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Littérature & Poésie «  

Célébrons-nous si le monde nous avilit!

L'histoire que je me fais aujourd'hui le devoir de vous raconter est encore celle de mon peuple: le peuple Noir. Ce peuple méconnu dans l'apport considérable et sans précédent qui fut le sien dans l'histoire biblique, l’histoire de la rédemption d’Israël, le peuple élu de Dieu, pour sa mission divine auprès des autres nations.

                <<Princes and Princesses shall come out of Egypt, Ethiopia shall soon stretch out her hands unto God>>,
                 <<Depuis l'Egypte, des grands viendront, l'Ethiopie tendra les mains vers le Seigneur>>
        (Psaumes 68, 32-33. Les traductions, on le remarque, ne sont pas toujours les mêmes. Sauf traduction de
        l'auteur Pasteur Otabil, nous utiliserons La Bible de Jérusalem. La Sainte Bible, traduite en français, sous
            la Direction de l'Ecole Biblique de Jérusalem, Nouvelle édition; Paris: Desclée de Brouwer, 1975).
                                                        INTRODUCTION
L'histoire que je me fais aujourd'hui le devoir de vous raconter est encore celle de mon peuple: le peuple
Noir. Ce peuple méconnu dans l'apport considérable et sans précédent qui fut le sien dans l'histoire biblique,
l’histoire de la rédemption d’Israël, le peuple élu de Dieu, pour sa mission divine auprès des autres nations.
Cette histoire n'a aucune prétention à la vérité absolue. Mais elle ne saurait se réduire non plus à un
galimatias de conjectures. Car tout lecteur perspicace devra s'enquérir des preuves de la "négrité" ou
négritude originaire des personnages qui la peuplent. Et c'est alors qu'elle sera source d'enrichissement
culturel, par la puissance évocatrice du doute ou de la curiosité qu'elle porte en elle et qu’elle ne tardera pas à
vivement susciter. Au lecteur donc de s'en assurer la véracité !
Par-delà les rivières de l'Ethiopie. Une révélation biblique du plan divin pour la race noire, tel se peut
traduire l'ouvrage du pasteur ghanéen, le Dr Mensa Otabil, pasteur des 6 000 membres du <<Centre
International de l'Eglise Evangélique>>, <<International Center Gospel Church>>. Le titre original de cet
ouvrage est le suivant: Beyond the Rivers of Ethiopia. A Biblical Revelation on God'sPurpose for the Black
Race (Accra: Altar International, 1992). Cet ouvrage est une première dans la tradition panafricaniste ; il peut
être rangé parmi les ouvrages de la Théologie de la Libération, celle-ci devant alors être reconnue comme le
sous-sol commun des ouvrages religieux de la Négritude (Voir une présentation critique succincte de cette
Tradition chrétienne, de ses liminaires principiels aussi bien que de ses implications éthiques et théologico-
politiques dans le Petit Dictionnaire d'Ethique, réédition française adaptée et augmentée de Dictionnaire de
Morale, par Lukas Sosoe, sous la direction du Professeur Otfried Höffe, Fribourg/Paris: Editions
Universitaires/Editions du Cerf, 1993, pp. 328-330, article « Théologie de la Libération ». Nous signalons
notre collaboration à cette réédition). Une réelle contribution à l'histoire tant biblique, spirituelle, que
culturelle du peuple noir donc, l’ouvrage du Pasteur ghanéen.
L'ouvrage débute par un bref justificatif du sens, de l'intérêt et de l'objectif qui le commandent. S'en dégage
d'emblée la suivante thématique: un devoir de mémoire plus qu'un réquisitoire contre la négrophobie, la
haine raciale viscérale sous-jacente à l'entreprise dite civilisatrice – les Noirs étaient civilisés ! – de
l'impérialisme occidental. Il a donc pour objectif premier la restitution, à la race noire, de toute sa dignité et
sa noblesse d'antan. Fait partie de ce justificatif, comme pour montrer la nécessité de l'entreprise de façon
plus incisive, une partie d'un discours de 1832 qu'un Sénateur américain, Henry Berry, aimait répéter, à
plusieurs reprises. Discours des plus révélateurs de l'intention profonde qui commande, en général,
l'impérialisme et la mission « civilisatrice » de l'Occident moderne. Concernant la condition des esclaves
noirs, ce Sénateur déclare:
       <<We have as far as possible, closed every avenue by which light may enter the slave's mind. If
       we could extinguish the capacity to see the light, our work would be complete. They would then
       be on the level with the beast of the field and we should be safe.>> (Beyond the Rivers of
       Ethiopia, p. 3).
Traduisons en ces termes:
       <<Aussi loin que possible, nous avons obstrué toutes les avenues par lesquelles pourrait
       s'infiltrer la lumière dans l'esprit de l'esclave. Si nous pouvions éteindre la capacité de voir la
       lumière, notre travail sera achevé. Ils seraient ravalés au rang de la bête de somme et nous
       serions sains et saufs>>
Passons-nous de commentaire sur un exhortatif aussi clair et limpide. Mission civilisatrice et évangélisatrice
que celle de l'Occident moderne, nous l'admettons, mais, dans ce cas, n'est-ce pas faillir à la noblesse de cette
mission, avant même de l'amorcer, que de tenir un discours de ce genre, qui n'est pas la premère, ni du
commun des hommes, mais de ceux-là mêmes qui sont à la pointe de la mission en question, un discours qui
donne pour finalité de la mission l'abâtardissment intellectuel et spirituel du peuple à civiliser ? Comble du
paradoxe, dira-t-on ! qui nous fais penser plutôt à ce passage de l’Evangile de Saint Jean, nous annonçant ces
paroles du Seigneur:
        <<Et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera>>, <<And ye shall know the truth, and
                                       the truth shall make you free.>> (8 :32).
L'ignorance dans laquelle le peuple noir a été longtemps maintenu à propos de personnages illustres de la
Bible, à identité raciale noire, est très profonde ! Depuis Abraham, jusqu'à la naissance et la mission de notre
Maître et Sauveur Jésus-Christ, rien ou très peu de choses en ont été révélées par les missionnaires
occidentaux. Depuis la Genèse, jusqu'à la mort du Maître et Sauveur Jésus-Christ sur la croix, à chaque étape
de l'évolution des élus de Dieu, il a toujours eu un personnage de race noire, pour montrer la voie de la
Sagesse, de la Bienveillance, de la Compassion, de la Charité, de l'Amour, du Courage, de la Tolérance, etc.,
bref, toutes les vertus « humanisantes ». Ce qui fait dire au pasteur à la fin de son ouvrage:
       <<Whenever the world has been in a crisis the black man has always appeared on the scene.
       After the flood, when the world needed a leader, He called Nimrod the son of Cush. When
       Moses was taken out of Pharaoh's camp, it took a black man Jethro to teach him the ways of
       God. When the people of Israël were going to the promised land it took a blackman Hobab to
       direct them to the promised land.They have always been around. God has always relied on these
       black people in times of crisis.
                          When it was a time of crisis and nobody could speak to David, it took a
       blackman to take the message to him. He knew how to take the message. He had the wisdom to
       tackle the problem. When Jeremiah the prophet was put into a dungeon, and Israël was in a
       crisis, it took an Ethiopian eunuch to set him free.
                          When it was time for Paul to be sent to the mission field it took black men to
       lay hands on him and send him out. When Jesus was going to the cross it took a blackman to
       carry the cross.>> (op. cit., p. 87-88).
Traduisons ce passage comme suit:
       <<Toutes les fois que le monde a été en crise, l'homme noir est toujours apparu sur la scène.
       Après le déluge, lorsque le monde a eu besoin d'un guide, Il appela Nimrod, le fils de Cush.
       Lorsque Moïse sortit du camp de Pharaon, il a fallu un homme noir, Jethro, pour lui enseigner
       les voies de Dieu. Lorsque le peuple d'Israël était sur le point de partir pour la terre promise, il a
       fallu un homme noir, Hobab, pour les diriger vers la terre promise. Ils ont toujours été présents.
       Dieu a toujours recouru à ce peuple noir en temps de crise.
                          En temps de crise, et lorsque personne ne pouvait conseiller David, il a fallu un
       homme noir pour lui annoncer le message. Il savait comment transmettre le message. Il avait la
       sagesse de s'attaquer au problème. Lorsque Jérémie, le prophète, était emprisonné, et Israël
       était en crise, il a fallu l'eunuque Ethiopien pour le libérer.
                          Lorsqu'il était temps pour Paul d'être envoyé en mission, il a fallu des hommes
       noirs pour lui imposer les mains et l'envoyer. Lorsque Jésus allait à la croix, il a fallu un
       homme noir pour porter la croix>>
Pour le problème qui nous préoccupe, il ne nous semble pas suffisant de relever ces passages du pasteur
Otabil. Il nous semble encore nécessaire de montrer, preuves à l'appui, autant que nous le pouvons, l'identité
raciale réelle de ces illustres personnages bibliques à travers les Ecritures Saintes.
         I. DE NOÉ ET D’ABRAHAM, NOUS ETIONS KAM BENI AU KMT (EGYPTE)
Comme chaque peuple se reconnaît dans et par une dénomination particulière de son identité primaire, la
raciale, les Egyptiens possédèrent, eux-aussi, un terme approprié à la couleur de leur peau, terme dans et par
lequel ils se reconnurent et se désignèrent: kmt, signifiant littéralement les Nègres. <<Cette découverte
importante a été faite du côté africain par [l'Africain de la côte ouest atlantique] Sossou Nsougan qui devait
rédiger>> une partie <<du chapitre I>> de notre article, nous renseigne Anta Diop dans ses notes
infrapaginales (p. 59. Il s'agit de "Origine des anciens Egyptiens" dans Actes du Colloque de l'UNESCO en
1980, Histoire générale de l'Afrique, II, Afrique ancienne, Unesco, 1980). L’étude de Sossou Nsougan se
trouve dans Wörterbuch der ägyptischen Sprache, c’est-à-dire Dictionnaire de la langue égyptienne (fünfter
Band, Berlin: 1971, pp. 122 et 127).
Dans l’antiquité judéo-égyptienne, plus précisément, dans la langue hébraïque, le terme <<Kam>> signifiait
<<chaleur, noir, brûlé.>>(Diop, ibidem, op. cit., p. 59); celui de kmt, est <<le terme le plus fort qui existe en
langue pharaonique pour indiquer la noirceur>>; <<il est de ce fait écrit avec un hiéroglyphe qui représente
un bout de bois qui a charbonné et non des écailles de crocodiles>>. Désignant la couleur <<noir charbon
dans la langue pharaonique>>, il est <<l’origine étymologique de kamit>>, et <<la racine biblique kam en
dériverait.>> (Diop, idem, p. 59-60). Un autre terme : <<kmtjw -- les Nègres, les Noirs (littéralement): les
Egyptiens par opposition aux autres peuples étrangers>> (Wörterbuch, op. cit., p. 128), <<dérive de la
même racine km>>. Les Egyptiens l’utilisaient pour <<se désigner en tant que peuple et par opposition aux
autres étrangers>> (Diop, ibidem).
Les Egyptiens ont su se reconnaître – et amener les autres peuples à les reconnaître – dans et par la
dénomination et la représentation des divinités de leur panthéon par des signes hiérogliphiques particuliers.
Noirs, ils les ont peints et nommés:
       <<[...] noir ou nègre est l'épithète divine qui qualifie invariablement les principaux dieux
       bienfaiteurs d'Egypte, tandis que les esprits maléfiques ont pour épithète de*srêt = rouge et nous
       savons que, dans l'esprit des Africains, ce terme désigne les nations blanches>> (Diop, op. cit.,
       p. 61).
Prenons la peine de citer, à l’instar du Professeur Diop aidé du Dictionnaire de la langue égyptienne, les
noms, tous à référentiel nègre, de ces divinités:
       <<1) km-wr: le grand noir; surnom d'Osiris d'Athribis [Wörterbuch, op. cit., p. 124];
       2) kmj: le noir, le nègre, titre d'Osiris [Wörterbuch, op. cit., p. 125];
       3) kmt: déesse, la noire [Wörterbuch, op. cit., p. 123];
       4) km: noir, appliqué à Hathor, Apis, Min, Thot [Wörterbuch, idem];
       5) set kemet: la femme noire, Isis [Wörterbuch, p. 492].
       Remarque très importante ici: set-km = épouse noire en walaf, d’après Anta Diop.>>
Un regard porté sur les récits bibliques, en rapport avec les habitants de la Vallée du Nil, l'Egypte et
l'Ethiopie, nous met en contact avec Abram (Abraham) et sa vocation, Abraham à qui le Seigneur Yahvé
enjoint:
         <<Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t'indiquerai. Je ferai
         de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom, sois une bénédiction ! Je bénirai
        ceux qui te béniront. Je réprouverai ceux qui te maudiront. Par toi se béniront tous les clans de
                                            la terre.>> ( Genese, 12, 1-3).
Si les desseins de Dieu ne sont pas l'oeuvre du hasard, et si l'injonction faite à Abraham devrait avoir une
signification fondamentale dans l'accomplissement de sa vocation, alors, le pays désigné devrait porter la
marque de la bénédiction de Dieu, comporter toutes les ressources spirituelles et culturelles, aussi bien que
matérielles d'ailleurs, autant de ressources nécessaires à l'accomplissement de cette mission salvatrice du
peuple d'Israël. Or, ce pays s'appelle Canaan, pays habité par les Noirs déjà depuis longtemps, dès les tout
débuts de la période proto-historique, selon les recherches de Cheikh Anta Diop ( Pages 126-127 de
Nations Nègres et Culture, t. I, Présence africaine, 1979).
Et ce fut la première révélation et la première promesse que fit Dieu à Abram. Une première étape de sa
vocation. Mais, comme on pourra le dire dans ce cas, "Il n'y a jamais un sans deux". Effectivement, on verra
que Dieu élargira, par une autre révélation, sa promesse, l'étendra sur d'autres nations, sur d'autres peuples.
Ainsi, de: <<Je ferai de toi un grand peuple>>, on passera à: <<[...] tu deviendras père d'une multitude de
nations. Et l'on ne t'appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d'une multitude de
nations. Je te rendrai extrêmement fécond, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi.>> (Genèse,
17, 4-6). Tel est le fruit de l’obéissance d’Abram à Dieu, après sa rencontre avec le Grand Prêtre de Salem,
Grand prêtre de Paix -- puisque Salem signifie Paix, <<King of Peace>> ( Otabil, op. cit., p. 24.)
Melchisédech, nom signifiant Roi de Justice, <<King of Righteousness>>.
Tout se déroule comme par progression initiatique, changement de nom, symbolique d'une renaissance, d'une
circoncision du coeur, culminant avec l'Alliance entre Dieu et Abraham et sa descendance, une descendance
de générations en générations, qui ne se limite pas aux frontières de la seule nation d'Israël, mais touchera,
une fois encore, l'Egypte:
         <<J'établirai mon alliance entre moi et toi, et ta race après toi, de génération en génération, une
           alliance perpétuelle, pour être ton Dieu et celui de ta race après toi. [...] Dieu dit à Abraham:
         <<Et toi, tu observeras mon alliance, toi et ta race après toi, de génération en génération.>>>>
                                                   (Genèse, 17, 7.)
En quoi précisément consiste cette alliance ? En ceci:
        <<que tous vos mâles soient circoncis. Vous ferez circoncire la chair de votre prépuce, et ce sera
             le signe de l'alliance entre moi et vous. Quand ils auront huit jours tous vos mâles seront
          circoncis, de génération en génération. Qu'il soit né dans la maison ou acheté à prix d'argent à
          quelque étranger qui n'est pas de ta race, on devra circoncire celui qui est né dans la maison et
           celui qui est acheté à prix d'argent. Mon alliance sera marquée dans votre chair comme une
          alliance perpétuelle. L'incirconcis, le mâle dont on n'aura pas coupé la chair du prépuce, cette
                vie-là sera retranchée de sa parenté: il a violé mon alliance.>> (Genese, 17:11-14).
Pour ce qui est de la symbolique des notions de « race » et de « nations » dans ces passages bibliques, on
peut retenir que, dans ce contexte précis de la Genèse, outre les significations génétiques et géographico-
culturelles qu'on leur connaît ordinairement, elles désignent tous les individus de quelque filiation parentale
qu'ils soient avec Abraham:
                  <<En fait, le Verset 7, nous dit Otabil, est une déclaration de la Promesse de l’Alliance
        de Dieu envers les enfants d’Abraham par-delà les générations. Ce n’était pas seulement Isaac
        mais toutes les nations qu’Abraham devrait parrainer.
                          Lorsque Dieu parle de toutes les Nations, Il ne se réfère pas nécessairement à
        une multitude de peuples. La plupart du temps, Sa référence aux nations s’applique aux
        individus qui ne sont même pas encore nés.>>
Le texte anglais l'énonce: <<Verse 7, nous dit Otabil, actually is a declaration of God's Covenant
Commitment to all of Abraham's children across the generations. It was not only to Isaac but to all the
nations that Abraham would father.
          When God speaks of Nations, He may not necessarily be referring to multitudes of people. Most of
the time His reference to nations are to individuals who are not even born yet.>> (op. cit., p. 29. C'est nous
qui souligons).
En fait, cette particulière dénomination se montre plus clairement dans Genèse, respectivement 25: 23 et
21:13: 1) A Rebecca, la femme d'Isaac, Yahvé dit: <<Il y a deux nations en ton sein, deux peuples, issus de
toi se sépareront, un peuple dominera un peuple, l'aîné servira le cadet [...] Quand vint le temps de ses
couches, voici qu'elle portait des jumeaux>>, 2) A Abraham, Yahvé dit à propos d'Agar et d'Ismëll: <<mais
du fils de la servante je ferai aussi une grande nation car il est de ta race.>> (C’est nous soulignons)
A ne pas prendre donc uniquement dans un sens physico-anthropologique, notamment de couleur de peau
cette notion de race ou de peuple. Ces remarques faites, il convient de bien situer ce deuxième type de
révélations, de promesses et, plus particulièrement, de l'alliance entre Dieu et Abraham. A ce propos, la
question à se poser est la suivante: quels sont les événéments marquants de cette étape de la vocation
d'Abraham ? Et avec quels types de personnages eut-il affaire pour l'amorce de sa vocation ? Des passages
bibliques nous en informerons.
Nous avons plus spécialement, 1) sa rencontre avec le Pharaon, et la relation intime, presque maritale,
provoquée par lui-même (Genèse 12, 10-20), du Pharaon avec sa femme, 2) la révélation de Yahvé à
Abram concernant les 400 cents ans d'exil de ses descendants en terre égyptienne ( Idem, 15, 12-18.), 3) sa
relation avec Agar, la servante égyptienne de sa femme Saraï -- plus tard Sara --, et la naissance d'Ismaël qui
en résulta, dans sa 86° année (Idem, 16, 1-12.).
Nous verrons ci-après que les relations entre les fils d'Israël, qui se sont établies dès la naissance et le
mariage de Moïse, iront dans le sens précis de l'objet de notre démonstration. Car aux nombreux descendants
de la croisée Israëlo-égyptienne, Abram-Agar, viendront s'ajouter ceux, non moins nombreux, d'Abram et de
Keturah, la femme égyptienne de choix d'Abram: <<L'Ange de Yahvé dit à Agar: <<Je multiplierai
beaucoup ta descendance, tellement qu'on ne pourra pas la compter.>> ( Idem, 16, 10). Il eut la première
sous l'instigation bienveillante de sa femme stérile, Saraï. A ceci s'ajoute cette remarque que le métissage des
peuples de l'Egypte antique, à prendre en compte les recherches de Cheikh Anta Diop, notamment, le
peuplement des régions canaanéennes et sinaïques par des Kamites et Kushites, aurait précédé la vocation
d’Abram même.
Si la première femme égytienne d'Abram, Agar, peut rester insignifiante dans l'histoire biblique du peuple
noir, à cause de sa condition d'esclave, il n’en serait de même pour la troisième femme d'Abraham, Keturah.
Elle ne saurait demeurer « persona non grata », insignifiante. Son rôle est des plus prépondérants dans cette
histoire, vu les fruits, les enfants qui en sont les vivants produits. Keturah donna à Abraham la majorité de
ses enfants:
          <<Abraham prit encore une femme, qui s'appelait Qetura, nous dit la Bible. Elle lui enfanta
                    Zimrân, Yoqshân, Medân, Madiân, Yishbaq et Shuah.>> (Genese, 25:1-2)
Rien ou très peu de choses ont été dites sur cette descendance de Keturah et d'Abraham, et dans la Bible et
dans les écrits exégétiques des missionnaires. Cela n'a peut-être aucune importance pour eux. Nous n'avons
pas à les taxer de laxisme ici, puisqu'il faut aussi tenir compte, surtout à propos des auteurs de la Bible
(Ancien Testament), des intérêts immédiats, purement sémito-généalogiques, qui commandèrent la rédaction
des textes, même si, comme dans le cas de Moïse, on peut y déceler des transformations idéologiques du
temps motivées par les frustrations du peuple juif en exil.
Cheikh Anta Diop attira notre attention sur de telles transformations (ou « inventions », comme il le dit à
maints endroits), motivées par les frustrations du peuple juif en exil, transformations dont Moïse lui-même se
trouverait être l’auteur. Qu’en est-il exactement, nous n’en savons vraiment rien pour l’instant. C’est là,
soulevé, l’épineux problème de la composition de certains Livres de la Bible. Les exégètes pourront en dire
plus. Lire peut-être, sur ce point, le Dr Maurice Bucaille dans son ouvrage intitulé Moïse et Pharaon: Les
Hébreux en Egypte. Quelles concordances des Livres saints avec l'histoire ? (Paris: Seghers, 1995). Selon
lui, tout cela ne serait que galimatias d'aberrations, la thèse d'un Moïse nègre, et d'anachronismes, celle d'un
Moïse, contemporain d'Akhenaton. Nous reviendrons sur ces point un peu plus loin.
Aux pages 44 à 47 de Nations Nègres et cultures, Anta Diop nous fait lire en tout cas:
       <<C'est dans ces circonstances qu'apparaîtra Moïse, le premier Prophète juif, qui en élaborant
       l'histoire du peuple hébreu depuis ses origines, nous la présentera rétrospectivement, sous un
       angle religieux. C'est ainsi qu'il fera dire à Abraham tant de choses que celui-ci ne pouvait
       prévoir, tel que le séjour de 400 ans en Egypte, etc., etc. [...]
                         Si le peuple égyptien a tant fait souffrir le peuple juif comme le dit la Bible, et si
       le peuple égyptien est un peuple de nègres descendants de Cham comme le dit la même Bible,
       on ne peut plus ignorer, en dépit de la légende de Noé ivre, les causes historiques de la
       malédiction de Cham issue de la littérature juive entièrement postérieure à cette période de
       persécution. Aussi Moïse, dans la Genèse attribuera à l'Eternel, s'adressant à Abraham en songe,
       les paroles suivantes:
                         <<Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera point à
       eux; ils y seront asservis et on les opprimera pendant 400 ans. Mais, je jugerai la nation à
       laquelle ils seront asservis et ils sortiront ensuite avec de grandes richesses.>> (Gen., XV, 13).
                        Nous sommes ici à l'origine historique de la malédiction de Cham. Ce n'est pas
       par hasard que la malédiction de Cham, père de Mizraïm, Pout, Kusch et Canaan, ne porte que
       sur Canaan habitant du pays que les Juifs ont convoité durant toute leur histoire.>> (C'est nous
       qui soulignons)
Pour le besoin de la cause que nous défendons ici, il nous est néanmoins très instructif de tenir compte de ces
faits de la descendance de Keturah. Or, malencontreusement, cette généalogie est absente dans les textes
bibliques. Aussi, nous semble-t-il nécessaire, pour autant que procéder à une connaissance meilleure de ces
personnages de la race noire est inévitable pour notre entreprise, de reconstituer, tant bien que mal, à l'instar
d'Otabil, cette généalogie par le truchement de la signification des noms des descendants de Keturah.
Le pasteur Otabil s'est donné la peine de rechercher la signification des noms des enfants de Keturah. Nous
aimerons les repoduire ici tels qu'ils nous sont parvenus: le premier enfant Zimrân porte un nom qui, selon
notre pasteur, est significatif pour le peuple noir, malgré tout le mal que Gobineau et ses acolytes y pourront
trouver à dire. Ce nom signifie "Musical". Yoqshân, signifie "Insidious", "Insidieux", "Medân", "Strife"
"Conflit" ("Dissension", "Lutte"), "Madiân", "Fighter", "Combatif" ("Pugiliste"), "Yishbaq", "Quit",
"Quitter" ("Abandonner", "Laisser"). Ces noms suggèrent des troubles, des difficultés importantes dans leur
union, nous conjecture (?) le pasteur Otabil. Mais le tout dernier démontre une amélioration de la situation
conjugale, et une soumission finale, un don de soi entier de Keturah à Abraham. D'où le nom "Shuah" qui
signifie "Etre humble", "To be humble". "Shuah", souligne le pasteur, est souvent rendu par Sheba dans la
Bible. (Voir pour ces notes et commentaires, la page 34 de son ouvrage).
Parmi les descendants de Keturah, Yoqshân, fut le premier à être mentionné progéniteur. De lui, viennent
Sheba et Dedân (Genèse, 25:3; Voir également Genèse, 10: 6). Notons déjà ici que Sheba et Dedân sont
présentés comme petits-enfants de Kush, et enfants de Rama, lui-même fils de Kush. Il est très intéressant de
noter, comme le Pasteur Otabil nous le révèle, que ces noms des enfants de Yoqshân, sont des noms de
Cushites ou du peuple noir, éthiopien en particulier (Voir Beyond the Rivers of Ethiopia, op. cit., p. 34).
Pour s'en convaincre, il y a lieu de consulter les chapitre 9 et 10 de la Genèse. A cette partie de la Genèse,
nous devons une plus grande lumière sur les thèses réelles ou supposées telles de la malédiction de Kam,
Cham, ou Ham, le Noir. Très grande sera notre surprise lorsque l'on se rendra compte que ce sont toutes des
thèses forgées, on ne sait comment, par l'imagination de certains des premiers exégètes de la Bible au service
d’idéaux racistes, thèses perpétuées par les scientifiques et explorateurs eurocentristes malaisés dans leur
contact avec le peuple noir, peuple dont le vrai passé échappe au génie créateur des eurocentristes, génie lui-
même émoussé par leurs intentions malveillantes.
Noé fut père de trois enfants: Sem (Shem), Cham (Ham) et Japhet (Japheth) et de ces trois se fit tout le
peuplement de la terre (Genèse 9: 18-19). Avec leur père Noé, ils furent bénis de Dieu:
         <<Dieu bénit Noé et ses fils et il leur dit: « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre ».>>
                                       (Idem, 9:1. C’est nous qui soulignons)
Voici ce qu'il en est de la grâce impartie à Noé et à ses fils, y compris Cham, dès leur sortie de l'Arche, à la
fin du déluge. D'où vient donc l'histoire de la malédiction de Cham ? Voici l'histoire dont elle est issue:
Noé devint cultivateur à la sortie de l'Arche -- probablement un très bon vigneron ! Un jour, il but du vin et
s'enivra et se coucha tout dénudé. Cham le vit dans cet état lamentable et, plutôt que de le couvrir, il appela
ses deux frères pour qu'ils vinssent le voir. Ce qu'ils firent, et, eux le couvrirent. Alors, à son lever, Noé,
apprenant les faits, bénit le Dieu de Sem et, par l'intermédiaire de ce Dieu, celui de Japhet. Il est bien
question du Dieu de Sem et de Japhet et non des deux frères de Cham eux-mêmes, c’est-à-dire non Sem et
Japhet eux-mêmes. Et, plutôt que de maudire Cham lui-même, Noé maudit au contraire le quatrième fils de
Cham, son petit-fils, Canaan (Genèse, 9: 20-28)
                                             << <<Maudit soit Canaan!
                                Qu'il soit pour ses frères le dernier des esclaves>>
                                                      Il dit aussi:
                                          Bénit soit Yahvé, le Dieu de Sem,
                                            et que Canaan soit son esclave!
                                           Que Dieu mette Japhet au large,
                                         qu'il habite dans les tentes de Sem,
                                        et que Canaan soit son esclave!>> >>
                                   (Genèse, 9: 23-27. C'est nous qui soulignons).
On voit très bien qu'aucune malédiction n’est proférée contre le père biblique, symbolique, de la race noire,
Cham. Donc aucune malédiction de la race noire. Voire, est-il très clair aussi, aucune bénédiction de ses
frères, Sem et Japhet eux-mêmes. Car, Noé dit bien: <<Bénit soit Yahvé le Dieu de Sem. [...] et que Dieu
mette Japhet au large, qu'il habite dans les tentes de Sem.>>, que Dieu le protège sous la garde de son frère
Sem, puisque Sem fut le premier-né, et que, ne pouvant plus compter -- question de confiance probablement
-- sur Cham, il ne peut que confier Japhet à Sem. Comble de l'étonnement, c'est le quatrième fils de Cham
qui fut l'objet de la malédiction. Comment donc comprendre toute la transformation idéologique, au plus
haut point malicieuse, que connut l'histoire de Cham, utilisée pour servir les causes de politiques
expansionnistes, impérialistes et de gouvernements hideux, supportées par des clergés entiers du monde
occidental ? La réponse, nous la laissons à Cheikh Anta Diop de nous la donner ( Revoir ses notes aux
pages 44-47 de Nations Nègres et culture, op. Cit, dans ce texte-ci, p. 6).
Pourquoi Canaan, et non Cham, le coupable de la honte qu'a éprouvée Noé? Le Pasteur Otabil nous en donne
la réponse, habilité qu'il est plus que nous (?), à mieux interpréter la Bible. Selon lui, la bénédiction divine ne
peut faire l'objet d'aucun marchandage, et nous ajouterons tout comme "A" ne peut pas être à la fois "A" ?et
"B" -- un des principes logiques les plus rudimentaires: le principe de non-contradiction.
        <<La réponse est directe et simple, nous dit Otabil. Cham fut déjà béni par le Dieu Tout-
        Puissant selon le chapitre 9 verset 1 de la Genèse et Noé sut qu'il ne put défaire cette
        bénédiction avec sa malédiction aussi fit-il de Canaan le bouc-émissaire du péché de son
        père.>> (Voir Otabil, op. cit., p. 37. C’est nous qui soulignons).
Canaan, avions-nous dit par Cheikh Anta Diop, fut un territoire longtemps convoité par les Juifs. Et, à la
réponse d'Otabil, on pourrait ajouter cet autre passage de la Bible, portant sur Balaam, qui corrobore la thèse
de l'irréversibilité de toute bénédiction divine. Balaam, aux prises avec Balaq, roi de Moab, qui le somma de
maudire les Israëlites envahissant son territoire (Nombres, 22: 4-18.), répondit à Balaq:
                                            <<Balaq me fait venir d'Aram,
                                              viens fulminer contre Israël.
                                            Comment maudirais-je quand
                                                 Dieu ne maudit pas ?
                                            Comment fulminerai-je quand
                                    Dieu ne fulmine pas (Nombres, 23:7-8). [...]
                                              Lève -toi, Balaq, et écoute,
                                           prête-moi l'oreille fils de Zippor
                                          Dieu n'est pas homme, pour qu'il
                                                         mente
                                              ni fils d'Adam, pour qu'il se
                                                         rétracte
                                            Est-ce lui qui dit et ne fait pas,
                                            Qui parle et n'accomplit pas ?
                                        J'ai reçu la charge d'une bénédiction,
                                           je bénirai et je ne me reprendrai
                                                          pas>>
                                    (Idem, 23:18-20. C'est nous qui soulignons)
Mais, on peut encore se demander : pourquoi Canaan et non les autres fils de Cham, sachant que Cham eut
pour fils: Kush, Miçrayim, Put, Canaan (Genèse, 10: 6). ? Pourquoi donc Canaan et non Kam ou encore
Kush, le représentant nominal direct de la race noire – probablement, les autres le furent également, qui sont
aussi fils de Cham, si celui-ci joue le rôle de représentant nominal originaire de la race noire.
En définitive donc, ni Kush ou Cush, ni Cham ou Kam n'ont fait l'objet d'aucune malédiction divine. Et
comment le pourraient-ils si, même de par le principe logique de la non-contradiction, même d'après la
science, une chose ne peut être et ne pas être à la fois, ici, la bénédiction divine ne peut à la fois être impartie
à quelqu'un, à un peuple, et ne pas l'être. Ici, on peut aussi penser à Grotius le jurisconsulte : les lois
naturelles, Dieu lui-même n’en saurait rien changer. Il n'apparaît aucune malédiction expresse de Dieu à
l'endroit du peuple noir. Et même dans le cas où la Bible, la Genèse, nous en apprendra une, nous pouvons
encore douter de son origine réelle, vu déjà que Moïse, le père spirituel d'Israël, fut lui-même, à en croire
plusieurs dont Cheikh Anta Diop, auteur d'une falsification, d'une fausse présentation du moins, de l'histoire
de Cham, de l’histoire croisée d’Israël et de Nubie (Egypte-Ethiopie). Mais avant de procéder plus loin, nous
retiendrons, en définitive, contre ces doctrines et exégèses, les versets du psaume qui clament:
          <<Princes and Princesses shall come out of Egypt, Ethiopia shall soon stretch out her hands
            unto God>>, <<Depuis l'Egypte, des grands viendront, l'Ethiopie tendra les mains vers le
                                            Seigneur>> (Psaume 68: 31).
                <<Depuis l'Egypte, des grands viendront, l'Ethiopie tendra les mains vers Dieu>>.
Il serait très intéressant d'évoluer un peu dans le cours de cette étude sur les personnages bibliques de race
noire.
                  II. DE KAM, NOUS ETIONS SAINTS KUSHITES EN KUSH (AETHIOPS)
       Nous avions retenu que de Yoqshân, fils de Keturah, sortirent deux enfants du nom de Sheba et de
Dedân, et que ces deux noms sont Kushites, c'est-à-dire, du peuple noir, Ethiopien, donc résidant dans les
temps anciens dans la Vallée du Nil. Il appert, ce nous semble, du fait de la reprise des noms de génération en
génération, comme dans la tradition islamiste, que les Kushites devraient avoir une tradition très solide, très
forte, puisque les petits-enfants de Kush, fils de Noé, enfants de Rama, lui-même fils de Kush, s'appellent
également des mêmes noms:
            <<Fils de Cham: Kush, Miçrayim, Put, Canaan. Fils de Kush: Séba, Havila, Sabta, Rama,
                                     Sabteka. Fils de Rama: Sheba, Dedân.>>
                                                  (Genèse, 10:6-7).
En tout cas, la famille de Kush aurait survécu en dignité autant que la famille de Shem, celle dont Abraham
est issue. Et la famille de Kush aurait assuré la perpétuation de la famille de Shem, à travers Abraham au
moins. La famille de Kush, par Keturah, n'a pas été cherché Abraham. Au contraire, c'est Abraham qui fit le
premier pas vers les Kushites. Preuve qu'ils sont puissants, du moins qu’ils avaient quelque importance. Ce
qui est vrai encore d'un des descendants de Kush, <<Nemrod, vaillant chasseur devant Yahvé>> dont la
puissance impériale s'étend de <<Babel, d'Erek>>, en passant par <<Akkad>>, toutes des villes qui sont
<<au pays de Shinéar>>, pays d'où <<sortit Ashshur>>; Nemrod <<batît Ninive, Rehobot-Ir, Kalah, et Rèsèn
entre Ninive et Kalah (c'est la grande ville)>> (Genèse, 10: 8-12.). Et le Pasteur Otabil de soutenir:
       <<Cela n'a rien d'étrange pour nous, puisque après le déluge, ceux qui tinrent le destin du
       monde en mains furent des Kushites.
                         Ce n'est aucunement là professer la supériorité raciale des Kushites mais la voie
       d’une compréhension du dessein de Dieu: des siècles durant, Dieu a choisi de missionner qui Il
       veut pour Sa Gloire en dépit de la couleur de leur peau. Ce qui est d'ailleurs attesté par la
       mission de l'un des descendants de Kush du nom de Nimrod décrit comme un personnage
       puissant de la Terre. [...] il fut celui qui unifia les nations du monde et qui les dirigea dans la
       voie de l'édification des toute premières cités modernes après le déluge [...] Ce fut son idée de
       construire la tour de Babel qui, plus tard, mena à la dispersion des peuples [...] Probablement,
       son gouvernement et sa religion eut maille à partir avec la volonté divine mais le fait demeure
       qu'il fut le premier recteur et la première source de motivation des gouvernements du monde
       après le déluge.>> (Otabil, op. cit., p. 38-39. C’est nous qui soulignons et mettons en gras)
Un autre personnage, de loin l'un des plus importants Kushites, fut Havila, second fils de Cush. Nous lui
accordons de l'importance du fait qu'il nous amène en plein coeur de la Vallée du Nil. L'origine, attestée
bibliquement alors, de l'Humanité, puisqu'il sera question du fameux Jardin d'Eden où vécurent, selon la
tradition biblique, nos tout premiers parents, Adam et Eve. Lisons ensemble les passages bibliques en
question:
        <<Un fleuve sortait d'Eden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras.
        Le premier s'appelle le Pishôn: il contourne tout le pays de Havila, où il y a l'or; l'or de ce pays
         est pur [...] Le deuxième fleuve s'appelle le Gihôn: il contourne tout le pays de Kush [...]>>
                                               (Genèse, 2: 10-13).
Rappelons la synonymie Kush-Ethiopie, et concluons sans commenter: quatre bras du fleuve sortait d'Eden,
deux d'entre eux sont distinctivement identifés au pays de Kush, l'Ethiopie. N'est-ce pas là encore la preuve
certaine que la Vallée du Nil est aimée et bénie des Dieux, comme ses tout premiers habitants, les Egyptiens,
les Ethiopiens, bref les Nubiens ? On peut se poser cette question troublante, savoir: <<Dieu aurait-il situer
le Jardin d'Eden dans un pays qui serait occupé par des gens à peau noire?>> ( Otabil, op. cit., p. 40), tout
comme se convaincrait un Montesquieu de la légitimité de la traite des Noirs – à bannir entre Européens – en
des termes d'un racisme aussi illuminant que les Lumières de son siècle -- le siècle des Lumières: <<On ne
peut se mettre dans l'esprit, nous dit-il, que Dieu qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme
bonne, dans un corps tout noir.>> (De l'Esprit des Lois, Paris: Garnier-Flammarion, 1979, Livre XV,
chapitre V, p. 393).
Les anciens habitants de la Vallée du Nil, l'Ethiopie, l'Egypte, Terres aimées des Dieux, les descendants de
Kam, de Kush, et de Keturah, furent effectivement bénis de Dieu, d'après la Tradition biblique. Il en a de
même, certes, des autres enfants d'Abraham, Ismaël et Isaac, purs Semites (de Shem). En nombre, les
Kushites et les Kamites furent majoritaires parmi les fils d'Abraham. Mais, leur sort a voulu qu'ils n'héritent
rien d'Abraham, à l'approche de la mort de celui-ci. Tout, et les dons d'esprit et les biens matériels furent
accordés, selon la volonté divine, dit la Bible, à Isaac. Le lot d'Ismaël fut celui des biens matériels
uniquement. Les fils directs de Kam perdirent en tout, laissés pour compte. Comment cela se fait-il, peut-on
se demander ? Et peut-ont définitivement tenir que, sur le plan purement spirituel, ils leur manquèrent une
part d’héritage venant d'Abraham ?
Il ne nous semble pas qu'ils furent, à vrai dire, des déshérités sur tous les plans. A ce propos, deux choses
nous semblent dignes de considération: primo, il ne faut pas perdre de vue, que sur le plan matériel, de la
condition humaine, Abraham fut incité par sa femme Sarah quelque peu jalouse des autres femmes et de
leurs enfants, et elle fut davantage jalouse des enfants de Kam en pensant à l'abondant héritage qui
reviendrait à Isaac seul en l'absence des autres enfants d'Abraham. D'où son insistance à voir partir, à les voir
chassés, loin d'Isaac. Dans de telles circonstances, les combler de dons matériels autant que spirituels serait
presque, pour Abraham, faire preuve d'infidélité à l'égard de sa femme Sarah. Sur ce point, devrait compter
de beaucoup pour nous et nous suffir l'absence de malédiction de la part d'Abraham à leur encontre.
La cause du dénuement quasi-total des enfants de Kam se trouve donc dans une passion, un vice, un péché,
dira-t-on: la jalousie. La Jalousie d’une descendante de Sem: Sarah! venant s’ajouter, sur le plan proprement
historique, à l’envie, la convoitise des enfants de Sem – encore eux – envers le pays de Canaan.
Secundo, à tenir compte de l'irréversibilité de toute bénédiction divine, il serait absolument faux de partager
la thèse de privation d'héritage. Abraham, a béni tous ses descendants, y compris les fils de Kam, et il ne peut
défaire cette alliance divine – divine, puisqu'il tient ses bénédictions de Dieu. Par conséquent, les Kamites et
les Kushites sont bénis pour l'éternité.
A ces deux arguments, peut venir s'ajouter celui de l'indépendance des Kamites. Rappelons-nous que ce fut
bien Abraham qui fit le premier pas vers ce peuple et non l'inverse. En outre, depuis l'incident de la nudité de
Noé, Kam fut abandonné à lui-même. Ce qui, probablement a accru son sens de l'indépendance aussi bien
que celui de ses descendants.
Finalement, tertio, et c'est ce qui nous semble plus décisif dans l’effort de compréhension de leur destin, c'est
la nécessité spirituel – cosmique, disons-le – pour eux de développer leurs potentiels de force intérieure dans
l'accomplissement de leur destin, de leur mission terrestre et cosmique. Comment peuvent-ils assumer
autrement la tâche spirituelle qui leur est impartie par Dieu ?
La force de cet argument, nous pouvons nous en convaincre en se référant à cet enseignement des plus
fondamentaux de toutes les Traditions spirituelles, que plus tenaces et constants les efforts déployés dans
l'affrontement des épreuves, plus riches et forts l'on devient sur tous les plans. Par conséquent, plutôt que de
voir dans les descendants de Kam des êtres maudits, des « damnés de la terre », comme dirait un Franz
Fanon, nous devons les prendre pour des exemples concrets, vivants, d'élevation spirituelle, en dépit de la
dureté, de l'âpreté, de la rigueur crucifiante, quasi-eschatologique, de leur destin. Nous verrons ci-après que
nos réflexions ne manquent ni de poids ni surtout de sens.
Comment donc, après avoir tout perdu – en apparence, d'après nos remarques précédentes – ces Kamites et
Kushites ont-ils pu montrer encore à la face du monde leur privilège divin en connaissance de tout genre et
en sagesse ? En voici la trame historique partant de Jethro dont nous avions déjà parlé. Pour nous fixer les
idées, rappelons que Jethro fut le prêtre de Madiân qui sauva Moïse après le bannisement de ce dernier de
l'Egypte, et qui lui donna même sa fille, Zipporah ou çippora, en mariage. Zipporah eut deux fils avec
Moïse. L'un s'appelait Gershom car, <<avait-il dit: <<Je suis un immigré en terre étrangère>> >>, l'autre
s'appelait Elizer car <<le Dieu de mon père est mon secours et m'a délivré de l'épée de Pharaon>> (Ex., 18:
2-4).
Jethro fut, d'après les résultats des recherches du Pasteur Otabil, l'initiateur par excellence de Moïse depuis
40 ans après son départ d'Egypte. Que le cours de la vie de Moïse pourrait être réparti en 3 fois 40 ans,
comme l'atteste Otabil, cela ne nous intéresse pas tant ici. Par contre, sont à retenir, d'une part, ces 40 ans
passés dans la cour du Pharaon en Egypte, et les 40 ans passés sous la sainte gouverne de Jethro. Toutefois,
nous renverrons aux pages d'Otabil qui illustrent le déroulement de son initiation sous les auspices des
Mystères d'Egypte, là où il y en a.
Référons-nous aux Actes des Apôtres, Acts 7: 22, 29, qui déclare: <<Ainsi Moïse fut-il instruit dans toute la
sagesse des Egyptiens, et il était puissant en paroles et en oeuvres>>, avant de s'enfuir pour se réfugier au
pays de Madiân où il eut deux fils, avec la fille de Jethro. Il apparaît donc clairement, déjà à ce point de notre
étude, par quelles voies, sans médiation, les descendants de Kam ont pu, déshérités qu'ils furent, reprendre
les rênes de leur mission civilisatrice de l'Humanité. Par eux, comme on le dirait ordinairement, la pierre
rejetée par les constructeurs, ici, le Semite Abraham, deviendra celle, angulaire, de la bâtisse sacrée. Ironie
de l'histoire! dirait le pasteur, de voir qu'eux seuls parmi les fils d'Abraham ont pu garder la foi qui leur fut
inculquée à l’origine (Op. cit., p. 46).
Il faut encore se rappeler qu’un nommé Madiân fut un enfant direct d'Abraham et de Keturah, la Kushite,
l'Ethiopienne. Puisque les noms représentaient l'appartenance raciale, culturelle, ou "tribale", et que Jethro
est prêtre de Madiân, donc de Kush, il s'ensuit, et le pasteur nous le révèle, que Jethro a parenté avec
Abraham, il en est un descendant; pas un descendant sémite pur certes. Ce qui peut expliquer plus facilement
le passage de la sagesse de Kam à Kush, de Kush à Abraham par Keturah, d'Abraham et de Keturah
finalement à Jethro. Du coup, s'explique aussi facilement, d’une part, l'entretien, par Jethro, de la flamme
sapientiale dans sa dévotion sacerdotale, d’autre part, la destruction de cette flamme chez les descendants
Sémites d'Abraham, et, finalement, son ravivement par Jethro, et sa transmission, par ce dernier, à Moïse:
       <<He was a descendent of Abraham who had obeyed the commands of Abraham concerning the
       Almighty God ! Jethro kept the flame of Abraham's faith burning for Moses to partake of.>>
Ce que nous traduisons par:
       <<Il [Jethro] était un descendant d'Abraham qui a obéit aux commandements d'Abraham
       concernant le Dieu Tout-Puissant ! Jethro a maintenu brûlante la flamme de la foi d'Abraham
       afin que Moïse y prenne part>> (Idem, p. 47)
Selon la tradition rosicrucienne, par exemple, <<Moïse emporta avec lui le concept du Dieu Unique et
Universel d'Akhenaton mais en l'adaptant à la psychologie plus rude du peuple hébreu>>. L'influence des
idées d'Amarna (Tell-el-Amarna) sur les textes de l'Ancien Testament est aujourd'hui largement reconnue. Il
est établit par la tradition rosicrucienne que l'Exode eut lieu pendant le règne d'Akhenaton, donc, une
conclusion qui s’impose en même temps : les Egyptiens ne furent en aucun cas maltraités. <<Il est fort
probable, nous dit Christian Larré, que Moïse, qui est mort très vieux, soit né au temps d'Akhenaton, et peut-
être même à la cour d'Amarna.>>. En tout cas, selon l'histoire, <<Moïse reçut une éducation soignée
certainement à la cour de pharaon, probablement celle d'Horemheb>. Celui-ci <<régna après la mort de Ay,
lui-même ayant succédé à Toutankhamon>>. Il y a à noter cependant qu'il y a un siècle à peu près de
décalage <<entre les données de l'histoire et l'esprit de la Tradition.>> (Voir Christian Larré, op, cit., p. 226).
La connaissance de la Loi, des principes divins fut effective chez Moïse bien avant qu'il ne reçoive le
Décalogue sur le Mont Sinaï, et ceci, sous l'influence d'un pharaon kemet Akhenaton. Le témoignage sur les
relations ou la rencontre de Moïse avec Akhenaton se trouve également dans Cheikh Anta Diop (Nations
nègres et cultures, t. 1, p.44). Voici ce qu'en rapporte, avec une sûreté sans détours, Anta Diop:
       <<Moïse vivait à l'époque de Tell-el-Amarna où Aménophis IV (Ikhnaton, vers -1400) tenta de
       rénover le monothéisme égyptien primitf, qui s'estompait sous l'appareil sacerdotal et la
       corruption des prêtres [il s'agit bien des prêtres d'Amon]
                          Ikhnaton semble avoir tenté d'appuyer le centralisme politique dans l'immense
       empire qui venait d'être conquis, sur un centralisme religieux: l'empire avait besoin d'une
       religion universelle.
                          Moïse aurait été touché par cette réforme religieuse. Il s'est fait, à partir de ce
       moment, le champion du monothéisme dans le milieu juif.
                          Le monothéisme, dans tout son abstraction, existait déjà en Egypte qui, elle-
       même, l'avait emprunté au Soudan Méroïtique, Ethiopie des Anciens [il s'agit du culte de Râ ou
       d'Amon-Râ] (Voir D. P. de Pédrals, Archéologie de l'Afrique Noire, Payot, 1950, p. 37.
       Référence d'Anta Diop. C’est nous qui soulignons)
Le choix du peuple égyptien par Dieu saurait-il être motivé par un simple besoin de survie matérielle – la
fuite de la famine et des guerres ? Et pourquoi seulement le peuple égyptien, pas une seule fois, mais à toutes
les fois qu'il y a crise dans l'existence d'Israël ? N'y avait-il pas d'autres peuples, à part Egypte, et à proximité
d'Israël, qui jouissaient, en ces temps-là, de la paix et de l'opulence comparables à celles imparties à Egypte ?
Dieu aurait-il choisi d'engager son élu sur une voie dangereuse – la recherche des plaisirs à ses yeux abjects,
des plaisirs de la chair, des plaisirs de la luxure, de l'idolâtrie, lui qui veut les préparer pour mieux assumer
un destion spirituel des plus sublimes ? Non, il n'en saurait jamais ainsi ! Le choix du peuple-hâvre de paix
pour Israël l'élu obéit bien à des visées et prédicaments d'ordre plutôt spirituels que platement matériels. Dieu
en toute connaissance de cause a indiqué à Israël le peuple, Kam et Kush, qui, en ces temps-là était sûrement
le plus spirituellement élevé. C'est auprès de lui, de ce peuple noir, qu’Israël a pu trouver la voie de sa
rédemption : le culte d'un Dieu Unique. Du reste, il arrive, dans le destin des peuples réduits, subornés aux
désastres les plus existentiels, les plus matériels, de trouver, de puiser dans le spirituel leur ferment
sotériologique, la lumière, la flamme de leur rédemption. C'est ce qui fait dire à Anta Diop:
       <<Dans l'atmosphère d'insécurité où se trouvait le peuple juif en Egypte, un Dieu prometteur de
       lendemains sûrs était le soutien moral irremplaçable. Ainsi, après les réticences du début, ce
       peuple qui ne semblait pas avoir connu le monothéisme jusque-là, contrairement à l'opinion de
       ceux qui veulent en faire son inventeur, le portera néanmoins à un degré de développement
       assez considérable.
                          A l'aide de la foi, Moïse conduira le peuple hébreu hors d'Egypte. Celui-ci se
       serait lassé très vite de ce culte et ne serait revenu que progressivement au monothéisme. (Veau
       d'or d'Aaron au pied du Sinaï)
                          Entré en Egypte au nombre de 70 bergers organisés en 12 familles patriarcales,
       nomades sans industrie, sans culture, le peuple juif en sort 400 ans plus tard, au nombre de 600
       000, après y avoir puisé tous les éléments de sa tradition future et, en particulier, du
       monothéisme>> (Anta Diop, idem, op. cit. C’est nous qui soulignons)
Plusieurs auteurs ont effectivement affirmé et radicalisé l'idée <<de la dette de la religion hébraïque à l'égard
de l'Egypte>>, <<l'un des thèmes récurrents de la critique de l'histoire biblique>> aux XVII° et XVIII°
siècles (Lire par exemple Yosef Hayim Yerushalmi, Le Moïse de Freud, (Paris. Gallimard, 1993, p.
32). Au fond, l'idée <<d'une révélation égyptienne prémosaïque>> (ibidem, op. cit.) une telle idée doit être
retracée jusqu'à la Renaissance européenne où florissaient les traditions hermétiques. Sur l'extrême richesse
de la tradition hermétique à la Renaissance, lire, entre autres, Frances A. Yates, The Occult Philosophy in the
Elizabethan Age (1979) (London etc., Routledge and Kegan Paul, 1984).
Au rang des tenants de cette idée figurent, par exemple, à l'instar de Sigmund Freud, L'homme Moïse et la
religion monothéiste (1950), chapitre III, surtout Première partie (Paris: Gallimard, 1956), James Henry
Breasted, The Dawn of Conscience (New York: Charles Scribner's Sons, 1933, p. 22, 145, 369, passim),
Max Weber, Le judaïsme antique (Paris: Plon, 1970, p. 173-174), Friedrich Schiller, Die Sendung
Moses, in Sämtliche Werke, 4 (Munich: Carl Hanser1962, 783-804). Dans le même temps, tous ou
presque ont aussi mis l'accent sur la contemporanéité de Moïse et d'Akhénaton. À eux peuvent ainsi venir
s’ajouter les Synoptiques abondamment illustrés de Werner Keller, La Bible arrachée aux sables (Vienne /
Düsseldorf, Econ Verlag S.A.R.L., 1963, p. 88 et passim et p. 333) et, parmi tant d'autres encore,
Marcel Laperruque dans son récent ouvrage De l'Egypte ancienne à la Bible (Nantes: Opera, 1991, ch. III
et X, entre autres).
En face de ces positions toutes unanimes sur les faits, il est très surprenant de lire l'opposition plus que
farouche du Dr Maurice Bucaille dans son ouvrage intitulé Moïse et Pharaon: Les Hébreux en Egypte.
Quelles concordances des Livres saints avec l'histoire ? (Paris: Seghers, 1995). Selon lui, et selon Eliane
Amado Lévy-Valensi, Le Moïse de Freud ou la Référence occultée (Monaco: Ed. du Rocher, 1984, p. 15
entre autres), tout cela ne serait que gallimatias d'anachronismes.
Il n'est d'ailleurs pas exclu que Moïse soit véritablement nègre selon maints érudits. En tout cas, ceci, une
fois objet de doute, devrait faire l'objet de sérieuses investigations. Depuis les classiques, tels Strabon,
Manéthon, Apion et Celse jusqu'aux modernes, l'idée a été soutenue, sans ambages, que Moïse était en réalité
un Egyptien, un kamite, un noir. Freud, plus proche de nous, souleva le problème dans son ouvrage (chapitre
I). Il serait intéressant de lire, sur ce point, Yosef Hayim Yerushalmi, Le Moïse de Freud, (op. cit., p. 22) qui
rejette la thèse d'un Moïse nègre. Aux pages p. 32 et suivantes, il se réfère aux ouvrages de Stern, Greek and
Latin Authors on Jews and Judaïsm (1976-80, vol. I, p.83, 299, 394; vol. 2., p. 277) . (En français, mais
faits d'informations moins complètes: Théodore Reinach, Textes d'auteurs grecs et romains relatifs
au judaïsme, Paris, 1895; Cet ouvrage est réédité par Georg Olms Verlagsbuchhandlung,
Hidelsheim, 1963).
Une fois encore, surprenant se révèle l'opposition radicale du Dr Maurice Bucaille dans son ouvrage intitulé
Moïse et Pharaon: Les Hébreux en Egypte. Quelles concordances des Livres saints avec l'histoire ? (Paris:
Seghers, 1995). Selon lui, et selon Eliane Amado Lévy-Valensi, Le Moïse de Freud ou la Référence
occultée (Monaco: Ed. du Rocher, 1984, p. 15 entre autres) la thèse d'un Moïse nègre n'est qu'aberration.
De toutes les façons, il faudra une finesse de serpent pour trouver, dans la Bible, une généalogie qui retrace
le lignage de Moïse depuis les Patriarches et une autre qui le retrace depuis ses supposés ancêtres Kemet. Ce
qui est sûr, c'est que dans un contexte de génocide tel que celui qu'Egypte avait fait subir aux Israëlites, une
fille de la cour pharaonique, la propre fille du pharaon homicide eut toute l'ingéniosité, la ruse aussi bien que
la discrétion nécessaires autant que ses servantes juives pour dissimuler un enfant israëlite aux officiers-
bourreaux dépêchés par le pharaon pour éliminer les nouveaux-nés Israëlites (Ex. 1 et surtout 2).
Même en supposant qu'il fut réellement Egyptien, faire de lui un héros, tel que, selon Freud, les Israëlites le
firent, cela demeurent quelque peu surprenant. Car, ainsi que nous l'avions relevé dans Les racines
égyptiennes de la philosophie occidentale, les peuples, disons avant le christianisme, n'ont pu dignement
célébrer l'image de leurs dieux qu'en les rendant semblables à eux, qu'en les créant à leur image et à leur
ressemblance. Dans cette optique, un Kamite, héros socio-politique, fondateur de religion destinée à un
Sémite devrait paraître hautement accablant, du moins pour le peuple Sémite. Et à propos d’images, de
représentations des divinités, rappelons que les peuples, surtout le peuple noir réclame aujourd'hui un Christ
conforme à son image, sinon de couleur de peau du moins de culture.
A tout le moins, rien n'empêche que Moïse soit issu d'un lien proscrit, notamment d'un lien entre une
Egyptienne, de famille très influente et un Israëlite également de famille très influente, ou entre un Israëlite
pur sang de famille très influente et d'une Egyptienne de condition basse (ou relativement basse), ou encore
l'inverse. Et finalement, l'hypothèse d'une naissance de pur sang israëlite nous ramène encore à l'anecdote de
l'audacieuse et ingénieuse dissimulation motivée par la divine compassion de la princesse égyptienne. Nous
voyons donc qu’il est tout à fait inutile de nous empêtrer dans des complications génétiques à nous rendre
fous. Freud lui-même et, avant lui, nous en sommes sûrs, n’ont pas pu établir de solides thèses.
Pour notre propos, cette conclusion s’impose au moins : que ce soit le Kemet, par Akhenaton, ou Kush, par
Jethro, le monothéisme noir, le culte d'un Dieu Unique Tout-Puissant, a survécu à la pseudo-puissance des
idoles. Jethro, donc, tout comme Melchisédech, fut prêtre au service du Dieu Unique, le Dieu que Moïse
connaîtra plus tard sur le Mont Sinaï (Nous renvoyons ici aux pages 48-50 d'Otabil et aux versets 13-
27 du Livre de l'Exode, chapitre 18). L'enseignement du Prêtre en ces temps implique la connaissance, et
plus particulièrement, la Loi de Dieu. Nous le lisons dans Malachi:
             <<Car c'est aux lèvres du prêtre de garder le savoir et c'est de sa bouche qu'on recherche
                             l'enseignement: il est messager de Yahvé Sabaot.>> (2:7)
L'éminence, l'excellence de la prêtrise et de la sagacité gouvernementale de Jethro nous sont démontrées par
le passage suivant de la Bible, passage qui montre qu'il fut en contact avec les plus grands prêtres et sages
d'Israël, tel Melchisédech.
En ce qui concerne l'excellence de la prêtrise de Jethro, rappelons ce qu’il dit à Moïse, son beau-fils, à la
suite des rapports que celui-ci fait à son beau-père sur la délivrance de la servitude d'Egypte:
                      <<Béni soit Yahvé qui vous a délivrés de la main des Egyptiens et de la main de
       Pharaon, qui a délivré le peuple de la sujétion égyptienne. Maintenant je sais que Yahvé est plus
                                              grand que tous les dieux...
           Jethro, le beau-père de Moïse, offrit à Dieu un holocauste et des sacrifices. Aaron et tous les
                anciens d'Israël vinrent manger avec le beau-père de Moïse en présence de Dieu>>
                                       (Exode, 18:12. C’est nous soulignons)
Même les anciens d'Israël reconnaissent en quelque sorte la sagesse et la connaissance des anciens habitants
de la Vallée du Nil. Ils apprécient donc l'héritage intellectuel et spirituel des enfants de Kam et de Kush
comme nous l'avons suffisamment établi auparavant.
De même, en ce qui concerne la sagacité gouvernementale de Jethro, voici ce que celui-ci répondit à son
beau-fils lorsque ce dernier lui rapporte l'aide considérable et épuisant en conseils qu'il a toujours su donner à
son peuple:
                   <<Tu t'y prends mal ! A coup sûr tu t'épuiseras, toi et le peuple qui est avec toi, car la
          tâche est trop lourde pour toi, tu ne pourras pas l'accomplir seul. Maintenant écoute le conseil
        que je vais te donner pour que Dieu soit avec toi. Tiens-toi à la place du peuple devant Dieu, et
           introduis toi-même leurs causes auprès de Dieu. Instruis-les des décrets et des lois, fais-leur
             connaître la voie à suivre et la conduite à tenir. Mais choisis-toi parmi tout le peuple des
          hommes capables, craignant Dieu, sûrs, incorruptibles, et établis-les sur eux comme chefs de
       millers, chefs de centaines, chefs de cinquantaines et chefs de dizaines. Ils jugeront le peuple en
         tout temps. Toute affaire importante, ils te la déféreront et toute affaire mineure, ils la jugeront
           eux-mêmnes. Allège ainsi ta charge et qu'ils la portent avec toi. Si tu fais cela et que Dieu te
            l'ordonne tu pourras tenir et tout ce peuple, de son côté, pourra rentrer en paix chez lui.>>
                                  (Ex; 18: 17-22 et Dt 1: 9-18. C'est nous qui soulignons.)
Moïse, en tout cas, dut énormément à cette sagesse, puisqu'il reçut de lui les derniers conseils pour la
gouverne du peuple d'Israël, des conseils le menant au Mont Sinaï, des conseils qui lui ont permis de
remédier à ses maladresses dans l'assumption des charges de dirigeant de son peuple (Voir les passages de
l'Exode auxquels nous nous étions référés, savoir: 18: 13-27). Par conséquent, le peuple d'Israël, le peuple
Juif lui-même doit considérablement à la sagesse des descendants kamites et kushites. L’ouvrage, très
acdamique, de Tryggve N. D. Mettinger, Solomonic State Officials. A Study of the Civil Government
Officials of the Israelite Monarchy (1971) Lund (Sweden): University of Lund (Coniectanea Biblica: Old
Testament Series 5), nous donne une idée précise de la décalque de la structure du pouvoir et des
administrations d’Israël sur celle de l’Egypte dans l’antiquité. Davantage qu'une simple décalque, il s'agit,
dans bien des cas, d'une réelle administration de certains pouvoirs de l'Etat hébreux par des Egyptiens de pur
sang.
                             III. DE KAM ET DE KUSH, PAR HOBAB, NOUS ETIONS JUDA
Autre personnage important dans cette épopée des descendants de Kam, les Kushites et les Kemet, fut
Hobab, le fils de Raguel, autre nom de Jethro. Son importance vient de sa mission exploratrice, en tant que
guide du peuple d'Israël, à travers le désert. Selon le Pasteur Otabil, il fut la clé de voûte de la récupération
de l'héritage d'Abraham, la clé de voûte de l'enrichissement spirituel et culturel que les fils et petit-fils de
Kam eurent à ajouter à leur opulent patrimoine d'origine (op. cit., p. 55).
Le fait est frappant de savoir à présent que le périple des fils d'Israël à travers le désert fut placé sous la
supervision, la direction, le « leadership » d'un Madiânite, donc d'un Ethiopien, Hobab, même pas d'un
Egyptien. Tant d'encre ont coulé par la plume des exégèses, tant de salives ont été secrétées par les sermons
et prêches sur la traversée de la Mer Rouge et du Désert par les Israëlites. Jamais, rien n'en est ressorti
comme information sur l'appartenance raciale de Hobab. Grâce à Dieu et à l'intelligence, à la perspicacité
d'esprit de Pasteur Otabil, aujourd'hui, cette appartenance raciale est sortie des méandres obscures des secrets
religieux. Lisons ensemble le passage qui s'y rapporte:
        <<Les fils de Hobab, le Qénite, beau-père de Moïse, montèrent de la ville des Palmiers avec les
         fils de Juda jusqu'au désert de Juda qui est dans le Négeb d'Arad, et ils vinrent habiter avec le
                                                      peuple.>>
                                      (Juges, 2: 16. C’est nous qui soulignons)
Etonnante découverte ! Ce qui fait exalter l'âme du Pasteur en ces termes très appelants:
       <<Des Noirs dans la Terre Promise ? Oui ! [...] Ayant en partage l'héritage de Judah ? Oui!
                 Les enfants de Madiân [de Kush] figurèrent au premier plan dans l'accomplissement de
       la volonté divine en faveur d'Israël.
                 Lorsque l'heure arriva pour Dieu de manifester Son plan de rappatriement d'Israël en
       Egypte, Il missionna un groupe Madiânite [un groupe Kushite] pour amener Joseph en Egypte.
       C'est par Joseph que le reste du peuple d'Israël s'introduisit en Egypte.
                 Un prêtre Madiânite fut chargé de préparer Moïse à la délivrance de la servitude
       d'Israël.
                 Dieu confia encore aux mêmes Madiânites la mission de les conduire à la terre promise.
       Est-ce là une coïncidence ? Non, cela s'appelle Plan Divin !>> (op. cit., p. 57. C’est nous qui
       soulignons)
N'eut été Hobab, et son art d'explorateur, l'Alliance Divine avec le peuple d'Israël fut restée inaccomplie. La
race noire doit donc se réjouir de la Grâce que Dieu lui a impartie depuis les premiers foyers de la
civilisation humaine. L'histoire salvatrice du peuple noir en faveur d'Israël, en faveur du peuple Juif, ne
s'estompe pas là. Bien d'autres faits bibliques, réalités historiques, concourent de façon tangible à la
reconnaissance de cette mission rédemptrice que ce peuple avait dignement assumée et qu'elle assume encore
de nos jours en dépit de la pauvreté matérielle qui est son lot le plus reconnu. La lignée messianique,
christique, la lignée des oints de Dieu, les « Shiloh » doit être nécessairement retracée jusqu'à cette mission
dirigeante du peuple noir. Oui, au fond, cette lignée y prend sa source !
Nous nous permettons pour ce faire de nous référer à ce passage du Pasteur, avant de le traduire afin de
révéler sa puissance profondément évocatrice:
       <<The prophecy [évoquée dans Genèse 49: 9-11] introduces Judah as a Lion which denotes
       boldness. The prophecy also establishes Judah as the bearer of the Sceptre and the Lawgiver
       which is reference to Kingship. Most importantly it identifies Judah as the tribe from which
       « Shiloh » -- the presence of God or Immanuel -- shall come . Did the inheritance of Keturah's
       children include all these? Oh yes, it did ! It literally linked up to these black people with God's
       purposes in bringing redemption to humanity.
                 It is as if God was saying, « Abraham did not give you an inheritance, he sent you off
       but I am going to put you in the centre of my redemption plan to bring salvation to
       mankind ».>> (Op. cit., p. 61)
Nous traduisons:
                <<La prophécie [évoquée dans Genèse 49: 9-11] introduit Judah comme un Lion, ce qui
       dénote de la sublimité. La prophécie établit aussi Judah porteur du Sceptre et Législateur, une
       référence à la Royauté. Plus important encore, elle identifie Judah comme la tribue d’où
       proviendra le « Shiloh » -- la présence de Dieu ou Emmanuel. L’héritage des enfants de Keturah
       inclut-il tout ceci ? Oh oui, il l'inclut ! Le plan de Dieu pour la rédemption de l’humanité se
       rattache littéralement à ce peuple noir.
                    C’est comme si Dieu disait, « Abraham ne t’avait donné aucun héritage, il t’a
       renvoyé mais je te mettrai au centre de mon plan derédemption pour le salut de l’humanité.>>
Les descendants de Kam, Kushites et Kemet, étaient là dès le départ. Ils étaient présents, même dispersés,
renvoyés donc à l’Est par Abraham qui leur a préféré Isaac, sous l’instigation malveillante de Sarah, sa
première femme (Genèse, 25:6), et ils étaient présents, parmi les Mages, à la naissance du Sauveur de
l’Humanité, Emmanuel, Jésus le Christ – au moins un parmi les Mages. Ils étaient présents au moment de sa
passion, en la personne de Simon de Cirène, celui qui l’a aidé à transporter sa croix jusqu’au Calvaire. Ils
étaient là à recevoir les Ecritures avant Cornelius, le Romain, le premier des Gentils, en la personne de
l’Eunnuque Ethiopien. en la personne du seul Ethiopien que Philippe était parti chercher. Oui, dira le Pasteur
Otabil, <<Africa got the Gospel before Europe>> (Op. cit., p. 62)
La conclusion du Pasteur, savoir, <<Africa got the Gospel before Europe>>, elle est à prendre au sérieux ! A
y réfléchir sérieusement, même les plus effrontés de ceux qui portent en eux et nourrissent encore la plus
ignominieuse des haines raciales devraient, à présent, historiquement du moins, le reconnaître. D’où
l’importance du titre de ce texte : <<Nous étions là ou Célébrons-nous si le monde nous abêtit>>. Titre qui
n’a rien d’absurde ni d’osé si on le compare aux injonctions béatifiantes que nous laissa le Shiloh, l’Oint,
Jesus Christ, et que nous ramassons en cette formule simple: <<Réjouissez-vous si l’on vous persécute,
soyez dans l'allégresse ! >> (Mt 5, Lc 6, les Béatitudes).
         IV. ET PAR LE CHRIST-SHILOH, NOUS AVONS OINTS SAUL ET BARNABAS
L'influence des Noirs dans l'histoire du Christianisme naissant est à compter parmi les merveilles de la
civilisation spirituelle de l'Humanité chrétienne. Comme elle l’est parmi celles de toute l’Humanité. Elle
s'étend d'ailleurs jusqu'à l'imposition des mains aux Apôtres Saul et Barnabas. Actes des Apôtres 13:1-3:
          <<Il y avait dans l'Eglise établie à Antioche des prophètes et des docteurs: Barnabé, Syméon
        appelé le Niger, Lucius de Cyrène, Manaën, ami d'enfance d'Hérode le tétrarque, et Saul. Or, un
        jour, tandis qu'ils célébraient le culte du Seigneur et jeûnaient, l'Esprit Saint dit: <<Mettez-moi
        donc à part Barnabé et Saul en vue de l'oeuvre à laquelle je les ai appelés>>. Alors, après avoir
                   jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent à leur mission.>>
Deux donc des 5 prophètes et docteurs réunis, ceux dont deux allaient commencer leur mission
évangélisatrice furent de race noire: Syméon appelé le Niger [le Nègre] et Lucius de Cyrène.
Last but not least, le mouvement charismatique, pentecôtiste, qui transforma la pratique chrétienne de
recueillements et de prières en des assemblées de guérison, dès les débuts du siècle, en 1900, ce mouvement,
Pasteur Otabil nous le rapporte, fut mis sur pied sous l'instigation et le « leadership » de William Seymour,
<<a black man!>> (Op. cit., p. 63-64) Cela nous rappelle encore Imhotep – Temple de la Paix –, le père de la
Médecine, de la Thérapeutique sacrée égyptienne, bien avant le Grec Hypocrates : a black man !.
Afin de montrer qu’il a été nécessaire, pour le « Gospel », d’avoir une longue histoire – plus de 4 000 ans –
période de préparation du peuple élu, mieux des peuples élus, les Shiloh, les Oints de Dieu –, il serait peut-
être intéressant de reprendre ici un texte très émouvant, un texte que contient déjà notre ouvrage intitulé
« Les Racines négro-égyptiennes de la Philosophie occidentale ». Car ce n’est jamais assez de se rappeler
son destin et ses mérites à soi, comme l’on dit « un devoir de mémoire ». Perdre de vue cet aspect de notre
tâche, c’est maintenir les peuples dans un immobilisme glacial, c’est, sur le plan de la conscience éthique, les
condamner à l’involution. S’il en est ainsi, c’est parce qu’il est absolument indispensable que ce qui
provoque et choque nos sensibilités à fleur de peau, cela doit, au fil de l’histoire, nous devenir d’une
familiarité toute naturelle, une partie de nous-mêmes, afin, du moins, que nous puissions, si c’est un vice y
remédier à l’avenir ou si c’est une vertu la cultiver sans relâche. Compte tenu de ceci, il nous est tout à fait
d’un impératif catégorique de ne jamais nous lasser de mettre en valeur nos mérites, nos bonnes actions, bref,
notre nature morale et spirituelle.
Le texte en question reste de loin l'un des plus émouvants de l'hermétisme, <<dernière manifestation de la
connaissance égyptienne>> (L'héritage spirituel de l''ancienne Eygpte, op. cit., p. 238). Attribué à Hermès
Trismégiste, (le Thot de nos ancêtres Egyptiens), personnage mythique, représentation de la Tradition
Primordiale, de la Sagesse des peuples, c’est un discours prophétique qu'Hermès adresse à Asclépios (Idem),
un discours empreint d'une très grande mélancolie. Une nostalgique mélancolie <<exprimant un monde
finissant>> (Ibidem).
       <<Ignores-tu, ô Asclépios, que l'Egypte est l'image du ciel, ou plutôt, qu'elle est la projection
       ici-bas de toute l'ordonnance des choses célestes ? S'il faut dire la vérité, notre terre est le temple
       du monde. Cependant, comme les sages doivent tout prévoir, il est une chose qu'il faut que vous
       sachiez: un temps viendra où il semblera que les Egyptiens ont en vain observé le culte des
       dieux avec tant de piété, et que toutes leurs saintes invocations ont été stériles et inexaucées. La
       Divinité quittera la terre et remontera au ciel, abandonnant l'Egypte, son antique séjour, et la
       laissant veuve de religion, privée de la présence des dieux. Des étrangers remplissant le pays et
       la terre, non seulement on négligera les choses saintes, mais, ce qui est plus dur encore, la
       religion, la piété, le culte des dieux seront proscrits punis par les lois. Alors, cette terre sanctifiée
       par tant de chapelles et de temples sera couverte de tombeaux et de morts. Ô Egypte, Egypte! Il
       ne restera de ta religion que de vagues récits que la postérité ne croira plus, des mots gravés sur
       la pierre et racontant la piété. Le Scythe ou l'Indien, ou quelque autre voisin barbare habitera
       l'Egypte. Le Divin remontera au ciel, l'humanité abandonnée mourra tout entière, et l'Egypte
       sera déserte et veuve d'hommes et de dieux.
                 Je m'adresse à toi, fleuve très-saint, et je t'annonce l'avenir. Des flots de sang, souillant
       tes ondes divines, déborderont tes rivages, le nombre des morts surpassera celui des vivants, et
       s'il reste quelques habitants, Egyptiens seulement par la langue, ils seront étrangers par les
       moeurs. Tu pleures, ô Asclépios ! Il y aura des choses plus tristes encore. L'Egypte elle-même
       tombera dans l'apostasie, le pire des maux. Elle, autrefois la terre sainte, aimée des dieux pour
       sa dévotion à leur culte; elle sera la perversion des saints, l'école de l'impiété, le modèle de
       toutes les violences. Alors, plein du dégoût des choses, l'homme n'aura plus pour le monde ni
       admiration ni amour. Il se détournera de cette oeuvre parfaite, la meilleure qui soit dans le
       présent comme dans le passé et l'avenir. Dans l'ennui et la fatigue des âmes, il n'y aura plus que
       dédain pour ce vaste univers, cette oeuvre immuable de Dieu, cette construction glorieuse et
       parfaite, ensemble multiple de formes et d'images, où la volonté de Dieu, prodigue de
       merveilles, a tout rassemblé dans un spectacle unique, dans une synthèse harmonieuse, digne à
       jamais de vénération, de louanges et d'amour. On préférera les ténèbres à la lumière, on trouvera
       la mort meilleure que la vie, personne ne regardera le ciel. L'homme religieux passera pour un
       fou, l'impie pour un sage, les furieux pour des braves, les plus mauvais pour les meilleurs.
                 L'âme et toutes les questions qui s'y rattachent -- elle est née mortelle, peut-elle espérer
       conquérir l'immortalité ? -- tout ce que je vous ai exposé ici, on ne fera qu'en rire, on n'y verra
       que vanité. Il y aura même, croyez-moi, danger de mort pour qui gardera la religion de
       l'intelligence. On établira des droits nouveaux, une loi nouvelle, pas une parole, pas une
       croyance, sainte, religieuse, digne du ciel et des choses célestes. Déplorable divorce entre les
       dieux et les hommes ! Il ne reste plus que les mauvais anges, ils se mêlent à la misérable
       humanité, leur main est sur elle, ils la poussent à toutes les audaces mauvaises, aux guerres, aux
       rapines, aux mensonges, à tout ce qui est contraire à la nature de l'âme. La terre n'aura plus
       d'équilibre, la mer ne sera plus navigable, le cours régulier des astres sera troublé dans le ciel.
       Toute voix divine sera condamnée au silence, les fruits de la terre se corrompront, elle cessera
       d'être féconde; l'air lui-même s'engourdira dans une lugubre torpeur. Telle est la viellesse du
       monde, irreligion et désordre, confusion de toute règle et de tout bien...>> (Cité d'après
       Christian Larré, p. 238-240)
Sans contredit, en ce qui concerne la communion de l'homme avec le Divin, l'Egypte, et toute la Vallée du
Nil, l'Ethiopie, bref la Nubie toute entière, fut, est et demeure, une Terre des Dieux. C'est fort de la justesse
de ce jugement que, comparable à une défense de la vague toujours montante d'une bonne partie du peuple
noir, Jamblique, qui eut à séjourner studieusement dans la Vallée pendant une vingtaine d'années, tout
comme Pythagore, enjoignit:
        <<Suppose plutôt que la communion des dieux est échue d'abord aux Egyptiens, et que, pour
        cela, les dieux se réjouissent d'être invoqués selon les rites égyptiens.>> (Cité d'après Christian
        Larré, op. cit., p. 241)
                             V. AUSSI, PAR NOUS-MÊMES, GLORIFIONS-NOUS EN DIEU !
Il est très heureux que, de nos jours encore, la capacité mémorisatrice, propre de la tradition orale, fait encore
ses preuves, elle qui, bien entretenue par les vieillards, les sages de l'Ethiopie et de la Nubie, fournit encore
toutes les instructions à ces fils et petits-fils de l'Afrique et de la diaspora qui y vont fréquemment puiser à la
source intarissable de leur histoire. Ils ne peuvent les obtenir, ces instructions, de ceux qui pensent qu’ils
n’ont pas l’intelligence, la raison voire l’âme en partage avec tout le humain. D’où le thème de notre – mon
collègue Afro-américain (Canada) d’Haïti Weber Tiecoura et de moi-même – dernier et tout récent ouvrage
intitulé : Le Bicolore. Fin de l’Humanité – Genèse de la Négro-Divinité (Montréal : Legba/Ogu/Fweda,
2000).
Remarquons qu’un bon nombre de ceux-là qui sont surtout reconnus pour leur radicalité dans la lutte pour la
restauration du vrai historique, les adeptes du mouvement rastafarien, y ont élu domicile déjà par le
consentement de celui qu’ils appellent le Negus Nagast, le Roi des Rois. Ils sont présents à Shashamane
depuis les simples Rastas en passant par les Bobos-Rasta ou simplement Bobo (les Orthodoxes Coptes,
descendants directs des Esclaves Maroons ou Marons en français) jusqu’aux plus élevés de l’échelle de la
Tradition Rasta, les Nyabinghi, mot d’origine africaine probablement Swahili (Kenya, Burundi et Rwanda
en tout cas), mot signifiant « Grand Prêtre » chez les Rwandais et les Burundais et donc, pour cette
signification, chez les Nyabinghi aussi. Ces derniers, selon leurs propres dépositions, ne se peuvent laisser
influencer par aucune autre tradition excepté part que celle des Afriques profondes.
Nous sommes de cette intransigeante opinion que, vu la rudesse des méthodes employées pour détruire ou
cacher le vrai visage historique de l'Afrique, c'est dans l'honnête radicalité et rigueur absolue de leur
recherche que l'Afrique noire recouvrera une bonne partie de la vérité sur son passé, du moins celle qui
restent encore à découvrir sur la tradition Kushite et Kamite.
Ce mouvement qui, par manque d'informations sérieuses et d’ouverture d’esprit, mais aussi, avouons-le, de
sens de responsabilité morale de certains pasticheurs de leurs pratiques, ce mouvement donc se voit réduit à
une simple culture de drogues, les fils et filles de l'Afrique leur doivent entière reconnaissance.
Heureusement d’ailleurs que, sur ce point, certains des plus vertueux pratiquants du culte élèvent leurs voix
contre ces fausses images.
C'est fort de la noblesse qui inspire leurs oeuvres que nous nous permettons de rapporter ici, comme comme
ailleurs, certains éléments de leurs contributions à la pleine reconnaissance de la négritude de leurs ancêtres
Kush et Kemet. Des nombreux ouvrages d'érudition et de culture qu'ils ont daigné mettre à disposition des
chercheurs curieux d'en savoir plus sur leur mouvement, nous retenons la Bible des Noirs, en deux
composantes : 1) le « Kebra Negast (ou Nagast) » (Nous nous référons ici à la traduction anglaise du
folkloriste Gerard Hausman, intitulée The Kebra Nagast: The Lost Bible of Rastafarian Wisdom and the
Faith from Ethiopia and Jamaica, introduction by Ziggy Marley, Jamaica: St Martin Press, 1997). Pour sa
signification : « The Chronicle of Kings » en Anglais, « La Chronique des Rois », pas seulement des Rois
noirs, mais aussi ceux, Juifs surtout, qui ont eu à puiser dans la Tradition royale de l’Ethiopie et de l’Egypte,
et que l’Ancien Testament nomment « Patriarches » ; 2) Le « Fetah Negast ou Nagast », « The Glory of
Kings », « La Gloire des Rois ». On utilise souvent l’une ou l’autre appellation pour indiquer le même
ouvrage, le Kebra Nagast. Notons, en passant, que l'original de la traduction anglaise de ce Livre Sacrée (De
Sir Wallis Budge, dont nous ne disposons pour l’instant qu'un extrait de source inconnue intitulé: « The
Solomonic Line: The Queen of Sheba and Her Only Son Menelik », pp. 30 ss) cet original fut préfacé, le 23
Juillet 1961, par Le Negus d'Ethiopie, l’Empereur nommé Haile Selassie, nom signifiant: Pouvoir de la
Trinité.
Le Livre en question retrace les rapports multiples du peuple noir de l'antiquité avec celui d'Israël, et des
autres peuples antiques, rappelle la négritude ou « négrité » des peuples antiques de la Vallée du Nil. De la
même importance se révèle ceux de Leonard Barret, The Rastafarians: The Dreadlocks of Jamaïca (London
(England), Ibadan (Nigeria), Nairobi (Kenya), et al.: Heinemann Educational Books, 1977), et d'Horace
Campbell, Rasta and Resistance: From Marcus Garvey to Walter Rodney (London (England): Hansib
Publishing Limited, Tower House, 1985), auxquels nous ajoutons, pour les amateurs du Reggae, la Musique
des Rois (rex, regis, regis, en latin) l'ouvrage français de Denis Constant, Aux sources du Reggae
(Roquevaire (France), Editions Parenthèses, 1982. Leurs informations, ils ne l'ont trouvé nulle part ailleurs
que dans la Bible et dans le Kebra Nagast, sinon dans certains cas, dans leurs contacts fréquents avec les
vieux dépositaires de la tradition écrite, mais surtout orale, de l'Ethiopie, de la Nubie, de l’Ouganda, du
Zimbabwe et autres.
Dans ces ouvrages, les points suivants sont à retenir :
1) Le Roi Salomon, le plus sage des sages de l'histoire biblique, eut commerce sexuel avec la Reine Makeda
de Sheba (Cheikh Anta Diop a émis ses doutes sur ce rapport et donc aussi sur la filiation Menelik-
Salomon.). Ils eurent ensemble un fils du nom de Menelik I.
2) Les Rois légitimes d'Ethiopie [Il s’agit de l’ancienne Abyssinie. Nous précisons ceci, pour éviter des
anachronismes] sont les descendants du Roi Salomon d'Israël (Il est évident que la descendance dont il est ici
question n’est nullement génétique. Il est plutôt, étant donné la sagesse légendaire du Roi Salomon et l’idée
de légitimité ici exprimée, de lien qualitative de gouvernance, d’égale personnalitö morale). Le Tabernacle
de la Loi de Dieu, l'Arche de l'Alliance fut déportée de Jerusalem à Axum par Menelik I, le premier des Fils
de Salomon. Ils en sont jusqu'à présent les Gardiens (Ce qui fut attesté dans un discours prononcé par
Menelik II, en référence à la toute première des traductions, française, du Kebra Nagast, hors d'Ethiopie).
3) Et celui qui régnait sur le Trône de David son père était Jésus Christ, Fils de ses entrailles provenant de la
chair d'une vierge. Il s'était assis sur le Trône de sa Divinité, le Roi d'Ethiopie, le premier-né de Salomon; à
Lui, sur Terre, privilège divin est accordé de régner sur Le Trône.
4) Ainsi, Dieu impartit au Roi d'Ethiopie plus de Gloire, de Grâce et de Majesté qu'à tous les autres Rois de
la Terre, à cause de la Grandeur de Zion, le Tabernacle de la Loi de Dieu, le Zion céleste. Le Christ est notre
Roi et le Christ est Notre Vie à jamais.
5) Et Dieu donna à Salomon, le seul [Roi] sur la Terre qui devrait devenir Roi sur le Tabernacle de la Loi du
Saint, Zion Céleste, qui veut dire, le Roi d'Ethiopie. Et le Tabernacle de la Loi de Dieu, le Saint de Zion,
demeurera en Ethiopie jusqu'au jour-là où notre Seigneur demeurera sur la Montagne de Zion. La sagesse
est si bonne que le Royaume d'Israèl, par la Volonté de Dieu, et par ta Sagesse [La sagesse de Salomon],
s'était étendue sur le pays d'Ethiopie.
6) Comment s'était établi le Royaume de David en Ethiopie ? Comment ont-ils renouvelé le Royaume de
David ... ? Et Azariah de dire, "Apportez ici les trompettes du jubilé, et allons à Zion, et là nous
renouvellerons le Royaume de notre Seigneur David." [...] et ils étaient présents, hommes et femmes, du pays
d'Ethiopie [...] Et de cette façon s'est vu renouvelé le royaume de David, des fils de Salomon, Roi d'Israèl,
dans la capitale de la cité, sur le Mont Makeda, dans la Maison de Zion, lorsque s'était établie la Loi, pour la
première fois, et par le Roi d'Ethiopie.
7) Et tous les saints là rassemblés disaient: "En toute vérité, le Roi d'Ethiopie est plus exalté et plus
honorable que tout autre Roi de la Terre, pour la gloire et la grandeur du Zion le céleste.
8) Et Dieu aime le peuple d'Ethiopie, à cause que, sans connaître Sa Loi, ils avaient détruis leurs idoles; mais
ceux à qui la Loi de Dieu fut donnée (les Juifs), avaient fabriqué des idoles et adoré des faux dieux que Dieu
tient en haine. [...] tandis que le peuple d'Ethiopie avait foi en un disciple, seul, digne de confiance, et pour
ce faire Dieu aime profondément le peuple d'Ethiopie. Il les aime d'un amour immortel et éternel.
9) Le plus âgé de ses fils était le Roi d'Ethiopie, le Fils de la Reine d'Ethiopie, et il était le premier-né dont
Dieu a parlé prophétiquement: "Dieu a juré sur David en toute justice, et il ne s'était point repenti, 'Des fruits
de votre chair je donnerai votre Trône'. L'Ethiopie continuera à perpétuer la foi Chrétienne jusqu'à la venue
de notre Seigneur, et elle ne se détournera point de l'Evangile, et il en sera ainsi comme nous l'avons ordonné
jusqu'à la fin du monde.
Voilà, en bref, les leçons que nous livre Kebra Negast sur l'Ethiopie, pays au nom signifiant <<Terre des
hommes à la peau brûlée>>, <<Aethiops, terre des visages foncés>> (Aux sources du Reggae, op. cit.,
chapitre IV, Jah Rastafari, de l'Ethiopie à la Jamaïque, p. 68) quoiqu'il s'agisse précisément de cette partie de
la Terre en question qui s'appelait Abyssinie -- en langue arabe, métissé, mélangé, <<mixed>> ou Kush (Voir
l'article de Mwende Askaree Ngina, intitulé: Journey to Alkebulan, in: Nubeing Magazine (Magazine Afro-
Carribéen), Volume 1 Numéro 3, p. 11. Cf. également: Rasta and Resistance, op. cit., p. 47.). Comment tout
cela fut passé sous silence, par quel ingénieux subterfuge même ce Livre, sacré au même titre que l'Ancien
Testament, fut si longtemps enfoui dans les ténébres vertigineuses de la culture mondiale, cela reste pour
nous, nous l’avouons, un mystère que peut-être seul les clergés occidentaux du Christianisme peuvent
expliquer. Pour quelles graves raisons il fut proscrit de la littérature sacrée des civilisations du monde, du
patrimoine culturel universel de l'Humanité, seul le monde occidental peut-être nous le peut expliquer. Dire
pourtant que c'est encore là l'histoire du peuple juif, l'histoire de l'Israël biblique, du moins en partie !
Le peuple noir devrait-il toujours se laisser inculquer uniquement les misères de son destin, au point de
s'écrier aujourd'hui, avec Ziggy Marley -- le fils de Bob Marley, le Roi du Reggae --, les yeux ouverts sur
l’histoire, s’écrier en ces termes que nous aimerons laisser intact dans la langue où le cri à la fois
d'indignation et de gloire fut poussé ?
        <<In school when we were taught of the slave trade, we did not hear of the glory of the kings
        and the Kebra Nagast. We heard 'his story.' We did not hear of African glory, black my story, the
        truth as revealed in the Kebra Nagast.">>
Nous traduisons :
        <<A l’école, lorsqu’on nous instruisait sur la traite esclavagiste, nous n’avons rien entendu de la
        gloire des rois [donc du Fetah Nagast] et du Kebra Nagast. Nous avons entendu ‘son histoire’ ‘»
        nous n’avons rien entendu de la gloire africaine, noire est mon histoire, la vérité telle qu’elle est
        révélée dans le Kebra Nagast>> (Extrait de son introduction à la version du Kebra Negast de
        Gerald Hausman).
Les vrais adeptes du mouvement rastafarien, pour ceux qui s'y connaissent dans les sources de ce
mouvement, ne manqueront pas de mettre le doigt sur les points importants suivants: 1) que les Rastafariens
sont et demeurent héritiers d'une longue tradition qui recherche la gloire du passé africain dans les
centenaires vestiges de la domination occidentale; 2) qu'ils font référence constante à la littérature sacrée, la
Bible et aux idées bibliques étant donné que celles-ci sont considérablement utilisées dans la longue
expérience de la domination (Cf. Horace Campbell, Rasta and Resistance, op. cit., Part II, Chapter Two,
Ethiopianism, Pan-Africanism and Garveyism, notamment p. 47)
Aussi la poussée de l'autodétermination et des droits humains fondamentaux est-elle fortement exprimée
dans les termes bibliques de rédemption et de délivrance par eux. Loin donc d'être pour eux l'opium du
peuple, la religion et la religiosité des Rastafariens aussi bien que de tous les Noirs d'ailleurs restent pour eux
un phénomène très complexe (Ibidem).
C'est dans cette optique de pensées profondément religieuses que sont également utilisées les références
bibliques à l'Ethiopie, seul moyen de défier le mythe du noir 'bête de somme' longtemps entretenu par les
dominateurs blancs. Les vrais Rastafariens, tous d'ailleurs, qui empruntent cette arme idéologique font partie
du mouvement désigné sous le vocable d'<<Ethiopianisme>> (Ibidem.). Pour eux, l'Ethiopie était, comme
nous venons de le voir, un grand et important centre du monde biblique, ensemble avec la Jordanie, la Syrie,
la Palestine et l'Egypte, et pendant des siècles, les Européens se sont référés à l'Afrique entière par le nom
d'Ethiopie -- la région aujourd'hui désignée Ethiopie n'était autre que le Royaume d'Abyssinie, rappelons-le
(Rasta and resistance, op. cit., p. 47. Les références bibliques étaient fortement appréciées par les Noirs, et
lorsque le Royaume d'Abyssinie, premier royaume africain à vaincre pour la première fois dans l’histoire du
monde un peuple de l’Occident, précisément les Italiens, à Adowa, en 1896, les Noirs aux USA ont
abondamment exploité, comme aujourd'hui encore, les paroles du psaume 68:31 qui clament:
           <<Princes shall come out of Egypt; Ethiopia will soon stretch out her hands unto God>>
                                                    (Idem, p. 48).
En son contenu, l'ouvrage de Leonard Barret est de loin le plus proche de la littérature sacrée des Noirs, le
Kebra Negast. Son auteur va d'ailleurs plus loin, en termes de choc d'idées interraciales non bibliques. Il se
réfère à des auteurs classiques grecs, que nous avions présenté dans Les Racine,s tels les historiens Hérodote
et Diodore de Sicile et le Comte Constantin de Volney pour retracer l'histoire du peuple noir de la Vallée du
Nil. Relevons ici les points essentiels:
1) L'enchantement que suscite l'Ethiopie et le peuple éthiopien eut une longue et intéressante histoire. Des
écritures saintes, bibliques, en passant par Hérodote jusqu'au phantasme médiéval avec son mythe du Roi
John Prester à nos jours, l'Ethiopie eut une influence hypnotique dans l'histoire qui fut retenue par
l'imagination des Noirs de la diaspora (Cf. The Rastafarians, Chapitre 3, Ethiopianism in Jamaica, op. cit., p.
68)
2) Lorsqu'ils furent confrontés par les pionniers ou piliers occidentaux de la religion, de la philosophie et de
la science, qui s'évertuèrent à falsifier l'histoire au service de l'esclavage, les prêcheurs Noirs -- bien qu'en
majorité incultes -- découvrirent dans le seul livre de leur accès (la Bible) que l'Egypte et l'Ethiopie furent de
l'Afrique, et que ces contrées jouèrent un rôle des plus considérables dans l'histoire de la civilisation. Bien
évidemment, ils lurent et pondérèrent le sens du psaume 68:31 -- "Princes shall come out of Egypt; Ethiopia
shall soon stretch out her hands unto God"; et, en y pensant ils devraient avoir lu Jeremie 13: 23 -- "Un
Ethiopien peut-il changer sa peau, Et un léopard ses tâches?" Fort probablement, ils réalisèrent que Simon de
Cyrène, qui aida Christ à transporter sa croix le jour de sa crucifixion, était un Africain et que l'Eunuch
Ethiopien de l'Acte des Apôtres fut une personne de très haute autorité. De telles références à la race Noire
dans la Bible fut probablement la clé de voûte de la mythologie dynamique qui devint connu sous le vocable
d'"Ethiopianisme" et qui énergisa la religion Noire durant l'esclavage (Idem, p. 70).
Que lisons-nous à la section intitulée "Ethiopia in Ancient Thought" ? Les mêmes informations que nous a
inculquées le Professeur Cheikh Anta Diop, preuve que les Rastafariens, comme la plupart des Africains de
la diaspora, descendants des esclaves, sont très instruits, voire davantage que les Africains du continent, en
matière d'histoire africaine. Recherches rigoureusement scientifiques, telles sont les qualificatifs à attribuer à
leurs entreprises. C'est ainsi qu'ils attirent l'attention sur les subterfuges et les stratégies falsificatrices de
l'histoire du peuple Noir, par lesquelles les scientifiques occidentaux, sociologues en l’occurrence, ont fait
couler des rivières d'encre pour obscurcir la vraie identité de ce peuple, en les réduisant au rang de peuple
non civilisé. Ils ont "dé-négrifié", (<<de-negrify>>), tout ce qui fut fait d'intellectuellement et de
spirituellement nobles -- leur propriété intellectuelle et spirituelle -- dans l'histoire de l'Humanité où
nombreux ont été les Noirs qui ont contribué (Idem, p. 70).
Pour mener cette entreprise à bon terme, ils ont divisé la race noire en une variété de catégories. Ainsi, le
peuple de l'Afrique de l'Ouest fut retenu comme les vrais Nègres -- jugement basé sur la pigmentation par la
mélanine. Vinrent les Egyptiens et les Ethiopiens, dont la couleur perdit de sa teneur en mélanine à travers
des siècles de dégénérescence par mixage ou croisement de race, qui ne sont plus de vrais Nègres mais des
Hamites.
Entendons bien la chose de cette façon. Ici, les Hamites sont de La Vallée du Nil, des Nubiens ! Et ils ne sont
pas de vrais Nègres. A dire qu’un Nubien ne peut plus être reconnu Nègre à l’oeil nu, mais seulement avec
les oeillets du microscopique du savant occidental. Mais, là, donc dans la Bible même, on leur reconnaît leur
« négrité ». Comble de la contradiction une fois encore ! C’est dire que selon les intérêts à défendre, les
mêmes rapports scientifiques sont tenus pour vrais à certains moments mais fausses en d’autres.
Les Egyptiens et les Ethiopiens sont reconnus Hamites, les autres, de types moins dégénérés, moins mixtes,
mais tout de même plus foncés que les Hamites sont qualifiés de Nilotiques (Idem, p. 70-71), les Nubiens,
les Saheliens et les autres peuples de l’Est africain donc. Qui fut donc Kam le maudit de la Bible ? Cette
question exige, pour y répondre, une nouvelle recherche !
Suivent ensuite dans cet ouvrage à documentation on ne peut plus fouillée, l'historique -- biblique et
scientifique, classique des historiens Grecs -- des dénominations Ham, Cush, Phut, Ethiop, etc. et leurs
significations originaires -- Noirs, peau brûlée, cheveux crépus et lanigineux --, les témoignages des honnêtes
hommes de sciences tel Volney et les plus indignes tel Champollion-Figeac, etc (Idem, p. 71 et ss.)
Il nous semble très indispensable de rappeler ici l'exhortation de Leonard Barrett à l'endroit des fils et filles
de l'Afrique touchant leur responsabilité à assumer le redressement de la barre rectiligne ainsi courbée par les
falsificateurs de l'histoire du peuple noir.
       <<Mais qui sont les Hamites ? Aujourd'hui, la question est vraiment controversée et devrait être
       laissée irrésolue. Mais plusieurs chercheurs Noirs deviennent de plus en plus anxieux à y
       répondre, et aimeraient avoir de nouvelles discussions à ce propos. Si la vraie histoire de la race
       Noire est à écrire, les thèses dogmatiques des chercheurs du XIX° siècle méritent d'être défiées.
       En dépit de l'évitement de la question et l'émotion qu'elle suscite, une importante emphase est
       mise sur l'origine mythique des Hamites par des fondamentalistes du christianisme et des
       racistes bigots. Il est par conséquent d'une importance capitale pour les Noirs de reconsidérer la
       question.>> The Rastrafarians. The Dreadlocks of Jamaica, op. cit., p. 71.
                                                     CONCLUSION
La question du peuplement de l'Egypte antique est loin d'être celle d'un débat futile. Le fait de lui réserver
une place des plus importantes dans le débat lancé sous l'égide de l'UNESCO et publié en 1980, en est la
preuve. Question émergeant, du côté des intellectuels noirs du continent et de la diaspora, d'une prise de
conscience aigüe de la richesse spirituelle et intellectuelle de leur passé ancestral, d'une revendication --
légitime, pour peu que les chercheurs se veulent effectivement épris de vérité, de lumière historique -- de leur
patrimoine culturel. Elle aurait été probablement négligée, n'eut été la politique vilipendante de nos
civilisateurs, nous le croyons fermement.
Un indice psychologique du caractère judicieux de la question, preuve qu'elle n'est nullement une entreprise
passéiste comme on le prétend souvent: tout en entamant le débat sur le peuplement originaire de la Vallée
du Nil -- problème relié à la couleur de la peau, si l'on s'en tient aux résultats de l'anthropologie physique --,
tout en en faisant une thématique à part entière des travaux scientifiques, nos scientifiques occidentaux
exigent que l'on s'abstienne d'utiliser ces notions mêmes par lesquelles on a toujours désigné la race noire:
<<Négre, Noir ou négroïde>>, <<hamite ou chamite>>. Tout se passe comme si l'on devait abandonner le
sujet, comme si l'on pouvait désigner la race en question autrement que par ces mêmes notions, comme si
l'on allait utiliser une notion autre que le Blanc, pour caractériser la race blanche, s'il s'agissait d'elle comme
peuplement originaire de la contrée. N'est-ce pas là une des exigences à ranger sous la catégorie des
obstructions au progrès scientifique et à incriminer au tribunal suprême de la science ?
Des remerciements doivent aller au Directeur général de l'UNESCO, M. Glélé, pour son incitation des
scientifiques à continuer le débat, sur le plan scientifique, en usant de telles notions, les seules, en fait, dont
on dispose jusqu'à ce jour. D'après le rapport de la commission siégeante, ses termes sont les suivants, qui, à
notre avis mérite d'être retenus:
        <<L'Unesco, dont la mission est d'oeuvrer à la compréhension et à la coopération
        internationales dans le domaine culturel, n'a pas, en décidant la tenue du présent colloque, voulu
        susciter des tensions entre peuples ou races mais élucider, clarifier en l'état actuel des
        connaissances, un point qui, entre autres, pose question, celui du peuplement de l'Egypte
        ancienne, du point de vue de son origine ethnique et de ses appartenances anthropologiques. Il
        s'agit donc de confronter les thèses en présence en les étayant d'arguments scientifiques et de
         faire le point en soulignant le cas échéant les lacunes. Il a souligné qu'en tout état de cause, ces
         concepts de Nègre, négroïde, Noir ont été jusqu'à présent utilisés, qu'ils figurent dans toutes les
         études scientifiques, de même que le mot "hamite" ou "chamite" même s'ils sont au cours du
         présent colloque assortis de réserves; que, de même, les rédacteurs de l'Histoire générale de
         l'Afrique useront de ces mots auxquels les lecteurs sont de leur côté accoutumés. Quoi qu'on en
         pense, aux niveaux les plus larges de la lecture des ouvrages scientifiques ou de vulgarisation,
         ces mots gardent une résonance plus ou moins significative, plus ou moins chargée de
         jugements de valeur implicites ou non.
                  L'Unesco n'a pas répudié la notion de race; elle a consacré un programme spécial à
         l'étude des relations raciales et multiplie ses efforts contre la discrimination raciale. Plusieurs
         travaux et ouvrages ont été publiés sur cet important problème. Il était donc impossible pour le
         colloque d'examiner les problèmes relatifs au problème du peuplement de l'Egypte ancienne en
         rejetant, sans autre forme de procès et sans aucune proposition nouvelle, la typologie classique
         de classification des peuples entre Blancs, Jaunes et Noirs, typologie dont se sert l'égyptologie
         classique pour situer le peuple d'Egypte. Au surplus, si le vocabulaire classique et courant en
         histoire doit être révisé, il devrait l'être non seulement pour l'histoire de l'Afrique mais pour le
         monde entier; si la question retient l'attention du colloque, elle pourrait être soumise au plan
         international à l'Association des historiens. En bref, et en attendant de nouvelles définitions, il
         faudrait ici préciser celles actuellement encore utilisées de Noir, Nègre, négroïde et hamite.
                  [...] si les critères qui font d'un être un Noir, un Blanc ou un Jaune sont aussi peu sûrs, si
         les notions dont il a été débattu sont aussi peu claires, et peut-être aussi subjectives ou chargées
         de souvenirs culturels, il convient de le dire nettement et de réexaminer, à partir de critères
         scientifiques nouveaux, l'ensemble de la terminologie de l'histoire mondiale afin que le
         vocabulaire soit le même pour tous, que les mots aient les mêmes connotations, ce qui éviterait
         les malentendus et favoriserait la compréhension et l'entente.>> (Idem, p. 812-813)
Parmi les recommandations issues de l'Acte du Colloque de l'UNESCO, ressortent quatre principales pour
l'étude du peuplement de l'Egypte pharaonique. Ce sont:
           a) la mise sur pied d'une enquête par l'Unesco, via des <<consultations universitaires dans un
               nombre suffisant de pays, soit par consultations individuelles d'experts internationalement
               réputés, soit encore par la réunion d'un colloque, en vue de fixer des normes très précises et aussi
               rigoureuses que possible relativement à la définition de races et à l'identification raciale des
               squelettes exhumés;
           b) la demande du <<concours des services médicaux de plusieurs pays membres de l'Unesco>> en
               vue d'observations statistiques, lors des autopsies, sur les caractéristiques ostéologiques des
               squelettes;
           c) l'entreprise d'un <<nouvel examen de matériel humain déjà entreposé dans les                musées du
               monde entier>> et d'un <<examen rapide de celui qu'ont dégagé des fouilles récentes en Egypte,
               en particulier dans le Delta>>, afin d'enrichir le nombre des informations disponibles.>>
           d) La tâche des autorités égyptiennes dans la facilitation des <<enquêtes à entreprendre sur les
               vestiges de peaux examinables>> et dans la création d'<<un département d'anthropologie
               physique.>> (Idem, p. 818-819).
 Les recommandations des participants au Colloque de l'UNESCO montrent assez bien l'acuité et l'actualité
 du problème qui, comme nous venons de le dire, se range dans la catégorie des revendications légitimes de
 patrimoine culturel qui, elle-même, se classe juridiquement parmi les délits perpétrables contre la propriété
 artistique, intellectuelle, et spirituelle des peuples. A ce propos, même si, aux yeux des chercheurs
 occidentaux ou africains occidentalisants, il se réduit à un complexe de problématiques futiles, aux yeux des
 africains consciencieux et en quête de lumière sur leur passé, il est et demeure d'une importance capitale, tant
 leur indignation est grande de se savoir ravaler au rang des bêtes de somme, de se voir priver de toutes les
 puissances intellectuelles et spirituelles de tout être de raison, ceci, même de la part des plus grands
 philosophes de tous les temps. Tout ce qui s'était accompli de noble dans les civilisations humaines depuis
 des siècles leur est méconnu ou ravi.
La question de notre « Rasta Scholar » (Chercheur Rasta) demeure posée : Mais qui sont les Hamites ? Qui
sont-ils ? Par où l’on voit que la science occidentale des temps modernes a contribué, avec acharnement, à
soutenir la longue tradition esclavagiste, à appauvrir l’Afrique, à ternir l’image de son peuple, et, pour
camoufler cette entreprise « inhumaine » et ignoble sous le paravent de mission humanisatrice et
civilisatrice, à propager des théories scientifiques qui, peut-être, perpétueront encore longtemps l’entreprise
entamée.
Nous venons de parler des adeptes du mouvement Rastafarien et d'autres chercheurs à qui nous devons
énormément dans cette lutte pour la reconstruction de notre histoire aussi bien que de sa pleine
reconnaissance par le monde tant intellectuel qu'inculte de l'Occident. Cela ne doit pas signifier que nous
avions oublié les autres intellectuels qui oeuvrent sur d'autres plans dans ce dessein. Nous n'oublions pas ces
intellectuels de la diaspora et du continent qui, par leur incessant effort, s'efforcent, tant bien que mal, par
leurs ouvrages, et dans une culture mondiale encore dominée en grande partie par des mystificateurs de tout
genre, de restaurer la dignité de la race longtemps bafouée.
                            Pour la Gloire de Dieu et la rédemption de la race Noire !
            (Nous remercions vivement Mr Anumu Akpetsinu Barthélémy Sosoe, étudiant en Lettres modernes à Nancy,
                                pour la revue et la mise en forme définitive de ce texte).
                                               BIBLIOGRAPHIE
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Jérusalem, Nouvelle édition; Paris: Desclée de Brouwer, 1975.
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3) Reverend Dr Mensa Otabil, Beyond the Rivers of Ethiopia. A Biblical Revelation on God's Purpose for the
Black Race, Accra: Altar International, 1992.
4) Otfried Höffe, Petit dictionnaire d'Ethique, réédition française adaptée et augmentée de Dictionnaire de
Morale, par Lukas Sosoe et participation de Varus Sosoe, Fribourg/Paris: Editions Universitaires/Editions
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5) Cheikh Anta Diop, Nations Nègres et Cultures, t. 1, Paris : Présence africaine, 1979.
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9) Marcel Laperruque, De l'Egypte ancienne à la Bible, Nantes: Opera. 1991.
10) Tryggve N. D. Mettinger, Solomonic State Officials. A Study of the Civil Government Officials of the
Israelite Monarchy, Lund (Sweden): University of Lund (Coniectanea Biblica: Old Testament Series 5),
1971.
11) Maurice Dores, La beauté de Cham: Mondes juifs, mondes noirs, Paris. Balland, 1992.
12) Yosef Hayim Yerushalmi, Le Moïse de Freud, Paris : Gallimard, 1993.
13) Eliane Amado Lévy-Valensi, Le Moïse de Freud ou la Référence occultée, Monaco: Ed. du Rocher, 1984.
14) Werner Keller, La Bible arrachée aux sables, Vienne / Düsseldorf, Econ Verlag S.A.R.L., 1963.
15) Cheikh Anta Diop, Actes du Colloque de l'UNESCO en 1980, Histoire générale de l'Afrique, II, Afrique
ancienne, UNESCO : 1980).
16) Sossou Nsougan, Wörterbuch der ägyptischen Sprache, (en Français: Dictionnaire de la langue
égyptienne (fünfter Band, Berlin: 1971, pp. 122 et 127)
17) Gerard Hausman, intitulée The Kebra Nagast: The Lost Bible of Rastafarian Wisdom and the Faith from
Ethiopia and Jamaica, introduction by Ziggy Marley, Jamaica: St Martin Press, 1997.
18) Leonard Barret, The Rastafarians: The Dreadlocks of Jamaïca (London (England), Ibadan (Nigeria),
Nairobi (Kenya), et al.: Heinemann Educational Books, 1977.
19) ) Horace Campbell, Rasta and Resistance: From Marcus Garvey to Walter Rodney (London (England):
Hansib Publishing Limited, Tower House, 1985.
20) Denis Constant, Aux sources du Reggae (Roquevaire (France), Editions Parenthèses, 1982.
21) Sir Wallis Budge, "The Solomonic Line: The Queen of Sheba and Her Only Son Menelik" Un extrait de
la Kebra Nagast. Sir Wallis Budge, Premier traducteur de la Kebra Nagast. L’original de la traduction de Sir
Wallis Budge fut préfacé, le 23 Juillet 1961, par Le Negus d'Ethiopie, l’Empereur nommé Haile Selassie.
22) Mwende Askaree Ngina, intitulé: Journey to Alkebulan, in: Nubeing Magazine (Magazine Afro-
Carribéen), Volume 1 Numéro 3, Ottawa : 1997.
23) L'Histoire générale de l'Afrique, II, Afrique ancienne, Unesco : 1980.
24) Frances A. Yates, The Occult Philosophy in the Elizabethan Age (1979) (London etc., Routledge and
Kegan Paul : 1984).
25) James Henry Breasted, The Dawn of Conscience (New York: Charles Scribner's Sons, 1933.
26) Max Weber, Le judaïsme antique (Paris: Plon, 1970)
27) Friedrich Schiller, Die Sendung Moses, in Sämtliche Werke, 4 (Munich: Carl Hanser1962, 783-804).
28) Stern, Greek and Latin Authors on Jews and Judaïsm, 1976-80, vol. I, p.83, 299, 394; vol. 2., p. 277.
29) Théodore Reinach, Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsme, Paris 1895. ouvrage réédité
par Georg Olms Verlagsbuchhandlung, Hidelsheim, 1963).
30) Weber Tiecoura D’Orléans Jean-Baptiste & Varus Atadi Sosoe, Le Bicolore. Fin de l’Humanité – Genèse
de la Négro-Divinité (Montréal : Legba/Ogu/Fweda, 2000).

NOUS ETIONS LÀ
                     ou
CELEBRONS-NOUS SI LE MONDE NOUS AVILIT !

           Mr Varus Sosoe, PhD Philosophy
                 Ottawa University
               Fribourg, janvier 2001
 

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Célébrons-nous si le monde nous avilit! 265,502 bytes, 1,083 downloads
edited by Vsosoe on Feb. 2 2009 · Zoom

Ceci est fichier pdf de l'article de Varus Sosoe intitulé "Nous étions là ou Célébrons-nous si le monde nous avilit!"


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