques du droit et de l’Etat modernes, j’ai posé ce principe comme principe limitatif. C’est une conception qui obéit à cette pensée kantienne selon laquelle ce qui limite doit-être nécessairement différent et supérieur à ce qu’il sert à limiter. Poser ce principe me semble rigoureusement fidèle à l’esprit et à la lettre des Déclarations des droits de l’homme de 1789, en passant par celui de 1946, jusqu’aux nouvelles dispositions juridiques internationales relevant de ces droits.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	Partant de cette conception, je critique les perspectives contemporaines, en l’occurrence, la perspective de la fondation communicationnelle de Habermas et celle, sceptique, anti-rationaliste, de Kaï Nielsen, qui repose sur la méthode dite de l’Equilibre Réfléchi Large (ERL).</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	Selon la perspective habermasienne, afin d’être légitime, au sens rigoureux du terme, toutes nos normes et valeurs, dont les droits de l’homme, ne se peuvent fonder qu’à partir d’un processus dialogique sans contrainte ni violence. Ce n’est qu’au prix d’un tel processus qu’il est possible d’aboutir à un consensus universel, a-dogmatique et non monologique. Cette optique théorique s’oppose à la recherche de fondation des normes inaugurée, selon Habermas, par toutes les philosophies du sujet qui ont prévalu avant sa propre philosophie, depuis l’Antiquité grecque jusqu’à nos jours, en passant par Descartes et les philosophies politiques contractualistes, dont font partie celles de Rousseau et de Kant. </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">J’ai montré que Habermas ne saurait se départir de la philosophie du sujet ni de la tradition jusnaturaliste, pour autant qu’il fasse l'économie de la notion du « monde vécu » et de cet universalisme à la fois abstrait et concret, la dignité humaine, qui, selon ce que Habermas lui-même nous laisse comprendre, ne saurait se plier aux contingences des particularismes culturels. Plus précisément, contre Habermas, j’ai essayé de démontrer, suivant en cela Otfried Höffe, la</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> petitio principii</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> inhérente à sa pensée: Habermas présuppose justement le principe de la dignité humaine, dont le respect inconditionnel constitue la condition de «pensabilité» et de possibilité effective du processus de la fondation dialogique. De ce fait, plus que le simple  «</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>circulus vitiosus</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">» que dénonce Luc Langlois dans la pensée habermasienne, je parle d’un double «</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>circulus vitiosus</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">»: un cercle vicieux interne à la logique du paradigme habermasien -- ce qu’indexent Otfried Höffe et Luc Langlois --, et un cercle vicieux externe, qui se révèle dans la confrontation du paradigme habermasien à celui de la tradition jusnaturaliste. La tradition jusnaturaliste demeure, selon nous, le seul cadre théorique d'une thématisation rigoureuse du principe de la dignité intangible et des droits naturels de l’homme.	.</span></font></p>
<div dir=\"ltr\" id=\"Section1\">
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	</font></p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">	Contre 	la perspective nielsenienne qui se veut radicalement anti-kantien, 	anti-aristotélicien, donc anti-fondationnelle et 	anti-métaphysique, j’ai démontré la 	pertinence et le caractère incontournable du jusnaturalisme, 	sinon d’un seuil indépassable de cette tradition, à 	partir de la notion de monde vécu et de l’idée de 	&amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>modus 	vivendi</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">&amp;gt;&amp;gt; 	qui fournissent à Nielsen le nerf de son argumentation. Mon 	argumentation peut se résumer en ces termes: si ces deux 	paramètres contenaient véritablement, selon Kaï 	Nielsen, la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>ratio 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">d’une 	légitimation des droits de l’homme, en ces propres termes, 	&amp;lt;&amp;lt;the core of good sense&amp;gt;&amp;gt; -- «noyau rationnel» 	ou «noyau de bon sens», &amp;lt;&amp;lt;a truth of an 	unproblematic sort&amp;gt;&amp;gt; -- «une vérité morale 	indiscutable» --, il y a alors nécessairement 	possibilité de justification rationnelle des droits de 	l’homme. Or Kaï Nielsen nie cette possibilité. Ma 	conclusion se révèle d’autant plus judicieuse que 	l’Equilibre Réfléchi Large, aux dires de Kaï 	Nielsen lui-même &amp;lt;&amp;lt;holiste&amp;gt;&amp;gt;, &amp;lt;&amp;lt;englobant&amp;gt;&amp;gt;, 	ne s'établit qu'à partir des paradigmes de toutes les 	éthiques normatives, de toutes les théories 	sociales d’ordre empirique et autres, y compris la tradition 	elle-même.</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	Comptent essentiellement au 	rang de ces paradigmes, nos &amp;lt;&amp;lt;convictions morales bien 	pesées&amp;gt;&amp;gt;, nos &amp;lt;&amp;lt;truismes moraux&amp;gt;&amp;gt;, 	&amp;lt;&amp;lt;déontologiques et téléologiques&amp;gt;&amp;gt;: 	principe de l’égale dignité de toute personne, du 	respect de l’intégrité corporelle et morale, la 	conservation de soi, le respect de la propriété, 	l’utilité du développement des aptitudes et talents, 	et le bonheur ou une vie décente etc. que Kaï Nielsen 	rattache, avec grande hésitation tout de même -- comble 	de l’aporie ! -- à un universalisme de type kantien 	opposable à tout relativisme. Ces principes constituent non 	seulement des principes axiologiques -- disons l’héritage 	du jusnaturalisme -- mais aussi, d’après la terminologie 	propre à Nielsen, autant de &amp;lt;&amp;lt;faits&amp;gt;&amp;gt; 	anthropologiques, c’est-à-dire, des faits relevant d’une 	certaine nature humaine. Or, paradoxalement, c’est par rapport à 	cette idée de faits anthropologiques que Kaï Nielsen 	lance sa diatribe contre le jusnaturalisme tant dans sa version 	moderne que classique. De plus, et Kaï Nielsen est très 	clair sur ce point, ces principes lui permettent, malgré la 	radicalité de sa critique anti-jusnaturaliste, d’accorder 	sa sympathie au droit naturel, version Hart. J’ai essayé de 	relever ces apories qui minent apocalyptiquement sa conception. </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">	Ainsi, ma thèse 	comporte ces trois moments importants: critique du positivisme 	juridique, premier moment, critique de l’application de la théorie 	habermasienne au droit, et critique du scepticisme 	anti-fondationnaliste et anti-métaphysique de Kaï 	Nielsen, troisième moment. Le second moment, et le plus 	important, analyse et interprète la tradition jusnaturaliste 	en la défendant. Il s'agit ici en l'occurence de la doctrine 	du droit naturel moderne. En l’occurrence, puisque j’ai essayé 	de relever les points d’arrimage essentiels qui subsistent 	indéniablement entre cette doctrine et celle de l’Antiquité. 	</font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">	Je 	souligne que mon interprétation va à l’encontre de 	celle de bon nombre d’érudits humanistes, experts en 	matière de la noétique éthico-juridique et 	politique moderne. Selon ces derniers, l’humanisme juridique des 	Lumières -- sinon déjà depuis Descartes -- se 	trouve entièrement aux antipodes de toute pensée 	métaphysique, plus spécifiquement, cosmo-téléologique. 	Or, à moins d’occulter la cohérence architectonique 	de la pensée de nos philosophes humanistes de </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>l’Aufklärung</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	tels Rousseau et Kant, la culminante voûte cosmo-téléologique 	de leur système devrait  apparaître et se dessiner à 	grands traits. Evidemment, en déchiffrer les contours 	imposants nécessite une sérieuse archéologie 	scripturaire, entreprise dans laquelle excellent pourtant ces 	experts. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Le sens et 	l’intérêt de ma thèse est, sans précédent, 	double: </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>primo</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	un sens et un intérêt  théoriques et, </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>secundo</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	un sens et un intérêt pratiques. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"center\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"left\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><b>SENS ET INTERET DE LA 	THEMATIQUE</b></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><b>Sens et intérêt 	théoriques:</b></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Un premier 	aspect de la thématique de notre thèse rappelle 	l’importance capitale de la fondation de ces premières 	valeurs, «</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Urwerten</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">», 	de notre culture juridique, importance qui ne se limite pas à 	un cadre purement académique, mais s’étend, en se 	faisant sentir avec plus de poignance, à la sphère 	pratique du droit politique. Car, on ne saurait le nier, davantage 	dans notre ère qu’autrefois, la nécessité 	d’une légitimation de ces valeurs s’impose. Et pourquoi ? 	La caractéristique principale de notre ère est de 	reléguer dans l’ordre des choses sans importance toutes les 	questions de légitimation, au nom d’une technocratie, d’une 	pragmatique pure et d’un empirisme prétendument efficaces. 	Or, si le thème des droits de l’homme connaît, depuis 	à peu près deux décennies, un regain  dans 	l’esprit de tous, c’est justement parce que ce qui est tenu pour 	expédient, efficace, se solde non seulement par une faillite 	des plus redoutables -- les idées courantes de manque de 	repères axiologiques et d’inflation des droits nous le 	montrent --, mais il est aussi le catalyseur de la problématique. 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Catalyseur 	de la problématique, la crise des fondations à toutes 	les échelles des sciences en est le révélateur 	-- rappelons qu’elle ne date nullement d’aujourd’hui mais 	sévissait déjà depuis l’Antiquité avec 	Parménide et les Pyrrhoniens. C’est que la première 	des étapes à franchir en vue d’une mise en pratique 	des valeurs et normes n’est autre chose que la fondation de ces 	dernières. Tant la gnoséologie</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">ou 	la </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>noesis</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	que la</span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> 	praxis</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	humaine la requièrent, qui dit principe signifiant fondement, 	ultime </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>criterium</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">, 	un premier ou un dernier en raison de quoi une chose consiste, 	devient, demeure, ou se fait. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\">Le second aspect du sens et de 	l’intérêt théoriques de mon thème est, 	quant à lui, purement académique. Reconnaissant la 	nécessité de l’entreprise, il consiste en une 	relecture et une reconstruction aussi fidèles que possible 	des textes de nos plus importants philosophes des Lumières. 	Il s'agit pour nous de démasquer les lectures tendancieuses 	et, nous semble-t-il, à portée purement idéologique 	des textes de ces philosophes. Les vestiges de la pensée 	cosmo-téléologique enfouis dans le système de 	nos philosophes des Lumières constituent indéniablement 	une preuve des lectures idéologiques en question. A ce 	propos, je dirai que je n’avais aucunement cherché à 	fonder nécessairement les droits de l’homme sur un principe 	métaphysique. Loin de là. J’ai plutôt tenté 	d’identifier précisément, à partir de ma 	reconstruction de ces textes-sources philosophiques et juridiques, 	le statut épistémologique du fondement des droits de 	l’homme tel que le cœur de nos Déclarations nous le 	révèle. Relever de ces sources, les concepts 	explicatifs ou corrélats principiels, ceci, contre toute 	tentative, anti-philosophique je trouve, de les méconnaître 	ou de les occulter. Sur ce point, de mes examinateurs qui ont 	pleinement reconnu la fidélité de ma réception 	des textes-sources, j’en sais profondément gré.  </font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><b>Sens 	et intérêt pratiques:</b></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Le monde 	actuel est, plus que jamais auparavant, le théâtre de 	la coexistence de plusieurs cultures. Le multiculturalisme juridique 	que connaît, mieux que le Continent, le Nouveau monde, 	consacre résolument la dite faillite de la technocratie, de 	la pure pragmatique et de l’empirisme dont l’efficacité 	n’est que simple prétention. La technique, la pragmatique 	et l’empirie est une voie de recours au service d’une toute 	petite partie des multiples « écoles » 	philosophiques et culturelles souvent farouchement opposées 	quant aux valeurs et normes sociales, quant à leurs étendues, 	quant à nos orientations sociétales majeures et, ce 	qui est plus préoccupant, quant à la valeur de la 	personne humaine. Même dans un seul espace juridico-politique, 	il est à noter l’existence d’une pluralité de 	conceptions antinomiques, conflictuelles, de ce qui est tenu pour 	fondement du droit politique par les critiques du droit et de l’Etat 	modernes et contemporains, savoir: la liberté-égale ou 	encore l’autonomie. Ceci n’est pas sans poser de très 	sérieux problèmes dans la pratique juridique, 	problèmes qui, à mon humble avis, appellent, pour 	leurs solutions, la recherche d’un principe culminant et 	indérogeable. Or, ce principe existe déjà au 	fondement de notre système juridique international et 	n’attend que plus de reconnaissance et une mise en pratique plus 	consciencieuse, plus responsable, et plus rigoureuse. C’est en 	cela que la restitution du sens fondamental, originaire de nos 	Déclarations m’a semblé indispensable. C’est en 	cela que la distinction de deux </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>strata 	</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">fondationnels 	des droits de l’homme m’a semblé plus adéquat que 	la position des seuls principes d’autonomie et de liberté-égale. 	</span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">J’ai donc 	distingué un premier </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>stratum</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	de principe qui revient à l’intangible dignité 	humaine d’un second </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>stratum</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	revenant à l’égale-liberté, donc aussi aux 	complexes des droits et libertés. Plusieurs raisons 	théoriques, pratiques et pragmatiques justifient cette 	distinction. Ce qui concerne la théorie apparaît 	clairement dans la section précédente et se révélera 	avec davantage de clarté au fil de la lecture de ce texte. En 	quoi donc consistent les raisons pratiques ? </span></font></p>
</div>
<div dir=\"ltr\" id=\"Section2\">
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><a name=\"QuickMark\"></a> 	<font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Il suffit de 	lire des auteurs préoccupés par l’application des 	principes que je qualifie de pseudo-fondements des droits de l’homme 	aux problèmes culturels pour se rendre compte de la nécessité 	et de ce que je pose ici, sinon rappelle, comme fondement et de 	cette distinction même. (Je reviendrai sur cette idée 	de pseudo-fondement lorsque j’exposerai les résultats 	théoriques de mon investigation). Des auteurs anglo-saxons 	tels Kymlicka dans le sillage de John Stuart Mill s’opposant à 	Rawls, les communautariens tels Michael Sanders, Richard Taylor, et 	bien d’autres experts tels Pierre Laberge, Henry Shue, Alan 	Gewirth, Onora O’Neill, Chandras Kukhatas, Bikkhu Parekh, Susan 	Mendus, Sheila Benhabib, etc...., </span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>se 	fondant tous sur lesdits pseudo-principes</i></span></font><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"> 	pour résoudre les nombreux problèmes socio-culturels 	que pose l’application des principes du droit international n’ont 	fait, à mon avis, que s’empêtrer davantage dans des 	complications à la fois théoriques et pratiques qui 	auraient pu être évitées. </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">Un exemple 	pratique en la matière est lié à la thématique 	de la tolérance des groupes non-libéraux par les 	libéraux chère à Kymlicka et à Rawls</span></font><sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\" class=\"sdfootnoteanc\"><sup>1</sup></a></span></font></sup><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\">. 	Sans entrer dans les détails de cette problématique, 	je rappellerai tout simplement leurs lignes rectrices 	d’argumentation. Tandis que le premier, Kymlicka, défendant 	farouchement la perspective millienne d’une liberté 	libéraliste compréhensive, c’est-à-dire, 	d’une extension sans retenue de la conception libéraliste 	de la liberté aux différents groupes socio-culturels 	tout en se préoccupant anxieusement des droits des minorités 	culturelles, le second, Rawls, limite cette conception libéraliste 	de la liberté à la sphère politique uniquement, 	cherchant ainsi désespérément à 	préserver l’espace culturel des groupes non-libéraux 	de l’invasion des principes libéraux. . </span></font></p>
<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"> </p>
<p align=\"justify\" style=\"text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;\"><font size=\"2\" style=\"font-size: 11pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><span style=\"font-style: normal;\">Premièrement, 	remarquons que ces deux philosophes ont omis -- surprenant !</del> de 	distinguer au moins deux catégories de non-libéraux, 	savoir les non-libéraux radicaux et les non libéraux 	non radicaux<a href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc" class="sdfootnoteanc"><sup>2</sup></a>.</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	Je range sous la première catégorie des groupes tels 	que les Nazi-Fascistes (ou Néo-Nazi-Faschistes), les 	Ku-Klux-Klan, les Skin-Heads, etc. et certaines sectes ou 	groupements pseudo-religieux tels les Bagwan, les Temples solaires, 	les Moons, les Fondamentalistes musulmans, pire, les Al-qaeda etc. 	qui ont une aversion viscérale pour les valeurs libérales 	telle l'intangibilité de la dignité humaine, la 	liberté ou l’autonomie. (Je note ici que cette valeur est 	loin d’être de source libérale au sens où l’on 	entend ce mot). Ces non libéraux radicaux foulent gravement 	aux pieds les valeurs en question, non seulement celles de ceux qui 	ne sont pas membres de leurs factions, mais aussi celles de leurs 	propres membres ex-dissidents ou membres permanents, desquels ils 	reconnaissent pourtant -- là se trouvent le paradoxe dans 	leur vision de l’homme -- les attributs de personne humaine. </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Je range dans la seconde 	catégorie des groupes tels les Indiens, les Inuits, les 	Métis, les Hutterites, les Amish, les Anabaptistes, les 	Mennonites etc., et toutes les autres cultures qui, tout en 	reconnaissant ces valeurs, s’opposent à l’intrusion 	idéologique destructrice du libéralisme dans leur 	culture, quant à l'étendue des libertés 	individuelles de leurs membres. S'ils ne restent pas complètement 	fermés à l’idéologie de l'État libéral 	dont ils partagent les valeurs fondamentales en tant que telles, ils 	sont cependant préoccupés par l’intégrité, 	l'authenticité sinon la pureté de leur système 	axiologique menacé par le paternalisme corrosif de l’Etat 	libéral.</font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Deuxièmement, 	il est indispensable et de première nécessité 	de se rappeler constamment que l’Etat libéral n’a guère 	de droit d’auteur ou d’inventeur sur ces valeurs. L’histoire 	en est une preuve et je me dispense ici d’en faire une anamnèse. 	Omettre ce point et la distinction entre les groupes non-libéraux, 	c’est prêter le flanc à de fausses critiques</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	telle celle soulevée par Kymlicka et d’autres par exemple, 	critiques du genre: &amp;lt;&amp;lt;Why nonliberal groups would accept a 	constitutional order founded on the idea that people have a 	highest-order interest in their capacity to form and revise a 	conception of good&amp;gt;&amp;gt;. </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Du 	moment que l’on peut arriver à reconnaître aux 	systèmes ou cultures de ces groupes une communauté 	axiologique de base avec le système ou la culture de l’Etat 	libéral, un grand pas est franchi dans les processus de 	dialogue. Et le premier de ces processus, consistera en la recherche 	concertée des implications logiques et éthiques 	immédiates et rigoureuses du fondement des fondements du 	droit politique: la dignité humaine. Ces processus doivent se 	poursuivre continuellement, puisque l’Etat libéral lui-même 	et les autres groupes culturels sont assujettis à une loi 	d’évolution sociale sans fin. </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Ce 	qui signifie, et je partage parfaitement l’avis de Rawls sur ce 	point, que le second ordre de principes, quant à la 	détermination spécifique et à l’application 	particulière de ceux-ci aux cas concrets --  combien 	variables ! --, reste soumis à la discrétion des 	groupes culturels aussi bien qu’à celle de l’Etat 	libéral. Une casuistique non figée est donc ici de 	mise. </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">De la nécessité 	d’une casuistique, Habermas nous en a convaincu avec son principe 	de fondation communicationnelle. Cependant, l’un des tests de 	l’invalidité ou de l’impertinence de son programme 	demeure la non reconnaissance d'un moment anté-dialogique, 	anté-discussionnel ou anté-communicationnel avec un 	principe anté- et supra-dialogique, discussionnel ou 	communicationnel.avant tout processus dialogique. </font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Principe &amp;lt;&amp;lt;D&amp;gt;&amp;gt;, 	c’est ainsi que Habermas nomme le principe de son paradigme. En 	voici l’énoncé précis: <i>&amp;lt;&amp;lt;[...] ne 	peuvent prétendre à la validité que les normes 	qui sont acceptées [ou pourraient l’être] par toutes 	les personnes concernées en tant qu’elles participent d’une 	discussion pratique.</i><i>&amp;gt;&amp;gt;</i><a href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc" class="sdfootnoteanc"><sup>3</sup></a></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Or, 	à notre humble avis, il est absolument indispensable, sur le 	plan  théorique du moins, de penser, concevoir l'anté- 	et supra-positivité de la dignité humaine, de son 	intangibilité et de son caractère inentamable</span></span></font><sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;"><a href="#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc" class="sdfootnoteanc"><sup>4</sup></a> 	</span></span></font></sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">avant 	la validité de tout autre principe résultant du 	processus dialogique. Ce n'est qu'à ce prix que le processus 	dialogique prôné par Habermas peut se concevoir comme 	programme possible. Car, </span></span></font><font face="Times New Roman, serif"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">avant 	l’entrée dans l’arène discussionnelle, qu’est-ce 	qui empêcherait les participants à s’entre-déchirer, 	à s’entretuer, à s’envoyer les uns les autres dans 	l’au-delà ? De fait, rien  </span></span></font></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">n'empêche 	les participants au processus dialogique de porter atteinte à 	la dignité d'autres participants avant l'entrée dans 	l'arène dialogique. Le problème interculturel de 	l'étendue de l'égale-liberté pour les 	participants au processus dialogique ne peut non plus être 	déterminé, stigmatisé comme problème ni 	être adéquatement résolu sans la reconnaissance 	et la position de l'anté- et supra-dialogique, de l''archè 	des archè qu'est la dignité humaine. </span></span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><font face="Times New Roman, serif">	Ainsi 	que le fait remarquer Höffe en recourant à la théorie 	kantienne: </font><font face="Times New Roman, serif"><i>&amp;lt;&amp;lt;[La 	théorie habermasienne] est contre-productive pour une éthique 	de la discussion. Si le discours doit pouvoir être le lieu de 	l’examen moral des normes de la discussion, les participants ne 	peuvent ni se mentir mutuellement, ni se tromper, ni même se 	tuer, de sorte que la discussion suppose justement la reconnaissance 	de principes dont l’impératif catégorique kantien 	examine la moralité et ne relève pas du mérite, 	mais du droit.&amp;gt;&amp;gt;</i></font><font face="Times New Roman, serif"><span style="font-style: normal;"><a href="#sdfootnote5sym" name="sdfootnote5anc" class="sdfootnoteanc"><sup>5</sup></a></span></font></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Habermas 	n'aurait-il pas alors reconnu la caractéristique anté- 	et supra-diaologique qu'est la dignité humaine ? De toute 	évidence, Habermas reconnaît en « la 	vulnérabilité humaine » un principe 	analogue à celui de la dignité humaine. L'articulation 	de ce principe en rapport avec les pré-requis de la fondation 	communicationnel n'est cependant pas un principe anté- et 	supra-dialogique chez Habermas. Au contraire, elle ne sert qu'à 	expliciter l'idée d'« absence de contrainte » 	et de « liberté absolue » sous-jacente 	à la nécessité du dialogue fondationnel. Il 	manque donc à Habermas une articulation rigoureuse du 	principe de dignité humaine -- la vulnérabilité 	chez lui – et par conséquent un concept adéquat de 	la personne humaine. Concept contextualiste et relativiste de la 	personne humaine, telle se précise le concept habermasien de 	la personne.  </span></span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">	</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Le 	concept contextualiste et relativiste de la personne chez Habermas, 	en tant qu’entité engluée dans un contexte 	juridico-politique spatio-temporel tombe exactement dans les mêmes 	embûches que Kymlicka et Rawls qui n’ont pas su vraiment 	distinguer les deux </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>strata</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	fondationnels que nous revendiquons: un premier </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>stratum</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	où règnerait, suprême, le principe de la dignité 	humaine, l'archè des archè et un second </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>stratum</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	où se rangeraient l'égale liberté et ses 	corrélats.</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">	Payer une due reconnaissance 	au principe de l’humanité avant toute économie du 	principe d’autonomie et tout processus discussionnel présuppose 	la gestion d’un concept adéquat de la personne en tant 	qu'être non « embourbée » dans la 	« fange » des cultures, ce dont Habermas s’est 	abstenu, même dans sa Paix perpétuelle. Payer cette due 	reconnaissance permet de trouver des principes susceptibles de 	résoudre les conflits opposant les deux ordres axiologiques 	international et culturel de la façon suivante: </font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>&amp;lt;</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">&amp;lt;Lorsque 	des conflits sévissent tant sur le plan inter-étatique 	et international que sur celui des cultures intra-étatiques, 	donner priorité aux valeurs de l’ordre juridique 	international, puisque être Etat-membre de l’Organisation 	des Nations-Unies implique adhérer à ces valeurs 	fondamentales qui régissent l’ordre international et 	auxquels se subsument, pour leur validité et légitimité, 	tout principe et toute valeur de cultures intra-étatiques 	aussi bien que tout principe et toute valeur inter-étatique&amp;gt;&amp;gt;.</span></span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">	Il 	est facile de démontrer la pertinence d’une telle position. 	Car, il suffit de se rendre compte de ce fait indéniable très 	fréquent chez presque tous les Etats-membres de l’ordre 	international pour l’admettre: </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">certains 	Etats-membres ou certaines cultures, emportés par les 	tourbillons de l’irascible, du despotisme, se dispensent sans 	aucun scrupule de l’observance des normes juridiques 	internationales et violent ainsi délibérément 	les droits de la personne humaine en évoquant des valeurs 	culturelles. Mais, dans le même temps, lorsque ces mêmes 	valeurs sont rappelées par des citoyens ou membres de 	communautés particulières revendiquant le respect due 	à leur dignité et que ces Etats-membres ou communautés 	se voient confrontés à de vives réactions 	contre leur autorité, ces mêmes Etats ou communautés 	se retournent vers les Nations-Unies pour chercher du soutien 	militaire ou de l'aumône. L'appel aux Nations-Unies se fait 	d'autant plus pressant que l'aumône ou le soutien militaire 	est d'ailleurs quasi-omniprésent. </span></span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<ol>
    <p align="left" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
</ol>
<p align="left" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><b>PORTEE 	THEORIQUE ET PRATIQUE DU FONDEMENT</b></p>
<ol start="0">
    <p align="center" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
</ol>
<p align="center" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">L’une des 	raisons principales du rejet, à l’époque 	contemporaine, du principe de l’humanité demeure ladite 	lourdeur métaphysique dont l'affublent bon nombre de 	critiques du droit et de l’Etat modernes. A ceci s’ajoute, 	paradoxalement d'ailleurs, la vacuité pratique dont d'autres 	critiques l’affligent. Le paradoxe est éblouissant ! Car 	</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">comment 	dire d'un même principe qu'il est à la fois 	métaphysiquement lourd et pratiquement infécond,</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	voire vide? </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Je m’emploierai ici à 	démontrer, d’une part, la permanence, encore de nos jours, 	des principes d’ordre non moins métaphysique dans le 	système juridique et, d’autre part, l’extrême 	fécondité pratique, voire aussi pragmatique, du 	principe de l’humanité par rapport à l’autonomie 	et/ou l’égale-liberté qui en est d’ailleurs un des 	principes pratiques dérivés. Pour ce faire, j’énonce 	le principe suivant que je trouve thérapeutique, salvateur, 	pour le droit moderne:</font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">&amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i><u>Comme 	tout système immunitaire déficient requiert, pour sa 	guérison ou le rétablissement de son équilibre 	fonctionnel, la ré-introjection du principe, du maillon 	manquant ou de son substitut, tout système axiologique 	dysfonctionnel nécessite, pour le rétablissement de 	son équilibre fonctionnel, la ré-introjection du 	principe, du maillon manquant ou de son substitut</u></i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">.&amp;gt;&amp;gt;</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">	Si 	la tension parcourant la culture juridique de la modernité 	contemporaine procède de l’absence ou de l’évacuation 	des critères supra-positifs de son </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>stratum 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">fondationnel, 	seule la ré-introduction de ces mêmes critères 	permettrait de résorber la tension en question. Ce principe 	me paraît d’autant plus pertinent et plus facile à 	appliquer que les critères en question ne souffrent que d’un 	manque de sérieuse considération. </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Montrer que 	les représentations métaphysiques et religieuses, 	contre lesquelles s’élèvent les voies de certains 	penseurs du droit et de l’Etat modernes, demeurent non seulement 	omniprésentes dans notre culture juridique moderne, mais 	encore et surtout qu’elles en constituent la source dynamisante et 	revitalisante est chose facile. Cela n'est du moins pas d'une 	difficulté insurmontable. Les grandes Déclarations 	successives consacrent dans la liste des libertés celle de 	confession ou de religion. D’autres principes juridiques tels ceux 	du &amp;lt;&amp;lt;mariage posthume&amp;gt;&amp;gt;, du &amp;lt;&amp;lt;respect de la 	volonté des morts par le biais des testaments&amp;gt;&amp;gt;, le 	principe de la &amp;lt;&amp;lt;protection de la mémoire des morts&amp;gt;&amp;gt; 	font partie de l’assise culturelle du droit moderne. S’ajoute à 	la longue liste raccourcie la proposition de H. Caillavet du 10 	juillet 1976, relative aux dons d’organes et justifiant &amp;lt;&amp;lt;la 	nécessité du consentement du défunt&amp;gt;&amp;gt; en 	référence au principe du &amp;lt;&amp;lt;respect de 	l’intégrité de la personne humaine, même après 	la mort&amp;gt;&amp;gt;. Pour clôturer la liste, notons, récemment, 	le débat houleux, en France, autour de l’exhumation du 	chanteur Yves Montand, débat qui s’inscrit dans le registre 	croisé du droit, de l’éthique et de la métaphysique, 	selon les dires de Maître Gilbert Collard, Avocat au barreau 	de Marseilles, défenseur de la fille présumée 	d’Yves Montand. Tout cela reste symbolique de la consécration 	juridique de la &amp;lt;&amp;lt;présence spirituelle des morts dans 	le monde des vivants&amp;gt;&amp;gt;, nous rappelle Norbert Rouland dans 	</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Anthropologie 	juridique</i></span></font><sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i><a href="#sdfootnote6sym" name="sdfootnote6anc" class="sdfootnoteanc"><sup>6</sup></a></i></span></font></sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">. 	Aussi remarque-t-il judicieusement: &amp;lt;&amp;lt;Illogisme [dans la 	culture juridique actuelle] car si l’on postule l’anéantissement 	de la personne avec la mort, la protection de l’intégrité 	physique du cadavre ne se justifie plus&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><a href="#sdfootnote7sym" name="sdfootnote7anc" class="sdfootnoteanc"><sup>7</sup></a></span></font></sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">. 	Et Emile Durkheim, le sociologue, le non métaphysicien de 	conclure, par ailleurs, que le droit participe nécessairement 	du sacré, ce qui est une idée à la fois 	religieuse et laïque du sacré dans la mesure où, 	à l’exception de la personne humaine, certaines autres 	choses ou objets relèveraient &amp;lt;&amp;lt;d’un régime 	différent de celui du profane&amp;gt;&amp;gt; et seraient 	juridiquement protégés par des interdits</span></font><sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><a href="#sdfootnote8sym" name="sdfootnote8anc" class="sdfootnoteanc"><sup>8</sup></a></span></font></sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">. 	</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Dans cette 	perspective d’idées, le soit-disant &amp;lt;&amp;lt;désenchantement&amp;gt;&amp;gt; 	du droit dans les sociétés excessivement modernisées 	dont parle Marcel Gauchet</span></font><sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><a href="#sdfootnote9sym" name="sdfootnote9anc" class="sdfootnoteanc"><sup>9</sup></a></span></font></sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">, 	ou encore la soit-disant &amp;lt;&amp;lt;émancipation&amp;gt;&amp;gt; du 	droit, pour reprendre le terme de Habermas, apparaissent comme un 	simple souhait du fait de la permanence d’un noyau indestructible 	de ce qui est nommé &amp;lt;&amp;lt;assises traditionnelles et 	immuables&amp;gt;&amp;gt; du droit moderne. S’il en est ainsi, c’est 	parce que les usagers de ces libertés ne sont pas seulement 	ces multiples revendicateurs culturalistes/traditionnalistes de la 	dignité humaine d’obédience religieuse ou épris 	de religiosité et de spiritualité. Dans leurs rangs 	figurent aussi les laïcs qui en sont de très grands 	consommateurs. La simple consécration des jours fériés 	religieux dans nos calendriers officiels, la timide tolérance 	ou la farouche interdiction du port des tchadors, les décorations 	murales par des croix et autres symboles religieux, les devises 	latines de nos institutions académiques claironnant le nom de 	Dieu parachevant et garantissant la vérité et la 	noblesse spirituelle de la science qui s’y enseigne, tous ces 	éléments en sont des preuves tangibles.</span></font><font size="4"><span lang="fr-FR"> 	</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Autres faits 	saillants: l’affaire Salman Rushdie, la condamnation récente 	de certaines oeuvres artistiques tenues pour diffamatoires à 	l’endroit de l’image honorable de François Mitterand, la 	prolifération de certaines sectes religieuses dangereuses, et 	leur autorisation expresse ou tacite, avec toutes les conséquences 	dramatiques qu’elles génèrent, dont, par exemple, le 	drame de la secte du Temple solaire et ses retombées 	juridiques et politiques. Voilà des faits qui confirment bien 	la convenance de l’idée tant criée de nos jours, 	sinon d’une &amp;lt;&amp;lt;perdurance&amp;gt;&amp;gt; du moins d’une &amp;lt;&amp;lt; 	ré-inscription du religieux dans l’Etat démocratique&amp;gt;&amp;gt;, 	bref, d’un galopant &amp;lt;&amp;lt;retour du religieux&amp;gt;&amp;gt;</span></font><sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><a href="#sdfootnote10sym" name="sdfootnote10anc" class="sdfootnoteanc"><sup>10</sup></a></span></font></sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	et du métaphysique. </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Foisonnent 	ainsi les données empiriques, sociologiques, de 	l’interpénétration de la métaphysique, voire 	du religieux, du droit et du politique. Et pour répondre à 	Habermas et aux détracteurs de la métaphysique 	éthico-juridique, je dirai que </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">l’émancipation 	en question n’est pas encore consommée – encore faut-il 	qu’elle soit d’abord véritablement amorcée et à 	ses tâtonnants débuts –, que la vraie panacée 	des crises du droit moderne et contemporain, qui s’inscrit dans 	une logique d’ouverture du droit à la critique, laquelle 	dit Habermas, prend le sens de plus de justice, reste encore à 	trouver, si ce n’est qu’elle est omniprésente et qu’elle 	n’attend qu’une théorisation plus rigoureuse.</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">A mon humble 	avis, </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">cette 	ouverture du droit à la critique est loin de réussir, 	si elle doit se faire au prix d’une résistance du droit à 	la présence des représentations métaphysiques 	et religieuses dans son stratum fondationnel. </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Le 	concept de dignité humaine étant de toute façon 	le soubassement des soubassements de nos complexes de droits et 	libertés tel que j’ai essayé, tant que faire se 	peut, de le montrer, cette résistance du droit ne se peut 	solder que par un fiasco. On ne peut donc pas rejeter ce principe 	sous prétexte qu’il est métaphysiquement lourd, car 	appelant des concepts tels que liberté et égalité 	innées ou naturelles, conscience de soi, de raison, de fin se 	profilant indéfiniment à l’horizon de la perfection 	morale, bref, d’essence conceptuelle de l’homme ou d’une 	nature humaine à laquelle vient s’ajouter, pour parachever 	la charpente conceptuelle, l’idée d’un Être 	Suprême, Dieu ou Nature. Autant de constellations 	principielles s’inscrivant, de surcroît, dans un canevas 	théorique de finalisme universel ou de cosmo-téléologie.</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Si 	le principe en question est métaphysiquement lourd, c’est 	d’ores et déjà qu’il ne peut être taxé 	de vacuité pratique par rapport au principe de la liberté 	ou de l’autonomie qui, rappelons-le, en est un dérivé. 	Une façon appropriée de le montrer est de se pencher 	sur la double sémantique de fin en soi et de fin à 	réaliser, respectivement, concept négatif et concept 	positif de dignité humaine, </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">que 	j’ai fait ressortir par l’étude des textes philosophiques 	et juridiques, et ceci, dans le sillage des philosophes 	Néo-kantiens, sans pour autant offusquer l’originalité 	de mon interprétation. </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">L’étude 	des textes m’a permis de résoudre </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>le 	problème des antinomies de la raison, de la liberté et 	de la conscience, antinomies inhérentes à ces systèmes 	de pensée. Au coeur de ces systèmes, les facultés 	ou puissances de l’homme sur lesquelles se fonde l’idée 	de dignité humaine nous sont présentées, d’une 	part, tout aussi destructrices que constructrices et, d’autre 	part, en vertu de leur capacité destructrice, limitées 	par l’archè des archè, le régulateur des 	régulateurs</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">. 	</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Or, 	la liberté dans ces systèmes ne signifie rien d’autre 	que l’autonomie</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">. 	C’est dire qu’après avoir limité celle-ci, 	l'autonomie, il faille tout d’abord prendre uniquement en compte 	le principe qui la limite, que ce dernier soit ou non plus neutre et 	davantage tributaire d’une métaphysique substantialiste que 	celle-là. </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Reconnaître la nature 	destructrice de la liberté-autonomie c’est, par ailleurs, 	l’identifier comme source de problèmes. L’un de ces 	problèmes demeure ladite &amp;lt;&amp;lt;inflation de droits&amp;gt;&amp;gt;. 	Cette inflation est peut-être liée à l’évolution 	de nos sociétés démocratiques. Mais, je dirai 	que si les lois avaient une bonne assise morale, si elles savaient 	distinguer et délimiter aussi finement que possible mais 	strictement le public et le privé, cette tendance de 	l’évolution à être plutôt une voie 	d’involution, à se faire sur la base de principes reconnus 	destructeurs, du moins sources de problèmes, l’inflation en 	question pourrait être évitée.</font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span style="text-decoration: none;">L</span>a 	liberté ou l’autonomie est un principe si alléchant, 	nous permettant de tout faire, sans limite, qu’aux modernes, dès 	après Kant, qui ont le goût de la libération, 	son choix ne peut que convenir. Sa seule limite, c’est peut-être 	le paternalisme étatique et les accords  ou compromis des 	experts de tout bord. Peut-être qu’ici, au regard du 	principe limitatif, on nous questionnera en ces termes: si la 	liberté individuelle est déjà restreinte par le 	paternalisme et les compromis des experts, pourquoi lui imposer 	d’autres restrictions ? Notre réponse à cette 	question sera la suivante: le principe de la dignité humaine 	ne s’impose pas seulement aux individus dans leurs relations 	inter-personnelles mais aussi, puisque les droits de l’homme 	constituent autant de bornes aux dangers du despotisme, il s’impose 	aussi à l’Etat paternaliste et aux décrets des 	experts. Et voilà une autre signification originaire des 	droits de l’homme. Ces moments argumentatifs nous introduisent 	finalement à la démonstration proprement dite de la 	fécondité du principe de l’humanité. </font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">La dignité humaine, 	quand bien même qu’elle pose de sérieuses limites à 	nos principes d’action et à nos actions, en nous 	responsabilisant vis-à-vis de nos frères et soeurs 	humains, néanmoins, elle est de loin, et véritablement, 	le principe le plus fécond. A moins de vouloir fuir nos 	responsabilités, nous ne manquerons jamais de lui accorder la 	précellence sur les autres principes. En quoi, suivant Kant, 	le tenons-nous pour vraiment tel, c’est-à-dire fécond, 	inentamable ?  </font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">D’abord, 	pour parer à l’objection de vacuité qui frappe ce 	concept, nous dirons que cette façon de concevoir le concept 	vient peut-être de ce que nous sommes trop accoutumés à 	l’entendre uniquement comme fin négatif, comme fin existant 	en soi, à telle enseigne que l’on a complètement 	négligé son dimension positive, en dépit des 	interprétations téléologiques qu’en ont fait 	certains critiques de Kant. Pour saisir ce concept dans toute sa 	profondeur et ampleur, il est nécessaire de porter une fois 	encore une attention toute particulière aux textes des 	</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i><span style="text-decoration: none;">Fondements 	de la Métaphysique des Moeurs</span></i></span></font><sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><u><a href="#sdfootnote11sym" name="sdfootnote11anc" class="sdfootnoteanc"><sup>11</sup></a></u></span></font></sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">. 	</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Dans la deuxième section 	de cet ouvrage, parlant de fins pratiques, Kant distingue celles qui 	sont subjectives, émanations des impératifs 	hypothétiques et celle, unique en son genre, pour tous les 	êtres humains, la fin objective, fondatrice de l’impératif 	catégorique. Tandis que les premières sont 	&amp;lt;&amp;lt;relatives, conditionnelles&amp;gt;&amp;gt;, constituent des 	&amp;lt;&amp;lt;mobiles&amp;gt;&amp;gt;, sont valables uniquement pour des actes 	particuliers des personnes individuelles et ont statut de 	&amp;lt;&amp;lt;maximes&amp;gt;&amp;gt;, la seconde possède une &amp;lt;&amp;lt;valeur 	absolue et inconditionnelle&amp;gt;&amp;gt;, constitue un &amp;lt;&amp;lt;motif&amp;gt;&amp;gt;, 	et un &amp;lt;&amp;lt;principe objectif du vouloir&amp;gt;&amp;gt;, valant 	nécessairement &amp;lt;&amp;lt;pour tout acte de vouloir&amp;gt;&amp;gt;. Il 	est vrai que Kant n’est pas toujours suffisamment clair sur la 	distinction entre la liberté du vouloir morale ou autonomie 	et la dignité humaine qu’il prend pour fin en soi de 	l’action humaine. Cependant, la clarté du texte, à 	certains endroits, ne laissent l’ombre d’aucun doute sur 	l’extrême importance du concept de dignité humaine 	par rapport à celui de l’autonomie. </font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Aux pages 	106-107 des </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i><span style="text-decoration: none;">Fondements 	de la Métaphysiques des Moeurs,</span></i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	il s’agit de la Deuxième section intitulée «Passage 	de la Philosophie Morale Populaire à la Métaphysique 	des Moeurs», Kant affirme que l’homme est fondement de 	l’impératif catégorique. </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Il 	fait équivaloir, en même temps et indistinctement, les 	notions d’</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>&amp;lt;&amp;lt;homme&amp;gt;&amp;gt;, 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">de 	</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>&amp;lt;&amp;lt;fin 	en soi&amp;gt;&amp;gt;, </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">de</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;dignité humaine&amp;gt;&amp;gt; </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">et 	de</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;loi pratique universelle&amp;gt;&amp;gt;. </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">La 	personne a ainsi valeur et statut de loi pratique universelle. </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">De 	ce fait, il ne doit être utilisé jamais simplement 	comme moyen mais aussi et toujours comme une fin, il est &amp;lt;&amp;lt;limite&amp;gt;&amp;gt; 	de tout arbitre. </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Si l’homme 	possède un libre vouloir, une autonomie, il est tout de même 	obligé de légiférer conformément à 	la fin de la nature. C’est un passage assez important qui, à 	notre avis, du fait de l’exceptionnelle insistance par Kant sur 	l’autonomie par rapport à toutes les morales précédant 	la sienne, a fait l’objet d’interprétations trop 	aveuglément radicales allant dans le sens contraire de ce que 	nous devons tenir l’intuition primordiale de Kant. La loi morale, 	selon Kant, est une loi propre à la nature de l’homme. Elle 	lui est donnée, même si ce n’est pas empiriquement. 	</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">L’emphase 	mise sur le concept d’autonomie induit d’autant plus au 	contre-sens que Kant, par endroits, soutient ce qui peut passer pour 	une vicieuse circularité dépourvue de sens. Car, 	contrairement à la thèse sus-énoncée, 	selon laquelle l’homme, la fin en soi, la dignité humaine 	est</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;le fondement de l’impératif catégorique&amp;gt;&amp;gt;, 	donc de l’autonomie (p. 106-107), </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Kant 	avance, paradoxalement, la suivante</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>: 	&amp;lt;&amp;lt;L’autonomie est donc le fondement de la dignité de 	la nature humaine et de toute nature raisonnable&amp;gt;&amp;gt; (p. 117). 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Voilà 	donc, tour à tour, la dignité humaine et l’autonomie 	se disputer le premier rang dans la chaîne des principes 	suprêmes de la moralité chez Kant.</span></span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">On peut 	peut-être penser à une synonymie. Mais, </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>s’ils 	sont synonymes, toute recherche de sens de la thèse kantienne 	devrait être abandonnée, car la thèse 	reviendrait à ceci: &amp;lt;&amp;lt;L’autonomie est le fondement de 	l’autonomie&amp;gt;&amp;gt; ou encore &amp;lt;&amp;lt;La dignité humaine 	est le fondement de la dignité humaine&amp;gt;&amp;gt;</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">. 	Pour vraiment résoudre ce problème du fondement de la 	morale chez Kant, il faudra se pencher sur l’étude des 	caractéristiques de ces deux principes. L’étude de 	ces caractéristiques nous amènera à la 	conclusion suivante que nous pouvons formuler sous forme de 	question: </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>où 	a-t-on jamais lu Kant soutenir que l’autonomie de la volonté 	est un concept limitatif de la dignité humaine ?</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">L’autonomie signifie tout 	simplement la puissance législatrice de la volonté 	humaine comme être raisonnable dont la responsabilité 	est, toutefois, et ceci est très important, de promouvoir la 	valeur de sa propre humanité aussi bien que celle des autres 	personnes. Voilà également le concept négatif 	de la dignité humaine. Déjà, à ce 	niveau, s’entrevoit très clairement la fécondité 	du concept de dignité humaine que l’étude minutieuse 	du concept positif nous révélera au grand jour. </font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<h1 align="left" lang="fr-FR" class="western">L’unité 	synthétique et systématique de l’impératif 	catégorique</h1>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">L’homme ne 	légifère qu’en vue d’une certaine fin. Cette thèse 	en apparence anodine ou plate renferme néanmoins en substance 	ladite unité synthétique et systématique de 	l’impératif catégorique et celle des fins à 	réaliser dans toute action morale. Et, plutôt que de 	contribuer à assombrir la clarté des textes sur le 	concept de la dignité humaine et à détruire 	toute la philosophie pratique kantienne, elle en restitue au 	contraire l’intuition originaire. </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>La 	typologie des fins à réaliser par le choix des maximes 	conformes à l’impératif catégorique et à 	la loi morale</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">en 	donne la preuve indéniable. Kant parle bien d'un « contenu » 	des maximes en distinguant 1) une </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>forme</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">, 	2) une </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>matière</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;"> 	et 3) une </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>détermination 	complète</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">.</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">A un </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>stade 	initial</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">, 	notre interprétation, il convient de noter</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>, 	outre les fins subjectives, arbitraires, relatives, particulières, 	une fin </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">à 	qualifier de</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	formelle. </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">C'est</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">la 	fin à viser, à penser dans et par le choix des 	maximes, c'est-à-dire &amp;lt;&amp;lt;</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>l'universalité 	des maximes&amp;gt;&amp;gt;: &amp;lt;&amp;lt;il faut que les maximes soient choisies 	comme si elles devaient avoir la valeur des lois universelles de la 	nature.&amp;gt;&amp;gt;. </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">C'est 	bien évident que c'est là aussi une fin de la raison 	pratique pure, une fin de l'acte de penser qui consiste à 	choisir des maximes conformes à l'impératif moral. La 	réalisation de la forme de la loi dans &amp;lt;&amp;lt;notre 	législation propre&amp;gt;&amp;gt;, dans notre choix des maximes est 	déjà, à notre avis, une fin et une fin 	objective dans le sens kantien du terme. </span></span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">C'est 	une fin objective dans le sens kantien, car dans cette fin formelle, 	fin </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>forme 	des maximes</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">, 	subsiste une </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>fin</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;"> 	</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>matière 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">et</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	fin en soi, </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">qui 	n'est autre que l'être raisonnable. Cette &amp;lt;&amp;lt;</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>fin</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">&amp;gt;&amp;gt;, 	nous dit Kant, </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>doit 	être pour toute maxime une condition qui serve à 	restreindre toutes les fins simplement arbitraires et relatives</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">&amp;gt;&amp;gt;, 	les fins subjectives. L'&amp;lt;&amp;lt;être raisonnable&amp;gt;&amp;gt; est 	&amp;lt;&amp;lt;par nature&amp;gt;&amp;gt; une fin. Cette fin, Kant le dira plus 	loin une &amp;lt;&amp;lt;fin négative&amp;gt;&amp;gt;. La nature raisonnable, 	&amp;lt;&amp;lt;la matière de toute bonne volonté&amp;gt;&amp;gt;, la 	fin matière doit être conçue &amp;lt;&amp;lt;non point 	comme une fin à réaliser&amp;gt;&amp;gt;, mais comme une fin 	&amp;lt;&amp;lt;à l'encontre de laquelle nulle action ne peut jamais 	être accomplie.&amp;gt;&amp;gt; (p.119-120)   </span></span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">A un </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>second 	stade</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">, 	cependant, nous avons, énoncée par Kant, </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>l’idée, 	féconde </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">dit-il</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>, 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">de</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;règne des fins&amp;gt;&amp;gt; </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">(p.114)</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>. 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">La 	fécondité réside dans</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">la</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;liaison systématique&amp;gt;&amp;gt; </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">de 	tous les &amp;lt;&amp;lt;êtres raisonnables&amp;gt;&amp;gt;</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">et</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;divers&amp;gt;&amp;gt; &amp;lt;&amp;lt;par des lois communes&amp;gt;&amp;gt;. </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">C'est 	le lien indissociable entre l’impératif catégorique 	et les impératifs hypothétiques, y compris l’idée 	du bonheur</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>, 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">deux 	principes ayant fait l’objet d’une</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">distinction 	de</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	&amp;lt;&amp;lt;stricte méthode&amp;gt;&amp;gt; </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">(p.118)</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">que 	nous qualifions de</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	« </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">didactique »</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>. 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Car, 	comme le dit Kant, ce qui caractérise cette liaison 	systématique, ce règne des fins</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>, 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">c'est 	qu'elle est &amp;lt;&amp;lt;</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>un 	ensemble organisé de façon systématique 	réunissant toutes les fins (aussi bien celles des êtres 	raisonnables comme fins en soi que les fins propres que chacun peut 	se proposer)&amp;gt;&amp;gt;, </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Le 	règne des fins,</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">si 	jamais il se réalisait (ne serait-ce que par approximation) 	consacrerait ainsi</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	la mise en acte de l’exigence d’unité synthétique 	et systématique de toutes les fins</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	(p. 114), y compris le souverain bien. C'est l'unité 	synthétique et systématique de fins en soi, négatives, 	ou des fins tout court, avec des fins « positives » 	pour ainsi dire, des fins-moyens. C'est l'unité synthétique 	et systématique &amp;lt;&amp;lt;des êtres raisonnables&amp;gt;&amp;gt;, 	qui &amp;lt;&amp;lt;sont tous soumis à la loi selon laquelle chacun 	d'eux ne doit </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>jamais</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	se traiter soi-même ni traiter tous les autres </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>simplement 	comme moyen</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">, 	mais toujours </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>en 	même temps comme fin en soi.</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">&amp;gt;&amp;gt; 	(p.114).     </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">A </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>un 	troisième stade</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">, 	Kant, comme par gradation énonce</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	l’idée d’une détermination compléte de 	toutes les maximes, </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">un 	concept réunissant tous les autres moments principiels et qui 	se rattache à</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	l’idée de &amp;lt;&amp;lt;totalité du système &amp;gt;&amp;gt; 	pratique. La détermination complète de toutes les 	maximes </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">introduit 	à</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	l’idée de téléologie universelle </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">qui, 	elle-même</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>, 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">se 	rattache à </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">l’idée 	kantienne d’intérêt indissociablement lié au 	principe de la morale, aussi catégorique qu’elle soit. </span></span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Le 	passage</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> 	où Kant développe ces idées doit être 	pris au sérieux afin d’éviter cette erreur qui 	consiste à ne voir que pure vacuité dans le concept de 	dignité humaine relativement à celui de l’autonomie. 	Il</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">montre</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> 	</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">la 	richesse pratique, c’est-à-dire, la praticabilité de 	la philosophie morale de Kant. Car, contrairement à la 	réception traditionnelle ou orthodoxe, de la doctrine 	kantienne, non seulement l’impératif catégorique en 	lui-même appelle la considération de certaines fins, 	comme nous venons de le montrer, mais encore à ses fins de 	l’action morale enserrées, compactes, dans la formule 	originaire, viennent les enrichir, en les développant, les 	autres fins que nous livrent les trois déterminants 	conceptuels essentiels des maximes.</span></span></font></p>
</div>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">En définitive donc, </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">à l’impératif catégorique en tant que tel vient s’ajouter le concept d’intérêt pour la moralité. Impératif catégorique bien sûr, mais, nous interpelle Kant</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>, &amp;lt;&amp;lt;si l’on veut aussi procurer à la loi morale un accès dans les sujets, il est très utile de soumettre la même action aux trois concepts indiqués et de la rapprocher ainsi, autant qu’il est possible, de l’intuition.&amp;gt;&amp;gt;</i></span></font><sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i><a href="#sdfootnote12sym" name="sdfootnote12anc" class="sdfootnoteanc"><sup>12</sup></a></i></span></font></sup><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>, </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">donc de l’empirie, du sensible, donc du pragmatique et de l’hypothétique.</span></span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Aussi, puis-je conclure:</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Lorsque nous abordons la doctrine morale de Kant, songeons à distinguer ce qui est de l’ordre de la didactique, c’est-à-dire, les </span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Fondements Métaphysique des Moeurs</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">et la</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Critique de la raison pratique</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>, </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">de la morale ordinaire qui est de l’ordre, disons, de la</span></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Métaphysique des moeurs</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>.&amp;gt;&amp;gt; </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">Kant, ne l’oublions pas nous a averti qu’il n’a pas pour projet d’inventer la morale. D’ailleurs, nous limiter au concept d’autonomie, c’est nous condamner à ne plus avoir aucun intérêt pratico-pratique à obéir par devoir, même en droit.</span></span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="center" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><b>CONCLUSION</b></p>
<p align="center" lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Les investigations sur ma thèse m’ont révélé que dans et par le concept de dignité humaine, nous nous élevons au-dessus de tout esprit de partisanerie. Que cette perspective soit la plus inclusive possible peut très bien paraître rébarbative et ne pas recevoir l’adhésion d'un bon nombre de lecteurs, partisans du droit contemporains et même des tenants du jusnaturalisme moderne. Je pense notamment à la cosmo-téléologie qui m’a semblé absolument nécessaire pour une meilleure et rigoureuse appréhension du principe de la dignité humaine et que l’on tend souvent à éradiquer du droit naturel moderne. Chez Kant, l'idée existe, à considérer le souverain bien. Mais, que d’un point de vue systématique, l’on affirme un écart épistémologique entre droit naturel moderne et droit naturel classique, à moins de donner dans de l’idéologie pure, ceci ne constitue nullement un argument valable contre ma perspective. Car, ce qui compte, c’est d’aller aux textes et de montrer en quoi, malgré cet écart tant crié, l’on puisse néanmoins trouver des points de convergences des deux systèmes chez les modernes. De ce point de vue, je ne crois pas qu’il suffit d’avoir mille et un arguments dans les textes ou se référer aux interprétations systématiques tendancieuses pour départir les deux systèmes. Il me semble encore nécessaire de montrer qu’aucun passage de textes ne contredise la thèse de la dite différence ou séparation. Or, les résultats de mon étude ont justement infirmé cette thèse.</font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Selon moi, il est donc suffisant qu’une seule référence textuelle confirme </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>fondamentalement</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> l’existence des principes qui opèrent clairement la liaison des deux systèmes de pensée pour que la thèse de leur union soit justifiée. D’ailleurs, à lire la partie de la </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Critique de la raison pure</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> traitant de la critériologie argumentative, ma position obéit au principe kantien du critère de validité des arguments transcendentaux, savoir la cohérence et la supériorité logiques des arguments ostensifs ou</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> a priori</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> par rapport aux arguments apagogiques ou </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>a posteriori</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">, lesquelles sont fondées sur l’impossibilité, dans la </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>noesis</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">, d’épuiser tout l’éventail des expériences et, plus particulièrement, dans la </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>praxis</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">, de prévoir et de connaître toutes les conséquences. Ainsi, plusieurs références aux textes étudiés, indépendamment de mon interprétation, ont justement montré l’existence de ces principes. Aussi puis-je déclarer qu’en vertu de cela, pour peu que l’on fasse preuve d’objectivité, l’on éviterait la thèse de la radicale séparation du droit naturel moderne fondé anthropologiquement sur ledit principe subjectif de l’autonomie et du droit naturel classique fondé, dit-on, uniquement sur la cosmo-téléologie, sans référence aucune à l’anthropologie et au principe subjectif de l’autonomie.</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">L’étude du jusnaturalisme rousseauiste et kantien m’a laissé transparaître, en filigrane et dans toute leur prégnance, les philosophèmes d’une pensée cosmo-téléologique pour la préhension du concept de dignité humaine. Si ces philosophèmes ne contribuent pas nécessairement et immédiatement à l’élaboration théorique du droit et de l’Etat modernes, ils forment néanmoins l’</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>apparatus</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> conceptuel qui nous permet de rendre intelligible le principe de l’humanité que notre culture juridique pose au fondement même de l’idée des droits de l’homme.</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">J’ai, dans toute la mesure du possible, tenté de rapprocher, dans la première partie de mon travail, les pensées rousseauiste et kantienne au-delà de la différence de leurs approches de l’homme tant dans sa nature intrinsèque pure, dans son évolution au fil de l’histoire, que dans ce qui, selon les orientations majeures qu’il peut donner à sa conduite, peut le corrompre ou le parfaire, savoir, selon Rousseau et Kant, la société de ses semblables. De sa nature intrinsèque pure et de son évolution au fil de l’histoire, les théories de l’état de nature m’ont fourni les caractéristiques et irréductibles essentiels: d’une part, la liberté, l’égalité, la raison (aussi bien que les facultés inférieures), composantes de la dignité humaine -- aussi ambivalentes que se dévoilent même les facultés supérieures que sont la liberté et la raison dans leurs fonctions;  d’autre part, la conservation de soi dans la coexistence sociale, par la propriété des moyens de subsistance, laquelle propriété, pour indispensable qu’elle se révèle, ne constitue pas moins, d’après Rousseau et Kant, la principale origine de la corruption des sociétés humaines. De sa coexistence sociale, et des principes primordiaux d’ordre et de justice, les mêmes irréductibles et caractéristiques naturels de l’homme nous en donnent, en tant que matériaux de construction de l’idée du juste juridique, les régulateurs fondamentaux. Ainsi, Rousseau et Kant nous ont démontré que le juste juridique positif, c’est-à-dire le droit politique, ne saurait reposer, en ses principes, sur aucune autre conception que celle qui se rapporte immédiatement à l’essence de l’homme: le droit naturel. </font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Ce droit naturel kantiano-rousseauiste, j’ai bien voulu en faire une interprétation tripartite, conformément à la tripartition que j’ai décelée dans les théories de l’état de nature de nos deux </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Aufklärers</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">. Je rappelle ici encore une fois les trois constituantes de cette division du droit naturel: 1) état de nature originaire -- &amp;lt;&amp;lt;droit naturel proprement dit&amp;gt;&amp;gt; ou &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>natürliche Recht&amp;gt;&amp;gt;</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">, 2) état de nature «médiane» -- droit naturel raisonné «impur» (ainsi que je l’ai qualifié, puisqu’il correspond à l’étape qui fournit les justifications de la nécessité de l’Etat de droit, donc de la société politique, 3) état politique -- droit naturel raisonné «pur», droit «politique» ou &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Naturrecht</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">&amp;gt;&amp;gt; (comme droit rationnel pur), c’est-à-dire le droit naturel dans son application à la société politique. Cette lecture tripartite du droit naturel kantiano-rousseauiste, originale pour le moins, ne semble rien avoir de tendancieux ni d’injustifiable à mes yeux, pour autant que les théories de l’état de nature correspondantes, dans l’épure de l’évolution de l’humanité qu’elles tracent des origines jusqu’aux sociétés politiques, en passant par l’étape de l’invention de la propriété, nous en marquent explicitement les sillons. </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">L’idée de droit naturel, parce qu’elle ne saurait faire sens sans une économie minimale de celle de loi naturelle, comme je l’ai découvert à la lumière des textes de Rousseau et de Kant -- celui-ci l’utilise d’ailleurs par endroits au pluriel --, je l’ai exclusivement et étroitement rattaché aux droits et libertés fondamentales -- évitant ainsi toute question relevant de ce que l’on appelle communément les &amp;lt;&amp;lt;nouveaux droits&amp;gt;&amp;gt; --, en lui accordant le sens du dicton des jusnaturalistes classiques &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>agere sequitur esse</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">&amp;gt;&amp;gt;. Elle est, d’après mon interprétation, une loi morale et non une loi causale, une loi de nécessité éthique et non de nécessité purement mécanique et physique. En tant que loi morale, je l’ai  subsumé sous le concept de loi naturelle universelle, cosmo-téléologique, incluant toutes les lois de fonctionnement des êtres et de leurs propriétés. L’</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Emile</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> de Rousseau et la </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Critique de la faculté de juger</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> de Kant m’en avaient fourni le vecteur de l’interprétation, savoir, la hiérarchie des êtres, une idée essentielle pour la justesse de la notion de dignité humaine.</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Cet </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>apparatus </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">conceptuel du droit naturel rousseauiste et kantien, sinon du droit naturel moderne en général, fait l’objet de la critique des penseurs du droit et de l’Etat moderne que j’ai étudiés tels Habermas et Kai Nielsen. L’étude de la perspective habermasienne, notamment sa critique du droit naturel, m’a révélé l’insuffisance des raisons de son rejet du droit naturel moderne. Fondamental pour ma critique de sa conception, s’est avéré son concept de monde vécu, lequel comporte, comme référents, les conceptions mytho-poétiques, religieuses, et, sur le plan proprement philosophique, les conceptions métaphysiques, celles du sujet humain, élaborées depuis la </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Philosophia perennis </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">jusqu’à l’époque des Lumières, siècle de l’émergence proprement juridique de l’idée des droits de l’homme -- pour ne pas mentionner la conception du sujet de droit dans notre culture juridique --, en passant par la philosophie cartésienne. Le concept de monde vécu représente tous les acquis socio-culturels des individus dans leurs interactions sociales, et, dans ce sens, place est faite, en son sein, pour toutes les représentations possibles en tant que référents du concept. Fondamental également m’a paru la lisière du moment kantien, celle du devoir-être, du &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Sollen</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">&amp;gt;&amp;gt;, moment normatif et métaphysique indépassable pour l’intelligibilité du respect de la dignité humaine qu’imposent les conditions idéales de discussion, (&amp;lt;&amp;lt;ideal-speech situations&amp;gt;&amp;gt;) de Habermas, non pas seulement pendant, mais surtout avant et après la mise en oeuvre effective du paradigme discussionnel. Probante m’a semblé la critique rawlsienne de sa prétention à l’élaboration d’une pensée a-métaphysique, laquelle critique a su montrer l’existence indéniable d’éléments de réflexion à valence ontologique à l’intérieur de la pensée habermasienne. Absolument convaincantes se sont imposées à moi les allégations propres de Habermas touchant la nature transcendante et trans-positive des principes universels des droits de la personne humaine en tant qu’ils constituent, en ses propres termes, la &amp;lt;&amp;lt;substance morale de notre ordre juridique&amp;gt;&amp;gt;, allégations que contiennent les ouvrages tels que l’</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Ethique de la discussion</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> et les </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Ecrits politiques </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">auxquels s’ajoute son plus récent ouvrage</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i> La Paix perpétuelle. </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Assurément, dans ses ouvrages, l’idée de trans-positivité et de transcendance de ses principes ne saurait être rigoureusement appréhendée qu’à la lumière de la logique jusnaturaliste. Habermas aurait-il vraiment dérogé à ces principes dans son avant-dernier grand chef-d’oeuvre intitulé </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Faktizität und Geltung </i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">comme il le prétend ? Les résultats de mon étude nous y répondent par la négative. Car, dans l’énonciation des cinq principes des droits fondamentaux, notamment le cinquième, et le commentaire qu’en fait l’auteur du </span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Faktizität und Geltung,</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"> décisive m’a paru la rigueur du formalisme et de l’abstraction universaliste de Habermas, rigueur consubstantielle au jusnaturalisme. La logique du droit naturel subsiste donc incontournable et se révèle péremptoire dans la pensée habermasienne des droits de la personne humaine.</span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">Ce qui vient d’être retenu pour la pensée habermasienne l’est davantage pour Kai Nielsen qui a consacré plusieurs articles, sinon tout un ouvrage sur la problématique du droit naturel, que ce soit dans sa version classique ou moderne, d’autant plus que son ton sceptique soutenu comporte les principes thématisés par le droit naturel. La dignité de toute personne humaine, &amp;lt;&amp;lt;equal worth&amp;gt;&amp;gt;, l’égale liberté, &amp;lt;&amp;lt;equal freedom&amp;gt;&amp;gt;, à la base des rapports humains, autant de principes posés, médités et conservés par les penseurs du droit naturel, figurent dans sa perspective de l’équilibre réfléchi large, et en représentent le soubassement. Autant de principes dont l’économie rigoureuse passe par l’élaboration des éléments de réflexion onto-anthropologiques, éléments de réfléxion que, de façon virulente, Kai Nielsen a cherché à éradiquer de l’univers de discours des droits de l’homme. A part la critique des «brutalitarianisms» et du relativisme culturel inintelligble sans universalisme abstrait, comme je l’ai remarqué d’après lui-même d’ailleurs, se double de ces paramètres onto-anthropologiques jusnaturalistes, pour confirmer l’inéluctabilité du seuil jusnaturaliste indépassable dans tout discours sensé sur les droits de l’homme, la référence au &amp;lt;&amp;lt;Life World&amp;gt;&amp;gt;, à la &amp;lt;&amp;lt;</span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR"><i>Sittlichkeit</i></span></font><font size="2" style="font-size: 11pt;"><span lang="fr-FR">&amp;gt;&amp;gt;, aux traditions de toutes sortes, aux principes déontologico-téléologiques qualifiés de &amp;lt;&amp;lt;truismes&amp;gt;&amp;gt; ou de &amp;lt;&amp;lt;commonplace&amp;gt;&amp;gt;, autant de philosophèmes constitutifs de L’ERL  mais qui ne trouvent leur sol théorique ailleurs que dans la tradition jusnaturaliste. L’historiographie de la philosophie éthico-politique nous en est témoin. Pour ne rien dire des contradictions flagrantes qui parsèment la perspective nielsenienne, c’est fort de la pertinence de ces acquis historiographiques sur l’origine jusnaturaliste de ces philosophèmes que j’ai récusé la critique nielsenienne du droit naturel. </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"><font size="2" style="font-size: 11pt;">De ce fait, je dirai, quant à ma propre pente argumentative, que je suis conscient de n’avoir pas épuisé -- et de ne pouvoir jamais épuiser -- toutes les objections possibles formulables contre elle. Mais cette tâche, qui en est vraiment capable ? Toute théorie, si cohérente qu’elle soit, ne comporte-t-elle pas des failles, pour ne pas dire des points de contradictions ? Davantage que le temps, nos facultés ne nous limitent-elles pas dans une très large mesure ? En fait, peut-on jamais absolument cerner une théorie? Nous n’en sommes pas sûrs !  Aussi concluerai-je que j’ai défendu, autant que faire se peut, cette tradition du droit naturel contre les formes contemporaines de tentative de justification de l’idée des droits de l’homme qui, contrairement aux prétentions de leurs auteurs de s’en départir, ne font qu’y puiser les principes fondamentaux de leurs théories.</font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="text-indent: 0.64cm; margin-bottom: 0cm; widows: 2; orphans: 2;"> </p>
<div id="sdfootnote1">
<p align="justify" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym" class="sdfootnotesym">1</a><sup><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"> 	</span></font></sup><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">Voir 	entre autres ouvrages et pour ne citer que ces auteurs -ci: Will 	Kymlicka, 1) Two Models of Pluralism and 	Tolerance, in: </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Analyse 	&amp; Kritik 13</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 	Opladen: wesdeutscher Verlag, 1992 Seite 33-56; 2) The Rights of 	Minority 	Cultures: Reply to Kukathas, in: Political Theory, vol. 	20, number 1, February 1992, pp. 140-146 entre autres, et Rawls 		avec sa notion d'« overlapping consensus », 	dans </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Political 	Liberalism</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 	New York: Columbia University Press, 1993; 3) 	Susan Mendus, 	</span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Toleration 	and the Limits of Liberalism</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 	NJ: Atlantic Highlands, 1989.  </span></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><font size="2"><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym" class="sdfootnotesym">2</a> 	De nos jours, on parlera de “fondamentalistes” et de “modérés” 	 </font></p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<ol>
    <li>
    <p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><a href="#sdfootnote3anc" name="sdfootnote3sym" class="sdfootnotesym">3</a><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i> 		</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><span style="font-style: normal;">1) 		</span></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Raison 		et légitimité</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">. 		Problèmes et légitimation dans le capitalisme avancé, 		p. 125, trad. De l’allemand par Jean Lacoste, Paris : Payot, 1978 		(Texte allemand : </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Legitimationsprobleme 		in Spätkapitalismus, </i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">Frankfurt/Main: 		Suhrkamp Verlag, 1973). 2) </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Faktizität 		und Geltung. Beiträge zur Diskurstheorie des Rechts und des 		demokratischen Rechtsstaats, </i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">Frankfurt/Main</span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>: 		</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">Suhrkamp 		Verlag, 1992, p. 138. Le texte allemand : «D : Gültig 		sind genau die Handlungsnormen, denen alle möglicherweise 		Betroffenen als Teilnehmer an rationalen Diskursen zustimmen 		können». 3) </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Morale 		et communication</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 		trad. C. Bouchindhomme, Paris : Editions cerf, 1986, p .87 ss, 		surtout p. 116. 4) </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>De 		l’éthique de la discussion</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 		traduction de l’allemand par Mark Hunyadi, Editions cerf, 1992, 		p. 17 ss. Rappelons les éclaircissements qu’apporte 		Habermas à propos de ce principe : en éthique, 		quiconque s’engage sérieusement dans un processus 		argumentatif, le fait tout en ayant des «présuppositions 		pragmatiques universelles» à contenu moral. Le 		principe moral régissant ce processus argumentatif ne doit 		se déduire qu’«à partir de ses 		présuppositions argumentatives», d’après le 		sens de la notion de justification d’une forme d’action.</span></font></p>
    <p align="justify" style="margin-bottom: 0cm;"><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">En 		notes infra-paginales, il met en garde contre les méprises 		possibles de ce sens de la justification des normes: celle-ci ne 		doit pas être trop forte, et ne doit pas déjà 		introduire dans la prémisse ce à quoi l’on ne doit 		arriver qu’en conclusion: que des normes justifiées 		doivent pouvoir trouver l’assentiment de tous les concernés» 		A ce propos, il fait amende honorable relativement à la 		faute qu’il a commise dans la première édition de 		</span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Morale 		et </i></span></font><font face="Times New Roman, serif"><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Communication</i></span></font></font><font face="Times New Roman, serif"><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 		p. 114. Voir </span></font></font><font face="Times New Roman, serif"><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>De 		l’éthique de la discussion, </i></span></font></font><font face="Times New Roman, serif"><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">p. 		18.</span></font></font></p>
    </li>
</ol>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p align="justify" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><a href="#sdfootnote4anc" name="sdfootnote4sym" class="sdfootnotesym">4</a><sup><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"> 	</span></font></sup><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">Le 	terme est de René Simon. Voir: Le concept de dignité 	de l’homme en éthique, p. 274-275, in: </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>De 	dignitate 	hominis</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 		Mélanges offerts à Carlso-Josaphat Pinto de Olivera, 	édité par Adrian Holderegger, Fribourg: Editions 		Universitaires/Fribourg; Wien: Herder, 1987, pp. 265-278. </span></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote5">
<p align="justify" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><a href="#sdfootnote5anc" name="sdfootnote5sym" class="sdfootnotesym">5</a> 	O<font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">tfried 	Höffe, </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Principes 	du droit</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 	trad. de l’all. par Jean-Christophe Merle, préface de Paul 	Ricoeur, Paris: </span></font><font face="Times New Roman, serif"><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">Editions 		du Cerf, 1993, p. 269.</span></font></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote6">
<p align="justify" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><a href="#sdfootnote6anc" name="sdfootnote6sym" class="sdfootnotesym">6</a> 	<font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">Paris: 	Edition Odile Jacob, 1991, p. 287. </span></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote7">
<p align="justify" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><a href="#sdfootnote7anc" name="sdfootnote7sym" class="sdfootnotesym">7</a> 	<font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Idem</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 	p. 289.</span></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote8">
<p align="justify" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><a href="#sdfootnote8anc" name="sdfootnote8sym" class="sdfootnotesym">8</a> 	<i>I</i><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>dem</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 	p. 293.</span></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote9">
<p align="justify" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><a href="#sdfootnote9anc" name="sdfootnote9sym" class="sdfootnotesym">9</a> 	<font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Le 	désenchantement du monde. Une histoire politique de la 	religion</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 	Paris: Gallimard, 1985</span></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote10">
<p align="justify" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><a href="#sdfootnote10anc" name="sdfootnote10sym" class="sdfootnotesym">10</a><sup><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"> 	</span></font></sup><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">Voir 	par exemple, 1) Jean-Jacques Wunenberger, L’Etat démocratique 	et le retour du religieux, p. 220, in: Cahiers 	de philosophie 	politique et juridique, numéro 18, </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Ethique 	et droit à l’l’âge démocratique</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 	pp. 217-239, Caen: Centre 	de publications del’Université , 	1990.  2) E. Poulat, </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Liberté 	et laïcité, la guerre des deux France et le principe de 	la 	modernité</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 	Cerf: Cujas, 1988. </span></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote11">
<p align="justify" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><a href="#sdfootnote11anc" name="sdfootnote11sym" class="sdfootnotesym">11</a><sup><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"> 	</span></font></sup><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">Nous 	utilisons l’édition traduite, introduite, et présentée 	par Alain Renaut, intitulée, </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Métaphysique 	des Moeurs I. 	Fondation</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"> 	(le II. intitulé </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Doctrine 	du droit et Doctrine de la Vertu</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">) 	Paris: Garnier-Flammarion, 1994. </span></font></p>
</div>
<div id="sdfootnote12">
<p align="justify" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><a href="#sdfootnote12anc" name="sdfootnote12sym" class="sdfootnotesym">12</a> 	<font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">1) Voir la 	</span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Critique 	de la Raison Pure Pratique, </i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">Examen 	Critique de l’Analytique de la raison pure pratique. Nous 		utilisons l’édition de François Picavet,  Paris: 	Puf, 1943. 2) Voir également la </span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR"><i>Critique 	de la Raison Pure Pratique</i></span></font><font size="2" style="font-size: 9pt;"><span lang="fr-FR">, 		Dialectique de la raison pure pratique, fin du chapitre I intitulé 	D’une Dialectique de la raison pure pratique en général, 		chapitre II. De la Dialectique de la raison pure dans la 	détermination du concept du Souverain Bien, fin de la section 	I 	de ce chapitre intitulé: L’antinomie de la raison 	pratique. </span></font></p>
<p align="justify" lang="fr-FR" style="margin-left: -0.5cm; text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;"><font size="2" style="font-size: 9pt;">	Nous nous permettons d’ajuster 	ici, d’après certains des résultats de notre 	investigation (il s’agit de la thèse 	elle-même), la 	pensée de Kant en rappelant que nous sommes loin de tenir 	toutes les fins de la <i>praxis</i> humaine 	pour empiriques, 	pragmatiques, obéissant à de purs impératifs 	hypothétiques et pragmatiques.      </font></p>
</div>
<p> </p></body>
		<dc:creator>vsosoe</dc:creator>
		<category>Philosophie</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 14:08:36 GMT</pubDate>
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		<title>La globalisation et l'Afrique: une réflexion éthico-politique</title>
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		<description>Je vous présente ici un texte écrit peu avant le 11 septembre 2001 et qui traitait de l'Afrique dans la globalisation.  

Vous êtes libres de copier et distribuer ce document en mentionnant son auteur. Toute modification devra obtenir l'avis préalable de l'auteur</description>
		<body xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div class="introduction">Je vous présente ici un texte écrit peu avant le 11 septembre 2001 et qui traitait de l'Afrique dans la globalisation.  <br /><br />Vous êtes libres de copier et distribuer ce document en mentionnant son auteur. Toute modification devra obtenir l'avis préalable de l'auteur.</div>
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<p align="center" class="western" style="line-height: 150%; page-break-before: always;"><font face="Arial, sans-serif"><font size="2" style="font-size: 11pt;">La voix de certains grands hommes m’interpelle :</font></font></p>
<p align="justify" class="western" style="line-height: 150%;"> </p>
<p align="center" style="line-height: 150%;"><font face="Arial, sans-serif"><font size="2" style="font-size: 11pt;">Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son organisation est une civilisation décadente&amp;gt;&amp;gt;</font></font></p>
<p align="center" style="line-height: 150%;"><font face="Arial, sans-serif"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><b>Aimé Césaire</b></font></font></p>
<p align="center" class="western" style="line-height: 150%;"> </p>
<p align="center" style="line-height: 150%;"><font face="Arial, sans-serif"><font size="2" style="font-size: 11pt;">&amp;lt;&amp;lt;Dès que quelqu’un comprend qu’il serait contraire à sa dignité d’obéir à des lois injustes, aucun tyran ne peut l’asservir.&amp;gt;&amp;gt;</font></font></p>
<p align="center" style="line-height: 150%;"><font face="Arial, sans-serif"><font size="2" style="font-size: 11pt;"><b>Mahatma Gandhi</b></font></font></p>
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		<category>Philosophie</category>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 14:13:18 GMT</pubDate>
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